Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

PS : Ceci se passe avant le tome 7.

Note de l'auteur : et me revoilà ! Bonne année à tous et toutes ! J'espère que vos fêtes ce sont biens déroulées ! Mieux que les miennes, en tout cas (on m'a volé veste et sac à ma soirée du nouvel an… Ou comment gâcher, en 5 minutes, 8 heures d'amusement ! loll). Enfin, personne n'est mort, je ne vais pas me plaindre ! Surtout que cette année commence sur les chapeaux de roue pour moi avec un nouveau job (je commence le 4), un rendez-vous (… ai peur…) et… Et mon compte en banque déjà vide, vu que j'ai du emprunter de l'argent à mon père pour me racheter les objets volés… loll

Sinooon ! J'espère que ce chapitre va vous plaire. L'histoire stagne un peu, mais elle va accélérer dans… deux chapitres (dans un mois, en gros, vu que publie toutes les deux semaines ! lolll). J'espère toutefois que cela va vous plaire !

Bonne nouvelle, j'ai terminé cette semaine le chapitre 20 ! Je vais donc me lancer dans le chapitre 21 !

Autre bonne nouvelle, Comme punition d'avoir obligé une amie à lire cette fic en entière (je voulais un avis et elle a été torturée par le couple de Harry et de…), me voilà obligé de faire une HPDM avec, comme personnage principal, un loup viril (c'était sa demande particulière). Cela dit, cela m'arrange bien, car je voulais également vous offrir un HPDM comme fic d'adieu. Je me retrouve donc avec deux fics d'adieu… Punaise, ma retraite me semble loiiiin !

Je ne sais toujours pas quand arrivera cette histoire sur le net, car j'essaye de l'avancer un maximum… mais elle arrivera, je peux vous l'assurer !

Bref ! Merci à tous et toutes pour vos reviews qui m'ont bien fait plaisir !

On se revoit le… 16 janvier !

Chapitre 3 : Augustus Poiret

La Grande Salle décorée pour Noël, en vingt ans, avait bien changée. Alors qu'à l'époque de Voldemort, elle ne portait aucun sapin et que le plafond magique ne laissait entrevoir que de lourds nuages et de la pluie, en 1971, elle déversait une fine poudre de neige et d'énormes sapins enjolivaient la salle. Harry eut un large sourire en apercevant tout ça. A ses côtés, les mains dans les poches et une mine boudeuse, Malfoy avançait en traînant la patte.

« Allons, Drake, dit Harry, souriant. Ne fais pas cette tête. Ce sont des vêtements d'emprunt… Et puis, tu es presque parvenu à arracher l'écusson, ça ne se voit pratiquement pas…

-Arrête ton charre, Promise, répondit Malfoy. Ça se voit ! Bon sang, heureusement que mon père n'est pas là, il en aurait fait une crise cardiaque ! »

Harry pouffa légèrement. Il portait l'emblème des Serdaigle et même si rien n'était plus éloigné de sa véritable maison, il n'en avait pas honte. Malfoy, par contre, maudissait vertement l'écusson décoré d'un blaireau qui était resté fermement cousu sur sa robe.

« Quelle honte, quelle honte !

-Drake, souris ! s'exclama Harry. Même si techniquement, nos parents ne sont pas là, leurs professeurs, eux, le sont. Et avec une moue pareille, je ne doute pas qu'ils reconnaîtront ton père rapidement !

-Tu peux bien parler avec tes binocles et tes cheveux !

-Je ne peux pas enlever mes lunettes, mais toi, tu peux sourire. Allez ! »

Le blond soupira mais finit par offrir un large sourire totalement faux. Harry rit légèrement et continua d'avancer. Les quatre tables étaient totalement vides, mais celle des professeurs était largement remplie. Tout le corps professoral les regardait avancer, ainsi que les quatre élèves qui étaient restés.

« Drake, Ash ! s'exclama le professeur Dumbledore. Nous vous attendions ! Asseyez-vous ! »

Harry obéit et prit la première chaise qu'il vit. Il se retrouva donc assis à côté d'un homme mince et grand. Il devait bien atteindre les deux mètres. Juste en face de lui, le professeur Slughorn lui offrit un large sourire.

