Salut à tous ! :D Désolée pour le retard, c'est la faute du site qui était en maintenance. ;( Remarque ça tombait bien en un sens, puisque ça m'a permis d'améliorer ce chapitre ainsi que les prochains ! ^^ Alors rien de particulier à dire sur ce chapitre, vu que le titre spoil l'essentiel. Je tiens juste à signaler qu'un certain paragraphe sera qualifié en tant que Rated M, pour les besoins du plan d'Alvin. Vous aurez le droit de l'insulter à votre guise, il le mérite! Voilà. J'attends donc vos avis sur le déroulement du prochain chapitre, et je posterais le chapitre suivant demain, comme prévu, en espérant que le site ne me refasse pas le coup de la maintenance ! x) Bonne lecture. :)


Chapitre 10 - Pris au piège

- Elle m'a quitté...

- Je suis navré fils...

- Elle m'a quitté papa... mais... pourquoi ?! Malgré ce qu'elle me dit dans cette lettre, je ne peux pas le croire ! Je veux dire... tout me semblait normal quand je suis parti ! Pour moi, c'était impensable qu'elle s'en aille ou qu'elle ressente ça !

- Moi aussi je n'aurais jamais cru ça. Mais c'est surtout à cause de Rustik et des autres. Ils se sont joués d'elle encore une fois et elle ne l'a visiblement pas supporté.

- Mais de là à me quitter et me rendre la bague ?! Ça doit cacher autre chose, je n'en sais rien...

- Je suis désolé d'avoir échoué Harold. Je n'ai pas été capable de tenir ma promesse et de veiller sur elle comme je le devais.

- C'n'est pas ta faute papa...

- D'une part si. Mais quand j'ai appris son départ, j'ai tout fait pour la retrouver avant ton retour. Depuis deux jours, on n'arrête pas. Et on ne compte pas abandonné ! Nous avons tous fouillé. De votre future maison jusqu'à son ancienne demeure. Mais on n'a rien trouvé. C'est comme si...

- Elle était définitivement partie... concluait-il, le cœur lourd et la voix étranglée d'un sanglot

Il se retenait de pleurer. Il n'y avait pas de honte à ce qu'un homme pleure dans ce genre de situation, mais Harold ne voulait pas se montrer anéanti. Mais son père n'était pas idiot. Comme durant l'enquête et même si c'était de la comédie, Stoik avait conscience de l'amour qu'il lui portait et que son départ le chamboulé, comme le prouvé ses larmes. Jetant de nouveau un regard au contenu de la lettre, Harold fronçait le regard et serrait les lèvres.

- J'aurais préféré qu'elle me le dise en face... ça aurait été moins douloureux.

- Mais peut-être que pour elle, ça l'aurait été fils. Mais je me doute bien que tu aurais préféré un aveu direct.

- Et qu'elle ne parte pas du tout. rétorquait-il

- Et ça aussi, oui. murmurait-il avec gène et peine

Le maire se tournait vers sa fenêtre, laissant son fils se remettre de ses émotions. Il pouvait voir que le ciel était de nouveau bien sombre, mais cette fois-ci, en plus de la pluie, un orage n'allait pas tarder à gronder.

- Le temps vient de tourner à nouveau. Dès que ce sera plus calme, on reprendra les recherches et nous la retrouverons fils. Je te le promets. Ajoutait-il sans se retourner vers lui, le regard toujours fixé sur le ciel assombri

- Hum hum...

Harold ne voulait pas parler. Son chagrin trahirait sa voix et il craignait d'éclater dans un sanglot indigne. Lui qui avait toujours voulu que son père soit fier de lui, ce n'était pas le moment de pleurer allégrement. Ne décollant pas son regard de la feuille et de la bague qu'il faisait tourner dans ses doigts, ça devait faire au moins dix fois qu'il avait relu le petit texte. Mais en l'examinant de plus prêt, un détail le chiffonnait. Son regard perdait de sa tristesse pour laisser place à un regard curieux.

