Titre : La magie d'une fleur
Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !
PS : Ceci se passe avant le tome 7.
Note de l'auteur : et me revoilà, le 19, comme promis ! J'espère que vous êtes contents, moi oui (c'est rare que je tienne mes engagements ! loll). Dans ce chapitre, on en apprends un peu plus sur le destin de Harry et Draco (orchestré par Dumbledore, encooore ! loll).
Mais les prochains seront encore plus révélateur ! En tout cas, j'en suis arrivée à la rédaction du chapitre 20 ! J'avance lentement mais sûrement !
Merci à tous et toutes pour vos reviews qui m'ont bien fait plaisir !
On se revoit le… 2 janvier !
Bonnes fêtes à tous d'avance !
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Chapitre 2 : La décision la plus raisonnable
Harry avait vaguement eu l'impression qu'ils traversaient tout le château. Il commençait à réaliser qu'ici, il était en sécurité. Personne ne surgirait pour le tuer. Il n'avait plus ressentit ça depuis… Et bien en fait, il n'arrivait presque plus à s'en souvenir. Sa première année, peut-être ? Devant lui, Dumbledore était silencieux et visiblement plongé dans ses pensées. Ils n'avaient encore croisé personne, ce qui était étonnant, quand on connaissait Poudlard.
« Peu d'élèves sont restés, pour Noël ? demanda Harry.
-Seulement cinq, répondit le vieil homme, devant lui. C'est le nombre habituel…
-Ah ? demanda Harry. Oui, c'est vrai… En première année, j'avais remarqué qu'il y avait peu de personnes… Après, on a été de plus en plus nombreux, à cause de Sirius, du tournoi, de la guerre… »
Le vieux directeur lui lança un regard interrogateur et Harry secoua la main.
« Demain », dit-il.
Derrière lui, Malfoy bailla encore. Harry se retourna vers lui et s'aperçut que lui aussi semblait avoir beaucoup de mal à avancer.
« Tu tiendras, Malfoy ? »
Le concerné le regarda avec deux petits yeux épuisés.
« Je ne me suis pas senti ainsi depuis… des années, j'ai l'impression. »
Harry eut un léger sourire.
« Moi non plus, dit-il. Ça détend horriblement…
-Ouais, répondit le blond, baillant encore. Je ne sais pas dans quel ordre je vais faire tout… Me laver, je pense, même si j'ai peur de m'endormir dans l'eau… »
Harry approuva vivement. Oui, surtout, Malfoy devait se laver ! D'urgence ! Lui aussi, d'ailleurs. Il était peut-être dans un état moins lamentable, mais il n'en menait pas large.
Devant eux, des pas attirèrent leur attention. Une Minerva McGonagall plus jeune se dirigeait vers eux. Harry écarquilla les yeux alors qu'elle posait sur eux un regard interrogateur.
« Ah, Minerva, dit Albus. Je vois que vous avez terminé de corriger vos copies.
-En effet, répondit la directrice des Gryffondor. Mais…
-Oh, ce sont des invités, répondit le directeur. Ils ne vont cependant pas rester au château longtemps, je les accueille pour les vacances de Noël provisoirement. »
Le professeur de métamorphose les regarda. Elle parut vaguement choquée en regardant Malfoy mais souffla. Les excentricités d'Albus Dumbledore expliquaient souvent tout.
« Soit, dit-elle. Et vous vous appelez ?
-Ash Promise, répondit Harry, se résolvant à utiliser les noms qu'avaient énoncés Malfoy un peu avant.
-Drake Manfred », répondit le blond.
Près d'eux, le vieux directeur étouffa un hoquet de rire. La directrice des Gryffondor sembla surprise de l'entendre mais haussa les épaules.
« Enchantée, dit-elle. Je suis Minerva McGonagall, directrice des Gryffondor et professeur de métamorphose. Je ne pense pas vous avoir eu comme élèves…
-Euh…, dit Harry, cherchant un mensonge.
-Minerva, ces deux garçons sont épuisés. Réservez leur donc votre interrogatoire plus tard. Vous aurez amplement le temps de les questionner pendant le repas de Noël ! »
La dame hocha de la tête, pinçant pourtant les lèvres.
