Salut à tous ! :D alors petite particularité pour ce chapitre. Il est super long, parce que trop d'événements importants se succèdent et de ce fait, je n'arrivais pas à le raccourcir. Et peut-être aussi parce que je ne voulais pas le faire pour ne pas gâcher ce chapitre. Donc les deux derniers chapitres seront comme ça. :) En espérant que ça vous plaise, bonne lecture ! :)
Musique : Collège boy – Indochine
Chapitre 13 – Vendetta
Un peu plus tôt, bien avant qu'Alvin rentre dans la mairie, le groupe venait d'arriver en toute discrétion dans les bois proches de l'entrée du village. Mettant les chevaux à l'arrêt, tout le monde descendait sauf Adrianne qui ne se sentait pas très bien. Passant une main sur son front légèrement fiévreux puis dans ses cheveux courts et trempés, elle fermait ses yeux et soupirait discrètement avant de descendre à son tour. Elle ne voulait pas que son état fasse tout foirer. Mais Killian n'était pas dupe et avait remarqué qu'elle n'allait pas bien.
- Ça va ? demandait-il en s'approchant d'elle
- Ouais. Recule, je vais descendre.
- Adrianne, t'est pas bien. Laisse-moi t'aider à descendre.
- Non ! Je vais bien je te dis ! Et puis…. oooh…
Un instant de faiblesse. Son corps venait de la lâcher en plus d'avoir eu un étourdissement alors qu'elle descendait de Krokmou. Manquant d'atterrir au sol, Killian la rattraper de justesse sous l'inquiétude des autres. Toujours consciente, la jeune fille sentait son cœur battre un peu trop fort dans sa poitrine et se sentait rougir en croisant son regard. Elle grimaçait avec embarras dans ses bras.
- Killian, ça va aller. Repose-moi s'il te plaît.
- Non. T'est pas bien. Faut te reposer un peu.
- Pose-la par terre contre un arbre. Conseillait Astrid
Killian appliquait le conseil de leur camarade. Adrianne s'adossait contre l'arbre, les yeux fermé et sévère d'offrir un pareil spectacle. Ce n'était pas sa faute, mais elle aurait préféré éviter ça. Bien entendu, Harold s'approchait d'elle pour s'assurer qu'elle allait bien.
- Adrianne ! Ça va ?
- Oh fout moi la paix toi ! Laisse-moi tranquille ! S'exclamait-elle en rogne
- Chuuut, calme-toi. Gaspard, éloigne-le s'il te plaît. Demandait gentiment Astrid en s'agenouillant près d'elle
- D'accord. Viens Harold.
- Mais… protestait-il
- Viens.
Harold n'insisté pas face au regard ferme de Gaspard et se laisser emmener un peu plus loin du trio. Killian sortait quelques provisions de son sac pendant qu'Adrianne râlait encore.
- Je vais bien je vous dis…
- Tu n'as pas récupéré assez, alors mange et bois encore un peu. Et reste assise. Je vais aller voir où ils en sont au village. Je reviens vite.
- D'accord. Soit prudent.
- Dont worry. Souriait-il avant de s'éloigner vers le village
- Euh… Il a dit quoi ?
- Ne t'inquiète pas. Souriait-elle légèrement en mangeant encore un bout de pain.
- Adrianne… je me doute que c'est de notre faute mais… c'est fini entre toi et Harold ?
- Ouais. C'est fini. Y'a plus rien entre nous. Répondait-elle sans peine et sans émotions
- Impossible… Je ne peux pas te croire. Pas vous deux ! Vous... vous êtes en vie ! Vous devriez être toujours unis et votre amour devrait être plus fort que jamais !
- L'amour ? Pff. Il a brisé l'engagement Astrid.
- Pardon ? Non … il ne ferait pas ça ! Il est fou de toi depuis des années !
- Tu ne me crois pas ? Alors dis-moi comment ça se fait que je ne porte pas ma bague alors qu'il la sur lui? Et pourquoi il a refusé de me la rendre alors que je la lui ai demandée quand on était dans ce trou?
- Je… ça n'a pas de sens…
- Et si. Toute cette histoire la mis en rage contre moi et dans un élan de colère il a brisé l'engagement. Même s'il a dit qu'il regrettait en voyant mes larmes, ça ne change rien. Je ne l'aime plus.
- Mais s'il dit qu'il regrette… Pourquoi tu ne veux pas le croire ? Ça arrive de dire des choses qu'on ne veut pas forcément dire !
- Sauf que je le connais bien Astrid. Sa voix et ses yeux ne mentaient pas. Il le pensait quand même.
- Mais…
- Laisse-moi me reposer s'il te plaît. J'aimerais attendre le retour de Killian et réfléchir dans le calme.
- Killian. Tu comptes te mettre avec lui quand tout sera fini?
- Je ne sais pas. Ce n'est pas dans mes projets. Je suis trop déçue de l'amour de toute façon. Quand tout sera fini, je vivrais dans mon coin avec Krokmou. Et ça vaut mieux.
- Mais…
- Laisse-moi Astrid. S'il te plaît.
- D'accord.
La blonde se lever pour laisser son amie en paix et rejoindre les garçons. Tout comme Astrid, Gaspard essayait de comprendre la situation entre Harold et Adrianne.
- Tu crois que c'est fini vous deux ?
- J'en ai bien peur. Mais je ne compte pas abandonner. Jamais.
- C'est bien. Faut pas abandonner Harold. Même si tu me dis que tu regrettes tes paroles, faut continuer de lui montrer que tu l'aimes !
- Ce sera plus facile à dire qu'à faire.
- Je confirme. Elle est vachement remontée contre toi Harold. Confirmait Astrid en les rejoignant.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Elle t'en a parlé ? demandait Harold
- Ouais. J'ai essayé de comprendre tout ça, mais elle reste butée. Même qu'elle sait que tu regrettes, elle a le cœur brisé et n'a plus foi en l'amour, ni en vous deux.
- Oh non…
- N'abandonne pas Harold. Ça va passer.
- J'espère… j'ai vraiment été stupide sur ce coup la… vraiment stupide…
Sous le regard compatissant et navré du couple, Harold attendait silencieusement le retour de Killian. Ce dernier était vite revenu et se dirigeait d'emblée vers Adrianne qui était encore assise par terre. En le voyant, elle esquissait un léger sourire dont Killian devinait la raison.
- Contente de me revoir à ce que je vois.
- T'est pas un expert de l'observation pour rien toi, hein ? Mais en effet, je suis contente que tu sois revenu.
- Tu croyais pas que j'allais vous laisser ici et m'enfuir encore une fois ?
- Non. J'aurais plus redouté que tu te fasses coincer.
- Tss ! Pour m'avoir, faudrait d'abord être aussi futé que moi, miss ! Ricanait-il
- Si tu le dis. Cela dit, t'a quand même pas été très futé pour esquiver ma droite, monsieur le spécialiste de l'observation. Souriait-elle malicieusement
- Humph. Là, tu marques un point. Au fait, comment tu te sens ? Ça va mieux ? demandait-il en s'agenouillant en face d'elle
- Oui. Bien mieux. Merci.
- Tu vois ? Faut m'écouter un peu! Souriait-il
- Hin… okay. Souriait-elle aussi
- Bien. Voilà ce que j'ai vu. Disait-il en voyant les autres s'approchaient de lui. Ce qu'on a entendu au loin, c'est un baril qui a explosé et fait enflammer trois arbres sur la place. Les hommes de Mildiou ont emmené tous les habitants dehors à coté du feu de bois, mais ils ne leur font pas de mal. Et j'ai vu Alvin entrait dans la mairie avec quelques hommes.
- Alors nous n'avons que peu de temps. Comprenait Gaspard
- Quelqu'un à un plan ? demandait Astrid
- Oui. J'en ai un. J'ai eu le temps d'y réfléchir durant les cinq minutes où on m'a foutu la paix. Répondait Adrianne
- On t'écoute.
