Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Douloureux. Je pense que c'est ce que je peux traduire du sentiment que m'évoque le chapitre précédent. Ou plutôt, les commentaires de certains lecteurs. Je pense que c'est la première fois que des lecteurs m'arrachent des larmes à la lecture de leurs reviews. Je ne vous remercie pas.

Cela dit, vous savez, j'ai précisé dès le premier chapitre que ce n'était pas un Slash HPDM. Et vous savez quoi ? Non, ça n'en sera pas un. Alors à toutes les personnes qui m'ont dit « J'espère encore », arrêtez. Vous voulez cesser de lire parce que ça ne vous convient pas ? Parce que Harry et Draco ne sont pas ensemble ? Parce qu'un Harry/Severus, vous ne l'imaginez pas ? Et bien soit, restez dans votre coin.

Je peux comprendre qu'on aime pas un couple. Et si vous décidez d'abandonner, alors faites le, mais pas besoin de me dire que vous êtes déçu ou que sais-je d'autres. Partez juste en silence et c'est tout. C'est moins douloureux. Je tiens à finir cette histoire car depuis que j'ai commencé les fics HP, j'avais imaginé quelque chose ainsi. Et parce qu'il y a des personnes qui savent lire (ou en tout cas, qui lisent mes notes), je continuerais pour elles !

A toutes ses personnes qui aiment les HPSS, qui ne sont pas déçues par ma décision, qui même si elles n'aiment pas ce couple, ont décidée de continuer parce qu'elles veulent essayer… Merci des millions de fois.

Je n'ai pas le courage de faire les RAR aujourd'hui. Fatiguée, dirons-nous. Un peu attristée par tant d'abandon, que ce soit sur cette histoire ou sur d'autres…

Alors je vous dis à demain pour vos réponses. Vos ultimes pour certains, vu que je ne les reverrais pas.

Pour les autres, les courageux ou les cinglés (mes préférés), je vous dis à dans deux semaines pour le chapitre 13, nommé « L'ordre du phénix ». Rendez-vous le 9 mai mes ratons !

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Chapitre 12 : Premiers rendez-vous

Le matin arriva vite. Harry, tout comme Draco, avait eu beaucoup de mal à dormir. Pour la première fois depuis six ans, ils avaient décidé de faire chambre à part. Non pas qu'ils aient voulu se séparer d'une manière ou d'une autre, mais ils étaient si nerveux pour le lendemain qu'ils ne se supportaient pas. Ils s'étaient chamaillés pendant une partie de la nuit avant de prendre la décision raisonnable de se séparer pour essayer de dormir vraiment.

Clairement écrit dans leur tête, le planning ne cessait de les torturer. Ils savaient qu'ils n'auraient pas vraiment de cours à donner avant au moins la seconde semaine… Par contre, les rendez-vous psychologiques commençaient dès le jour de la rentrée. Harry devait déjà recevoir quatre Poufsouffle et trois Gryffondor. Autant les premiers ne le dérangeaient pas, autant les trois autres le rendaient nerveux. Car il s'agissait de Remus Lupin, Sirius Black et Franck Londubat. Il ne connaissait pas Franck personnellement. La seule fois où il l'avait vu, l'homme était déjà fou. Mais il avait hâte de le rencontrer, vraiment. Les deux autres le terrifiaient tout simplement.

De son côté, Draco ne fut pas surpris d'avoir deux Serdaigle et cinq Serpentard. Et quels Serpentard ! Certains lui étaient inconnus, mais Severus Snape y figurait en lettre presque brillante. Il allait enfin commencer sa mission personnelle la plus difficile. Il y avait également Regulus Black. Il ne savait pas du tout à quoi ressemblait le garçon et il se fichait un peu de lui, mais Harry insistait pour qu'il soit sauvé, même s'il avait longtemps hésité.

« Si on ne peut le détourné, il faut au moins qu'il nous fasse confiance. Il faut que, le moment venu, s'il décide d'être un mangemort et qu'il apprend pour l'horcruxe, il vienne demander notre aide ! »

Draco ressassait les paroles d'Harry alors qu'il prenait son petit déjeuner, essayant de déterminer qui était Regulus alors qu'il fixait les Serpentard. Il espéra secrètement que ce n'était pas ce garçon au regard noir qui ne cessait de les dévisager, Harry et lui. Son regard était insistant et dérangeant. Il ne l'aimait vraiment pas !

