Dernier chapitre, fin de l'histoire pour tout le monde. Une réunion de famille et puis rideau.
Merci à tous ceux et celle qui ont suivi, et bonne lecture ^^.
Un jour avait passé depuis la disparition des enfants Auditore. Au repaire, Clara attendit la venue des autres. Claudia était déjà là. Elle serra sa belle-sœur, puis lui demanda comment elle se sentait.
« Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.» avoua Clara.
La Volpe, Salai et un Assassin arrivèrent sur ces entrefaites. Clara les interrogea du regard avec espoir.
« Nous avons des nouvelles.» annonça Volpe.
« Vous les avez retrouvés ?» demanda Clara.
« Pas encore, mais un des amis de Salai affirme avoir vu un homme avec deux enfants.»
« Cela l'a interpellé parce que les petits étaient accrochés à lui de manière bizarre. Il m'a dit qu'on avait l'impression qu'ils le mordaient.» précisa Salai.
« Et un de mes espions a confirmé, il l'a vu passer aussi avant que je ne convoque tout le monde. Apparemment il allait vers le sud ouest.» ajouta La Volpe.
Clara se sentit mieux. Ils avaient une piste, c'était déjà ça. Elle n'avait plus qu'à attendre un signe de son mari pour l'informer. Le chef des voleurs avait ordonné que ses hommes se recentre sur ce coin-là de la ville. Claudia annonça faire de même avec ses filles, Clara transmit l'ordre à l'Assassin présent.
« Merci beaucoup de ton aide Salai.» dit-elle ensuite.
« Pas de quoi, les amis c'est fait pour ça. Mais en échange, je veux être de la partie quand on aura retrouvés ces bastardos.» répondit le jeune homme.
« Hmmm, encore faudra-t-il qu'il en reste quelque chose après que moi ou Ezio nous en soyons occupés.» répondit Clara.
« Ben soyez pas égoïstes dans ce cas.» répliqua Salai avec un sourire.
« Va bene, j'en ferais part à mon mari mais je ne peux rien te promettre.»
« Ajoute-moi sur la liste.» lança Claudia.
« Plus un.» dit Volpe.
De son côté, Ezio avait interrogé quelques passants dans la campagne, mais personne n'avait remarqué les petits. Le mentor décida d'envoyer un message à sa femme, espérant qu'elle en saurait plus. Il regarda l'oiseau s'envoler et disparaître à l'horizon.
« J'ai faaaiiim !»
Ce fut avec ce cri que les ravisseurs furent réveillés. Les deux enfants piaillèrent jusqu'à ce qu'une voix de tonnerre ne leur intime le silence. Peu après parut Felipe, qui darda un regard noir aux enfants. Ils le regardèrent apporter des victuailles et commencer à manger. Giorgio arriva et s'installa à son tour.
« On a faim !» lança Federico.
« Vous mangerez quand on vous le dira.» rétorqua Giorgio.
« Je veux manger sinon je crie !» lança Flavia.
Les hommes l'ignorèrent, mais durent se boucher les oreilles lorsque la fillette lança un cri perçant.
« Raaah fais-la taire !» supplia Felipe.
« JE VEUX MAAAANGEEEEER !»
« Oui voilà !» s'exclama Giorgio en lui lançant une grappe de raisins.
La petite fille cessa aussitôt de crier.
« Et comment on fait pour la manger ?» demanda Federico.
« C'est pas mon problème.»
« Alors je crie !» reprit Favia.
Giorgio se leva et vint leur délier les mains, en les avertissant bien d'être sages sinon ils auraient une fessée. Les jumeaux lui tirèrent la langue quand il eut le dos tourné. Federico attrapa la grappe, qu'il entreprit de partager avec sa sœur.
« Dis, quand est-ce qu'ils viennent papa et maman ?» demanda Flavia à voix basse.
« Je sais pas.»
Ils mangèrent toute la grappe. Sitôt qu'ils eurent fini on vint leur rattacher les mains. Les enfants avaient beau être insupportables avec leurs ravisseurs, ils étaient malgré tout inquiets. Pelotonnés l'un contre l'autre ils espéraient que leurs parents arriveraient vite. Quelques heures passèrent, au bout desquelles ils demandèrent à aller aux toilettes. Ce fut Felipe qui s'y colla cette fois. Il détacha la petite, mais garda un bout de corde autour de sa taille. Elle fut emmenée dehors. Là, elle resta plantée devant son kidnappeur.
« T'attends quoi ?»
« Veux pas que vous regardiez !»
Felipe se tourna en roulant les yeux. Flavia se mit derrière un buisson. Plus tard, ce fut au tour de son frère.
