Titre: A quoi bon résister ?

Auteur: Marysol Cx

Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas, sauf peut-être Lucius qui doit avoir un très beau cul, mais ça c'est une autre histoire, et ils appartiennent à JK Rowling

Rating: M (automutilations, troubles alimentaires, tentative de suicide, lemons)

Avec toutes mes excuses pour cette journée de retard, je me suis laissée submerger par mon travail...

Bonne lecture !


Chapitre 6

Lucius avait été le seul à pouvoir aller se renseigner sur l'état d'Harry. Tout le monde savait qu'ils s'entendaient bien, et surtout qu'il était un élève privilégié à ses côtés. Il avait tout de même le droit de ne plus venir en Défense…

Il dut attendre une bonne vingtaine de minutes avant que Madame Pomfresh ne le laisse rentrer, en lui demandant de ce dépêcher, lui disant qu'il avait besoin de repos. Il découvrit avec surprise, mais soulagement, qu'Harry était réveillé, et qu'il allait ''bien''.

— Professeur ? S'étonna-t-il.

— Que s'est-il passé Harry ? Demanda-t-il en prenant place sur une chaise près du lit.

— Rien, juste un coup de fatigue, se justifia-t-il avec un sourire des plus faux.

— Harry… Je sens bien que vous n'allez pas bien. Je veux que vous sachiez qu'en cas de problème vous pouvez m'en parler, je ne vous jugerai pas.

— Mais ça va professeur, je vous assure. Je n'avais juste pas mangé.

Ils se fixèrent plusieurs secondes. L'un suppliant l'autre du regard de lui dire la vérité, et l'autre qui faisait tout son possible pour paraitre le plus crédible.

— Harry, comprenez bien que dans ces conditions, je ne peux plus me permettre de vous donner des cours. Vous risqueriez de vous blesser, et…

— Non ! S'exclama-t-il, le coupant. Je ne veux pas arrêter. S'il vous plait professeur…

Il essayait de retenir ses larmes. Il ne pouvait pas lui retirer ça. C'était la seule chose qui lui donnait envie de se lever le matin. Il avait réussi à trouver quelque chose à quoi s'accrocher, et une personne en qui il avait confiance. Même s'il ne lui disait rien, il essaye de lui faire comprendre indirectement. Pourquoi ne lui disait-il pas ? Parce qu'il était un lâche, tout simplement. On lui avait tellement répété qu'il ne pouvait plus que le croire à présent…

Lucius commençait déjà à regretter ses mots en voyant son visage se décomposer. Il ne pouvait nier qu'en quelques semaines, il s'était attaché à ce gamin. Bien qu'il ne passait que peu de temps avec lui, dans ces moments il se sentait aussi bien que lorsqu'il était avec Severus. Il en avait eu peur au début, mais il s'était vite rassuré en se disant qu'il lui apparaissait comme la figure paternelle qu'il n'avait jamais eue.

— Dans ce cas, faite en sorte de reprendre des forces ! Je ne vous vois jamais aux repas, c'est bien la preuve que vous ne mangez pas assez…

— Je… Je ne supporte pas être avec des gens, murmura-t-il si bas qu'il crut avoir mal entendu.

— Demandez à un elfe de vous apporter à manger si c'est uniquement la présence des autres qui vous gêne. Je crois savoir que Dobby vous apprécie beaucoup.

— Oui… J'y penserai…

— J'espère bien, Harry. Quant au cours de ce soir, je suis navré, mais je ne préfère pas vous le donner. En revanche, si vous souhaitez diner avec moi, je n'y vois aucun inconvénient.

Il allait répondre quand Madame Pomfresh arriva.

— Ca suffit professeur, il a besoin de repos !

— Pas de soucis, je comprends. Si jamais vous en avez envie, 20h dans mes appartements. Dobby vous indiquera le chemin.

Il quitta l'endroit avant qu'il n'ait pu dire quoique ce soit. Il se laissa faire quand Madame Pomfresh le força à se rallonger et à prendre une potion au goût immonde.

Avait-il envie de diner avec son professeur ? De diner, pas le moins du monde, le simple fait de penser à de la nourriture lui donnait envie de vomir… En revanche, il aurait aimé passer du temps avec son professeur. Il finit par se dire qu'il irait. Quitte à faire semblant de manger, ou lui dire qu'il avait diné avant au final.