Il connaissait Adrianne depuis des années. Même s'il ne lui avait pas vraiment adressé la parole auparavant, il connaissait pas mal de chose à son sujet, allant de sa manière de sourire, de rire, de sa façon de regarder les gens et de s'exprimer. Mais surtout son écriture, à cause des nombreuses fois où elle était passée à la forge pour laisser un mot avec une bricole à l'intention de son père. Et aussi loin qu'il s'en souvienne, il savait qu'elle signait toujours ses mots de son nom, avec une calligraphie spécialement élégante pour le « A » de son prénom. Hors la dans ce message, le « A » ne lui était pas familier. Comme tout le reste du texte. Sans rien dire et sans se faire remarquer, Harold venait de comprendre que le message n'était pas d'elle, mais d'une autre personne ! Ce qui signifiait... qu'elle n'était pas partie volontairement et qu'elle était peut-être en danger !

Retrouvant de l'espoir et n'hésitant pas une seule seconde, Harold se levait de sa chaise et remettait la lettre et la bague dans sa poche. Mais Stoik se tournait au même moment vers lui.

- Harold ? Où tu vas ?

- Je vais la chercher.

- Quoi ? Maintenant ?! Fils, avec ce temps, ça ne servira à rien ! Attend au moins que le temps se soit calmé !

- Si je reste ici, je serais capable de devenir fou et de tout démolir sur mon passage. Mentait-il. Et puis ne t'en fais pas pour moi. Je connais la forêt mieux que vous autre. Je saurais la retrouver. Et puis j'emmène Krokmou avec moi. Le lien entre elle et lui me sera d'une grande aide. Ajoutait-il en se dirigeant d'un pas rapide vers la sortie

- Harold ! protestait son père en coursant son fils dans les couloirs

- Et je sais où m'abriter papa. Ça ira. Quant à vous, rester au village et reprennent des forces. Si je ne suis pas revenu demain matin avant le milieu de matinée, reprend sans hésiter les recherches.

- Pff. D'accord. Je sais que ça servirait à rien de te retenir ici fils, alors... bonne chance et soit prudent.

- Merci papa. Souriait-il malgré tout

Harold franchissait la double porte, laissant son père seul en proie aux remords. Fonçant à la forge pour prendre le nécessaire de survie et de quoi se protéger de ce temps, Harold expliquait par la suite et de façon très claire la situation à Krokmou.

- Écoute mon grand. Adrianne n'est pas au village depuis deux jours. J'avais un mauvais pressentiment depuis le début quand nous étions au village voisin, et j'aurais dû le suivre. Au passage, merci Gueulfor. Grommelait-il. Je pense qu'elle doit être dans la forêt et qu'elle court un grave danger. Je le sens. Mais pour la retrouver, je vais avoir grandement besoin de ton aide grâce au lien qui vous unit. D'accord ?

En signe de compréhension, Krokmou hochait la tête et adressait au jeune homme un regard déterminé. Harold le remerciait avant de grimper dessus et de se diriger sans plus attendre vers la forêt. La pluie et le ciel sombre n'arrangeaient vraiment pas les recherches. Krokmou faisait de son mieux pour « ressentir « la présence de sa cavalière et Harold faisait de son mieux pour bien voir à travers sa capuche. Chevauchant sans s'arrêter, c'est par un heureux ou malheureux hasard, qu'il tombait sur Killian qui était abrité sous un arbre. Il adressait un regard neutre mais légèrement curieux à Harold en le voyant s'approcher.

- Bonjour.

- Euh... bonjour.

- Un souci ? Vous cherchez quelqu'un ? S'inquiétait-il en tout bon comédien

- C'est possible. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? S'étonnait-il en retour sans grande méfiance

- Votre regard. Il est agité. Et votre visage montre un sentiment d'inquiétude. Je me trompe ?

- Pas vraiment. Mais comment vous avez deviné ?

- J'erre dans les bois. L'observation est ma plus grande qualité.

- Je vois. Et est-ce que récemment, vous auriez croisé la route d'une jeune fille ?

- Euh... possible, j'ai vu pas mal de monde ces deniers jours. À quoi ressemble-t-elle ?

- Mon âge, de longs cheveux blonds, les yeux noisette, très jolie et vêtue d'une robe marron claire.

