Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

PS : Ceci se passe avant le tome 7.

Note de l'auteur : Yosh à vous ! Comment allez-vous tous ? Ce soir, contrairement à ce qui était prévu, je ne sors pas (si j'avais pas largué mon mec, je l'aurais fait, mais je l'ai plaqué… passons, voulez-vous ?). Donc, me voici, me voilà et, avec en prime… les RAR (ooh, joie, je vais faire preuve de courage) du chapitre précédent et de CE chapitre. Ouais, je sais, quel excès de zèle, ça va me tuer !

Sur ce, je vous annonce que ce chapitre va être soumis à des sauts dans le temps importants. Ce n'est pas dans un but de vous perdre, mais bien d'accélérer l'histoire. Vous vous doutez bien que si je raconte les six ans d'entraînement en détail, cette fic fera plus de milles chapitres ! Donc… Lisez bien et je vous dis à… dans deux semaines, le 13 février !!

Bonne lecture !

Chapitre 5 : Le premier allié

Juillet 1972

Le bruit du vent dans les feuilles des palmiers le tira de son sommeil. Comme toujours depuis six mois, Harry ouvrit les yeux pour rencontrer le visage endormi de son partenaire. Comme toujours depuis six mois, il eut un vague sourire. Qui avait rejoint qui pendant la nuit, voilà la question qu'il se posait. Quand il jeta un coup d'œil à la chambre, il eut sa réponse : cette nuit, c'était Draco qui s'était glissé en catimini dans son lit. En soit, ce n'était pas un fait rare. En fait, chaque nuit, ils se rejoignaient. Fixe s'en était étonnée, au début. Elle avait supposé – à leur plus grand embarras – qu'ils étaient ensembles, mais ils avaient fermement nié. Ils n'étaient pas ensembles, ils avaient juste besoin l'un de l'autre. Un besoin étouffant mais rassurant à sa manière.

Le clairon démoniaque de Fixe n'avait pas encore sonné, ce qui le soulageait. Il fallait croire qu'il n'était pas encore l'heure de se lever. Il ferma donc les yeux, profitant sans aucune honte de la chaleur de son ami. Il n'avait plus d'hésitation quant à l'appellation qu'il devait donner à Draco. Après six mois de vie commune, six mois de souffrance, de sueur, de courbatures, de lamentations, de disputes, de rires et d'aventures, il pouvait le qualifier, sans hésitation, d'ami. Il faisait encore nuit, ce qui expliquait sa résistance à la chaleur qui se dégageait du corps contre le sien. Avec un peu de gêne, même s'il en avait l'habitude, Harry remarqua qu'ils étaient tous les deux nus. Il n'avait jamais partagé cette intimité avec Ron et il en était un peu inquiet. Pourtant, il savait que leur tenue – ou plutôt leur manque de tenue – s'expliquait simplement : une fois le soleil couché, la maison était encore trop imprégnée de chaleur que pour garder un vêtement sur le dos. Et s'ils grelottaient pendant la nuit, le corps de l'autre avait vite fait de les réchauffer.

Il sourit vaguement en détaillant le peu du torse de Draco qu'il parvenait à voir. Tout comme le sien, le corps de son vis-à-vis avait changé. Il s'était musclé et, à la grande surprise de son propriétaire, avait commencé à se dorer légèrement, sous l'insistante chaleur du Sahara. Harry, lui, était brun. Littéralement. Sa peau avait quitté sa couleur blanche pour se parer d'un brun, presque chocolat. Cela avait étonné Fixe qui avait finit par déclarer avec évidence : « La peau des bruns a toujours été plus forte face au soleil ! ». Draco, lui, avait râlé. Il avait commencé par rosir sous le soleil avant d'enfin s'adapter à la présence constante de l'astre.

C'était, selon lui, leur tâche la plus dure : s'habituer au soleil et surtout, à l'horrible et écrasante chaleur. Lors de leur premier jour, les cent mètres les séparant de la maison de Fixe avaient failli les tuer ! Harry se revoyait encore, pleurant presque du manque d'oxygène, franchir le pas de la porte de la sublime maison – qu'il qualifiait plus de palais, d'ailleurs – orientale pour ensuite s'effondrer, le corps secoué de tremblements frénétiques. Draco, lui, s'était tout bonnement évanoui. Des deux, il était le plus fragile, du fait de son emprisonnement et des longs mois de torture.

