Chapitre 2 – Visions d'horreur
Elle était dans sa chambre et ne comptait pas en sortir. Par pour le moment du moins. Ses yeux et ses joues étaient encore rouges et ses larmes ne voulaient pas cesser de couler. Adrianne faisait de son mieux pour arrêter de pleurer afin que Lucienne ne s'inquiète pas. Après tout, quoi de plus curieux qu'une future mariée qui pleure plusieurs fois avant son mariage ?
En rentrant, elle c'était empresser de déposer le lait, d'en servir un verre et de l'apporter à la vieille dame avant de filer dans sa chambre, la laissant perplexe et inquiète dans son fauteuil.
Son chagrin une fois passer, elle se décider enfin à descendre. Harold allait bientôt terminait de travailler et ils avaient pour habitude de se voir juste après. Et en attendant son arrivée, elle tiendrait compagnie à Lucienne, mais cette dernière montrait son inquiétude.
- Qu'est-ce que tu as ?
- Moi ? Rien.
- Tu pleures sans arrêt depuis quelques jours. Qu'est-ce qui t'arrive ma grande ? Si tu as besoin d'en parler, parle. J'ai tout mon temps pour écouter les tourments des autres.
- Je... non, ce n'est rien. Ça va passer je vous assure.
Devant le regard insistant, mais amical de la vieille femme, Adrianne se pinçait les lèvres. Elle devait trouver une explication valable à son état afin que qu'on la laisse tranquille.
- Bon d'accord. Si je pleure en ce moment... c'est parce que je... je réalise que ma famille ne pourra pas être là pour le mariage.
- Oh. Je m'en doutais un peu. Je suis désolée pour toi trésor...
Elle devait admettre que cette excuse était aussi une raison à son chagrin. Parce qu'on a beau lui rappeler l'existence et le destin d'Astrid, d'Alvin et Gaspard, elle repensait aussi à toute sa famille, morte à cause d'eux.
- Merci madame. Ils me manquent beaucoup, mais... grâce à Harold, je ne serais plus seule. Et mon chagrin s'estompera progressivement.
- Sages paroles mon enfant. Tu as raison. Grâce à l'amour, la tristesse disparaîtra en grande partie, et les blessures encore présentes feront moins mal.
- Espérons que vous avez raison. Merci. Souriait-elle
- De rien. Alors ? Ton fiancé vient t'enlever pour une autre ballade ?
- Euh... je suppose. Rougissait-elle
- Ah la la... la jeunesse. Profitez-en. Vous avec bien raison ! Savourez chaque moment que vous passez ensemble.
- Je prends note. Merci beaucoup. Souriait-elle
- Je préfère te voir sourire. Tu est plus jolie comme ça. Alors... En attendant ce jeune homme... une partie de cartes ça te tente ?
- Volontiers.
Avec le sourire, elles commençaient une partie, mêlant bonne humeur et éclats de rire. Ce n'est qu'une demi-heure après qu'on frappé à la porte. Devinant l'identité du visiteur, Lucienne laissait Adrianne ouvrir la porte avec le sourire et voir Harold lui sourire chaleureusement.
- Gente dame, bonsoir.
- Monseigneur. Répondait-elle en lui rendant son sourire, accompagnée d'une petite révérence
- Prête ?
- Euh... je pense. Si on n'a plus besoin de moi... dit-elle en se tournant vers Lucienne.
- Profitez de votre sortie et de ce beau temps les enfants. Juste, ne rentre pas trop tard afin que je ne m'inquiète pas. D'accord ?
- D'accord. De toute façon, vous pouvez fermer à clé, j'ai la seconde clé.
- D'accord. À tout à l'heure.
- À tout à l'heure, merci.
Ils s'en allaient alors vers la forge, là où leurs chevaux respectifs les attendaient. Adrianne avait toujours son fidèle Krokmou et Harold avait opté pour un cheval blanc à la crinière blonde, et l'avait baptisé Maximus. Ne traînant pas, ils montaient avec joie et faisaient la course sur les sentiers forestiers, droit vers leur petite clairière.
Laissant leurs chevaux se rafraîchir au bord du petit lac, Harold prenait la main de sa belle et l'emmenait voir l'avancement des travaux. Revenir ici lui rappelait tellement de souvenirs. Comme quand elle lui apprenait à dominer sa peur des chevaux pour pouvoir participer au tournoi, leur coup de colère, leurs confidences, leurs regards, les instants dans la grotte quand elle était en danger et rechercher par Alvin, leurs révélations sur leurs sentiments, leur premier baiser...
