Le trio en finit avec leur ennemi. Mais à peine rentrée, un nouveau défi attends Clara. Heureusement elle trouve une alliée.
Notre trio passa tranquillement le reste de la journée à l'abri dans leur petite clairière, organisant tout de même des tours de gardes par précaution. La nuit venue, Miles et Da Vinci disposèrent des torches enflammées afin de délimiter la piste de décollage. Finalement, Ezio avait proposé de remplacer son ami, ce que ce dernier avait accepté avec joie. Clara serait aux commandes et le Florentin au gouvernail. Ils patientèrent une heure de plus, puis Ezio donna le signal du départ. La nouvelle voile fut hissée. Le vent poussa la barque, qui gagna de la vitesse.
Les ailes furent déployées. L'engin arriva en bout de piste et prit son envol. Les Assassins utilisèrent leur vision d'aigle. Le chantier était tout proche de la colline choisie pour le décollage. Miles attrapa une première bombe alcoolisée. Approchant la mèche d'une torche elle enflamma celle-ci puis la largua au-dessus d'un navire. Une gerbe de flammes signala que le feu démarrait. Clara avait lâché un petit sac de vernis juste à côté, augmentant le combustible. La brune fit de même au-dessus d'une pile de toile. Tant qu'elle y était, elle lança quelques flèches enflammées, histoire que le feu pénètre au cœur des coques. Petit à petit, plusieurs foyers émergèrent. Les flammes ne tardèrent pas à dévorer le bois des coques.
Voilà qui arrangea nos héros. La chaleur des flammes servait à soutenir le vol de leur engin. Une cloche sonna soudain à toute volée. Un peu tard, l'incendie avait prit une sacrée ampleur.
« Parfait, excellent travail bambina mia.» commenta Ezio.
« Grazie mille mentore. Ça va être marrant d'éteindre tout ça.»
Ezio fit faire un demi-tour à la barque. Il était temps de se poser. La lumière du gigantesque incendie lui permit de trouver une prairie où atterrir. Clara replia les ailes. Le bateau volant se posa gentiment sur l'herbe. Leonardo les rejoignit, et mit le feu à son invention. Auditore siffla les chevaux. Ils iraient camper plus loin puis quitteraient le royaume de Naples dès le lendemain.
Quelques jours plus tard, le trio fut de retour à Rome. Leonardo retrouva avec bonheur son atelier en dépit du désordre qui y régnait encore. Il remercia ses amis avec effusion. Ezio et Clara retrouvèrent l'Île Tibérine et la confrérie qui les accueillit avec joie.
« Contente de te revoir mon frère.» fit Claudia.
« Moi aussi Claudia. Tout s'est bien passé en mon absence ?» répondit Ezio.
« Rien à signaler. Bonjour Clara. Heureuse de te revoir également.»
« Bonjour Claudia. Pareil pour moi.» sourit la brune.
Ezio prit les dernières nouvelles du front pendant que Clara rangeait quelques armes.
« Voilà j'ai terminé. Je te fais encore monter d'un cran avec la dernière mission en date, bambina mia.» dit Ezio.
« Merci. Bon, et maintenant je vais me reposer un peu. En dehors de toi je n'y suis pour personne.»
Clara alla s'affaler sur une banquette. Elle poussa un soupir, se cala du mieux qu'elle put et ferma les yeux.
Trois jours plus tard, Ezio entendit des éclats de voix en revenant au repaire.
« On dirait la voix de Clara et celle de Machiavelli, et Claudia également … qu'est-ce qui se passe ?»
Il suivit ce qui semblait être une dispute. Il découvrit ainsi Clara et Claudia toutes deux face à un Niccolo menton relevé.
« Je dis simplement que la place reconnue des femmes est bien souvent en cuisine.» dit Machiavelli.
« Ouais, parce que si on compte sur les hommes on risque fort de crever de faim.» rétorqua Claudia.
« En tout cas, vous savez pourquoi ce sont les femmes qui vivent le plus longtemps ?» lança Clara.
« Non pourquoi ?» fit Niccolo.
« Parce que c'est justement dans la cuisine que se trouvent tous les couteaux.»
« Ha !» s'exclama Claudia amusée.
