Salut à tous ! Et voilà le dernier chapitre qui met un terme aux aventures d'Harold et d'Adrianne. Il n'y aura pas de troisième partie, ça s'arrête là. J'espère que l'histoire vous aura plu dans sa totalité! ^^ Je tenais à dire un grand merci à vous tous pour votre présence et votre soutien. Merci. :)
Pour la musique que j'indique, voici la petite histoire. Quand j'avais fini d'écrire cette fic, j'ai redécouvert cette vieille chanson sur internet. Et en regardant le clip, je me suis rendu compte avec amusement que plusieurs détails ressemblaient presque aux événements de ma fic ! Enfin, de mon point de vue. Cette chanson m'a donc donné encore plein d'inspiration et de ce fait, les chapitres qui n'étaient pas encore postés ont subi tous les jours pleins d'améliorations ! :D Ce qui explique aussi que les deux derniers chapitres soient longs ! x) Voila. Sur ce, encore merci et à bientôt ! :)
Musique : La légende de Blanche-Neige – Générique
Chapitre 14 - Un rêve qui se réalise
Depuis le début de son sommeil, Adrianne n'avait pas cessé d'entendre les appels et les paroles de chacun. Elle avait senti chaque caresse, chaque baiser, chaque étreinte à sa main, mais elle était prisonnière de son corps, sans pouvoir se libérer de cette paralysie qui l'empêchait de rassurer ses proches et de chasser leur tristesse. Et pour l'heure, elle n'avait pas d'autre choix que de ressentir de la peur, de la tristesse, mais aussi de dormir et de rêver.
Et dans son rêve, elle rêvait qu'elle était aux portes de son ancienne maison. La demeure de brique claire, de bois foncé et aux murs ornés de plantes grimpantes était encore plus belle qu'avant. Il n'y avait qu'un pas à faire et elle serait chez elle. Mais elle n'arrivait pas à bouger. C'est là que son père sortait de la maison. Surprise mais heureuse de le revoir, elle l'appelait avec de grands sourires en faisant de grands signes de la main. À ses yeux, il lui paraissait plus beau, plus jeune et heureux. L'homme apercevait sa fille aînée et s'approchait lentement d'elle avec un sourire bienveillant.
- Papa ! Mais... que...
Elle tentait d'avancer, mais c'était impossible. Ses pieds refusaient de bouger. Elle était coincée entre l'entrée du domaine et l'entrée de la forêt qui menait au village. Quand son père était enfin proche d'elle, elle oubliait aussitôt son inquiétude
- Papa...
- Bonjour Adrianne. Souriait-il
- Tu... tu es la... tu es vivant ?!
- Ma chérie. Tu sais bien que je ne suis plus de ce monde depuis longtemps.
- Mais pourtant...
Levant sa main vers lui, elle était de nouveau triste et perplexe de ne pas pouvoir l'atteindre, aussi prêt qu'il était d'elle.
- Mais... je ne comprends pas... ! Pourquoi je ne peux pas avancer pour rentrer chez moi ? Pourquoi je ne peux pas te toucher ?!
- Tout simplement parce que tu n'as pas à être ici.
- Mais pourquoi ?!
- Pourquoi ? Ferme les yeux et mets ta main sur ta poitrine. Aller.
Étonnée de sa demande, elle l'exécutait sans discuter. Tout ce qu'elle entendait, c'était un bruit fort et régulier.
- Tu sens ? C'est les battements de ton cœur. Ce qui veut dire que tu es vivante et que ta place n'est pas ici, mais au village.
- Au village ? Non. Je... je ne veux pas partir... je veux rester ici ! Avec toi ! Avec vous ! Vous me manquez beaucoup trop...
- Toi aussi tu nous manques Adrianne. Mais tu ne peux pas rester là. Ce n'est pas ta place. Elle est auprès de ceux que tu aimes et qui t'attendent depuis longtemps. Surtout Harold.
- Papa... soupirait-elle avec tristesse
- Écoute-moi. Vous êtes fait l'un pour l'autre. Vous avez la chance de vous être trouvé, de vous aimer et d'être encore en vie ! Alors savourez ce bonheur !
- Tu oublies un détail. Je ne peux pas me réveiller ! Je suis figée dans un sommeil depuis deux mois !
- C'est la peur d'affronter à nouveau la vie et tes proches qui bloquent l'accès à ton réveil. Mais tu les as pourtant clairement entendus. Ils ne t'en veulent pas et ils ne te feront rien de mal ! Ils n'attendent que ton réveil ma chérie ! Tu n'as plus à avoir peur. Plus personne ne te fera de mal. Sauf toi, si tu continues à avoir peur de te réveiller et de craindre le pire. Et puis tu a ton mariage à célébré non ?
- On est plus fiancé papa... il...
- Quoi ? Il a brisé l'engagement ? Tu n'as plus ta bague ? Et alors ? Tu sais qu'il regrette et qu'il ne demande qu'à t'avoir à ses côtés pour le restant de vos jours. Et puis tout le monde fait des erreurs. Même si ça t'a fait très mal et qu'il a dit ça dans un moment de colère, il exprime sans relâche ses regrets. Et dans la vie, faut savoir s'en rendre compte et pardonner. Tu ne veux pas que vous soyez malheureux jusqu'à 80 balais ? Si ?
- Non...
- Alors tu vas me faire le plaisir de te réveiller, de te lever, d'aller le retrouver et de lui redire oui quand il te refera sa demande. D'accord ?
- D'accord...
- J'ai pas entendu.
- D'accord.
- À la bonne heure ! J'en connais un qui aura une belle surprise !
- Surement... souriait-elle
- Sache qu'on est tous heureux pour vous deux. Et qu'on aurait aimé être là pour ton mariage, mais...
- Pas de soucis. Vous serez là. Juste ici... précisait-elle en remettant sa main sur son cœur
- Ma grande fille... murmurait-il ému
Tout autour d'eux, ça commençait à devenir flou et tout blanc. Le décor forestier et la jolie maison disparaissaient progressivement. C'était signe qu'elle allait se réveiller. Avant de partir, elle redemandait une chose à son père.
- Papa ?
- Oui ?
- Je suis désolée de ce qui vous est arrivé, même que c'était un accident. J'ai tout fait pour vous sauver, mais je n'ai pas réussi. Mais sache que le vrai responsable a été puni. Vous pouvez reposer en paix.
- Merci pour tout ma chérie. Je suis fier de toi et du courage que tu as eu. À présent, réveilles-toi.
- Attends ! Dis-moi... c'est le paradis ici ?
- Selon ce que tu imagines être le paradis, c'est en quelque sorte ça. Quand le vrai moment sera venu de nous rejoindre, nous serons tous ici à t'attendre avec maman.
- Maman...
- Sache qu'elle t'aime et qu'elle est fière de toi. Elle le sera toujours. Comme nous tous.
- Moi aussi je l'aime... je vous aime tous ! Dis le à tout le monde pour moi !
