48 heures que Sherlock avait quitté Baker Street. John s'inquiétait. Surtout que ce dernier n'avait pas rien prit, pas d'argent, pas de carte d'identité, ni de passeport, tout était là. le médecin avait fait exprès de vérifier. Il avait essayé les premières heures de chercher Sherlock au cimetière mais rien. Il avait prévenu Lestrade de la disparition de Sherlock, rien non plus. Il s'inquiétait énormément.
Assis dans son fauteuil en face de celui vide de Sherlock, il attendait un coup de fil de l'inspecteur, de n'importe qui qui aurait pu trouver Sherlock. Lui aussi, aurait pu se mettre à sa rechercher mais avec 24h à courir dans Londres, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Le médecin avait oublié à quel point c'était dur de perdre un être cher. Il ignorait que Sherlock avait des...sentiments. La fraternité qui régnait ente ses deux Holmes lui semblaient si confus, si étranges, si anormal, qu'il lui apparut impossible qu'une telle situation pouvait arriver.
Son portable sonna. Il sursauta et tremblant, il décrocha rapidement.
"- Allô ? Lestrade ?
- John, entendit-il, nous avons retrouvé Sherlock..."


Hopital St Barts

"- On a détecté une importante dose de cocaïne, héroïne et...d'alcool dans son sang." Annonça Lestrade dans le silence.
Quelques heures après avoir reçu le coup de téléphone de l'inspecteur, ils étaient tous réunis dans cet hôpital. La police avait retrouvé Sherlock Holmes dans une ruelle perdu dans un quartier assez peu fréquenté. Le détective avait perdu connaissance, il a été retrouvé pâle, en sueur, les vêtements presque souillé par la boue.
Dans la chambre numéro 98, Lestrade, Mme Hudson, John et Molly étaient autour du lit du patient inconscient, respirant avec un masque à oxygène. A coté de lui, une machine indiquée la fréquence de son cœur. Sherlock était dans le coma.
"- En deux jours, il a réussit à trouver de la drogue, il faut dire qu'il est très fort." Ria doucement Greg.
John ne disait rien, il observait le visage de son ami inconscient. Assis près de lui, il s'accrocha à la main immobile de Sherlock. Un être si fragile. Mme Hudson continuait de sangloter et s'excusa souhaitant les quitter. Elle embrassa John telle une mère et lui recommanda de veiller sur le détective.
"- Si c'était Sherlock qui était mort à la place de Mycroft...vous croyez que la situation aurait été la même ? Demanda tout à coup le soldat, la gorge serrée. Lestrade et Molly se regardèrent un peu désarçonné par la question de John qui leur paraissait plutôt osée. Pourquoi posait-il cette question si...inhabituelle ?
"- John...Vu à quel point Mycroft aimait Sherlock, tenta Lestrade gêné, je pense que nous aurions eu le même scénario.
- Je ne pense pas...désapprouva-t-il, je pense que Mycroft aurait disparu de la surface de la Terre, on aurait oublié son nom, son visage, son amitié, son devoir...On l'aurait oublié...comme on pouvait oublié son existence avant qu'il ne meure. Il est comme un...papillon qui disparait. Éphémère. Lui-même se serait oublié..."
Molly se rapprocha du lit et posa une main réconfortante sur l'épaule du médecin.
"- Je suis sur que...il va s'en remettre, après tout, c'est Sherlock, hein ?"
John leva ses yeux tristes vers elle et eut un petit sourire.
"- c'est justement ce qui fait le plus peur, Molly, le fait que c'est Sherlock."


Où était-il ? Chez lui ? Non. la demeure familiale. Il se trouvait dans le salon. Le salon de la famille Holmes. Il était de retour chez lui. Dans sa famille. Maman ? Papa ? il courra dans toutes pièces. Où étaient-ils passés ? MAMAN ! PAPA !
Il alla à la cuisine. L'odeur des crustacés lui chatouilla les narines. Sa mère était là, dans la cuisine, à préparer le diner. Oui, elle était debout avec sa spatule, mélangeant des aliments dans une casserole, sur le feu. Sa longue chevelure brune lisse flottait derrière au mouvement de ses bras. Son tablier blanc lui allait si bien. Elle était jeune, belle et fraiche comme les fleurs d'été.
"- Maman !"
Elle se tourna vers lui, puis lui sourit.
"- Sherlock, ne reste pas là. Tu sais que je n'aime que tu traines ici."
Tel un garçon obéissant, il la quitta et se dirigea vers la bibliothèque de la demeure. Il entendit un son mélodieux, un son instrumental. Du violon. Son père ? Son père jouait du violon dans la bibliothèque ? Il se précipita dans la pièce, sans faire arrêter celui qui tenait en main le fameux instrument à corde. Par terre, gisaient quelques livres où des partitions de musique étaient inscrits. La musique était douce, harmonieuse. Son père avait les cheveux bouclés comme lui, mais un peu plus clair, ses yeux étaient verts. L'apercevant, il interrompit sa musique.
"- Bonjour Sherlock, comment-vas-tu ?" Son père lui adressa son sourire paternel.
Que se passait-il ? Pourquoi il ressentait une grande tristesse ? Pourquoi avait-il envie de pleurer ? Pourquoi n'arrivait-il pas à répondre à son père ?
"- Mon petit Sherlock ? est ce que tu es malade ?"
Il s'élança tout à coup vers son père qui restait immobile au geste soudain de son fils. Ils se serrèrent dans les bras. Pourquoi ? Que lui arrivait-il ? Il...Son...père était là...pourquoi...?
"- Sherlock, je t'aimerai toujours...Lui chuchota-son père, vis heureux jusqu'à la fin de ta vie, remplie la de bonheurs, fais en ce sorte de te rendre heureux...
- Papa...PAPA !" Son père disparaissait, devenait transparent. La bibliothèque se changea. Elle devint une rue. Il avait déjà vu cette rue.


"- John que se passe-t-il ?" S'affola Lestrade à travers les "bip" sonores de la machine installée à coté du lit de Sherlock, toujours inconscient.

On entendait que la fréquence cardiaque devenait de plus en plus lents. John avait appelé un infirmière. Molly et Lestrade commençaient à paniquer intérieurement sachant ce qui pouvait arriver. John n'avait pas le matériel nécessaire pour pouvoir faire quoique ce soit.

"- Pitié, Sherlock, ne pars pas, murmura le médecin en saisissant la main du détective. Il était en train de partir. Non. Pas maintenant, il était trop jeune. Non. Il devait rester en vie. Il devait vivre.

Sherlock vit par pitié. Accroche toi à la vie.


Fin de "Quand le chagrin ne vient pas".

Une suite envisagée dans une autre fanfiction. Bien à vous.