« Tsss.» commenta Niccolo.
« Qu'est-ce qui se passe ici ?» demanda Ezio.
« Ah Ezio quel soulagement. Si tu veux bien calmer le jeu ici.» fit son camarade.
« C'est ça, allez donc pleurer dans les jupes de mon frère.» lança Claudia.
« Sache Claudia que je n'ai besoin de personne pour me défendre.»
Auditore soupira. Tel qu'il connaissait son conseiller, il avait encore dû émettre une remarque sexiste qui était tombée dans les mauvaises oreilles.
« Naaah, juste d'une femme pour s'occuper de tout le reste. Sans quoi je me demande bien comment vous pourriez survivre.» lança Clara sardonique.
« J'ai très bien survécu tout seul merci. Les hommes savent très bien prendre soin d'eux-même. »
Ezio fit signe à son conseiller pour qu'il coupe court à la conversation avant que cela ne dérape.
« Ça doit expliquer la présence de votre servante. Permettez que j'émette des doutes : je vous parie 500 florins que si on vous lâche dans une maison tout seul, vous tiendrez pas une semaine.» reprit Miles.
« Oh vraiment ? Tu crois ça ?» dit Machiavelli.
« Et comment. Avec toutes les tâches ménagères à faire de A à Z. Je suis certaine que vous allez crier grâce à genoux.»
« Je relève le défi.»
Trop tard, le v'là le dérapage. Connaissant le caractère des demoiselles, Ezio tenta de dissuader son ami. Peine perdue.
« Pari tenu !» s'exclamèrent les filles.
Niccolo demanda dans quelle maison elles souhaitaient qu'il s'installe pour cette semaine. Clara proposa celle qu'elle occupait avec son compagnon à Florence. Cela ferait quelqu'un pour l'entretenir. Machiavelli se déclara satisfait, et annonça aller préparer ses bagages. Les deux brunettes se retirèrent.
« Tu n'aurais pas dû accepter, Niccolo. Je peux t'assurer que tu vas le regretter : quand ma sœur s'allie avec ma bambina, ce n'est pas triste. Demande aux apprentis.» avertit Ezio.
« Rassure-toi Ezio, ce ne sont pas de simples femmes qui vont m'effrayer.» répondit dédaigneusement Machiavel.
« Tu devrais avoir un peu plus de considération pour elles tu sais. N'oublie pas que c'est l'une d'entre elles qui t'as mis au monde.» lança Auditore.
« Je sais. Ne t'inquiètes pas tout ira bien.»
Ezio en doutait. Il en doutait même beaucoup. Surtout quand il revit les filles avec un air de pure délectation sur le visage. Il soupira. Tant pis, il avait prévenu son ami. Les brunes accompagnèrent leur nouveau domestique jusqu'à Florence. Ils arrivèrent à la riante demeure en fin de journée.
« Bien ! Voici pour ce soir : vous allez préparer votre repas tout seul. Votre chambre aussi. Il est bien entendu qu'en tant que … femme de la maison, on vous interdit de nous répondre, sinon gare.» annonça Clara.
« Fort bien. Par où est la cuisine je vous prie ?» demanda Niccolo.
Clara la lui désigna, puis le laissa aller s'installer. Elle échangea un regard avec Claudia.
« J'ai tout ce qu'il faut pour nous deux ce soir. Je doute qu'il sache cuisiner. Tu sais quoi faire pour demain ?» demanda la sœur d'Ezio.
« Oh oui. Il va en chier je peux te le garantir.» assura Clara.
Claudia leva les sourcils devant cette expression. Toutefois, cela présageait le pire pour Machiavelli.
Le soir venu, Niccolo commença par mettre la table. Claudia repassa derrière lui pour remettre les couverts à la bonne place non sans quelques commentaires moqueurs. L'homme soupira puis passa en cuisine. Il enfila un tablier, prit une inspiration puis se tourna vers les fourneaux, prêt à en découdre. Niccolo fixa l'endroit. Question : qu'allait-il préparer ? Et comment ? Avec quoi ? L'ampleur de la tâche lui sauta aux yeux. Il n'avait jamais eu à s'inquiéter de la composition d'un menu ni d'un repas. Les subtilités de la cuisine lui échappaient totalement. Le brun sentit la panique l'envahir. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire. Et aucun doute que les filles ne lèveraient pas le petit doigt pour l'aider.