Les débuts avaient été difficiles et cela, malgré le sort de rafraîchissement et leur entraînement nocturne. Lorsqu'ils avaient enfin été exposés au soleil et qu'ils avaient dû courir sous ce dernier, ils s'étaient tous les deux évanouis. En deux mois, ils avaient pourtant acquis une certaine résistance, mais sous la chaleur du Sahara, ils avaient été aussi faibles que des oisillons. Combien de fois s'étaient-ils effondrés sur le sable brûlant avant d'être enfin capable de faire le tour de la maison en courant sans défaillir ? Harry avait cessé de compter après la millième.

Pour cela, Fixe était intraitable : elle ne leur laissait aucun répit. Elle avait commencé par les faire courir jusqu'à l'inconscience. Puis, quand ils avaient réussi à rester debout, elle leur avait fait faire de la musculation. Chaque séance se terminait par un évanouissement. Elle ne leur laissait pas la moindre chance. Dès qu'ils s'adaptaient à un exercice, elle changeait, les amenant inévitablement à l'épuisement le plus total.

Au début, ils l'avaient détestée. Méprisée. Ils étaient tentés de la tuer pour se venger. Mais peu à peu, son sadisme porta ses fruits. Ils avaient pu admirer les formes physiques se dessiner sur leur corps. Ils avaient noté l'énergie incroyable qui les parcourait de nouveau. Ils se sentaient jeune et résistant. Même s'ils savaient que le pire était à venir. Fixe devait encore leur enseigner le combat moldu. Elle les avait prévenu que son enseignement allait porter sur la vitesse et leur capacité d'esquive. Ils craignaient le pire, vraiment…

Alors qu'il pensait à cela, l'horrible clairon de Fixe résonna dans la maison, lui arrachant une grimace. Draco, lui, poussa un gémissement plaintif. Il ouvrit pourtant les yeux, l'air fatigué. Tout comme lui, il regarda autour d'eux. Il soupira en reconnaissant la chambre de Harry, signe qu'il s'en voulait d'avoir cédé. Ils étaient tous les deux un peu honteux de leur faiblesse mutuelle, mais ils étaient incapables d'y résister. Ils avaient besoin l'un de l'autre, tout particulièrement la nuit. Lorsque l'heure de dormir venait, ils étaient incapables de réfréner la peur mais également les cauchemars. Chacun avait sa propre dose de mauvais souvenirs. Et aucun ne voulait l'affronter. Retrouver l'autre, c'était s'assurer une nuit confortable et sans rêve. Ils ne comprenaient d'ailleurs pas ce phénomène, mais ils s'y complaisaient avec une certaine honte.

« Tu es sûr que nous ne pouvons pas la tuer ? demanda Draco, arrachant un rire au brun.

-Je doute fort que Dumbledore apprécie, lui dit-il, tout en s'arrachant aux bras de son partenaire d'entraînement. En plus, nous sommes loin d'avoir fini d'apprendre ! »

Le bond approuva et se redressa à son tour. Tout comme lui un peu plus tôt, il rougit en découvrant sa nudité, mais il haussa les épaules, résolu. A quoi bon être gêné ? Ils s'étaient vus nu un nombre incalculable de fois !

« On ferait mieux de se dépêcher. Elle va se venger, sinon… »

Draco hocha de la tête et quitta le lit puis la chambre pour aller s'habiller. Avec Fixe, chaque minute de retard était payée par un tour de la maison en sprintant !

oOo

Décembre 1972

Chaque journée était rythmée de la même manière. Ils se levaient, s'habillaient et partaient courir autour de la maison. Au début, ils prenaient le temps de déjeuner. Mais comme ils finissaient par vomir, ils avaient renoncé à prendre un petit déjeuner avant la fin de cet exercice. Ils ne déjeunaient qu'après leur 25 kilomètres journaliers. Alors, seulement, ils mangeaient, dînant plus qu'autre chose. Quand ils avaient terminé – et digéré un minimum – ils étaient envoyés séance tenante dans la salle de musculation ou tout un panel d'exercices pénibles les attendaient. Ils en avaient pour deux bonnes heures de torture. Après, s'ils étaient encore conscients – ce qui arrivait de plus en plus fréquemment – Fixe leur enseignait l'art du corps à corps moldu.