« Comme vous voudrez, Albus. A bientôt, jeunes hommes. »
Elle partit sans attendre de réponse. À côté d'Harry, Malfoy souffla.
« Bon dieu Potter, vas-tu sangloter chaque fois que nous rencontrons quelqu'un qu'on connaît ?
-Oh ça va, hein ! cingla Harry, tout en frottant ses yeux. C'est la fatigue !
-Mais oui ! répliqua l'autre. La fatigue, j'y crois. Je t'achèterais une boîte de mouchoir pour la naissance de Granger et Weasley ! »
Harry gronda en réponse. Oui, il avait conscience qu'il était ridicule de pleurer chaque fois, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il avait l'impression que tout ce qu'il avait vécu par le passé n'avait été qu'un horrible cauchemar. Et cela, même si aucun de ses proches ne le reconnaissait. Au moins, ils étaient vivants !
« Je te préviens, si tu pleures ainsi face à Maugrey, il risque de croire que tu tentes de le tuer ! »
Harry, mais également Dumbledore, éclata de rire. Malfoy, lui, eut juste un léger ricanement. Le voyage semblait s'être un peu allégé et la fatigue avait déserté légèrement.
« Je me réjouis de voir ta tête à toi, face à des gens que tu aimes ! »
Malfoy haussa les épaules.
« Si je pleures devant Severus, je perdrais tout son respect en moins de quelques secondes, ce que je n'ai pas envie de faire, surtout compte tenu de ce que je dois faire avec lui…
-Ce que vous devez faire ? Demanda Dumbledore.
-L'empêcher de faire la pire erreur de sa vie, répondit sombrement Malfoy. C'est la seule chose qu'il m'ait demandée lorsqu'il m'a prévenu de votre plan et lorsqu'il m'a passé le premier ingrédient. Même si cet idiot n'avait précisé, bien que j'aie compris, à présent…
-Devenir un mangemort, dit le directeur. Cela risque d'être difficile. Je ne connais pas bien monsieur Snape, mais il semble partager les idéaux de Voldemort.
-C'est une façade, répliqua Draco, en bougeant vaguement la main. Il est amer, tout simplement. Ça ne se passe pas bien, chez lui, il faut juste… que je l'aide. »
Harry écoutait et hochait vaguement de la tête.
« Si tu veux mon avis, tu peux bien te faire engager à vie comme garde du corps. Avec les plaisanteries idiotes que lui font sans arrêt mon père et ses amis, c'est un allé simple pour Voldemort qu'ils lui fournissent. Malheureusement, je ne vois pas comment empêcher ces quatre là d'agir…
-Il n'y a aucun moyen, le mieux est de les laisser faire… Mais il faut convaincre Severus que suivre Voldemort est une mauvaise chose…
-Voilà qui promet…, souffla Harry. Je te souhaite bonne chance !
-Hé ! Je ne vois pas pourquoi, tu vas m'aider ! »
Harry se prit malencontreusement les pieds dans un tapis et faillit tomber.
« Moi ? T'aider ? Malfoy, sans vouloir te déranger, j'ai déjà assez à faire avec les horcruxes et le mage noir ! Ne pourrais-tu pas t'en charger seul ?
-Je t'aiderais pour les horcruxes et le mage noir, tu m'aides pour Severus ! »
Harry souffla longuement.
« Et ben ça promet », dit-il.
Devant eux, le vieux directeur s'était arrêté devant une tapisserie représentant le parc de Poudlard. Il l'écarta légèrement, dévoilant une porte.
« Voilà, dit-il. Ce sont des appartements qui ont servis dernièrement, ils devraient vous convenir. Il n'y a qu'une chambre, avec un grand lit. Etant donné votre visite surprise, je n'ai pas eu le temps de faire aménager un appartement plus… spacieux. Cela vous conviendra-t-il ? »
Tout en parlant, il ouvrit la porte, dévoilant une immense pièce. Elle n'était meublée que de deux petits canapés et d'un grand lit, comme l'avait dit le directeur. Il n'y avait que deux autres portes. Toutes deux étaient ouvertes et dévoilaient un placard et une petite salle de bain. Deux grandes fenêtres donnaient sur la forêt interdite.