« Bon allez ! Pas de panique, tu vas t'en sortir. Je … vais me faire un potage tiens.»
Pendant ce temps-là, les demoiselles tenaient conseil sur les diverses corvées qu'elles allaient confier à leur domestique d'une semaine.
« D'accord pour le linge, mais j'en veux pour mon argent.» dit Clara.
« Mais oui t'en fais pas, il en aura une montagne fais-moi confiance. À laver comme à repriser. Ensuite, quoi d'autre ?» répondit Claudia.
« Alors, nous avons la poussière, le sol à laver, la cuisine, le linge … le marché aussi. Tu sais j'avais pensé à une chose.» reprit Clara.
« Quoi donc ?»
« Lui confier de jeunes enfants.»
« Oh oui super idée ! Je m'en charge, je vais lui trouver de vrais monstres.» applaudit Claudia.
Un bruit métallique en provenance de la cuisine retentit. Elles tournèrent les yeux un instant. Un juron suivit un instant après. Paaarfait semblèrent penser les filles. Claudia vérifia la liste des corvées, l'approuva puis saisit un panier posé au sol. Elle en sortit diverses provisions qu'elle étala sur la table. D'autres bruits de métal résonnèrent de temps à autre, suivi d'un aïe ou d'une flopée de noms d'oiseau.
« Alors ce dîner ? Il arrive oui ?» lança Clara.
« Minute quoi !»
« Rien du tout on a faim ! Alors on se presse sinon c'est le bâton !» prévint Claudia.
S'ensuivit une sorte de grommellement préhistorique. Les demoiselles poursuivirent leur repas non sans ricaner. Un peu plus tard …
« Clara, tu ne trouves pas que ça sent le brûlé ?» interrogea Claudia en rangeant leur pique-nique.
« Si et je vais aller voir, je ne tiens pas à ce qu'il me réduise la baraque en cendres.» dit-elle en se levant.
La jeune femme se leva et se rendit en cuisine.
« Eeeek !» s'exclama-t-elle.
Intriguée, Claudia vint curioser. Elle poussa un cri devant l'étendue du désastre. Des bouts de légumes parsemaient un pan de mur, certains étaient écrasés au sol, une flaque d'eau gisait plus loin et des ustensiles sales étaient éparpillés. Une marmite dégageait un fumet peu ragoûtant et une fumée un peu noire. Niccolo lui, semblait fin prêt pour Halloween : de la carotte sur une joue, du chou dans les cheveux, du navet en bouillie sur le tablier ainsi que diverses autres taches de légumes. Claudia éclata de rire, appuyée contre la porte.
« Hé dis donc coco, t'as intérêt à me nettoyer tout ça avant d'aller dormir !» lança Clara.
Niccolo lui retourna un regard torve. Les deux femmes le laissèrent se dépêtrer de son dîner. Cinq minutes plus tard Machiavelli apporta une soupière. L'odeur qui en émergea lorsqu'il souleva le couvercle fit sursauter les demoiselles. L'homme servit une espèce de montagne de légumes noircis avec un fond d'eau. Claudia piqua dans son assiette et en retira une boule informe.
« Ma che cos'è?»
« De l'oignon.» répondit Machiavelli.
« Et vous savez pas que ça s'épluche ?» demanda Claudia.
« La carotte aussi pour info. Puis ça aurait été bien de la couper. Et … oh purée de punaises en gelée, mais vous avez vidé le pot de sel et de poivre ou quoi ? » dit-elle après avoir goûté.
« J'ai mis ce que je pensais pour relever le goût.» répondit Machiavelli avec humeur.
Il porta sa cuillère à la bouche avec suspicion. Et grimaça affreusement.
« Le relever ? Vous l'avez envoyé sur la lune oui.» reprit Clara.
« Non mais c'est quoi cette horreur ? Vous vous moquez de qui là ? Je ne mange pas ça moi.» décréta Claudia en poussant son assiette.
« Moi non plus, c'est un coup à attraper mal au bide.»