- Attendez... vous... vous parlez d'Adrianne ? demandait-il avec surprise

- Quoi ? Vous la connaissez ? S'étonnait-il à nouveau

- Bien sur. C'est moi qui l'ai ramené au village la nuit où elle c'était égaré.

- Quoi c'est vous ? C'est vous qui l'avez sauvée ?

- C'est bien moi.

- Alors je peux enfin vous remercier en personne de me l'avoir ramené. Merci.

- Mais je vous en prie, c'était naturel de venir en aide à une jeune fille en détresse. Vous êtes son fiancé je suppose? Pas de quoi vous étonnez mon ami, j'avais remarqué une bague à son doigt quand je l'ai rencontrée. Et votre intérêt pour elle confirme mon hypothèse sur votre identité. Mais bon, ça ne me semble pas très important pour le moment. Pourquoi vous me demandez si je l'ai vu au fait ? S'étonnait-il

- Parce qu'elle a disparu.

- Hein ? Disparu ? Mais je la croyais en sécurité au village ?

- Moi aussi. Mais à mon retour, j'ai trouvé une lettre qui me laisse penser qu'elle court un danger.

- Oh misère...

- C'est pour ça que je vous demande si vous l'avez vu dans les bois ces deux derniers jours ?

- Je pense que oui, mais de loin. Du moins... je suis sure de l'avoir reconnue, même si elle portait des vêtements différents et qu'elle avait changés de coiffure. Le seul élément qui m'a permis de la reconnaître, c'est sa petite frange sur le front.

- C'était quand ?

- Y'a... deux jours justement. Et elle se dirigeait dans cette direction.

Volontairement, il lui indiquait la direction qui menait direct au piège prévu pour Harold, et qui n'était pas loin de la planque d'Alvin et de la prison d'Adrianne. Et tous ces lieux se trouvaient à l'opposé de l'ancienne demeure d'Adrianne et du village. Et bien loin de la route principale reliant les deux villages ! Aucun risque qu'on ne les retrouve et qu'on leur vienne en aide. De plus, Killian jouait tellement bien la comédie qu'Harold ne se doutait pas un seul instant qu'il fonçait droit dans un piège. Mais Krokmou, regardait d'un mauvais regard l'étranger et ressentait comme de la méfiance envers lui.

- Très bien. Je vous remercie encore une fois... euh... monsieur... ?

- Killian. Souriait-il

- Enchanté. Harold. Faisait-il de même en lui serrant la main. Bon, il faut que j'y aille. Encore merci de votre aide.

- Attendez ! Laissez-moi-vous aider à la retrouver. À deux, nous irons bien plus vite. Qu'en dites-vous ?

- Ma foi, avec un expert de l'observation et de la déduction, je ne dirais pas non. Acceptait-il avec un léger sourire

- Et par chance, cette fichue pluie s'arrête ! Constatait-il en levant les yeux au ciel avec un sourire satisfait.

La pluie c'était en effet arrêter, mais les nuages gris demeuraient toujours bien présents dans le ciel.

- Ne traînons pas. La pluie peut revenir à tout instant et tombait encore plus sauvagement que tout à l'heure. Alors tant que c'est calme, profitons-en.

- Je suis bien d'accord. Euh... attendez. Montez, ça ira mieux.

- Sans vouloir vous contredire, je ne suis pas à l'aise sur un cheval. Et je préfère flairer les traces à pied.

- Je peux vous comprendre. Et dans ce cas, c'est moi qui descends.

- Comme vous voulez.

Killian et Harold marchaient côte à côte en scrutant le moindre horizon et Krokmou terminait la marche sans quittait l'étranger des yeux.

- Au fait, navré pour Adrianne.

- Merci...

- J'espère qu'on la retrouvera assez vite. C'est une fille qui m'ait paru fort sympathique et attachante. Ce serait regrettable qu'il lui soit arrivé malheur.

- En effet.

- Sans être indiscret... qu'est-ce qui s'est passé pour qu'elle quitte le village ?

- Je n'en sais rien. D'après mon père, elle aurait subi les méchancetés d'autres personnes et elle serait partie dans les bois en pleine nuit.

