Merci à tous ceux qui suivent. Nos héros décident encore une fois de quitter le plancher des vaches, espérons qu'ils le regagneront intact.

Bonne lecture ^^


Le coup de feu claqua, suivi du hurlement d'Ezio. En un éclair, il revit le jour où Cristina était morte. Pourquoi … pourquoi fallait-il qu'il perde encore celle qu'il aimait ? Devant ses prunelles défilèrent les images des instants passés avec Clara. Son cœur se brisa, se déchira. Son sang se gela dans ses veines. Tout son corps se pétrifia sous le choc. Toutefois, cela ne s'arrêta pas là. Pas comme ça. Non, Clara Miles n'était décemment pas du genre à se laisser tuer bien gentiment. Depuis le moment de l'attaque des hommes de Di Bernardo, elle avait fait semblant d'être inconsciente. Nul doute qu'ils les emmèneraient tout deux à la villa. Ezio y serait, elle pourrait lui prêter main forte. Lorsqu'à travers la fine ouverture qu'elle avait laissé entre ses paupières elle avait aperçut l'arme pointée sur elle, elle était passée à l'action. D'un coup de pied elle faucha les chevilles de celui qui se tenait juste à côté. Miles roula sur le côté tant pour éviter qu'il ne lui tombe dessus qu'au cas où la balle ne serait pas bloquée à temps.

Mais le soldat encaissa à sa place. Clara passa ensuite ses mains liées dans son dos sous ses jambes, avant de faire tournoyer celles-ci pour se relever. Profitant de la surprise, elle fila derrière un soldat qui fit office de bouclier humain pour la volée de carreaux d'arbalète. Ezio entra dans la danse lorsque la jeune femme se remit sur pied. Ses lames sectionnèrent les jugulaires de ses opposants. Il leur fallait décimer le plus de gardes possible avant qu'ils ne rechargent leur arme. Les Assassins eurent la même idée : un lancer de bombes fumigènes. Retenant leur respiration, ils enchaînèrent par un lancer de couteaux, le plus rapide. Clara sectionna les liens retenant ses poignets grâce à des couteaux à sa ceinture.

« Ezio ! Touss ! Alessandro s'enfuit !» signala Leonardo, toujours à terre.

Le Florentin s'élança à sa poursuite. Clara se chargea de libérer le peintre, puis de prendre la fuite avec lui. La jeune femme le fit monter sur le toit de la villa. Les soldats rappliquaient en masse. Clara tirait toujours le blond par le poignet.

« Attends mais où veux-tu aller ?» questionna Da Vinci.

« Tester une autre de tes inventions.»

Il la vit sortit un petit paquet qu'il reconnut comme étant un parachute. Elle lui en passa un bout pendant qu'elle gardait l'autre.

« Mais c'est conçu pour une seule personne !» rappela Da Vinci.

« Tant pis ! De toute manière ce n'est pas haut, c'est simplement pour ralentir la chute. Allez go !»

Ils coururent vers le bord du toit puis s'élancèrent. La toile se déplia. Quelques instants plus tard, ils roulèrent sur le pavé. Clara aida Leo à se relever et décampa avec lui.

Pendant ce temps, Ezio avait retrouvé Alessandro. Ce dernier avait ameuté les gardes restants. Prenant appui contre un mur, l'Assassin passa au-dessus. Deux lames plus tard d'autres gardes libérèrent le passage. Il gagnait du terrain sur sa proie. Mais il devait l'empêchait de sortir de la villa, sans quoi il risquait de le perdre. Auditore passa par-dessus la rampe d'un escalier. Il se rattrapa à un lustre et atterrit. Il lança une lame vers sa cible mais la manqua. Il sortit alors son arbalète. Ezio prit deux secondes pour s'arrêter et viser. Tchak ! Touché à la jambe. Juste quand il posait la main sur la poignée de la porte d'entrée. L'Assassin se précipita. Il empoigna Di Bernardo et le le força à se mettre debout.

Alessandro eut la présence d'esprit de bloquer le poing qui venait à sa rencontre. Malgré la douleur, il tira son épée. Ezio recula et se pencha en arrière afin que la pointe ne lui ouvre pas la gorge. Dégainant à son tour, sa lame choqua contre celle de son adversaire. Le fer crissa à de nombreuses reprises, dans une danse mortelle. De ce qu'il pouvait constater, Di Bernardo était doué avec une épée. Le Florentin sentit bientôt une brûlure au bras. Une coupure. Il prit également un coup de pied au ventre. Il eut juste le temps de placer son arme pour empêcher l'autre de lui assener un coup fatal. Les hommes se tournèrent autour, cherchant l'ouverture, guettant l'occasion d'en finir. Ezio fit couler le sang chez l'ennemi, mais pas assez pour le tuer. Il lui fallait ruser. Encore fallait-il que l'autre lui en laisse le temps.

