La vie à l'époque de la Renaissance se poursuit pour Clara, et ce n'est pas facile tous les jours. Alors quand en plus on se retrouve embarquée dans une drôle d'histoire ...
Bonne lecture ! ^^
« Bambina ! Tu es prête ?» appela Ezio.
« Vi allez on fonce !» s'exclama Clara.
Elle passa à toute allure devant son homme, mais fut stoppée tout aussi net. Ezio venait de la saisir par la capuche et la ramena vers lui.
« Ouargh ! Non mais dis donc pépé, je peux savoir ce qui te prends ?» attaqua-t-elle.
« Un momento. Tu as pris tes couteaux de lancer ?» répondit Ezio.
« Oh non ! Tu vas pas recommencer ?!» gémit Clara en levant les yeux aux ciel.
« Tu les as ?» insista Ezio.
La jeune femme montra sa taille où se trouvait la ceinture. Auditore demanda ensuite à voir les bombes fumigènes, les remèdes, le contenu de son carquois, l'état de son arbalète, de son épée …
« Ezio ! Je ne suis pas une gamine ni une débutante ! Alors cesse ton cinéma !» s'exclama Miles.
« Mon quoi ?» répondit son homme interloqué.
« Ton cirque !»
« Bambina, en tant que mentor je dois m'assurer que tu es bien préparée pour chacune de tes missions. Donc : passer ton équipement en revue.» répliqua patiemment Ezio.
« Et me scier les nerfs. Remarque je serais en condition pour me battre. Je sais … ce que je dois prendre ou non. Je peux me débrouiller seule maintenant.» rappela Clara en s'écartant.
Ezio lui faisait le coup à chaque fois qu'elle partait en mission, seule ou avec lui. Et présentement, Miles se demandait si elle n'allait pas transformer le mentor de la confrérie en steak haché. Hmmm Auditoraaal !
« Si, tu n'as plus besoin de moi, je suis au courant.» lança Ezio en croisant les bras.
Clara vit passer une ombre dans les prunelles chocolat. Elle soupira puis vint poser ses mains sur les épaules du brun.
« T'as raison : j'ai traversé cinq siècles, lâché tout ce que je connaissais et aimais rien que pour ta tête de pioche, mais j'ai plus besoin de toi. T'as pensé à consulter sérieux ?»
« Bon bon, je m'excuse.» admit Ezio.
« À la bonne heure, vieux plat de pastas.»
« Cosa … viens ici espèce de sale gosse !» s'exclama Ezio en se lançant à sa poursuite.
Rues de Rome, un rien plus tard. Sur les toits, nos deux silhouettes encapuchonnées filaient à toute allure, bondissant par-dessus les cheminées. Une flèche siffla près de la tête de Clara.
« Purée de punaises en string ils lâchent pas l'affaire !» s'exclama-t-elle.
Elle franchit la distance entre une maison et une autre. Derrière les Assassins des soldats des Borgia. Clara dégaina son arbalète qu'elle chargea. Puis prenant appui sur une cheminée elle pirouetta et se retrouva tête en bas. Elle actionna le détenteur. Sa flèche siffla et atteignit un garde au ventre. Ezio pour sa part s'accrocha au rebord d'un toit. Son bras gauche saisit un couteau qu'il lança contre un autre garde.
« Attention bambina en voilà d'autres !» annonça Ezio.
« A droite toute !»
Ils passèrent sur des cordes. Mais d'autres soldats les attendaient en face. Auditore regarda frénétiquement autour de lui. Il saisit le poignet de Miles et l'entraîna avec lui vers l'extrémité d'un toit.
« Allez saute !» dit-il.
Clara exécuta un saut de la foi dans la seconde. Ezio de son côté fonça vers les gardes. Tout en courant il dégaina son épée. Le sang gicla, souillant les uniformes.
« Alors fillettes ! C'est tout ce que vous valez ? Tas de minus !» lança-t-il.
« Saisissez-le !»
Ezio prit la fuite, entraînant les gardes avec eux. En bas, Clara émergea de son tas de foin. Elle regarda en l'air, s'étonnant de ne plus voir son compagnon. Elle patienta quelques secondes, puis se décida à remonter. Personne.
« Oh non mais qu'est-ce qui lui a pris ?» se demanda-t-elle à voix haute.