- Alors voila. On va attendre qu'Alvin ressorte avec Stoik pour le prendre par surprise. En nous voyant tous les cinq contre lui, il sera fou de rage et voudra régler ce problème en premier. J'en suis sure. Et vu sa haine débile envers moi, il voudra surement me tuer la première. Je m'arrangerais donc pour le provoquer en duel. Et ne vous en faite pas, tout ira bien. Il risque juste d'avoir une drôle de surprise.
- Et nous ? On fait quoi ? demandait Harold.
- Toi, tu feras ce que tu sais faire de mieux depuis peu. Me mettre suffisamment en rogne pour que je te frappe afin que tu sois à terre et dans les vapes. répondait-elle d'un ton un peu sec
- Hein ?! Mais… c'est quoi ce plan ?!
- Laisse-moi finir ! Tout le monde croira que je t'ai vraiment mis K.O. alors qu'en fait tu attendras mon signal pour t'en prendre furtivement à Mildiou. S'il est hors-jeu, ses hommes se retrouveront sans chef. Et c'est là qu'Astrid interviendra pour prendre les commandes.
- Ah… bon d'accord. On fera comme ça. Et ce sera quoi le signal ? Maugréait-il alors qu'Astrid hochait positivement la tête
- Tu le sauras. Reste juste bien attentif. Tu n'auras pas le droit à l'erreur, cette fois. Répondait-elle sèchement en le fixant dans les yeux
- Et nous ? demandait Gaspard
- Vu que vous êtes des champions de tirs, faites en sorte qu'ils ne fassent pas exploser les barils. S'il le faut, tirer sans hésiter.
- Entendu.
- Et surtout, quoi que je puisse dire, faite moi confiance et faite semblant d'être surpris. Jouer surtout le jeu de façon crédible, quoi qu'il arrive. Compris ?
- Compris. Répondaient-ils
- Bien. Alors allons-y. On a peu de temps. Il faut aussi faire en sorte que nos chevaux restent ici en sécurité… Killian ? concluait-elle en tendant sa main vers lui
Il l'aidait à se relever avant qu'elle ne se dirige vers Krokmou. Elle l'emmenait donc dans les bois pour l'attacher à un arbre, tout comme Harold avec Maximus un peu plus loin. Avec des caresses affectueuses sur sa crinière et sa tête, elle lui expliquait le plan, et bien évidemment, Krokmou protestait.
- Je suis désolée mon grand… Mais je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit... Je ne supporterais pas l'idée de te perde aussi ! Je ferais tout pour te protéger. Je te le promets. Mais pour ça, il faut que tu reste ici, en sécurité. Tu comprends ? lui expliquait-elle, les larmes aux yeux
L'animal comprenait et obéissait en hochant lentement sa tête. Le cœur lourd de devoir infliger ça à son cheval, elle le caressait une dernière fois avant de s'en éloigner pour s'adosser à un autre arbre, loin du regard des autres. Elle essuyait rapidement ses larmes, puis regardait silencieusement et avec une grimace l'arme à feu qu'Astrid lui avait passé. Ça l'a dégoutée d'avoir ce genre d'objet dans les mains, et de l'usage qu'elle risquait d'en faire au cas où. Elle fermait alors ses yeux et soupirer à nouveau, mais dans ses pensées, elle n'avait pas entendu Killian s'approchait.
- Ça va ?
- Hum ? Oui, il faut bien. Au fait… désolée si j'ai agit comme un chef de groupe tout à l'heure. Je suis sans doute mal placé pour jouer ce rôle, surtout que je suis une fille. Soupirait-elle
- Adrianne, je voulais te dire…
- Quoi ?
- Malgré tout ce que tu as pu subir, tu es forte et courageuse. Je n'avais jamais vu une personne aussi vaillante que toi. Tu as l'âme et le cœur d'un chef. Tu mérite bien cette place à mes yeux.
- You're kidding me ? S'étonnait-elle
- No. Souriait-il
- Tss. Tu dis que j'agis avec courage et comme un chef de groupe, mais je ne suis que moi-même ! J'agis selon ce que ma raison et mon cœur me dicte de faire ! Et même que je suis épuisée et que la seule chose que je demande c'est aller dormir, je ne peux me résoudre à les abandonner ! Et pourtant, je n'ai rien d'une guerrière !
- Arguments largement suffisant pour mériter la place de chef, comme je te l'ai dit.
- Pff, Killian… soupirait-elle blasé
- Bref. Tu sais t'en servir ? demandait-il en jetant un œil à l'arme qu'elle tenait
- Oh. Oui, bien sur. Mais je n'ai jamais eu à m'en servir auparavant. Et c'est ça qui m'effraie un peu. Je me suis toujours défendue avec des armes moins brutales comme un bout de bois, une poêle… mais pas avec ça…
- Si ça se trouve, tu n'auras pas besoin de t'en servir.
- Mais s'il le faut, je le ferais sans hésiter. Je n'abandonnerais pas si prêt du but.
- Okay. Répondait-il en s'apprêtant à faire demi-tour
- Killian.
- Hum ?
- Réponds-moi franchement. Pourquoi tu as fait demi-tour ? Pourquoi tu n'es pas parti ?
- Je ne pouvais pas. Pas après ce que j'ai fait. Il fallait que je me rattrape, que je rectifie mes erreurs. Voilà.
- Et c'est tout ? Il n'y a que pour ces raisons ? Rougissait-elle en croisant timidement son regard
- Que veux-tu que je te réponde d'autres ? S'étonnait-il de la question
- I... I dont know. S-sorry… Let's go. Bafouillait-elle rougissante en s'en allant
Elle lui avait totalement répondu en anglais. Comme ça. C'était sans doute plus facile que de lui répondre dans sa propre langue. À moins que ce soit la nervosité et l'embarras de la situation. Qui sait.
- Wait. La rattrapait-il par le bras
- What ?
- Pourquoi t'a rougi deux fois ?
- Quand ?
- Ce soir, quand tu m'as regardé dans les yeux.
- Je n'ai pas rougi. Je suis fatiguée, c'est tout.
- Really ? Alors pourquoi tu rougis encore ?
- Mais je rougis pas ! répondait-elle confuse
- Si. Tu rougis. Encore. Confirmait-il en portant sa main à sa joue tout en faisant attention à ne pas lui faire mal.
- Killian… murmurait-elle gênée
Elle était confuse et gênée qu'il lui caresse tendrement la joue à cause de la présence d'Harold, mais elle aimait également ce simple geste de tendresse, geste que même Harold ne lui avait pas accordé lors de leurs retrouvailles. Et la question qu'Astrid lui avait posée au sujet de Killian l'intrigué. En croisant encore une fois son regard alors que Killian ne lâchait pas sa joue, elle lui reposait sa question, le cœur battant la chamade à cause de ce qu'elle voyait et comprenait dans ses yeux, mais aussi par crainte de la réponse et de ce que ça représenterais.
- Pourquoi t'est revenu ?
- Je te l'ai dit.
- Alors pourquoi tes yeux m'avouent une autre raison ?
Aucun mot ne sortait de la bouche de Killian. Tout simplement parce qu'il venait à ce moment là de s'emparer des lèvres d'Adrianne dans un baiser fougueux, mais qu'elle ne rendait qu'à moitié, contrairement au baiser de son rêve. Rendant ensuite la liberté à ses lèvres rougies, elle demeurait immobile, le regard triste. Elle venait de comprendre et de réaliser qu'elle n'était pas amoureuse de lui, qu'elle ne ressentait rien d'autre que de l'amitié, qu'elle ne pourrait plus aimer comme avant et qu'elle resterait seule à jamais. Voyant sa tristesse et son état, Killian s'excusait de son geste impulsif.
- Sorry… I…
- Dont be sorry. It was… an accident. Again… soupirait-elle tristement
- Adrianne...
