Salut à tous ! :D alors ? Vous croyez qu'Adrianne en a pas eu assez ? Dommage pour elle, ses bourreaux n'ont pas fini. :/ Et de plus, vous découvrirez l'identité du vieux Capitaine ! Je ne dis pas son nom dans ce com, mais voila deux critères à son sujet sur le pourquoi je l'ai mis dans ce rôle : C'est un personnage de Dragon que je n'ai pas encore ajouté à l'histoire et sa voix française est celle du Capitaine Barbossa dans Pirates des Caraïbes. :) J'espère que la suite vous plaira ! Laisser une review, ça fait toujours plaisir ! Bonne lecture ! :)
Blue : en effet, Killian a des remords. À cause de sa rencontre avec elle, il voit certaines choses et principes sous un autre angle. Il peut également ressentir de l'amour pour elle, mais à la base j'ai plus fait une amitié plutôt qu'une grande romance entre ces deux-là. Y'en aura un petit peu, mais pas autant qu'avec Harold. Mais vu comment c'est parti, la romance à vite fait ses bagages ! Voilà. Encore un grand merci à toi et bonne lecture ! :)
Chapitre 8 – Union
Alvin, Gaspard et Sauvage regardaient avec plaisir Astrid mettre à son tour de violente claque à leur prisonnière. Elle n'y allait pas de main morte, ne s'interrompant que très peu de temps entre chaque coup. Adrianne avait à peine ouvert les yeux, que dès le moment où elle avait posé son regard épuisé sur la blonde, qu'elle s'en était pris une. Ce n'était que des baffes pour le moment, mais la pauvre avait les joues encore plus en feu et elles lui faisaient beaucoup trop mal. Elles ne les sentaient presque plus et elle se retenait de hurler pour ne pas donner à Astrid plus de satisfaction.
Mais très vite les baffes non plus suffit. Comme une gamine, elle lui donnait des coups de pieds dans les jambes, elle exerçait d'horrible pression sur ses nombreuses entailles, et la malheureuse avait du mal à ne pas se retenir de hurler. Astrid faisait tout ce qui lui passer par la tête, du moment qu'elle la voyait souffrir. Elle concluait ainsi, en poussant violemment la chaise par terre, avec Adrianne encore dessus. Un coup de pied dans le ventre et c'était fini. Adrianne avait horriblement mal partout, et tout son corps, de la tête aux pieds, était affreusement endolori.
À bout de souffle, mais satisfaite, Astrid se tourner vers ses deux complices, laissant Adrianne geindre par terre, la tête à même le sol.
- Ça fait du bien...
- On a vu ! Riait Alvin
- Si j'avais eu l'autorisation de la tuer, vous auriez été moins déçu. Ajoutait-elle
- On n'en doute pas. Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- On l'amène dans le piège à souris. Passe-moi le chloroforme Gaspard.
- Attendez ! Avant que vous l'emmeniez, j'aimerais faire encore deux petites choses avec elle. Ça risque peut-être d'être long et chiant à entendre, mais pour moi, c'est vital.
- Mais je t'en prie Astrid. Profite ! Une fois qu'elle serra sous terre, tu ne pourras plus rien faire. Donc va-y. Nous, on regarde. Souriait-il
La blonde lui souriait avant de se diriger de nouveau vers son souffre douleur et de redresser la chaise. Adrianne était vraiment dans un état épouvantable... Entre les coups, les blessures, le sang, les larmes, la terre et l'expression de souffrance... mais Astrid n'exprimait aucun regret. Que de la satisfaction et du sadisme. Chopant brutalement sa rivale par le menton, elle la forçait à la regarder dans les yeux. Adrianne avait vraiment du mal à garder ses yeux ouverts à cause de la fatigue et de la douleur, mais la peur lui donnait la force de les garder plus ou moins ouvert.
