Note d'auteur : Bonjour tout le monde ! Merci à tous pour vos reviews, vous êtes adorables et ça me fait vraiment plaisir que cette histoire vous plaise autant ! Je sais que je suis rapide à publier, mais ne vous y habituez pas, c'est surtout parce que je ne suis pas à jour comparé à HPF. ^^ Je posterais sûrement le sept très prochainement (jeudi ou vendredi) et le dernier chapitre dès que mes bêtas auront fini de le corriger. Encore merci pour toutes vos adorables reviews, et bonne lecture ! :)


Septembre 1976

— Tu n'as aucune chance Cornedrue, soupire Sirius d'un air renfrogné. Evans te voit comme un abruti dégénéré, et elle ne te verra jamais autrement.

— Cesse donc de dire des bêtises, répliqua James. Maintenant qu'elle ne subit plus l'influence néfaste de Servilus, elle ne pourra que tomber sous mon charme dévastateur.

Il bomba le torse avec un sourire fier. Sirius eut un reniflement moqueur. Son ami le fusilla aussitôt des yeux, vexé.

— Je peux savoir ce qu'il se passe avec toi aujourd'hui ? Tu es d'une humeur massacrante ! Ce n'est pas pour autant que tu dois me saper le moral !

— Je n'ai fait qu'énoncer la vérité, ce n'est pas de ma faute si elle ne te plaît pas.

Les yeux écarquillés, Peter portait son regard de l'un à l'autre. James et Sirius se taquinaient souvent. Mais jamais ils n'avaient haussé la voix à ce point, ou alors vraiment rarement. Ils se fixaient d'un air meurtrier, chacun campé sur ses positions.

— Sirius, intervint doucement Remus, sentant intuitivement d'où venait le problème, tout va bien chez toi ?

Les traits de leur ami s'affaissèrent lentement. Il tenta de garder une façade méprisante, mais sans vraiment y parvenir.

— Rien d'inhabituel, répondit-il d'une voix sourde. Mes parents m'ignorent, mon frère aussi, tout va bien.

Il se détourna de leurs regards insistants et fixa le paysage qui défilait derrière la vitre. James allait parler, mais Remus l'en dissuada d'un geste. Bien lui en pris. Sous le silence pesant, Sirius craqua.

— Regulus, dit-il, crachant presque le nom de son frère, considère très sérieusement l'idée de rejoindre ces Mangemorts qu'il aime tant. Mais ce n'est pas le pire.

Ses yeux se mirent à lancer des éclairs rageurs, ses poings se serrèrent sur ses genoux.

— Je suppose que vous avez lu les journaux ? La mère de Dorcas a été assassinée il y a trois semaines. Ils étaient contents, vous entendez ? Contents ! Ils étaient satisfaits que le monde soit débarrassé d'une autre « vermine ».

Son dégoût était pleinement perceptible. Remus se sentait frissonner. Il avait l'impression de sentir l'ombre de la morte planer au-dessus d'eux. Il se ressaisit bien vite, se sentant stupide.

— Tu sais, tenta James, ma mère renouvelle sa proposition.

Au cours de l'année passée, Mrs Potter avait déjà offert à Sirius de venir habiter chez eux, plusieurs fois. Celui-ci avait toujours refusé, trop fier.

— Je vais y penser sérieusement, dit-il pourtant avec calme.

Cela réduisit au silence les trois autres. Ils n'avaient jamais soupçonnés que la situation familiale de Sirius s'était autant empirée. Il plaisantait tellement à ce sujet, qu'ils n'avaient jamais songé à quel point il ne se sentait plus à sa place.

Voulant briser la tension installée dans le compartiment 10, Peter s'éclaircit la gorge.

— J'ai eu une idée pendant les vacances, annonça-t-il avec un sourire mystérieux.

Tous les regards se concentrèrent sur lui. Cela avait au moins le mérite de distraire Sirius de ses problèmes.

— J'ai pensé à ce que James avait dit l'année dernière, à propos de nos sorties nocturnes. Il serait beaucoup plus facile pour nous de nous éclipser si nous savions la localisation précise des habitants du château, et surtout celle des professeurs.

Il s'arrêta une seconde, les sourcils levés. Remus l'encouragea d'un hochement de tête, intéressé.

— Je me suis dit que nous pourrions dessiner une carte, suggéra Peter. Une carte magique. De Poudlard et de ses environs. Elle pourrait nous indiquer où se situe tout le monde et nous faciliterait la vie !

Devant leur absence de réaction, il se montra soudain plus hésitant. Le soulagement envahit son visage lorsqu'il eut le droit à des cris de félicitations.

— C'est une idée géniale ! s'exclama James. Je n'y avais jamais pensé.

— Une carte que nous seuls pourrions lire, ajouta Sirius, sa morosité s'effaçant peu à peu.

Cette idée sembla enchanter James.

— Nous avons donc un nouveau projet, annonça-t-il avec fierté.