La brunette inspecta les lieux afin de découvrir dans quelle direction son mentor était parti. Si elle ne tardait pas trop, elle devrait pouvoir le retrouver. Un peu plus loin, des traces de sang. Il y avait des flaques, puis un chemin de gouttes. Pourvu que ce ne soit pas celui d'Ezio … toujours est-il que cela formait une piste. L'Assassine accéléra l'allure.
Plus loin, Ezio roula sur le sol. Il était redescendu et cherchait une cachette, quand soudain un filet s'était abattu sur lui. Empêtré, le Florentin alla buter contre un mur.
« Nous le tenons !» s'exclama un soldat.
« Achevons-le !» proposa un autre.
« Non, j'ai une meilleure idée. Rapportons-le et interrogeons-le pour savoir où se cachent les autres.»
Les soldats soulevèrent Auditore en prenant soin qu'il ne puisse pas bouger. Il se débattit, et reçut le manche d'une lance dans le ventre. Il était en très mauvaise posture. Mais au moins Clara était saine et sauve. L'Assassin fut transporté dans une des rares tours Borgia restantes. Ils lui ôtèrent non sans mal sa tenue et surtout ses armes. Ceci fait, Ezio fut plaqué contre un mur pendant que des menottes scellées à la pierre se refermaient sur ses poignets.
« Bene. Voici comment ça va se passer : si tu es sage, tu devrais ressortir à peu près intact. Mais si tu résistes … tu sortiras les pieds devant. Capito ?» fit le capitaine en se penchant vers lui.
« Tu mi prendi per un idiota ? Je sais très bien que je ne ressortirais pas vivant d'ici. Et tu rêves si tu crois que je vais te donner des informations sur la confrérie.» rétorqua Ezio.
Le soldat lui retourna un revers.
« Dans ce cas, je vais devoir te torturer. Ça me fera un bien fou, à toi beaucoup moins bien sûr.»
Un de ses hommes lui apporta un rouleau de cuir. Le capitaine le déroula sur une table. Une multitude d'ustensiles en métal, dont la fonction était évidente, apparurent.
« Voyons voyons … par quoi vais-je commencer ?» chantonna le capitaine.
Pendant que le capitaine Borgia tentait de se décider, Miles se trouvait à l'extérieur à califourchon sur un cadavre. Elle se releva puis vint se coller au mur. Elle profita de ce qu'un militaire lui tournait le dos pour passer derrière lui et s'accrocher à une vitre. Elle jeta un œil à l'intérieur. Ezio était bien là, encore en un seul morceau. Par contre, un type se tournait vers lui avec une grande pince métallique. Un fer, qu'il mit à chauffer dans la cheminée. Ceci fait, il revint vers une table. Clara passa une lame entre les battants de la fenêtre. Elle poussa puis entra. La brune sauta sur une poutre, puis sur la suivante. Accroupie, elle compta les gardes présents. Cinq plus le capitaine.
« Bien, on est parti.»
La jeune femme sortit une bombe fumigène qu'elle lança. La fumée jaillit. Clara sauta puis planta ses lames dans le cou de deux soldats. Elle courut vers un autre occupé à tousser qu'elle planta. Dégainant son arbalète de l'autre main, Miles en abattit un quatrième. L'Assassine saisit le fer mit à chauffer. Le dernier soldat restant décrivit un arc-de-cercle avec son épée. Clara se pencha en arrière, puis saisit avec la pince chaude le nez de son opposant. Elle lui trancha ensuite la gorge. La fumée se dissipa. Le capitaine Borgia se précipita vers elle. Miles para son coup d'épée avec la tige métallique. Elle lui carra ensuite un coup de pied au ventre et le renversa. Ceci fait, elle ouvrit la pince … et lui saisit les attributs avec.
« AAAAAAOOOOOUUUUUUUWWW !»
Ezio détourna la tête. Ouh que ce devait être douloureux. Clara abrégea les souffrances de son opposant d'un coup de lame secrète.
« Bambina mia ! Tu m'as retrouvé rapidement.» sourit Ezio.
« Oui, j'ai suivi les traces de canne.» répondit Clara en fouillant le cadavre du capitaine.
« Ahaha arrête je vais mourir de rire.» ironisa Ezio.
Clara se releva avec une clé, puis se tourna vers son homme. Premier point positif : il était intact. Point négatif pour lui : il était attaché avec en face une personne au caractère taquin.
« Regardez-moi ça ! Le grrraaand Ezio Auditore immobilisé et vulnérable.» dit-elle en avançant vers lui.
« Qu'est-ce que tu as en tête toi ?» interrogea le concerné devant son air espiègle.
