Titre : La magie d'une fleur
Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !
PS : Ceci se passe avant le tome 7.
Note de l'auteur : Rebonjour ou rebonsoir ! Me revoilà ! Quelques jours en avance, me direz-vous (si vous vous plaignez, je peux toujours l'effacer et le remettre lundi, hein ?). Pourquoi cette avance ? Ben en fait, c'est parce que j'apprécierais de publier le samedi… On est samedi (depuis 51 minutes) donc, je publie. Dorénavant, ce sera tous les 15 jours, chaque samedi ! loll (pas spécialement aussi tôt, cela dit).
Bonne nouvelle : J'entame aujourd'hui l'écriture du chapitre 19… Vous avez encore de la marge avant que je vous laisse en plan pour manque de temps/créativité…
Sur ce, je vous laisse savourer le chapitre et je retourne vous emmerder à la fin ! loll
oOo
Chapitre 1 : La dernière carte d'Albus Dumbledore
1971… 1971… Le 24 décembre 1971… La date n'en finissait pas de passer et repasser dans la tête de Harry. C'était impossible ! Inimaginable ! Impensable ! Ils ne pouvaient pas être là-bas ! Il devait s'agir d'une erreur ! C'était obligatoire !
« Ma… Malfoy ! dit-il. C'est une plaisanterie, n'est-ce pas ? Ce n'est pas… Enfin je veux dire… Ce qui… C'est…
-C'est la vérité, interrompit le blond, agacé de l'entendre balbutier. On a remonté le temps, Potter. On est en 1971. La veille de Noël ! »
Harry déglutit. Les mots avaient beau être perceptibles, ils refusaient obstinément de s'imprimer. Non, ce n'était pas les mots. C'était lui. Il ne voulait pas l'admettre. Il ne voulait pas accepter ça !
« On est en train de violer une des lois les plus importantes du monde de la sorcellerie ! Personne n'a le droit de changer le cours du temps ! Personne ! »
La voix d'Hermione résonnait sans fin dans sa tête, lui donnant un mal de tête insupportable. Il se laissa tomber contre l'arbre derrière lui, serrant toujours la montre dans sa main.
« Pourquoi ? dit-il, d'une voix blanche. Pourquoi est-ce que nous…
-C'était une idée de Dumbledore », déclara sérieusement son accompagnateur.
Harry releva la tête si vite qu'il entendit ses cervicales craquées. Un frisson de douleur parcourut sa nuque, mais il l'ignora.
« Comment… ?
-Je ne sais pas, répondit le blond. Après que Severus l'ait tué, il m'a emmené chez moi. Au manoir Malfoy. Il a plaidé ma cause auprès de… de lui mais il n'a rien voulu entendre. Il m'a torturé et jeté en prison. Un jour, Severus est venu me trouver. Il m'a expliqué qu'il allait me donner une seconde chance et que je devais tout faire pour le satisfaire. Que c'était provisoire. Qu'il travaillait à quelque chose que Dumbledore lui avait confié pour nous sortir de ses griffes. Un mois plus tard, j'étais de retour au cachot. Il m'a puni parce que je n'ai pas pu tuer. Ce jour là, Severus est revenu. Il m'a expliqué le plan de Dumbledore… »
Malfoy sembla sombre et il trembla sous le froid ambiant. Il ne se leva pourtant pas et prit une longue inspiration afin de poursuivre.
« D'après ce qu'il m'a dit, Dumbledore savait qu'il allait mourir. Il avait contracté une maladie bizarre. C'est elle qui a noircie sa main. »
Harry sursauta et écarquilla les yeux en l'entendant. Ce n'était pas une maladie qui avait noircie sa main. C'était l'horcruxe caché dans la bague ! Snape le savait-il ? Et si oui, avait-il volontairement menti à Malfoy ?
« Apparemment, cette maladie allait le tuer. Alors quand il a su que je devais le tuer… Et que Severus risquait de griller sa couverture en nous sauvant tous les deux… Il lui a demandé de le tuer si je n'en avais pas la force. Je sais pas comment, mais il a réussi à lui faire promettre. »
« Une bonne fois pour toute, Harry, est-ce que j'ai ta parole que tu feras tout ton possible pour m'obliger à boire cette potion jusqu'au bout ? »
Dumbledore et sa foutue force de persuasion !
« Mais il avait un plan… au cas où tout finirait mal après sa mort. Je vois pas comment ça aurait pu mieux tourner, mais le vieux fou semblait penser qu'il y avait un espoir, même s'il mourrait. Bref, le plan était simple : si tout tournait au cauchemar, Snape devait remonter le temps, prévenir le Dumbledore de cette époque, voir même tuer lui-même Voldemort définitivement avant sa première chute ! »
Harry écarquilla les yeux et sentit sa bouche s'ouvrir. Tuer Voldemort. Avant sa première chute. Avant la mort de ses parents !