- Allons-y. concluait-elle en s'éloignant
Ils se mettaient en route avec détermination, suivis des autres qui c'était préparé et qui attendait le départ. Harold avait assisté de loin au baiser, mais il ne ressentait pas de colère. Ça lui avait fait mal de voir ça, mais encore plus s'il avait vu Adrianne rendre avec la même passion ce baiser. Harold ressentait plutôt de l'espoir. L'espoir de croire qu'elle n'était pas amoureuse de l'anglais, mais aussi celui de réussir à récupérer son grand amour.
oO*Oo
Stoik était à deux doigts de la mort, Alvin était à deux doigts d'obtenir sa vengeance et Mildiou se réjouissait d'avance de voir Stoik souffrir et tomber sous le jugement de l'ancien shérif. Il se réjouissait également de pouvoir réduire à l'état de cendre ce village et d'ôter la vie de chaque homme présent. L'envie de tous les tuez lui trotter en tête, histoire de n'avoir aucun survivant pour raconter l'histoire de ce futur massacre. Dans la lueur du feu, la joie et la dangerosité d'Alvin le rendaient effrayant, plus sadique.
- Alors Stoik ? Ça fait quoi d'être de l'autre côté ? De savoir que cette fois c'est toi le condamné, prêt à franchir la porte de l'autre monde ? demandait-il d'une douce voix macabre
- Rien, parce que je sais que d'une façon ou une autre tu payeras pour tes crimes. Et ce jour-là, j'arrêterais de te hanter pour trouver le repos éternel.
- Comme c'est touchant.
- Mais tu n'avais pas tort sur un point. Je n'aurais pas dû écouter Adrianne et t'envoyer directement à la pendaison avec ton fils ce jour-là.
- Et voilà. On a des remords. Permets-moi de t'en offrir encore deux autres. En effet, tu aurais dû m'envoyer à la mort Stoik. Parce qu'à cause de ton erreur, Harold et Adrianne l'ont payé très cher.
- Que... quoi ?! Qu'est-ce que tu veux dire ?! Où ils sont ?! Que leur à tu fais ?! RÉPOND !
- À l'heure où je te parle, leurs cadavres pourrissent au fond d'un trou.
- Non...
- Par ma jambe de bois... non... les enfants... murmurait avec effroi et tristesse Gueulfor qui avait tout entendu
- Et si. Ta chère future belle fille y croupis depuis deux jours après avoir subi un petit traitement de faveur de ma part, mais aussi de mon fils et de qui d'autre à ton avis ? Astrid.
- Non...
- Quant à ton fils, nous l'avons eu aussi dès son retour au village. Je l'ai laissé au soin du mien avant d'aller rejoindre Mildiou. Quand je le reverrais, rien ne me fera plus plaisir que de l'entendre me dire que le travail est fini, et si possible, m'annonçait qu'il est mort. Réunis dans la mort. Vive les noces funèbres.
- Misérable... Ta folie n'a donc pas de limites ?! S'exclamait-il totalement furieux
- Non.
Riant de tout son être, Stoik en profiter pour lui donner un bon gros coup de poing dans la figure. Alvin reculait sur le coup d'un pas, main à sa bouche, tandis que Stoik était mis genoux à terre par ses sbires. Remettant son flingue à bout portant de son visage, Alvin regardait d'un air hautain la mise à mort.
- Pas mal ta droite. Manque de bol, c'était la dernière que t'avais l'occasion de donner. Il est temps d'en finir. Tu connais le procédé Stoik. Un dernier mot ?
- J'espère sincèrement que ta mort soit aussi atroce que celle que tu leur as infligée.
- Je prends note. Adieu.
Stoik ne comptait pas lâcher son assassin du regard. Avec toute sa haine et sa colère envers lui, il espérait que son fantôme le hante nuit et jour, et que l'expression de son visage soit gravée dans sa mémoire. Alvin allait enfin presser la détente, quand une balle venait de frôler sa main et fit tomber l'arme de ses mains, épargnant la vie de Stoik et faisant saisir quelques habitants au passage.
- AAAH ! Mais... qu'est-ce qui... ?!
Saisi et fou furieux, il se tournait vers la direction d'où la balle était tirée.
- Non... im... impossible ! Bafouillait-il perplexe
La quasi-totalité du village regardait dans la même direction que lui, pour voir avec bonheur et stupeur, surtout Stoik, Gueulfor et le groupe, cinq jeunes adultes au pont d'entrée du village. Krokmou et Maximus étaient restés dans la forêt sous les recommandations de leur propriétaire, même si les chevaux n'avaient certainement pas envie de les laisser affronter le danger sans leur aide. Tous les cinq étaient alignées côtes à côte, armes sorties et pointer vers Alvin et Mildiou. Killian les pointait de son arc et les autres de leurs pistolets. Les informations circulaient discrètement entre eux.
- Adrianne, j'ai repéré un archer sur le toit de la taverne. Les autres non pas d'arme à feu. Lui seul est supposé faire exploser les tonneaux.
- Parfait. Fait en ta propriété absolue et met le rapidement hors d'état de nuire. Il ne doit surtout pas faire exploser les autres barils.
- Entendu.
- Astrid ? Tu me confirme que si on élimine le capitaine, ils seront totalement perdus ?
- Sous des ordres directs ils sont efficaces en effet. Mais sans chef, je confirme qu'ils seront paumés. Et en tant que second, ils m'obéiront.
- Tu ne penses pas qu'en te voyant de notre côté, ils prennent ça pour de la rébellion et de la traîtrise? suggérait-elle
- La plupart sont incapables de penser correctement. C'est des débiles justes bons à obéir aveuglément. Ne t'en fais pas pour eux, Adrianne. Je m'en charge. Assurait Astrid avec un sourire en coin
- Gaspard ? Tu as conscience que c'est ton père qu'on tient en joue ? Questionnait à son tour Harold
- Je sais. Et je sais aussi qu'il y a un risque qu'il meurt. Même si je ne souhaite pas en arriver là, je ferais ce qu'il faut pour que plus personne ne souffre par sa faute.
Les autres hochaient la tête par compassion et gardaient leur position de défense. En les reconnaissant, quelques commentaires s'échapper de la foule mais aussi de leur proche.
- Fils... murmurait Stoik avec soulagement
- Génial ! Il est vivant ! Et... mais qui c'est ? Adrianne ?! S'interrogeait Gueulfor
- Adrianne ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?! commentait un villageois
- Regardez ! Astrid et Gaspard sont de retour aussi ! L'imitait un deuxième
- Mais pourquoi ils ne sont pas du côté d'Alvin ?! Ajoutait un troisième
- C'est quoi cette affaire ?! Ils ne sont pas morts ?! S'exclamait Mildiou
- Ah les traîtres... ils ont osé me faire ça... QUE PERSONNE NE TIRE OU FASSE QUOI QUE CE SOIT SANS AUTORISATION! Une petite discussion s'impose visiblement... grommelait Alvin avec rage
Les hommes de Mildiou obéissaient tout en restant en alerte d'un nouvel ordre. Deux d'entre eux qui était proche d'Alvin et de son prisonnier maintenait Stoik hors d'état de nuire en l'écartant légèrement du courroux du shérif. La rage intérieure d'Alvin était immense. Aussi bien destinée à ses supposées alliées qu'à ceux qu'il croyait mort, son regard ne cessait de se poser sur chacun des membres du groupe. Ne sachant qui réprimander et insulter en premier, son choix se portait sur celle qui était la principale source de sa colère.
- Alors Adrianne? On est encore en vie ? Tu es du genre tenace pour une fille hein ? Je suppose qu'être habillé en homme doit te donner le sentiment d'être invincible, non ?
- C'est surtout ma propre rage que j'ai envers toi qui me donneras la force de t'empêcher de faire souffrir d'autres personnes.