« Ah, je crois que j'ai trouvé. Allez viens par là mon coco.» pensa Ezio.

Il attaqua plusieurs fois de suite, tâchant de se rapprocher au maximum de sa cible. Écartant le bras tenant l'épée, il saisit Di Bernardo au col et lui flanqua un coup de tête. Il lui sauta ensuite dessus et le renversa. Son genou immobilisa le bras armé, tandis qu'une main emprisonna le poignet de l'autre. Enfin, la main libre d'Ezio actionna la lame qui s'enfonça dans le cou d'Alessandro.

« Je t'aurais bien flanqué une correction pour avoir osé tenter de tuer la femme que j'aime. Ferninand II va devoir trouver autre chose pour vaincre ses ennemis. Requiescat in pace.»

Ezio quitta la villa. Clara et Leo avaient certainement regagné la colline où patientait la machine. Il se dépêcha de s'y rendre. Toutefois, il ne trouva personne. Allons bon. Il regarda autour de lui, sans doute s'étaient-ils cachés. Une ombre passa soudain au-dessus du Florentin. Levant la tête, il écarquilla les yeux : un galion flottait dans les airs à basse altitude. Une des machines avait dû être terminée récemment. Et … un peu plus loin, il aperçut une embarcation bien plus petite. Ezio ferma les yeux. À tous les coups, Clara et Leonardo se trouvaient à bord.

« Décidément ces deux-là attirent les ennuis.» soupira-t-il.

Ils ne feraient pas le poids contre les canons du galion. Ezio siffla son cheval et monta en selle sans attendre que l'animal ne s'arrête. Un peu avant, il avait prélevé un grappin sur les hommes de Di Bernardo, quand ils poursuivaient la barque volante. Il lança sa monture dans un triple galop. Lorsque l'Assassin se jugea assez près, il fit tournoyer le crochet métallique et le lança. Un bout accrocha une écoutille. Ne restait plus qu'à grimper.

« Ouargh !» fit Ezio en quittant sa selle.

Essaie d'éviter les arbres s'il te plaît, j'ai pas fini mon histoire. Où en étais-je ? Ah oui. Allons voir comment Clara et Leo s'en sortent tiens.


« Madre mia ils vont nous rattraper !» s'exclama Leonardo.

« Je fais aussi vite que je peux ! Fais-nous redescendre un peu, ils auront du mal à nous tirer dessus.» conseilla Clara.

Da Vinci, lorsqu'il avait aperçu le galion décoller et surtout leur tirer dessus avait hurlé d'embarquer à bord de sa machine. Ensuite, il émit l'idée de transformer des parachutes reconvertis en voile en ballon. Miles avait décroché, pour ne pas dire arraché la voile qu'elle tentait à présent de réunir en un sac. Elle perça des trous avec un poignard, dans lesquels une corde fut passée. Ensuite, elle attacha le ballon autour du mât. Ne restait plus qu'à le gonfler.

« Leo ils vont nous tirer dessus au mousquet ! Vire de bord !» s'exclama Miles.

L'inventeur tira sur le gouvernail. L'embarcation changea de trajectoire au moment où les coups de feu claquaient. Miles attrapa une vessie de porc reconvertie en bombe qu'elle ouvrit. La jeune femme frotta ses lames secrètes qui émirent des étincelles. L'une d'elle embrasa l'alcool contenu dans la vessie. Disposée à l'ouverture du ballon, la chaleur commença à le gonfler. Vu la taille de la chose, il ne faudrait pas longtemps pour le remplir d'air chaud. Clara tint la vessie du bout de son épée afin que celle-ci n'enflamme pas le ballon ni le bateau. Elle ajouta une deuxième couche d'alcool.

« C'est bon ça fonctionne.» annonça-t-elle.

Avec ceci, ils avaient l'espoir de passer au-dessus du galion, là où il n'y avait pas de canons. La toile gonfla, enfla encore … bientôt la barque commença à prendre de l'altitude, aidée également par les battements des ailes.

« On dirait que quelque chose les a distraits.» remarqua soudain Clara.