« Mais il y a une faille, dans tout ça, pensa-t-il. Dumbledore savait pour les horcruxes et pour moi. Donc, il savait que Snape n'avait aucune chance. Ainsi que Malfoy… »
Il fronça les sourcils et se massa le front douloureusement.
« Snape ne t'a rien dit d'autres ? Pourquoi n'est-il pas parti lui-même ?
-Apparemment, il ne voulait pas. Je ne sais pas pourquoi, mais ce passé… il n'avait aucune envie d'y vivre définitivement…
-Définitivement ? Demanda Harry. Tu veux dire que nous ne pourrons jamais retourner à notre époque ?
-Réfléchis un instant, Potter ! Si on change le passé, notre époque ne verra jamais le jour. Nous ne pourrons jamais y retourner ! »
Harry déglutit. Jamais. JAMAIS ! Il ferma les yeux et s'appuya de nouveau contre l'arbre. Il ne reverrait jamais leur époque. Ses amis… Un autre frisson le parcourut. Ses amis étaient morts, de toute façon. Même s'il y retournait, il ne les aurait pas revus. Au moins, là, si tout changeait… Il pourrait empêcher l'atroce mort des Weasley… Et celle d'Hermione… Et de tous les autres !
Aussitôt, il ouvrit les yeux et tourna la tête vers Malfoy.
« Ok, dit-il. Quel est le plan ? »
Le blond sembla étonné de le voir accepter leur voyage si brutalement.
« Aller voir Dumbledore. Lui raconter. Et aviser avec lui. C'est tout ce que Severus m'a dit. »
Le brun hocha de la tête et, difficilement, se leva.
« Bon, dit-il. On est où ?
-La forêt interdite », répondit Draco en se levant.
Il grimaça douloureusement.
« Dans notre époque, il a levé les barrières empêchant de transplaner, mais ici, elles sont toujours présentes. Nous avons donc atterri dans la forêt interdite, juste à côté de Poudlard, normalement. »
Le brun hocha de la tête et regarda les alentours. Une trouée dans les arbres le renseigna très vite. Le château était par là, sans aucun doute !
« Tu sauras marcher seul ? » demanda Harry, en se tournant vers le blond.
Dans la lumière du jour, il semblait en plus mauvais état encore !
« Ouais, dit-il. Les potions anti-douleurs fonctionnent assez bien ! »
Harry se contenta de hocher de la tête et se tourna de nouveau vers l'orée de la forêt. C'était une chose de savoir où était le château, s'en était une autre de mettre la main sur Dumbledore. Le vieil homme, même s'il était dans son bureau, avait sans doute encore un mot de passe abracadabrant impossible à trouver… Et il n'avait aucune envie de demander à toutes les personnes qu'il croiserait dans le château !
Tout à ses pensées, il ne remarqua pas qu'ils avaient atteins le parc de Poudlard, ni que quelques élèves jouaient dans la neige. Ce furent les rires qui le surprirent. Il sursauta et leva les yeux. Ils n'étaient que quatre et se poursuivaient, s'attaquaient à grand renfort de boules de neiges. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres face à ses enfants innocents. Aux couleurs des écharpes, il reconnu deux Poufsouffle, un Serdaigle et un Gryffondor. C'était les vacances de Noël et ils devaient sans doute être les seuls élèves ! Lui aussi, par le passé, avait joué dans le parc, en compagnie de Ron, de Hermione…
Un pincement au cœur l'éloigna rapidement de cette pensée. Ça et l'ombre noire qui le surplombait. Levant les yeux, Harry faillit hurler de joie, avant de se rappeler que le Hagrid qui le regardait ne le connaissait pas. L'expression méfiante du demi géant lui pinça le cœur, mais il ne douta pas qu'ils deviendraient de bons amis. Difficilement, à cause du froid et de la douleur, il sourit.
« Bonjour », dit-il.
Il entendit Malfoy s'arrêter derrière lui. Ce dernier avait eu du mal à avancer, visiblement.
« Bonjour, dit Hagrid, méfiant. Que faites-vous ici et qui êtes-vous ? »
Harry haussa les épaules. Il ne pouvait pas se présenter comme étant Harry Potter. Il décida donc de ne pas répondre.