Avant que tout s'efface, la seule chose qu'elle avait réussi à voir était son père qui lui souriait tendrement en hochant la tête. Quand Christian avait à son tour disparu, Adrianne ouvrait pour la première fois les yeux.
Clignant plusieurs fois pour se réhabituer à la clarté du jour, elle fixait pendant un moment le plafond. Tournant lentement la tête vers la droite, puis lentement vers la gauche, elle voyait qu'elle était seule. Et chez le médecin. Elle s'étonnait de voir que durant son sommeil tout le monde était là, et quand elle arrivait enfin à se réveiller, y'avait plus personne. Mais elle arrivait à comprendre la situation. Lentement, elle se redressait sur son lit. Et plusieurs choses ou détails attirés son attention. En premier ses blessures. Elle n'avait plus aucun bleu, aucune rougeur ni aucune entaille ! Elle remarquait ensuite qu'elle ne portait plus ses vêtements d'homme sale et ensanglantés. À la place, elle avait une longue robe blanche de convalescence. En baissant la tête, elle remarquait que sa frange n'était pas comme d'habitude. Elle n'arrêtait pas de la mettre derrière son oreille tellement ça la perturbait ! Et pour finir, ses cheveux lui paraissaient un peu plus longs. Mais de combien de centimètres ?
Troublée de ne pas se reconnaître, elle se mettait en quête d'un miroir. Et par chance, il y en avait un sur la table de chevet. Adrianne s'en emparer prudemment car elle était encore un peu somnolente et avait l'impression d'être engourdie de partout. Plaçant le miroir devant elle, c'est avec étonnement qu'elle se redécouvrait à l'aide de sa main. Du bout des doigts, elle frôlait sa peau. Plus aucune douleur nulle part ni plus aucune marque de brutalité. Elle avait de nouveau son visage d'avant. Elle était de nouveau normal, jolie. Frôlant ses cheveux et sa frange, elle voyait qu'ils avaient bien poussé. Et sa nouvelle coiffure ne lui déplaisez pas. Habitué à une petite frange et aux cheveux longs, le changement était assez radical ! En continuant de se regarder, elle faisait la moue.
- Deux mois... je n'en reviens pas. Le trou noir totale... c'est comme si j'avais un trou dans mon existence. C'est perturbant... dire que j'étais dans un état pitoyable et là, je suis comme... réparée. Et différente ! Je me reconnais à moitié ! Mais bon. Je m'y ferais. Comme le reste. Bon. Je vais essayer de tenir ma promesse et de me lever de ce lit.
À chacun de ses gestes, elle grimaçait en pinçant ses lèvres. N'ayant pas bougé depuis des semaines, fallait y aller doucement et faire preuve de patience. Au bord du lit, elle s'accordait une remarque à demi-sarcastique.
- Bon sang... on dirait une vraie empo... tééééééé ! AH !
Elle avait réussi à se mettre sur ces jambes et à faire un petit pas, mais son immobilisation ne lui permettait pas encore de se déplacer toute seule. À terre, elle se relever de son mieux et soufflait avec agacement sur sa frange qui lui chatouiller le nez.
- Et je fais quoi maintenant ? J'appelle au secours ? Quel joli spectacle pour celui ou celle qui...
La porte s'ouvrait à ce moment-là. Relevant son regard vers la porte, elle voyait Stoik qui la regardait avec stupeur avant de se ressaisir et d'aller lui porter assistance.
- Adrianne... Dieu merci, enfin tu t'es réveillé...
- Bah oui, je ne serais pas par terre sinon...
- Et t'a toujours ta repartie ! T'est toujours toi-même ! Merveilleux... riait-il en l'aidant à se rasseoir sur le lit.
Honteuse de c'être retrouvée ainsi devant une personne importante du village et son futur beau-père, elle évitait de le regardait dans les yeux alors que Stoik ne cesser de la regardait avec un immense sourire ravi. Chose qu'elle voyait sans le voir puisque ses joues se teintaient d'un rouge naturel. À présent, c'était au tour de Gothi d'entrer dans la pièce. Surprise tout comme Stoik, elle s'approchait de sa patiente pour pratiquer quelques examens de routine. Comme tout était normal, elle leur adressait un sourire que Stoik percevait comme un bon signe.
- Est-ce que tout va bien ? demandait-il
Gothi hochait positivement la tête. Fou de joie, Stoik s'emparait du visage d'Adrianne pour l'embrasser sur le front.
- Bon sang... si tu savais comme c'est bon de te revoir parmi nous !
- Je vois ça !
- Tu nous bien fichu la trouille quand même !
- Désolée...
- Mais ce qui compte, c'est que tu sois réveillée et que tu ne sois plus en danger ! Oh quand Harold va savoir ça, il va être fou de joie ! Je vais vite aller le chercher et lui dire que tu es réveillé ! Il n'aura jamais couru aussi vite de sa vie!
- Une surprise... murmurait-elle
- Pardon ?
- Il faut... que ce soit une surprise Stoik. Aller le voir, mais dites d'une manière indirecte que je suis réveillée. Lui expliquait-elle
- Une surprise ? Dois-je comprendre... que tu veux le revoir et que tu n'es plus fâché contre lui ?
- Oui. Souriait-elle
- Et pour le mariage... c'est toujours prévue ? demandait-il à nouveau avec hésitation
Elle souriait timidement en guise de réponse. Encore plus heureux, il l'embrassait à nouveau sur le front, la faisant rire à cause de son enthousiasme et des poils de barbe qui lui chatouiller le visage.
- Oh que c'est merveilleux d'entendre ça ! Bon aller je fille ! Fais-toi toute belle, je vais chercher ton prince charmant !
Adrianne le regardait s'en aller avec un sourire amuser. Voir Stoik si heureux ne pouvait que la rassurer pour le reste. Dès qu'il avait disparu de son champ de vision, elle demandait gentiment à Gothi de la laisser seule, et la petite femme s'en aller avec le sourire. Adrianne rassemblait tout son courage pour pouvoir faire face à Harold, tout en arrangeant nerveusement ses cheveux à l'aide du miroir.
oO*Oo
Harold s'était réfugié à la taverne en compagnie de ses amis. La tête dans les mains, il restait assis au comptoir et ne disait presque rien.
- Tiens Harold, bois ça. Conseillait Rustik
- Non merci. Grognait-il en regardant le tout petit verre.
- Tu devrais. Ça te redonnerait un coup de fouet. Assurait gentiment Astrid
- La dernière fois que j'ai bu, j'ai foutu une droite à Gaspard et j'l'ai mis KO, vous vous rappeler ? Alors j'évite l'alcool.
- Comme tu voudras. J'laisse le verre au cas où.
- Pff...
Toute la troupe essayait de lui remonter le moral, sans résultat. Il ne répondait qu'à moitié quand on lui parler, il ne riait pas aux blagues et demeurer immobile sur sa chaise. Même quand son père entré dans la salle, il ne daignait même pas tournait sa tête vers lui. Jouant la comédie pour que la surprise fonctionne, Stoik avait abandonné son sourire radieux pour un visage à demi heureux.