« Le grand jour est arrivé ! s'exclama Caradoc en s'installant près d'eux. Pas trop nerveux ? »

Harry lui lança un regard sombre. Draco eut un sourire en voyant Caradoc reculer prudemment. Sans ses lunettes, le regard d'Harry était vraiment impressionnant.

« J'en déduis que oui, poursuivit Caradoc. Allons, tout ira bien. Ils ne mordent pas, vous savez ? »

Harry haussa simplement les épaules.

« Je sais, lui dit-il. Je suis juste nerveux… Mon premier rendez-vous est dans une demi-heure et je ne sais pas du tout comment ça va se passer…

-Dites-vous que l'élève concerné doit être aussi terrifié que vous, lui dit Eloise. Je suis contente, personnellement. Avec un peu de chance, votre arrivée amènera moins d'élèves à l'infirmerie.

-Très heureux de vous débarrasser des pleurnicheurs, commenta Draco, passant ensuite sa serviette sur sa bouche. J'y vais déjà. Je dois lancer un sort de réchauffe sur mon bureau… »

Il quitta la Grande Salle sous les regards curieux de la majorité des élèves. Il entendit vaguement quelques commentaires sur ses cheveux mais n'y prêta aucune attention. Tout comme lui, les élèves s'habitueraient !

Resté seul à la table, Harry jeta un autre œil à sa liste du jour. Il commençait par un Poufsouffle du nom de Steve Pass. Ce nom ne lui disait absolument rien ! Il regarda la table des Poufsouffle, soupira puis se leva, abandonnant son petit-déjeuner à peine entamé.

« Je vais faire comme Drake, dit-il, replaçant convenablement son écharpe. On se revoit au dîner ! »

Sans attendre, il contourna la table. Il choisit volontairement de passer près des Gryffondor, tendant l'oreille. Comme toujours, le silence se fit au début. Mais quand il dépassa les premiers élèves, ceux-ci parlèrent, chuchotant sans discrétion.

« Ses cheveux sont bizarres…

-Est-ce que c'est une faux, sur son visage ? Pourquoi une faux ?

-Je parie que c'est un mangemort !

-Allons, Dumbledore n'engagerait jamais un mangemort comme psychologue !

-J'ai rendez-vous demain ? Je suis vraiment obligé d'y aller ? »

Harry dressa mentalement la liste des élèves du lendemain. Aucun nom ne lui était familier. Bon, voilà qui était prometteur, vraiment !

oOo

Draco était négligemment en train de regarder par la fenêtre lorsque le premier coup fut porté. Il regarda l'heure, soupira, s'assit et ordonna :

« Entrez ! »

Sans surprise, le regard de Severus était clairement hostile. Il lui signifiait qu'il n'avait nullement l'intention de prendre part à une quelconque consultation psychologique et qu'il le maudirait s'il essayait de jouer un rôle auprès de lui. Draco eut presque envie de sourire, mais il s'abstint. Il désigna le fauteuil confortable en face de lui. Aussitôt Severus détacha sa cape, tirant maladroitement sur sa cravate. Il faisait une chaleur étouffante pour lui, mais agréable pour Draco.

« Je suppose que vous avez chaud, lui dit Draco. Je vous conseille un sortilège de rafraîchissement, car je n'ouvrirais pas la fenêtre. »

Severus leva un sourcil surpris face à la froideur de Draco. Il sortit sa baguette pour lancer le sort indiqué.

« Bien, dit Draco. Je suis Drake Manfred. Et nous sommes ensembles pour une longue heure. Si vous ne souhaitez pas parler, je ne vous obligerais pas. J'espère simplement que vous avez pris de quoi vous occuper, sans quoi l'heure va être longue… »

Severus le regardait avec stupéfaction.

« Vous n'allez pas essayer de me faire parler ? dit-il.

-Non. »

Le silence revint et se prolongea pendant trois minutes. Puis Severus parla de nouveau.

« Mais… Ce n'est pas censé être votre rôle ?

