Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Il est pas plus complet que son petit frère numéro 7, mais ensembles, ça passe mieux… loll

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Chapitre 8: Premiers pas à Poudlard

Août 1976

Serré contre Draco, comme chaque matin, Harry ouvrit deux yeux un peu vitreux qu'il posa rêveusement sur la fenêtre éclairée par la lumière matinale du soleil. Il s'étendit de tout son long et se resserra ensuite contre le corps masculin. Plus aucune gêne ne l'empêchait d'agir de cette manière. Après six ans à dormir nu en compagnie de Draco, sa nudité était sa dernière inquiétude.

Il était toujours le premier réveillé, ce qui l'amusait, au bout de 6 ans encore. Manifestement, l'ancien Serpentard était un lève-tard. Il appréciait grandement les grasses matinées et Harry pensa vaguement à le laisser profiter paisiblement de leur dernier dimanche au Sahara.

Un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'il y pensa. C'était leur dernier jour au Sahara. Le lendemain, ils devaient tous les deux rentrer en Angleterre. Ils devaient prendre un train menant à Prés-Au-Lard et rejoindre ensuite la célèbre école où ils seraient présentés à l'ensemble du corps enseignant… Leur rôle dans cette guerre allait commencer.

Il y avait beaucoup d'anticipation dans le cœur d'Harry, à la simple pensée qu'il allait bientôt devoir commencer sa guerre contre Voldemort, mais le corps serré contre lui le rassurait. Il regarda vaguement Draco qui dormait profondément et sourit. Six ans auparavant, Harry avait pensé qu'il était maudit. Venir dans le passé avec son rival d'école, sans aucune possibilité de revoir un jour un de ses amis, lui avait paru terrible et désespérant. Il craignait la mésentente entre Draco et lui autant que son futur affrontement. Mais après six ans, il était heureux que le jeune homme soit avec lui.

Dire qu'il le préférait à Ron ou Hermione était un mensonge terrible. Mais il avait appris à l'apprécier. A l'aimer, même. Draco était quelqu'un d'orgueilleux, certes, mais son enfermement dans les cachots de Voldemort l'avait transformé. Il avait appris à respecter réellement les autres. Pas juste les forts. Il respectait dorénavant les faibles pour leur courage face à la puissance des autres. Même s'il préférait se faire ébouillanté vif plutôt que de l'avouer.

Un sourire étendit les lèvres d'Harry alors qu'il repensait à la réaction de Draco, lorsqu'Albus leur avait annoncé leur futur poste à l'école. Autant Draco avait été ravi d'apprendre qu'ils seraient des sortes d'assistants professeurs – ils devaient donner des cours supplémentaires aux élèves en difficultés dans les différentes matières de l'école mais également les aider à réaliser leur devoir si cela était nécessaire – autant il avait littéralement hurler au scandale lorsque Dumbledore leur avait confié leur seconde tâche.

« Psychologues ? PSYCHOLOGUES ??? Vous vous foutez de moi ? Etes-vous en train de dire que NOUS allons devoir écouter des morveux insupportables pleurnicher sur leurs insignifiants petits problèmes ?

-Pas exactement, répondit Dumbledore avec tact. Je suis en train de sous-entendre que, chaque jour, vous recevrez des élèves en difficultés afin de les écouter et de les aider à prendre…la bonne direction. »

Harry savait ce que Dumbledore attendait d'eux. Le directeur allait leur envoyer les élèves les plus à même de devenir des mangemorts afin de les aider à prendre la bonne direction. Mais également d'autres étudiants qui, par leur deuil apporté par cette nouvelle guerre, souffraient énormément. Ou d'autres encore qui rencontraient des problèmes importants qu'ils s'obstinaient à dissimuler, tel que Severus Snape. Harry avait été choqué d'apprendre qu'après une enquête discrète, Albus avait appris que le jeune homme était mal traité par son propre père moldus. Néanmoins, cela expliquait définitivement la cause du ralliement de Severus à Voldemort. Déjà, l'étudiant montrait de forte envie de rejoindre le lord. Seul le manque de réactivité de Lucius lui barrait le chemin.

Ce dernier, officiellement neutre, n'avait pas encore abordé l'un ou l'autre camp. Voldemort, comme Dumbledore, savait que son choix serait déterminant pour l'un ou l'autre camp, bien que le premier ignorait encore la création d'un camp ennemi. Bien sûr, le mage noir n'était pas stupide : il savait qu'on s'opposerait à lui. Mais il ignorait encore combien Dumbledore était bien préparé, grâce aux deux voyageurs. Si ceux-ci avaient des missions bien particulières, telle que détruire les horcruxes ou sauver une poignée de jeunes gens, le vieux directeur, lui, s'était préparé à affronter le mage noir.