Comme ils étaient deux, ils étaient bien entendu l'adversaire de l'autre. Au début, Fixe leur avait juste dit de se battre, histoire de juger de leur capacité. Elle avait vite compris qu'Harry, avec sa petite taille, était très doué pour esquiver. Draco, lui, avait une force physique déstabilisante, ce qui expliquait le talent grandissant du brun pour éviter les coups de poings.

Finalement, après les avoir observé s'envoyer des coups douloureux pendant plusieurs heures, elle s'était décidée à intervenir et à leur enseigner les bases d'un bon corps à corps. Elle n'avait pas de technique proprement dite. Elle leur enseignait juste l'art de l'esquive mais aussi comment donner des coups portant efficacement. Ce n'était pas du karaté ni de la boxe. Disons plutôt un mélange de tout. Etonnement, ils finirent par apprécier cette forme de combat et par s'y livrer avec bonheur. Au bout de la première année, cette forme de combat ressemblait plus à de la danse qu'autre chose.

Autre que la force physique, le combat avait développé entre eux une complicité qu'ils n'avaient jamais imaginé naître auparavant. Harry se surprenait à savoir à la seconde près le mouvement de Draco. Et pas seulement dans le domaine du combat, dans la vie de tous les jours également. Ils étaient tous les deux capables de prévoir l'agissement de l'autre. Et ils agissaient toujours – même plus qu'avant – avec une synchronisation étonnante. Si cela les avait effrayés au début, ils avaient rapidement compris que ce fait était un avantage certain pour leur mission. La confiance qu'ils apprenaient entre eux, bien qu'encore branlante, grandissait doucement au fil du temps. Ils avaient tous les deux besoin de ça, de toute façon. Comment repousser le seul être qui pourrait tout connaître d'eux ? Le seul être avec qui ils pouvaient parler de leur passé sans crainte d'être tué pour avoir délibérément enfreint la règle d'or du monde de la magie ?

« Bon ! s'exclama Fixe, un matin. Tout d'abord, joyeux Noël ! »

Ils sursautèrent. Voilà donc le pourquoi de l'absence du clairon matinal ?

« Joyeux Noël », répondirent-ils en cœur.

Fixe eut un simple haussement d'épaule.

« Vous avez appris très vite et je suis fière de vous, dit-elle. J'ai du mal à croire que les deux hommes devant moi étaient si faibles il y a un peu moins d'un an… »

Draco eut une moue ennuyée au rappel et Harry sourit. Pour changer, ils avaient changé ! Harry affichait une carrure solide, bien que fine, en harmonie avec une taille petite – par rapport à Draco, en tout cas. Ses cheveux avaient poussé et lui tombaient dans le dos. Aucun des deux n'avait pensé à les couper pendant l'année écoulée et ils étaient donc obligés de les attacher. Lorsqu'ils avaient manifesté l'envie de les raccourcir, Fixe les en avait dissuadés.

« Vous devez changer d'aspect physique. Laissez vos cheveux longs. Le moment venu, il sera plus simple de déterminer une coupe de cheveux. »

Leur peau, brunie (pour Harry) ou dorée (pour Draco) par le soleil, rendait leur regard bien plus intense. Tous deux avaient du mal également à se reconnaître, lorsqu'ils croisaient leur reflet. Ils avaient tellement changé. Ils étaient tellement plus forts… Rien à voir avec les adolescents frêles du passé. Ils en étaient fiers.