- Ça va Didi ? Tu tiens le coup ? Après tout, les filles de la campagne sont assez robustes. Ce qui m'arrange. Si t'avais abandonné trop vite, ça aurait été moins marrant. Humph. À en juger par la lueur dans tes yeux, je suppose que tu n'es pas ravie de me voir ? Ou plutôt surprise de me voir en vie ? Ou alors les deux ? Qu'importe. Même si tu ne dis rien, tu nous supplie mentalement qu'on arrête de te faire du mal. Rassures-toi, ton vœu sera exaucé. Mais avant, regarde-moi bien. Tu vois dans quel état le bagne m'a rendu ? J'ai perdu ma beauté. Celle de mon visage, de mon corps, de mes cheveux, tout !
Elle venait de lui redonner une nouvelle gifle, avant de reprendre son monologue. La prisonnière serrait de nouveau les dents face au geste et à la douleur, et elle enrageait d'une telle force que si elle avait pu riposter comme elle le voulait, ils auraient tous pris très cher ! Quitte à devenir une meurtrière !
- Et j'ai presque failli oublier de te féliciter pour ton mariage ! Félicitations ! Tes rêves de bonheur vont se réaliser ? Tu auras de nouveau une famille ? Tu serais la plus belle dans ta jolie robe ? Tu feras une jolie coiffure avec des fleurs n'est ce pas ? Quelle chance ! Moi ce ne sera jamais le cas. Regarde ce que je suis devenu ! Je suis laide. Tous les hommes qui ont croisé ma route m'ont regardé avec dédain ! Alors qu'avant... j'étais la plus admirée du village. Rien qu'à cause de ton arrivée dans le village, mes ennuis ont commencé. Tu ne serais jamais venu, mes rêves d'antan auraient pu aussi se réaliser.
Elle s'emparait d'une dague, qu'elle faisait parcourir entre ses doigts, sous les yeux d'Adrianne.
- Je ne peux tolérer que tu réalise les tiens. Ils sont sur le point de t'être retiré à jamais de toute façon. Mais je ne vais pas me contenter de ça. Tu m'as enlevé ma beauté, je conclurais ton martyr en t'enlevant la dernière chose que tu possèdes encore intact.
Adrianne avait peur. Elle savait ce qu'elle allait faire. « Pas ça ! Non, pas ça !» suppliait-elle. Elles les adoraient et Harold aussi. Elle ne voulait pas les perdre ! Se débattant et gémissant inutilement avec le peu de force qui lui restait, elle angoissait encore plus quand Astrid détaché entièrement son chignon. Les larmes s'écoulaient inévitablement quand elle sentait Astrid les serrer fermement dans le creux de sa main et qu'elle les tranchait avec sa dague. Avec sa vision floutée, elle voyait avec horreur qu'il lui arrivait en dessous du menton. Quand Astrid lui faisait de nouveau face avec le reste de ses cheveux qu'elle tenait dans le creux de sa main et qu'elle les laissait tomber par terre avec un sourire vainqueur, s'en était trop pour elle. Fermant ses yeux et baissant la tête, elle laissait ses nouvelles larmes s'échappaient, tout en demeurant de nouveau muette.
- Voilà. À présent... tu es aussi laide que moi. Maintenant, tu peux aller croupir dans ton trou à rats. Messieurs ? Je vous en prie. Souriait-elle ravie
La rendant de nouveau inconsciente avec du chloroforme, ils la détachaient de la chaise et Gaspard se chargeait de la porter. Le petit groupe entreprenait ensuite de sortir avec discrétion de la tanière, guidé par Sauvage pour se rendre là où ils comptaient enfermer Adrianne. Personne en vue et usant de la discrétion, ils étaient vite arrivés.
- Et maintenant ? interrogeait Gaspard
- On la largue dans ce trou et bon débarras. Comme c'est isoler du village et que le trou est bien profond, personne ne l'entendra et ne pourra lui venir en aide. Et dès qu'on aura attrapé Harold, il subira le même sort après un petit traitement de faveur de notre part à tous. Lui répondait son père
- Moi ça me va. répondait Astrid d'une voie ravie
- Pareil. Aller, envoie la corde Sauvage.