Si Harry et Draco devaient trouver et détruire les horcruxes, il fallait avant tout détourner l'attention du mage noir d'eux, afin qu'ils puissent opérer sans trop de danger. Manifestement, Harry ne se préoccupait pas du danger qu'il pourrait encourir, mais le vieux directeur, lui, s'en inquiétait vraiment. Et Albus avait bien tenté de faire entendre raison à Harry, surtout lorsqu'il avait appris que le jeune homme avait pensé rejoindre les rangs du mage noir afin de mieux l'espionner. Même si l'idée était bonne, elle n'en demeurait pas moins dangereuse. Il avait déjà été si choqué de voir la détermination affolante de Harry, lors de son arrivée à Poudlard, six ans plus tôt.

Leur poste à l'école allait freiner les deux hommes dans la tâche des horcruxes, car ils seraient encore confinés dans un enclos protégé, mais aucun des deux ne l'avaient vraiment réalisé. Ils étaient bien trop préoccupés par la sauvegarde des élèves, tels que Severus ou encore Regulus.

Harry était justement en train d'y penser lorsque Draco laissa échapper un gémissement, sortant manifestement de son sommeil. Le jeune homme ouvrit deux yeux un peu perdus qu'il cligna vivement, agressé par la lumière du soleil. Il grogna encore et passa deux bras forts autour de la taille d'Harry pour le serrer à son tour, son visage se nichant tout naturellement dans son cou.

« Foutu soleil de mes deux, se plaignit-il, faisant sourire Harry. Pourquoi Fixe n'a-t-elle pas de volets ou de rideaux ?

-Va savoir », répondit vaguement Harry.

Draco eut un simple sourire. Qu'il adorait ses matins tranquilles où il pouvait juste profiter de l'innocence de son partenaire pour le tenir contre lui. S'il s'était écouté, il l'aurait embrassé. Juste une fois… Et il avait l'envie persistante de le faire, chaque matin… Mais la peur que Harry s'en offusque et s'éloigne ensuite de lui l'en empêchait toujours. Plus que tout, il devait s'assurer de garder Harry à ses côtés, au moins jusqu'à ce que la guerre soit terminée. Après, il pourrait l'embrasser sans crainte de perdre son aide à jamais.

« Dis, murmura Harry, contre lui. Tu n'as pas peur, pour demain ? »

Draco inspira une bonne fois l'odeur de l'ancien Gryffondor et se redressa ensuite. Il regarda la chambre – c'était la sienne, Harry était donc celui qui l'avait encore rejoint – et les bagages qu'il avait déjà fait la veille au soir. Ses malles étaient remplies de vêtements offerts par Fixe. Cette dernière leur avait révélé que chaque jour passé en sa compagnie, elle leur avait fait cadeau à chacun de 5 galions dans un coffre de Gringotts. La générosité de leur professeur avait beaucoup touché Harry. Cette dernière avait simplement haussé les épaules face à sa réaction.

« C'est votre salaire. Après tout, vous vous êtes préparé pendant six ans pour sauver le monde, non ? Qui a dit que les héros ne devaient pas être payés ? »

Bien sur, Fixe savait qu'ils pouvaient échouer. Mais elle s'en fichait. Étant déjà plus que riche, elle se fichait bien d'avoir été exagérément généreuse en leur donnant à chacun plus de 10 milles galions.

« Drake ? appela Harry, curieux de ne pas recevoir de réponse.

-Mhmm ? murmura le jeune homme, revenant au temps présent. Non, je n'ai pas peur. Et bien, j'ai une certaine appréhension, bien sûr. Nous allons commencer ce pourquoi nous nous sommes entraînés pendant 6 ans. C'est maintenant que nous allons devoir faire nos preuves. Mais je crois que je suis rassuré que tout commence à Poudlard. L'école va nous apporter une certaine protection dans nos actions… »

Harry approuva contre lui. Il poussa un soupir tout en passant une main le long du dos de son partenaire de guerre.