- Bonjour Stoik. Qu'est-ce que je vous sers ?
- Un remontant Rustik ! J'en ai bien besoin. Répondait-il en s'accoudant au comptoir
- Y'a déjà un verre de servi qui n'attend qu'à être vidé. Informait Krane en montrant le verre d'un signe de tête
- Ouais buvait le, il en veut pas. Il a peur de disjoncter comme la dernière fois ! ajoutait sa sœur sur le ton de la plaisanterie
- Bon. Dans ce cas...
Stoik s'emparait du petit verre pour le boire d'une traite et de pousser un soupir satisfait.
- Aaaah ! Ça fait du bien !
- Comment ça se fait que t'est de bonne humeur toi ? S'étonnait Harold avec mauvaise humeur
- Parce que j'ai l'air d'une vieille chanson qui me trotte en tête depuis tout à l'heure et qui me donne le sourire
- T'a de la veine. Mais je ne trouve pas sympa de ta part d'étaler ta bonne humeur sous mon nez.
- Désolé fils. Mais si ça peut te rassurer, tu finiras par la chanter à ton tour.
- Jsuis pas d'humeur à chanté, papa. grommelait-il
- Tu le feras, crois-moi. Insistait-il
- C'est quoi comme chanson ? S'interrogeait Astrid
- J'ai un peu oublié les paroles... mais l'air m'est revenu d'un coup. Ça donne ça.
Stoik se mettait alors à sifflait le début de la chanson des parents d'Adrianne. Celle que Christian et sa fille avaient chanté dans la petite maisonnette. Sur le moment, Harold n'avait pas fait gaffe parce qu'il n'avait pas reconnu la chanson. Mais en écoutant son père sifflait jusqu'au bout, il exprimait un hoquet de surprise en s'en souvenant. Tournant rapidement sa tête vers son père qui buvait un second petit remontant, il le questionnait avec espoir, mais aussi avec crainte d'être déçu de la réponse
- Papa... Pourquoi tu chantes ça ? Est ce que...
Stoik ne lui adressait qu'un sourire sincère en guise de réponse. Ne cherchant pas à comprendre, Harold se levait d'un bond pour courir à toute vitesse vers le bâtiment hospitalier. Quand les autres demandaient des explications à Stoik, il leur souriait d'une telle manière, qu'ils finissaient par en comprendre la signification avant de sourire à leur tour.
oO*Oo
Trop nerveuse d'attendre et de rester assise, Adrianne c'était prudemment relevé du lit pour faire quelques pas jusqu'à la fenêtre. En voyant de nouveau le soleil et les beaux jours, un tendre sourire naissait sur son visage. Elle revoyait les toitures des maisons et des commerces du village, les reconnaissant immédiatement tellement elles savaient ou ils se situaient. Et puis c'était une idée pour passer le temps et calmer sa nervosité. Peu de temps après, son regard se portait sur la forêt environnante. Ça se voyait que l'été approcher, vu comment les arbres étaient bien feuillus.
Soudain, un détail la gênait. Elle avait l'impression d'oublier un truc très important. Fouillant dans sa mémoire ce qui pouvait y avoir comme lien avec la forêt et son inquiétude, c'est avec horreur qu'elle s'en souvenait. Killian.
Tout lui revenait de cette nuit! Le sauvetage, la droite dans le nez, le baiser, l'affrontement contre Alvin, les coups de feu, sa mort, l'arbre enflammé, mais surtout le sauvetage avant qu'elle sombre dans l'inconscience ! Elle se rappelait aussi d'avoir entendu tout le monde durant son sommeil, mais pas lui ! Comment ça se faisait ? Et personne ne lui avait parlé de lui et n'avait pas mentionné un sujet inquiétant à son égard. Pourquoi donc ? Prise d'une inquiétude plus grande et sentant des larmes envahir ses yeux, elle oubliait à moitié tout ça quand la porte de sa chambre s'ouvrait assez violemment.
Harold n'avait jamais couru aussi vite de sa vie. Il avait dû en inquiéter plus d'un sur le trajet, mais il s'en fichait. Sentant son cœur battre fortement dans sa poitrine, il grimpait quatre à quatre les marches de l'escalier avant d'ouvrir la porte de la chambre. Figé sur place en voyant Adrianne enfin éveillée, debout devant la fenêtre, illuminée par quelques léger rayons du soleil, il ne sentait et n'entendait que les battements de son propre cœur qui battait de plus en plus fort tellement il était surpris et heureux. La jeune fille était saisie sur l'instant à cause de son entrée fracassante et le regardait sans ressentir de la colère. Elle était plus inquiète pour Killian qu'en colère contre Harold. Mais lui ne se doutait pas que la cause de ses yeux brillants était due au mystère du destin de l'archer.
- Harold... murmurait-elle
- Adrianne...
En ne la voyant pas manifester de signe de colère, c'était pour lui un signe qu'elle ne lui en voulait plus et il s'avançait rapidement vers elle pour la serrer un peu trop fort dans ses bras. Il avait l'impression que ça faisait une éternité qu'il n'avait pas pu faire ça, alors il se rattrapait.
- Harold... ! Tu m'étouffes... !
- Oh pardon, je... désolé...
Plongeant dans son regard, il s'emparait de son visage avec une joie débordante.
- Oh j'en reviens pas... t'est... t'est enfin debout !
- Bah... oui...
- Au bout de deux mois à espérer et à attendre, je me demande vraiment si je ne rêve pas là...
- Bah non... je suis bien la...
Son état ne lui permettait pas d'être aussi heureuse que lui, de prononcer des phrases plus enthousiastes, ni de sourire avec sincérité. Son inquiétude l'envahissait et Harold ne se doutait de rien.
- Oui, tu es bien là... Si tu savais comme je suis heureux que tu sois enfin éveillée et de te revoir ! Tu m'as manqué Adrianne...
- Je sais...
- Je me doute que ça doit te faire bizarre d'être à nouveau mobile après deux mois d'alitement, mais tu verras que tout ça ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir ! On est tous là pour toi et on t'aidera de notre mieux. Tout le monde t'attend avec impatience tu sais ?
- Tout le monde ? Vraiment ? Même Killian ?
La question piège qu'Harold n'avait pas le droit d'esquiver. Il savait pour Killian et ne pouvait donc pas lui mentir. Mais comment lui dire ? Et est-ce que c'était le bon moment pour ça? Elle venait à peine de se réveiller et devait encore être fragile ! Mais voyant qu'il tardait à lui répondre, Adrianne comprenait avec horreur que ce n'était pas bon signe.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? Pendant que je dormais, je vous ai tous entendu, même Gaspard ! Mais pas lui! Alors répond moi Harold, où est Killian ?
- Adrianne... Il... euh... je ne sais pas comment te dire ça mais...
- Oh non... il n'est quand même pas...
- Si. Il n'a pas survécu.
- Non...
- Je suis désolé.
- Non... non, non, non... pas encore... pas lui aussi... non... non, non... non...