A 19h50, il appela Dobby qui apparut devant lui avec un petit crac sonore.

— Peux-tu me montrer les appartements du Professeur Deranes s'il te plait ?

— Bien sûr Monsieur Harry Potter ! Dobby est très content d'aider le maitre Potter !

Il s'attendait à devoir marcher un moment à travers le château, mais quand Dobby s'arrêta devant un pan de mur au détour du couloir, il fut on ne peut plus surpris.

— Voilà, c'est ici Monsieur Harry.

Il posa sa main sur le mur et une porte apparue.

Dobby disparut après s'être incliné une nouvelle fois. Il respira pleinement. Il regrettait déjà d'avoir accepté. Ce n'était pas une bonne idée, il en était convaincu. Son professeur semblait lire en lui comme dans un livre ouvert Il rentra dans les appartements en poussant doucement la porte. Elle s'était ouverte dès qu'il avait frappé, mais il n'était pas sûr de lui du tout. Il n'aurait pas dû venir. Ce n'était pas une bonne idée. Il allait faire demi-tour quand son professeur arriva dans le salon.
— Harry ! Je suis content que vous soyez venu. Vous voulez boire quelque chose ?

— Ca va... Je veux bien un thé s'il vous plait.

S'il ne mangeait rien, il buvait beaucoup de thé. Il avait le sentiment que ça lui procurait un semblant d'énergie. Il accepta la tasse avec un petit sourire. La chaleur lui fit du bien. Ils étaient tout de même dans les cachots et fin janvier. Il avait pour habitude de lancer des sorts de chauffage dans sa chambre, mais là, il n'était pas chez lui, et son professeur était sûrement beaucoup moins frileux que lui. Il l'invita à s'asseoir près du feu ce qui lui fit penser que son professeur avait capté le frisson qu'il avait eu la minute d'avant. Ils commencèrent à discuter de nombreuses choses alors qu'Harry sirotait tranquillement son thé. Ce n'est que vers 21h que Lucius prit conscience qu'ils n'avaient pas dîné. Lui qui comptait à la base en profiter pour voir comment il allait échapper à ça, ça lui était complètement sorti de la tête. Alors il appela un elfe et demanda à ce qu'on apporte le dîner pour deux. Harry n'eut pas le temps de répliquer qu'il avait déjà disparu.

— Euh, professeur, il se trouve que j'ai déjà mangé... Je me sentais vraiment fatigué et j'ai pensé que je ne tiendrais sûrement pas la soirée si je ne mangeais pas avant.

— Pas de soucis Harry, répondit Lucius avec un léger sourire, bien qu'intérieurement il soupirait fortement.

Il rappela l'elfe en lui disant qu'il dînerait plus tard. Pendant un instant Lucius hésita à lui demander ce qu'il avait mangé, pour lui faire avouer qu'il n'avait pas touché à de la nourriture depuis des semaines, mais il pensa avec justesse que ça n'aiderait pas à gagner la confiance d'Harry.

Il apprit de nombreuses choses sur Harry. Beaucoup qu'il connaissait déjà par Severus, mais le personnage qu'il jouait apprit de nombreuses choses. Il lui parla vaguement de son enfance, de sa famille dans laquelle il retournait tous les étés. Puis des nombreuses fois où il avait dû affronter Voldemort ; sans jamais rentrer dans les détails, mais il lui en parlait.

Quand ils se quittèrent deux heures plus tard, Lucius était heureux de voir qu'il s'était autant confié, et Harry soulagé d'avoir pu en parler à quelqu'un sans être jugé.

Peut-être les choses allait-elle finalement commencer à s'arranger.

— Aujourd'hui, vous manipulez avec des produits dangereux, donc pas de robe, vous remontez vos manches, et vous posez un sort de protection sur vos avant-bras. Si vous ne savez pas le faire, j'espère pour vous que vous ne vous renverserez pas de potions sur les bras… Bon courage… Susurra le Maitre des Potions en donnant un coup de baguette.