« Normalement, j'étais censée vous donner un an d'entraînement physique, mais je crois qu'on peut s'arrêter là. Bien sûr, vous courrez toujours 25 kilomètres chaque matin et je ne vous dispense pas de la musculation ou des séances de combat. Mais nous ne feront ça qu'une fois par semaine. Le reste du temps, nous nous consacrerons à la magie. Nous commencerons cela demain. En attendant, passez un bon Noël. J'ai pris la liberté de commander des cadeaux. Nous les ouvrirons plus tard. Vous avez également un message d'Albus. »

Ils hochèrent de la tête. Régulièrement, Dumbledore leur envoyait une lettre. Pour demander de leur nouvelle, mais aussi pour les informer de ce qu'ils se passaient dans le monde sorcier. Il prenait également soin de leur révéler l'avancée de leur parent. Sans surprise, Lucius avait quitté Poudlard en juin, fraîchement diplômé. Narcissa, elle, entamait sa dernière année d'étude. James et Lily étaient entrés en deuxième année. Et tandis que le premier multipliait les bêtises, la seconde faisait preuve d'une grande intelligence. Sous la demande de Harry, Dumbledore les informait également sur Severus, Regulus, Sirius et même Peter. Le brun avait également demandé des nouvelles de Remus. Même s'il savait que son parrain et oncle d'adoption ne risquaient rien, il voulait tout savoir de leur vie. Ces lettres étaient toujours les bienvenues, car elles brisaient la petite bulle qu'ils s'étaient créés au Sahara et leur rappelaient qu'en dehors de leur entraînement, il y avait quelque chose d'important, de crucial, qui les attendait.

A la demande de Harry, Dumbledore n'avait pas commencé la recherche des Horcruxes. Voldemort ne devait pas apprendre qu'ils savaient. Harry avait donc insisté pour qu'il reste discret sur ce sujet. Après tout, ils auraient largement le temps de les chercher lorsqu'ils reviendraient à Poudlard, six ans plus tard.

« Dans six ans, murmura-t-il, attirant l'attention de Draco. J'ai du mal à croire qu'un an s'est déjà écoulé. Enfin, presque un an… »

A ses côtés, le blond hocha pensivement de la tête. Un an déjà… Seulement ? Il l'ignorait. Le temps passait mais semblait s'être arrêté. Parfois, il avait l'impression d'être là depuis une éternité. A d'autre occasion, il lui semblait que ça ne faisait que quelques semaines.

« Ash, dit-il. J'aimerais m'entretenir avec toi d'un point important… »

Harry tourna la tête dans sa direction. D'un commun accord, ils avaient décidé de s'appeler par leur nouveau nom. Ils devaient s'y habituer, pour le bien de leur mission, mais également de leur nouvelle vie.

« Je t'écoute », lui dit-il, ignorant la présence d'une Fixe attentive.

Draco hésita une seconde puis osa finalement se lancer.

« Je voudrais sauver mon père, dit-il. Je sais que ce n'est pas vraiment quelque chose de possible. Père est férocement anti-moldu. Mais je sais aussi que dans les dernières années, il a profondément regretté d'avoir rejoint Voldemort. Je sais qu'il souhaitait ardemment ne pas l'avoir rejoint. Et j'aimerais lui donner la chance de ne pas faire cette erreur. Le convaincre va être difficile, mais j'aimerais essayer. »

Harry resta un instant silencieux. Il s'attendait à cette demande et s'étonnait du temps qu'avait mis son ami à demander.

« Comment le convaincre ? dit-il. As-tu une idée ?

-Oui, répondit aussitôt Draco. Mon père est un opportuniste. Si nous lui démontrons par a plus b qu'il serait perdant à suivre Voldemort, il ne le suivra pas. »

Harry sembla un instant hésitant.

« Mais comment le lui démontrer ? »

Cette fois, le blond eut un sourire qu'Harry qualifia de mesquin. Quoi qu'il ait imaginé, quelque chose lui disait que Lucius Malfoy n'allait jamais oublier cela !

oOo

Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août 1973

Il leur fallut trois mois d'entraînement pour parvenir à contrôler leur flux magique et pour construire « leur baguette magique ». Du reste, ce n'était pas une baguette qu'ils avaient construite, mais une bague. Elles étaient faites de bois et si finement décorées qu'on les aurait dites d'or. A l'intérieur reposait un élément magique unique qui les caractérisait. Pour Harry, il s'agissait de poils de chimère. Afin de rendre la bague réceptive à sa magie, il avait également placé un peu de ses propres cheveux à l'intérieur du bois. Pour Draco, il s'agissait du sang de crabe de feu. Quelques cheveux avaient également été sacrifiés.

