Il est temps pour Clara de passer quelques caps, tant professionnels que personnels ...

Avant-dernier chapitre, merci à tous ceux et celles qui ont suivi, bonne lecture ^^


« Vous y êtes allées un peu fort, non ?» dit Ezio en refermant la porte.

« Du tout. Il avait grand besoin de cette leçon. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, les recrues féminines se plaignaient de ses remarques sexistes. D'autant plus que certains y prêtaient une oreille attentive, au risque de créer la division.» dévoila Claudia.

« Nous les femmes ne demandons qu'une chose Ezio : le respect. Alors t'inquiètes pas que quand cela va se savoir au repaire ça devrait remettre les pendules à l'heure.» ajouta Clara.

Ezio soupira doucement. Il demanda ensuite des détails sur l'aventure ménagère de son infortuné conseiller. Avant tout, les enfants furent renvoyés chez eux après avoir été récompensés de leur zèle. Les deux femmes narrèrent ensuite les péripéties des cinq derniers jours, sans rien cacher. Ezio plaignit beaucoup son ami, en silence toutefois. Il reconnut pourtant que c'était là les corvées habituelles des femmes du peuple, les nobles étant toutes pourvues de domestiques. Elles devaient être sur tous les fronts tous les jours de la semaine, l'année et leur vie durant. Claudia annonça son départ, remerciant Clara pour cette expérience qu'elle avait trouvé fort divertissante.

« Vous faites un sacré duo, toutes les deux.» remarqua Ezio une fois sa sœur partie.

« En effet, vaut mieux pas nous chercher.» approuva Clara.

« C'est ce que je constate. Mais à présent, daigneras-tu t'occuper un peu de ton homme ?» demanda Ezio en l'enlaçant.

« As-tu été sage au moins ?» demanda la brunette.

« Je suis toujours sage.»

Clara sourit avant de l'embrasser. Elle lui proposa ensuite d'aller dîner dehors. Ce qu'Ezio accepta volontiers. Ils dînèrent dans un petit restaurant non loin de leur domicile, puis se promenèrent dans les rues de Florence. Ezio conta quelques petites anecdotes familiales.

« Oh j'ai failli oublier, j'ai quelque chose pour toi.» annonça-t-il.

« Vraiment ?»

« Si. Vuoi.»

Il lui tendit une boîte rectangulaire. Clara l'ouvrit pour y découvrir un ravissant collier en argent, orné d'une améthyste.

« Ezio ! Mais tu n'aurais pas dû !» s'exclama-t-elle.

« Et perché ? Je t'aime donc je peux bien t'offrir un bijou. Tu le mérites amplement tu sais.» répondit Auditore en prenant le collier.

Il passa derrière elle et lui attacha. Ceci fait, il garda les bras autour de sa taille, tandis qu'elle le remerciait tendrement. Le couple continua sa balade. Plus tard, Miles proposa de grimper sur un toit pour admirer le coucher du soleil. Ils retournèrent à leur logis puis s'installèrent en hauteur.

« Alors dis-moi bambina, voilà bien six mois que tu es là à présent. Comment te sens-tu ?» questionna Ezio.

« Ma foi, j'avais peur de ne pas arriver à me passer du confort de mon époque. Je t'accorde que ce n'est pas toujours évident, mais je m'y fais. Il faut dire que je me suis entraînée une année durant avant de venir te rejoindre.»

« Hm hm. J'imagine que si je devais retourner cinq siècles en arrière ce ne serait pas facile non plus.» concéda Ezio.

La jeune femme se sentait heureuse malgré tout. La vie d'Assassin l'occupait bien, et elle s'était fait des amis dans la confrérie. Le plus important étant qu'elle et Ezio étaient désormais ensemble. La brunette repensa à ses parents, espérant qu'ils ne lui en voulaient pas pour sa décision. Il faudrait penser à les revoir un de ces jours. Parlant du futur, il lui restait une tâche importante à réaliser.

