Embrouilles familiales cette fois. Je sais que Maria Auditore décède en 1504, mais je crois qu'elle ne m'en voudra pas de la faire vivre 4 ans de plus.
Me reste encore un chapitre après celui-là, je l'avais oublié. Bonne lecture ^^
Avril 1508.
Une porte s'ouvrit doucement dans la demeure Auditore. La lumière passant dévoila un large dos nu et musclé. Un instant plus tard, deux petites voix tirèrent le propriétaire de ce dos de son sommeil.
« Papaaaa !»
« Allez papa réveille-toi !»
« Gnnn ! Les enfants ? Mais par où êtes-vous entrés ?» gémit Ezio en se retournant.
« Ben par le sol ! On est des enfants de sass … d'assin … enfin tu sais quoi.» répondit une fillette.
Ezio plissa les yeux. Il reconnaissait bien là l'ironie hérité de sa mère.
« La porte était ouverte.» ajouta un garçonnet, assis sur le lit.
« Allez papa lève-toi ! On doit aller voir tata Claudia et grand-mère à Rome !» reprit la fillette en le secouant.
« Maman est déjà levée elle.» ajouta son frère.
« Quoi ? Ah ben ça explique que vous ayez pu entrer. Bon d'accord je me lève. Allez poussez-vous tous les deux.»
Ezio sortit du lit puis alla ouvrir les rideaux. Il cligna des yeux en poussant les volets. Il sentit ensuite des petites mains attraper les siennes.
« Allez papa on va être en retard !»
« Ouuiiii ! Santa madonna.»
Ezio aida ses enfants à descendre les escaliers. Il retrouva Clara, dans la cuisine lui tournant le dos. Il s'approcha d'elle, l'enlaça et déposa un baiser dans son cou.
« Alors comme ça on envoie les petits me réveiller hm ?»
« Pourquoi pas.» répondit la brune.
« J'avoue que je préfère quand c'est toi. C'est … plus tendre.» susurra Ezio.
Il relâcha la brune pour rejoindre les enfants à table. Ses jumeaux, Flavia et Federico âgés de trois ans. Flavia était l'aînée, une petite brune aux yeux noisette comme son père. Federico lui possédait les yeux noirs de braise de sa mère. Tous deux avaient en revanche hérité des mèches de leur papa. Et une sacrée personnalité déjà.
« Vous croyez que tonton Maviachi sera là ?» demanda Flavia.
« Machiavelli … oh qui sait.» répondit Clara.
Ezio lui coula un regard oblique. Il savait que sa femme adorait voir les jumeaux embêter le pauvre Niccolo. Non pas qu'elle ne l'aimait pas, mais elle n'hésitait pas à lui tenir tête n'ayant jamais oublié les remarques sexistes qu'il avait proféré un jour. Et lui avaient valu de vivre un enfer cinq jours durant. Ezio soupira doucement.
Une heure plus tard, la petite famille faisait route vers Rome. Plus précisément vers le repaire de l'Île Tibérine, la Rose Fleurie n'étant absolument pas un endroit pour des enfants. Maria Auditore fut la première à les voir arriver. Ses petits-enfants se précipitèrent vers elle.
« Mamie !»
« Bonjour mes petits !» répondit-elle en les enlaçant.
Maria salua ensuite les parents, pendant que les enfants partaient à la recherche de leur tante. Ils connaissaient le repaire par cœur. Cependant, Claudia arriva une minute après la famille. Elle salua chaleureusement tout le monde.
« Les enfants ne sont pas avec vous ?» demanda-t-il.
« Siii … à tous les coups ils sont encore partis en exploration.» répondit Ezio en regardant autour de lui.
« Oh ils vont bien finir par revenir. Sinon quoi de neuf ?» ajouta Clara.
« Oh pas grand-chose.»
Claudia leur fit part des derniers potins de Rome, quand soudain retentit un appel désespéré. Ezio reconnut la voix de Machiavelli. Ah, à tous les coups les jumeaux l'avaient trouvé. Clara ne put empêcher un grand sourire de se former. Claudia et elle échangèrent un regard entendu.
« Ezioooo !»
Niccolo parut, effectivement porteur des enfants Auditore. Flavia était agrippée à sa jambe gauche, pendant que Federico avait trouvé le moyen de grimper sur son dos. Accroché à son cou il l'étranglait presque. Clara détourna la tête pour cacher son rire. Ezio vint au secours de son conseiller.
« Allez ça suffit les enfants. Je vous ai déjà dis cent fois que Machiavelli n'est pas un jouet.»
« Mais on fait rien de mal, on joue juste un peu.» plaida son fils.
« Au contraire, tu lui fais mal au cou. Allez lâche.» reprit Ezio en attrapant son fils à la taille.
« Nan !»