« Nous sommes des voyageurs, dit-il. Nous sommes blessés, nous avons faim et nous avons froid. Et par-dessus tout ça, nous désirons voir le professeur Dumbledore de toute urgence. Pourriez-vous aller le chercher ? Nous vous promettons de ne pas bouger d'ici en attendant son arrivée. »
Hagrid sembla le jauger du regard. Il inclina la tête, comme si son visage lui était familier et qu'il n'arrivait pas à mettre un nom dessus. Harry eut un frisson à cette pensée. Son père était dorénavant à Poudlard, il avait 11 ans… Se ressemblaient-ils assez pour que Hagrid remarque les traits familiaux ? Le demi géant finit pourtant par reculer.
« Higgins ! » cria-t-il.
Un des enfants arrêta de jouer et s'approcha d'eux en courant.
« M'sieur ? dit-il, tout en les regardant d'un air curieux.
-Va chercher le professeur Dumbledore. On le demande, ici… »
Le garçon hocha de la tête et partit en courant. Les trois autres enfants se rapprochèrent. Harry frissonna en regardant le Gryffondor. Son visage lui était familier. Pourtant, il ne faisait pas partie de la bande des Maraudeurs.
« Bonjour ! dit un des Poufsouffle. Vous êtes qui ?
-Des voyageurs, répondit Harry.
-Je m'appelle Drake, répondit Malfoy, juste derrière. Drake Manfred. Et lui, c'est Ash Promise. »
Harry faillit s'étouffer en entendant le nom ridicule que lui avait donné Malfoy. Le blondinet ne s'était pas foulé ! La première lettre de son prénom accompagné d'un nom de famille commençant par les mêmes lettres… Quelle idée !
« Moi, c'est Franck Londubat ! s'exclama le Gryffondor. Pourquoi vous êtes ici ?
-Nous désirons voir le professeur Dumbledore, répondit Harry, qui aperçut justement le vieil homme qui sortait du château.
-Beurk, dit un des Poufsouffle, proche de Draco. Tu sens mauvais ! »
Le blond se retint de grogner d'agacement. Il en était parfaitement conscient, pas besoin d'en rajouter !
Devant lui, Harry ne put s'empêcher de rire. Il restait pourtant concentré sur le directeur qui approchait à grands pas. Quand il fut arrivé près d'eux, il s'arrêta et les dévisagea tous les deux.
« Ils voulaient vous voir, M'sieur, dit Hagrid. Ils sortaient de la forêt… »
Le vieux directeur hocha de la tête. Devant lui, Harry avait du mal à respirer. C'était comme un rêve qui devenait réalité. Albus Dumbledore était devant lui. Il vivait, il respirait… Et il le regardait d'un air interrogateur. Malfoy avait posé sa main sur son épaule et Harry remarqua alors qu'il haletait difficilement et qu'il pleurait. Les personnes présentes le regardaient avec surprise. A côté de lui, Malfoy ne disait rien, mais sa main serrait si fort son épaule qu'il en avait presque mal.
« Nous devons vous parler, dit le blond. En privé. De choses vraiment… vraiment… Très importantes ! »
Le vieux directeur hocha vaguement de la tête, tout en fixant Harry. Ce dernier finit par détourner les yeux. C'était tellement dur de voir des gens qu'il avait vu mourir vivant. De les voir le fixer avec méfiance et de ne pas pouvoir simplement leur dire qu'il les aimait de tous son cœur et qu'il était heureux de les revoir. Oh oui alors, si heureux !
Une poussée l'obligea à avancer. Il remarqua après un moment qu'ils étaient presque arrivés au Château et que Malfoy le poussait à avancer en appuyant d'une main dans son dos. Il lui fit signe qu'il pouvait continuer sans son aide et la main disparu. Entrer dans Poudlard sembla aussi dur. Les escaliers de l'entrée lui rappelaient des dizaines de bons souvenirs, mais également son arrivée, vingt ans plus tard, entouré de mangemorts. Un frisson le secoua, vite suivit d'un second, provoqué cette fois par la chaleur du hall. Celui-ci était désert. Ils passèrent de nombreux couloirs, ainsi que quelques escaliers et arrivèrent devant la gargouille. Harry ne parut pas surpris de la voir s'écarter sans qu'aucun mot de passe ne soit prononcé. Elle avait du reconnaître Dumbledore. Ils grimpèrent ensuite les escaliers et, quand ils arrivèrent dans le bureau, Harry haleta encore en croisant Fumseck. Sur son perchoir, le phénix tourna la tête dans sa direction. Il semblait fort jeune, signe qu'il avait du brûler peu de temps avant.