Quand enfin, ils furent munis de leur baguette, ils purent commencer leur véritable entraînement magique. Du fait qu'ils avaient des bagues et non plus des baguettes, ils étaient plus difficilement désarmés. Mais, grand avantage, ils donnaient également l'impression de pratiquer la magie sans baguette. Le contrôle du flux magique leur donnait la possibilité de réaliser ce haut miracle magique, mais cela les affaiblissait considérablement. Ils avaient besoin de plus d'entraînement magique pour contrôler cela réellement.

Tout en commençant leur formation pour devenir animagus, ils entretinrent une forte correspondance avec Dumbledore qui finit par se déplacer pendant les vacances de printemps afin de discuter du détournement de Lucius Malfoy. Le plan de Draco était osé, presque impossible, mais du fait de son étroite connaissance de son père, il avait plus de chance de réussir. Pour la bonne marche de leur plan, ils avaient discuté longtemps, pendant toutes les vacances de printemps. Dumbledore avait été sensiblement surpris de découvrir le changement physique de ses protégés. Il avait été encore plus impressionné par leur bague magique et par les progrès fulgurant qu'ils faisaient en métamorphose. S'ils n'étaient pas encore animagus, c'était uniquement du à leur volonté de « bien faire les choses » de bien apprivoiser leur animal magique. Aucun des deux n'avait voulu le révéler. Si Draco avait eu une moue déçue, Harry avait furieusement rougi. Il paraissait honteux et ne voulait manifestement pas révéler rapidement sa forme animale, à la grande surprise de Draco.

Un peu injustement, il avait supposé que Harry aurait une forme cool. Genre : un lion. Ou encore un loup. Quelque chose de représentatif du parfait survivant. Bien sûr, plus d'un an passés en sa compagnie lui avait révélé que non, Harry n'était pas parfait, il n'était pas un héros. Mais il était poursuivi par une chance – et la malchance, il fallait l'admettre – culottée. De ce fait, Draco avait imaginé quelque chose de fabuleux.

Il fallut attendre l'été avant qu'ils n'acceptent tous les deux de se transformer. Draco commença le premier, Harry lui ayant cédé sa place avec grâce. Draco avait protesté. Il n'était pas fier, lui aussi, de sa forme animale. Mais Fixe avait clôturé le débat d'un ordre cinglant et, sous les yeux de Dumbledore – il était venu pour achever le plan, le détournement de Lucius étant prévu pour le début août – de Harry et de Fixe, il laissa la magie l'envahir et se transforma.

Contrairement à ce qu'il avait pensé, il ne reçut pas de moquerie. En fait, il fut surpris, du haut de ses 15 centimètres, de découvrir un air stupéfait et envieux sur le visage de son partenaire. Dumbledore se contenta de hocher pensivement de la tête et Fixe eut un sourire. Quand il retrouva son apparence humaine, il regarda interrogativement les personnes l'entourant.

« C'est pratique, répondit Harry. Tu as de la chance. Avec une telle forme, personne ne pourra deviner que tu es un animagus. Tu pourras espionner facilement n'importe qui…

-Oui, du moment que je suis à l'extérieur, répondit le blond. A l'intérieur, ce serait difficile… »

Harry hocha de la tête pensivement. Quand enfin, ce fut son tour, il grimaça vertement. Il n'avait manifestement aucune envie de prendre sa forme animale et quand il le fit, Draco compatit sincèrement. Il éclata de rire, bien entendu. Et Harry lui sauta dessus – avec une vélocité et une aisance terrifiante – pour ensuite le frapper de ses petites pattes, poussant de petits cris furieux. Quand il reprit forme humaine – après que Fixe l'ait arraché à un Draco mort de rire – il bouda.

« Il n'y a pas de honte à avoir, Ash, signala Dumbledore. De part ta forme, tu montres ton humanité. En outre, cette transformation va te permettre d'acquérir une certaine souplesse qu'aucun humain n'a jamais obtenue. Quant à toi, Drake, nul doute que ta vue doit être meilleure… »

Et en effet, il dut admettre qu'il était capable de voir bien plus loin que la normale. Harry, quant à lui, devint si doué lors des combats qu'ils s'improvisaient chaque semaine que Draco finit par renoncer : avec une telle capacité d'acrobate, il n'était même pas capable de le frôler !