Il empoigna les cheveux courts de Niccolo ainsi qu'une oreille.
« Ouille !»
« Federico ne commence pas ! Tu le lâches ou je me fâche !» menaça Ezio.
Plus loin, Maria demanda à voix basse à sa belle-fille si elle ne devait pas intervenir. Mais Clara, appuyée sur l'épaule d'une Claudia hilare, était tout aussi occupée à contenir son rire.
« Je suis désolée, mais chaque fois ça me fais rire.» dit-elle en se tournant.
« Et moi donc.» ajouta Claudia.
Ezio pour sa part, était parvenu à décrocher son fils sans trop peler Niccolo. S'agissait maintenant de dégager Flavia. Ezio tirait d'un côté pendant que son ami se tenait à une table. On aurait dit que le maître Assassin lui enlevait une botte.
« Attends je vais tomber !» s'exclama Niccolo en se rattrapant à la table.
« J'y suis presque.» fit Ezio.
Flavia s'accrocha à la botte du conseiller, et l'emporta avec elle.
« Trooophéééé !» s'écria l'enfant en agitant la botte.
Claudia et Clara éclatèrent franchement de rire cette fois, et même Maria eut de la misère à se retenir. Le père tenta ensuite de reprendre le bien de son ami, mais sa fille lança la botte à son frère qui partit en courant avec.
« Chérie !» appela Ezio en désespoir de cause.
« Federico ça suffit ! Donne-moi cette botte.» intervint Clara en barrant la route à son fils.
« Mais maman ...»
Clara lui retourna un regard sévère. Federico soupira, puis lui rendit la chaussure. Clara alla rapporter l'objet à Machiavelli. Ce dernier ne prit même pas la peine de l'enfiler et se sauva direct. Les jumeaux eux, décidèrent d'aller jouer plus loin.
« Franchement Clara, tu pourrais me soutenir.» lança Ezio.
« Je pourrais oui, mais c'est mon meilleur divertissement.» sourit son épouse.
« À moi aussi.» sourit Claudia.
« Je crois que Machiavelli maudit le jour où il a manqué de respect aux femmes en votre présence.» intervint Maria.
Ezio hocha la tête.
Une heure plus tard, la famille cheminait vers l'atelier de Leonardo. Ce dernier accueillit les jumeaux avec une joie manifeste, et les prit dans ses bras.
« Tonton Leo !»
« Alors stai bene, petits chenapans ?»
« Si !»
Da Vinci s'écarta pour laisser entrer les parents. Ils échangèrent quelques nouvelles pendant que les petits allèrent s'asseoir sur un tabouret chacun.
« J'en reviens pas comme ils sont sages avec toi.» glissa Ezio.
« Ah pourquoi ce n'est pas le cas avec d'autres ?» s'étonna Leonardo.
« Pas avec Machiavelli toujours. Tu es tout seul sinon ?» répondit Clara.
« Salai doit encore être dans une taverne, je suppose.» soupira Leo.
« Bien je vais aller te le chercher.»
« Tu le sous-estimes un peu je crois.»
« Oh que non. Flavia, viens ma puce on va aller trouver Salai.» appela-t-elle.
« Viiii !»
La fillette bondit de son tabouret pour rejoindre sa mère. Pendant ce temps, Leonardo vint donner un petit avion qu'il avait fabriqué pour Federico. Plus loin, Clara arriva au Renard Assoupi en compagnie de sa fille. Elle lui lâcha la main. Sachant ce qu'elle avait à faire, la petite fila droit vers une partie de dés. Là, elle tira sur l'habit d'un jeune homme à genoux.
« Hey Flavia ! Comment va ma petite principessa !» s'exclama Salai en se retournant.
Il étreignit l'enfant et la souleva. Flavia entoura le cou de l'assistant du peintre de ses petits bras.
« Je vais bien, mais faut rentrer.» répondit-elle.
« Hmmm, c'est mon maître qui t'envoie ? Il est fourbe, comment puis-je résister à une aussi jolie frimousse ?» reprit Salai en frottant son nez contre celui de l'enfant, qui rit.
Il annonça son départ aux autres joueurs. Un peu après il aperçut Clara plus loin.
« Ça ne venait peut-être pas de mon maître finalement.» dit-il avec un sourire.
« Oooh allons, envoyer une enfant pour te ramener ce n'est vraiment pas mon genre.» répondit Clara d'un ton innocent.
« Certo. Tu vas bien ?»
« Oui, et toi ? La forme on dirait.»
Tout en bavardant, ils firent route vers l'atelier. Leonardo esquissa un sourire quand il vit son assistant arriver avec Flavia dans les bras. Salai ne savait pas résister à la petite. Il la posa à côté de son frère, qui lui donna une poupée articulée faite par l'artiste. Leonardo demanda à son assistant de ranger un peu. Salai soupira doucement puis se mit au travail. Un rien après, les enfants vinrent lui proposer leur aide.