Étonnement, à peine Harry fut-il assis que l'oiseau vint se poser sur l'accoudoir du fauteuil. Derrière son bureau, le directeur sembla aussi étonné que Malfoy. Harry, lui, eut un simple sourire. Fumseck ne le connaissait pas, il n'en doutait pas un instant. Mais il savait aussi que le phénix pouvait lire ses sentiments aussi facilement qu'un humain lisait un livre. La joie qu'Harry avait de le retrouver était suffisante à la créature pour lui faire confiance et cela, même s'il devait être perplexe.
« Et bien… Si je n'étais pas déjà totalement sceptique quant à votre apparence, voilà qui me surprendrai d'avantage encore ! »
Harry leva les yeux vers lui. Il déglutit. Comment allait-il pouvoir raconter son passé ? Comment s'y prendre ?
« Je m'appelle Draco Lucius Malfoy, dit son voisin, le faisant sursauter. J'ai 17 ans. Je suis le fils de Lucius Malfoy et Narcissa Black. Et je viens du futur. »
Harry le regarda. Il hésita un instant puis prit son courage à deux mains.
« Je m'appelle Harry James Potter. J'ai 17 ans également. Je suis le fils de James Potter et de Lily Evans. Et je viens du futur. »
Face à eux, le vieux directeur les regardait avec plus d'intérêt encore. Harry remarqua qu'il n'hésitait pas à fouiller dans leurs yeux afin de déterminer s'il s'agissait d'un mensonge ou non.
« Vous connaissez Voldemort ? demanda Harry, Dumbledore le regardant aussitôt. Nous, oui. Malfoy vient de passer six mois dans ses cachots à se faire torturer. Et moi… J'y ai passé une dizaine de minutes, avant notre départ précipité. Nous sommes ici… Parce que… euh…
-Parce qu'il a gagné, poursuivit Malfoy. Dans vingt ans, Voldemort a gagné. Vous êtes mort. L'ordre du phénix est mort… Pratiquement plus personne ne lutte contre lui. Il est même installé dans Poudlard. Il y règne comme si c'était son propre château ! »
Le vieil homme leva la main, les interrompant.
« Une seconde, dit-il. Vous ne devriez peut-être pas me…
-Si, interrompit Harry. Nous sommes ici pour vous dire tout ça. Nous sommes ici pour le tuer avant que tout ça ne se produise. Parce que si ça arrive… Alors croyez-moi, ce sera un vrai cauchemar. Malfoy ne ment pas lorsqu'il vous dit que tout le monde est mort. Je les ai vus se faire tuer les uns après les autres. Mes parents sont morts lorsque j'avais un an. Et la majorité des membres de l'ordre se sont fait tué dans les six mois suivants votre décès… »
Il lutta un instant pour ne pas pleurer. Il avait envie de supplier Dumbledore de le pardonner. De lui dire qu'il avait vraiment essayé de détruire Voldemort pendant ces cinq mois. Qu'il avait cherché après les Horcruxes comme un déchaîné. Qu'il était désolé d'avoir échoué… Mais ce Dumbledore ne le connaissait pas encore.
« Je pense qu'il faut commencer par le début, souffla-t-il, tout en se passant une main sur le visage. Vous savez sans doute déjà quels sont les buts de Voldemort ?
-Pas vraiment, dit le vieil homme. Bien que je sache que cette personne est néfaste, je ne l'ai plus revue depuis au moins une dizaine d'années. Je suis donc assez surpris de vous entendre en parler dans ces termes… »
Harry tourna un regard déstabilisé vers Malfoy. Ce dernier souffla.
« La première guerre ne commencera qu'en 1974, expliqua-t-il. Techniquement, nous sommes trois ans en avance, mais Severus estimait qu'il valait mieux se donner quelques années d'avances.
-Quelques ? demanda Harry. Pourquoi ne pas nous faire remonter le temps à l'enfance de ce cinglé ? Nous aurions tout simplement pu le tuer lorsqu'il était enfant !
-Parce que tu aurais réussi à tuer un enfant ? » demanda le blond.
Harry ouvrit la bouche mais il la referma aussitôt. Non, il n'aurait pas pu. Même si cet enfant était un psychopathe !
« C'est bien ce qu'il me semblait, dit Malfoy. Bon… Donc, ici, il n'est pas encore venu. Mais dans trois ans, il viendra. Il commencera à rassembler des adeptes. Il commencera à tuer. A corrompre. Il commencera la guerre ! Vous devez être prêt. Car il est sans pitié. Cette guerre, chez nous, s'appelle la première guerre. Elle se terminera en 1981. Notre but, en revenant ici, c'est de faire en sorte qu'elle se finisse définitivement en 1981.
-Pourquoi ne s'est-elle pas achevée définitivement en 1981 ? » demanda le vieil homme.
Il semblait tenté de comprendre et Harry soupira.