« Je suis surtout stressé à l'idée de rencontrer des gens que je connais, dit-il. Je ne sais pas encore comment je vais réagir face à eux…

-Tant que tu ne pleures pas, se moqua Draco, recevant aussitôt un coup de poing sur l'épaule. Hé, ça fait mal, arrête ! »

Aussitôt, ils commencèrent à se chamailler. Leurs insultes et leurs coups manquaient pourtant de méchanceté. Il s'agissait plus de taquineries, afin de se détendre. Quant ils en eurent assez – et qu'ils eurent détruit deux oreillers à force de coup – ils se laissèrent tomber côte à côte dans le lit.

« J'ai hâte de voir si mon père va enfin rejoindre Dumbledore, murmura Draco. Et aussi, de le rencontrer…

-Tu penses qu'il viendra ?

-J'en suis certain, répondit Draco. Je m'attends à lui faire face deux jours après notre arrivée à Poudlard. Le temps qu'il soit informé de notre arrivé. Je porterais la montre en évidence. Pour qu'il comprenne que nous sommes bien ceux qu'il pense… »

Harry approuva. Au fond, il enviait Draco. Celui-ci était tellement optimiste. Il repensa en souriant à ses rêveries concernant le futur. Il avait tellement envie que tout se passe ainsi. Que chacun puisse se rapprocher des personnes qu'ils aimaient – ou qu'ils auraient aimé, s'ils avaient survécu plus longtemps.

« Et moi, je vais rencontrer mes parents, dit-il. J'ai jeté un œil au planning des rencontres psychologiques… Remus, Sirius et mon père en fond partie. Je ne leur parlerais pas dans les premières semaines, mais ça arrivera vite…

-Je comprends que Dumbledore veuille que tu rencontres Remus et Sirius. Le premier est un loup-garou et le second a fugué de chez lui… Mais pour James ?

-Ses parents sont fortement impliqués dans la lutte contre Voldemort, répondit Harry. C'est la raison qui sera donnée. La vrai est que j'espère calmer un peu l'esprit maraudeur, afin qu'il cesse de torturer Severus. »

Draco approuva aussitôt l'idée. Il se redressa et, sans s'inquiéter de sa nudité, se dirigea vers une liste posée sur une petite table, au centre de la pièce. Il revint vers Harry mais s'assit sur le sol, près de sa tête.

« J'ai Severus et Regulus en rendez-vous… D'autres aussi, mais je vais surtout me concentrer sur eux… Faire parler Severus ne va pas être facile. Je vois d'ici sa réaction face à une entrevue avec un psychologue… »

Harry ne put s'empêcher de rire en imaginant, lui aussi. Il visualisait très bien le visage scandalisé de son professeur de potion. Sauf qu'il serait bien plus jeune ! Bien qu'il l'ait vu sous les traits d'un adolescent, bien des années plus tôt, au travers de la pensine, il ne se souvenait plus vraiment de son visage. Bah, ce n'était pas important, il le verrait bien assez tôt.

« On devrait se lever, dit Harry, tout en se redressant. C'est notre dernière journée ici. Je veux pouvoir dire adieu à cette maison en toute tranquillité. »

Et sans plus attendre, il quitta le lit, puis la chambre, inconscient du regard tendre qui le suivait.

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C'était bien connu : quelque chose que l'on appréhendait finissait toujours par arriver plus vite qu'une chose attendue impatiemment. Si dans le second cas, le temps semblait ralentir, dans le premier, il accélérait. Ainsi, malgré leur envie de profiter pleinement de leur dernière journée en compagnie de Fixe dans le Sahara, ils furent surpris l'un comme l'autre de constater la rapidité du temps et la disparition totale de ce dimanche d'août 1976. La nuit tomba pour ensuite laisser place au lundi matin.

Exceptionnellement, Fixe avait lancé un sortilège de rafraîchissement sur une des pièces de son petit château oriental. La raison ? Harry et Draco, en vue de leur retour en Angleterre, avaient enfilé des vêtements nettement trop chaud pour 50°.

« Vous allez avoir froid, pendant quelques semaines, leur dit Fixe, en souriant. Je vous conseille d'aller chez Gringotts acheter de chaudes capes et des écharpes, pour l'hiver. Vous n'avez plus affronté ce temps depuis longtemps, il va vous paraître plus dur… »

Ils hochèrent de la tête, tous deux incapables de lui répondre oralement. La quitter était étrangement plus dur qu'ils ne le pensaient. Leur professeur semblait tout aussi émue qu'eux. Ses grands et étranges yeux brillaient de larmes contenues.

