Chapitre III
La douleur était vive, le choc semblait avoir été violent. Aiolia demeura allongé pendant un long moment avant de s'apercevoir qu'il n'était pas seul. En effet, un homme le regardait avec un sourire mi- amusé, mi- soulagé sur ses lèvres.
Cet homme devait avoir entre vingt et trente ans. Il avait une taille fine et des traits doux. Ses yeux bleus des mers étaient cachés par des lunettes rectangulaires, lui donnant un air de documentaliste. Son visage était entouré de mèches vertes d'eau, une couleur peu commune mais pourtant, elle lui procurait un charme exceptionnel.
Aiolia se redressa et se mit à râler, les injures sur le bout de la langue mais il se retint de peur d'offenser l'homme qui était en sa compagnie.
Il tenait un livre mais celui-ci s'en être désintéressé pour porter son attention sur le jeune homme. Il regarda Aiolia et prit sa température. Le jeune homme était en parfaite santé malgré les efforts héroïques qu'il avait fait pour le village.
Le fleuve avait repris son cours habituel Aiolia en était rassuré. Il regarda un long moment l'homme qui s'occupait si bien de lui. L'inconnu commença la discussion :
« Je suis impressionné, je te l'avoue. Vouer un tel acharnement à sauver les habitants est un acte de bravoure exceptionnel.
_Sont-ils vivants, ai-je réussi à les sauver ? , demanda rapidement Aiolia
_Oui, ils le sont. Je me présente : Camus, Chevalier d'Or du Verseau. Je ne suis pas le seul à avoir été surpris par ta réaction face à ce danger, le Sanctuaire entier t'en est reconnaissant, répondit Camus calmement,
_D'accord, mais n'étageront pas, je veux bien croire à de vieilles légendes, je connais les mythes du Sanctuaire et des Chevaliers, mais on n'a pas de preuve de leur existence ! » lança Aiolia, peu convaincu
Ledit 'Chevalier du Verseau' décroisa ses jambes et laissa apparaitre une sorte d'urne.
Cette 'urne' se présentait sous la forme d'un cube doré. Aiolia avait lu, il y a quelques temps, que les Chevaliers d'Athéna en avait chacun une et qu'à l'intérieur se trouvait une armure. Celle-ci était ornée de signes représentant le Verseau.
Aiolia était désarçonné, subjugué, ébahi. C'était clairement un artefact du Sanctuaire ! Une preuve que ce n'était pas uniquement un mythe. Il resta béat devant l'armure plusieurs minutes, sous les yeux amusés de Camus.
« Acceptes-tu l'invitation du Sanctuaire ? » demanda celui-ci.
Aiolia fut tellement surpris qu'il ne sut répondre. Au bout d'un certain temps, il réussit à articuler :
« Est-ce vraiment le Sanctuaire qui m'accorde le droit de faire partie des leurs ?
_Oui tout à fait, mais il te faudra tout de même te battre pour acquérir une de ces merveilleuses armures. Elles sont peu nombreuses alors que les prétendants sont nombreux.
_J'accepte, mais pour tout vous dire je n'ai vu aucune trace du Sanctuaire dans les environs.
_C'est normal, le Sanctuaire es, comme tu le sais surement, un endroit sacré où vit Athéna. Les humains 'normaux' ne peuvent accéder à ce lieu, ils doivent d'abord y être invités pour le rejoindre. Et autre chose : tutoie-moi, j'espère que tu deviendras bientôt un de mes compagnons de bataille ! », finit Camus.
À le demande du Chevalier, Aiolia se releva et prit le peu d'affaires qu'il put emmener. Il suivit Camus et tous les deux discutaient gaiement pendant le voyage.
Camus était quelqu'un d'assez froid, mais on fond, Aiolia sentait que le Chevalier avait quelque chose de familier un peu comme s'il l'avait déjà vu. Il avait remarqué son accent Français et sa passion pour les livres. Il semblait très instruit et plutôt généreux.
Il portait l'urne contenant l'armure sur son dos. Elle était assez imposante. Aiolia le questionna sur e sujet :
« Cela t'as pris combien de temps pour avoir cette armure ?
_Environ un an, mais c'est la difficulté des combats qui est surprenante, expliqua-t-il, les duels sont ardus surtout si tu ne sais pas utiliser ton cosmos.
_Mon cosmos ?
_Oui, le cosmos est l'énergie qui t'a aidé à tout exploser et que tu as détruit le barrage. Au Sanctuaire, tu apprends à la maitriser et à l'utiliser. Mais ne t'inquiet pas, tu auras un professeur.
_Comment se fait-il que j'ai pu supprimer cet amas en un seul coup ? Le cosmos est-il si puissant que ça ?
_Oui… il l'est. Tu sais que l'univers, tous les êtres vivants, dont toi et moi et tous ce qui excite en général sont constitués d'atomes ?
_Oui bien sûr, déclara Aiolia, mais quel est le rapport avec le cosmos ?
_Eh bien le cosmos est une force qui permet de détruire ces atomes, donc les corps. Mais s'il n'est pas bien contenu ou s'il est utilisé dans un but ou pour une cause corrompue, il peut devenir dangereux. Nous, les Chevaliers, utilisons cette énergie à nos risques et périls, car si le cosmos est utilisé trop souvent, il peut exploser et détruire son utilisateur.
_Mais lorsqu'il explose, son énergie est décuplée, et le Chevalier devient plus puissant ?
_Oui, tout à fait, voilà pourquoi au Sanctuaire on entraine des Chevaliers, pour qu'ils développent leur cosmos et l'utilisent pour la bonne cause. », affirma Camus
Ailolia acquiesça malgré qu'il n'ait pas totalement compris ce que lui avait dit le Chevalier. Une question lui passa par la tête :
« Le Sanctuaire n'est-il pas surprotégé ?
_'Surprotégé' est un mot fort. Il est vrai que s et que certaines armures ne sont pas attribuées à leurs Chevaliers mais le Sanctuaire n'est pas sans défenses ! Il manque encore quelques Chevaliers d'Or, ces derniers ont des armures attribuées au Signes du Zodiaque comme moi qui suis le Chevalier du Verseau.
_Quelles armures sont sans Chevaliers ?
_Je te dirai ça plus tard » répondit Camus.
Aiolia s'aperçut qu'en discutant, ils étaient arrivés à Rodorio. Camus lui expliqua qu'ils avaient encore de la route à faire et qu'ils se devaient d'être d'arriver au Sanctuaire le lendemain à la première heure.
Le jeune homme évita soigneusement son frère, il allait surement s'inquiéter, mais le futur Chevalier ne pouvait expliquer les raisons de son départ. Même si Aiolia partait pour plusieurs années, il ne se souciait pas de sa vie professionnelle auprès d'Aioros.
Les habitants du petit village avaient retrouvé le calme habituel, la météo s'était apaisée. Aiolia les salua amicalement mais ne s'attarda pas.
Quelques minutes plus tard, Camus et lui étaient repartis. Cette fois, le voyage se fit en silence, malgré les quelques questions d'Aiolia auxquelles le Chevalier du Verseau répondit de façon très précise et très calme.
Aiolia découvrit que les Chevaliers d'Or vivaient dans douze temples antiques, chacun d'eux représentaient le Signe du Zodiaque de leurs locataires.
Il restait encore à attribuer cinq armures d'Or : celles des Poissons, du Lion, du Sagittaire, de la Vierge et celle du Scorpion. Le jeune homme, natif du cinquième Signe, allait s'entrainer et combattre pour remporter l'armure du Lion.