« Il faut commencer par le début, Malfoy, dit-il. Nous l'embrouillons plus qu'autre chose. Bon… Voldemort. Alias Tom Jedusor. Décidé à avoir le pouvoir. Il pense que les moldus et les sorciers nés moldus doivent mourir. Qu'il est le meilleur, car il est l'héritier de Serpentard. Il est puissant et très rusé. Il ne craint que deux choses : vous et la mort. Pour vous, son problème sera réglé en 1996 : vous serez tué un soir de juin… Pour la mort, c'est plus compliqué et j'expliquerais cela en son temps. »
A côté de lui, Malfoy le regardait d'un air interrogateur. Harry fit un vague mouvement de la main, comme pour balayer les éventuelles interrogations.
« J'ignore comment s'est déroulée la première guerre, poursuivit-il. Je sais juste qu'il y a eu beaucoup de morts, beaucoup de trahison et de chagrin. Que les gens étaient terrorisés. Que les géants, les détraqueurs et d'autres créatures l'avaient rejoins. Il promettait le pouvoir, la liberté à toutes les personnes fortunées, rejetées par la société actuelle. Les Sangs Purs assoiffés de pouvoir ont vite accepté de le rejoindre. Les sadiques sont venus naturellement. Une véritable guerre a commencé contre eux. Ceux qui ne voulaient pas obéir étaient tués ou manipulés par l'imperium. La terreur va très vite s'installer. De votre côté, vous avez créé l'Ordre du Phénix, afin de lutter contre Voldemort et son organisation. Vous preniez toutes personnes dignes de votre confiance. A ma connaissance, il n'y a eu qu'un seul traître, dans toute cette organisation. »
Il se tut un instant, réfléchissant. Malfoy voulut parler, mais Harry le fit taire d'un mouvement de la main.
« Laisse, dit-il. J'en sais plus que toi ! »
Le blond répondit par un soupir d'agacement, mais Harry n'y prêta pas attention.
« Je ne sais pas comment se passait cette guerre, mais je suis sûr d'une chose. Un jour, vous avez eu un entretien avec un potentiel professeur de divination. Mes parents étaient déjà adultes et mariés. Et Severus Snape était déjà un mangemort. C'est le nom des sbires de Voldemort. Ce jour là, vous vous êtes rendu à la Tête du sanglier pour rencontrer votre postulant. C'était une femme, Sybille Trelawney. Et bien qu'elle vous ait semblé être une totale fabulatrice, ce jour là, elle a eu une transe. Une vraie. Et elle vous a livré une prophétie. »
A ses côtés, Malfoy sembla s'agiter. Quand il tourna la tête vers lui, Harry vit qu'il était captivé par ce qu'il disait. Forcément. Son père avait du en parler, au moins une fois, durant la cinquième année. Voir après, s'ils s'étaient revus. Il l'ignorait, mais Malfoy savait que cette prophétie était importante.
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit… Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois… »
Un long silence plana dans le bureau directorial. Fumseck passait sa tête sur l'épaule d'Harry qui se contentait de fixer le vieux directeur.
« L'enfant en question, c'est moi, dit-il, ignorant le hoquet de Malfoy à ses côtés. Je suis né le 31 juillet. Mes parents… et bien, j'ignore comment, en fait, mais ils l'ont défié par trois fois. Et surtout… il m'a marqué comme son égal. »
Tout en parlant, Harry releva sa mèche de cheveux, dévoilant sa cicatrice.
« Le 31 octobre 1981, le jour de sa première mort, il est venu chez moi. Mes parents se cachaient car vous les aviez avertis que Voldemort pourrait tenter de me tuer. Ils avaient un gardien du secret nommé Peter Pettigrow. Vous pensiez que le gardien était Sirius Black, qui était le meilleur ami de mon père, mais ils vous ont menti. Malheureusement, Pettigrow était un traître et il a dénoncé mes parents à Voldemort. Celui-ci est venu, la nuit d'Halloween. Il a tué mon père. Puis ma mère. Pourtant, il ne voulait pas la tuer. Elle cherchait à me protéger et le gênait. Elle l'a suppliée de me laisser vivre, de la tuer à ma place. Mais il s'est moqué et l'a tuée. C'est ce qui m'a sauvée. C'est de la vieille magie, m'avez-vous dit. L'amour de ma mère m'a protégé. Lorsque Voldemort a utilisé le sortilège de mort sur moi, il a… ricoché, nous allons dire. Et Voldemort a été détruit. Partiellement. Car en fait, il ne pouvait pas mourir. »
Dumbledore semblait à présent captivé par ce qu'il disait. Et il n'était pas le seul. Malfoy était définitivement tourné vers lui et buvait ses paroles.