- Ah. Est-ce qu'elle est du genre à s'aventurer dans les bois ? Parce que si vous me dites oui, ça veut dire qu'elle sait où aller et ça peut nous permettre d'établir un itinéraire et de supposer une destination.

- S'aventurer est un bien grand mot. Elle ne se rend d'habitude que dans les lieux que nous connaissons et fréquentons tous les deux. Elle n'aime pas s'aventurer au-delà, par peur de se perdre.

- Ah. Dans ce cas, ça risque de poser un problème. Si elle s'est perdu ou blesser en tombant dans un piège...

- Un piège ? Mon père n'a remarqué aucun piège en sillonnant la forêt.

- Parce que c'était des pièges de braconnier. Je suis un chasseur qui chasse son repas de manière légale et moins cruelle. J'ai donc eu la présence d'esprit de tous les retirer avant que votre père commence ses recherches. Après, je n'ai certainement pas pu tous les avoir. D'autant que plus que certains sont d'immense trou bien profond afin d'empêcher le gibier de s'enfuir. Y'a juste qu'à espérer que votre fiancée ne soit pas tombé dans l'un d'eux.

- Adrianne... murmurait-il inquiet

- Ne vous en faite pas Harold. On va la retrouver.

- Merci.

Reprenant la route, plusieurs minutes venaient de s'écouler avant qu'Harold ne relance la conversation, car une constatation lui trottait beaucoup trop en tête.

- Dites-moi un truc Killian. Pourquoi vous vous donnez tant de peine pour nous venir en aide ? Que représente-t-elle pour vous ?

- Vous allez trouver ça stupide, mais comme vous l'avez peut-être remarqué, je ne suis pas de la région.

- Je l'ai remarqué à votre accent, en effet.

- Je viens d'Angleterre. Et le soir où j'ai porté secours à Adrianne, elle m'a étonné sur plusieurs points.

- Lesquelles ?

- Elle n'a montré aucune méfiance et m'a fait confiance quand je l'ai ramené chez vous. Ce qui est rare pour des gens vivant à l'état sauvage comme moi. On nous évite en général. Mais pas elle. Au contraire, elle était curieuse et m'a posé beaucoup de questions sur le fait que je parle une autre langue, sur le fait que je manie un arc... Bon après, je ne sais pas si c'est habituel chez elle, si ?

- Elle est très curieuse et très gentille avec les autres, en effet.

- Je m'en doutais. Mais voir quelqu'un qui vous montre un peu d'intérêt et de gentillesse, ça fait plaisir. Elle m'a écouté avec attention quand je lui ai raconté mon histoire et ma vie. Elle a été gentille, reconnaissante et elle m'a même sourit ! Et comme je n'ai pas connu tout ça depuis des années, j'avais oublié l'agréable impression que ça faisait...

- Je comprends ce que vous voulez dire.

- C'est pour cette raison que je tiens à vous aider. Pour tout ce qu'elle m'a apporté, je ne pouvais pas rester dans mon coin.

- Merci Killian. Mais pourquoi vous vous n'êtes pas montrer quand vous nous l'avez ramené ? On aurait tant voulu vous remerciez en personne.

- Me dire que j'ai sauvé un couple d'une triste séparation et de savoir qu'une fille aussi gentille qu'elle était hors de danger, ça me suffisait. Vous avez une fiancée extraordinaire Harold, j'espère que vous en avez conscience ?

- J'en ai conscience chaque jour depuis qu'on s'est avoué nos sentiments et qu'elle a accepté de m'épouser. Souriait-il

- Magnifique. J'espère un jour avoir de nouveau une famille, avec une femme aussi gentille, douce et étonnante qu'elle.

- Quand nous l'aurons trouvé, pourquoi ne pas vous installez au village ? Je suis sur que tout le monde vous accueillerez à bras ouvert. Vous pourriez avoir tout ce qui manque à votre vie, non ?

- C'est une offre très tentante, mais... je ne suis pas très à l'aise avec la foule. J'ai toujours vécu seul, vaguant de foret en forêt et... stop ! Regardez, là.

Killian indiquait l'entrée d'une grotte. Prêtant l'oreille, Harold n'entendait rien. C'était très calme.