« Tu me fais penser à propos du futur, que je dois encore trouver un moyen d'avertir nos camarades d'une traîtrise à venir.» souleva Clara.

« Tu as choisi le moyen de les prévenir ?» questionna Auditore.

« L'idée du message transmis de mentor en mentor me paraît bonne. Si je l'enterre quelque part, je prends le risque qu'il soit découvert trop tôt, ou qu'il se dégrade.»

« Va bene, bambina mia. Tu me le donneras quand tu voudras. En attendant, maintenant le soleil est presque couché, que dirais-tu que nous en fassions autant ?» reprit Ezio en se penchant au-dessus d'elle.

« Oh je connais ce regard ! La soirée n'est pas terminée, n'est-ce pas ?» sourit Clara.

« Je ne peux rien te cacher, amore mio.»


Le jour suivant, la nouvelle du pari perdu de Machiavelli se répandit comme une traînée de poudre dans la confrérie. Niccolo écopa du regard triomphant des femmes, et celui compatissant des hommes. En tout cas, tout le monde enregistra qu'il valait mieux éviter de provoquer Claudia et Clara. Chacune était dotée d'une personnalité indépendante, et ne craignait pas de rentrer dans le lard à l'occasion. Machiavelli choisit d'éviter de se montrer pendant un certain temps, préférant laisser couler de l'eau sous les ponts. Notamment lorsque l'histoire parvint aux oreilles de La Volpe et de Bartolomeo. Le renard attrapa un fou rire en imaginant son camarade affublé d'un tablier et d'un chiffon autour de la tête, D'Alviano clama que le monde devenait fou.

En dehors de cet épisode, la vie reprit son cours à la confrérie. Ezio continuait d'observer le travail de chacun, notamment celui de la prunelle de ses yeux. Il la laissait partir de temps à autre sans lui, mais veillait à ce que seules les recrues féminines l'accompagnent. Pas fou le zigue. Quelque temps plus tard, il jugea qu'il était temps d'introniser la jeune femme.

« Tu penses vraiment que je suis prête ?» s'enquit Clara.

« Ma natulramente bambina mia. Tu l'es depuis le début pour moi.» répondit Ezio en passant un doigt sur sa joue.

« Entendu. Merci de ton soutien, amore mio.»

Ezio sourit : il adorait la façon dont elle faisait rouler ses r. La cérémonie eut lieu le lendemain. Clara passerait en même temps d'une autre recrue. Ezio prononça la phrase rituelle, Machiavelli à ses côtés. Clara s'avança ensuite au milieu de l'allée. En revoyant son ancien domestique, elle lui lança un regard moqueur. Niccolo roula des yeux. Ezio attrapa la pince chauffée.

« J'aurais préféré une bague ordinaire, m'enfin bon.» commenta en Clara tendant l'annulaire.

« Un jour qui sait.» répondit Ezio avec un clin d'œil.

Clara ferma les yeux et serra les dents sous la morsure bouillante de la pince. Ezio lui prit ensuite la main et déposa un baiser dessus. Miles céda ensuite la place à son camarade. Auditore vint la rejoindre un instant après.

« Bienvenue officiellement dans la confrérie, bambina mia.» dit-il en lui prenant la main.

« Merci. C'est sympathique ce genre de rituel.»

« Il ne se pratique plus à ton époque ?»

« Aucune idée, je n'ai pas eu le temps de me pencher sur la question.» répondit Clara.

Clara songea qu'elle ignorait totalement comment cela se passait à son époque. La brûlure avait-elle était remplacée ou bien était-elle encore en vigueur ?

« Ça va tu n'as trop mal au doigt ma bambina ?» s'enquit Ezio.

« Si, mais t'inquiètes ça va passer. Je ne suis pas en porcelaine tu sais.» sourit la brune.