-Mon rôle est de vous aider, dit simplement Draco. Bien que j'ignore pourquoi je dois vous aider. Je ne vous connais pas du tout. Je ne sais pas ce que vous aimer, ce que vous détester. Je ne sais pas qui sont vos parents, quelles sont vos relations avec eux… Je ne sais strictement rien de vous. Une chose que je sais, c'est qu'une personne ne voulant pas être aidée ne sera pas ouverte à la discussion. Et par votre regard à votre entrée dans mon bureau, je déduis que vous ne voulez pas être aidé. Je ne vais pas non plus vous menacer. D'après mon planning, le directeur a prévu un rendez-vous entre nous chaque semaine. J'espère vraiment que nous allons établir un quelconque dialogue, sans quoi, je risque de m'ennuyer profondément. Mais je ne vous oblige en rien. »

Severus se tint silencieux pendant un moment. Il soupira en regardant vaguement le tatouage de Draco, clairement visible sur son cou.

« Pourquoi une montre ? » dit-il.

Draco sourit. Forcément. La curiosité des élèves allait sans doute être leur meilleur atout dans les premiers temps. Severus était comme tout le monde : il s'interrogeait lui aussi sur leurs tatouages, leurs couleurs de cheveux étranges… Et sans doute milles autres choses !

« Et pourquoi pas ? répondit Draco. C'est pratique, vous ne trouvez pas ? Vous saurez l'heure rien qu'en me regardant…

-Il n'y a pas que l'heure, dit Severus en fixant le tatouage. Il y a d'autres chiffres. Qu'est-ce qu'ils sont ? Et DM ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Draco resta un instant surpris. Il ne s'attendait pas à ce que Severus soit si curieux.

« Ah, ça, monsieur Snape, dit-il. C'est très privé… Voulez-vous être mon psychologue ?

-Non », répondit aussitôt l'élève avec sécheresse.

Draco sourit.

« Les lettres DM me représentent, d'une certaine manière, dit-il. Les chiffres allant jusqu'à sept sont une mission qui m'est vitale et que je compte accomplir, même si je dois me tuer pour cela. Même si je devais détruire cette école, pour cela ! Quant aux autres chiffres, ils se réfèrent à des personnes que j'ai aimées. Pourquoi une montre ? Parce que je lutte contre le temps. Faites-vous à ses réponses. Elles ne sauraient être plus complètes pour quelqu'un qui m'est parfaitement étranger… »

Severus le regarda d'un air froid. Il détourna les yeux un instant, regarda encore son tatouage, soupira et s'avachit un peu dans son fauteuil.

« J'aime les potions, dit-il finalement. Et… la défense, aussi. J'aimerai beaucoup être un duelliste, mais… je ne suis pas assez rapide.

-Vous suivez les championnats de duellistes ? » demanda Draco.

Severus hocha de la tête.

« Oui, dit-il après un moment. Je suis abonné à la Gazette juste pour ça. »

Draco approuva, souriant. Il eut une petite moue en regardant la pendule au-dessus de la porte.

« Parlez de vous ne vous tente pas, n'est-ce pas ? Je veux dire, parler d'un quelconque problème que vous auriez et qui aurait motivé le directeur à vous envoyer ici ? »

Severus hocha négativement mais fermement de la tête.

« Oui, je suppose, poursuivit Draco. Dans ce cas… parlons duel et potion. Je ne me suis pas tenu informé des championnats. Dites-moi, Severus… Qui sont les meilleurs et pourquoi ? »

Le garçon le considéra un moment, son visage ne reflétant qu'un peu de méfiance. Mais après une longue hésitation, il se mit à parler.

oOo

Steve Pass était clairement mal à l'aise alors qu'il lui faisait face. C'était à peine s'il osait le regarder dans les yeux, malgré le sourire encourageant de Harry. Ce dernier se retenait presque de lui hurler de parler. Le garçon n'avait que 15 ans. Qu'est-ce qui avait motivé Dumbledore à le lui envoyer ? Et surtout, pourquoi ce foutu directeur ne leur avait donné aucun justificatif quant aux élèves imposés en rendez-vous ?

« Pour ne pas que vous ayez des préjugés… »

Il lui en foutrait des préjugés !

« Ainsi, dit Harry après un long moment, tu es à Poufsouffle, c'est ça ? »

Le garçon hocha timidement de la tête. Harry soupira.