Sans rien dire, a part sourire, le vieil ermite leur donnaient deux cordes afin de faire coulisser la jeune fille jusqu'en bas. Gaspard et Alvin s'en chargeait sous le regard satisfait de la blonde. Une fois que le corps d'Adrianne venait de toucher la surface boueuse, ils remontaient la corde, refermaient l'entrée avec juste ce qu'il faut de clarté.
- Voilà ! Une bonne chose de faite ! Y'a plus qu'a rentré à la planque et attendre que Killian nous amène Harold. Sauvage, tu t'assureras de nous tenir informé sur l'état de la petite souris.
- Entendu. Souriait-il
- Et toi Astrid ? Tu fais quoi maintenant?
- Maintenant que j'ai eu ce que je voulais, je dois retourner au port pour informer mes compagnons.
- Tes compagnons ? C'est qui au fait ?
- En quelque sorte des pirates. Ce sont eux qui m'ont recueillie en pleine mer. Le capitaine m'a enseigné comment me battre et m'a permis d'obtenir ce que je voulais. À présent c'est à son tour d'obtenir la sienne.
- Comment ça la sienne ? Sa vengeance ? Mais c'est qui ? Il a fait partie du village ? Questionnait Alvin avec curiosité
- Oui. Il a été banni par Stoik il y a quelques années. Et quand je lui ai dit que j'étais de ce village, il m'a promis de m'offrir ma vengeance. À présent, c'est lui qui doit se venger du maire.
- Et c'est quoi son nom ?
- Je n'en sais rien. On l'appelle tous Capitaine. Pourquoi ? Vous le connaissez Alvin ?
- Oooooh oui. Je crois bien que c'est l'homme auquel je pense. Hum... Sauvage, conduit nous discrètement jusqu'au port. Quant à toi Gaspard, tu restes à la planque à guetter le retour de l'Anglais. S'il amène Harold, fais-toi plaisir et amène-le à sa promise. Même si elle est clapsé à ce moment là, ça l'achèvera. Ricanait-il
- Compte sur moi. Soyez prudent.
- Toi aussi.
Ils se dispersaient en deux groupes, comme convenu par Alvin. Plusieurs minutes plus tard, Adrianne commençait à se réveiller, l'effet du chloroforme n'agissant plus. L'esprit embrumé et clignant comme elle pouvait des yeux, elle ne bougeait pas à cause de ses douleurs qui la faisait souffrir. Tachant de rester calme, elle tentait de savoir ou elle était, à même le sol. Le souffle rapide, et avec crainte, elle voyait sur le sol légèrement boueux des ossements d'animaux. Des ossements de toutes tailles qui auraient appartenu à des lapins, des renards et toute autre bestiole. Levant ses yeux à demi clos vers le plafond, elle ne voyait rien à part un plafond terreux et herbeux, ainsi qu'un léger interstice de lumière. C'était la preuve qu'on pouvait sortir par là, puisqu'elle comprenait qu'elle était enfermée dans un trou géant. Plutôt une prison. Un piège. Sa prison faisait la moitié d'une chambre et la hauteur qui la séparait de la liberté s'élevait à 5 mètres environ.
Soupirant tristement en refermant ses yeux, elle restait allongée sur le sol, parce qu'elle n'avait pas le choix. Elle aurait tellement voulu se lever pour tenter de sortir d'ici, mais elle avait beaucoup trop mal. Aussi bien physiquement que mentalement. Elle venait quand même d'être battue, torturée, maltraitée et trahie, alors à quoi bon vouloir se battre ? Et puis sortir d'ici n'allait pas être une mince affaire, vu que le plafond se trouver à plusieurs mètres du sol.
Adrianne tentait de résister à toutes ses douleurs, mais aussi au froid de ce lieu et à la fatigue. Se tenant chaud comme elle pouvait, elle tachait alors de s'endormir et de récupéré un peu, en espérant que ses douleurs s'estompent. Mais ce luxe ne lui était pas accordé. Des petits cris suraigus lui parvenaient aux oreilles et elle sentait quelque chose lui chatouiller la jambe. Redressant sa tête en serrant les dents, elle écarquillait les yeux en voyant que c'était un rat ! Saisie d'horreur et se redressant d'un bond, elle l'envoyait balader d'un bon coup de pied. Mais la bête était assez tenace et revenait à la charge, attirée par l'odeur du sang.