« Ce sera parfait, dit Harry. Provisoirement parfait, je pense…
-Ouais ! répondit Malfoy.
-Vous ne resterez de toute façon pas ici, dit le directeur. Mais je vous parlerais de tout ça demain… Surtout que rien n'est sûr, je dois demander à quelqu'un s'il est d'accord. En attendant, reposez-vous, lavez-vous. Je demanderais aux elfes de vous apporter de quoi manger et des vêtements propres dans quelques minutes. Les vêtements seront peut-être un peu grands, mais ils vous iront mieux que ceux que vous portez. Ce sera en attendant que vous alliez faire quelques courses…
-Monsieur, nous n'avons pas…
-Ne vous inquiétez pas pour ça, mon garçon, interrompit le directeur. Nous en parlerons demain. Je viendrais avec l'infirmière de l'école. Bonne soirée. »
Il leur fit signe d'entrer et referma la porte une fois chose faite.
« Euh… C'est moi ou il a déjà prévu quelque chose nous concernant ? demanda Malfoy.
-Il a déjà prévu quelque chose, soupira Harry. Et le connaissant, ça ne va pas nous plaire ! »
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En premier lieu, ils s'étaient lavés. En même temps. Aucun des deux n'avait la patience d'attendre que l'autre ait fini, ils avaient donc respectivement profité de la baignoire et de la douche. Harry avait laissé la baignoire à un Malfoy plus que déterminé à l'avoir et s'était enfermé dans la petite cabine où il avait laissé le jet d'eau le débarrasser de la première couche de sang séché et de terre qui le recouvrait. Le savon avait fait le reste. Lorsqu'il était sortit, il avait découvert un Malfoy en train de béatifier dans son baquet d'eau chaude. Il avait vaguement souri puis était sorti, une serviette autour des hanches.
Comme promis, les elfes leur avaient envoyé des vêtements : c'était deux pyjamas venant sans aucun doute de l'infirmerie. Harry enfila le plus petit, Malfoy était malheureusement plus grand que lui de quelques centimètres… Bon, une dizaine, ça va ! Alors qu'il salivait d'avance en regardant les sandwichs et les deux parts de gâteaux au chocolat qu'on leur avait envoyés, Malfoy était sortit à son tour. Ses cheveux avaient retrouvé leur couleur blonde presque blanche et sa peau, autrefois laiteuse, était crayeuse à présent, mais propre. Il était mince à faire peur, mais ne semblait pas s'en inquiéter. Nul doute qu'il retrouverait une meilleure taille en mangeant régulièrement.
A son tour, il enfila son pyjama, grimaçant face à leur coupe et leur couleur puis, enfin, ils purent manger. Pendant toutes ces actions, aucun n'avait parlé. Ils étaient beaucoup trop occupés à penser. Il était difficile d'admettre que dorénavant, ils étaient tous les deux les derniers témoins d'un passé qui ne verrait normalement jamais le jour. Avec cela, ils prenaient également conscience que rien ne serait jamais comme avant. Harry savait parfaitement qu'il ne serait jamais le meilleur ami de Ron Weasley et Hermione Granger. C'était techniquement impossible. Quand ils naîtraient, il aurait 26 ans de plus qu'eux. Le temps qu'ils arrivent à Poudlard, il aurait 37 ans… Il doutait fortement que des enfants de 11 ans veuillent devenir amis avec 'un vieux'. Cette réalisation l'assombrit un peu. Pire que tout, ses parents étaient plus jeunes que lui ! Ils avaient 11 ans, alors qu'il en avait 17.
« Ce n'est pas comme si tu allais pouvoir vivre une longue et paisible vie à leur côté, n'est-ce pas ?, lui souffla une petite voix mesquine. N'oublie pas que tu dois mourir, Harry… »
Il eut un frisson. Mourir… C'était vrai… Pour rendre Voldemort mortelle, il devait avant tout mourir. Il savait qu'il avait transporté l'horcruxe en lui, avec lui. Ainsi, même si le Voldemort de cette époque n'avait pas encore créé son dernier horcruxe, Harry le lui avait 'offert' en remontant le temps. Qu'il soit dans le passé ou dans son temps n'y changeait rien. Lorsqu'il aurait détruit tous les horcruxes, il devrait se tuer…
« Quelque chose ne va pas ? demanda Malfoy, juste en face de lui.