« Faudrait songer à écrire le message pour la livraison de la rançon.» lança Giorgio quand son complice revint.
« Tu as raison. Je m'en occupe tout de suite.»
Felipe prit de quoi écrire puis vint s'attabler. Les ravisseurs débattirent de l'endroit où ils pourraient recevoir l'argent demandé. Giorgio proposa un endroit désert, d'où ils pourraient facilement s'échapper si la transaction tournait mal. Son comparse pensa à demander de laisser le sac d'argent accroché à une branche d'arbre. Ainsi, ils pourrait recevoir leurs pièces sans se montrer.
« Et les mioches ?» demanda Felipe.
« On les rendra quand on aura l'argent et surtout si le compte est bon.»
Felipe rédigea les instructions, en précisant bien aux parents de venir seuls sans quoi ils ne reverraient pas leurs petits. Ceci fait, Giorgio prit le message puis se rendit auprès d'un pigeonnier un peu plus loin.
Ezio aperçut un pigeon arriver vers lui. Il tendit le bras et le volatile vint s'y percher. D'après le message, les enfants auraient été aperçus dans le sud-ouest de Rome.
« Elle me demande de ne pas tuer les ravisseurs, histoire que tout le monde puisse participer ? Alors là bambina je ne sais pas si j'en serais capable.» songea Auditore.
Il déchira le message, et répondit en indiquant qu'il partait pour le sud-ouest. Il remonta en selle et lança sa monture à vive allure. Et gare à ceux qui se trouvaient sur son chemin. Quelque temps plus tard il arriva dans le coin concerné. Il mit pied à terre.
« Pssst !» entendit-il.
Levant la tête, Ezio aperçut un des hommes de la Volpe perché sur un toit, à côté d'un pigeonnier.
« Vous êtes messere Auditore ?» demanda-t-il.
« Si, et vous vous êtes un homme de La Volpe ?»
« Oui, ça tombe bien que vous soyez là, j'ai des nouvelles.»
Ezio haussa un instant les sourcils, puis courut vers le mur de la maison en ruines. En deux temps trois mouvements il fut auprès du voleur.
« C'est moi qui a aperçu l'homme qui a enlevé vos enfants. Je viens de le voir il y a une heure envoyer un pigeon. Je l'ai suivi et je sais où est sa cachette.» informa le voleur.
« Perfecto. Et grazie mille. Montrez-moi l'endroit.»
Le voleur descendit et conduisit Ezio à travers un champ. Une dizaine de minutes plus tard, il désigna une grotte. Auditore retourna rapidement au pigeonnier pour informer tout le monde des dernières nouvelles. Il revint ensuite se poster non loin du lieu où étaient retenus ses enfants. Il se cacha à plat ventre pour observer l'endroit et déterminer une stratégie.
Pendant ce temps-là, Clara reçut deux messages. Le premier des ravisseurs indiquant comment procéder à l'échange, qui la mit légèrement hors d'elle. Mais heureusement, le pigeon envoyé par son époux arriva une demi-heure plus tard, alors que tous étaient réunis pour élaborer un plan. Elle lut le message à haute voix. Volpe conseilla de partir sans plus attendre, ce que Clara pensait faire. Le groupe se rua vers les chevaux et fit route vers la campagne. Ils y parvinrent deux heures plus tard. Le voleur de Volpe les accueillit, et alla chercher Ezio. Clara lui indiqua la teneur de la demande des kidnappeurs.
« Bien, il va s'agir de les surprendre. Si nous pouvions savoir de quel arbre il s'agit, l'un de nous pourrait les y attendre et leur tomber dessus.» dit-il.
« Montons la garde un peu partout. Dès que l'un de nous voit quelqu'un s'approcher d'un arbre il prévient les autres.» proposa Volpe.
« Il nous faut un signal dans ce cas. Mais ça risque de les avertir.» fit Clara.
« Sauf si c'est un son qu'on entend habituellement par ici. Comme un loup par exemple. C'est assez simple à imiter.» répondit Volpe.
Le groupe convint du signal. Le voleur ayant aperçu une de leur cible leur donna une description aussi précise que possible. Puis chacun partit dans une direction. Ils se postèrent auprès des arbres les plus gros et donc les plus susceptibles de recevoir les ravisseurs. Bien sûr, ils levèrent la tête pour vérifier qu'ils n'étaient pas déjà dedans. Une heure s'écoula avant que Claudia n'aperçoive un homme venir dans sa direction. Oui … il ressemblait à un des types décrits.
« Et le voilà qui grimpe. Ce doit être lui.»