- Peut-être est-elle là ? Regardez, y'a eu un feu y'a pas longtemps. Et cette zone est assez loin du village. Votre père ne l'a peut-être pas encore fouillé ?

- Je n'en sais rien. Il ne m'a pas dit dans quels secteurs il a lancé des recherches.

- Humph. C'est embêtant. Si ça se trouve, c'est juste un camp de base. Restez là, je vais aller voir.

- Non je viens avec vous.

- S'il m'arrive quoi que ce soit, je serais bien content qu'on me vienne en aide, Harold. Non ?

- Je... bon d'accord. J'attends ici. Soyez prudent.

- Entendu.

Killian entrait avec prudence dans la grotte sous les yeux d'Harold qui examinait attentivement le terrain une fois Killian à l'intérieur. Mais au même moment, Krokmou était soudainement très nerveux et Harold s'en était rendu compte et s'approchait de lui pour le calmer.

- Héé ! Tout doux ! Qu'est-ce qui t'arrive mon grand ? Ça ne va pas ? C'est Killian ou quoi ? Me ment pas, j'ai vu ton changement d'attitude. Écoute. Il n'a aucune raison d'être un ennemi et ne mérite pas qu'on lui témoigne de la méfiance. Il a sauvé Adrianne la première fois et ça me suffit pour le croire de notre côté. Alors reste tranquille le temps que j'examine le feu de camp et qu'il revienne, d'accord ?

Krokmou cédait à contrecœur et laisser Harold s'éloignait pour récolter des indices. Mais le cheval demeurait toujours nerveux, ne cessant de jeter des regards partout, sans pouvoir éviter ce qui venait de se passer. Des pièges à base de cordes venaient d'enlacer ses pattes et son corps, le mettant à terre, et l'attaque se concluait par un filet qui venait de lui tomber dessus. Il s'agitait dans tous les sens, sans cesser de hennir. Harold avait remarqué l'attaque et n'avait pas rien pu faire à temps pour lui

- KROKMOU !

Se rendant auprès de lui, Harold essayait avant tout de le calmer tout en cherchant sa dague dans son sac.

- Ça va aller... Ça va aller... bouge pas mon grand, tu vas te faire mal ! Reste tranquille, je vais vite trancher tes liens et...

Il aurait dû prévoir que c'était un piège. Comme un idiot, il venait de se faire attraper furtivement par Killian qui l'endormait de la même manière qu'Adrianne, avec ce qui lui restait de chloroforme. Se débattant inévitablement et comme il le pouvait tout en hurlant contre le chiffon, c'est sous l'inquiétude et la panique de Krokmou qu'Harold tombait à terre, totalement inconscient. La bête levait les yeux vers le traître qui regardait Harold sans rien ressentir.

- Et voilà... je l'ai eu. Sont-ils tous les deux trop naïfs... ? Ou alors est ce moi qui suis un monstre... ? Peu importe. Ce qui est fait est fait. Reste plus qu'à le ramener là où il faut et à mettre les voiles. Quant à toi...

Même principe que pour Harold et Adrianne. Krokmou subissait les effets du chloroforme sans rien pouvoir y faire. Une fois l'animal inconscient, Killian soulevait Harold pour le prendre sur ses épaules et l'emmener directement chez Alvin.

Il était ravi que ce travail soit enfin terminé.

Arrivant sans aucun problème à la tanière, le trio était on ne peut plus ravi que le revoir avec la deuxième phase de leur plan. Tous les trois regardaient avec bonheur le jeune homme à terre, totalement inconscient.

- Il est la... Enfin ! On peut dire qu'on aura attendu !

- Et que notre patience ai été mise à l'épreuve ! Hein papa ?

- Mouais. Surtout la mienne, à force de rester avec vous deux sous terre. Ajoutait Astrid avec sarcasme

- Alors Killian ? Pas trop dur pour l'avoir ? Ça n'a pas été trop pénible de l'amener de la même manière qu'Adrianne ?

- Peu importe. J'ai fait ce que vous m'avez demandé. À présent, payez-moi et laissez-moi partir.