La respiration saccadée par la peur, l'horreur et la douleur, elle se relevait et se tenait comme elle pouvait sur ses jambes endolorie. Mais elle fronçait le regard en fixant l'animal.
- Toi... tu dégages !
Elle lui donnait un autre gros coup de pied, courait vers l'animal à terre et l'écrasait de son mieux avec son pied et toute la rage qu'elle ressentait, s'accrochant des deux mains à la paroi rocheuse en guise d'appui. Le rat n'avait aucune chance de survivre face à sa rage. Gisant dans la boue, s'en était fini de lui. Essoufflée, Adrianne le regardait avec haine, les dents serrer à cause de ce qu'elle venait de faire.
- T'a payer pour les autres... mais c'était nécessaire... sale bête !
Un autre coup de pied lui était réservé. S'écartant de cette vue horrifique, elle vérifiait qu'il n'y en avait pas d'autre, puis aller s'asseoir sur une surface plate et rocheuse qui se trouver légèrement plus élevée du sol. Elle ne cessait de grimacer jusqu'à ce qu'elle soit assise, dos affalé contre la roche. Ce n'était pas confortable mais c'était mieux que de traîner dans la boue. Comment reprendre convenablement des forces dans un lieu pareil ? Jetant un œil à ses blessures, elle plissait le nez en voyant l'ampleur. Les entailles étaient fines, le sang était déjà séché mais ils l'avaient tellement entaillé que ça la lançait de partout. Ses joues et ses mâchoires la lançaient encore douloureusement, mais elle ne saignait plus de la bouche ni du nez. Elle sentait aussi que le sang sur son visage était sec et lui tirailler la peau. Et n'ayant rien pour nettoyer les plaies et le sang séché, y'avais rien à faire, à part resté tranquille et attendre.
Attendre. Elle soupirait avec ironie. Que faire d'autre a part attendre ? Elle ne pouvait rien faire à part attendre l'heure de sa mort ! Parce qu'en plus, elle n'avait rien à boire et rien à manger ! Et comme elle était blessée, elle ne tiendrait pas longtemps. Scrutant le plafond, ses yeux ne quittaient pas le petit interstice de lumière qui offrait peu de clarté dans ce trou.
- Comment en suis-je arrivé la... ? Tout ça c'est...
Sa faute. Oui. Mais aussi celle de Killian. En repensant à tous leurs moments passés ensemble, à cette amitié et cette confiance qui commençait à naître, elle n'aurait jamais cru qu'il puisse lui faire une chose pareille. Rageant envers ses souvenirs, elle se souvenait en premier de l'ours. C'était à cause de lui que Killian était tombé sur elle. Elle était même persuadée que le coup de l'ours était fait exprès ! Mais un homme ne peut apprivoiser un animal pareil. Elle se souvenait ensuite de la raison qui l'avait poussé à s'enfuir dans les bois. La bande d'Astrid et leur blague sanglante. Eux aussi, ils étaient tout aussi coupables. Elle exprimait un léger rire sarcastique.
- Humph. Je les accuse, mais c'est en partie ma faute de n'avoir rien vu, d'avoir été aussi naïve et de croire que tout pouvait s'arranger. Pourtant... je n'ai jamais voulu faire de mal aux autres ! Je n'ai espéré que le meilleur pur nous tous, et voila le résultat. Enfermée sous terre. Et quand on me trouvera, je serais déjà dans le même état que ces pauvres bêtes... Tss... Harold aurait mieux fait de ne jamais me retrouver quand j'ai voulu sauter de la falaise. Rien de tout ce qui est arrivé ne serait jamais arrivé ! Il ne serait pas en danger et tout aurait été mieux pour tout le monde ! Pas de vengeance, de mort, de torture, de douleur... J'aurais préféré mourir ce jour-là. Ça aurait été une meilleure fin que celle qui m'attend... mais en réalité... je... je suis contente qu'il m'ait retrouvé, et que...