« Bonjour mon garçon, dit-il. Vous êtes… ?

-Ash Promise, répondit Harry. Enchanté.

-Horace Slughorn, répondit l'autre. Je suis le directeur de la maison Serpentard et le professeur de potion. Aimez-vous les potions ?

-Un peu, répondit Harry. Je n'étais pas très doué avec mon premier professeur, mais le second semblait croire que je possédais un quelconque talent…

-Vraiment ? demanda l'homme. Voilà qui est intéressant. Et qui étaient vos professeurs ? »

Harry se sentit blanchir aussitôt, ce qui attira l'attention du professeur Dumbledore.

« Allons Horace, laissez ce jeune homme se servir. Il semble mourir de faim.

-Oh oui, désolé…

-Cela dit, intervint le professeur McGonagall, je ne sais toujours pas d'où vous venez.

-D'Amérique, répondit Malfoy.

-C'est Amélia Geer qui me les envoies, intervint Dumbledore. Ils sont seulement de passage, Augustus doit venir les chercher bientôt…

-Augustus ? demanda McGonagall. Poiret ? Ce vieux fou ?

-Allons, Minerva, un peu de respect pour Augustus. Il est vrai qu'il n'a pas toujours de brillantes idées, mais il n'est pas fou pour autant… »

Dumbledore passa le plat de purée à un Harry intéressé par la conversation.

« Pas fou pour autant ? Demanda McGonagall. Nous parlons bien de Augustus Poiret ? Celui qui a réussi à faire exploser un des coffres de Gringotts ? Celui qui s'est amusé à tenter de dresser un dragon afin d'en faire son… comment déjà ? Son cheval ?

-Moui, je dois admettre qu'il n'a pas toujours de bonnes idées, mais c'est un grand sorcier. Et puis, de toute façon, c'est une demande d'Amélia, je ne peux pas vraiment discuter, n'est-ce pas ? »

La directrice des Gryffondor sembla se contenter de cela et marmonna. Harry, lui, se demanda vaguement s'ils allaient rester un peu avec ce Augustus Poiret avant d'aller rencontrer leur mystérieux entraîneur. A la tête de Malfoy, il le craignait visiblement !

« Alors vous allez pas rester ? demanda le petit Gryffondor qui était présent.

-Non, répondit Malfoy. Nous avons un long voyage à faire.

-C'est cool, ça ! dit le Serdaigle. J'aimerais bien voyager, moi aussi !

-Chez les moldus, certaines écoles organisent des voyages d'études, intervint Harry.

-C'est vrai ? demanda le Serdaigle. Ils en ont de la chance !

-Ben, ça dépend, fit le brun. Car si la destination ne te plait pas, tu n'as pas le choix, le voyage est obligatoire, donc, tu dois t'y rendre.

-Mais comment peut-on ne pas aimer une destination ?

-Imagine que le voyage soit en plein dans le cratère d'un volcan ! dit un Poufsouffle.

-C'est impossible ça !

-Et pourquoi ?

-Mais parce que c'est dangereux !

-Et alors ? »

Les adultes rirent face à leur dispute.

« En fait, je pensais plus à un lieu où le temps ne serait pas beau, intervint Harry. Ou dans une forêt, par exemple. Vous aimeriez partir en excursion dans la forêt interdite !

-Oh oui ! dit le Gryffondor.

-Oh non ! » s'exclamèrent les trois autres.

Une fois de plus, les rires se déclenchèrent.

« Tu t'entends bien avec les enfants, Ash, signala son voisin de table, l'homme qui faisait bien deux mètres.

-Oui, assez, répondit Harry en souriant. Je les trouve amusant.

-Voilà qui va être utile », dit le directeur.