« Tu ne dois pas avoir peur de moi, tu sais ? lui dit-il. Je comprendrais que tu ne veuilles pas me parler de toi là, maintenant, mais tu peux me parler d'autre chose, si tu veux… »

Steve gigota un petit moment. Il finit par le regarder, détournant ensuite le regard. Harry soupira cette fois avec nettement moins de discrétion.

« Qu'est-ce qui t'effraie en moi, exactement ? »

Le silence répondit encore. Puis, timidement, la voix un peu cassée de l'adolescent se fit entendre.

« Je pense… la faux ? »

Harry le regarda d'un air surpris avant de lever la main pour toucher son tatouage.

« Ah, dit-il. Oui, je suppose que c'est impressionnant. Je n'y prête plus vraiment attention, depuis le temps… Enfin, ça ne fait que deux ans que je l'ai, mais j'y suis déjà habitué. J'imagine que mon tatouage a soulevé une certaine… curiosité parmi vous, n'est-ce pas ? »

Steve hocha timidement de la tête.

« Oui, un tatouage sur le visage n'était pas sans doute la plus brillante de mes idées, poursuivit Harry en souriant. Mais j'aime bien être original. Bien que mes cheveux le soient déjà assez, n'est-ce pas ? »

Il rit tout seul. A son grand soulagement, le garçon semblait se détendre un peu.

« Bref, dit Harry. Ma faux est impressionnante, pourtant, l'horloge est nettement plus grosse…

-Elle est jolie, dit Steve, en rougissant.

-Ah ? Merci ! lui dit Harry. C'est moi qui l'ai dessiné avant de me la faire marquer… Elle est enchantée pour s'arrêter de bouger quand je vais dans le monde moldu…

-Le tatouage sait quand vous êtes en présence d'un moldu ? s'étonna Steve.

-Non, bien sûr que non, répondit Harry. Je dois lui lancer un sort pour qu'il s'arrête. Ce n'est pas agréable. J'ai toujours l'impression d'avoir deux pinces sur le visage qui bloque les aiguilles. Mais bon, il faut ce qu'il faut. Comme je l'ai dit, ce n'était pas la plus brillante de mes idées…

-Pourquoi vous l'avez fait, alors ? demanda Steve.

-Pour être original, lui répondit Harry. J'aime vraiment ça, ce n'est pas une plaisanterie. Je suis quelqu'un d'assez insolent. Et de provocateur. Ce qui m'attire beaucoup… beaucoup d'ennuis ! Vraiment… une quantité astronomique d'ennuis ! »

Steve eut un léger sourire.

« J'ai des ennuis aussi, lui dit-il.

-Ah ? » demanda Harry.

Le garçon sembla gêné un instant. Il rougit et gigota.

« Euh… oui, je ne suis pas… très attentif. Alors je fais souvent des choses qu'il ne faut pas, par distraction…

-Du genre ? Demanda Harry. Te prendre une pancarte dans la rue parce que tu ne regardais pas devant toi ?

-Entre autre chose, répondit Steve, le feu aux joues. Mais des choses plus graves, aussi… »

Harry leva un sourcil interrogateur en l'entendant.

« Ah, dit-il. Et bien, moi aussi. Il m'est déjà arrivé de provoquer des accidents par distraction. »

Steve sembla réellement mortifié.

« Le directeur vous en a parlé ? dit-il.

-Non, répondit Harry. Je ne sais absolument pas pourquoi le directeur veut que je te voie. Je te découvre simplement pendant que tu me parles. Je n'ai aucun a priori te concernant. »

Steve sembla surpris en l'entendant parler.

« Vous ne savez pas pourquoi vous devez me voir ? dit-il. Du tout ?

-Non, du tout. Je ne te connais absolument pas, je ne sais pas du tout quelle sorte de bêtise tu as pu faire par le passé, quel caractère tu as, qui est ta famille ou quoi que ce soit d'autre. Je ne connais même pas tes résultats scolaires ! »

Steve paraissait vraiment surpris.

« Mais je serais content d'en apprendre d'avantage sur toi. Et encore plus de pouvoir t'aider pour quoi que ce soit. Parle-moi de ce que tu veux. »

Steve hocha timidement de la tête.