- D'accord, d'accord ! Tu vas l'avoir ton argent et ta liberté. Mais avant... j'aimerais qu'Harold te voit à mes côtés et comprenne à quel point c'est un idiot d'avoir fait confiance à un étranger, tout comme sa chère paysanne. Et si tu contestes, je t'embroche. Pigé ?

- Humph. Cédait-il

Réveillant son invité à l'aide d'un coup de pied dans le ventre, c'est en suffoquant et en se tenant le ventre qu'Harold revenait à lui. Levant les yeux pour mieux voir à qui appartenaient les pieds qui se trouvaient devant ses yeux, c'est avec surprise qu'il s'adressait au barbu.

- Que… Alvin ?!

- Surprise Harold ! Alors, content de me voir ? Non ? Booh... tant pis ! Tu ne seras hélas pas très content quand tu verras qui j'ai à mes côtés. N'est-ce pas vous autres ?

Harold se tourner vers Gaspard et Astrid qui jacassaient tout en lui adressant un regard mauvais. Son regard se poser au final sur Killian qui demeurait indifférent. Mais en le regardant, Harold sentait sa colère revenir.

- Toi... depuis le début, tu m'as mené en bateau ?!

- Sous mes ordres, ne l'oublie pas Harold ! C'est fou ce qu'on peut obtenir d'un misérable en échange d'une belle somme d'argent. Tiens d'ailleurs... la voilà. Attrape.

Alvin lui lançait une bourse pleine de pièce, comme promis. Killian était à présent libre, ce qu'Alvin lui rappelait aussitôt.

- Maintenant, fout moi le camp. Tu as eu ce que tu voulais, alors traîne pas davantage ici où je te le ferais regretter. Oust !

Sans broncher ni rien dire, Killian regagner calmement la sortie sans se retourner, ni se montrer sensible à la colère d'Harold.

- Donc tout ce que tu m'as dit sur elle, ton inquiétude, ta gratitude... c'était des mensonges ?! RÉPOND !

- Oooh ? Il t'a parlé d'elle ? Et il t'a raconté quoi Harold ? La manière dont il s'est arrangé pour qu'elle vienne le voir de son plein grès durant tout le temps où t'était pas là ? De tout ce qu'ils ont fait ensemble de bien et de mal ensemble à l'abri du regard des autres au fin fond de la forêt? De comment il s'est finalement joué d'elle pour nous l'amener ? De la naïveté et de la stupidité dont elle a fait preuve, tout comme toi?

- Vous l'amenez ? Qu'est-ce que vous lui avait fait ?!

- On a juste passé nos nerfs sur elle. Tout ce qu'on lui reprochait, on lui a fait payer. Répondait Gaspard.

- L'état physique dans lequel elle était n'était pas des plus beaux à voir. On l'a même cassée. Tellement qu'on l'a fait souffrir, elle ne disait plus rien. Ajoutait Astrid.

- Elle vous a accordé la vie sauve !

- En nous faisant vivre un enfer en prime. J'aurais peut-être préféré mourir quand vous nous avez démasqués ce jour-là. Grossière erreur de votre part.

Alvin lui adressait un autre coup de pied dans le ventre, faisant gémir davantage le jeune homme. Le temps qu'il s'en remette, Alvin ajoutait avec plaisir une dernière chose. Mais les deux autres savaient que c'était un mensonge pour qu'il soit fou de rage.

- De plus, il faut que tu sache que ton grand amour a été souillé. Deux fois ! Par Killian dans les bois, mais de son plein gré ! Et selon ce qu'il nous a dit, c'est elle qui aurait voulu, voire même réclamer. Et c'était très chaud ! Une vraie petite coquine ! Héhé… Mais entre les mains de mon fils, pfou ! C'était autre chose ! Lui, il a eut ce qu'il voulait depuis toujours, mais elle, qu'est-ce qu'elle a pu se débattre et hurler ! Oh la la… heureusement que les baillons ça existe pour ce genre de situation ! Et heureusement que j'étais la pour la maintenir ! Je pense même qu'elle t'a désespérément appelé à l'aide pendant qu'il la…

- ESPÈCES D'ORDURE ! QU'EST CE QUE VOUS AVEZ FAIT D'ELLE ?! OU ELLE EST?! DITES LE MOI, OU JE VOUS… s'exclamait-il fou de rage

Une bonne tarte dans la figure avait suffi à le faire taire à nouveau et le remettre à terre. Satisfait, il s'adressait cette fois aux deux autres.