Vite elle lança le signal, veillant toutefois à ce qu'il ne ressemble pas trop à un cri humain. Un peu après, Claudia vit la végétation bouger autour d'elle. En silence, ses amis et famille se rapprochaient. Clara pour sa part, grimpa dans l'arbre par-derrière. Elle avisa l'homme caché dans les feuillages, qui attendait tranquillement en balançant une jambe. Refrénant sa colère, elle approcha de lui. Avisant une branche au-dessus d'eux, elle sauta après puis poussa l'homme dans le vide. Lorsqu'il releva la tête, Giorgio se retrouva entouré d'hommes et de femmes visiblement très en colère. Ezio s'approcha de lui puis le souleva par le col.
« Combien êtes-vous à avoir kidnappés mes enfants ?» demanda-t-il.
« De … de quoi ? Mais je ne sais pas de quoi vous parlez monsieur !»
Ezio le tourna alors vers sa femme juste derrière, en lui maintenant une main dans le dos. Clara lui administra une série de gifles vigoureuses.
« Réponds ou je te castre !» s'exclama-t-elle en sortant une lame secrète.
« Mais vous êtes qui ?» demanda Giorgio.
« Des Assassins. Alors tu ferais mieux de nous dire pour qui tu travailles et le nombre de tes complices.» répondit Clara avec un sourire sadique.
Comme tout le monde à Rome, Giorgio avait entendu parler des Assassins, enfin surtout un en particulier. Mais ni lui ni Felipe n'avaient fait le rapprochement entre lui et celui qui avait reconstruit la cité.
« Pitié ! Nous … nous ne savions pas ! On croyait demander de l'argent à un riche bourgeois c'est tout !» répondit le captif.
« Réponds aux questions avant que je ne demande à mon mari de régler ton cas !» siffla Clara les yeux flamboyants de haine.
« Nous … nous ne sommes que deux. On ne travaille pas pour quelqu'un en particulier, on pensait faire un bon coup c'est tout, je vous jure, pitié !»
Clara le fixa un instant.
« Bien, nous vous le laissons.» décida-t-elle en s'adressant aux autres.
« Avec plaisir !» sourit Claudia.
Salai juste à côté fit craquer ses phalanges. Pendant ce temps, Ezio conduisit Clara près de la grotte où étaient retenus les jumeaux.
Dedans, Felipe trouvait que son camarade était bien long. La transaction s'était-elle mal passée et avait-il été capturé ? Sans doute devait-il s'en assurer, d'autant plus qu'il risquait de le dénoncer. Il se leva, vérifia que les prisonniers étaient bien attachés et sortit. Mais soudain, il se prit un poing en pleine figure qui l'envoya au sol.
« Bien le bonjour, vermine.» entendit-il.
Felipe découvrit un homme de haute taille vêtu de blanc, une capuche sur la tête. À ses côtés, une belle femme vêtue de manière similaire.
« Alors c'est toi le crétin qui a enlevé nos enfants ?» dit-elle.
Il arrondit les yeux, puis fit volte-face. S'il parvenait à rejoindre les gosses il pourrait faire pression pour s'en sortir. Mais il avait compté sans la rapidité légendaire d'Ezio. L'Assassin le rattrapa vite fait et lui planta sa lame secrète dans le dos. Il le laissa tomber comme un sac à patates. Clara de son côté, le rejoignit puis passa devant.
« Maman ! Papa !»
« Oh les enfants, vous voilà !» s'exclama Clara.
Elle accourut vers eux et trancha leur liens. Elle les serra ensuite contre elle. Ezio approcha à son tour pour étreindre ses petits. Le couple sortit de la grotte en portant chacun un enfant. Leurs amis vinrent à leur rencontre, chacun soulagé de les retrouver sains et saufs.
« Et l'autre kidnappeur ?» demanda Clara.
« Mort, et son complice ?» répondit Claudia.
« Pareil.»
« Oh, je lui aurais bien collé une rouste à celui-là aussi. Tant pis.» fit Salai sur le ton de la conversation.
« En tout cas nous vous remercions du fond du cœur pour votre aide.» reprit Clara.
« Moi je n'ai fais qu'aider ma famille.» lança sa belle-sœur.
« Et moi des amis.» ajouta Salai.
« Moi j'avais une dette envers Ezio.» compléta Volpe.
« Et la voici entièrement remboursée mon ami.» dit celui-ci.
Le groupe retourna au repaire des Assassins, où Maria retrouva ses petits-enfants avec soulagement. Clara rappela les membres de la confrérie, Volpe ses voleurs et Claudia ses filles. Salai alla informer Leonardo de l'heureux dénouement de l'affaire. Le peintre vint aussitôt au repaire lui aussi revoir les jumeaux. Un peu après, la famille annonça son départ pour Florence. Dans la soirée, Clara et Ezio se réunirent au salon pendant que les enfants se trouvaient dans leur chambre.