« Même de choses ennuyeuses ? demanda-t-il. Comme… par exemple… ma grande sœur qui m'ennuie souvent ?

-Je suis là pour t'écouter et t'aider. Si tu veux me parler d'une après-midi passer à juste regarder ton plafond, tu le peux. Tu peux me parler de ce que tu veux ! Tu peux même insulter tes professeurs, je ne leur dirais pas. Tout ce que tu diras restera entre nous. J'ai même lancé un sortilège contre la porte de mon bureau et je ne prends aucune note, de sorte que personne ne pourra voler d'informations à ton sujet. Le seul moyen de savoir ce que tu me raconteras sera de me torturer. Et tu peux me croire, il faut se lever tôt pour me tirer des informations… »

Steve eut un vague sourire en l'entendant.

« Bon… je peux parler des professeurs, c'est promis ? Vous ne direz rien.

-Jamais ! » répondit Harry.

Steve hésita puis baragouina :

« Je déteste le professeur Slughorn ! »

Harry eut un léger sourire.

« Ah ? Pourquoi ? »

oOo

Draco regarda Severus sortir de son bureau avec une certaine apathie. Et bien, ça promettait d'être vraiment difficile. Pas un instant, son ancien professeur ne s'était détendu en sa présence. Ils avaient parlé des duellistes pendant un long moment et Draco se promit de se renseigner plus sur le sujet pour la prochaine entrevue. Ça avait été plus un long monologue de Severus qu'autre chose. Toutefois, pour la prochaine séance, Draco pensa à s'organiser un duel contre lui.

Severus n'avait que sous-entendu, mais il avait déjà offert à Draco un indice quant à son passé. Manifestement, il était assez frustré de ne pas pouvoir rejoindre un club de duelliste, à cause de son père moldu. Il ne s'était toutefois pas étendu sur le sujet, le faisant même passer pour secondaire. Mais Draco savait reconnaître une blessure quand il en voyait une. Et le père de Severus était probablement une longue cicatrice barrant toute sa poitrine et attaquant directement son cœur. Il espérait faire parler le garçon avant la fin de l'année. Il n'avait qu'un an pour l'aider…

Le second rendez-vous était un Serdaigle et Draco le regarda entrer avec lassitude. Il ne le connaissait pas et se fichait totalement de lui. Il avait envie d'être au dîner pour savoir comment se passaient les rendez-vous d'Harry. Il savait que son ami allait devoir faire face à Remus dès la seconde heure.

« Maintenant, en fait », pensa-t-il.

Il aurait voulu être une petite souris pour se glisser dans le bureau d'Harry. A la place, il concentra toute son attention sur le Serdaigle de 12 ans en face de lui. Il leva un sourcil en croisant deux yeux vides. Aha… Encore un élève torturé. Ça promettait !

oOo

Harry raccompagna Steve jusqu'à la sortie. Il lui souriait toujours, mais cette fois, d'un vrai sourire et non d'une simple façade destinée à le rassurer. Il ne savait toujours pas pourquoi Dumbledore lui avait confié le garçon, mais il avait passé un bon moment avec lui.

« Je pourrais t'aider, pour la défense, lui disait-il en ouvrant la porte, avisant Remus assis sur un banc en face de son bureau. Tu n'as qu'à t'inscrire pour les cours de rattrapage. J'aime assez bien cette matière donc, je serai ravi de te donner des cours.

-Vraiment ? demanda Steve. Ce serait bien. Mon père est furieux que j'aie de mauvaises notes et… euh… enfin, je vais y penser. »

Harry hocha de la tête, notant cette dernière remarque dans sa tête. Steve n'avait jamais mentionné ses parents jusque là et il semblait brutalement très mal à l'aise.

« Au revoir monsieur, lui dit-il.

-Au revoir, Steve, lui dit-il, lui serrant la main. Bonne chance pour ton prochain cours. »

Steve hocha de la tête et partit en courant, sans même regarder Remus. Harry, lui, regarda aussitôt son nouveau rendez-vous.