Elles quittèrent la table, laissant le pauvre cuisinier avec sa soupe ratée. Clara rappela de nettoyer la cuisine. Niccolo jeta sa serviette et alla s'acquitter de sa tache. Ce fut de mauvaise humeur et fatigué qu'il gagna son lit. Peut-être qu'Ezio avait raison finalement. Mais il était trop tard pour reculer.
Le lendemain, il fut réveillé par un bruit épouvantable. Les filles tapaient sur des casseroles avec une louche et entrechoquaient des couvercles, après avoir ouvert sa porte bien entendu.
« Ah quand même ! Vous devriez être levé depuis longtemps : c'est même vous qui devez être le premier debout.» l'accueillit Claudia.
« Que voulez-vous santa madonna ?» grogna Niccolo mal réveillé.
« Le petit-déjeuner cette question. Et magnez-vous le tronc parce qu'il y a beaucoup à faire aujourd'hui.» répondit Clara.
Comme la veille, elles se contentèrent de mettre les pieds sous la table. Niccolo apporta du lait, du pain et du beurre. Tout en mangeant, Miles lui expliqua ce qui l'attendait. L'homme se sentit submergé par tout ce qui lui tombait dessus. Mais il devait vraiment faire tout ça pour la seule journée ? Elles acquiescèrent dans un bel ensemble. Il déglutit. Une heure plus tard, les brunettes revint avec un chariot de linge.
« C'est quoi ça ?» s'affola Machiavelli.
Armé d'un torchon, un chiffon autour de la tête et d'un tablier il s'attaquait à la poussière.
« C'est du linge : il y a le mien, celui des filles de la Rose Fleurie, celui de Claudia, d'Ezio et des membres de la confrérie !» clama Clara en montrant la gigantesque pile.
Niccolo sentit sa mâchoire tomber par terre.
« Et que ça soit impeccable.» souligna Clara.
Elles retournèrent au salon. Niccolo se tapa la tête contre un buffet. Il prit une inspiration et poursuivit. Quelques instants plus tard, Claudia approcha par-derrière.
« Y'a de la poussière là.» dit-elle en montrant une étagère.
Niccolo vint y passer un bref coup de chiffon.
« Là aussi.» reprit-elle en montrant un bibelot.
Re-chiffon.
« Et là !»
Elle pointait un cadre. Un peu après, Clara arriva.
« Pouah mais quel sol dégoûtant ! Faut me nettoyer ça en vitesse. C'est à se demander ce que vous fabriquez. Ah ces hommes !» dit-elle.
« Et les escaliers, faudra penser à les cirer aussi.» ajouta Claudia.
« Sinon, vous pensez aller au marché quand ? Quand il n'y aura plus rien ?»
Niccolo serra les dents. Il finit sa poussière puis s'en alla faire les courses. Claudia en profita pour faire le tour du voisinage afin de trouver des enfants convenables pour Machiavelli, selon son point de vue. Elle leur promit une piécette chacun s'ils se montraient parfaitement insupportables. La sœur d'Ezio en choisit six. Famille nombreuse tant qu'à faire. Lorsque Niccolo revint les bras chargés, il découvrit les petits qui lui tournèrent autour, réclamant chacun quelque chose en tirant ses habits.
« Mais qu'est-ce que ?»
« La vie d'une mère au foyer, ça s'appelle. Allez hop au boulot reste encore le linge et le sol à nettoyer.» répondit Claudia.
« Mais je veux jouer !» clama un des petits.
« Moi d'abord !» ajouta une fillette.
Niccolo leva la tête au ciel. Il se rendit à la cuisine ranger ses emplettes. Les enfants vinrent éparpiller le contenu de ses sacs, arrachant un cri à l'homme. Ils se sauvèrent en emportant quelque chose et en riant. Au salon, ces demoiselles ricanèrent.
Toute la journée, les enfants vinrent embêter Machiavelli. Les adultes elles, lançaient toutes sortes de remarques désagréables, rappelaient les tâches restantes. Niccolo crut mourir d'épuisement en lavant le linge. Aux lavoirs, la surprise avait été grande de voir arriver un homme. Clara en donna la raison, et chacune des ménagères approuva l'expérience avec véhémence. Et de se lancer dans d'interminables bavardages sur l'utilité des hommes. Niccolo eut vite la migraine.