Il régnait en effet une belle agitation dans ce galion. La brunette plissa les yeux. Une silhouette blanche … Ezio ! Il était parvenu à monter à bord, et attaquait l'équipage. Clara se tourna vers le gouvernail qu'elle actionna pour opérer un demi-tour. La barque se retrouva dans le sens contraire du galion. L'Assassine avait récupéré son arbalète, qu'elle pointa sur le pont. Un premier homme chuta. Elle saisit ensuite un couteau qu'elle lança sur une nouvelle cible. Auditore de son côté, saisit un cordage, exécuta un tour et vint percuter un des assaillants. Il lança une bombe fumigène qui immobilisa un groupe. Profitant de leur incapacité il les abattit.

« Je dois trouver le capitaine de ce navire !» pensa-t-il.

Ezio distingua la barre au fond du navire, avec un homme aux commandes. Une fois celui-là hors course il pourra prendre le contrôle du navire. Une autre flèche vint abattre un homme qui accourait derrière lui. L'Assassin sourit brièvement. Comme il l'avait pensé, il était moins seul dans ses combats avec sa descendante à ses côtés. Ezio remarqua que d'autres soldats arrivaient depuis les cales. Sans doutes ceux qui manœuvraient les canons. Cela commençait à faire un sacré paquet de monde à combattre, et il n'allait pas pouvoir tenir bien longtemps à ce rythme.

Soudain, plusieurs choses éclatèrent sur le pont, qui fut envahi de fumée. Ezio saisit immédiatement l'occasion d'infliger un maximum de dégâts. Il courut sur le pont parmi le brouillard, son épée fendant l'air. Ou plutôt les chairs. Durant un moment ce fut un concert de cris accompagné de geysers de sang. Mais il restait encore pas mal de monde. Tout à coup, le navire fit une violente embardée. Ezio qui se trouvait près du bord agrippa les cordages, pendant que le reste de l'équipage valsait à l'autre bout. Tournant la tête, Auditore remarqua que Clara était aussi de la partie.

Elle avait été déposée à l'arrière par Leonardo, qui se tenait justement non loin, et avait tué le capitaine. Les hommes à bord se relevèrent. Qu'à cela ne tienne, la jeune femme réitéra la manœuvre dans l'autre sens. Ezio monta sur le bord du navire et passa de l'autre côté. L'ennemi valdingua vers lui. Trois passèrent par-dessus bord. Le Florentin en tira un quatrième. Revenant à l'intérieur, il infligea plusieurs coups mortels à ceux encore à terre.

L'équipage était réduit comme une peau de chagrin. Ezio rejoignit Clara aux commandes.

« Merci de ton aide, ma chérie. Il faut en finir maintenant. Tu crois que tu peux crever ce ballon ?»

« À condition qu'on ne soit pas au-dessus d'habitations, oui.»

Remarquant soudain qu'on les mettait en joue, Ezio se jeta sur sa belle.

« Essaie de les occuper, je vais grimper jusqu'au ballon.» dit-elle.

« Sois prudente.»

Elle acquiesça puis l'embrassa rapidement. Miles sortit deux couteaux qu'elle lança sur ceux tentant d'arriver jusqu'à eux. Passant ensuite d'une pirouette par-dessus la rambarde de pilotage elle atterrit sur le pont. Ezio assura sa couverture par un carreau d'arbalète, puis également par des couteaux de lancer. Clara arriva près des cordes. Elle aperçut Leonardo qui la rejoignait.

« Aide-moi à monter jusqu'au ballon !» appela-t-elle.

« Nessun problema !»

La jeune femme prit un rouleau de corde, puis grimpa sur le bord, tandis que son ami approchait. Une fois à bord, Leo activa les ailes pour prendre de la hauteur. Clara attacha sa corde autour de la taille, puis au mât de la barque. Lorsque Da Vinci eut positionné son bateau, elle sortit un poignard puis s'élança. Miles atterrit contre le ballon et y planta son arme. Entraînée par le poids de sa propriétaire, elle déchira le ballon sur un bon mètre. L'air chaud s'échappa aussitôt, et le ballon se dégonfla. Clara fut stoppée par la corde autour de sa taille.

« EZIO RAPPLIQUE !» hurla-t-elle.

Le navire penchait sur le côté. Auditore flanqua un coup d'épaule à un adversaire, puis courut en direction de sa compagne. Clara tendit les mains vers lui. Ezio prit appui sur le bord du navire et attrapa Miles au vol. Le galion chutait. En haut, Leonardo tâcha de stabiliser le vol de sa machine. Il tourna la tête, pour voir le grand navire s'écraser en bas. Ezio regagna la barque, puis aida sa descendante à remonter. Ils s'étreignirent ensuite, et l'Assassin appliqua un vigoureux baiser à la jeune femme, qui le lui rendit bien. Ezio informa ensuite qu'il avait réglé le cas Di Bernardo. Ne restait plus qu'à attendre la nuit pour rayer le chantier de la carte.