Et leur capture aussi. Elle avait tellement eut peur de ne jamais revoir Harold le jour de la sentence, et qu'Alvin réussisse son satané plan ! Bon d'accord, il avait échoué, mais Adrianne avait tellement perdu en retour...
Rien qu'en voyant la beauté de cet endroit si spéciale, elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer ces petits frères et sœurs jouaient et gambadaient partout, puis de partager un délicieux pique-nique en famille au bord du petit lac, et qu'ensuite ils iraient tous se baigner. Tant de merveilleux moments en famille qui ne verront jamais le jour...
- Adrianne ?
- Hum ?
- Tu m'écoutes ?
- Euh... oui, oui je t'écoute Harold
- Alors... qu'est ce que tu pense de ce qu'on a fait pour les fenêtres ? Ça te plaît ?
- Oui, oui ça me plaît beaucoup. Beau travail. Vraiment ! Souriait-elle le plus naturellement possible
Harold n'était pas stupide. Il savait très bien que quelque chose n'allait pas. Au bout de tout ce temps, il commençait à la connaitre par cœur.
- Adrianne. Tu n'as pas écouté ce que je t'ai dit. Constatait-il
- Mais si, enfin !
- Alors pourquoi tu as répondu sur une question concernant les fenêtres alors que depuis le début, je te parle de la cheminée ?
- Euh... je... désolée.
Elle lâchait sa main pour s'approcher de l'ouvrage en question. Elle faisait parcourir ses doigts fins sur les gravures inscrites dans le bois.
- Magnifique Harold. Vraiment superbe. Disait-elle en lui souriant.
- Merci. Bon. Tu m'expliques ce qu'il y a ?
- Mais je n'ai rien. J'ai juste était distraite un moment, c'est tout.
- Didi...
Il s'approchait doucement d'elle et lui faisait face. Elle pouvait voir dans son regard qu'il était vraiment inquiet pour elle.
- Qu'est-ce que tu as ? Ces derniers temps, je te trouve... triste. Et j'ai remarqué que tu pleurais. Et quand je te parle, j'ai l'impression que tu es ailleurs, dans tes pensées.
- Tout va bien Harold. Je t'assure.
- Est-ce que... c'est moi ? Ou c'est le mariage qui te...
- Non. C'est...
Autant lui dire la même chose qu'a Lucienne. Ça passerait tout seul. Mais comme elle en avait assez d'être triste, de pleurer et de regretter pour aujourd'hui, elle abréagit la réponse sans pour autant regardait Harold dans les yeux.
- J'aurais aimé que ma famille soit là pour le mariage, qu'ils puissent voir les travaux et où on va vivre. C'est tout.
- T'est sure ? On dirait qu'il y a quelque chose d'autre qui ne va pas ?
- Il n'y a rien d'autre Harold. J'ai juste passé ma journée à pensé à eux sans le vouloir, et je suis fatigué d'être dans cet état-là.
- Mais...
- On peut changer de sujet s'il te plaît ? demandait-elle avec un air de supplice
- D'accord. Euh... dis-moi ce que tu as fait aujourd'hui ?
Son sourire était tellement captivant, qu'elle n'avait pas le cœur à le lui faire perdre et à ne pas lui rendre. Mais fallait surtout ne pas dire qu'elle c'était fait persécuter par ces deux horribles serveuses.
- Eh bien... ma robe est presque prête. Elles ont fait les dernières retouches.
- Pas trop dure ?
- Oh que si... une heure à être debout, les bras tendus pour subir en plus les piqûres et les chatouillis, euh... merci j'ai eu ma dose ! Et je suis contente que ce soit fini ! Riait-elle
- Je n'en doute pas ! Ma pauvre... quel calvaire tu as du vivre ! Riait-il aussi
- Oh ça, je ne te le fais pas dire. Maugréait-elle à moitié
- Hein ?
- Et toi ? Quoi de beau aujourd'hui ?
- Toujours les mêmes choses. Réparer les selles, s'occuper des chevaux, refaire leurs fers, travailler sur la maison... Mais je n'ai pas à me plaindre. Je fais ce que j'aime !
- Ravie. Souriait-elle
- Mais la... j'aimerais bien faire autre chose que j'adore.