- Tss. Et que vois-je ? Des traîtres parmi les minables ? Vous avez une explication à nous fournir j'espère ?!
- On est là pour t'arrêter papa. Depuis le départ, t'est allé beaucoup trop loin. Cette haine et cette guerre doivent s'arrêter !
- Oh ? Sans blague ! Et depuis quand vous avez changé de camp ? Hein ? C'était prévu depuis le départ que vous nous trahissiez ? Ils vous ont fait quoi ? Un lavage de cerveau ? répond Astrid ! S'emportait à son tour Mildiou
- C'est en décidant de leur ôter nous-mêmes la vie qu'on s'est rendu compte que c'était mal d'avoir agi ainsi. Adrianne nous a fait entendre la voie de la raison. Nous n'avons donc plus besoin d'avoir à nous venger ou de tuer pour être heureux. Répondait-elle
- Et vous êtes donc devenus amis ? Après toute la haine que vous avez manifestée envers elle ? Après toutes les menaces de mort, toutes les injures, toutes vos idées pour vous venger ? Tout ce que vous avez prononcé pendant tout ce temps... c'était du vent ?!
- Les gens peuvent se tromper. Grâce à son ouverture d'esprit et sa tolérance, elle nous a permis d'accéder au chemin de la rédemption.
- Mais... que je ?! AAAAH ! Vous me rendez malade avec vos conneries ! Et toi l'étranger ?! C'était trop difficile de déguerpir d'ici avec des remords hein ?!
- J'ai fait ce que j'aurais dû faire depuis le début Alvin. Ce n'était pas mon combat et je n'aurais jamais dû t'aider à parvenir à tes fins. À présent, tout comme ton fils et Astrid, j'ai une chance de me racheter en combattant à leur côté.
- espèce de sombre crétin... j'aurais dû te tuer dès que tu m'avais apporté l'autre héros de pacotille ! ET J'AURAIS DU TOUS VOUS TUEZ LES UNS APRES LES AUTRES ! JAMAIS J'AURAIS DU VOUS EMMENEZ AVEC MOI ! J'AURAIS MIEUX FAIT D'ORGANISER MA VENGEANCE MOI MÊME ! TOUT SEUL, SANS UNE BANDE D'ABRUTI QUI OSE ME FAIRE UN COUP PAREIL ! VOUS M'ECOEURER ! TOUS ! DES QU'IL SERA MORT, VOUS SEREZ LES PROCHAINS ! JE RASERAIS CE VILLAGE JUSQU'A CE QU'IL N'Y AI PLUS UN BÂTIMENT EN RUINE QUI TIENNE DEBOUT ! Hurlait-il, tel un dément
- J'ai mieux à te proposer Alvin, mais pour ça, ferme deux secondes ton clapet. Intervenait calmement Adrianne après qu'il ait terminé de hurler.
- JE... tiens donc ? On a mieux à m'offrir ? Et c'est quoi dis-moi ? S'étonnait-il sur un ton plus calme
Avec un léger rictus et un courage inébranlable, celle qui osait braver la fureur du shérif dévoilé ouvertement son idée devant la totalité du village.
- Trop aimable de la boucler pour m'écouter. Alors. Voilà ce que je te propose. Je te provoque en duel, je t'envoie en premier dans les bras de la mort, on se débarrasse des autres gêneurs et on reprend le contrôle de notre village. T'en dis quoi ? Souriait-elle avec un air de défi
- Quoi ?! S'étonnaient ses camarades
- Adrianne ! Qu'est-ce que tu fais ?! protestait Harold
- La ferme. Ordonnait-elle du coin de la bouche avec colère
- AHAHAHAH ! Toi ?! M'affronter en duel et oser penser pouvoir m'abattre ?! C'est ton séjour sous terre qui t'a déraillé le cerveau ou quoi ?!
- Le grand Alvin aurait-il peur de perdre contre une fille ? Se moquait-elle ouvertement
- Peur ?! Mais tu ne tiendrais même pas 30 secondes face à moi, pauvre inconsciente !
- Seulement ? Tu es trop gentil. Souriait-elle encore
- Humph. Mais comme je suis bon prince, je ferais en sorte que le combat dure assez longtemps pour t'infliger d'autres souffrances. Ajoutait-il avec sadisme
- Comme tu voudras. Cependant, ce sera à mon tour de t'infliger de graves blessures. Après tout, tu m'as bien donné une baffe pour chaque chose que tu me reprochais ? Je t'infligerais une blessure fatale pour chaque membre de ma famille carbonisé.
Elle lui lançait à ce moment-là un regard meurtrier.
- Tu as détruit ma vie Alvin. Rien que pour ça, je veux te voir saigner.
Personne n'aurait pensé l'entendre dire ce genre de chose, ni avoir ce regard. Surtout Gueulfor qui la connaissait depuis qu'elle était toute petite. C'était comme si celle qu'ils avaient tous connue était partie, laissant une orpheline totalement aveuglée par sa soif de vengeance.
- Dans ce cas... je t'attends. Approche... puisque tu es si déterminée.
- Astrid, ton épée. Et pas de discussion. Demandait-elle, main tendue vers Astrid en lui rendant son arme à feu
- J'ai compris. Tiens.
La blonde cédait son arme à sa nouvelle amie sans broncher, alors qu'Alvin s'approprier l'épée de Mildiou. Adrianne s'avançait lentement vers son adversaire, épée en main, le regard encore plus dangereux à cause de son état physique et de l'éclat des flammes qui se reflétait sur elle. Mais Harold l'empêchait d'aller plus loin en se mettant en travers de son chemin. La jeune fille levait les yeux au ciel avant de le fixer avec froideur. Même si c'était de la comédie, leurs vrais sentiments étaient réels.
- Adrianne, jt'en prie... fait pas ça.
- Laisse-moi passer Harold. C'est mon plan et je compte bien l'appliquer. Ordonnait-elle
- Non ! Tu vas te faire tuer !
- En quoi le sort que la vie me réserve te concerne encore?
- Parce que je t'aime ! Voilà pourquoi ! C'est si difficile à comprendre ?! lui répondait-il en lui agrippant les bras
- Encore une fois, j'ai du mal à te croire. Alors pour la dernière fois, laisse-moi passer.
- Non ! Ta colère t'aveugle du danger !
- Non. Elle me rend plus forte. Assurait-elle en se dépêtrant sans problème de l'emprise d'Harold
- Elle te rend surtout complètement folle de foncer comme ça tête baissé ! S'exclamait-il
Folle de rage, Adrianne lui collait son poing en pleine figure, faisant tomber Harold dans l'inconscience sous les yeux de tous. Ce geste en abasourdissait plus d'un, surtout son père qui ne comprenait rien à ce qui se passer entre ces deux-là !
- Je t'avais dit ce qui allait arriver si tu osais me traiter à nouveau de folle. Ajoutait-elle en fixant sans remords le corps du jeune homme à terre
- Bon ? On peut y aller maintenant ? S'impatientait-il
- Avec plaisir. Souriait-elle en pointant dangereusement son épée vers lui.
L'ensemble de la foule ne quitter pas les deux concurrents qui se faisait face avec haine. Alvin la regardait également avec une pointe d'amusement vu qu'il voyait ce combat comme une bonne partie de rigolade. Sans prévenir, il s'avançait à toute vitesse vers elle, épée en l'air afin de lui affliger une puissante attaque verticale. Même à bout de force physique, la jeune fille esquivait aisément l'attaque.
- Je parie que tu penses tout savoir sur moi, Alvin ? Non ? lui demandait-elle avec un sourire provocateur
- J'en sais suffisamment sur toi ! S'exclamait-il
- Vraiment ? Alors voilà un aperçu de ce que tu ne sais pas.
Avec rapidité et sans qu'il s'y attende, elle venait de lui infliger sans soucis une belle entaille sur la main. Alvin grimaçait de rage en regardant la plaie et le sang dégouliner pendant que son assaillante le regarder et ricanait discrètement.