« Ce que Voldemort craint le plus, avec vous, c'est la mort. Afin de ne pas mourir, il a créé des horcruxes. »
Cette fois, Dumbledore écarquilla les yeux. Malfoy, lui, semblait perplexe. Visiblement, il ignorait de quoi il s'agissait et Harry décida d'expliquer. Après tout, ils étaient partenaires, à présent.
« Un horcruxe est un objet, voir même un être vivant, dans lequel on implante un morceau de son âme. Ainsi, lorsque la personne est tuée, son âme ne peut disparaître, car les horcruxes obligent l'âme à rester sur terre. De cette manière, le jour où Voldemort a été touché par son propre Avada, son âme est restée sur terre grâce à ses horcruxes. Il en existe sept, à notre connaissance. A l'heure actuelle, je veux dire, en 1971, je sais qu'il en existe au moins quatre. J'ignore maintenant quand seront créés les autres.
-Merlin tout puissant ! s'exclama Malfoy. Severus était-il au courant de ça ?
-Je l'ignore, répondit Harry. Je pense que non. Sinon, il t'en aurait parlé. A quoi bon revenir dans le passé pour tout changer si on ignore le plus important ? Non, je pense qu'il ne le savait pas. Par contre, tu m'as dit que c'était une idée de Dumbledore, de remonter le temps ?
-Oui, c'est ce que Severus m'a dit…
-Mhmm… Alors il est possible que Dumbledore ait spécifié à Snape que je devais partir. Réfléchis ! Il aurait pu te donner les pétales bien avant ! Il était libre de venir te voir quand il voulait, dans les cachots, non ? Pourquoi me les a-t-il données cette nuit ? Pour m'amener à toi et surtout, pour que je remonte le temps avec toi !
-C'est tiré par les cheveux, Dumbledore n'aurait pas pu deviner une telle situation !
-Que tu reviennes ici avec moi, certainement pas, mais que Severus me trouve et le face en ma compagnie, oui ! Snape a juste détourné un peu les choses. Il a voulu te sauver et se sauver aussi, je pense…
-Comment ça ? demanda Draco.
-Réfléchis ! Si nous arrivons à tuer Voldemort rapidement, alors peut-être que Snape ne deviendra jamais un mangemort ! Il n'aura pas à vivre avec les souvenirs de son passé sur la conscience, vu que ce passé n'existera pas ! »
Malfoy hocha de la tête. Devant eux, Dumbledore suivait la conversation avec intérêt.
« Mais Severus Snape n'est-il pas un mangemort ? demanda-t-il.
-C'est un agent double, dit rapidement Draco.
-Apparemment, il avait toute votre confiance, continua Harry.
-Vous ne semblez guère l'apprécier, pourtant, dit Dumbledore en le fixant.
-Disons que nous avons une certaine… agressivité commune l'un à l'autre. C'est une très longue histoire et je ne suis pas sûr de vouloir vous la raconter maintenant… L'important, pour l'instant, c'est Voldemort. Il faut le tuer avant 1981 ! Il faut trouver les sept horcruxes. J'ignore les dates de création, mais je sais avec certitude qu'ils étaient tous les sept faits en 81. Il y en a déjà au moins quatre. Malheureusement, nous ne pouvons pas tuer Voldemort tant que nous n'avons pas détruit les derniers horcruxes. Sinon, il reviendra, comme dans notre passé. Il est revenu à la vie pendant notre quatrième année… Et la seconde guerre a commencée. »
Dumbledore hocha pensivement de la tête. Harry se tut. Il ne savait que dire d'autre. Il avait mal à la tête à force de réfléchir. Bon sang, dans son époque, il ne restait que deux horcruxes et voilà qu'il devait tout recommencer ! L'avantage, au moins, c'était qu'il savait où ils étaient. A cette pensée, il écarquilla les yeux. Mais oui, quel idiot !
« Attendez ! Il est venu ici il y a une dizaine d'années ? » demanda-t-il.
Le directeur hocha de la tête. Harry eut un vague sourire et se leva. Il n'attendit même pas et sortit du bureau pratiquement en courant. Il entendit vaguement Malfoy l'appeler et le suivre en courant, accompagner de Dumbledore et poursuivit sa course. Il traversa les étages à une telle vitesse qu'il eut l'impression d'être porté par le vent. Si seulement il pouvait y en avoir déjà un ! Seulement un !