- Hum... ?
Harold avait un air malicieux et joueur. Adrianne savait ce qu'il voulait. Un baiser. Se prêtant à son jeu, elle esquivait ses approches en reculant vers la sortie
- Oooh nan.
- Si.
- Nan ! Héhé raté !
- Viens ici toi !
- Naaaaaan...
- siiii...
Elle riait et courait à présent vers l'extérieur, Harold à ses trousses. Les éclats de rire n'en finissaient pas.
- Viens ici ! Viens ici !
- Tu ne m'auras pas !
- Attends un peu que je t'attrape ! Voilà ! J'ai gagné !
- Nan ! Aaah lâche moi ! Lâche- moi ! Hi hi ! Tu me chatouilles ! Aaaah !
Ils venaient de tomber tous les deux l'un contre l'autre sur l'herbe, prisonnier des bras de l'autre. Plongeant mutuellement dans leur regard, ils ne cessaient de se sourire.
- Tu es si belle... murmurait-il en lui caressant la joue
- Merci... rougissait-elle
- J'ai hâte de te voir dans cette robe, mon amour...
- Et moi j'ai hâte que ce jour arrive, mon héros...
Ils échangeaient un baiser tendre, puis fougueux. Comme toujours, Krokmou regardait ses deux amis avec un regard attendri et Maximus partageait aussi cette émotion. Puis les deux nouveaux amis s'en retournaient à leur occupation, laissant au jeune couple un peu d'intimité.
oO*Oo
Le soir venait de tomber. Tout le monde était tranquillement chez soi, au chaud au fond de son lit. Aucun risque pour le plan de Sauvage qui conduisait ces deux invités vers la fameuse planque. Elle était loin de sa maison et du village et elle était très bien cachée. Soulevant du sol une plaque épaisse recouverte de mousse et de verdure, Sauvage leur montrait l'entrée. C'était un trou, avec une échelle conduisant vers un tunnel assez profond et sombre. Sauvage s'y engouffrait le premier suivi des deux autres, et le plus jeune refermait le passage derrière eux.
- Pratique. pensait-il.
Le meneur du groupe allumait une torche, offrant une bonne clarté orangée au groupe. Ils marchaient durant deux minutes avant d'arriver à une salle, ou plutôt une sorte de terrier suffisamment aérée de façon discrète pour éviter qu'on suffoque. C'était rudimentaire, mais en attendant, ça ferait l'affaire.
- Voilà.
- Hum hum.
- Qu'est-ce que t'en pense ?
- C'est exactement ce que je souhaitais. Souriait-il avec satisfaction
- Ouais, ça fera l'affaire. Si on aime vivre comme des lapins. Ironisa l'autre homme
- Vu que vous n'avez pas le choix, les goûts de luxe ne sont pas envisageables. Mais bon, là, vous avez de quoi tenir un bon moment. Je ravitaillerais régulièrement quand il fera nuit.
- Bien.
- Autre chose ?
- Oui. Il me faudrait un piège à souris et à rat géant. Tu as ça ?
- Humph. Je suppose que c'est toi le chat ?
- Tout à fait. Alors ?
- Eh bien... Oui j'ai ça. Bien profond, sombre et pour en sortir il faudrait un miracle! Et ce n'est pas loin d'ici. Je suppose que tu veux voir ça maintenant ?
- Oh que oui. Je ne pourrais dormir sans l'avoir vu, et je ne pourrais pas dormir à mon aise dans ce trou boueux.
- Bien. Même que c'est risquer, faite ce que je vous dis quand on sera dehors.
Le duo acquiesçait, puis ils repartaient vers la sortie afin de regagner la forêt. Et l'air frais de la nuit n'était pas de refus ! Suivant Sauvage sans faire le moindre bruit, c'est avec rapidité qu'ils avaient atteint le fameux piège. Écartant des branchages du sol, le plus vieux se penchait vers le sol afin de voir l'intérieur de la grotte. En effet, il ne voyait pas comment une personne pouvait sortir de ce trou. Même lui aurait des difficultés.
- Alors ? Ça te convient ?
- J'ai hâte de voir mon plan à l'oeuvre. À présent, je peux aller dormir comme un petit ange.
Il se tourner vers Sauvage et lui adressait un immense sourire satisfait.
- Merci beaucoup, Sauvage.
