Note d'auteur : Oh la la, je suis vraiment super désolée ! Désolée pour le retard. :/ Je n'ai plus Internet et c'est difficile pour moi d'y avoir accès. Je profite donc d'un bref accès pour poster le quatrième chapitre. J'essaye de publier le prochain demain. Encore toutes mes excuses pour le retard, et merci à tous mes revieweurs, vous êtes des anges ! :)
Septembre 1974
— Mais qu'est-ce que vous faites ?
Figé dans l'embrasure de la porte du compartiment 10, Remus regardait ses amis avec un air à la fois curieux et inquiet. A genoux sur un siège, Sirius tenait un canif à la main, James et Peter debout à ses côtés. Ils lui accordèrent à peine un regard.
— Tu tombes bien Remus ! s'exclama Peter. Sirius a eu une idée de génie !
Il lui fit signe de les rejoindre avec excitation. Dubitatif, le loup-garou ferma la porte coulissante et s'approcha, laissant sur place valise et chouette. Sirius, concentré, ne détourna pas la tête de sa tâche. De la pointe de son couteau, il entaillait délicatement le bois laqué de la paroi à côté de la fenêtre, juste en dessous du filet à bagages. Même en se mettant sur la pointe des pieds, Remus ne parvenait pas à voir ce qu'il écrivait exactement. Et les autres ne prirent pas la peine de lui expliquer. Les yeux rivés sur les mains de leur ami, Peter et James retenaient leur souffle.
Remus attendit patiemment. Lorsque le train se mit enfin en route, Sirius s'écarta de son oeuvre. Sur la paroi sombre se détachait une suite de lettres aux angles aigus. SB. RL. PP. JP. Satisfait, Sirius balaya d'un revers de main les éclats de bois encore accrochés à sa création.
— Je peux savoir pourquoi tu t'es mis en premier ? protesta James d'un ton boudeur.
— Il les a mis par ordre alphabétique, répondit Remus à la place de son camarade.
Les yeux rivés sur leurs initiales, il se sentait bizarrement ému.
— Pourquoi ? demanda-t-il finalement.
— C'est notre compartiment, répondit Sirius. Je me suis simplement dit qu'on devait laisser au moins une trace de notre passage.
Il se rassit normalement sur son siège puis glissa le canif dans son sac. Remus ne détourna pas le regard durant de longues secondes.
Il avait la sensation que Sirius avait gravé leur amitié sur cette cloison. Et que, comme ces initiales, elle serait immuable.
Juin 1975
Remus piocha prudemment dans la boîte de Dragées surprises. Il en ressortit un bonbon rouge, qu'il croqua délicatement. Framboise. Il avait eu de la chance. Soulagé, il engloutit le reste. Face à lui, James s'empiffrait de Chocogrenouilles tandis que Sirius et Peter étaient plongés dans un immense parchemin couvert d'une écriture serrée.
— Je n'y arriverais jamais, soupira soudain Pete. Je n'atteindrai jamais un tel niveau en Métamorphose !
Il se rencogna dans son siège, dépité. Les sourcils froncés, Sirius rangea le parchemin qu'il tenait.
— Mais chi ! l'encouragea James, la bouche pleine.
Il avala péniblement avant de poursuivre.
— Nous t'aiderons. C'est compliqué, mais je sens que nous sommes tout proches.
— Pas tant que ça, marmonna Sirius d'un air sombre. Je ne pensais que devenir un Animagus serait aussi difficile. McGonagall n'avait pas exagéré.
— Ne fiche pas en l'air le moral des troupes, lui reprocha James en pointant vers lui un doigt recouvert de chocolat. On y arrivera, je te dis.
Voyant que leur ami s'apprêtait à répliquer, Remus intervint. Il n'avait pas envie d'assister à une énième dispute. Sirius et James pouvaient être épuisants parfois.
— Ce n'est pas une obligation non plus, dit-il avec calme. Vous avez essayé, c'est l'essentiel.
Il eut droit à une tempête de protestations qui le laissèrent coi.
Depuis que James avait émis l'idée de devenir un Animagus, les trois amis s'étaient attelés à la tâche avec difficulté. Après avoir "emprunté" l'autorisation de passage à la Réserve de Frank Londubat, ils avaient pu en apprendre un peu plus sur ces rituels de magie compliqués. Mais jusque-là, tous leurs essais s'étaient soldés par des échecs. Le seul point positif là-dedans était que Frank ne s'était douté de rien. Peter avait réussi à remettre le mot du professeur Clopton à sa place avant qu'il ne se soit aperçu de quoi que ce soit.
— Ca suffit, intervint soudain James face aux jérémiades sans fin de Sirius. Ce compartiment est un lieu de joie ! Alors parlons de choses joyeuses.
Il se redressa sur son séant et plongea dans son sac pour en sortir un parchemin, une plume et de l'encre.
— Lorsque nous serons des Animagi, il nous faudra des surnoms, affirma-t-il avec le plus grand sérieux.
— Des surnoms ? releva Sirius, à moitié sceptique et à moitié intéressé.
Son mépris affiché ne cachait pas l'excitation qu'il ressentait à cette idée.
— Parfaitement, acquiesça James. Je pense que celui de Remus est tout trouvé.
D'une écriture appliquée, il traça un mot sur le parchemin posé sur ses genoux. Peter se pencha pour déchiffrer.
— Lunard ? lut-il d'un ton surpris.
— Oui, répliqua James en plissant les yeux devant le rictus moqueur de Sirius. Quelque chose à dire ?
— Je trouve ça très bien, intervient Remus avec un sourire.
Et c'était vrai. Ce surnom lui convenait parfaitement.
— Et pour nous tu as une idée, petit génie ? railla Sirius. Comment choisir un surnom alors que nous ne savons même pas en quel animal nous nous transformerons ?
James ouvrit la bouche mais resta silencieux. Son ami marquait un point. Boudeur, il se renfrogna et se plongea dans le silence.
— On aura tout le temps d'y réfléchir plus tard, intervint Peter. On arrive.
Le train entrait effectivement en gare. Ils entendaient déjà des élèves sortir dans le couloir, à grand renfort de cris et de rires. James rangea son parchemin orné de l'unique nom de Lunard et fourra les dernières Chocogrenouilles dans ses poches. Puis ils se joignirent à la foule de leurs camarades qui se ruaient sur le quai, laissant derrière eux le compartiment 10 à présent vide.
Note de fin : Une p'tite review pour me dire ce que vous en avez pensé ? :)