- J'ai horreur quand ça hurle. Bon. Je pars rejoindre le vieux. Stoik sera bien anéanti quand il apprendra que son fils et sa belle-fille auront disparu de ce monde, héhé. Quant à vous, faite ce que vous avez à faire, amenez le là où il faut et attendez mon retour ici. Compris ?

- Compris. Répondaient-ils à l'unisson

- Bien. Sur ce, bon amusement, mais tâcher de le garder en vie. Souriait-il avant de partir

- Ça va être difficile, mais on fera de notre mieux. Alors ? On commence par quoi ? demandait Gaspard en se tournant avec bonne humeur vers Astrid.

- Je te le laisse volontiers. Comme je m'en suis bien pris à elle, il est tout à toi. Souriait-elle

- Avec joie... Murmurait-il

D'une furie incontrôlable, il assaillait de coup de pied puis de coup de poing le forgeron qui venait à peine de se remettra du coup d'Alvin. Harold se défendait de son mieux tout en hurlant sous les ruées de coups. Astrid les regardait tous deux avec un mauvais sourire, se délectant de ce spectacle qui venait de durer beaucoup moins longtemps que pour Adrianne, mais dont l'efficacité était bien visible. Laissant un peu de répit à Harold qui était dans un état épouvantable avec le visage en sang et le corps affreusement endolori, Gaspard se tournait à nouveau vers la blonde.

- Je comprends mieux ce que tu as ressenti tout à l'heure. T'avais raison, ça fait du bien !

- En effet, hein ? Tu continues ? Souriait-elle

- Non. Il a eu son compte. Et si je continue, il risque d'y passer et ce n'est pas le but.

- On l'emmène ?

- Passe la première et ouvre-moi le passage.

Harold était naturellement dans les vapes. Pas besoin de chloroforme. Connaissant le chemin, ils arrivaient au fameux piège à souris. Et sans remords, ils procédaient de la même manière pour faire descendre Harold.

oO*Oo

Affaiblie, épuisée et endormie sur son rocher, Adrianne n'avait pas entendu ces bourreaux rouvrir l'entrée pour larguer Harold auprès d'elle. Mais Harold avait encore sa conscience éveillée. Sans rien pouvoir faire, et de manière floue, il avait vu la sortie s'éloignait de plus en plus de lui, avant de rejoindre un sol boueux glacé et de voir l'entrée se refermer.

Se remettant progressivement de ses coups et se remettant lentement sur pied, Harold analysait l'endroit où il était. Un piège à rats dont la possibilité de s'enfuir atteignait facilement zéro. Essuyant le sang qui coulait de son nez et de sa lèvre, il faisait le tour du piège d'un simple regard avant que celui-ci ne s'attarde sur une personne allongée et blessée sur la roche. Croyant que c'était un homme, il ne lui venait pas à l'esprit que ce soit Adrianne. De plus, il la voyait de dos.

- Hé... ça va? L'appelait-il d'une voix faible en s'approchant

Mais plus il s'approchait, plus il constatait que ce n'était pas un homme, mais une femme.

- Non...

Son cœur se resserrait. Se ruant de son mieux vers elle, il la retournait délicatement pour mieux voir son visage. En voyant que c'était Adrianne ainsi que l'état dans lequel elle était, la peur prenait de plus en plus de place dans son cœur, surtout qu'il ne l'entendait pas vraiment respirer.

- Oh non… Adrianne… soufflait-il horrifié de son état

- Ha.. Harold... murmurait-elle d'une voix très grave en clignant à peine des yeux

Sa vue flou se rétablissait. Et en le voyant la, devant elle, ses yeux commençaient à se brumer de larmes.

- Oh Harold... murmurait-elle

Enfin réunis, elle se redressait et l'enlaçait tendrement. Elle était tellement heureuse de le revoir, qu'elle éclatait en sanglot contre son épaule, mais malgré leurs retrouvailles et le soulagement de se voir mutuellement en vie, Harold gardait un visage dur et sévère.