« Remus Lupin je suppose, dit-il poliment. Entrez, je vous en prie. »

Remus semblait épuisé. Harry n'avait pas besoin de regarder le calendrier pour savoir que la pleine lune avait eu lieu dernièrement. Il n'hésita pas une seconde avant de lui indiquer le canapé. Remus sembla interrogateur, mais il s'y assit.

« Couchez-vous, lui dit Harry. Je ne pense pas que vous ayez besoin d'une couverture, avec mon sortilège de chaleur… Mais vous désirez peut-être un oreiller ?

-Un oreiller ? demanda Remus.

-Pour dormir, répondit Harry. Je ne vais pas vous obliger à parler alors que vous avez manifestement besoin de repos. Vous avez une heure de répit avant votre prochain cours. Vous pouvez dormir, si vous le voulez ?

-Vraiment ? demanda Remus, surpris. Mais… ça ne va pas poser de problèmes, pour vous ?

-Aucun, répondit Harry. Ce qui se passe dans cette pièce ne regarde que vous et moi. Je ne dois rendre de compte à personne, sauf à vous. Donc, si vous voulez dormir… »

Remus bailla en réponse. Il sembla hésiter encore une seconde puis s'étendit sur le canapé.

« Merci, dit-il en fermant les yeux.

-De rien, lui répondit Harry en allant s'asseoir à son bureau. Je vous réveille dans une heure. Bonne sieste ! »

Le Gryffondor ne répondit même pas : il dormait déjà.

oOo

Autant pour lui, il avait été réellement surpris par le Serdaigle. Le garçon n'avait pas hésité à parler une seconde. Il avait juste tout déballé brutalement et il n'avait même pas pleuré. Draco en était secrètement impressionné. Lui aurait sans doute sangloté sur la fin, à son âge. Mais pas ce garçon. Il était resté brave pendant toute la séance. A la fin, il avait juste semblé un peu fatigué.

« Et bien, dit Draco, à la fin. Je ne sais pas trop quoi dire…

-Y'a rien à dire, répondit le jeune adolescent. J'avais juste besoin que ça sorte. »

Draco hocha de la tête.

« Je vais y penser, dit-il. On en reparle la semaine prochaine, d'accord ? »

Le garçon hocha de la tête, se leva et sortit sans même hésiter. Draco resta un instant figé. Vraiment, c'était assez surprenant. Un coup le sortit de sa léthargie.

« Entrez ! »

La porte s'ouvrit. Draco se retint de jurer en croisant le regard sombre du garçon qu'il ne voulait justement pas voir. Il n'eut pas besoin de jeter un œil au planning pour savoir qui il était.

« Regulus Black… par l'enfer, me voilà béni ! Fallait-il vraiment que ce garçon au regard mauvais soit Regulus Black. Si j'arrive à gagner sa confiance avant la fin de l'année, je suis un géni en psychologie ! »

Le jeune homme n'attendit même pas qu'il lui désigne un siège. Il s'installa royalement, le nez fièrement levé. Draco sourit clairement. Il avait presque l'impression de se voir au même âge.

« Ah, dit-il, moqueur. Sang pur, n'est-ce pas ? »

Fallait-il vraiment qu'il le provoque ? Oui ! Il avait envie de tester la fierté du gamin.

« Parfaitement, répondit Regulus en le fixant avec mépris. Vous non, je suppose ! Pour avoir une telle couleur de cheveux…

-Erreur, répondit Draco. Je suis de sang pur. Bien plus que vous ne pourriez l'imaginer. Ma couleur de cheveux vient d'un accident de potion…

-Il n'y a pas de quoi en être fier, répondit Regulus, moqueur.

-Pourtant, je le suis, répondit Draco. Ce n'était pas ma potion, en premier lieu (c'était vrai, Harry avait fait la potion de coloration de cheveux, après tout), ensuite, je suis très content de mes couleurs. Au moins, je suis largement démarqué. »

Regulus eut une simple moue en réponse. Manifestement, sa démarcation n'avait rien d'honorable à ses yeux.

« Si c'est la seule chose que vous avez trouvé pour faire votre intéressant, dit-il.

-Et bien, je n'essaye pas vraiment de faire mon intéressant, lui répondit Draco. Ainsi… Regulus, c'est ça ? De la noble famille Black, bien que je ne vois pas ce qu'elle a de noble, au contraire… »

Le garçon plissa les yeux sous l'insulte et Draco se retint de sourire. C'était si facile…

« Je ne me souviens pas d'avoir vu le nom de Manfred dans les généalogies pures, attaqua Regulus.