Plusieurs élèves frissonnèrent. Heureusement ils maitrisaient tous le sort, mais ils avaient quand même peur de la potion qu'ils allaient devoir réaliser. Quand ils virent apparaitre « Potion de dérouillage » ils comprirent l'intérêt de la protection. Sans même que Draco lui demande, Harry alla chercher les ingrédients, comme toujours. Ils commencèrent la préparation dans le silence habituel, mais qui faisait qu'ils travaillent efficacement et rendaient toujours un travail parfait. Mais cette fois-ci, Draco fit totalement exprès de renverser quelques gouttes de potions sur le bras d'Harry. Snape qui était évidemment dans le coup et qui avait fait exprès de choisir une potion qui l'obligerait à mettre ses bras à nus, arriva au même moment.

— Vous n'avez rien Potter ?

— Non, c'est bon professeur, répondit sèchement Harry en retirant son poignet. Il n'avait toujours pas pardonné son professeur de sa « trahison ». Bien sûr il le voulait, mais il ne voulait pas lui donner raison. Et il ne sentirait pas capable de laisser son professeur de Défenses pour retourner auprès de Severus quand il avait besoin. Bien sûr Severus était au courant de tout, mais il était tellement à l'aise en sa compagnie. Pendant les quelques heures qu'ils avaient passé ensemble la veille, il avait oublié que ceux qui avaient été ses amis le haïssaient, qu'il avait perdu toute sa famille, qu'il avait envie de se planter les ongles dans le poignet pour se soulager. Il avait oublié toute cette douleur. Mais là, d'un coup, à y penser, elle revient en flèche.

— Donne ton poignet Potter que je vérifie s'il y a rien en dessous de la protection.

Harry ne réagit pas. Il avait son glamour. Mais quand il entendu le sort que prononça Malfoy, il fut trop tard pour dire quoique ce soit. Un avant-bras mutilée et sanglant apparu dans la main du blond qui ne put retenir un hoquet de dégoût. Il n'aurait jamais pu imaginer qu'on puisse à ce point détruire son propre corps. Il plongea son regard choqué dans celui d'Harry complètement paniqué. Personne n'avait rien remarqué, à part Snape, et quand Harry croisa son regard qui était rempli de déception, il s'enfuit en courant ne supportant plus être ainsi regardé.

Il courra dans les couloirs, essayant d'échapper à ce qu'il était, ce qu'il avait fait, ce qu'il pensait. Il finit par atterrir dans une salle de classe désaffectée où il s'effondra. Il se recroquevilla sur lui-même en ayant l'espoir fou de réussir à disparaitre ainsi. Instinctivement il frotta son poignet. Il ne fallut que quelques secondes pour que les blessures se rouvrent.

Il se sentait tellement misérable ainsi. Il avait tout perdu il avait fait tout perdre à des gens qu'il aimait. Depuis des semaines il se détruisait dans l'optique d'en finir facilement quand il serait à bout. Il aurait mieux fait d'en finir dès le début. Il regrettait que Severus l'ait surprit, qu'il ait essayé de l'aider. Il aurait dû le laisser. Comme ils l'ont tous fait avec lui.

Depuis le début on l'avait abandonné. Il avait été abandonné sur le palier de son oncle et de sa tante après avoir perdu ses parents qui était mort par sa faute. Puis on l'avait abandonné toutes les fois où il avait dû combattre Voldemort. Cédric était mort par sa faute. Sirius était mort par sa faute. Ils étaient tous morts à cause de lui. Il aurait dû mourir la nuit où Voldemort était rentré chez lui. Il aurait dû mourir sans que ses parents n'aient à y laisser leur vie aussi.

De toute façon il n'avait pas la moindre chance face à Voldemort. Il finirait par mourir. A la seule différence que ce serait sûrement moins douloureux maintenant que par la main du Maitre des Ténèbres qui serait des plus vils avec lui.

Alors il prit sa baguette dans sa main et métamorphosa une lame de rasoir moldue. Mais cette fois-ci il ne comptait pas se louper. Il n'allait pas juste se faire mal pour se rappeler ce qu'il était. Il allait en finir.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ça me fait toujours très plaisir :D Et essayez de pas trop m'incendier non plus ^^' je vous promets qu'il ira bien ! (Du moins aussi bien que puisse aller quelqu'un dans son état...)

Marysol xx