Tous le regardèrent d'un air interrogateur, mais il se contenta de se servir de poulet et de manger. Draco et Harry échangèrent un regard perplexe. L'étincelle de malice ne leur avait pas échappé.

oOo

Poudlard vide pouvait être intéressant lorsqu'on y était élève. Cela permettait de se balader sans trop s'inquiéter. Les moindres recoins du château vous appartenaient. Mais lorsque l'âge adulte se présentait, être seul dans Poudlard s'avérait être un vrai calvaire. Pour Draco et Harry, en tout cas. Bien qu'ils aient enterré la hache de guerre, ils n'avaient pu s'empêcher de se gratifier de quelques disputes, surtout dues à l'ennui. Aucun des deux ne savait quoi faire en attendant l'arrivée du fameux Augustus Poiret.

Selon Dumbledore, celui-ci viendrait les chercher avant la fin des vacances de Noël et les emmènerait ensuite chez lui. Là, leur mystérieux entraîneur, un certain Fixe, les conduirait jusque l'endroit où ils vivraient. Le vieux directeur avait obstinément refusé d'être plus précis.

Agacé par une énième dispute avec le blondinet qui lui servait dorénavant de partenaire de combat, Harry était sortit dans le parc, ignorant le froid ambiant. Il portait toujours l'uniforme de Serdaigle qu'on lui avait fourni et ce n'était pas l'idéal pour se promener dans le parc. Alors qu'il avançait dans la neige, il entendit des cris réjouis d'enfants et se dirigea tout naturellement dans cette direction. Un sourire fleurit sur ses lèvres lorsqu'il vit Hagrid jouant avec les enfants.

« Hé bien, murmura-t-il en regardant l'épais mur de neige que le demi géant avait construit. Il y en a qui ne s'ennuie pas, ici. »

Il s'installa sur une vieille souche pour les regarder jouer. Rapidement, il éclata de rire face aux mimiques des enfants. Il enviait presque leur innocence. Après un petit instant, Hagrid finit par abandonner les élèves et s'approcha de lui.

« Bonjour, Ash, dit-il.

-Bonjour, Hagrid, répondit Harry, souriant. Comment allez-vous ?

-Très bien et toi ?

-Très bien… Je m'ennuie un peu !

-Oui, Poudlard n'est pas très animé, pendant les vacances de Noël. C'est dommage que tu doives repartir avant le retour des autres élèves. Je suis sûr que tu t'amuserais beaucoup.

-Je n'en doute pas », répondit Harry.

Il entendit des pas derrière lui et aperçut Draco qui venait dans sa direction. Ce dernier se laissa tomber à côté de lui en soupirant.

« C'est là que tu te caches, dit-il, l'air ennuyé. Bonjour, Hagrid.

-Bonjour, Drake. »

Harry retint son rire. Voir Malfoy dire bonjour poliment à Hagrid n'était pas vraiment habituel.

« Arrête de te marrer, toi, siffla le blond. Je fais juste des efforts pour être sympa. On a signé une trêve, non ?

-Je croyais qu'on s'était mit d'accord sur traité de paix ? »

Le blond haussa les épaules.

« C'est la même chose, dit-il, tout en regardant les enfants. Bon sang, la chance qu'ils ont… »

Harry sursauta en l'entendant parler. Il était bien d'accord avec lui, mais c'était étonnant de savoir que Malfoy pensait comme lui.

« Oui, dit-il. J'aimerais bien être comme eux… »

Draco le regarda avec une pointe d'étonnement également mais hocha de la tête.

« Dites, vous avez pas froid ? demanda Hagrid.

-Mhmm ? fit Draco. Oh, non, pas vraiment. Ash est une bouillotte performante…

-Hé ! se plaignit le brun, remarquant alors qu'en effet, ils étaient collés l'un à l'autre. C'est toi la bouillotte, menteur ! Je crève de chaud chaque nuit à cause de toi ! »

Le blond leva un sourcil moqueur qui rendit Harry nerveux. Quoi ? Qu'est-ce qu'il avait dit ?

« Monsieur Promise ? Monsieur Manfred ? »

Ils se retournèrent tous les deux pour faire face au professeur McGonagall qui se dirigeait vers eux.

« Oui ? demanda Harry en se levant.