Août arriva plus vite que prévu. Avec les entraînements de métamorphose et de contrôle de leur magie – bien que cela soit succinct, ils y parvenaient de plus en plus – ils avaient droit à des leçons de sortilèges avancées afin de terminer leur mise en scène. Quand ils furent enfin prêts, ils prirent un portoloin et disparurent du Sahara pour revenir en Angleterre. Ils n'avaient qu'un jour pour exécuter leur mise en scène.

Ce fut au beau milieu de la nuit qu'ils apparurent dans la chambre de Lucius. Ce dernier, encore jeune adolescent – mais plus si innocent, selon les sources – dormait paisiblement, inconscient des personnes présentes. Harry et Draco ne regardèrent même pas le décor. Ils se contentèrent de lancer les différents sortilèges qui aideraient leur mise en scène. En soit : un sortilège de silence, afin d'empêcher le père de Lucius d'intervenir, un sortilège fumigène et ombrageant, afin de se donner un petit côté mystique et effrayant. Ils avaient tous les deux pris soin de teindre leur cheveux en blanc et de recouvrir leur visage de masque de la même couleur. Ils s'étaient vêtus également de longues robes blanches. Même leurs mains portaient des gants immaculés.

Quand Lucius s'éveilla, après un sort lancé sur lui, il resta un instant ébahi face à eux. Puis il reprit son sang froid et gronda :

« Qui êtes-vous et comment osez-vous venir dans ma chambre en pleine nuit ? »

Bien qu'il soit désarmé et à moitié nu, il n'était pas déstabilisé, démontrant ainsi sa force de caractère étonnante pour un jeune homme d'à peine 18 ans. Draco était tendu sous son masque : faire face à son père devait être désarmant. Ce fut donc Harry qui prit la parole en premier.

« Qui nous sommes n'a pas vraiment d'importance. Nous ne sommes pas là pour devenir vos amis. Nous sommes là pour vous sauver. »

Lucius parut surpris puis moqueur.

« Me sauver ? dit-il, ironique. Comme cela est gracieux de votre part… Et de quoi dois-je être sauvé ? »

Draco se reprit et commença à parler à son tour :

« De la destruction définitive du nom Malfoy, par votre fait. »

Lucius perdit son air moqueur pour le regarder.

« Suis-je donc menacé de mort ?

-Non, pas actuellement, répondit Draco. Mais vos choix ne sauraient vous mener que vers la mort et nous sommes là pour vous empêcher de prendre le mauvais chemin…

-Et qu'êtes-vous exactement ? Des anges gardiens ? »

Il était de nouveau sarcastique, signe qu'il n'était pas disposé à avaler la moindre de leur parole. Mais une fois de plus, Draco était suffisamment intelligent que pour le clouer le bec.

« Non, dit-il. Nous sommes des voyageurs du temps. Et nous venons du futur. Ne vous moquez pas. Ne dites pas que cela est impossible, car vous savez que la magie le permet. Ne me dites pas non plus que modifier le passé est dangereux, nous le savons. Malgré cela nous prenons le risque de le faire, car si vous continuez sur cette voie, ce monde que vous chérissez tant sera détruit. Vous mourrez, dans une vingtaine d'années, certes, mais croyez moi, vous trouverez la mort. Et ce ne seront pas ces amoureux des moldus qui vous tueront, mais bel et bien cet homme à qui vous êtes tenté de jurer fidélité : Voldemort. »

Lucius frissonna. Il était attentif à présent.

« Vous venez du futur, dit-il. Et vous tentez de m'empêcher de rejoindre Voldemort. Soit, je peux le croire. Mais j'aimerais savoir pourquoi.

-Pour la simple et bonne raison qu'il nous faut empêcher Voldemort de gagner, murmura Harry. Et pour cela, nous devons commencer par le début. Nous n'allons pas tenter d'écarter tous ses futurs partisans, mais seulement les principaux acteurs d'une guerre sanglante et vous en faites partie. Toutefois, ce n'est pas réellement vous que nous voulons sauver, mais votre fils. »

Lucius écarquilla les yeux.