Se prenant la tête entre les mains, elle semblait posséder par l'effroi et l'horreur, ne répétant que le même mot avec une voix fébrile, les larmes s'écoulaient à nouveau sur ses joues. Elle n'en revenait pas ! Les flammes lui avaient pris sa famille, et maintenant elles venaient de lui prendre Killian ! Elle l'avait perdu lui aussi tout ça parce qu'elle était vivante et parce qu'elle était la source d'une envie de vengeance ! Ils étaient tous mort par sa faute... si elle était morte aussi, il ne serait pas parti à son tour... elle devenait folle de rage ! C'était injuste ! Il l'avait sauvée ! Il ne méritait pas ça ! Elle s'effondrait à genoux, tremblante de colère et de chagrin. En la voyant dans cet état, Harold essayait de l'attraper par les épaules pour la calmer
- Adrianne, calme-toi s'il te plaît...
- Non... ce n'est pas juste... ce n'est pas juste...
- Je sais... mais sache qu'il a été enterré dignement pour son acte d'héroïsme. Il repose au cimetière.
- Il nous a sauvés Harold ! Il m'a sauvé ! Quatre fois… Sanglotait-elle
- Je sais Adrianne. Je sais...
Elle éclatait en sanglots dans ses bras et Harold la consolait du mieux qu'il pouvait car il comprenait sa peine. Peine qu'il partageait aussi malgré le baiser qu'il avait vu.
- Pourquoi est-ce qu'il est parti... pourquoi... il ne méritait pas ça... pourquoi ils m'abandonnent tous... pourquoi... pour...
Elle sanglotait de plus belle. Harold la serrait davantage contre lui sans plus rien dire, parce qu'il n'avait pas de réponse à donner. Fallait juste attendre que ça passe. Quand son chagrin c'était plus ou moins calmé, elle exposait une requête au jeune forgeron qui s'y attendait.
- Harold... emmène-moi le voir. S'il te plaît...
- Tout ce que tu voudras. Y'a des vêtements propres là. J'ai fait en sorte que ta robe préférée soit prête. Je vais t'attendre dans le couloir.
- D'accord... merci….
Il la laissait s'habiller tranquillement et patienter avec contrariété dans le couloir. Il n'aurait pas cru que pour son réveil, Killian soit le premier sujet de conversation. Il aurait plutôt préféré qu'ils parlent d'eux et de savoir ce qu'il en était de leur avenir et de leurs relations. Mais en l'informant de sa mort, ça semblait de nouveau râpé. Et s'il avait refait sa demande avant, il se doutait qu'elle n'aurait pas aimé qu'il pense à eux plutôt que de lui parler d'une chose aussi grave. Surtout qu'il commençait à croire qu'elle était finalement tombée amoureuse de lui et Harold se préparait à accepter cette possibilité, aussi douloureux que ça pouvait être. Adrianne ressortait au bout de dix minutes, habillé d'un chemisier blanc et de sa robe habituelle, puis tous deux se mettaient en route pour le cimetière, Harold l'aidant à se déplacer.
Arrivant enfin sans avoir trop croisé de monde, Harold la conduisait jusqu'à la tombe. La pauvre avait un hoquet de surprise, mains plaquées contre sa bouche et refondait en larmes en voyant la pierre tombale, puis l'épitaphe, la date de sa mort ainsi qu'une jolie gravure représentant un arc et une flèche.
- Non…
- Je suis vraiment désolé, Adri...
- Laisse-moi Harold. S'il te plaît.
- Mais...
- S'il te plaît ! Insistait-elle méchamment à cause de son état émotionnel
- D'accord.
Il la laissait donc seule, comme elle le demander. Une fois éloigné, il c'était retourner pour la regarder. Il ressentait de la peine en la voyant à genoux devant la tombe, en proie à une nouvelle crise de larmes. Ne pouvant plus rien faire pour le moment, il s'en allait retrouver les autres à la taverne, acceptant la possibilité de l'avoir perdue. Ils s'attendaient tous, ainsi que son père, à ce qu'il revienne avec elle et avec une bonne nouvelle, mais en voyant de la tristesse dans son regard, ils se posaient des questions. Harold les rassurait sur l'état de santé d'Adrianne, mais n'oubliait pas de les prévenir de son état émotionnel en précisant où elle était à ce moment là et du fait qu'elle voulait être seule. Comme il s'y attendait, tout le monde s'en attristait.
oO*Oo
Depuis combien de temps elle était resté là devant ce bloc de pierre ? Longtemps apparemment, vu l'éclat du soleil couchant sur les pierres tombales et les fleurs du cimetière. Elle avait faim, mais elle s'en fichait. Elle était fatiguée, mais elle s'en fichait aussi. Elle se fichait de tout maintenant. Elle n'avait plus d'intérêt pour rien, sauf qu'elle était juste tellement en colère contre elle-même de ne pas avoir été là pour lui dire adieu. Mais à présent, elle pouvait le faire.
- I'm sorry Killian…
C'était les seuls mots capables de sortir de sa bouche, et pour la dernière fois dans sa langue à lui. Plus jamais elle ne parlerait ainsi, ça lui ferait trop mal. Elle demeurait donc là, immobile devant la tombe, laissant ses larmes coulaient silencieusement. À force, elle ne les essuyait même plus. Elle revivait dans sa mémoire tous les souvenirs de lui et de son vivant, allant de sa rencontre au baiser, mais dès qu'elle repensait au sauvetage face à l'arbre enflammé, elle fermait ses yeux et sanglotait. Quant au souvenir de leur baiser, elle ne savait même pas ce qu'elle aurait fait s'il aurait été encore vivant et qu'ils se seraient revus. Elle n'était pas amoureuse de lui. Elle le considérait comme un ami. Rien de plus. Ce baiser resterait à jamais un souvenir. Et c'était sans doute mieux ainsi.
Peu de temps après, elle entendait de loin quelqu'un approchait. À sa démarche, elle reconnaissait celle de Gueulfor. N'ayant plus d'énergie pour rien, elle le laissait s'approcher d'elle sans lui demander de s'en aller.
- Bonjour ma grande.
- Bonjour Gueulfor.
- Content de te revoir tu sais ? Ce n'est pas trop tôt d'ailleurs !
- Je sais.
- Comment tu te sens?
- Mal.
- Je me doute bien.
- Et le pire, c'est que tout est de ma faute.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? bien sur que non ce n'est pas ta faute !
- Si Gueulfor. Je porte malheur aux gens. C'est un fait ! Tous ceux qui partagent ma vie disparaissent les uns après les autres ! Papa... les enfants... Killian... ce sera le tour de qui la prochaine fois ? Ils sont tous mort par ma faute, tout ça parce qu'on m'a détesté et voulu ma mort ! Résultat, je suis en vie et eux, ils ne sont plus là ! Ça aurait dû être l'inverse depuis le début! Au moins, plus personne n'aurait à mourir ni à souffrir à cause de moi ! Surtout Harold... depuis qu'il m'a adressé la parole, ont à pas vraiment eu de chance... du moins comme n'importe quel couple...
- Adrianne ! Arrête de dire n'importe quoi voyons !