Le mur nu de la Salle sur demande se présenta très vite à lui et il s'arrêta devant. Il entendit Dumbledore et Malfoy arriver alors qu'il effectuait le troisième tour devant la porte. C'était pour ça qu'il s'était fait attraper par les mangemorts. Il était venu à Poudlard pour cet horcruxe ! S'il suivait son résonnement et s'il se souvenait bien du souvenir de Dumbledore où Voldemort était venu lui demander un emploi, alors l'horcruxe était dans la salle sur demande et s'était le diadème de Serdaigle. Malheureusement, à son époque, il n'avait jamais pu le vérifier.
La porte apparut une bonne fois pour toute et il la passa sans aucune hésitation. Il ne fut pas étonné de retrouver le bric à braque de la salle et ignora le halètement de Malfoy. Celui-ci avait du reconnaître la pièce où il avait passé beaucoup de temps pendant leur sixième année mais Harry préféra ne pas lui accorder d'importance. A quoi bon parler de ça maintenant ? Ce qui était fait était fait… Et il en avait assez entendu sur la tour d'astronomie pour savoir les motivations du blond. Des motivations plus que compréhensibles. Il ignorait totalement comment il aurait agi à sa place.
« Que cherchez-vous exactement, mon garçon ? Demanda Dumbledore.
-Le diadème de Serdaigle, répondit-il.
-Mais c'est une légende ! s'exclama Malfoy.
-Non, répondit Harry. Je n'ai aucune preuve, mais je sais qu'il y a ici un diadème. Et que cette parure est un horcruxe. Si vous le trouvez avant moi, surtout, ne le touchez pas et appelez-moi ! »
Il s'éloigna sans attendre de réponse. Il n'arrivait plus très bien à se souvenir de l'endroit où il l'avait vu mais il se rappelait l'avoir aperçu lorsqu'il avait caché le livre de potion de Snape. Il avait conscience, bien entendu, que détruire l'horcruxe de Serdaigle n'empêcherait rien. Il y en avait six autres à réduire en cendre. Mais juste écrabouiller une bonne fois pour toute celui-là lui semblerait être une revanche des plus satisfaisante.
« Hé, Potter, souffla Malfoy, à côté de lui. Faut-il vraiment faire ça maintenant ? Je suis crevé, bon sang…
-Je t'en prie, assieds-toi, répondit Harry. Personnellement, je veux juste mettre la main dessus… »
Ses yeux voyageaient partout. Il entendit Malfoy soupirer et Dumbledore rire. Il s'en fichait, de toute façon. Il voulait mettre la main dessus une bonne fois pour toute ! Avançant parmi les allées, il poussa un soupir.
« Si seulement la salle sur demande était moins grande, dit-il.
-Mon garçon, intervint Dumbledore, je suis de l'avis de monsieur Malfoy. Faire cela aujourd'hui ne me paraît pas obligatoire. Vous êtes épuisés tous les deux et vous auriez besoin d'un bain, d'un lit, d'un repas chaud et de soins médicaux. Peut-être que…
-Non, interrompit Harry. Je sais que je ne suis pas obligé de faire ça aujourd'hui, mais… Je me suis fait capturer alors que je venais ici. Dans mon époque, c'était l'avant dernier.
-Quels sont les autres ? Demanda Malfoy, tout en regardant autour de lui.
-Le médaillon et la bague de Serpentard, un journal intime de Voldemort, une coupe appartenant à Poufsouffle et un serpent qui accompagne Voldemort. »
Il y eut un long silence puis :
« Mais ça n'en fait que six, ça ! Et le septième ? »
Harry arrêta d'avancer.
« Pas besoin de savoir ce que c'est, dit-il, froidement. Je m'en charge personnellement… »
Un long silence suivit cette déclaration alors qu'Harry reprenait son avancée. Le septième… Il posa une main sur son ventre. Le septième… Un frisson le parcourut et il s'arrêta. Il le sentait. Au fond de lui, une chose sombre s'agitait. Il n'était pas loin. Relevant la tête, il regarda autour de lui. Il était là… A quelques mètres. Les yeux écarquillés, Harry sentit encore des larmes envahirent ses yeux.
Pendant un mois, il avait désespéré de le trouver. Et la veille… La veille, il était venu à Poudlard, caché par la cape d'invisibilité de son père, sa baguette serrée dans sa main. Il était arrivé à Poudlard, mais avant qu'il ait eu le temps de comprendre, une dizaine de mangemorts lui était tombé dessus. Et il n'avait pu qu'admettre son échec. Mais à présent, il devait tout recommencer. Non, pas devait. Pouvait ! Il pouvait sauver tout le monde, même si personne ne lui avait rien demandé. Et pour cela, ils devaient commencer tout de suite ! Tant qu'ils le pouvaient.