« Mon fils ? dit-il. Mais je n'ai pas…

-Pas encore, coupa Draco. Mais vous aurez un fils, croyez-moi, nous le connaissons. Et nous l'avons vu être torturé puis tué par la main même que vous embrassiez avec respect et humilité, la main de votre maître qui vous a tuée également. Comprenez-nous bien : à notre époque, Voldemort a gagné. Les moldus sont tués, brimés. Les sangs-de-bourbes ont peur, se cachent, sont persécutés. Cela peut servir votre idéal, mais croyez-moi, dans les dernières années, vous avez vous-même supplié Dieu de vous pardonner. Vous êtes en droit de ne pas nous croire, mais j'ai sur moi une preuve de nos paroles. »

Il porta sa main à sa poche et sorti la montre qu'il avait emmené du passé. Quand il la leva dans la chambre, la brume brillante suivi le mouvement. Il fallut quelques secondes pour qu'elle se dissipe et révèle le bijou. Lucius écarquilla les yeux, stupéfait.

« Mais c'est… »

Il tourna la tête vers sa propre commode où la même montre était posée et blêmit.

« Alors vous êtes vraiment…

-Oui, répondit Harry. Et nous vous en prions : ne rejoignez pas Voldemort. Dans notre époque, vous êtes mort et votre fils aussi. En soit, ce n'est pas dramatique, si ce n'est qu'il était notre ami et que nous tentons de le sauver, ainsi que bien d'autres. »

Lucius les regardait fixement.

« Votre ami, dit-il. Qui êtes-vous exactement ? Dois-je vous connaître ou…

-Qui nous sommes n'a pas d'importance, répondit Draco. Suivrez-vous Voldemort ? »

Lucius resta silencieux un long moment.

« Je ne sais pas, dit-il. Je ne sais plus. Ce que vous me dites est certes effrayant, mais j'ai du mal à le croire. Que cela vire à un tel cauchemar… Ma mort… Celle de mon héritier, de ma famille… Car mon fils n'a pas eu d'enfant, je suppose…

-Même s'il en avait eu un, répondit Draco, Voldemort l'aurait tué pour le faire souffrir. Il faut que vous sachiez qui est réellement Voldemort. Il vous attire avec une promesse de pouvoir, avec le rétablissement des codes et règles aristocratiques auxquels vous êtes attachés, mais il vous ment. Cet homme est fou et n'est attiré que par une chose : son profit personnel. Vous n'êtes qu'un pion qu'il va placer et déplacé à son gré, en vous abreuvant de bonnes paroles et de promesses douteuses. Oh, il en tiendra certaines. Mais chaque don de sa part sera suivi d'un poison. Ne le suivez pas. Ce serait folie.

-Voldemort est un opportuniste et il est un Serpentard. Il en est l'héritier, vous ne l'ignorez sans doute pas. Il est donc très doué pour manipuler. Mais derrière ses manipulations, il ne sert qu'une seule voix : sa domination absolue. Toute personne s'écartant un peu de la voie qu'il a tracée se fera éliminer. Et croyez-nous : un jour, cette voie ne vous servira plus. Vous y gagnerez bien plus en participant à son élimination.

-Son élimination, balbutia Lucius. Mais vous êtes fou ? Même si ce que vous me dites est vrai, le fait est que Voldemort est d'une puissance terrible !

-Nous ne l'ignorons pas, répondit Draco. Mais nous savons comment le détruire. Nous savons que vous ne nous croyez pas sur parole, aussi, nous allons tenter de vous apporter d'autre preuve qu'une montre que nous aurions pu faire fabriquer afin de vous troubler. Sachez que vous allez vous marier dans deux ans. Le 18 mars, très exactement. Ce sera avec une sang pure, bien entendu. Elle sera très belle, du reste. Je ne pense pas me tromper en disant que vous avez déjà une petite idée de qui est la future Madame Malfoy. Votre fils viendra au monde en 1980. En juin. Il sera votre seul enfant, car votre femme sera stérile après cela. L'accouchement sera difficile. Pour preuve de ce fait, du moment de votre mariage à la naissance de votre fils, vous allez tenter plusieurs fois d'avoir un enfant, mais ces essais seront suivis de fausses couches. Votre fils sera ce que vous appellerez « votre petit miracle ». Il vous ressemblera beaucoup. Ces preuves sont lointaines cependant et vous avez tout le temps de rejoindre Voldemort. Mais pensez à ce miracle, à cette femme que vous aimez et rêvez d'épouser. Pensez que le premier, après des mois de torture dans un cachot, va mourir de faim et de soif, abandonné dans ses excréments. La seconde, cette femme que vous aimez, trouvera la mort après de longues heures de tortures sanglantes faites par cet homme qui vous forcera à vous aplatir devant ses pieds et à embrasser ses robes. Si vous êtes intelligents, vous vous détournez de lui. Rejoignez Dumbledore. Je sais qu'il vous énerve et vous dégoûte, mais il est pour l'instant le seul qui puisse se battre contre Voldemort. Pour l'instant…