-En effet, il n'y figure pas, répondit Draco. Je suis d'un pays étranger. »

Regulus le regarda avec mépris, à nouveau. Toutefois, Draco ne se laissa pas désarçonner. Il voulait jouer au garçon de bonne famille ? Fort bien. Voyons voir qui était la famille la plus forte… Les Malfoy ou les Black ?

« Contrôle surprise, lui dit Draco, moqueur. Citez-moi donc les cinq familles les plus influentes d'Angleterre ! »

Regulus afficha un air supérieur.

« Facile ! » dit-il.

Draco sourit sournoisement. Il n'avait pas idée de combien il allait être évident pour lui de l'humilier !

oOo

Harry hésita longtemps avant de réveiller Remus. Il avait envie de le laisser dormir toute la journée. Malgré la chaleur, il avait fini par lui donner une couverture. Le jeune homme l'avait accueillie en la serrant contre lui avec force, enfouissant son visage dedans. Harry l'avait trouvé adorable et avait eu envie d'installer sa tête près de celle de son ami pour fermer les yeux et se détendre. Malheureusement, Remus risquait de le prendre très mal s'il se réveillait et le découvrait si proche de lui. Alors Harry était juste resté assis à son bureau et l'avait contemplé toute l'heure durant.

Il se décida finalement à le réveiller lorsque le prochain élève frappa à la porte. Remus avait vaguement gigoté au son. Harry soupira et s'approcha de lui, l'appelant en douceur.

« Monsieur Lupin ? Mons… Raaaah, REMUS ! »

Le concerné sursauta vivement et se redressa. Il regarda vaguement autour de lui d'un air perdu avant de se fixer enfin sur lui.

« Hein ? dit-il, totalement égaré.

-L'heure est largement terminée, lui dit Harry d'un air désolé. Vous devriez y aller. Je suis navré de ne pas pouvoir vous laisser dormir plus…

-Hein ? Oh, non, ce n'est rien, répondit-il en se levant brutalement. Je… J'y vais. A la prochaine. Merci ! »

Il partit presque en courant alors que la prochaine élève le regardait d'un air étonné. Harry lui fit un sourire, tout en faisant disparaître le coussin et la couverture.

« Bonjour, lui dit-il. Désolé du retard. Entrez ! »

La jeune fille obéit prudemment.

oOo

Au dîner, Harry ne fut pas surpris de voir les élèves que Draco et lui avaient reçus être le centre d'attention. Tous les adolescents convoqués essayaient d'avoir des informations. Etonnement, Severus était plus bavard que Regulus qui fixait son assiette d'un air boudeur. Draco, lui, était assez satisfait, assis à sa place. Harry se dirigea vers lui, ignorant les regards curieux posés sur lui. Il s'installa confortablement près de son ami et se servit de quoi manger, nettement plus détendu que le matin même.

« Alors ? demanda-t-il à son voisin.

-Intéressant, répondit l'autre, souriant en constatant que tous les élèves – et surtout ceux qui avaient été en consultation – les écoutaient. Et toi ?

-Je devrais survivre, lui répondit-il. Sur ce, je crève de faim !

-Grande nouvelle ! répondit Draco en levant les yeux au ciel. Courir me manque… »

Harry tourna la tête vers lui d'un air surpris. C'est vrai qu'ils n'avaient pas vraiment fait de sport, depuis leur arrivée à Poudlard.

« Tu voudrais faire le tour du stade de Quidditch, tout à l'heure ?

-Parce que tu crois que ça suffira ? demanda Draco. Le château du Sahara était plus grand…

-Alors nous ferons plusieurs tours, répondit Harry. Mange ! Si on va courir, on aura tout juste le temps de se doucher avant nos rendez-vous de l'après-midi ! »

L'autre hocha de la tête et reprit son repas, sous l'œil surpris de certains élèves. Quant ils eurent finis, ils se levèrent doucement pour ensuite se diriger vers la sortie. Harry enleva difficilement son écharpe et sa cape. Il savait qu'il mourrait de chaud s'il les gardait. Que Draco lui propose d'aller courir était assez surprenant. Il jeta un œil à son ami et le découvrit avec un air ravi sur le visage.