- Mais je t'en prie, Alvin. Bon retour parmi nous. Souriait-il de la même manière
Ils échangeaient un léger rire collectif absolument mauvais, avant de reboucher le trou et de retourner à la planque pour y dormir en paix, et de donner à Sauvage une dernière instruction.
oO*Oo
À la taverne, rien n'avait changé ! Les fidèles habitués à la boisson, des jeux, des rires et de la compagnie des serveuses étaient toujours là. Et l'absence du trio condamné n'avait que peu démotivé leurs envies de venir, même s'ils leur manqués à tous.
Ce soir-là, c'était calme. Des clients faisaient des parties de cartes, d'autres organisaient des tournois de bras de fer avec des bières comme récompense pour le vainqueur, et d'autres buvaient et discutaient dans leur coin. Quant au personnel, ils étaient tous au comptoir, à boire une boisson entre eux et de se raconter leurs journées. Parmi eux se trouver Rustik, Ingrid, Krane, Kogne. Dagur n'était pas présent, étant donné qu'il avait réussi à prendre la fuite depuis le jour de l'exécution d'Adrianne. Personne ne l'avait jamais revu, et personne ne savait ce qu'il était devenu. Il avait surement refait sa vie ailleurs, sous un autre nom et d'autres traits physique.
- Et là, j'ai dû demander à Varek de le faire sortir à nouveau, vu qu'il n'avait pas aimé que je le fasse déguerpir de cette manière !
- Hin hin, excellent mon pote ! Se marrait Krane
- Et toi, quoi de beau aujourd'hui ? Lui demander Rustik
- Moi ? J'ai reçu ma nouvelle commande de viande fraîche. De beaux morceaux qui ne me restent plus qu'à découper. Bon, je vais encore avoir mon atelier plein de sang de viande et ça va puait, mais ça en vaut le coup ! Puisque j'adore taillader la viande avec mon hachoir bien aiguisé. Héhé.
- Et vous les filles ?
- Nous ? On a encore bien tourmenté cette pauvre Adrianne. Hin hin. Se marrait Kogne
- Ouais. Et vous ne savez pas la meilleure de la journée ? Elle nous a dit qu'elle voudrait qu'on devienne amis et qu'on oublie tout le mal qui a été fait ! Non mais vous y croyez ?!
Le petit groupe éclatait d'un rire moqueur sans aucune retenue, alors que les clients les regardaient avec étonnement avant de reprendre leurs activités.
- T'est sérieuse ?! Elle a dit ça ?! Non mais... elle ne le pensait pas sérieusement ?! S'étouffait à moitié le jumeau
- Oh que si ! Tu aurais dû voir ses yeux ! Ça reflétait la sincérité à travers ses larmes. Eurk... Répondait Ingrid
- Ah parce qu'elle pleurait en plus ? S'étonnait Rustik en essuyant ses verres
- Comment ça se fait ? C'est son idée à la con qui l'a fait chialer ? demandait à nouveau Krane
- Non. C'est parce que Kogne et moi on est allé la voir et on lui a de nouveau balancé des vacheries.
- Ah bah d'accord. Ça explique tout. Souriait Rustik
- Encore au sujet d'Astrid je suppose ?
- Ouais. Et cette peste ne semble absolument rien regretter ! On lui a demandé « comment ça va ? » et elle, elle nous a répondu sur un ton gentil et écœurant « bonjour les filles. Je vais très bien. Merci de demander » non mais vous vous rendez compte ?! Quelle peste ! Bwaaa ! Grimaçait la brune
- Vous espérez atteindre un but à force de la tourmenter comme ça ? demandait Rustik avec curiosité
- On l'a tourmentée et on l'a fait pleurer. Moi, ça me suffit.
- Pareil. Affirmait la jumelle
- Ouais, mais vous n'allez pas passer votre vie à lui faire payer la disparition d'Astrid. Si ?
- Oh que si ! Elle ne mérite que ça ! Justifiait-elle d'un regard sévère.
- Je comprends mais... on n'arrivera jamais à faire le deuil si on ressasse tout le temps le passé. Qu'on déteste à jamais Adrianne c'est une chose, mais au bout d'un moment, faut dire stop. Argumentait-il sérieusement
- Hum... Et si elle subissait une toute dernière humiliation ? En l'honneur d'Astrid afin que sa mémoire soit vengée et qu'on passe tous à autre chose ? suggérait Krane
- Qu'est-ce que tu proposes ?