-Augustus est arrivé. »

Les deux jeunes hommes se regardèrent. Ils allaient enfin rencontrer le fameux Augustus Poiret ! Voilà qui promettait.

« Bon et bien… Au revoir, Hagrid, dit Harry, en regardant le demi géant.

-Au revoir, répondit l'homme, avec bonhomie. Je suis content de vous avoir rencontré tous les deux. Bonne chance avec lui ! »

Ils le remercièrent puis suivirent la directrice des Gryffondor dans la neige.

« A ton avis, P… romise, il est comment, Poiret ?

-Je ne sais pas, répondit Harry. On va le savoir rapidement. Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est comment est la personne suivante. »

Draco hocha de la tête et tous deux se hâtèrent de rentrer dans le château. Le professeur McGonagall les conduisit au bureau du directeur où ils entrèrent après avoir frappé. Là, un homme d'une assez grande stature, au visage parcouru de fines cicatrices riait à gorge déployée devant un Albus Dumbledore amusé.

« Toujours le mot pour rire, Albus », dit l'homme.

Il s'interrompit en les voyant entrer et les regarda. Ses yeux bruns les scannèrent de haut en bas tandis que Harry et Draco faisaient de même. Augustus Poiret était un homme musculeux, à la charpente épaisse et impressionnante. Il n'était pas bien grand, mais il était physiquement très fort. Harry se demanda vaguement si Hagrid aurait mal après avoir reçu un coup de poing de Poiret ? Il n'en serait même pas étonné.

« Voilà donc les deux gars que je dois emmener chez moi pour une journée. Et béh… Ils sont maigres comme des coucous. Tu les nourris, tes élèves ?

-Oui, très bien même. Mais ceux-là sont à pars.

-Alors ça, je m'en doute, si je dois les confier à Tu-Sais-Qui… »

McGonagall fronça les sourcils en l'entendant parler.

« Mais bon, je discute pas les ordres, surtout si c'est toi qui demande. Alors les mioches, vous êtes prêt à partir ?

-Oui, répondit Harry.

-Faut bien, répondit Draco.

-Ben alors on va y aller. J'ai laissé notre moyen de transport dehors, devant les grilles.

-Oh, professeur, ma boîte… »

Harry se tut en voyant le directeur la lui indiquer de la main.

« J'ai prit la liberté de remettre l'objet à sa place. Il t'attendra là, je pense que c'est mieux… Si son propriétaire devait… 'demander' à quelqu'un de venir voir s'il est toujours là et que ce n'était pas le cas, cela pourrait être mauvais, tu ne crois pas ? »

Harry fronça les sourcils puis hocha de la tête.

« Si, je crois, dit-il. Veuillez bien sur lui.

-Je le ferais, promis le directeur. Bonne chance à vous. Je vous attends le 1er septembre en 1977. A bientôt.

-A bientôt ! »

Augustus Poiret ne les avait pas attendus. Il avait déjà quitté le bureau et Harry et Draco durent se dépêcher de faire de même.

« Tu te rends compte qu'on part avec un gars qu'on ne connaît même pas rejoindre un autre gars qui s'appelle Fixe on ne sait où ?

-Je m'en rends compte, répondit Harry.

-Et ça ne t'effraie pas ?

-Non, pas vraiment…

-T'es un malade, on te l'a déjà dit ? »

Harry eut un simple rire en réponse. Ils surgirent à l'extérieur en même temps et se hâtèrent le long du chemin menant au portail. Augustus Poiret n'était pas loin devant eux.

« A ton avis, c'est quoi le moyen de transport ? »

Harry haussa les épaules. Il n'en avait aucune idée. Tant que ce n'était pas un dragon…

Lorsqu'ils arrivèrent devant la grille, pourtant, Harry ne put s'empêcher de rire. A côté de lui, Draco avait blêmit, du moins, si c'était possible.

« Ash… C'est une blague, hein ?

-J'en ai pas l'impression, Drake…

-Mais…

-On a pas le choix.

-Oui mais…

-Non ! »

Le blond poussa un long, long soupir.

« Pitié, dit-il. Tout sauf ça !