- J'ai même envie de quitter le village et de partir toute seule. Même sans Krokmou. Et je n'ai même plus envie de me marier. Harold ne mérite pas tout ce qu'on vient de vivre. Il mérite une vie normale avec une personne qui ne le mettrait pas bêtement en danger, ni qui serait le sujet d'une haine maladive d'un vieux déjanté. Je ne suis pas une bonne personne... Il serait mieux sans moi...
- Bon c'est fini de dire des âneries là ou quoi ?! Non mais dis donc ! Partir ?! Quitter Harold ?! Ce serait bien les dernières bêtises à faire ! La grondait-il sévèrement en lui donnant une claque sur la tête
- Mais je... je ne sais plus quoi penser, ni quoi faire Gueulfor! Je... je sais plus... sanglotait-elle à nouveau
Le vieux forgeron soupirait tristement. Ses paroles n'étaient du qu'à la tristesse et au fait qu'elle se sentait perdue. Elle n'avait pas besoin qu'on la sermonne en plus de ça. Mais Gueulfor savait comment lui remontait le moral. De toute façon, c'était son rôle.
- Je vais te dire une chose. D'après tes parents... déjà toute petite, tu n'étais pas comme toute les petites filles de ton âge à joué sagement à la poupée. Tu courrais dans tous les sens, tu escaladais tout ce que tu pouvais, tu étais curieuse de tout... humph... aussi bien dans la maison que dans le jardin ! N'importe quels parents seraient déjà devenus zinzins avec une enfant si intrépide et si différente des autres, mais certains naissent tous simplement différents.
Gueulfor avait à sa grande satisfaction toute l'intention de la jeune fille. Bien qu'étant à coté d'elle, il voyait bien qu'elle pleurait encore, mais qu'elle le regardait intriguée de ce qu'il allait lui dire. Il continuait en lui faisant face, ses mains sur ses épaules.
- Mais tes parents... jamais ils se sont montrés inquiets, honteux ou mécontent de toi. Ils savaient que ton côté intrépide serait à jamais un trait de ta personnalité ainsi qu'une des meilleures parts de toi-même.
Il relevait délicatement son menton pour qu'elle juge de la sincérité de ses paroles dans ses yeux et son sourire, tout en essuyant ses larmes de son pouce.
- Et ils en étaient fiers. Tout au long de leur vie, ils n'ont jamais cessé de l'être parce qu'ils savaient que ça te permettrait de te sortir de toutes les situations et de défendre les valeurs qui te semblaient justes. Tu es une personne unique Adrianne. Et quelqu'un de bien ! Remettre ta personnalité en doute serait comme dire qu'ils ont eu tort pendant tout ce temps.
- Gueulfor...
- Quant à Harold, je peux t'assurer que tu es la seule qu'il désire pour le restant de ses jours. Tu es faite pour lui car il est aussi intrépide que toi ! Vous êtes fait pour être ensemble. Personne ne pourrait te remplacer et le rendre aussi heureux que quand il est auprès de toi.
- Je...
- Et si tu penses que t'en aller du village serait une solution à tes craintes, pense-tu qu'il te laisserait partir ? Il serait capable de te courir après et de quitter le village pour rester avec toi. Et puis si tu crois que ce qui te rendra plus heureuse est ailleurs, tu fais fausse route. Ce que tu souhaite, tu ne le trouveras pas là-bas, mais la, dedans. Concluait-il en pointant son cœur
- Gueulfor…
- Alors ? Convaincue ? Souriait-il
Elle lui adressait un large sourire ému avant de se jeter dans ses bras. Heureux d'avoir atteint son but, il l'enlaçait aussi en lui caressant les cheveux.
- Bon retour chez toi.
Adrianne avait de nouvelles confiances en elle grâce à ses paroles et l'espoir d'être heureuse reprenait sa place dan son cœur. Là, tout de suite, elle mourrait d'envie de rejoindre Harold, de l'embrasser et de le rassurait au sujet du mariage. Et puis elle l'avait promis à son père dans son rêve. Elle adressait un grand sourire au forgeron avant de se mettre à courir vers le village. Au loin, elle l'entendait crier qu'Harold se trouvait à la taverne. De nouveau elle-même et souriante elle courait directement là-bas. Ceux qui la voyaient passer devant eux étaient ravis de la voir debout et de nouveau elle-même.
Devant la porte de la taverne, elle entrait doucement tout en le cherchant du regard. Elle le voyait finalement de dos, assis à table avec ses proches qui tentait de le rassurer. Ils avaient tous des mines tristes et navrées, puis des airs surpris, heureux et étonné de la voir ici. Et avant même qu'ils ne préviennent Harold de son arrivée, elle leur faisait des « chut » silencieux avec son doigt ainsi qu'aux quelques autres personnes présente, jouant le jeu en voyant son sourire. Adrianne se mettait alors à chanter la chanson de ses parents, surtout les deux couplets principaux qu'elle avait chantés avec son père et qu'Harold avait entendus.
Je t'aimerais pour l'éternité…
Mon bien aimé
Mon tendre et cher
Tes paroles me sidèrent
Mais point n'est besoin de haut fait
Quand dans tes bras je suis serré
Je n'ai que faire d'anneau d'or
Ni n'ai besoin de poèmes
Si ta main tient ma main serrée
Je veux t'avoir à mes côtés
Tout le monde l'écoutait ainsi qu'Harold car il avait reconnu sa voix et c'était retourné avec un air surpris pour la regarder chanter. Quand elle avait fini, elle c'était arrêter et continuer de le regarder avec un léger sourire, mains jointent dans le dos. Harold s'était levé et s'approcher lentement d'elle, dans le silence absolu. Tous les deux se regardaient dans les yeux sans rien dire, tandis que les autres espéraient une bonne nouvelle dans leur coin, dents serrées et doigts croisés. Vu le silence un peu pesant de la situation et voyant qu'il ne tentait rien, Adrianne brisé enfin le silence avec un petit sourire amusé.
- Au fait... si tu veux toujours de moi, est ce que je peux enfin récupérer ma...
Harold l'attrapait par la nuque pour lui voler un baiser fougueux, lui coupant de ce fait la parole. Prenant ça pour un oui, Adrianne lui rendait son baiser et enlaçait avec joie ses bras autour de son cou sous les acclamations, les sifflements et les applaudissements des autres.
- J'ai cru que j'allais devoir attendre des années pour avoir de nouveau droit à ce bonheur… lui murmurait-il avec soulagement
- Une telle punition n'aurait pas été nécessaire ! Riait-elle dans ses bras
Se séparant d'elle, Harold sortait de sa poche la bague qu'il n'avait cessé de garder auprès de lui, pour s'agenouillait devant elle et tout le monde.
- Adrianne... Acceptes-tu de devenir ma femme ? Encore une fois ? Souriait-il
- Eh bien… Oui ! répondait-elle avec un grand sourire
Harold lui repassait avec bonheur la bague au doigt avant de l'embrasser à nouveau, de la serrer tout contre lui et de la soulever dans ses bras. Les acclamations de joie reprenaient de plus belle et Gueulfor s'était joint aux acclamations aux côtés de Stoik. Harold et Adrianne se regardaient à présent avec joie et de grands sourires, avant de coller leur front l'un contre l'autre.