Sanglotant par rapport à tous les bons souvenirs de ce jour-là, elle passait ses mains dans ses cheveux pour prendre sa tête et se calmer. Mais le souvenir d'Astrid lui taillant les cheveux lui revenait en mémoire. Touchant ce qui lui restait comme cheveux, elle les empoignait avec rage avant de pousser un hurlement. Elle devait faire sortir sa colère. À bout de souffle, elle respirait profondément, le regard toujours fixé vers la sortie.
- Il faut que je sorte de là ! ... tant que j'ai de l'énergie, il faut que j'essaie... Harold ne doit pas tomber sur ce message ! Il ne doit pas se faire perdre à cause de ma stupidité et en subir les conséquences!... Si j'arrive à sortir et à regagner le village, ... je m'empare de ce bout de papier, je le détruis, je récupère ma bague et je préviens Stoik du danger... Allons-y...
Elle se levait avec courage et se diriger vers le mur donnant accès à la sortie. Elle constatait que c'était haut, que le mur était raide, et que l'entrée était petite. Mais s'ils ont pu la faire entrer elle sans soucis, alors ce serait pareil dans le sens inverse.
- Bon aller... Pfou... Ça doit pas être plus difficile que de grimper aux arbres... disait-elle pour se donner du courage
Agrippant la première caillasse qu'elle voyait, elle essayait de se frayer un chemin vers le sommet, en essayant de ne pas penser aux douleurs que son corps subissait et elle serrait les dents à chaque effort. Les douleurs n'arrangeaient pas son escalade, mais la volonté de vouloir sortir d'ici pour sauver celui qu'elle aimait était suffisant pour tenir bon. Adrianne ne se laisser effrayer par rien du tout. Pas même par une petite araignée qui parcourait le mur au niveau de sa main.
Le fait qu'elle portait un pantalon lui faciliter en partie la tâche. Mais elle ne se trouvait même pas à la moitié du chemin qu'elle commençait à faiblir. Se donnant le maximum de courage et respirant profondément, elle s'agrippait cette fois-ci à une racine, mais cette dernière s'extirpait du mur de terre. Adrianne n'avait pas réussi à se retenir à autre chose et chutait malheureusement vers le sol, recevant une légère pluie de terres dont elle se protéger de ses bras. Retour au point de départ.
Elle était tombée sur le dos, mais gémissait à son aise à cause de sa chute. Elle tentait lentement de se remettre sur les pieds. Sa volonté de recommencer à grimper c'était vite envolée à cause des douleurs qu'elle ressentait davantage, comme si la chute avait réveillé toutes les douleurs de son corps, en pire.
- Bon sang... j'ai mal... j'y arriverais pas... il... il faut que je me repose... que je ménage mes forces... ensuite, je referais un essai. Après tout... Harold ne revient que dans quelques jours... d'ici là, je serais rétablie et sortie...
Se rasseyant sur son rocher, elle ramenait ses jambes contre elle, et y enfouissait sa tête afin d'y trouver un peu de repos. Et par la même occasion, elle se laissait aller allègrement à son chagrin.
oO*Oo
Harold dormait paisiblement malgré les ronflements de Gueulfor dans la pièce à côté. Pourtant ce n'était pas les ronflements qui venaient de le réveiller. Mais une impression. Quelque chose qu'il venait de ressentir et qui le rendait à présent nerveux et inquiet.
- Adrianne... murmurait-il
Sa conscience lui disait de se lever, de chevaucher son cheval et de foncer au village pour s'assurer qu'elle allait bien. Et c'est ce qu'il commençait à faire en remettant ses bottes. Manque de chance, Gueulfor venait de se réveiller aussi.
- Harold ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Je rentre au village.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Tu vas me trouver idiot, mais je viens d'avoir un mauvais pressentiment au sujet d'Adrianne. Et j'en ai assez de me faire du souci pour elle. Je retourne au village pour en avoir le cœur net.
- Quoi ? À cette heure ?!
- Oui. Et puis elle me manque trop. J'en peux plus d'être séparé d'elle ! Je veux la serrer dans mes bras et poursuivre avec elle les préparatifs du mariage plutôt que d'être coincé ici !