-T'as peur des hippogriffes, mon gars ? demanda Augustus. Si c'est le cas, tu devrais peut-être pas aller t'entraîner chez Fixe…

-Je n'ai pas peur ! intervint le blond. Disons juste que les hippogriffes et moi ne sommes pas… en bon terme. »

Harry émit un rire alors qu'il saluait un des hippogriffes. Celui-ci répondit aussitôt et le brun put s'en approcher.

« Tu es ridicule, Drake, dit-il. Ce n'est pas dangereux, un hippogriffe. Il suffit de les saluer avant tout !

-Mets la cape qu'il y a sur lui, intervint Augustus, alors qu'Harry allait monter. On va jusqu'en Bulgarie et tu risques d'avoir froid. »

Le brun hocha de la tête et se couvrit de l'épaisse cape violette qui se trouvait sur l'animal. Aussitôt, une sensation d'intense chaleur l'entoura et il frémit de satisfaction. La magie était vraiment incroyable. Sans hésitation, il sauta sur le dos de l'hippogriffe, étonné de sentir une petite selle sous lui. Augustus avait pensé à tout.

« Allez, blondinet. Suffit de t'incliner et tout ira tout seul ! »

Draco lui lança un regard haineux puis soupira. Méfiant, il s'approcha du dernier hippogriffe libre et s'inclina. Il attendit au moins cinq minutes que le poulet sur patte daigne lui répondre et il s'approcha, toujours aussi méfiant.

« Caresse-le un peu, intervint Harry, juché sur sa propre monture. Il a remarqué que tu te méfiais alors il en fait autant. Allez ! »

Le blond leva les yeux au ciel mais il obéit et passa une main tremblante sur le cou de l'animal. Il sursauta en sentant la douceur des plumes et l'hippogriffe tourna vivement sa tête vers lui. Draco eut un vague mouvement de recul mais voyant qu'il n'était pas attaqué, il continua sa caresse. Contrairement à ce qu'il croyait, ce n'était pas désagréable du tout. Bien vite, il prit plaisir à passer sa main sur le cou de la créature, puis sur son dos. Voyant cela, Augustus s'approcha.

« C'est bon, tu peux monter, il te fait confiance. Mets la couverture sur toi avant ! »

Le blond obéit et s'enroula dans la couverture. Puis, bien qu'avec une petite hésitation, il finit par grimper sur l'hippogriffe. Celui-ci poussa un cri perçant mais il ne rua pas. Draco se détendit doucement et gigota un peu pour trouver une bonne position.

« Bon, maintenant qu'on est tous installé, on va y aller. Accrochez-vous bien et ne vous endormez pas ! C'est parti ! »

Il frappa trois fois dans ses mains et, d'un mouvement souple, les trois hippogriffes décolèrent. Draco et Harry poussèrent tous les deux un cri de surprise. Le premier était plus inquiet alors que le second était clairement réjoui, mais ils ne s'en préoccupèrent pas. Ils étaient trop occupés à regarder Poudlard s'éloigner. Ils ne le reverraient plus avant six ans, si tout se passait bien.

oOo

Le château avait vite disparu du paysage, bien qu'ils aient tous les deux forcés sur leurs yeux pour le voir aussi longtemps que possible. Ils savaient que quitter Poudlard serait dur, surtout qu'ils avaient tous les deux hâte de remplir leur mission. De tuer Voldemort, une bonne fois pour toute. Mais les paroles de Dumbledore étaient sages et ils acceptaient de partir pour revenir plus fort, plus prêt.

Même s'il savait que les hippogriffes volaient vite, Harry avait conscience qu'ils n'arriveraient pas en Bulgarie avant un bon moment. Il fut surpris également que le ministère autorise ce genre de vols. Son étonnement fut rapidement éteint : Augustus leur demanda de voler au-dessus des nuages après un bon quart d'heure et ils montèrent plus haut encore.

Pour avoir un jour dérobé une voiture capable de volée, Harry fut heureux d'avoir les couvertures magiques, sans quoi, il ne doutait pas qu'ils seraient gelés rapidement. Surtout qu'il ne devait pas faire très chaud en Bulgarie !