- Ensemble, à jamais.
- À jamais. répondait-il
- Je vais enfin pouvoir célébrer cette union ! Jamais je n'ai autant eu peur de ne pas célébrer un mariage ! disait Stoik avec joie
- Justement, vous ne célébrerez pas que le mariage Stoik.
- Pardon ? S'étonnait-il
- Je... c'est un peu délicat à demander mais, ... comme mon père n'est plus là et que je n'ai plus que vous deux comme parent proche... je voudrais que vous me conduisiez jusqu'à l'autel. Pas l'un ou l'autre... mais tous les deux. Alors vous... vous êtes d'accord ?
- Adrianne... j'en serais plus qu'honoré ! Lui répondait chaleureusement Stoik
- Et moi aussi ! répondait le blond avec un grand sourire
Trop heureuse, Adrianne les enlacés avec un sourire jusqu'aux oreilles ! Tout était finalement redevenu comme avant et ses angoisses étaient de l'histoire ancienne. Maintenant, elle adressait un regard aux filles.
- Je vais avoir besoin de trois demoiselles d'honneur. Ça vous dit ?
- Et moi de trois garçons d'honneur. Ajoutait Harold
Malgré la joie du groupe et leur réponse positives, Adrianne se rappeler d'une chose.
- Non ! Quatre ! Rectifiait-elle
- Quatre ? S'étonnait Harold
- Mais enfin ! Varek ! Attend deux secondes. VAREK ! VIENS ICI S'IL TE PLAIT ! S'exclamait-elle sous les yeux surpris de tous.
Le garçon grassouillet sortait de la pièce où il logeait d'habitude et regardait tout le monde avec étonnement et timidité, alors qu'Adrianne s'approchait de lui avec un sourire.
- Varek... Ne reste plus tout seul dans ton coin. Reste avec nous, tu auras plus à gagner et tu seras plus heureux.
- Moi ? A… avec vous ? Mais...
- T-t-t-t. Pas de mais ! Il est temps que ça change Varek. Tu ne peux pas rester seul avec tes craintes pour le restant de ta vie. On t'accepte tous comme tu es tu sais!
- Vraiment ?
- Oui Varek. Et puis nous avons besoin de toi pour être un des garçons d'honneur d'Harold.
- M... Moi ?
- Oui. Qu'est-ce que tu en dis ? On devient tous amis et tu acceptes notre offre ? demandait-elle en lui tendant la main
- Eh bien euh... oui... oui ! Je veux bien ! M... Merci... s'exclamait-il tout heureux en prenant prudemment la main de la jeune fille
- Magnifique ! Aller, joint toi à nous. Disait-elle en l'emmenant vers les autres
Tout le monde était fier d'elle et impressionné de la réussite de son idée. Bien qu'intimidé et peu habitué à être avec des gens, Varek était visiblement heureux de se retrouver parmi des gens qui ne le voyait pas que comme une grosse brute. Le sujet des garçons et demoiselles d'honneur était bien engagés entre eux. Mais pendant qu'ils discutaient, Adrianne regardait Gaspard avec crainte. Elle était celle qui avait ôté la vie de son père et elle se demandait ce qu'il ressentait envers elle. Même si d'après ses souvenirs il était venu avec Astrid et lui avait parlé gentiment, elle devait en avoir le cœur net.
- Euh... Gaspard ? demandait-elle timidement une fois proche de lui
- Hum ?
- Euh... je voulais savoir... au sujet de ton père…
- Je ne t'en veux pas si c'est ce que tu veux savoir. Répondait-il gentiment
- Hein ?! Mais... je l'ai tué ! Abattu même ! Tu devrais m'en vouloir ! Me détestait ! S'étonnait-elle abasourdie
- Écoute. Je sais que c'était mon père et que n'importe qui devrait en vouloir à la personne qui lui a ôté la vie, mais ce n'est pas mon cas. Avant qu'il meure, sa folie l'avait complètement atteint et je ne le reconnaissais plus. Depuis le début de sa haine envers toi, il était devenu complètement barge et moi je l'ai écouté et suivi sans m'apercevoir que j'avais pris la mauvaise décision. J'aurais dû le stopper depuis longtemps, le résonner, mais sa haine m'a aveuglé. Et parce que c'était mon père, je l'ai suivi bêtement. Bien sur, il me manque quand même, mais après tout ce qu'il t'a fait, je ne t'en veux en aucun cas. Alors soit rassuré Adrianne. D'accord ? Se justifiait-il avec un sourire sincère
- Je... je…
Elle avait de nouveau les larmes aux yeux et Gaspard la rassurer dans ses bras, sa main frottant son dos pour la rassurer.
- Et puis j'en étais sur que tu avais une jolie voix ! Ravi de l'avoir enfin entendu ! Souriait-il
Elle souriait tout émue et rougissante à nouveau alors qu'il continuait de la consolait. Harold n'exprimait pas d'inquiétude ni de jalousie car il avait entendu et deviner le sujet de la conversation. Il adressait un sourire reconnaissant envers son ancien rival, mais Rustik protestait contre l'état de la future mariée.
- Oh non ! Assez de larmes s'il vous plaît ! Place à la joie plutôt ! Aller. Pour fêter tout ça... TOURNÉE GÉNÉRALE ! S'exclamait gaiement Rustik
- OUAIIIIIIIIIIIIIIIS ! S'exclamait la taverne à l'unisson.
oO*Oo
Le mariage allait être célébré dans la semaine qui suivait la nouvelle demande en mariage. Il était hors de question qu'il soit davantage retardé. Chacun des habitants s'occupait de ce qu'il avait à faire, si bien que le jour du mariage, tout était enfin prêt dans la prairie où c'était déroulé le tournoi équestre. Un petit autel avait été construit pour que Stoik puisse célébrer l'union, sous une magnifique arcade en bois tresse ornée de glycine blanche, de petites roses jaunes et rosées ainsi que d'un beau feuillage tombant. Plusieurs rangées de bancs étaient soigneusement placées devant l'autel, eux-mêmes joliment décorés de ruban blanc ainsi que d'une végétation égale à celle de l'arcade. Plus loin, se trouvaient les tables et l'estrade de danse. Les tables étaient recouvertes de belles nappes blanches, de bouquet de fleurs, d'une vaisselle prévue pour les grandes occasions et de plusieurs hors-d'œuvre qui ne craignaient pas d'être dehors. Mais dans les cuisines, les savoureux plats principaux étaient prêt et n'attendaient plus qu'à être servi et déguster.
La future maison était prête elle aussi, avec tout le confort qu'il faut pour qu'ils puissent commencer leur vie de couple.