-Mhmm, répondit Harry. Non, je réfléchissais, c'est rien… »
Il se passa une main dans les cheveux et regarda autour d'eux. Le lit l'appelait et il n'avait même plus faim.
« Je suis fatigué, dit-il. Tu préfères quel côté ?
-Le gauche », répondit le blond.
Harry hocha de la tête et alla se coucher à droite. Il faisait encore jour, mais il était si épuisé qu'il ne pensait qu'à dormir. Visiblement, Malfoy était de son avis. Il se leva et alla fermer les rideaux pour ensuite aller ce coucher à ses côtés.
« Si on m'avait dit qu'on dormirait un jour dans le même lit ! »
Malfoy sourit à côté de lui.
« Et si on t'avait dit que tu remonterais le temps pour tuer Voldemort ?
-Je trouve ça encore plus possible que de dormir à côté de toi sans essayer de te tuer ! »
Ils rirent tous les deux.
« Je pense qu'on doit se tenir à carreaux, dit le blond. Je veux dire… On est les derniers. Tu sais mon passé, je sais le tien. Personne, ici, ne peut le savoir. Enfin, si, ils peuvent, mais vaudrait mieux se taire tant qu'on a pas… Enfin…
-Tant qu'on a pas tué Voldemort, dit sombrement Harry. Je le pense aussi. Inutile d'attirer son attention sur nous plus tôt que prévu, il le fera bien assez vite…
-Tu crois ?
-J'en suis certain. Deux adolescents qui détruisent ses horcruxes, il le remarquera vite… Surtout si nous tenons un discours anti-Voldemort. On sera vite les ennemis publics numéro un…
-Super ! ironisa Malfoy. Raison de plus pour signer… euh… Une trêve ?
-Une trêve ? demanda Harry. Je pense qu'on pourrait carrément appeler ça un traité de paix.
-Ok, dit Malfoy. Tu n'insultes pas Severus et mes parents, je n'insulte pas tes proches.
-Je pense que ça me va.
-On essaye un minimum d'écouter ce que dit l'autre avant de gueuler…
-Tu parles pour toi, là ? »
Ils se lancèrent tous les deux un regard moqueur.
« C'est ok pour moi, dit Harry en baillant. A demain, Malfoy.
-A demain, Potter. »
Ils se tournèrent tous les deux le dos et, d'un même mouvement, relevèrent la couverture sur leur tête. Bien qu'ils soient surpris de la similitude des gestes, aucun ne prononça le moindre mot et ils s'endormirent en quelques secondes à peine.
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« Ils sont dans un état !
-Allons, Pompom, soyez discrète, ils dorment ! Les pauvres doivent être épuisés…
-Oui et bien je ne peux pas les soigner convenablement s'ils ne sont pas réveillés !
-Ça peut bien attendre un peu, non ?
-De toute façon, avec un vacarme pareil, on est réveillé depuis un moment ! »
Harry eut un vague sourire en entendant Malfoy parler. Réveiller ? Oh oui, il l'était. Et il était curieux de savoir ce que Dumbledore avait prévu pour eux. Il s'étendit en gémissant et se releva, offrant un sourire au directeur et à l'infirmière. Celle-ci écarquilla les yeux en le voyant.
« Merlin, Albus, ce garçon, il ressemble à…
-Je sais, Pompom », répondit le vieil homme.
Au même moment, Malfoy sortit de la couverture et cette fois, l'infirmière cria.
« Et lui, il ressemble à…
-Je sais, Pompom, dit encore Dumbledore. Pourriez-vous les soigner ?
-Techniquement, nous le sommes, répondit le blond. Nous avons bu une potion de soins à retardement. Elle met un mois à agir, au lieu de quelques secondes…
-Mais ça n'existe pas, ces choses là…
-Chez moi, si ! répondit Draco.