Le vol, le mouvement des ailes des hippogriffes et le vent ne permettaient aucune conversation, ce qui l'agaçait profondément. D'abord parce qu'il s'ennuya rapidement, ensuite, parce qu'il mourrait d'envie de poser des millions de questions sur le dénommé Fixe. Qui était-il ? Comment leur entraînement allait-il se passer ? En savait-il vraiment assez sur les horcruxes ? Pourrait-il enlever celui qu'il avait dans le corps sans mourir ?

Cette question, plus que les autres, le rongeait. Harry n'avait aucune envie de mourir, au contraire. Il voulait vivre, surtout en sachant qu'il avait une chance pour sauver ses parents, son parrain, Remus et tous les autres. Bien sûr, rien ne serait plus jamais comme avant. Il ne serait pas ami avec Ron et Hermione. Il ne pourrait probablement jamais appeler James et Lily Potter 'papa et maman'. Mais il pourrait les connaître. Il pourrait parler avec eux. Les regarder l'éduquer lui… Comme il serait étrange d'avoir un petit Harry Potter sous les yeux. Se voir grandir, mûrir entourer de ses parents… Et si par malheur ceux-ci mourraient, il l'éduquerait lui-même ! Pas question de se confier à Pétunia et Vernon ! Après tout, lui aussi avait le sang de sa famille dans les veines ! Il pourrait très bien s'occuper de lui-même, Merci !

Mais pour cela, il devait vivre. Il devait vaincre la chose qu'il avait en lui. Vaincre Voldemort… Un frisson d'excitation le saisit et il dut se retenir de gronder méchamment. Cette fois, il y arriverait. Il avait plus qu'une longueur d'avance sur le mage noir. Il savait précisément où était chaque horcruxe. Et surtout, il savait les détruire. Il n'échouerait pas comme la dernière fois… Parce que cette fois, il n'y aurait pas de retour possible. Il n'y aurait pas une seconde remontée du temps.

« On est au-dessus de l'océan ! cria Augustus, le faisant sursauter. Alors si vous avez la bonne idée de vouloir tomber, ne le faites pas maintenant ! »

Harry éclata de rire en l'entendant. Cet homme semblait vraiment particulier. Il se demanda vaguement comment il allait mourir. Après tout, s'il ne l'avait jamais rencontré, c'était pour une bonne raison, non ? Son visage s'assombrit. Pourrait-il faire face aux cauchemars que lui donnerait le Voldemort de cette époque ? Leur lien était-il également présent, dans ce passé ? Il craignait que oui, ce qui ne le rassurait pas.

Poussant un soupir, il jeta un coup d'œil à Draco. Ce dernier était accroché à son hippogriffe et regardait droit devant lui, l'air pensif. Depuis qu'ils avaient voyagés ensembles et même s'ils avaient eu quelques vaines altercations, Harry avait tout de suite remarqué le changement. Draco était calme, silencieux. Oh bien sûr, il était toujours aussi arrogant et prétentieux, mais il ne méprisait plus. Il ne regardait plus personne comme s'ils valaient moins que lui. Quoi qu'il ait vécu dans les cachots de Voldemort, cela l'avait profondément changé.

« Lui aussi, il est tout seul, dorénavant… »

Harry frissonna. Ils étaient seuls, c'était vrai. Aucun des deux n'avait de proches actuellement. Ils étaient les derniers survivants d'une époque qui ne verrait jamais le jour. Ce simple fait les poussait à bien s'entendre. Aucun des deux n'avait envie de définitivement couper le dernier lien les unissant à leur passé.

« En tout cas, il est tout à fait supportable, maintenant… Je me demande combien de temps cela va durer… »

Sentant son regard sur lui, Draco tourna la tête dans sa direction. Il leva un sourcil interrogateur et Harry balaya sa question d'un mouvement de la main. Ça ne servait à rien d'essayer de parler pendant le voyage. Et puis il n'avait pas vraiment envie d'avouer au principal intéressé qu'il voulait le garder auprès de lui aussi longtemps que possible parce qu'il se sentait seul… Non, surtout, il ne devait jamais dire ça à Draco Malfoy !

oOo

Augustus leur donna l'ordre de descendre vers la terre alors que la nuit était tombée depuis un bon moment. Les yeux d'Harry se fermaient tous seuls et il se demanda vaguement s'ils étaient déjà arrivés. La Bulgarie était loin, mais les hippogriffes volaient très vite. Avec un peu de chance, ils allaient pouvoir dormir dans des lits chauds.