Les futurs mariés se préparaient chacun dans leur coin en compagnie de leurs garçons et demoiselles d'honneur. Avant d'aller se préparer, Adrianne était passé au cimetière pour se recueillir sur la tombe de sa famille et celle de Killian. C'était dur pour elle d'accepter le fait qu'ils ne seraient pas là pour ce grand jour, mais les pensées affectives qu'elles avaient exprimé envers eux lui avaient fait du bien. Et comme elle avait encore un peu pleuré, elle pouvait aller se préparer convenablement sans craindre de pleurer à nouveau.
Les filles se préparer toutes les quatre et s'entraidaient pour les coiffures, les robes, les retouches, etc. Les demoiselles d'honneur portaient de jolie robe bleu ciel, tout identique, et avaient coiffé leurs cheveux tressés de petite fleur blanche. Ça faisait juste drôle à Astrid de porter à nouveau une robe, elle qui était habitué aux pantalons et l'allure presque masculine. Quant à la future mariée, elle portait une robe très simple faite d'une robe souple et flottante sans trop de chichi dessus, d'un corset recouvert de dentelle et de longues manches en dentelle. Elle avait laissé ses cheveux coiffés à son habitude, et bien entendu le coiffeur du village lui avait rectifié les pointes pour que ça fasse joli et présentable. Sa frange était joliment coiffée sur un côté et un simple serre tête de fleurs blanche ornée sa coiffure. Enfin prête, elle se regardait dans le miroir, sans bouger, sans rien dire.
- Ça va ?
- Je suis terrifiée. Répondait-elle légèrement nerveuse
- Ça se comprend. Mais tout va bien se passer. Et puis c'est un mariage d'amour, pas un mariage forcé. Donc ça ne peut qu'aller mieux. Argumentait Astrid
- Oui, tu as raison. Mais y'a pas que pour ça. J'ai peur… qu'un nouveau malheur nous tombe dessus. J'ai tellement fait de cauchemars ces derniers temps, que…
- Aucun risque Adrianne. Il n'y a plus aucun danger. Toi et Harold allaient enfin vivre heureux ensemble. Alors sourit et ne te fait plus de soucis pour aujoud'hui et pour l'avenir. D'accord ? La rassurait-elle
- D'accord. Souriait-elle
- En tout cas, tu es fort belle.
- Merci. Vous aussi les filles. Le bleu va bien à chacune de vous.
- Merci, c'est gentil. Remerciait Kogne
- À présent, assied toi on a quelque chose à te donner avant d'y aller. Ordonnait Ingrid avec un sourire
- Ah ? Et c'est quoi ? S'étonnait-elle en voyant les filles l'entraîner vers une chaise
En signe de leur nouvelle amitié, elles avaient en effet préparé quelque chose pour la future mariée. Disons plutôt plusieurs petites choses traditionnelles. Jouant malicieusement avec le mystère, elles lui donner à tour de rôle un présent. Kogne lui offrait un mouchoir brodé tout neuf pour ses futures larmes, Ingrid lui prêter de jolies petites boucles d'oreilles en or, et Astrid lui offrait quelque chose de vieux. Un collier de perles blanc qui appartenait à Valka, la mère d'Harold.
- On ne savait pas quoi t'offrir de vieux comme le veut la tradition, alors je suis allé voir Stoik pour régler le problème. Il m'a alors donné le collier que sa femme portée le jour de son propre mariage. Il a dit que tu pouvais le garder car il sait que tu en prendras soin. Et il a ajoutait qu'elle aurait été heureuse de t'offrir ce collier si elle était encore parmi nous. Expliquait Astrid devant les yeux ronds d'Adrianne
- Il est magnifique... merci Astrid... merci à vous trois... Remerciait-elle émue pendant que la blonde lui mettait le collier
- Attends, ce n'est pas fini ! Il reste encore quelque chose de bleu à recevoir! Précisait Kogne
Les regards et gloussements échangeaient de leur part intrigué encore plus Adrianne, mais l'inquiétaient aussi en voyant leur regard malicieux. Ingrid lui tendait alors une petite boîte en bois rectangulaire avec visiblement quelque chose d'important à l'intérieur. En l'ouvrant, elle voyait une jolie jarretière bleue en dentelle.
- Une... une jarretière ?! Oh non... je... je ne peux pas porter ça enfin ! Riait-elle, les joues rouges
- Oh que si ! C'est obligé ! Tu dois porter quelque chose de bleu ! C'est la tradition ! Riait Astrid
- On te rassure, elle est neuve. Souriait Kogne
- Et c'est aussi histoire d'ajouter quelque chose de coquin pour la nuit de noce !
- Les filles ! Rougissait-elle très embarrassé
Elles éclataient de rire et Adrianne se laisser finalement convaincre de porter ce dernier cadeau. Il était l'heure d'y aller à présent. Prenant chacune leur bouquet de fleurs sauvage, elle se mettait en route vers l'autel.
Dehors, tout le monde était là, prêt à célébrer la cérémonie. Harold attendait devant l'autel avec ses garçons d'honneur. Tous vêtus de beau costumes noirs et de chemise blanche, ils étaient tous très beau et très élégant. Surtout le marié ! Pour détendre l'atmosphère et pour patienter, ils se racontaient entre eux des histoires sur les précédents mariages et les instants comiques connus durant ceux-ci. Éclat de rire garanti.
Stoik et Gueulfor c'était eux aussi fait très beau. Ils patientaient tranquillement, et un peu nerveusement au bout de l'allée pour pouvoir conduire la mariée jusqu'à l'autel. En la voyant arriver au loin avec ses demoiselles d'honneur, tout le monde se mettait en place et aller s'asseoir sur les bancs. Les musiciens se tenaient prêts à jouer la marche nuptiale dès qu'elle s'avancerait dans l'allée.
Une fois arrivée, deux petites filles jetaient tout le long du chemin des pétales de fleurs, suivi des demoiselles d'honneur qui avançaient les unes après les autres le long de l'allée, laissant Adrianne avec Gueulfor et Stoik. Derrière son voile, ils voyaient bien qu'elle était nerveuse malgré sa joie, et ça les faisaient rire.
- Tu es magnifique.
- Jamais vu une jeune mariée plus jolie que toi ! J'en connais un qui serait fier, comme nous tous ma grande.
- Merci. Souriait-elle
- Prête ? demandait Stoik
- Oui. répondait-elle en se donnant du courage
Chacun lui empoigné délicatement un bras avec de grands sourires. S'avançant lentement dans l'allée, la marche commençait enfin. La musique retentissait alors, et tout le monde regardait la jeune mariée qui était ravissante. Adrianne ne quittait pas des yeux Harold et ne cessait de sourire de joie. Elle le trouvait époustouflant. L'envie de devenir son épouse grandissait encore plus au fur et à mesure qu'elle s'approchait de lui. Harold aussi ne cessait de la regarder avec un grand sourire. Arrivé à l'autel, Gueulfor allait s'asseoir au premier rang et Stoik la conduisait jusqu'à Harold avant de prendre sa place. Les amoureux s'échangeaient un regard tendre et un grand sourire de joie, alors que Stoik prenait la parole.