Clara s'arrêta tout près de lui. Elle se pencha ensuite vers son cou.
« C'est ça le problème, j'ai deux idées mais j'hésite. Peut-être devrais-je te torturer un peu moi aussi, pour t'apprendre à te sauver sans moi. Mais de quelle manière … je pourrais te faire subir les derniers outrages … ou te chatouiller avec une plume.» expliqua-t-elle en ponctuant ses phrases de baisers.
Ezio sentit une main passer sous sa chemise, lui arrachant un sourire. Déjà il frissonnait. Miles savait très bien où porter ses attaques. Finalement ce n'était pas si mal d'être attaché.
« Sauf qu'il n'y a pas de plumes ici. J'ai bien peur que tu ne doives te contenter des outrages.» dit-il avec un petit soupir.
« Ah non ?»
Clara s'écarta pour montrer le casque du capitaine, à terre. Ezio fronça les sourcils, perplexe. Il regarda à nouveau Clara qui faisait passer une plume rouge autour de son propre visage avec un air de diable.
« Petit démon ! Non, Clara arrête !»
« Guili-guili-guili !»
Ezio se contorsionna sous les chatouilles, riant à gorge déployée. Ah la traîtresse ! Clara le laissa respirer un instant.
« Tu n'as pas honte de profiter ainsi de la faiblesse d'un homme ?» souffla-t-il.
« Que nenni mon kiki. Je t'interdis de te mettre en danger à cause de moi, capito ?»
« Wahahahaha d'acco-hohohohor ! J'ai compris-hihihihi, assez-héhéhéhé !»
« Sinon la prochaine fois je te chatouillerais les pieds.»
« Ah non !»
Miles jeta la plume, puis ouvrit les menottes. Ceci fait, elle alla chercher l'équipement d'Auditore. La brune fit le guet pendant qu'il s'habillait.
« Flûte, j'ai une lame secrète de cassée.» constata-t-il.
Une fois prêt, il rejoignit sa compagne. Ils sortirent par la fenêtre qu'elle avait emprunté. Miles sauta gaiement sur le garde juste en-dessous.
« Yeah ! Trois points de plus pour moi !» clama-t-elle.
« Bambina, on ne fait pas un concours. Soyons sérieux.» fit Ezio.
« Hmmm. Tu vois mon petit Ziozio, c'est là qu'on voit que tu vieillis : tu perds ton sens de l'humour.» fit Clara, désabusée.
« Cosa ? Non mais dis donc toi !»
« Farpaitement. Si ça continue tu vas devenir aussi aigre qu'un cornichon.»
« Je vais la tuer.»
« Ah vous revoilà. Ça s'est bien passé ?» fit Machiavelli, dans le repaire.
« Ce fut mouvementé, mais nous avons réussi.» répondit Ezio.
Il lui relata l'aventure, cachant naturellement la torture dont il avait fait l'objet. Clara de son côté alla ranger son équipement. Elle aida ensuite les autres apprentis à entretenir le local. Un rien après, Auditore la retrouva avec une recrue masculine qui tentait visiblement de lui faire la cour. Le Florentin plissa un instant les yeux, avant de marcher d'un pas martial vers eux.
« Dans ce cas que diriez-vous de ...»
« Dis donc apprenti ! Retourne à ton travail et plus vite que ça, sans quoi je t'encastre dans un mur !» gronda-t-il derrière lui.
Dire que le concerné frisa l'AVC était peu dire. L'apprenti déguerpit sur-le-champ. Miles réprima un rire. L'encastrer, rien que ça.
« Merci mon chéri, je ne savais plus comment m'en défaire.» lança Clara amusée.
Ezio posa ses deux mains contre le mur, autour d'elle.
« Et toi, que je t'y reprenne à distraire mes recrues.» dit-il en frottant son nez contre le sien.
« Voilà que ça va être de ma faute.»
« C'est que ce n'est pas le premier à essayer.» rappela Ezio en s'écartant un brin.
« Oh tu sais, tous ces hommes peuvent me courtiser tant qu'ils veulent, à mes yeux ils ont un énorme défaut répulsif.» répondit Miles en lui caressant la joue.
« Lequel ?»
« Ils ne sont pas toi, tout simplement.»
Ezio lui sourit. Ils s'enlacèrent et échangèrent un baiser, avant que Clara ne reprenne son balayage.
« Au fait, je voulais aussi te dire que tu gravis un échelon.» annonça Ezio.