- Ça fait mal ? J'aurais peut-être dû te prévenir que mon père m'avait appris quelques techniques de combat à l'épée. En tant que forgeron, il avait une assistante pour tester ses armes. Le combat est plus équilibré et je peux donc aisément t'atteindre et esquiver tes coups.
- Ah oui ? Et celle-là ? TU SAURAS L'ESQUIVER ?!
Alvin brandissait de nouveau son épée qu'Adrianne contra avec la sienne a l'aide de ses deux mains. Alvin avait plus de force qu'elle et lui n'était pas blessée. Profitant du fait qu'elle était préoccupée par l'attaque, il la faisait tomber à terre en lui infligeant un coup de pied aux deux jambes. À terre, elle grimaçait à cause du choc. Avec ce qui lui restait de réflexe, elle esquiver une autre attaque verticale en roulant sur le côté gauche, puis une seconde attaque en roulant vers sa droite.
À son tour de lui faire mal. Elle lui adressait un bon coup de pied mal placé et sur le coup, Alvin grimaçait, la bouche grande ouverte, les mains entre ses jambes. Tout le monde ricanait de ce coup et Adrianne n'avait pas hésité une seconde pour se relever et se marrer aussi.
- Ça va ? Ça doit faire plus mal que le coup de la barbe et la tête contre les barreaux quand j'étais en cellule ! Hein Alvin ?
- Sale garce... Tu... va me le payer... soufflait-il avec rage et difficulté à cause de la douleur
- Euh... tes menaces, ça fait une plombe que tu me les craches à la figure et je les attends encore ! Ricanait-elle
- Fait ta maligne... ça durera pas !
- En attendant, ce n'est pas moi qui me suis pris un coup mal placé. Comme quoi, même les brutes peuvent être mises à terre, et... EURGH !
- ADRIANNE ! S'exclamaient ses proches
- QUE PERSONNE NE TENTE QUOI QUE CE SOIT ! SINON JE LUI BRISE LA NUQUE ! Menaçait Alvin
Chacun d'eux obéissait. La malheureuse venait de se faire attraper violemment à la gorge par Alvin. D'une main ferme, il la maintenait aisément en l'air, son regard n'exprimant que de la dangerosité. Gesticulant dans le vide, elle tentait de s'en dépêtrer en utilisant comme elle pouvait son épée contre lui. En lui tailladant le bras d'une entaille pas profonde, Alvin ne broncher pas et ne semblait pas souffrir. Cet homme semblait indestructible et insensible à la douleur! Ou presque.
- Ça chatouille si tu veux savoir. Précisait-il d'un sourire en lui extirpant des mains son épée.
- Pose-moi à terre... et je te ferais bien plus... que te chatouiller ! rétorquait-elle en étouffant à moitié
- Non. Fini de jouer. Je vais en finir.
Un tonneau d'explosif se trouvait tout près d'Alvin et loin des habitants. Le mettant à l'horizontale, il collait brutalement le corps d'Adrianne dessus en la maintenant dessus à l'aide de son pied, pour ensuite adressait un regard à Mildiou. Son but ? Que Mildiou ordonne à son archer de tirer une flèche enflammé sur le tonneau.
- Vas-y. Ordonne sa mise à mort.
- Si tu y tiens, avec plai...
- MAINTENANT ! Hurlait Adrianne
Un coup de feu venait de retentir, touchant Mildiou en plein cœur. Harold, qui avait simulé son inconscience avec l'aide d'Adrianne comme c'était prévu dans leur plan, venait de lui tirer dessus et se relevait pour rejoindre ses alliés. Malheureusement, Harold l'avait mortellement touché. Le capitaine regarder son allié avant de s'effondrer au sol. Chacun de ses hommes regardait avec effroi et surprise leur chef à terre, la poitrine en sang.
- Pas de bol Alvin... Hein ? Ricanait Adrianne avec satisfaction
- C'est ce qu'on verra. TIIIIIIIIIIRE ! hurlait-il à l'archer planqué sur le toit
Le tireur était sur le point d'obéir mais Killian l'en empêchait en tirant avec une vitesse et une précision incroyable une flèche en pleine tête. Encore plus surpris de voir un des leurs s'être fait tuer aussi brutalement, Stoik en profitait pour mettre ses deux assaillants à terre à l'aide de deux bons crochets du droit. C'était au tour d'Astrid d'agir.
- Je succède à l'autorité de Mildiou ! Si l'un de vous tente encore d'obéir à Alvin et non à moi, il subira le même sort ! Et si vous tentez de tous vous rebeller ou de faire du mal à qui que ce soit, vous mourrez tous un par un. Déclarait-elle sous l'approbation de Killian qui tenait aléatoirement en joue ses ennemis
- Personne à part moi ne lui succédera, espèce d'idiote ! Moi seul contrôle ses hommes et ce village ! ET MOI SEUL DECIDERAIS DE VOTRE SORT ! S'exclamait Alvin avec rage
Son épée en main, il comptait abréger la vie de sa prisonnière mais Stoik lui fonçait dessus de plein fouet.
- PAPA ! S'exclamait Harold
Libérée, Adrianne toussait et se remettait de ses émotions, soutenue et relevée par Astrid et les autres, et tous assister avec crainte au combat opposant Alvin et Stoik. Les deux hommes avaient une force colossale et la colère qui les animait s'exprimait clairement dans chaque coup qu'ils infligeaient à l'autre. Mais Alvin, plus fourbe que n'importe qui, venait de mettre Stoik à terre de la même manière qu'Adrianne. S'agenouillant au-dessus de lui, l'ex-shérif sortait une dague pour la lui planter en plein cœur.
- PAPA ! hurlait Harold
- STOIK ! NON ! S'exclamait Adrianne
Il ne fallait pas qu'il meure ! Pas lui aussi ! Elle n'avait pas pu sauver son propre père des flammes, alors elle était décidée à sauver celui d'Harold. S'emparant sans plus tarder du pistolet qu'Astrid tenait entre ses mains, elle tirait sans remords sur Alvin. Mais son tir n'était pas mortel. La balle n'avait fait que transpercer la main qui tenait la dague, et dont celle-ci tombait sur le sol dans un cliquetait métallique. Trop concentré sur sa main droite percée et en sang, Alvin s'était repris un bon coup de poing par Stoik, le faisant voler à quelque mètre de lui. Essoufflé, Stoik s'écartait de lui pour rejoindre les autres et s'adressait à la jeune fille qui tenait encore l'arme dans ses mains. Mais en voyant le manque d'émotions sur son visage, Stoik s'adressait à elle pour la rassurer.
- Merci Adrianne... Tout va bien maintenant. Repose ce pistolet. C'est fini...
- Oh non ce n'est pas fini... hein Adrianne ? Tu comptes juste me tirer une seule balle ? T'avais pas dit que tu me ferais saigner pour chaque membre de ta famille transformé en tas de cendre ? Intervenait Alvin en se relevant
Le regard sévère, elle relevait son arme vers Alvin. Même si tout le monde tentait de la convaincre de ne pas tirer, Alvin remettait une couche en voyant la jeune fille hésiter et trembler de rage.
- Bah alors ? On hésite ? On n'est pas cap d'aller jusqu'au bout ?
- Ne me tente pas Alvin ! S'exclamait-elle d'une voix tremblante, comme l'étaient ses mains.
- Mais j'attends que ça moi ! Vas-y ! Tire ! Mais réfléchis bien ! Tu garderas à jamais le souvenir de ma mort, tu deviendras une meurtrière et je serais présent à chaque nuit pour te hanter de sombres cauchemars ! Et même si tu as sauvé la vie de chacun des être cher à ton cœur, tu seras jugé pour meurtre, tout comme moi ! Et tu n'échapperas pas une seconde fois à la potence.