- Mes chers amis, nous sommes réunis aujourd'hui, pour unir cet homme et cette femme. Si quelqu'un dans cette assemblée connaît une raison légitime de s'opposer à ce mariage, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais.
Par bonheur et soulagement, personne ne crier « je m'y oppose ! »
- Bien. Veuillez vous tenir la main. Poursuivait Stoik
Harold et Adrianne se tenaient tendrement la main droite, sans se quitter des yeux.
- Harold. Veux-tu prendre Adrianne pour épouse, et la garder près de toi pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l'adversité, l'aimée et la chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
- Je le veux. Répondait-il avec tendresse
- Adrianne. Veux-tu prendre Harold pour époux, et le garder près de toi pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l'adversité, l'aimé et le chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
- Je le veux. Répondait-elle avec tout l'amour qu'elle avait pour Harold
- Bien. Les alliances je vous prie.
Gueulfor se relevait de son siège pour donner à Harold les deux alliances dont il avait la charge. Harold passait l'alliance au doigt d'Adrianne, et cette dernière faisait de même pour lui.
- Maintenant qu'Harold et Adrianne se sont solennellement donnés l'un à l'autre, en joignant les mains, en offrant et recevant l'alliance, je les déclare à présent mari et femme. Tu peux embrasser la mariée.
Avec le sourire, Harold relevait le voile de sa femme, lui dévoilant au combien elle était magnifique aujourd'hui. Il s'approchait lentement d'elle et il échangeait leur premier baiser en tant que couple marié.
L'assemblée applaudissait allègrement et la célébration se poursuivait. Tout le monde se dirigeait vers la piste de danse joliment décoré de fleurs et de rubans qui flottaient dans la légère brise de vent. Les musiciens jouaient alors une douce mélodie et les jeunes mariés ouvraient donc la danse avec bonheur et d'immenses sourires, laissant de nombreux couples venir les rejoindre. Après plusieurs danses, tout le monde allait se restaurer avec appétit et les mets disparaissaient progressivement tellement que c'était savoureux. Encore quelques danses rythmées après le repas avec de différents cavaliers et cavalières avant l'arrivée du gâteau à trois étages dont la mariée avait le privilège de couper la première part. Venait ensuite le moment des photos de mariage fait par un photographe, et pour finir, le lancer du bouquet de la mariée. Calculant avec amusement son lancer, elle se retourner pour le lancer très haut et très loin. Se retournant très vite pour voir qui aller l'attraper, elle souriait ravie en voyant le bouquet atterrir entre les mains d'Astrid. Comme elle se trouvait aux côtés de Gaspard, ils se regardaient un instant avant de rougir et de se sourire tout gêner. C'était signe qu'un autre mariage allait être célébré dans peu de temps.
Mais la fête était finie et le temps était venu pour les jeunes mariés de partir pour leur lune de miel. Pas dans une autre ville, mais chez eux, dans la clairière. Krokmou et Maximus étaient attelés pour tirer fièrement une voiture joliment décorée avec des fleurs et des rubans. Au bout de la voiture, plusieurs gobelets en acier étaient attachés à un bout de corde. En route, ça allait faire un joli tintamarre. Une autre tradition qu'on fait pour un mariage.
Mais Harold et Adrianne n'avaient pas envie de se rendre chez eux en voiture. Fidèles à eux-mêmes avant tout, et avec de grand sourire, ils détachaient leurs chevaux devant tout le monde.
- Bah ? Vous faites quoi ?
- On rentre tout simplement chez nous…
- … mais à notre manière ! Concluait-elle
- Ils sont incorrigibles. Se marrait Gueulfor
- Je ne te le fais pas dire. Mais qu'importe, partez mes enfants. Vous viendrez chercher votre voiture demain où un autre jour. Souriait Stoik
- Merci papa.
- C'était une fête splendide. Merci à tous du fond du cœur !
- De rien les enfants. Aller, sauvez-vous !
- À bientôt tout le monde! YA ! S'exclamait Adrianne
Même en robe de mariée, ça ne la gênait pas pour chevaucher et faire la course avec Harold jusqu'à leur maison. Leurs bonheurs leur donnaient à tous les deux des ailes et avec deux chevaux rapides et fort, ce sentiment n'en était que plus grand ! Ex æquo pour la course, Harold descendait en premier pour aider sa belle à descendre. Dans ses bras, elle avait du mal à résister à l'envie de l'embrasser. Elle lui volait donc un tendre baiser qu'Harold ne refusait pas. Laissant leurs chevaux libres dans la clairière, Harold portait sa femme pour la conduire dans la maison et cette dernière riait dans ses bras. Une fois à l'intérieur, elle entrouvrait sa bouche et regardait avec admiration la pièce joliment décorée. Tout était parfait. Tout. Jusqu'aux moindres détails. Harold la relâchait pour qu'elle puisse voir de plus près la décoration. Prenant ensuite sa main, il l'emmenait avec joie à l'étage pour lui montrer le reste de la maison. Elle y découvrait une jolie salle de bain, une chambre pour un futur membre de la famille et enfin, leur chambre. Tout aussi parfaite que le reste de la maison.
- C'est… magnifique. Tout est absolument magnifique Harold ! Vous avez fait du très bon travail. Souriait-elle
En la voyant si heureuse, Harold s'adressait à sa femme avec bonheur.
- Tu es heureuse ?
- Je... je n'ai jamais été aussi heureuse, c'est fantastique ! Et c'est grâce à toi Harold, merci... merci de ne pas m'avoir abandonnée, ni d'avoir abandonné ce qui nous unis depuis le début…
- Merci à toi aussi d'être toujours là et d'avoir accepté de partager ma vie...
- Et jusqu'à la fin de nos jours, nous ne ferons plus qu'un.
Ils échangeaient un tendre baiser avant qu'Harold ne tamise malicieusement la chambre. Adrianne était amusée du comportement d'Harold, mais elle était aussi nerveuse de ce qui allait suivre. Mais derrière ses sourires et son bonheur, ses craintes étaient vite parties. Harold revenait vers elle pour la porter dans ses bras afin de la déposer en douceur sur le lit. Éclatant un très léger rire, elle le regardait ensuite avec amour et confiance, alors qu'il était au-dessus d'elle. Ne ressentant rien d'autre que du désir et de l'amour pour lui, elle s'emparait amoureusement de ses lèvres. Harold lui rendait également tout son amour à travers ses baisers, ses étreintes et ses caresses. Osant la toucher convenablement, il lui dénudait une épaule et recouvrait sa peau de millier de petits baisers. Un souffle de désir et de plaisir envahissait alors la jeune fille, faisant basculer lentement sa tête sur le côté pour accentuer les nouvelles émotions qu'elle ressentait. Mais c'était aussi une façon d'encourager Harold de continuer et il avait bien compris le message. Il accentuait ses baisers dans le creux de son cou, faisant davantage frémir sa belle, avant de se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres et de poursuivre.
Leur lune de miel venait de commencer. Harold et Adrianne avaient désormais tout pour être heureux et commencer ensemble la vie dont ils avaient rêvé.
FIN