En effet, alors qu'ils quittaient la protection des nuages, Harry aperçut une épaisse et sombre forêt enneigée. Pourtant, à l'intérieur, il devina un triangle de lumière que diffusait une petite maison. Augustus fit un signe et les hippogriffes se précipitèrent vers la maison. Harry resserra sa prise sur le cou de la créature et il entendit Malfoy gronder d'inquiétude non loin. Quand ils touchèrent le sol, Harry faillit tomber. Il ne dut sa tenue qu'à son corps tétanisé sur la selle. A ses côtés, Draco ne semblait pas en meilleure forme.

« Voilà, on est arrivé, dit Augustus. Pfiou ! Allez les jeunes, on se lève ! Je suis sûr qu'un repas chaud et un lit vous conviendra mieux que ça ! »

Groggy, ils regardèrent Augustus sauter souplement de sa monture. Il était en pleine forme et chantonnait comme s'ils avaient fait une simple randonnée.

« On a l'air de deux vieillards, souffla Draco, à ses côtés. Surtout quand on le voit autant en forme ! »

Harry approuva fortement. C'était vrai, il se sentait vieux, quand il regardait Augustus. L'homme avait enlevé la selle de son hippogriffe. Il avait vaguement jeté un sort et l'instrument était parti vers la maison tout seul.

« Allez, les jeunes, on descend ! »

C'est en gémissant et en grognant qu'ils finirent par descendre. Augustus ne tarda pas à débarrasser les deux animaux de leur selle. Ensuite, il leur ordonna de rentrer chez eux et les trois hippogriffes obéirent en piaffant. Ils disparurent dans la forêt, sous les yeux épuisés mais reconnaissants de Draco et Harry.

« Pour un premier vol, c'était cool, bailla le blond. Long, fatiguant, mais cool.

-Ouais, répondit Harry. Je suis crevé, bon sang… »

Son voisin hocha de la tête fortement.

« Et vous avez dix-sept ans ? Demanda Augustus, en les regardant. Vous n'êtes pas très résistant. Fixe va avoir du boulot, avec vous ! »

Les deux jeunes se regardèrent d'un air inquiet : l'entraînement promettait d'être vraiment pénible !

Augustus haussa les épaules et d'un geste de la main, il leur indiqua la maison. Aucun des deux ne bougeant, il souffla et se dirigea vers l'entrée. Aussitôt, ils lui emboîtèrent le pas.

La maison d'Augustus était assez belle et chaleureuse. Quand ils entrèrent, ils eurent tous deux l'impression qu'une vague de chaleur et de douceur les entourait. Aussitôt, ils se détendirent, au grand soulagement de leurs muscles courbaturés.

« Vous devez crever la dale, dit Augustus. Mon elfe a sûrement fait de quoi bouffer, venez ! »

Les deux garçons n'hésitèrent plus à le suivre dans le couloir de l'entrée puis dans le salon. Là, une table avait été dressée pour trois personnes. Elle regorgeait d'aliments fumants qui avaient l'air délicieux. Les deux garçons eurent du mal à attendre l'autorisation de leur hôte pour s'asseoir et se jeter sur la nourriture.

« Elle va pas s'enfuir, leur dit Augustus. Mangez plus doucement, vous allez être malade ! »

Ils obéirent, bien que difficilement. Tout était délicieux. Bien trop, délicieux… ils n'arrivaient plus à s'arrêter et bien vite, la peau de leur ventre leur sembla tendue à l'excès alors que leur bouche refusait de s'ouvrir pour avaler autre chose.