- Non... je... bafouillait-elle, les lèvres tremblantes et les larmes aux yeux
- Sauf que contrairement à toi, je n'ai aucun remords à tirer et tuer les autres. Pour preuve...
Avec rapidité, il c'était armé de son propre pistolet pour tirer sur Gaspard. La balle avait atteint l'abdomen, et le pauvre s'effondrait au sol sous les cris et le désespoir d'Astrid ainsi que l'expression choquée et horrifiée des autres.
- GASPARD ! S'exclamait Adrianne
Folle de rage, elle se retournait en larmes vers Alvin qui n'exprimait aucun remords.
- Comment t'as pu faire ça ?! Comment t'a pu tirer sur ton propre fils, espèce de monstre ?!
- C'était un abruti de première de toute façon. Depuis le jour où il t'a vu débarquer dans ce village, il n'a jamais cessé de me casser les pieds et de m'infliger la honte jour après jour. Et comme il m'a trahi, son sort était scellé et vite réglé.
- Monstre... murmurait-elle en pointant son arme vers lui, folle de rage
- Oooh... tu comptes me le faire payer ? Le venger ? Mais pour ça… tire ! Je ne bouge pas en plus ! Quoi de plus facile !
- Je... hésitait-elle à nouveau
- Ce n'était peut-être pas assez pour te faire réagir ? Ou peut-être que ce n'était pas la bonne personne ? Alors qui je vais tuer ensuite ? L'anglais ? Astrid ? Harold ? Gueulfor ? Tiens oui, bonne idée... le dernier membre de ta famille qui te connaît depuis que tu es toute petite ! Dis-lui ad...
- NOOON ! hurlait-elle en tirant cette fois-ci.
Le coup de feu venait d'atteindre le bras gauche d'Alvin, celui qui tenait son arme. La lueur du regard d'Adrianne venait alors d'être comme envahi par les ténèbres, par une rage meurtrière impossible à contenir.
- Ça, c'était pour MON PÈRE ! hurlait-elle
Elle avançait rapidement vers lui sans personne pour la retenir, tirant cette fois dans le bras gauche. Alvin hurlait à chaque impact.
- ROSE !
La jambe gauche.
- VIOLETTE !
La jambe droite.
- JEAN !
Le buste.
- GASPARD !
À terre, en sang et à deux doigts de mourir, c'est avec une vision de plus en plus flou et sans pouvoir agir qu'il regardait sa meurtrière dans le reflet des flammes. Et pour la première fois, à cause de la lumière orangée, son état physique, le sang sur ces vêtements, la pluie et l'état de ses cheveux, elle faisait peur et semblait dangereuse. Elle le regardait en plus avec froideur et sans remords, l'euphorie l'envahissant apparemment de toute part. L'achever serait donc jouissif.
- Tu vois que tu peux ? Alors dis-moi... quel effet ça fait?
- Jouissif. Savoir et voir que ma famille est enfin vengée comme il faut est un soulagement.
- Bien dit... il te reste encore une balle... tu vas me la planter ou ? Dans le cœur ? Le crâne ?
- Le crâne. Tu n'as pas de cœur Alvin. Inutile de tirer dedans.
- Alors vas-y... tire! Venge les... et devient pleinement une meurtrière.
- Avec plaisir. Cette balle... c'est pour m'avoir volé ma vie et mon avenir.
Elle avait conclu la discussion avec froideur en activant le chien une dernière fois. Visant sa tête, elle attendait un instant, savourant le fait de le voir à terre, gisant dans son sang, en train d'agonir. Elle entendait à ce moment la Stoik et Gueulfor qui essayait de la raisonner à distance.
- Ne fait pas ça Adrianne. Laisse le succomber à ses blessures. Intervenait calmement Stoik
- Il ne peut plus faire de mal à personne, ma grande... intervenait à son tour Gueulfor
Se moquant totalement de leur avis, elle appuyait une dernière fois sur la détente, mettant fin à l'existence d'Alvin. En voyant l'éclat de ses yeux sombres s'estompait, la jeune fille esquissée naturellement un sourire, la rendant à ce moment-là complètement sadique. L'envie de tuer l'avait submergée, et maintenant que tout était fini et qu'elle se rendait compte de son geste, elle lâchait son arme avant de s'effondrer à genoux au côté du cadavre.
- Vous êtes vengé... c'est fini maintenant... vous pouvez reposer en paix... pensait-elle avec soulagement
Mais pour y parvenir, elle venait de tuer un être vivant. Un monstre, oui, mais un être humain avant tout, même si le concept « d'humain » le concernant était exclu. Elle lui avait ôté la vie et elle avait aimé ça. Pour une bonne cause, elle était devenue une meurtrière. Plus rien ne serait comme avant à ses yeux. Les yeux brillants, elle tournait lentement la tête vers tous ses proches qui la regarder tristement sans pour autant prononcer un mot ou encore s'approcher. L'éclat dans leur regard ne signifiait pas qu'il lui en voulait. Personne ne lui en voulait de l'avoir tué puisqu'elle les avait tous sauvé. Mais leur regard signifiait simplement qu'ils étaient désolés. Fermant tristement ses yeux, une larme s'en échappait. Et sans savoir pourquoi, peut-être par respect de l'être vivant, ou pour lui accorder quelque chose de bien dans la mort, elle lui fermait les yeux. À présent, c'est comme s'il dormait. C'était moins pénible à voir, mais ça l'empêcher pas de laisser d'autres larmes s'écoulaient sur ses joues.
Harold avait dit que les dieux étaient contre eux. Et il avait vu juste. Débarrasser d'un danger, un autre guettait la jeune fille. L'un des arbres en feux manqué de s'effondrer sur elle. Ayant remarqué ce danger en premier, Killian courait droit sur elle en hurlant.
- ADRIANNE ! ÉCARTES-TOI DE LA ! VITE !
Beaucoup de monde mettait du temps avant de comprendre de quoi il parlait. Et en comprenant enfin pourquoi, l'angoisse les saisissait tous. Tournant sa tête vers lui, Adrianne regardait ensuite dans une des directions qu'il regardait avec angoisse. Voyant à son tour le danger, elle était à nouveau figée d'effroi, les yeux grands ouverts. Son cerveau lui ordonnait de déguerpir mais son corps refusait d'obéir. Et la fatigue et les douleurs accumulées depuis sa capture n'arrangeaient rien. Elle était trop affaiblie et n'arrivait plus du tout à bouger. La chance de rejoindre sa famille lui tendait les bras, et une part d'elle-même acceptait cette fatalité. Voyant donc une mort inévitable lui tombait dessus, elle comprenait l'intention de Killian et lui hurlait à son tour dessus. Elle ne voulait pas qu'il meurt ! C'était son tour à elle ! Pas à quelqu'un d'autre !
- NON ! KILLIAN ! RESTE OÙ TU ES !
La chaleur environnante devenait plus intense car l'arbre s'approchait de plus en plus vite. Personne d'autre n'intervenait à part Killian. Harold était incapable de bouger aussi. Il se trouvait trop loin, il n'avait pas été assez rapide, son regard inquiet ne quittait pas Killian des yeux et il ne cessait d'espérer qu'il arrive à temps pour la sauver. Proche d'elle, Killian s'apprêtait à la pousser vers une zone plus sure, mais elle, elle lui ordonnait encore une fois avec angoisse de s'arrêter.
- NO ! PLEASE ! STOOOOP !
Killian la poussait de toutes ses forces avant de finir à sa place. Adrianne reculait jusqu'à l'un des poteaux d'un des bâtiments du village et s'y cognait violemment la tête. Totalement sonnée, elle s'effondrait au sol, avec pour dernière image la vision floutée de l'arbre en feu étendu sur le sol.
oO*Oo
Depuis cette nuit, tout était redevenu calme au village. Beaucoup de choses se sont passé. Les hommes de Mildiou c'étaient fait conduire en cellule en attendant une décision des représentants de la ville. Les hommes c'étaient tous chargé avec prudence de faire évacuer les barils d'explosifs pour les mettre en lieu sure. L'arbre réduit en cendres avait été déblayé et les corps avaient été emmenés là où ils devaient être emmenés pour qu'on s'occupe d'eux avant la mise en terre.