« Il nous manque encore un détail à régler.» intervint Leonardo, une fois ses amis assis.

« Lequel ?» questionna Clara.

« Di Bernardo devait avoir des plans pour construire le galion volant. Nous devons les retrouver afin que personne d'autre ne puisse en bâtir à nouveau.»

« Bien vu Leonardo. Je suppose qu'ils doivent se trouver au chantier.» dit Ezio.

« Eh bien y'a plus qu'à.» répondit Clara en haussant les épaules.

Leonardo entreprit de revenir en direction du chantier.

« Bambina, je préférerais que tu restes avec Leonardo pendant que je m'occupe des plans.» reprit Ezio.

« Dites donc messere Auditore, vous ne me prendriez pas pour une faible novice par hasard ?» lança Clara en plissant les yeux.

« Su serioso, bambina mia. J'ai bien cru t'avoir perdue tout à l'heure, lorsque ce bastardo t'as tiré dessus.» expliqua-t-il en lui caressant la joue.

« Bon … entendu. C'est toi le mentor après tout. Mais t'en fais pas trop pour moi : tant qu'il me restera un souffle de vie, je te promets de tout faire pour revenir vers toi.» répondit Miles.

Ezio sentit son cœur s'emballer, tout comme un afflux d'amour le submergea. Il la remercia de sa compréhension par un tendre baiser. Da Vinci inclina le petit bateau, signe que l'atterrissage était amorcé.

Après avoir aidé à camoufler la barque sur la colline, Ezio descendit du côté du chantier. Les gardes y patrouillaient toujours. Auditore observa leur va-et-vient un moment. Il quitta sa cachette et fonça vers un buisson. Là, il tua le soldat qui passa devant et le dissimula sous la végétation. Après quoi, il profita de ce qu'un homme avait le dos tourné pour entrer sur le chantier. Il se cacha derrière une pile de grandes planches. Trouver les plans n'allait pas être simple, l'endroit était vaste.

« Je ferais mieux de me déguiser en ouvrier, je passerais inaperçu.» songea Ezio.

Il changea de place, cherchant une victime de son gabarit. Il la saisit au cou lorsqu'elle passa devant. Auditore traîna l'ouvrier plus loin. Il lui ôta ses vêtements, le ligota et le bâillonna puis le camoufla sous une toile. Il prit une planche sur une épaule puis se mêla au personnel du chantier. Voyons voyons … lorsqu'il avait eu à détruire les machines de Cesare, il avait obtenu les plans par le biais des architectes. Où celui du coin se cachait-il ? Certainement en bordure de la place. Ezio posa sa planche sur une pile, puis saisit un pot de vernis.

Continuant sa marche, il jeta des regards autour du chantier usant de temps à autre sa vision d'aigle. Il grimpa à une échelle menant à une coque. Vérifiant que personne ne s'occupait de lui, il activa son don.

« Ah le voilà. Je commençais à désespérer.»

Auditore redescendit. Il passa près de plusieurs artisans avant de se retrouver derrière l'architecte. L'air de rien, prenant de temps à un autre un outil ou du matériel pour ne pas attirer l'attention des gardes, il suivit sa cible. Une dizaine de minutes plus tard, l'homme en question arriva derrière un tas de longues et larges planches. C'était l'occasion ou jamais. Ezio lâcha ce qu'il tenait, accéléra le pas puis attrapa brutalement l'architecte par le col pour le plaquer contre le bois.

« Les plans de ces navires volants, où sont-ils ?»

« Quoi ? Mais pourquoi cette question ?» s'étonna l'architecte.

« Répondez et vite.»

Ezio fit sortir une lame secrète tout près du visage de son captif.

« Dans la tente qui m'est allouée, tout droit à une cinquantaine de mètres.»

« Grazie.»

Et de lui cogner la tête contre les planches. Le mentor veilla à le dissimuler et l'immobiliser le temps qu'il atteigne son but. Suivant les indications de l'architecte, le brun arriva effectivement à une large tente ouverte sur le chantier. Dedans, deux assistants palabraient. Ils devaient attendre l'arrivée de leur maître.

« Scusate mi, l'architecte vous demande. Il est là-bas.» annonça Ezio en pointant le milieu du chantier.

« Entendu merci.»

Ils s'éloignèrent. Auditore attendit qu'ils s'éloignent et surtout qu'ils ne regardent pas en arrière pour passer sous la tente. Il y avait un fouillis de papier indescriptibles. Ezio y jeta un œil à chacun : des calculs, des coupes des machines … les plans étaient tout en dessous. Le Florentin ramassa tous les parchemins, qu'il cacha dans ses habits puis quitta la tente. Aussi vite que possible, il refit le chemin inverse pour quitter l'endroit. Il dut encore tuer un garde afin de pouvoir reprendre ses habits d'Assassin soigneusement cachés. Ezio se mit à courir lorsqu'il fut certain d'être à l'abri des regards.