« Hé béh… C'est ce que je disais, il vous nourrit pas, le vieux ! »

Les deux garçons rirent en l'entendant parler de Dumbledore.

« Mais bon, c'est un bon sorcier, donc, on va pas critiquer, hein… Buvez, maintenant… »

Deux magnifiques coupes apparurent devant leur assiette.

« C'est du vin, dit Augustus. Je le fais moi-même. Il paraît qu'il a des vertus digestives… Moi, j'en sais rien, je le bois et c'est tout ! Mais avec tout ce que vous avez bouffé, vous risquez de gerber pendant la nuit… Alors buvez bien ! »

Une fois encore, bien qu'avec plus de précautions, ils obéirent. Le liquide rouge leur sembla bon et sucré et ils avalèrent l'entièreté de leur coupe sans s'arrêter.

« Fixe devrait être là demain, leur dit Augustus. Sauf si elle vient à pied, mais j'en doute… Enfin, bref. En attendant, je vais vous montrer votre chambre. Vous avez l'air crevé ! »

Il se leva pour les guider dans la maison et Harry, comme Draco, eut l'impression qu'il n'arriverait jamais à se lever, tant il se sentait bien. Son estomac était plein, le vin lui avait donné une sensation de bien être et de somnolence. Il le suivit pourtant, tant bien que mal.

« Vl'a votre chambre, dit Augustus. J'en ai que deux, donc, vous allez dormir ensemble. Ça vous va ? »

Ils haussèrent les épaules. Ils avaient dormi ensemble à Poudlard et ça ne les avait pas dérangés. Loin de là. Aucun des deux ne voulait l'avouer, mais dormir avec l'autre avait quelque chose d'apaisant. Effrayé qu'ils étaient par l'inconnu de cette époque, par la perte définitive de leur proche, ils s'accrochaient inconsciemment l'un à l'autre. Être côte à côte pendant la nuit était rassurant.

« Bonne nuit, les mioches, leur dit Augustus. J'ai mis des pyjamas sur votre lit. Reposez-vous bien ! »

Ils hochèrent de la tête et rentrèrent dans la chambre. Elle était plus petite que celle de Poudlard, mais elle dégageait la même sensation de confort et de protection. Sans aucune gêne, ils se dévêtirent et enfilèrent leur pyjama l'un en face de l'autre. Enfin, ils se laissèrent tomber dans le lit. Coucher sur le dos, l'un à côté de l'autre, ils fixèrent le plafond.

« Potter ? chuchota Draco, comme s'il soupçonnait qu'Augustus soit encore là.

-Mhmm ? fit le concerné, les yeux mi-clos.

-T'as vraiment pas peur du tout ? Par rapport à Fixe ? Et Augustus ? Et… Ce qui nous attends ? »

Harry garda un instant de silence. Il fixa le plafond un court instant puis soupira. Doucement, il se tourna vers son voisin.

« Si, j'ai peur, dit-il. Je suis terrorisé. Mais je préfère pas y prêter d'attention… Sinon, ce sera pire. »

A côté de lui, Draco se tourna dans sa direction et hocha de la tête.

« On va s'aider, hein ? Dit-il. Tu m'aideras ?

-Oui, répondit Harry. Et tu m'aideras aussi. »

Le blond approuva et ils sourirent.

« C'est bizarre, murmura Harry. On se raccroche à l'autre comme des désespérés…

-Ah…, chuchota Draco. Tu as remarqué.

-Bien sûr, répondit Harry. Ça me soulage de voir que je ne suis pas le seul à être dépendant de l'autre… »

Draco eut une moue purement malfoyenne et haussa les épaules, l'air indifférent. Harry, lui, se contenta de rire. Il se tortilla un peu pour dégager la couverture de sous son corps et Draco fit de même. Bien vite, ils furent blottis dans les couvertures.

« Bonne nuit, partenaire, dit Harry. Demain, les choses sérieuses vont commencer.

-Bonne nuit, répondit Draco. A demain. »

Ils sourirent tous les deux et fermèrent les yeux. Il ne leur fallut que quelques secondes pour s'endormir.

A suivre…

A dans 15 jours ! ^^