Deux jours plus tard, le calme et la paix étaient toujours là, mais l'inquiétude pesait sur chacun des habitants car leur sauveuse ne c'était pas réveiller. Chez le médecin, Adrianne était confortablement installée à l'étage. Gothi, l'une des principales assistantes du médecin avait soigné les blessés depuis leur arrivée ici et la jeune fille dormait paisiblement. À son chevet se trouvait Harold, Gueulfor et Stoik qui attendaient que Gothi termine de l'examiner. En ne voyant pas la petite femme esquisser un sourire rassurant, l'angoisse s'installait progressivement dans leur cœur.
Gothi ouvrait délicatement une paupière de l'endormie et y passé au loin une bougie allumée. Mais comme elle s'y attendait, la patiente n'émettait aucune réaction. Soupirant tristement en la laissant dormir et en atteignant la bougie, elle portait son regard sur les trois visiteurs.
- Alors ? Est ce qu'elle va s'en sortir ? demandait Harold avec espoir
Ne pouvant lui parler, elle utilisait le langage des signes dont Gueulfor comprenait le sens.
- Euh... Elle dit qu'elle est... dans une sorte de coma. Tous ses... signes vitaux sont opérationnels, elle est hors de... flancher ? Non, danger ! Elle reprend des forces... et guéri assez vite, mais pour une raison qu'elle ignore... elle refuse de se réveiller. Traduisait le forgeron
- Non... soufflait Harold avec horreur
- Y'a pas moyen de la ranimer ? demandait Stoik
- Euh... elle dit qu'elle, non, mais si Adrianne est encouragée tous les jours par les voix de ses proches, par des gestes tendres comme... tenir sa main, où des caresses dans les cheveux... elle pourrait réagir à tout ça et... décider de se réveiller. Et que la meilleure personne qui puisse y arriver, c'est Harold.
- Impossible. Pas après ce que je lui ai fait...
- Je sais que ça semble difficile fils. Mais toi seul arrivera à la faire revenir. Rassurait son père
- On en est tous convaincu. Ajoutait Gueulfor avec un sourire rassurant
- D'accord... je vais faire de mon mieux...
- On va te laisser. Venez.
Gothi terminait la marche, mais discrètement, Harold la retenait et refermer la porte pour lui posait une question assez embarrassante alors qu'elle le regardait avec intrigue. Même qu'il avait intérieurement cru Adrianne sur parole et qu'il savait que les paroles d'Alvin étaient fausses, il avait besoin d'un avis médical. Il voulait en avoir le cœur net, même si une bonne ou une mauvaise réponse ne changerait rien à son projet de la reconquérir.
- Euh… Gothi. Vu que vous l'avez examiné et soigné, est-ce que vous pouvez me dire… si… elle aurait été… ou qu'elle aurait subi… enfin, vous comprenez ? Bafouillait-il tout gêné et inquiet
Gothi comprenait tout à fait son inquiétude et ce qu'il voulait savoir. Par un sourire sincère et un signe négatif de la tête, elle lui assurait que non, qu'Adrianne était toujours intact. Harold voyait que Gothi ne mentait pas. Il la remerciait avec soulagement alors qu'elle quittait calmement la pièce pour le laisser seul avec elle. Avant qu'elle referme la porte, Gueulfor adressait à Harold un dernier regard encourageant accompagné d'un clin d'œil. Assis sur une chaise, Harold avait beaucoup de mal à vouloir se lever pour s'asseoir aux côtés d'Adrianne. Il voulait tant que son père ait raison, qu'elle se réveille et que tout redevienne comme avant entre eux. Les lèvres pincées, il lui prenait tendrement sa main dans la sienne avant de prendre une inspiration et de se lancer dans un monologue assez long.
- Salut Adrianne... tu m'entends ? C'est Harold. Je me doute bien que même dans ton... « Sommeil », tu ne veuille ni m'entendre, ni que je prenne ta main... d'ailleurs tu l'aurais déjà retiré. Mais je veux que tu sache... que malgré ta colère envers moi, je ne compte pas abandonner. Je suis amplement conscient du mal que je t'ai fait et aussi longtemps qu'il le faudra, je m'en excuserai. « Pourquoi ? » me dirais-tu ? Parce que je t'aime Adrianne. Je t'aime comme jamais on pourrait aimer une personne... et te voir comme ça, endormie et immobile depuis deux jours m'arrache le cœur. J'aimerais tant que tu ouvres les yeux Adrianne... ce doux regard noisette me manque...
Marquant une pause, il lui adressait un regard peiné car elle n'avait toujours pas bougé et n'avait réagi ni au son de sa voix, ni aux caresses sur sa main. Pensant à l'autre idée de contact de Gothi, il se penchait vers elle, sa main caressant tendrement ses cheveux et son visage.
- Il n'y a pas que ton regard qui me manque. Ton sourire, ton rire, ta voix, tes étreintes, tes baisers... tout. Toi, tout entière...
C'est difficile pour lui. Il avait presque l'impression de dire adieu à une morte. Les larmes aux yeux, il attendait encore un moment avec espoir, avant de reprendre.
- Jt'en prie, reviens vers moi Adrianne... j'ten prie... tout autant que tu es celle que j'aime le plus au monde, tu es ma meilleure amie... ma meilleure amie. Je sais que tu m'entends... alors réveilles-toi ! Jt'en prie ! Je ne veux pas vivre sans toi...
Toujours rien. Il se laisser aller à son chagrin, sanglotant contre elle sans lâcher sa main. Une fois calmé mais toujours en larmes, il lui adressait un regard déterminé avant de lui donner un baiser sur la joue et de lui dire une dernière chose.
- Jamais je n'abandonnerais, mon amour... Je reviendrais tous les jours, et à ton réveil, je te redemanderais de m'épouser. Je veux que tu es de nouveau confiance en moi, que tu m'accordes à nouveau ton amour et que tu me dises oui comme la dernière fois... et je ferais tout pour que ça arrive Adrianne... je te le promets.
Il embrassait sa main avant de la laisser seule et de sortir à son tour. De l'autre côté de la porte, son père et Gueulfor étaient resté là. Et en voyant les larmes d'Harold, leur cœur se resserrait.
- Alors ?
- Rien. Mais c'est trop dur... j'ai l'impression de parler à une déf...
- Justement, elle ne l'est pas ! Il ne faut pas abandonner fils, soit fort !
- Facile à dire.
- Écoute, pour le reste de la journée, on viendra la voir à tour de rôle.
- Et en attendant demain, pourquoi tu ne continuerais pas de préparer le mariage ?
- Non.
- Mais pourquoi ?
- Vous ne comprenez pas ou quoi? Durant notre captivité, j'étais tellement en rage contre tout ça, que je lui hurlais dessus ! Je lui ai hurlé au visage que je brisais notre engagement ! Et malgré mes excuses, elle m'en veut énormément ! Elle me déteste et ne m'aime plus! Et tant qu'elle ne se sera pas réveillée, que je lui aurais pas refait ma demande, ni qu'elle ne me réponde à nouveau « oui », je ne peux pas préparer le mariage ! Et pareil pour notre maison, même si elle est finie. Je ne vois pas l'intérêt de la finir si elle ne veut pas y vivre.
- Harold...
- Je vais à la forge... ou ailleurs, je ne sais pas. À plus tard et... bonne chance.