« Oh c'est mignon, mais continuez à jouer, je me débrouille.» répondit-il.
« Steuplaiiit !»
« Hou si vous commencez comme ça. Tiens Flavia, toi tu prends les pinceaux et tu les amènes là-bas, et toi Federico les palettes que tu apportes juste à côté.»
Les trois adultes sourirent en assistant à la scène. Leonardo parla des recherches qu'il menait sur Hermès, et son fameux nombre. Il expliqua de quoi il s'agissait, et des indices qu'il avait laissé dans certaines peintures.
« Et rassure-moi tu n'en a parlé à personne ?» demanda Clara.
« Non. J'ai retenu la leçon des machines de guerre.» sourit Leonardo.
« Une bonne chose. Je te félicite Leo, je sais à quel point c'est difficile pour toi de garder ce genre de chose.» fit Ezio.
Da Vinci le remercia. Une petite heure plus tard, les enfants demandèrent la permission d'aller jouer à l'arrière de l'atelier, dehors. Permission qui leur fut accordée. Il leur fut tout de même demandé de laisser la porte ouverte, histoire d'avoir un œil sur eux. Salai vint se joindre à la conversation des invités. Enfin, il bavarda plus avec Clara, Leonardo blablatant sans cesse sur sa recherche.
« Qu'est-ce qu'il y a ?» demanda Clara en voyant Salai pencher la tête.
« J'ai cru voir … une étoffe là-dehors, dans la cour.»
Ezio tourna la tête. Échangeant un regard avec sa femme, ils se levèrent ensuite d'un bond. Tous deux savaient au vu de leur métier, que leurs enfants pouvaient être en danger. Ils débarquèrent dans la cour. Pas de traces des petits.
« Flavia ? Federico ?» appela Clara.
Silence.
« Regardez là.» dit Salai.
Il les dépassa, et vint ramasser l'avion et la poupée des enfants. Il lança un regard inquiet aux parents.
« Derrière vous, il y a un message sur le mur.» reprit l'assistant.
Leonardo alla décrocher une feuille plantée avec un poignard, puis revint à côté de ses amis.
« C'est une demande de rançon.» annonça-t-il.
Ezio prit le parchemin. Le ravisseur des enfants demandait pas moins de vingt milles florins, sans quoi il pourrait bien leur arriver malheur. Auditore froissa le message. Une aura meurtrière se dégagea de l'homme. Lorsqu'il aurait retrouvé le responsable, il en ferait de la bouillie.
« Ah la parassiti!» siffla Salai.
« Amore, où est-ce qu'on est censé verser la rançon ?» demanda Clara, inquiète.
« Dans la campagna sud. Bien, je vais aller mettre les espions de La Volpe au travail.» déclara Ezio.
« Va, je vais aller prévenir ta sœur, que toutes les courtisanes soient elles aussi sur le pied de guerre.» annonça Clara.
« Et nous on peut faire quelque chose ?» demanda Leonardo.
« Salai, sois gentil d'aller inspecter les tavernes, voir si tu peux entendre une conversation sur le sujet.» reprit Clara.
« Immediatamente.» acquiesça le jeune homme.
Les tâches ainsi réparties, chacun alla là où il devait. Claudia réunit ses filles sur-le-champ, envoyant certaines d'entre elles avertir les autres. Les Assasins furent mis à contribution, La Volpe déploya ses espions, pendant que Salai laissait traîner ses oreilles dans les tavernes et mettaient un ami ou deux dans la confidence.
« Ouille ! Sales petits monstres lâchez-moi !»
Levant les yeux d'un parchemin, un homme observa le curieux spectacle qui venait à lui. Un homme avec deux enfants accrochés à lui, leurs petites dents plantées dans sa peau.
« Eh bien Giorgio, je vois que tu as … réussi à nous amener nos cibles.» dit-il.
« Si … d'ailleurs un coup de main ne serait pas du luxe, Felipe.»
Ledit Felipe se leva de la table où il était nonchalamment accoudé puis attrapa Flavia. L'enfant était cependant solidement arrimée à son ravisseur.
« Ahouhaouh ! Doucement !» geignit Giorgio.
« Sale gamine tu vas arrêter oui ?»
En réponse, Flavia lui envoya un coup de pied au torse. Elle attrapa le visage de Giorgio qu'elle griffa. Federico pour sa part tira les cheveux de l'homme.
« Raaaah ! Mais fais quelque chose !» s'exclama Giorgio.
Il saisit le garçonnet puis tenta de l'éloigner tandis que son comparse tirait sur Flavia. En tout, il fallut bien trois minutes pour arriver à décrocher les jumeaux. Toutefois, ils se mirent à hurler sitôt leur bouche libre.