De nouveau, il sortit de son sac le vieux bout de parchemin où ils avaient inscrits leurs quatre surnoms au début de l'été.

— Et nous avons déjà le support. Il ne nous reste plus qu'à l'ensorceler.

Remus vit Peter et Sirius sourire avec excitation. Et il sut qu'il arborait exactement la même expression.

Juin 1977

— Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises !

James agita joyeusement sa baguette vers le morceau de parchemin posé sur ses genoux. A ses côtés, Sirius poussa un soupir, mi exaspéré, mi amusé.

— Tu vas continuer longtemps ?

— Jusqu'à ce que ça m'ennuie ! s'enthousiasma l'intéressé.

Il agita une nouvelle fois sa baguette en prononçant la formule adéquate.

— Méfait accompli !

La Carte, qui venait à peine de dessiner les contours du château, s'effaça de nouveau. James allait prononcer une nouvelle fois le sortilège lorsque Sirius lui arracha sa baguette des mains.

— Je suis tout autant content que toi qu'on ait réussi à créer cette carte, persifla-t-il, mais si tu ne la fermes pas, je te la fais manger !

Vexé, James eut une moue boudeuse. Soucieux de désamorcer le conflit — et surtout que le parchemin si durement ensorcelé ne subisse aucun dommage —, Remus s'empara prudemment de la Carte et la rangea précieusement dans le sac de James. Ils avaient eu assez de difficultés à créer l'artefact, inutile de tenter le diable.

— Pour la peine, je dirais à ma mère de te cuisiner des choux de Bruxelles, marmonna James. Je sais que tu détestes ça.

Sirius leva les yeux au ciel devant tant de puérilité. Néanmoins, il ne put empêcher un semblant de sourire d'étirer ses lèvres.

Au cours de l'année, Sirius s'était violemment disputé avec ses parents, exprimant pour la première fois à quel point son opinion divergeait de celle de sa famille. Ses amis ne savaient pas ce qu'il s'était passé avec exactitude. La seule chose certaine était que Sirius n'était plus le bienvenu au Square Grimmaurd. Il n'avait pas fallu beaucoup de temps pour qu'il accepte l'offre des Potter de venir habiter chez eux. De ce fait, il était bien plus apaisé à présent qu'au commencement de l'année.

La porte du compartiment s'ouvrit brusquement sur Peter.

— Je viens de croiser Rogue dans le couloir, leur dit-il, essoufflé par sa course.

Il lâcha sur un siège les nombreuses Patacitrouilles, Chocogrenouilles et autres douceurs qu'il était allé acheter pour eux tous.

— Il n'a pas l'air content, ajouta-t-il d'un ton penaud.

— Ne fais pas attention à Servilus, Queudver, lui conseilla Sirius en piochant dans la montagne de friandises. Il est juste furieux à cause de ce qu'il s'est passé il y a deux mois.

A la mention de l'Accident, Remus se raidit. Il n'aimait pas qu'on lui rappelle à quel point le loup pouvait prendre le pas sur lui.

— Arrête de t'en faire pour ça Lunard, intervint James. Tu n'es en rien responsable de ce qu'il s'est passé.

Il jeta un regard appuyé à Sirius, qui leva les yeux au ciel et haussa les épaules. Si ce dernier se fichait éperdument des conséquences de la petite blague qu'il avait voulu faire à Rogue, ce n'était pas le cas des trois autres. Remus ne pouvait s'empêcher de garder de la rancoeur envers son ami. Si James n'avait pas été là, il serait devenu un tueur, et cette perspective lui laissait un goût amer sur la langue. James était le seul à avoir compris. Et pour une fois, Remus avait été profondément agacé de l'insouciance de Sirius. Il espérait que les deux mois d'été apaiserait sa rancune.

A ce moment-là, Rogue passa devant leur compartiment. Remus frissonna sous le regard de dégoût qu'il lui lança, mal à l'aise. Il avait promis de ne rien dire, mais il ne faisait pas confiance à Severus Rogue. En revanche, James ne fut pas le moins du monde impressionné par l'expression de pure haine sur le visage de leur camarade. Il se contenta de l'ignorer. Et une fois de plus, Remus ne put qu'être admiratif devant une telle décontraction. Ce ne fut qu'une fois que Rogue eut disparu de son champ de vision qu'il se détendit.

— Je n'arrive pas à croire qu'il ne nous reste qu'un an, soupira Peter en s'asseyant à côté de lui.

Aussitôt, la conversation dériva sur leurs futurs examens, passage obligé avant la poursuite de leurs études. Personne ne parla de la montée en puissance de Voldemort, de l'insécurité du monde sorcier, de la guerre.

Ici, dans le compartiment 10, ils étaient isolés des troubles du monde extérieur. Ils étaient dans leur cocon. Un cocon qu'ils craignaient tous de voir imploser un jour ou l'autre.


Note de fin : Merci d'avoir lu ! Une p'tite review pour me dire ce que vous en avez pensé ? :)