-Et bien peu importe ! Vous allez tout de même me boire cette potion. Si ce que vous dites est vrai, ça ne changera rien à votre statut, disons juste que dans un mois, vous vous sentirez particulièrement en forme ! »
Malfoy soupira et attrapa la fiole que l'infirmière lui tendait. Il l'avala sans rechigner, contrairement à Harry qui la fit tourner dans sa main une bonne dizaine de minutes. Il finit par la boire après avoir reçu cinq menaces de mort. Presque aussitôt, la majorité de ses blessures disparurent. Il ne resta que quelques bleus. En se tournant vers Malfoy, il constata que ce dernier était particulièrement en forme. Les blessures en moins, il avait retrouvé un peu plus de sa superbe, bien que ses longs cheveux blonds emmêlés gâchent un peu l'air supérieur.
« Bien, Pompom, je vous remercie pour votre aide. »
L'infirmière eut une moue face à la manière fort cavalière du directeur de la congédier mais elle sortit sans discuter. Une fois seuls, le directeur les invita à venir s'asseoir dans les petits canapés, devant la cheminée, ce qu'ils firent.
« Je suppose que vous êtes curieux de savoir ce que je sous-entendais hier, au sujet de votre potentiel départ de Poudlard et je sais que vous avez envie d'avoir des réponses à vos questions, mais j'aimerais d'abord que vous me racontiez un peu votre vie. J'ai besoin d'en savoir un maximum afin d'être sûr de prendre la bonne décision. »
Les deux voyageurs se regardèrent et Malfoy lui fit un geste nonchalant l'invitant à commencer. Harry eut un soupir et demanda d'abord un verre d'eau au directeur. Il allait en avoir besoin !
Il lui fallut plus ou moins quatre heures pour tout raconter. A la fin, il avait bu plus de deux pichets d'eau et même Malfoy avait commencé à bailler, malgré les évènements plus qu'hors du commun. Cependant, Dumbledore, lui, semblait très intéressé.
« Je vois, dit-il, lorsque Harry se tut enfin. Intéressant… Et vous, Monsieur Malfoy ? »
Le blond soupira et se redressa un peu. Harry, lui, en profita pour s'affaler dans le divan. Il n'était pas au courant non plus de la vie de son ancien ennemi, et il fut assez surpris d'entendre son enfance. C'était très loin de ce qu'il avait imaginé. Malfoy avait eu une vie de famille simple. Il n'avait pas passé son temps à apprendre 'mille et une manières pour tuer un moldu'. Il fut bien entendu plus intéressé par les derniers évènements, même si l'entendre parler de ses tortures ne l'avait pas particulièrement réjoui.
« Je vois, dit encore le directeur, une heure plus tard. Vous êtes sensiblement différent. »
Ils approuvèrent tous les deux d'un même mouvement de tête.
« Et donc, il y a un basilic sous l'école ?
-Oui, répondit Harry. Et je n'ai aucune envie d'aller le tuer encore une fois !
-Oui, j'imagine bien ça… Je pense que nous pourrions le laisser tranquille pour l'instant… Et vous parlez Fourchelangue… intéressant… »
Harry gigota nerveusement. C'était une particularité qu'il détestait mettre en avant.
« Quant à vous, Monsieur Malfoy, vous semblez avoir de bonne dispositions en potions, en botanique mais également en magie noire… Très intéressant… »
Le vieux directeur sembla réfléchir un long moment.
« Oui, je pense qu'elle acceptera…
-Que qui acceptera ? » demanda Harry.
Dumbledore les regarda tous les deux.
« Messieurs, j'ai écouté tout ce que vous m'avez raconté hier et aujourd'hui avec un vif intérêt. Après tout, vous êtes envoyés ici pour empêcher un mage noir de tuer la majorité des sorciers et d'étendre une domination dictatoriale sur notre monde. Dis ainsi, c'est assez effrayant, en fait. J'ai conscience que votre… mission est de la plus haute importance, mais je réalise également que dans l'état actuel des choses, elle est irréalisable. »
Harry fronça les sourcils.