Sur un autre ton, elle annonça avoir rédigé son message à l'attention des Assassins du futur. Elle remit donc à son homme une lettre cachetée au nom de William Miles. Avec l'espoir d'éviter une purge. Ezio la prit. Il la dissimulerait dans le repaire, après avoir demandé à Machiavelli de la remettre au prochain mentor si jamais il disparaissait, avec la consigne de ne jamais l'ouvrir, juste de la transmettre de chef en chef. Niccolo accepta. Maintenant, ne restait plus qu'à attendre. Clara saurait si son idée avait fonctionné lorsqu'elle retournerait voir ses parents. Elle ne savait pas encore quand, mais le cher Ezio lui en fournit l'occasion un soir de juin, soit quelques mois plus tard.

Le Florentin invita sa compagne à venir dîner en ville. Clara l'avait trouvé un peu absent et nerveux la journée durant. Que mijotait-il ? Elle mit cette question de côté pour profiter de la soirée. Le repas fut délicieux. Ezio l'amena ensuite dans un jardin. Le Florentin l'amena près d'un bassin puis s'arrêta. Clara lui rentra dedans.

« Tiens, ça me rappelle la sortie d'un certain bal vénitien.» dit-elle.

« Ah oui, en moins violent cependant.»

Cela s'était produit lors du premier séjour de Clara, alors qu'ils recherchaient des parchemins destinés à localiser la pomme de cristal responsable de l'arrivée de la brune. Le duo d'Assassins s'était introduit dans la demeure d'un notable organisant un bal. Poursuivis par les gardes, ils avaient terminé au bord d'une pente. Miles avait percuté Ezio, et tous deux avaient dévalé la pente dans un superbe roulé-boulé. Quand elle y repensait, Clara en riait encore. En attendant, elle vit Ezio poser un genou à terre.

« Woh pitaing.» songea-t-elle.

Était-ce bien ce qu'elle pensait ?

« Clara Miles, veux-tu m'épouser ?» demanda Ezio.

Ah oui, c'était bien ça. Ladite Miles resta à le fixer les yeux ronds cinq bonnes secondes, avant répondre par un grand oui puis de finir dans ses bras. Ezio lui passa un anneau d'argent au doigt, cachant la brûlure de la confrérie.

« Je me disais bien que tu ne te comportais pas comme d'habitude.» dit-elle en le regardant.

« Si … mais Clara, il y a une chose qui me tient à cœur. Je voudrais rencontrer tes parents afin de leur demander ta main. Je ne sais pas si cela se fait, mais ici oui.» annonça Ezio.

« Entendu, je cherchais justement une occasion d'aller leur rendre visite.» accepta la brune.

Ezio la remercia, puis l'enjoignit à continuer leur promenade.


Trois jours plus tard, Clara sortit la pomme de cristal tout en tenant la main d'Ezio. L'objet brilla, puis les expédia direct dans le futur. Miles reconnut le Q.G des Assassins. Elle repéra un téléphone au mur, et lâcha la main d'Ezio. Ce dernier observait les lieux avec curiosité. De l'autre côté, William Miles sursauta en entendant la voix de sa fille. Elle lui demanda de venir la rejoindre. Ce dernier acquiesça puis raccrocha rapidement. Ensuite, il se rendit presque en courant à l'endroit où la pomme de cristal avait été entreposée jusqu'au départ de son enfant.

Clara lui sourit en le revoyant. Durant un moment, William lutta pour garder son sang-froid. Finalement, il se précipita vers sa fille qu'il enlaça.

« Clara, ma petite.» dit-il, des trémolos dans la voix.

« Bonjour ou bonsoir papa. Je suis vraiment heureuse de te revoir.» répondit Clara.

William la relâcha et contempla un instant son visage.

« Alors dis-moi, que me vaut le plaisir de ton retour ?» s'enquit Miles senior.

« Une petite annonce à vrai dire.» répondit la brunette en se tournant vers son fiancé.

William marqua un temps d'arrêt en le découvrant. Était-ce bien … mais oui, il avait visionné une des mémoires de sa fille sur l'époque de la renaissance italienne. Ezio déglutit, puis se redressa. Clara s'écarta pour le laisser en face à face avec son paternel.