La curiosité avait gagné le groupe. Krane regardait alternativement chacun de ses amis avec un sourire en coin avant de finir sa bière, puis d'ajouter ceci en posant son verre.
- Vous verrez demain. Héhé... ricanait le jumeau
oO*Oo
De retour chez elle, Adrianne était au lit. Mais elle n'était pas bien. Elle avait chaud et suait, même que la nuit était fraîche. Elle se tortillait nerveusement en dessous des draps, marmonnant avec supplice et effroi quelques mots.
Elle rêvait encore d'Astrid.
Dans son rêve, elle était dans sa nouvelle maison, dans son lit, mais seule. Il faisait sombre, il faisait froid et toutes les fenêtres s'ouvraient et se refermaient à toute vitesse, créant un vacarme du tonnerre. Adrianne c'était réveiller en sursaut et pouvait voir de ses grands yeux éveillé et horrifié Astrid flottait devant son lit.
Elle était fantomatique, vêtue d'une robe de mariée, elle avait le visage sévère et ses longs cheveux détachés avaient souffert à cause de l'océan, tout comme ça peau et son corps. Elle avait la peau pâle, les lèvres bleues violet et des yeux creusés et sans vie.
- Alors Adrianne ? On a du mal à dormir ?
- Astrid... Je...
- Tu as ma mort sur la conscience, c'est pour ça. Bien fait !
- Astrid ! Non ! Arrête !
- Non ! À cause de toi je n'ai pas pu réaliser mes rêves ! J'étais peut-être jalouse, mais je voulais juste être heureuse comme tout le monde !
- Astrid...
- Et par ta faute je n'ai pas pu, puisque je me suis donné la mort par désespoir !
- Je n'ai jamais voulu ça ! J'ai voulu vous laisser en vie !
- Pour ne pas avoir nos morts sur la conscience ? La belle affaire ! Si je n'ai pas pu être heureuse, toi tu ne le seras jamais !
- Non ! Arrête ! Tais-toi !
- Je te hais sale paysanne ! Pour ta peine, je viendrais hanter chacune de tes nuits !
- Nan... Harold ! À l'aide ! Viens m'aider !
- Tss, il ne viendra pas t'aider, il en est incapable ! Hi hi
- Pourquoi tu... dis ça… ?
En voyant Astrid levait les yeux vers le plafond avec un sale sourire, elle levait avec crainte les siens, et poussait un cri de terreur en le voyant pendu au plafond, les yeux grand ouvert.
- HAROLD ! NOOOOON ! Que... ?! AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
En regardant ses mains, elle avait du sang partout sur tout son corps, ainsi que sur son lit et sur sa propre robe de mariée qu'elle avait sur elle, comme par magie.
- Il mourra par ta faute Adrianne. Et toi aussi, tu mourras, sans qu'aucun de tes rêves deviennent réalité. Comme les miens.
- Non... je...
Relevant la tête vers selle, elle pouvait à présent voir des hommes entièrement vêtus de noir. Elle ne pouvait pas voir leur visage, même avec la clarté de la torche qu'ils tenaient tous dans leur main. Ne sachant pas ce qu'ils faisaient ici, elle les regardait avec peur, tandis qu'Astrid donnait un ordre macabre avec un grand sourire
- Vous pouvez tuer la mariée.
Et exécutant son ordre, les hommes en noir lui lançaient les torches enflammées, et le lit s'enflammait à toute allure alors qu'elle était encore dedans, prisonnière du rideau de flammes, avec pour seul son les éclats de rire d'Astrid...
- NOOOOOOON !
Elle hurlait en continu, avant de se réveiller en sursaut. Mais cette fois, elle était dans sa chambre actuelle, chez Lucienne. Pas de fantômes, pas de flammes, pas de sang... et pour se rassurer, il n'y avait pas Harold pendu au plafond. Soupirant longuement, elle enfouissait son visage dans ses mains, et essuyait son visage couvert de sueur et de cheveux trempé. Elle se remettait lentement de son cauchemar qui était tout simplement horrible.
- Tout va bien. C'est qu'un cauchemar. Rien de ce que j'ai vécu en rêve ne se produira. Jamais... jamais... pensait-elle
Elle restait un instant assise, puis se rallongeait pour essayer de se rendormir, en espérant ne plus rêver de tout ça.