Harold s'en allait du bâtiment en essuyant ses dernières larmes. Les deux hommes se mettaient d'accord pour savoir qui irait voir Adrianne en premier. Le choix était tombé sur Gueulfor. Il poussait un soupir triste en la revoyant, et retournait s'asseoir sur la chaise a côté du lit. Il comprenait ce que voulait dire Harold quand il disait qu'il avait l'impression de parler à une défunte. Mais plutôt que de lui parler avec tristesse, il lui parlait comme à son habitude, comme si elle était éveillée.
- Bah alors ma grande ? On pionce ? Heureusement que tu ne prends pas les tisanes de la mère Denis pour dormir ! Hé hé... ah la la... Je viens de croiser Harold tu sais ? Le pauvre est dans un état. Autant te prévenir, il ne lâchera pas la grappe ! Il a vraiment la volonté d'un homme prêt à tout pour celle qu'il aime.
Gueulfor attrapait sa main avec prudence et enchaînait son dialogue avec tristesse et sincérité.
- Il regrette ma grande. Ça se voit dans son regard et ça s'entend quand il nous parle. Et ses larmes ne peuvent pas mentir non plus. Et je ne dis pas tout ça pour te forcer à te réveiller ! Je sais que ses paroles ont dû te faire autant de mal que les blessures qu'Alvin t'a infligées, mais pardonne lui. Il a bien droit à une deuxième chance non ? Accorde-lui ton pardon Adrianne. Après tout, il ne t'a pas accordé le sien quand tu as quitté votre planque et que tu as voulu te jeter de la falaise ? Hum ? réfléchis-y. Bon allé j'y vais ! J'ai du boulot qui m'attend. On se revoit bientôt !
Il lui donnait une caresse sur ses cheveux et un baiser sur le front avant de sortir à son tour. Il adressait un regard encourageant à Stoik et sortait du bâtiment médical. Le maire s'asseyait à son tour sur la chaise pour lui parler.
- Bonjour Adrianne. Je sais de quoi Harold et Gueulfor t'ont parlé. Quant à moi, je tenais à te dire à nouveau merci de m'avoir sauvé la vie. Tu as fait preuve d'un très grand courage et je ne peux qu'être admiratif. Je ne sais pas trop comment ça se fait que tu ne veux pas te réveiller alors que Gothi nous dit que tout va bien. Peut-être que tu refuses de te réveiller par rapport à ce que mon fils t'a dit ? Ou alors c'est par peur de ce qu'Alvin t'a dit avant de mourir. Il a voulu te faire peur en disant que tout meurtrier ou criminel était jugé pour ses crimes et que dans la majeure partie des cas, une condamnation à mort leur était réservée. Mais je tiens à te rassurer que tu ne seras pas jugé et que tu ne revivras pas les cauchemars de la dernière fois ! Tu nous à tous sauvé la vie Adrianne ! On ne peut pas condamner à mort les héros. Et sache que personne ne t'en veut, ni te ne déteste, ni te renie du village. Tout le monde a plutôt hâte de te revoir et de célébrer ton mariage avec Harold. Mais pour ça... il faut que tu te réveilles et que tu acceptes à nouveau sa demande. J'étais et je suis toujours fier et honoré de l'idée de t'avoir pour belle fille. Ne m'enlève pas cette joie, s'il te plaît...
Posant sa main sur la sienne, il ajoutait une dernière phrase à l'égal de son fils et son meilleur ami.
- Nous reviendrons te voir. Mais pour l'instant, reposes-toi pour vite revenir parmi nous. Tu nous manques Adrianne. Reviens vite.
Triste de ne voir aucun signe de sa part, c'était à son tour de sortir et de la laisser seule.
oO*Oo
Plus les jours passaient, plus l'angoisse devenait présente dans le cœur de chacun. Adrianne ne c'était toujours pas réveiller et n'avait que très peu réagit aux appels et gestes de tendresse de ses proches. Chacun d'eux venait la voir, lui racontant les dernières nouvelles. Tous. Harold, Stoik, Gueulfor, Astrid, Ingrid, les jumeaux, Rustik et même Gaspard. Cette fameuse nuit, quand ils ont découvert qu'il était encore vivant et que selon le médecin, la blessure n'était pas mortelle, les théories selon laquelle Alvin aurait tiré sur son fils n'étaient qu'un prétexte pour forcer Adrianne à lui tirer dessus. Le fourbe avait mis en danger la vie de son fils pour faire d'Adrianne celle qui mettrait fin à sa vie, la condamnant à jamais.
Mais les journées continuaient de passer encore et encore sans un signe d'espoir pour tout le monde, si bien que deux mois s'étaient écoulés. Les gens commençaient à se demander si elle finirait par se réveiller un jour. Ça leur faisait même bizarre qu'elle soit encore en vie alors qu'elle ne répondait à rien ! C'est comme si sa famille garder auprès d'eux une morte. On conseillait aussi à Harold de ne pas sombrer dans le chagrin et que si elle ne se réveiller pas, il devrait tourner la page.
Mais pour lui, c'était hors de question. Il ne pouvait pas l'abandonner ! Il lui avait promis... À la longue, Harold était le seul qui allez la voir, restant parfois de longues heures auprès d'elle. Les autres n'avaient pas perdu espoir et y retourner de temps en temps, mais c'était dur de ne voir aucun progrès. Chaque jour, il venait la voir, lui parlant de tout ce qui se passer au village, que Gaspard et Astrid avaient repris le poste de shérif et d'adjoint, faisant aussi des pirates leurs hommes de main, sous l'autorisation de Stoik. Les pirates avaient accepté leur nouvelle vie sans montrer de résistance de mépris et de colère. Ils étaient heureux et reconnaissants qu'on leur offre une seconde chance. Ils c'étaient même fait une joie de traquer Sauvage pour l'emmener croupir au fond d'une cellule, sous la haute surveillance et satisfaction des nouveaux responsables de la prison. Mais fou d'être privé de sa liberté, il avait mis en pièces sa chemise pour s'en faire une corde afin de se pendre aux barreaux de sa fenêtre. En revenant le voir, il était mort, rejoignant fatalement Alvin et Mildiou au cimetière.
Harold lui racontait aussi qu'il y avait eu des naissances, des décès, des demandes en mariage, des accidents comiques sur la place du marché, et toutes sortes d'événements. Il précisait que le temps avait passé et que l'été était là, mais aussi le soleil, la chaleur, les fleurs, que les arbres étaient totalement parés d'un beau feuillage vert. Mais la convalescente ne montrer aucun signe que ce qu'Harold lui racontait, un peu comme s'il parlait dans le vide.
Adrianne aussi avait changé malgré son état comateux. Ses cheveux avaient légèrement poussé et lui arriver sur les épaules. Sa petite frange lui arriver en dessous des yeux, et plutôt que de la couper, on l'avait coiffé d'une frange sur le côté qui lui couvrait à moitié son œil droit. Ça changeait, mais ça la rendait tout aussi belle. Tous ses bleus et toutes ses blessures avaient disparu. Plus aucune trace de la vengeance d'Alvin.
Stoik rentrait discrètement dans la pièce après avoir frappé. Il soupirait tristement en voyant son fils à genoux par terre, bras croisé sur le lit, sa tête poser dessus et sa main qui tenait encore et sans relâche celle d'Adrianne.
- Fils...
- Hum... ?
- Tu devrais sortir d'ici et prendre l'air. Ça fait deux jours que t'a pas quitté cette chambre et que t'a presque rien mangé ce midi. Et à rester comme ça, tu vas devenir fou.
- Jsuis déjà fou de chagrin, je peux avoir pire...
- Harold. Viens, s'il te plaît. Tu reviendras la voir demain matin.
- Je n'ai pas envie. Laisse-moi.
- Je n'hésiterais pas à te faire sortir de force.
- Tss. C'est bon je sors, pas besoin de me menacer.
Sans regarder ni elle, ni son père, Harold sortait de la chambre sous la vigilance de son père. N'écoutant pas ses excuses, il s'éloignait au pas de course, et Stoik concluait la marche.