« Monsieur Miles, c'est un plaisir de vous rencontrer. Je suis là aujourd'hui pour vous demander quelque chose de très important. J'ai en effet l'honneur de vous demander la main de votre fille.»

Clara s'était chargée d'apprendre son texte à Ezio dans la langue de son père. William arrondit les yeux un instant. Il se redressa à son tour.

« La main de ma fille, rien que ça. Et qu'en est-il de votre situation actuelle ?» demanda-t-il.

Ezio lança un regard peu assuré à Clara. Il n'avait pas comprit ce que lui demandait William. De plus l'attitude de ce dernier lui faisait craindre un refus. Ils étaient là davantage pour la forme, sachant que Miles ne pourrait pas réellement empêcher cette union. Enfin, il restait un père.

« Papa … Ezio ne parle pas notre langue. Et puis ça suffit le sketch du mâle dominant là. Mais pour répondre à ta question, il a reconstruit Rome tout entière et gère donc son économie. C'est l'homme le plus riche du coin si tu préfères. Sans parler du fait que c'est un maître Assassin, à la tête de la confrérie. Ça ira comme pedigree ?» lança Clara.

« Tu n'as pas changé, ma fille. Bon, je suppose que je n'ai pas le choix. C'est d'accord.» céda William.

« En Italien steuplait.»

Clara lui souffla les mots à l'oreille. Ezio fut soulagé d'avoir l'assentiment de Miles père. À présent, s'agissait de rencontrer la mère. William fit sortir les fiancés par une porte de service et les conduisit chez lui. Ezio testa donc la voiture, stupéfait qu'elle puisse avancer toute seule. Mais que dire lorsqu'il découvrit le paysage ? Tous ces immeubles, ces gens aux multiples couleurs de vêtements comme de peau, tous ces sons nouveaux pour lui.

« Tout va bien mon cœur ?» demanda Clara dans l'appartement de son père.

Planté devant une baie vitrée, Ezio admirait le paysage.

« C'est donc ça le futur. C'est impressionnant. Je me sens tout petit.» répondit-il.

« Tu n'as encore rien vu tu sais. Tiens, je vais te montrer la télévision.»

Elle l'amena devant un grand rectangle noir, dont elle expliqua le fonctionnement. Des images qui bougeaient, en provenance du monde entier et puis quoi encore ? Ezio pensa qu'elle le faisait marcher. Avec une moue de circonstance, Clara appuya sur la télécommande.

« Woh !» sursauta Auditore lorsque l'appareil s'alluma.

Une femme présentait les dernières informations. Le Florentin approcha très près de l'écran, qu'il tapa de l'index comme si ça risquait de mordre. Il fit ensuite le tour de la télé, cherchant une explication.

« Bon, j'ai prévenu ta mère.» annonça William en revenant.

« Merci papa.»

« Je vois que tu lui fais découvrir la technologie.» constata William en croisant les bras.

Ezio tournait encore autour de la télé.

« Oui. D'ailleurs, ça me fait trop bizarre à moi aussi.» sourit Clara.

« À ce propos, tu t'es bien adaptée ?»

« Ouais, je m'étais entraînée avant. Histoire d'être sûre.»

Clara donna la télécommande à son fiancé, en lui expliquant son fonctionnement. Ezio zappa, tombant sur une chaîne musicale.

« Vous restez combien de temps au fait ?» reprit Miles père.

Clara s'informa de la date actuelle, avant de soupirer doucement. Pour une fois, ils étaient tombés le jour de l'activation dans le futur. Ce qui n'avait pas été le cas lors de son premier voyage.

« La journée. La pomme ne s'active qu'une fois l'an. Nous viendrons vous chercher le jour J.»

William accepta, puis offrit un apéritif au couple. Clara éteignit la télévision, enjoignant son compagnon à la suivre à la cuisine. Ce dernier découvrit le frigidaire, le four, le micro-ondes. Père et fille échangèrent diverses histoires, jusqu'à l'arrivée de la mère de Clara. Ezio s'essuya rapidement les mains. Clara était le portrait de sa mère Joanna.