- Mais...
- Salut vieux.
Harold n'avait pas le temps de saisir la poignée de la porte que le vieux forgeron lui barrer la route, en s'interposant entre lui et la porte.
- Tu n'iras nulle part Harold.
- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ! Si j'ai envie de m'en aller, je...
- Je sais que je n'ai pas d'ordre à te donner, mais écoute-moi quand même. Je me doute bien de ce que tu ressens. Si tu as ressenti ça, c'est en effet parce qu'elle te manque et que tu as hâte de la revoir. Et le travail et la fatigue s'ajoutent à ton inquiétude et à ton impatience. Mais vu qu'on a eu de l'aide supplémentaire pour les travaux, dans deux jours, tu pourras rentrer comme tu lui as promis. Et tu pourras même partir avant moi si tu veux ! Souriait-il en énonçant sa proposition
- Gueulfor, c'est gentil mais...
- Réfléchi Harold ! Le village n'est pas à côté, il fait nuit, il est très tard et c'est sans doute un mauvais rêve dissimulé derrière tes émotions. Et puis elle doit surement être bien au chaud dans son lit à penser à toi. Non ?
- Oui... tu as sans doute raison mais...
- Pour sûr que j'ai raison ! Et je la connais. Elle sait se montrer prudente quand il faut, bien entendu. Mais elle ne craint rien au village. Et ton père m'a affirmé avant de partir qu'il allait veiller sur elle en ton absence. C'est sa future belle fille je te rappelle. Et il tient beaucoup à elle.
- Je... tu as raison. Je me fais sans doute trop de soucis pour rien. Sans doute parce que je l'aime c'est tout.
- Je sais bien. Aller. Retourne te coucher.
- D'accord.
- Et ne t'avise pas de te lever à nouveau et de filer en douce ! Parce que si tu m'abandonnes, tu peux faire une croix sur les anneaux de mariage !
- Pourquoi ? Ils ne sont pas encore prêts ? Le taquinait-il
- Bien sur que si ! Je respecte mes engagements mon petit gars ! Mais pour que je te les donne, tu peux courir si tu te sauves! Alors reste ici et tu les auras le jour du mariage.
- D'accord. Merci Gueulfor. Le remerciait-il en se recouchant
- De rien. Bon maintenant que je suis debout, je vais en profiter pour aller au petit coin. Et toi... sage. Pas bouger. Reste… ici.
- D'accord, d'accord... souriait-il en levant les yeux au ciel
Le moustachu s'en allait à l'extérieur, alors qu'Harold tentait de se convaincre intérieurement que Gueulfor avait raison, avant de s'endormir à nouveau.
oO*Oo
Au village, Killian s'infiltrait dans la forge par la sortie extérieure. Esquiver les quelques sentinelles qui patrouillaient dans le village était un jeu d'enfant. Et grâce à sa tenue sombre, se faufiler dans les ombres de la nuit était un plus. Entrant silencieusement dans le bâtiment en vérifiant qu'il n'y avait personne, il ne traînait pas pour déposer la lettre et la bague. Examinant de plus prêt la bague avant de la déposer, il essayait d'imaginer la réaction du fiancé quand il découvrirait ça. Mais n'ayant jamais connu de bonheur dans sa vie, il haussait les épaules, la déposer et sortait discrètement pour retourner sur son terrain de chasse.
oO*Oo
Le port était enfin en vue après une bonne heure de marche. Une chance pour le trio que le village soit situé pas très loin de la mer. Mais à présent, c'était à Astrid de conduire Alvin et Sauvage auprès du Capitaine. Bien entendu, le bateau ne se trouvait pas à quai. Il était resté en retrait, caché dans une crique située au bord des falaises. Mais le capitaine, lui, se trouvait dans un établissement du port, à attendre le retour de la jeune fille. Astrid allait s'y rendre seule afin d'être plus discrète, et demandait aux deux hommes de l'attendre dans les bois. Alvin recommandait à Astrid de ne pas dire au capitaine son nom. Juste que c'était un allié digne pour sa vengeance. Et personnellement, il avait trop hâte de voir la réaction de cet homme quand il le verrait. Quelques minutes plus tard, elle était de retour avec lui, avançant comme ils pouvaient à cause de la lenteur du vieil homme qui s'aider de son bâton pour marcher. Mais quand Alvin et lui se faisaient enfin face, leurs yeux venaient de s'agrandir et leurs réactions étonnaient les deux autres.