« TAISEZ-VOUS OU JE VOUS SAIGNE !» hurla Felipe.
Les jumeaux se tinrent serrés l'un contre l'autre devant un mur.
« Méchant monsieur !» s'exclama Flavia.
« Mon papa y va vous trouer le cul d'abord !» avertit Federico.
« C'est botter, pas trouer. Puis notre maman elle va vous arracher la tête.» corrigea sa sœur.
« Mais oui c'est ça. Ce ne doit être qu'un gros bourgeois bien gras. Comme tous les riches.» ricana Giorgio.
« Gros toi-même.» lança Flavia.
« En attendant, tenez-vous tranquilles ou ça va mal aller.» prévint Felipe.
Tous deux se laissèrent ensuite tomber sur un banc. Les enfants se tenaient toujours l'un contre l'autre, fusillant du regard les deux hommes. Après un instant de silence, les kidnappeurs servirent un verre d'alcool.
« On devrait ptêt les attacher non ?» suggéra Felipe.
« Mouais, j'ai pas trop envie de m'en approcher, mais faudrait pas qu'ils filent.» approuva Giorgio.
L'un alla chercher une corde pendant que l'autre s'approchait des petits. Ils ne bougèrent pas jusqu'à ce qu'il soit tout près. Là, ils partirent chacun dans une direction opposée. Felipe plongea pour capturer Flavia, qui lui glissa entre les doigts. La fillette fila sous la table. Federico glissa entre les jambes de Giorgio qui se baissa pour regarder. Les enfants ne couraient pas vite, mais savaient esquiver. Leurs parents en savaient quelque chose. Sans compter qu'attraper quelque chose de plus petit que soi n'était pas aussi simple que ça en avait l'air. Ils coururent l'un vers l'autre avec chacun un ravisseur penché pour tenter de les avoir. Si bien que les adultes se percutèrent de plein fouet et tombèrent à la renverse.
« Mais c'est pas vrai !» s'exclama Giorgio.
« La prochaine fois, on les choisira gras ! Ça court moins vite et ça passe pas partout.» dit Felipe.
En attendant, les jumeaux étaient sous la table. Les ravisseurs se mirent chacun d'un côté.
« Grrr !» gronda Federico.
« AOUCH ! Il m'a mordu sale gosse !» s'écria Felipe en retirant sa main.
« Vilain monsieur !» ajouta Flavia en tapant Giorgio au visage.
Les petits sortirent de dessous la table. Il fallut bien un quart d'heure pour que les hommes parviennent à les attraper et les ligoter. Car même une fois capturés les jumeaux se débattaient comme des poissons hors de l'eau, mordaient, griffaient, tapaient. Une fois immobilisés, ils furent laissés dans un coin de l'endroit. Leurs ravisseurs allèrent se soigner un peu et se remettre de leurs émotions.
A la fin de la journée, Ezio et Clara firent le point sur la situation. Toute l'aide disponible avait été déployée sur Rome. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que l'on retrouve les enfants.
« Parfait, je vous remercie tous.» fit Ezio.
« C'est bien normal mon fils.» répondit Maria.
La réunion se termina. Ezio retrouva Clara perchée sur le toit du repaire.
« Tesoro ?» appela-t-il.
Clara tourna à peine la tête vers lui. Ezio acheva de monter sur le toit et vint la rejoindre. Il remarqua qu'elle s'essuyait les yeux. Son mari la prit dans ses bras.
« J'espère … j'espère qu'ils vont bien, qu'ils ne leur ont rien fait.» dit-elle la voix brisée.
« On va les retrouver ne t'inquiètes pas bambina mia. Tu connais nos petits, à mon avis leurs ravisseurs doivent déjà regretter leur idée.» dit Ezio.
Clara eut un petit sourire. Elle demanda à son mari s'il avait trouvé un indice dans cette fameuse campagne.
« Non. Je suppose que nous recevrons des instructions en temps et en heure, si on ne les retrouve pas avant bien sûr.»
« Je crois qu'on devrait participer aux recherches nous aussi.» suggéra Clara.
« Alors un seul de nous ira. Il en faut un pour coordonner l'opération.» répondit Ezio.
Sa femme hocha la tête.
« Je vais m'en occuper, toi tu restes ici. Je t'enverrais un pigeon de temps à autre pour t'indiquer où je suis et si j'ai des nouvelles. J'attendrais une réponse de ta part, puis je continuerais.» indiqua Ezio.
« D'accord, bonne chance.»
Le couple échangea un baiser, puis Auditore passa sur un autre toit. Direction cette fameuse campagne sud.
Stai bene = vous allez bien
principessa = princesse
parassiti = vermine
tesoro = trésor