« Voici donc le fameux Ezio Auditore da Firenze. Enchantée.» fit Joanna.

Clara fit les présentations et traductions.

« Il est beau garçon dis donc. Ma fifille qui va se marier wooooh !» reprit la dame en étreignant son enfant.

« Je suis désolé mais je vais devoir retourner au Q.G.» annonça William.

« Pas de soucis papa, j'imagine que tu ne peux pas t'absenter sur un coup de tête. Or dire que je suis ici … c'est niet.» comprit Clara.

« Hélas oui. Je vous revoie ce soir ? »

« Bien sûr. Allez viens tesoro, je vais te donner quelques habits du coin et te faire visiter un peu.»

Ezio acquiesça, puis se rapprocha d'elle. Clara lui prêterait quelques habits appartenant à son père. William accepta de dépanner son futur gendre.

« Oh une dernière chose ma fille : nous avons reçu ton message pour Daniel Cross, et nous avons pu agir en conséquence. Car il venait de toi n'est-ce pas ?» dit-il.

Clara poussa un profond soupir de soulagement. Elle avait réussi. Elle avait sauvé la vie de centaines des siens. Elle se tourna vers son père et le remercia de l'en informer. Miles senior lui retourna le remerciement de manière appuyée. Il quitta l'appartement. Un peu plus tard, Clara et Ezio arpentaient les rues de New-York en compagnie de la mère de la demoiselle. Elles lui montrèrent les magasins, Central Park. L'Italien découvrit les hamburgers, les crêpes sucrées et surtout les pizzas modernes. Il y avait un minimum tout de même. La journée fila à toute allure. C'est la tête bien remplie que le brun retourna chez son beau-père.

« Tiens au fait, tu voulais savoir à quoi ressemblait ma danse non ?» demanda Clara.

« Celle où tu remues les hanches très vite ?» demanda Ezio d'un ton faussement innocent.

« Ouuiii. Puisqu'on est là, ça te dirait une démonstration ?»

Ezio hocha la tête, puis prit place dans un fauteuil. Lorsque Clara parut vêtue d'un simple haut de maillot de bain ainsi qu'un paréo, son fiancé en eut l'eau à la bouche. La jeune femme alluma la chaîne hi-fi, occasionnant une nouvelle surprise pour Auditore qui se demanda d'où provenait le son.

« Oh … madre … mia.» pensa-t-il quand elle commença.

Il ne put décoller ses yeux de Clara, enfin surtout son bassin. En effet ça bougeait vite. Ezio déglutit, serrant les accoudoirs de son fauteuil, ne sachant plus s'il souhaitait qu'elle continue ou qu'au contraire elle arrête la torture. Il ne la savait pas si souple à cet endroit. D'ailleurs, cela avait certainement son utilité non ? Voilà que son esprit s'emballait à nouveau.

« Et voilà ! Ça t'a plu ?» demanda Clara en s'arrêtant.

Ezio déglutit, puis acquiesça. Il dût une nouvelle fois faire appel à tout son sang-froid pour ne pas lui sauter dessus. Clara remarqua néanmoins son attitude, et s'en amusa. Elle quitta le salon pour revenir habillée plus décemment.


« J'ai été heureux de te revoir ma fille.» dit William en l'étreignant.

« Moi aussi papa, et merci.»

Mine de rien, William était touché qu'ils aient fait la démarche de venir le rencontrer. Joanna enlaça sa fille, essuyant une larmichette. Cette dernière retourna auprès d'Ezio qui passa un bras autour de sa taille, la rapprochant de lui. Il formula ensuite sa joie d'avoir pu rencontrer les parents de sa fiancée, les remercia pour leur accueil et pour l'avoir fait découvrir la ville et leur mode de vie.

« Prenez soin de ma fille !» répondirent-ils ensemble.