« Ce n'est guère l'endroit pour me faire grimper où que ce soit mon ange.» répondit tranquillement la brune.
« Je ne parle pas de ça !» rougit Ezio.
Clara lui retourna une expression amusée. Son petit ami soupira.
« Bien, je vais aller voir Leonardo pour qu'il répare ma lame.»
« Oh je viens avec toi ! J'aimerais bien le revoir.»
« Va bene.»
Clara rangea son balai puis rejoignit son mentor. Ezio la conduisit à l'atelier romain de son vieil ami. Leonardo les accueillit chaleureusement. Auditore lui expliqua la raison de sa visite. L'inventeur accepta de réparer l'outil, mais prévint qu'il lui faudrait un peu de temps. Clara demanda à rester avec Da Vinci, ce qui lui fut aisément accordé. Le chef des Assassins décida de rendre visite à sa petite sœur.
« J'ai suivi vos conseils pour ma machine à voler.» annonça Leonardo.
« Et ?» fit Clara avec un sourire.
« Ça fonctionne ! Je ne vous remercierais jamais assez.» s'enthousiasma Da Vinci.
« Alors passons au tutoiement.»
« Avec joie.»
L'œil noir de Clara fut ensuite attiré par une peinture. Malgré qu'elle soit encore incomplète, la posture du sujet ne laissait aucun doute.
« Pignaise mais c'est la Joconde !»
Clara approcha de la peinture. Dire qu'elle se trouvait devant l'original de l'œuvre la plus célèbre de Da Vinci, qu'elle la voyait se créer.
« Oh ne fais pas attention Clara, ce n'est qu'une mauvaise peinture.» intervint Leonardo.
« Tu rigoles ?!»
Oups. Clara se mordit aussitôt la lèvre pendant que le peintre la regardait un peu étonné. Mais la brune ne pouvait lui dire que ce tableau assurerait la postérité de l'homme. Ce serait révéler qu'elle venait du futur, or elle savait que l'artiste était un bavard invétéré.
« C'est gentil, merci.» sourit Leonardo.
« Aaah euh de rien. J'espère la voir finie un jour, ce portrait me semble prometteur à moi.»
Leonardo continua son travail sur la lame secrète d'Ezio. Clara continua son exploration sans en avoir l'air. Elle remarqua plusieurs croquis, des paysages, des machines, l'étude de l'anatomie dont le fameux homme de Vitruve. Profitant d'un temps d'attente dans son travail, il s'approcha d'elle pour lui donner quelques précisions sur ce qu'il étudiait. Du reste, la brunette laissa parler sa curiosité pour l'interroger sans fin. Ravi d'avoir un interlocuteur si intéressé par ses travaux, Leonardo répondit à tout.
Pendant ce temps-là, Ezio arpentait les rues de Rome, arrachant les avis de recherche le concernant et soudoyant quelques crieurs. Il s'arrêta à la boutique d'un forgeron pour réparer son équipement, renouveler ses munitions et voir les nouveautés. Le temps que son armure soit comme neuve il acheta des fioles de remèdes chez un médecin ambulant. Il arracha quelques avis supplémentaires, reprit son armure et revint à l'atelier. Il eut la surprise de découvrir la porte ouverte. Inquiet Ezio accourut.
« Dio mio ...» souffla-t-il.
Un désordre sans nom régnait dans l'atelier. Des papiers jonchaient le sol, la table où travaillait l'artiste avait été renversée de même que chaises et tabourets. Un frisson lui dévala l'échine.
« Clara ? Leo ?» appela-t-il malgré tout.
Ezio découvrit l'étui de sa lame secrète. Leo venait certainement de tout juste la finir quand cette attaque se produisit. L'Assassin remarqua des gouttes de sang au sol, et même … un cadavre derrière la table. Ce n'était pas un garde des Borgia : l'homme portait un costume vert bouteille. Ezio le fouilla afin de découvrir un quelconque indice. Rien. Il sortit et fit le tour. Sur le sol, plusieurs empreintes de pas. A première vue, son ami et la femme qu'il aimait avaient réussi à fuir. Voilà qui le rassura. Auditore suivit les empreintes de pas. Elles menaient à une écurie, à laquelle manquait deux chevaux selon le palefrenier. Un homme et une femme les avaient prit.
« Par où sont-ils partis ?»
« Dans cette direction. Puis un groupe de gens en vert les ont pourchassés.»
« Grazie mille.»