Clara vint l'accueillir à son arrivée sur la colline. Elle et Leonardo avaient renouvelé le stock de bombes destinées à incendier le chantier. La brunette était même allée en ville, déguisée bien sûr, acheter des carreaux d'arbalète et des bombes fumigènes.

« Voilà, j'ai pris tout ce que je pouvais.» annonça Ezio en sortant les parchemins de sa tunique.

« Fammi … oui c'est bien ça. Tu as bien fais de tout emporter, il ne restera plus aucune indication.» dit Leonardo.

Il approcha une torche et brûla les papiers.

« Mais au fait, comment se sont-ils procurés ces plans ?» demanda Clara avec justesse.

« Eh bien, après la demande de Cesare de lui concevoir des machines, j'avais caché les plans restants -ceux-là donc- loin de mon atelier. Visiblement pas suffisamment bien, car en l'inspectant un beau jour j'ai trouvé ma cachette fracturée et bien sûr vide. Je n'ai plus eu de nouvelles jusqu'à dernièrement.» raconta Leonardo.

« Et que ça te serve de leçon à l'avenir. Plus de création de machines de destruction.» rappela Miles.

« C'est bien noté, ne t'inquiètes pas.» sourit Leonardo.

Maintenant que les plans des galions volants avaient disparu, il ne restait plus au trio qu'à attendre la nuit pour définitivement régler le problème. La journée était bien avancée, le soir ne devrait plus tarder. En attendant, Ezio vint s'allonger auprès de Clara, posant sa tête sur ses genoux. La brunette passa une main dans la chevelure Auditoresque. Ezio resta ainsi les yeux clos, savourant sa présence, le fait qu'elle soit toujours en vie.

« Ma bambina … je suis tellement heureux que tu sois revenue si tu savais.» murmura-t-il en tendant une main vers elle.

« Moi aussi je suis heureuse d'être à nouveau à tes côtés. Même si je n'étais pas seule, il me manquait toujours quelque chose. La pièce maîtresse pour que mon cœur fonctionne correctement.» répondit Miles à mi-voix.

Auditore se mordit la lèvre inférieure dans un sourire, ses joues roses.

« Et moi … avant de te connaître j'avais un gouffre dans le cœur. On aurait pu y loger la confrérie sans problème. Puis tu es arrivée. Une rencontre inimaginable, impossible et pourtant, cela m'a fait tellement de bien. Je me suis senti compris, soutenu, consolé aussi et surtout … aimé.» reprit Ezio en lui caressant la joue.

Clara lui sourit à nouveau puis embrassa sa main. Auditore se tourna vers elle, passant un bras autour de sa taille et fermant les yeux. Il pensa que s'ils avaient été seuls, il lui aurait démontré la force de son amour. Tant pis, cela allait devoir attendre.

« Quoi ?» fit soudain Clara.

Rouvrant les yeux, Ezio constata qu'elle s'adressait à Leonardo. Ce dernier les regardait avec des étoiles à la place des prunelles. Auditore afficha une mine perplexe.

« Rien rien, continuez surtout c'est tellement mignon.» répondit le peintre euphorique.

Eeeeh ouiiii … Clara et Ezio échangèrent un regard embarrassé. Ils avaient complètement oublié la présence de l'inventeur, comme souvent lorsqu'ils commençaient à se câliner ou à se chuchoter des mots tendres. Le reste du monde passait à la trappe.

« Bah quoi, faut pas vous arrêter pour moi ! C'est donc vrai ce qu'on dit dans la confrérie.» reprit Leo.

« Quoi qu'est-ce qu'on dit ?» s'inquiéta un peu Ezio.

« Votre couple en fait rêver plus d'une. Vous n'hésitez jamais à vous donner des marques d'affection, et vous avez l'air si heureux d'être ensemble … et même si les gars ne le disent pas ouvertement, certains vous observent avec envie.» raconta Leonardo.

Ezio et Clara rougirent. Mais ils ne pouvaient s'empêcher d'être ainsi, après avoir tellement dû se retenir la première fois … après avoir cru ne jamais se revoir. Et quand on est un Assassin, tout peut très vite cesser du jour au lendemain. Ils profitaient donc au maximum de l'autre. Le couple s'entre-regarda, puis haussa les épaules.


Su serioso = je suis sérieux

Fammi = montre-moi