« Même si vous connaissez bien Voldemort, vous ignorez tous les deux ce qu'il fait actuellement. Vous ne savez pas précisément combien d'horcruxes sont créés. Vous ignorez même où ils se trouvent avec précision. Peut-être Voldemort les a-t-il sur lui ? Ou peut-être pas. Dans tous les cas, vous ignorez où ils sont. Vous savez juste avec certitude qu'en 1981, ils seront tous en place. Techniquement, donc, vous ne devriez pas entrer en scène avant 1981.
-Mais », commença Harry.
Dumbledore l'arrêta d'un geste de la main.
« Je sais, dit-il. Vous avez des personnes à aider. Vos parents. Severus Snape… Et d'autres encore, je n'en doute pas. Cependant, jouer avec le temps est dangereux et à trop vouloir sauver de monde, vous risqueriez d'échouer. Je vous propose donc cela. Laissez-moi la charge de veiller sur vos parents et sur Severus Snape pendant votre absence. Je m'occuperais d'eux…
-Notre absence ? Demanda Malfoy. Et où comptez-vous nous envoyer ?
-Chez une de mes amies, répondit le directeur. Il m'est évident que vous êtes tous les deux de puissants sorciers, mais vos talents ont été négligés. Parce que vous étiez sans arrêt en danger, ou parce que vous n'avez pas jugé utile de les développer. Or, je pense que vous en aurez besoin, dans les années à venir. Cette personne, j'en suis certain, sera tout à fait capable de vous aider à développer vos forces.
-Nos forces ? demanda Harry.
-Vous, plus que Draco, devriez avoir conscience de cela, Harry. Vous avez une certaine puissance, en vous, je l'ai remarqué dès que je vous ai aperçu dans le parc. Seulement, elle est étouffée, au fond de vous. Tout comme monsieur Malfoy. Je pense donc qu'il serait bon que vous vous retiriez un peu, que vous alliez retrouver cette personne. En outre, je puis vous assurer qu'elle vous sera d'une grande aide. Elle connaît parfaitement le monde de la magie, qu'elle soit blanche ou noire. Elle connaît même les horcruxes et sait donc comment les détruire sans risque.
-Si une telle personne existe, pourquoi ne nous a-t-elle pas aider dans notre époque ? demanda Harry.
-Peut-être parce qu'elle était morte ? proposa Dumbledore. Je ne vois que cette raison pour l'empêcher d'intervenir. »
Harry ne put qu'approuver. Si cette personne en savait autant sur la magie, Voldemort avait du la tuer rapidement.
« Ptain, il a raison, grogna Malfoy. Severus m'avait prévenu, mais qu'est-ce que c'est chiant ! »
Harry sursauta en l'entendant parler et il éclata de rire. C'était vrai ! Dumbledore avait toujours la mauvaise habitude d'avoir raison.
« Il n'y a pas que pour vous entraîner que je veux vous éloigner. Vous le savez, vous ressemblez énormément à vos parents. Je me doute que vous aimeriez les rencontrer, mais ils ne sont que des enfants. Ils ne se regardent pour l'instant qu'avec mépris ou méfiance. Débarquer maintenant et leur dire « bonjour papa, bonjour maman », risque de vous empêcher de naître. Oh vous ne disparaîtrez pas dans cette époque, mais ce serait dommage, non ? Et bien entendu, il y a la loi…
-La loi ? » demanda Malfoy.
Harry écarquilla les yeux.
« Changer le cours du temps est formellement interdit, souffla-t-il. Une de mes amies m'a dit que c'était l'une des règles fondamentale du monde de la magie.
-C'est exact, dit Dumbledore. Et elle est punissable de mort. Je préférais donc vous éloigner. En 1981, vous serez âgé de 27 ans… Et donc, beaucoup moins reconnaissable.
-Nous ne pouvons pas arriver seulement en 1981, intervint Harry. Nous avons besoin de temps pour trouver les horcruxes. »
Le vieux directeur sembla réfléchir.
« Et je veux sauver Severus ! » intervint Malfoy.
Cette fois, Dumbledore fronça les sourcils.
« Je me charge de monsieur Snape, dit-il.