Ezio prit une monture à son tour et fila. Pourvu qu'ils aillent bien … connaissant Leonardo, il avait dû encore l'ouvrir en grand sur un de ses projets, et quelqu'un semblait décidé à lui en arracher tous les secrets. Clara avait dû le défendre et lui permettre de fuir. Dans quel pétrin allait-il encore se fourrer.
Plus loin devant, nos deux fuyards cavalaient toujours à bride abattue dans la campagne romaine.
« Tu es sûr que tu ne sais pas pourquoi ces types sont après toi ?» redemanda Clara.
« Positivement sûr.» répondit Leonardo.
Du reste, ils ne s'étaient pas vraiment présentés : à peine entré dans l'atelier ils avaient sommé le blond de les suivre. Mais dès lors qu'ils avaient tenté d'user de la force, Clara était intervenue. Les agresseurs ne s'étaient visiblement pas attendu à ce qu'une femme se mette en travers de leur route et surtout qu'elle puisse les vaincre. La jeune femme avait tiré l'artiste hors de son atelier puis vers une écurie. Maintenant, ils faisaient routes vers ils ne savaient où.
« Il faut entrer dans la forêt, ils auront plus de mal à nous suivre.» dit-elle.
Elle tira les rênes de son cheval, qui bifurqua suivit de celui de Leonardo. Tous deux baissèrent la tête pour éviter les branches basses. Ils zigzaguèrent un moment, tournèrent encore et encore. Clara vérifia leur avancée. Plus aucun cavalier derrière.
« Je crois qu'on les a semés.» annonça-t-elle.
Elle maintint l'allure encore un moment, avant de faire passer son cheval au trot puis au pas. Finalement, ils s'arrêtèrent. Selon Leonardo ils devaient être hors de Rome. Clara annonça monter à un arbre afin d'avoir des repères. La brunette arriva au sommet de son point d'observation. Derrière, les remparts de la cité éternelle.
« Mmmh m'est avis qu'on ne devrait pas y retourner pour le moment.» pensa-t-elle.
Elle sortit une longue vue. Plus loin, les toitures d'un petit village. Clara redescendit prestement, et fit part de ses réflexions à Da Vinci.
« Je crois aussi, mais nous devons prévenir Ezio.»
« S'ils ont des pigeons voyageurs c'est que je ferais. Allons-y, la nuit ne va pas tarder.»
Elle remonta en selle, et prit la tête. Tous deux quittèrent la forêt une dizaine de minutes plus tard. Le soleil déclinant les contraignit à passer au galop afin de gagner un abri au plus tôt. Lorsqu'ils parvint au village aperçu par Clara, la nuit obscurcissait presque tout le ciel. Ils prirent une chambre à l'unique auberge du coin. Une femme approcha pour prendre leur commande. La brune sentit un regard lui brûler la nuque. Elle parvint de justesse à ne pas se retourner. Au lieu de ça, elle fit tomber sa fourchette au sol.
Se penchant pour la ramasser, elle en profita pour découvrir qui l'observait. Un homme bien vêtu, sans doute noble. Miles usa de sa vision d'aigle. Un ennemi. Ben tiens. Elle se redressa et reposa son couvert après l'avoir essuyé.
« Quelque chose ne va pas Clara ?» interrogea Leo.
« Nous ne sommes pas entourés d'amis. Aie l'air naturel.»
Allons bon, leurs poursuivants les auraient-ils retrouvés ? Il n'avait pourtant vu aucun costume vert.
« Comment le sais-tu ? As-tu la vision d'aigle comme Ezio ?» questionna-t-il.
« Il t'en a parlé. Oui en effet, je l'ai moi aussi.»
« Fascinant. On dirait que c'est vraiment propre aux Assassins.»
Pour le moment oui. À sa connaissance, aucun Templier pure souche ne possédait ce don et heureusement. Sans doute parce qu'Ève en tant qu'hybride et membre des Assassins leur avait-elle transmis ce don. Bref, la jeune femme résolut de se tenir sur ses gardes. Elle avait conservé ses lames secrètes aux poignets, et passé une ceinture supplémentaire de couteaux autour d'une cuisse.
De son côté, Ezio avait perdu la trace du couple mais retrouvé les poursuivants. Profitant d'une halte de leur part, il avait décidé d'en capturer un. Caché dans un fourré, Auditore approcha de sa cible. Une fois derrière, il l'assomma et le traîna avec lui. Le mentor le chargea sur son cheval puis retourna à Rome. Il fit halte au Renard Assoupi. La Volpe vint à lui et l'aida à traîner son captif. Il le fit passer derrière l'auberge.