- Toi ?!
- Toi !?
- C'est donc toi le capitaine !?
- Et c'est toi ce fameux allié ?!
Ils n'avaient pas sorti les armes l'un envers l'autre. Ils se contentaient de se regarder dans les yeux avec surprise avant de se mettre à se sourire.
- Bah ça alors... Mildiou ! Ahah ! Quelle bonne surprise !
- Je suis tout aussi surpris que toi de te revoir Alvin. Je n'aurais jamais cru que c'était toi dont me parler Astrid. Cette petite c'est bien caché de me dire la vérité.
- Ne la blâme pas, c'est moi qui lui ai demandé de se taire. Je voulais avoir la surprise de ta réaction.
- Et je vois que tu n'as pas été déçu. Bon. Elle m'a dit que tu désirais te venger et que je serai d'accord pour qu'on s'allie. Mais avant que j'accepte, dis-moi pourquoi et contre qui.
- Mais bien entendu. Sache qu'un tiers de ma vengeance est accompli. J'attends que la deuxième partie soit de retour avant de m'attaquer à la partie finale. Stoik.
- Stoik ?
- Eh oui. Si toi il t'a banni du village pour tes nombreux trafics illégaux, moi, il m'a fait jeter au bagne. Et maintenant que je m'en suis échappé, je compte bien réussir mon plan jusqu'au bout. Et un coup de main ne serait pas de refus, surtout si l'issue finale profite à tout le monde. Alors ? Marché conclu ?
- Hum... c'est tentant en effet. Que proposes-tu ?
- Pour être franc, j'allais aviser le moment venue. Mais si toi tu as une idée bien précise, je suis tout ouïe.
- Dans ce cas, une conversation privée s'impose mon cher. Par ici je te prie.
- Euh... et nous ? S'étonnait Astrid
- Cette partie du plan nous concerne uniquement jeune fille. À ce que j'ai pu comprendre tu as eu ce que tu voulais, non ?
- Oui, mais...
- Alors reste en retrait et attend que nous ayons accompli notre vengeance.
- Et en attendant que ça arrive, tu pourras aller voir où en est la souris. Voir si elle a craqué ou pas.
- Bon d'accord. Cédait-elle avec une tête de boudeuse
Elle restait en retrait avec Sauvage, à attendre le retour des deux vieux amis qui étaient partis plus loin pour discuter. Peu de temps après, ils revenaient vers eux tout sourire, prêt à donner les instructions.
- Bien. Alors pour faire court, on a décidé d'associer nos efforts.
- Et c'est quoi le plan maintenant ? demandait Astrid les bras croisés
- Mildiou va retourner sur son navire en attendant le moment venu. Toi, tu resteras avec moi et Gaspard à la planque afin de s'occuper d'Harold quand il sera là. Quant à Sauvage, tu nous tiendras informé de l'état de la prisonnière et tu tiendras l'anglais au courant du retour d'Harold pour qu'il soit prêt le moment venu. Compris ?
- Compris.
- Et quand votre complice anglais aura attrapé ce... Harold, Alvin reviendra me voir au navire pour m'en informer. Ce sera pour moi le signal de départ de notre vengeance mutuelle. Maintenant que vous savez tout, tout le monde en place et à dans quelques jours. D'ici là, soyez vigilant.
- Toi aussi vieux croûton ! Bon aller, on rentre. J'ai faim ! Le plaisir de la vengeance, ça creuse ! Mouhaha!
En effet, Alvin était de très bonne humeur, et sa joie contaminait Astrid et Sauvage qui souriait avec une pointe de malveillance. Du moins, plus Astrid que Sauvage. Le vieux capitaine boiteux s'en retourner sur son navire avec le même sourire, et le trio en direction de la planque.