« Allons, dit-elle, en leur adressant un sourire. Nous nous reverrons sans aucun doute. Faites attention à vous. Ash, quelque soit la situation, ne fais rien de trop dangereux, même si tu es désespéré. Et toi, Drake, protège-le bien, même s'il proteste. Tu as bien plus la tête sur les épaules que lui ! »

Ils hochèrent tous les deux de la tête. Harry ne pensa même pas à râler. Fixe le connaissait trop bien, de toute façon.

« On viendra vous… revoir, dit-il, en la prenant dans ses bras. Donnez-nous de vos nouvelles !

-D'accord, répondit-elle. Pareil de votre côté. Même si vous faites la guerre, rien ne vous empêche de m'écrire une petite lettre. Je compte sur vous. »

Harry se contenta encore une fois de répondre d'un mouvement de tête, tout en la pressant fort contre lui. Pendant ces six années, elle ne les avait jamais jugés. Elle n'avait jamais tenté de les freiner dans leurs actions. Elle les avait peut-être torturés avec ses entraînements et ses séances d'études intensives, mais elle avait été aussi douce qu'une mère pourrait l'être. Peu importe ce qui arriverait dorénavant, Harry l'aimerait toujours comme une de ses plus précieuses amies.

« Merci, dit-il, en s'écartant. De tout notre cœur, merci. »

Draco approuva ses mots silencieusement. Il ne la serra pas contre lui, se contentant de poser une main affectueuse sur son épaule. Il était moins démonstratif que Harry, éducation oblige. Il lui était déjà si étrange de se réfugier dans une des étreintes protectrices de Harry, lorsqu'il avait peur. Même si cela arrivait de moins en moins souvent, à sa grande satisfaction.

« Allez, filez ! s'exclama Fixe, en repoussant le plus petit des deux et en s'éloignant en direction de la porte. Si vous tardez trop, vous n'aurez pas le temps de passer sur le chemin de Traverse pour acheter de nouveaux vêtements pour l'hiver. Allez ! Prenez votre portoloin. Vos bagages sont bien dans vos poches ? »

Ils hochèrent de la tête. Tous les deux avaient déjà une garde-robe complète, mais ils devaient encore acheter de quoi se protéger de l'hiver. Outre leurs vêtements, les malles contenaient un stock de potions, d'ingrédients divers et incroyables. Ils en auraient bien besoin !

« Prenez soin de vous. Saluez Albus de ma part. Et revenez me voir, de temps en temps ! »

Ils lui promirent de le faire puis, difficilement, s'approchèrent du portoloin posé sur une table du petit salon. Ils jetèrent en même temps un dernier coup d'œil à la pièce décorée dans la mode orientale avant de se saisir en même temps de la vieille bouée lacérée. Ils n'eurent pas le temps de regarder une dernière fois leur professeur qu'ils disparurent en même temps pour réapparaître à l'intérieur du Chaudron Baveur.

Quand ils y apparurent, sans surprise, ils devinrent le centre d'attention de toute la salle. Tandis que Draco haussait nonchalamment les épaules, Harry, lui, optait pour une pause presque craintive. Vieille habitude de son arrivée dans le monde sorcier : il détestait être le centre d'attention. Malgré les regards insistants, ils se dirigèrent tous les deux vers le barman, ignorant les yeux et le silence qui, peu à peu, était rompu par des chuchotements.

« Tu as vu le tatouage qu'il a sur le visage ?

-Qui sont-ils ?

-Sont-ils… Enfin, vous savez ? »

Harry entendait chaque réflexion et se maudissait d'avoir ainsi marqué son visage. Il repasserait pour la discrétion !

« Bonjour, s'exclama Draco, ignorant le brusque silence qui retomba sur la salle. Je m'appelle Drake Manfred et voici mon ami, Ash Promise. Ce portoloin nous a été donné par le professeur Dumbledore. Il nous a demandé de vous le remettre lorsque nous arriverions ici…

-Ah, oui ! s'exclama le barman – et Harry reconnut Tom lorsqu'il leur adressa un sourire déjà fortement édenté – il m'a prévenu par courrier que vous deviez arriver… La cheminée est juste là si…

-Merci, mais nous devons d'abord nous rendre sur le Chemin de Traverse, coupa Harry, pressé de quitter l'ambiance spéculative du Chaudron Baveur. Nous avons quelques courses à faire. Nous reviendrons ensuite pour la cheminée.

-Bon, d'accord. A tout à l'heure, alors. »

Ils hochèrent de la tête et s'empressèrent de quitter le pub. Aussitôt furent-ils sortis qu'ils soupirèrent de concert.