« De quoi s'agit-il cette fois ?» questionna le chef des voleurs.
« Clara et Leonardo ont disparus, poursuivis par un de ces types.»
« Je vois. Tiens aide-moi à l'attacher à cette poutre là.»
Ils ligotèrent l'homme par les poignets à une petite poutre dépassant d'un mur. Juste quand le captif reprenait ses esprits. Il essaya naturellement de défaire ses liens.
« Tutut, réponds bien gentiment à mes questions et tu pourras retrouver l'usage de tes mains.» lança Ezio, l'air sombre.
« J'ai rien à vous dire.»
« Tu devrais pourtant. Au cas où tu ne le saurais pas tu as affaire à un Assassin. Précisément le genre de personne qu'il vaut mieux éviter de mettre en colère.» informa Volpe bras croisés.
« Malheureusement c'est déjà fait. Non seulement tes amis et toi vous avez tenté d'enlevé un ami, mais également la personne qui compte le plus pour moi. Je veux savoir pourquoi et où étiez-vous chargés de les amener.» reprit Ezio en montrant une de ses lames secrètes.
La lame glissa le long de la joue du prisonnier, l'entaillant.
« Tuez-moi si vous le voulez mais je ne dirais rien.»
Auditore lui fracassa le nez d'un coup de tête. Il lui demanda ensuite combien de temps il pensait pouvoir supporter la douleur. Mais l'autre s'entêta dans son silence. Ezio se demandait comment il parviendrait à retrouver Clara et Leo. Torturer n'était pas dans sa nature, mais en voyant un des responsables devant lui … il se sentait suffisamment en colère pour le taillader. Il se mit à faire les cents pas. Un point faible, il lui fallait un point faible …
« Volpe.»
« Si ?»
« Tu n'aurais pas une grande pince métallique par hasard ?» demanda Ezio.
« Si nous l'utilisons pour la cheminée pourquoi ?»
« Va la mettre à chauffer s'il te plaît.» répondit Ezio en regardant son captif droit dans les yeux.
« Tu es sûr que c'est une bonne idée ?» reprit La Volpe.
« Si, je vais faire comme ma bambina : frapper là où ça fait le plus mal.»
Le renard haussa les épaules puis rentra. Avisant la cheminée au fond de la salle, il alla déposer la pince dans les flammes. Un quart d'heure plus tard, il la sortit. Les bouts avaient prit une couleur jaune. Volpe apporta l'instrument à Auditore. Quand il revint, il eut la surprise de découvrir le prisonnier pantalon baissé. Ezio vint prendre la pince qu'il ouvrit.
« Dernier avertissement : ou tu me dis ce que je veux savoir ou tu dis adieu à tes palle.»
La Volpe arrondit un instant les yeux. Ah oui en effet, directement au point le plus sensible. Ezio approcha de sa victime, la terrible pince chauffée à blanc pointée vers l'entrejambe de l'homme. Ce dernier déglutit. Un frisson de peur lui parcourut l'échine en voyant l'instrument s'approcher.
« Tu … tu non sei serio ?»
« Je suis mortellement sérieux au contraire. Je te l'ai dis toi et tes amis vous avez fait une sacrée bourde.»
Le prisonnier pouvait à présent sentir la chaleur de la pince.
« D'a … d'accord ! Nous … nous devions seulement ramener Da Vinci à notre chef. Il s'appelle Alessandro Di Bernardo. Je ne sais pas trop pourquoi, si ce n'est qu'il avait besoin de plusieurs artisans réputés. Nous devions les conduite à Naples.»
« Sei sicuro ?» continua Ezio qui était près de lui pincer les testicules.
« Si ! Je ne sais rien d'autre je vous le jure !»
L'Assassin le fixa un instant. Il écarta la pince sans que l'autre ne le voie, puis la referma dans un claquement. Son prisonnier sursauta. Puis Auditore l'élimina d'un coup de lame secrète. Il rendit la pince au chef des voleurs.
« Parfait, je pars demain matin à l'aube.» conclut l'Assassin, satisfait.
Il détacha le corps, et avec l'aide de Volpe alla le jeter dans un bosquet.
Capito = compris
Tu mi prendi per un idiota = tu me prends pour un idiot
Palle = couilles
Tu non sei serio = vous n'êtes pas sérieux
Sei securo = tu es sûr ?