« Il y a au moins cinq horcruxes de fait, actuellement, dit-il. Reste à savoir si les deux derniers sont déjà faits et si oui, où ils sont. Tous ! Car je sais que certains seront donnés en cadeaux à des mangemorts fidèles. Des mangemorts qui, actuellement, ne sont que des enfants… »
Il s'avança d'un pas prudent jusqu'à l'immonde diadème. Celui-ci semblait presque luire sous la lumière de la salle sur demande.
« Il va donc falloir attendre, intervint Dumbledore.
-Probablement, répondit Harry. Le problème, c'est que j'aurais bien aimé empêcher au moins un de ses mangemorts de devenir un serviteur de Voldemort. »
Il tendit la main et frôla le diadème. Un courant magique se propagea dans tous son bras mais il l'ignora. Ça faisait toujours ça, lorsqu'il touchait un horcruxe.
« Il faut que je le détruise, dit-il, tout en se tournant vers les deux personnes qui l'accompagnaient. Mais… Le moyen que j'avais trouvé dans mon époque n'est plus… accessible.
-Quel était ce moyen ? Demanda le directeur.
-Du venin de basilic, répondit Harry. Je l'ai tué… Mais ici, il est toujours vivant et je n'ai aucune envie d'affronter ça à nouveau. »
Le vieil homme sembla approuver.
« Vous semblez avoir vécu beaucoup d'aventures, monsieur Potter…
-Quelques-unes, oui, dit Harry, un léger sourire aux lèvres. Mais je n'ai aucune énergie pour tout vous raconter. Je crois que vous avez raison. Nous avons besoin d'un lit. D'un bain. D'un repas. Et de soins médicaux. Surtout lui. Si vous voulez, je pourrais vous raconter tout ça demain.
-J'en serais ravi, dit le vieil homme. Nous devons, je pense, tous réfléchir quant aux actions à mener. Après tout, vous venez de m'apprendre des choses sur l'avenir qui méritent beaucoup d'attention. Et vous… Et bien, vous avez une mission plus qu'importante à réaliser.
-Et pour l'horcruxe ? Demanda Malfoy, clignant des yeux pour ne pas s'endormir.
-Nous verrons ça demain, répondit Harry. Professeur… Je n'ai plus de baguette et Malfoy non plus…
-Nous aviserons cela demain. Pour l'objet… »
Il regarda autour de lui et attrapa une gomme qu'il enchanta. Celle-ci se transforma en une épaisse boîte de métal que le vieux directeur ouvrit.
« Mettez-le dedans et prenez-la avec vous. Normalement, il devrait se tenir tranquille à l'intérieur. Venez… Je vais vous guider vers des appartements qui devraient vous convenir. Demain, nous parlerons encore. De ce qu'il convient de faire. De ce que vous avez vécu. Et de ce que nous allons faire de cet objet. »
Harry hocha de la tête, serrant la boîte contre lui. Il suivit le vieil homme hors de la salle, en compagnie de Malfoy.
A suivre…
Et voilà le premier chapitre de poster. Il ne révèle toujours pas grand-chose de ce que je vous réserve, mais je l'aime bien. J'espère que vous aussi !
Je suis contente de voir que vous êtes si nombreux (nombreuses, je pense, en majorité, mais passons) à me suivre. Et je vous lance le défi de deviner qui je vais coller avec Draco et Harry… Juste pour m'amuser à vous entendre dire des choses impossibles ou… à vous emmêler parce que vous avez trouvé et que ça m'amuse ! loll
Sur ce… Vous avez du remarquer, pour ceux qui m'ont envoyé une review avec ffnet, que j'ai répondu… J'espère que vous n'êtes pas morts d'une crise cardiaque ? Comme c'est ma dernière, je réponds aux reviews. Ouais je sais… Trop de la chance (pour vous… pour moi, ça me donne juste une tendinite ! loll ! Mais continuez, surtout, ça me fait plaisir, ça me rappelle les débuts).
Pour les personnes qui n'ont pas de compte ffnet, je sais, c'est injuste de ne pas vous répondre. Je fais donc une réponse générale, à l'exception d'une personne. Clem! Merci à toi pour ton passage. Tu m'as données les larmes aux yeux avec ta review. Merle Pin a été un peu abandonné… Mais je le garde au chaud, car je tiens à lui écrire son histoire ! Merci, milles fois, pour ce message qui m'a vraiment fait plaisir.
Sinon, dans un ordre moins sentimental, mais tout de même heureux, je remercie li-san, adenoide, tatam83, Meldrac (les chapitres vont s'agrandir au fur et à mesure), Lalouve (merci à toi, je suis contente de te revoir également) et ali pour leur review anonyme !
On se revoit le samedi…. 19 décembre !
Bisous !