« Et bien, ça promet, s'exclama Draco. Si tout le monde réagit ainsi à notre apparence, je sens que l'année va être looongue ! »

Harry approuva vivement. Oh oui, alors, très longue !!

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Leur passage à Gringotts avait pris plus de temps que prévu : du fait qu'ils ne s'étaient jamais présenté en six ans, même si leurs comptes leur appartenaient, ils avaient du signer des dizaines de formulaires afin de réglementer la situation. Si bien que quand ils en sortirent, ils eurent juste le temps de faire un saut rapide chez madame Guipure afin de commander les capes d'hiver, les écharpes et les gants. Draco prit le temps d'emporter la sienne : bien qu'il fasse près de 20° et qu'ils soient déjà trop chaudement vêtus par rapport aux anglais, il mourrait de froid.

Quand ils arrivèrent au Chaudron Baveur, ils eurent juste le temps de payer Tom pour un peu de poudre de cheminette avant de sauter dans l'âtre, indiquant le quai 9 ¾. Quand ils y arrivèrent, ils eurent tout juste le temps de sauter dans l'un des wagons que les portes se refermaient.

« Putain, je vais tuer les gobelins ! Les exterminer ! Leur déchirer la peau de tout le corps pour leur arracher ! A bas les gobelins ! »

Assis au beau milieu du couloir, appuyé contre un compartiment, Harry éclata de rire.

« Allons, dit-il. On a réussi à l'avoir, non ?

-Oui et je me demande comment ! répliqua Draco, passant une main dans ses cheveux pour les ordonner. On a même pas pu prendre notre ticket ! Va falloir trouver le contrôleur pour en acheter un. Et ça va nous coûter plus cher, vu qu'il y a une majoration de quatre mornilles dans ce genre de cas !

-Ne fais pas ton radin, répondit Harry en se levant. Ce qui compte, c'est que nous soyons dans le train. Allez, allons chercher le contrôleur. »

Et sans attendre, il traina Draco dans tout le train. Ils finirent par débusquer l'homme dans un des wagons de tête. Ce dernier parut surpris mais il leur donna rapidement deux tickets.

« Vous allez à Prés-Au-Lard ? dit-il. Je ne vous ai jamais vu…

-Nous sommes deux nouveaux membres du personnel de Poudlard, répondit patiemment Harry. La rentrée étant dans dix jours, nous nous rendons au château pour nous familiariser avec les lieux…

-Membre du personnel de Poudlard ? s'exclama l'homme. Vraiment ? Quel poste ? Je ne savais pas que des professeurs avaient décidé de quitter l'école…

-Oh, nous ne sommes pas professeur, poursuivit Harry. Nous sommes… psychologues et assistants professeurs. Notre tâche consistera à aider les élèves à assimiler leurs cours, mais également à franchir les épreuves de leur vie… Dumbledore a jugé que… et bien, par les temps qui courent, il pense que notre présence est souhaitable.

-Vraiment ? s'exclama le contrôleur. Il est vraiment un directeur consciencieux. Les élèves ont de la chance de l'avoir. Bon, je vais faire mon travail et contrôler les autres voyageurs. »

Et il quitta le compartiment où ils l'avaient débusqué. Draco le regarda s'éloigner, ignorant volontairement les autres personnes présentes. Celles-ci les fixaient avec une curiosité manifeste.

« On devrait aussi trouver un endroit où s'installer, dit-il. Tu viens ? »

Harry hocha de la tête et le suivit hors du wagon. Ils s'arrêtèrent dans le suivant et entrèrent dans un compartiment vide.

« Tu lui as tout dit afin d'attirer l'attention de mon père, n'est-ce pas ? demanda Draco, amusé.

-Plus nous le dirons aux gens que nous rencontrons, plus le monde magique sera informé de notre arrivée. Mais pas seulement ton père, Voldemort aussi…

-Comment ça ? »

Harry lui fit un sourire, haussant les épaules.

« Deux psychologues chargés d'aider les élèves à l'esprit faible ? N'est-ce pas parfait pour aider les élèves à rejoindre les rangs du mage noir ? Il va probablement tenter de nous débaucher dans les jours à venir. Ça devrait être intéressant… »

Son sourire presque calculateur donna des frissons à Draco. La peur que Harry tente encore de rejoindre le mage noir lui arracha presque une plainte. Bien qu'il se sache ridicule, il alla s'asseoir à côté de lui.

« Tu ne le rejoindras pas, n'est-ce pas ? Même si la tentation est là ? »

Harry le regarda et secoua la tête.