-Non, répondit Malfoy. Il ne vous fera pas confiance. Je sais comment procéder avec lui. J'accepte d'aller là où vous voulez, mais il faut au moins que je revienne avant la fin de sa septième année. En fait, il faudrait que je sois ici pour la septième année. Peu importe le moyen, il le faut…
-Ça nous laisse six ans d'entraînement, dit Harry. C'est suffisant. Je commencerais alors à chercher les horcruxes et à défier Voldemort.
-Le défier ? Demandèrent les deux autres d'une même voix.
-Distrait par moi, il pensera moins à tuer, souffla le brun.
-T'es suicidaire, avoue-le, se moqua Malfoy.
-Pas exactement, répondit Harry, bien que fort sombre. Je n'ai juste pas envie de rêver encore et encore de mort et de torture… »
En parlant, il passa une main sur sa cicatrice.
« La personne chez qui je compte vous envoyer pourra vous aider pour ça, dit Dumbledore. Bon, c'est d'accord. Je vous y envoie pour six ans, mais il va falloir changer votre apparence. »
Les deux jeunes hommes se regardèrent.
« Changer ? demanda Malfoy.
-Au moins la couleur de cheveux, dit le Directeur. Physiquement, je ne doute pas que vous changerez, avec l'entraînement qu'elle vous donnera. Mais vos cheveux sont beaucoup trop caractérisés. Même si vous vieillissez et vous musclez, vous ressemblerez trop à vos deux pères. Il faudrait vous teindre les cheveux… »
Malfoy sembla avaler une pastèque entière alors qu'Harry regardait une mèche noire tombant sur ses yeux.
« J'ai le choix pour la couleur ? Demanda-t-il.
-Tant que ce n'est pas auburn », dit le directeur.
Harry eut un léger rire.
« Non, ne vous inquiétez pas… D'accord, je changerais. Dans six ans, nous reviendrons ici et vous vous demanderez qui nous sommes !
-Hé, minute, je ne veux pas changer, moi ! intervint Malfoy.
-Si tu veux aider Snape, il le faudra bien, signala Harry. De toute façon, on a six ans pour déterminer ça. Ça nous laisse du temps… La question que je me pose actuellement, c'est… Quelle excuse allez-vous donner pour accueillir deux étrangers dans votre école dans six ans ? En temps de guerre ? »
Dumbledore eut un large sourire qui ne les rassura guère.
« Vous saurez le moment venu, dit-il. Bon… Je vous ai apporté des vêtements. Je vous rappelle que c'est Noël et que Minerva désire plus que tout vous interroger… Donc, habillez-vous et rejoignez-nous dans la Grande Salle. Officiellement, vous êtes Ash Promise et Drake Manfred. Deux adolescents envoyés par une vieille amie américaine. Vous faites une escale ici, avant de rejoindre Augustus Poiret, un ami qui habite en Bulgarie.
-C'est lui qui va nous entraîner ? demanda Draco.
-Non, mais je ne veux pas dire qui va vous recevoir. Même si Voldemort n'est pas encore ici, il pourrait apprendre que je lui ai envoyé deux apprentis et ce ne serait pas bon pour nos affaires. Si tout va bien, vous serez parti pour la rentrée et vous n'aurez donc pas à croiser vos parents. Sur ce, Messieurs, habillez-vous. Je vous attends pour le dîner ! »
Et sans attendre, il quitta leur chambre d'un pas joyeux. Les deux voyageurs se regardèrent d'un air las.
« Et ben ça promet… Six ans d'entraînement et une nouvelle couleur de cheveux… Et un nom ridicule… Vraiment, parfait ! Parfait !
-C'est toi qui a choisi les noms, signala Harry.
-C'était provisoire !! »
Le brun sourit en haussant les épaules. Il s'approcha du tas de vêtements et reconnu de vieux uniformes de Poudlard.
« Génial, je vais mettre de vieille frusque, grogna Malfoy. De vieille frusque portant le… Ah non, pas question ! »
Harry se tourna vers lui et regarda l'emblème. Il éclata aussitôt de rire. Le repas promettait d'être drôle !
A suivre…