-Vous insistez… Quelqu'un d'autre doit-il venir pour le combattre ? »

Draco et Harry se regardèrent. Ils feintaient d'hésiter, mais ils savaient qu'ils révéleraient leur prochaine rencontre à Lucius.

« Nous reviendrons, murmura Harry. Nous savons comment le détruire. Il peut vous paraître immortel, mais ce n'est pas le cas. Dans cinq ans, nous reviendrons en Angleterre, à Poudlard, très exactement. Et nous le détruirons. Nous n'avons pas peur de vous le révéler. Si Voldemort devait en être informé, cela nous serait égal. Au contraire, cela serait plus drôle… »

Tout en parlant, il n'avait pas hésité à relâcher sa magie au maximum, lui permettant de l'englober, de grossir et d'envahir la pièce, révélant ainsi une bonne partie de sa puissance. Lucius avait écarquillé les yeux, une fois de plus. S'il y avait une chose que l'homme respectait, c'était la puissance. Et celle de Harry était écrasante.

« Dans cinq ans, Lucius, dit Draco. Nous nous présenterons à Poudlard, sans masque. Nous y serons accueillis et nous commencerons notre combat au grand jour. Nous espérons, pour le bien de votre petit miracle, mais aussi pour le vôtre, que vous aurez pris la bonne décision. »

Et sur ses mots, ils disparurent. Ils n'avaient pas transplané. Un portoloin, caché sous leur robe, les avait emmenés au Sahara où ils grognèrent contre la chaleur, arrachant vivement les masques et les lourdes robes.

« Alors ? demanda Dumbledore.

-Alors nous verrons, dit Draco. Harry a montré assez de puissance que pour l'effrayer et nous avons révéler suffisamment que pour qu'il nous croie. Maintenant, j'ignore s'il se remettra en question. Nous lui avons clairement dit de vous rejoindre… Le reste dépend de lui. S'il se décide…

-Je vous envoie une lettre aussitôt, répondit Dumbledore. Et bien… Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous avez bien changé, en un an et … combien de mois ? Huit ? Fixe fait des merveilles sur vous.

-Je ne fais rien du tout, intervint la concernée. Ils sont naturellement doués. Comme tu l'as déjà remarqué, ils ont un fort potentiel. Nous allons d'ailleurs laisser la métamorphose, elle n'a plus de secret pour vous. Nous allons passer aux potions, à la botanique et surtout, aux Horcruxes… »

Harry frissonna en l'entendant. L'heure était venue, pour lui, d'avouer ce qu'il était. Il hésita une seconde puis se racla la gorge.

« J'en suis un », dit-il.

Un long silence accueillit sa déclaration. Draco écarquilla les yeux mais Dumbledore et Fixe restèrent immobiles face à son aveu. S'en doutaient-ils ? Non. Car il fallut quelques minutes aux autres pour finalement réaliser ses paroles.

« Quoi ? s'étrangla Fixe.

-Pardon ? Demanda Dumbledore.

-Je suis un horcruxe, répondit Harry. J'ai un morceau de l'âme de Voldemort en moi. »

Cette nouvelle les plongea dans un profond abattement. Mais finalement, Fixe redressa la tête.

« Et bien, au moins, nous avons un cobaye pour la pratique de destruction des horcruxes », dit-elle.

Harry frissonna. Cobaye ??

A suivre...

A dans deux semaines mes lapins (non non, je n'ai rien fumé, je m'amuse juste à vous donner des noms d'animaux, c'est pas grave, je vous rassure)!