« Je te l'ai dit, non ? Nous enverrons un elfe de maison. Albus m'a dit qu'il en a trouvé un intéressant… Tant que nous trouverons une échappatoire, je ne ferais rien dans ce sens… Et puis… Je suppose qu'assez rapidement, ma position vis-à-vis de lui sera clarifiée… Il comprendra vite que je suis son ennemi. »

Pensif, Draco hocha de la tête. C'était vrai. S'ils étaient contactés par Voldemort et qu'ils l'envoyaient balader, ils seraient rapidement catalogués. Mais Harry était assez rusé que pour refuser poliment, de manière à ne pas se fermer les portes d'une fausse identité. Il faudrait qu'il le surveille. Bien qu'ils aient appris à se connaître en six ans, Harry restait l'homme le plus imprévisible qui lui soit donné de fréquenter !

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Quand ils arrivèrent à Prés-Au-Lard, toutes les personnes présentes sur le quai les regardèrent. Harry et Draco n'y prêtèrent pourtant pas attention. Ils regardèrent tous les deux Poudlard avec un fort sentiment de nostalgie qui les avait étreints. Tout deux se souvenaient fort bien de leur dernière rencontre avec le château.

« Six ans, déjà, murmura Draco.

-Mhmm », répondit Harry.

L'émotion puissante qui les avait saisis les empêcha d'avancer pendant un moment. Ils regardaient tous les deux ce lieu chargé de souvenirs. Que ce soit leur première rencontre, leurs premiers affrontements, leurs premières amitiés… Harry sentit, malgré lui, des larmes couler le long de ses joues. Revoir Poudlard, c'était se souvenir de Ron, d'Hermione… De l'ensemble des personnes qu'il aimait tant et qui étaient mortes pour une cause qui avait été perdue d'avance. Il avait presque l'impression d'entendre encore leur rire et leurs cris.

« On a bien fait de venir plus tôt, murmura Draco. Je pense que nous allons avoir besoin de nous refaire… à tout ça. »

Harry approuva. Il entendait encore toutes ses voix aimées qui avaient disparus. Mais aussi leurs cris et leurs larmes.

« J'avais oublié, murmura-t-il. Loin de cet endroit… J'avais presque réussi à oublier… Combien c'était bon de rire avec eux. Combien j'ai pu les aimer, tous autant qu'ils sont. Ron et sa gourmandise. Hermione et sa soif de savoir. Les jumeaux et leurs bêtises. Et madame Weasley qui les engueulait toujours… Sirius et ses remarques sur mon père. La douceur de Remus… Son désespoir face à Tonks qui s'acharnait à le séduire… Et cet enfant qui grandissait dans son ventre et qui n'est même pas né car elle a été tué avant. Bill si heureux avec Fleur, avant d'être massacré le jour même de son mariage… »

Draco approuva vaguement, lui-même plongé dans ses propres souvenirs.

« Oui, dit-il. Moi aussi, j'avais presque oublié. »

Il ne prononça pas les mots à voix haute, comme Harry. Il ne voulait pas pleurer, même s'il sentait les larmes dans ses yeux. Parler de Gregory, Vincent, Pansy, Théodore, Blaise, Daphnée… De leurs nombreux conciliabules secrets pour ennuyer les Gryffondor… Des discours de début d'année de Severus, dans les dortoirs de Serpentard.

« Je ne tolérais pas le moindre déshonneur de ma maison. Je couvre vos frasques face aux membres du personnel enseignant, mais sachez que tout manquement aux règles sera sévèrement puni. Et croyez-moi, une retenue avec Rusard vous semblera idyllique, par rapport à ce que je vous ferais subir ! »

En fermant les yeux, il pouvait presque l'entendre râler.

« Qu'apprenez-vous donc dans cette école ? Vous êtes des Serpentard ! Faites des mauvais coups si vous voulez, mais arrangez-vous pour ne pas vous faire prendre, au moins ! Soyez plus vigilants ! »

« Je te donnerai la possibilité de remonter le temps, Draco. Je ne te demande qu'une chose : Empêche-moi de faire la pire erreur de ma vie ! »

« Nous y allons ? » demanda Harry, le faisant sortir de ses pensées.

Draco hocha de la tête, incapable de parler. Harry pleurait sans discontinuer. Il fut choquer de constater que lui aussi.

A suivre…

A dans deux semaines, donc… Le titre du prochain chapitre, peut-être ? « Deuxième horcruxe ». Ahaha… Allez, sur ce ! On se revoit en mars !