Ils échangèrent un regard surpris, puis se sourirent. Clara activa la pomme de cristal. Retour vers le passé. Lorsqu'il retrouva son environnement familier, Auditore ne put s'empêcher de tout comparer avec ce qu'il venait de voir. Il en venait à se demander s'il n'avait pas rêvé. Tout était tellement incroyable. Ah si Leonardo avait pu voir ça. Sûr qu'il aurait adoré le XXIème siècle.

« Naaaaah bambinaaaa !» gémit Ezio trois jours plus tard dans leur maison de Florence.

« Quoi ?» s'étonna la concernée.

« Pourquoi tu m'as fais manger des trucs aussi bon de ton époque ? J'ai envie d'un hamburger maintenant !»

Clara éclata de rire. Elle rejoignit un Ezio tout tristou dans le salon.

« Désolé mon chéri. Je peux t'en faire mais ça n'aura rien à voir. Par exemple il n'y aura pas de tomate.»

« Ben tant pis, on va quand même essayer. Qu'est-ce qu'il nous faut ?»

« Du bœuf, de la salade, des oignons et du pain. Oh et du fromage.»

« Je m'en charge !»

Clara pouffa de rire, et le regarda filer à toute allure au marché pour réunir les ingrédients. Elle espéra qu'il n'aurait pas envie de frites par contre. Auditore revint aussi vite qu'il était parti, puis demanda à la jeune femme de lui apprendre la confection du fameux sandwich. Miles le regarda avec tendresse : il avait l'air d'un enfant dans son impatience. La brune lui expliqua comment procéder. Ezio suivit ses indications avec application, hachant la viande puis la réunissant en un steak, la mettant à cuire tandis qu'elle coupait les oignons, la salade et le fromage. Elle prépara également une sauce pour remplacer le ketchup.

« Voilà ! J'espère que ce sera bon.» dit-elle, une fois le plat fini.

Sans plus attendre, Ezio saisit son hamburger dans lequel il mordit en affamé.

« Miam !» commenta-t-il.

« C'est donc bon.» en déduisit sa fiancée.

Elle attrapa le sien. Voilà bien quelque chose qu'elle n'aurait pas imaginé : manger un hamburger au XVIème siècle. Mais l'expérience était plaisante. Ezio avait ramené de la glace en dessert (ndla : l'âge d'or de la glace commence en 1500 à … Florence !) Il partagea une cuillère avec sa fiancée qu'il fit asseoir sur ses genoux. Dire qu'ils allaient se marier. Ezio n'aurait pas cru la chose possible lorsqu'il l'avait connue. Ni sa famille d'ailleurs, sa mère et sa sœur commençaient à croire qu'il finirait vieux garçon. Chacune était néanmoins satisfaite de son choix. Claudia espérait bien refaire quelques coups tordus avec sa belle-sœur. Ce à quoi l'intéressée avait immédiatement donné son accord.

« Va falloir que je garde un œil sur elles. Sinon pauvre confrérie.» songea Ezio avec amusement.

Le mariage eut lieu l'année suivante au mois de mars. Comme convenu, les parents de Clara furent emmenés dans le passé afin d'assister à la cérémonie. Ils avaient révisé un peu la langue du coin. Ezio eut une pensée pour son père et ses frères. Dieu qu'il aurait aimé qu'ils soient présents. Clara se chargea de ramener discrètement ses parents à leur époque, en les remerciant de s'être libérés. Ezio inventa un prétexte quelconque pour justifier leur absence. Allongé tout contre une Clara endormie, il entremêla ses doigts aux siens. Les alliances brillaient à la lueur des bougies. Ezio sourit puis embrassa l'épaule de sa désormais épouse.

« Qui aurait cru que la femme de ma vie serait ma descendante ? Je me demande ce que Minerve en penserait. Si ça se trouve elle en ferait une attaque.» se dit-il.

Il se tourna et souffla les bougies.

Ezio avait eu raison de penser qu'il lui fallait garder à l'œil sa sœur et son épouse. Enhardie par son pari avec Clara, en qui elle trouvait une complice efficace et inventive, Claudia n'hésitait plus à agir.