« Nous avons eu beaucoup de chance cette fois. Ces deux idiots n'en avaient pas après nos petits parce que nous sommes des Assassins.» dit-elle.
« Non en effet. À ce sujet, je songe à me retirer de la confrérie. J'y pense depuis un moment déjà. Si tu souhaites toujours en faire partie, je peux te passer le commandement.» annonça Ezio.
« Ça je ne sais pas. Que prévois-tu de faire une fois ta retraite prise ?»
« Je gère toujours l'économie de Rome, et j'ai quelques investissements ici à Florence, donc les revenus ne seront pas un problème.»
« C'est drôle je te ne vois pas du tout en homme au foyer.» sourit Clara.
« Toi non plus tu n'es pas le genre à rester bien gentiment à la maison, bambina mia.» rétorqua Ezio avec un sourire.
« C'est vrai. Ma foi je ne sais pas trop en ce qui me concerne. Je vais peut-être diriger la confrérie avec Claudia un moment, ça me donnera le temps de réfléchir.» répondit-elle.
« À ta guise bambina mia.» convint Ezio.
Le maître Assassin fit part de sa décision à la confrérie une semaine plus tard. Claudia prit moyennement bien la nouvelle, mais elle comprenait que tous deux veuillent se consacrer à leur famille. Elle était néanmoins satisfaite de diriger les Assassins avec sa belle-sœur. Ezio se retira donc dans sa maison à Florence, traçant quelques plans pour l'avenir entre deux passages de son épouse. Les jumeaux semblaient bien se remettre de leur bref enlèvement hormis quelques cauchemars. Lorsqu'ils allaient à Rome voir le reste de la famille, un adulte était désormais présent à leurs côtés si jamais ils décidaient de s'éloigner. À l'étonnement de tous les enfants ne bronchèrent pas.
Un jour, la mère d'Ezio remit une lettre à son fils. Elle avait été écrite par son père un an avant la naissance de celui-ci. Giovanni y exprimait son désir de retrouver une bibliothèque, et pas n'importe laquelle, celle d'Altaïr. D'après lui, elle se trouverait à Constantinople.
« Je te remercie maman, mais c'est plutôt à Clara ou Claudia que tu aurais dû donner cette lettre.» fit Ezio.
« Je pensais pourtant que cela t'intéresserait.» répondit Maria, un peu étonnée.
« Il faut que j'y réfléchisse.»
Maria acquiesça. Peu de temps après, Ezio montra la lettre à son épouse.
« Tu comptes y aller ?» s'enquit Clara.
« Peut-être. Une dernière aventure. Tu voudrais m'y accompagner ? Nous pourrions confier les enfants à ma mère et ma sœur.» répondit Ezio.
« Entendu. Et je pense qu'après ça … il sera temps pour moi aussi de tirer ma révérence.» fit Clara en pliant la lettre.
Ezio hocha la tête. Il serait moins inquiet pour elle ainsi. Ils partiraient d'ici quelques semaines, le temps de tout préparer.
En attendant, le maître Assassin régla quelques affaires concernant l'économie de la cité et apportait également aide et conseils à son épouse et sa sœur. Ezio se satisfaisait de cette vie si tranquille après tout ces combats. Restait encore cette histoire de bibliothèque, mais il ne s'inquiétait pas trop. Il poussa le petit portail menant à sa demeure. Il était bien tard et cette fichue réunion avec les marchands chez lesquels il avait investi avait duré plus longtemps que prévu. Arrivant au salon, il remarqua ses jumeaux sur le canapé, à moitié endormis l'un contre l'autre.
« Que faites-vous encore debout tous les deux ?» s'étonna-t-il.
Ezio craignit un instant qu'il ne soit arrivé quelque chose à leur mère.
« Papa !» sourirent les enfants en se redressant.
« Ils ont refusé d'aller se coucher tant que tu n'étais pas rentré.» intervint Clara en entrant.
« Vedo. Allez venez par là mes bébés.» fit Ezio en se penchant.
Les jumeaux se réfugièrent dans ses bras.
« On n'est plus des bébés.» protesta Flavia, accrochée au cou de son père.
Ezio porta les enfants jusque dans leur chambre. Il les déposa chacun dans son lit, les borda puis leur souhaita bonne nuit avec un bisou sur le front. La porte fut doucement refermée. Après quoi, l'homme regagna sa propre chambre où l'attendait Clara. Ezio la rejoignit au lit, l'accueillant dans ses bras. Il opussa un soupir heureux. Il se sentait enfin comblé.