« Mais comment font-elles pour piailler autant ?»
Lui avait du mal à se concentrer sur sa tâche. De retour à la maison, il mit le linge à sécher. Ses bras étaient douloureux d'avoir frotté et battu le textile.
« Le repas n'est pas prêt ? Mais tu vas t'activer oui ?» s'écria Claudia depuis une fenêtre.
« JE FAIS QUE ÇA BUON DIO !» explosa l'homme.
« Alors accélère ! J'ai pas que ça à faire de te surveiller, feignasse !»
Elle claqua la fenêtre avec un grand sourire. Machiavelli retint un hurlement. Claudia descendit vite fait informer sa complice, riant sous cape.
« Aaaah ça commence ! Bien, très bien.» commenta la brunette.
« Et ce n'est que le début.» fit Claudia en s'installant à côté d'elle.
Les demoiselles se lancèrent dans un débat sur la dernière mode à Florence. Niccolo leur jeta un regard noir en les découvrant ainsi oisives. Mais il devait préparer le dîner. Qui fut un désastre, comme le précédent. Il eut droit aux plaintes des filles, qui le firent bouillir. Les enfants geignirent dans un beau concert.
Et les jours suivants, rebelote. Le ménage, le marché, les enfants, les repas, le repassage, la couture, les plaintes, le harcèlement … Niccolo gardait son sang-froid autant que possible, mais il se demanda un soir s'il n'allait pas éclater en sanglots ou craquer son pantalon. C'était infernal, épuisant, frustrant. Jamais il n'aurait imaginé que la vie des femmes puisse être si dure.
« Buon giorno ! Y'a quelqu'un ?» lança un jour une voix familière.
« EZIO !»
Machiavelli se rua vers lui. Auditore sursauta en découvrant sa tête. Pâle, les yeux cernés, les traits tirés il était méconnaissable.
« Je t'en supplie tire-moi de cet enfer je n'en peux plus ! Elles auront ma peau !» s'exclama-t-il en enserrant les genoux de son ami.
« Tiiiieens ! Qu'est-ce que je disais ?» fit Clara derrière, appuyée contre le mur bras croisés.
« À genoux au bout de cinq jours. Pi-toy-a-ble.» ajouta Claudia.
Machiavelli adressa un regard suppliant à l'Assassin.
« Bon, je crois que la comédie a assez duré, mesdemoiselles.» intervint Ezio en relevant son conseiller.
« Oh non mon chéri. Il n'y a que deux façons d'en finir : soit il admet avoir perdu et qu'en effet, la vie d'une femme est difficile, soit il termine la semaine.» objecta Clara.
Niccolo baissa les yeux. Son orgueil en avait pris un sacré coup, mais … il était épuisé. Tout simplement épuisé.
« Très bien ! Vous avez gagné, j'abandonne. Les femmes ont vraiment beaucoup de mérite pour tout ce qu'elles accomplissent. J'avoue ne pas l'avoir réalisé jusqu'à présent.» capitula Nicolo.
« Je ne vous le fais pas dire. Maintenant vous savez ce que c'est que d'être une esclave.» lança Clara.
« Et encore : il n'a pas vécu la vie d'une fermière ni celle d'une femme battue. Alors j'espère que vous retiendrez la leçon : sans nous, vous n'êtes rien.» assena Claudia, implacable.
« Donc à l'avenir, gardez vos remarques idiotes. Parce que je vous préviens : si j'entends la moindre réflexion désobligeante sur la gent féminine … conseiller ou pas je vous carre mon poing dans la tronche.» avertit Clara.
« Bambina !» dit Ezio d'un ton réprobateur.
« Ai-je été claire ?» questionna Clara en l'ignorant.
« Très claire.» dit Niccolo.
« Et vous nous devez 500 florins.» rappela Claudia.
Il baissa la tête, vaincu. Niccolo paya donc les 500 florins, rendit avec soulagement son tablier et fila bien vite hors de Florence.
Ma che cos'è = mais qu'est-ce que c'est que ça ?