« OOOUUUAAAARGH !»

C'est avec ce cri de douleur qu'Ezio fut accueilli un midi dans le repaire secret. Il vit arriver une recrue masculine à toute blinde, et n'eut que le temps de se plaquer contre un mur. Le bonhomme plongea sa tête dans un seau d'eau. Ezio poussa un soupir.

« Clara ! Claudia montrez-vous !» appela-t-il.

« Tiens mais c'est mon adorable époux que voilà ! Contente de te revoir mon chaton.» répondit Clara en l'enlaçant puis en l'embrassant.

« Mon grand-frère adoré ! Comme tu m'as manqué !» ajouta Claudia en levant les bras.

« Bas les flatteries vous deux. Qu'avez-vous fait ?» demanda Ezio en montrant la recrue la tête dans le seau.

« Bé chais pas moi, il apprend peut-être à nager.» répondit sereinement Clara.

Ezio lui lança un regard expressif. Il s'avéra que les filles avaient généreusement épicé l'assiette de l'apprenti.

« Quelle petite nature.» ajouta Claudia.

Ezio soupira. L'apprenti lui, menaçait de se noyer dans son seau. Le maître Assassin se dirigea vers lui, puis le tira par le col. La recrue prit une grande inspiration.

« Vous êtes priées de ne pas maltraiter mes recrues, toutes les deux.» dit-il en lâchant son gars.

« Tes recrues sont priées de s'acheter un cerveau avant d'entrer ici.» rétorqua Clara.

Claudia approuva d'un hochement de tête. Les jeunes femmes repartirent. Ezio se pencha vers l'apprenti.

« Ça va aller ?» demanda-t-il

« Je crois oui.» répondit faiblement l'homme.

« Que ça te serve de leçon : jamais de remarque sexiste en leur présence.»

« C'est noté.»

Ezio lui tapota l'épaule puis se releva. Heureusement, les tours des brunettes n'étaient jamais graves et rien dont les hommes ne puissent se relever. Par contre, elles étaient marquantes. Ezio se rendit en soirée chez Bartolomeo où il y retrouva La Volpe et Niccolo autour d'un verre. Il leur raconta la dernière frasque des deux femmes.

« Je ne sais pas si c'est une bonne chose de les avoir fait entrer dans la confrérie.» lança Niccolo.

« Elles ont un bon potentiel et s'entendent avec tout le monde, il faut juste … éviter le sujet qui fâche.» répondit Ezio en portant sa chopine à ses lèvres.

« Mouais. En tout cas je suis content de te voir marié. Tu commençais à me désespérer.» lança Bartolomeo.

« Si. En tout cas je comprends ce que tu voulais dire : je suis moi aussi incapable de me passer de Clara.» répondit Ezio.

« Et comment ça se passe alors quand elle est seule sur une mission ?» questionna Volpe.

« ...»

« Il tourne comme un lion en cage, voilà comment ça se passe. Tout en poussant des soupirs à fendre les murs et nous décrocher cadres et tentures. Sans parler de son anxiété.» répondit Machiavelli en buvant.

Il se lança alors dans une parodie du mentor quand il s'inquiétait : son incessant questionnement, ses tapotement de doigts contre un bureau, quand il ne déménageait pas tout le local.

Ezio rentra la tête dans les épaules, joues rouges, pendant que Bartolomeo éclatait de rire.

« Effetivamente, t'es bien accroc.» dit-il.

Ezio n'émit qu'un grognement pour réponse.

« Je suis même pas comme ça d'abord.» grommela-t-il à Niccolo.

Celui-ci reposa son verre avec un regard équivoque.

« Ezio Auditore Da Firenze, te paierais-tu ma tête ? Tu mets toute la confrérie sur les nerfs à chaque fois que Clara est missionnée. D'ailleurs j'ai bien cru que ta sœur allait te fendre le crâne l'autre jour.»

Ezio afficha une mine boudeuse. Y comprenait jamais rien d'abord. Mumph.