« Courrons assez que pour donner le change, mais pas assez que pour transpirer vraiment, lui dit-il. J'aimerais parler avec toi dans nos appartements, donc, je n'ai pas envie de prendre une douche… »

Harry hocha de la tête et il se mit rapidement à courir. Draco le suivit aussitôt. Ils ne furent guère étonnés de voir certains élèves sortir pour les regarder.

« N'ont sans doute jamais vu des gens courir, se moqua Draco, amusé. Faudra recommencer demain, mais le faire sérieusement. Je crois qu'ils risquent des infarctus ! »

Harry se retint d'éclater de rire. Même s'ils y allaient lentement, il avait besoin de son souffle.

Ils ne firent pas plus de 10 tours, ce qui leur prit un quart d'heure. Quand ils eurent terminés, ils revinrent vers le château en faisant de petites foulées, se chamaillant en feintant d'être indifférent à la présence de certains élèves près de la porte d'entrée.

« Tu te rouilles ! Même pas une semaine sans courir et tu as diminué ton rythme, provoqua Draco.

-Je te signale que j'ai juste essayé de t'attendre ! La prochaine fois, je te laisserais tout loisir d'admirer mon superbe dos !

-Et modeste avec ça ! répliqua Draco. Je te bas quand je veux, Promise ! »

Harry s'arrêta, un sourire ravi apparaissant sur son visage alors que certains élèves les fixaient cette fois sans faux semblants. Il reconnut Remus et Sirius, mais également Severus dans la mêlée. Il y avait James également, mais il feintait mieux que les autres.

« Vraiment, Manfred ? dit-il, provocateur, arrachant presque un rire à un Steve attentif. Quand tu veux ! Nature du défi ? »

Draco souleva un sourcil. Il ne s'attendait pas à ça. Il pensait juste se moquer d'Harry, comme d'habitude et voilà que ça tournait en compétition. Le plaisir coula aussitôt dans ses veines.

« Voyons, persifla-t-il. Il ne faut pas quelque chose de trop intellectuel, tu risquerais d'en faire un anévrisme… Disons… quelque chose de sportif, que tu ais une infime chance de me battre… Pourquoi pas… Oui, demain matin ! Je te défie de faire tous les gradins du stade de Quidditch en courant avec dix kilos à chaque jambe ! »

Certains élèves écarquillèrent les yeux.

« Dix kilos ? se moqua Harry, clairement amusé. Gonzesse ! Je te propose 20 ! »

Draco hésita. Il savait qu'Harry était bien plus musclé que lui. Et il n'avait pas envie de perdre. Toutefois, il était plus grand et il avait donc de plus grande foulée. Il sourit donc et tendit la main.

« Défi validé, dit-il. Je vais t'écraser, petite loque !

-Tu me supplieras d'effacer la mémoire des personnes présentes », répliqua Harry, levant fièrement le nez.

Il se dirigea vers Steve qui avait ramassé son écharpe et lui fit un clin d'œil.

« Je te l'avais dit, non ? lui dit-il. Provocateur et insolent… espérons juste que ça ne m'attira pas d'ennuis, cette fois ! »

Le garçon rit en réponse.

oOo

Sans surprise, Harry était prêt pour son premier rendez-vous de l'après-midi. Il n'avait pas pris de douche, un simple sortilège avait réglé tout problème. Sirius frappa pile à l'heure et il entra avec joie dans sa salle. Harry repensa à ce que Draco lui avait raconté sur sa séance avec Regulus. Ils avaient passé l'heure à tester leur connaissance sur les us et coutumes des sangs purs… Vraiment quelle bonne entrée en matière ! Draco avait pris plaisir à lui montrer sa supériorité d'éducation. A la fin, Regulus était sorti fou de rage et Draco jubilait. Vraiment, quelle maturité !

Harry regarda Sirius s'installer en face de lui et lui sourit.

« Bonjour, Monsieur Black, dit-il. Vous êtes sans doute mon visiteur le plus énergique de la journée !

-Navré pour vous, lui dit Sirius, un sourire aux lèvres. En fait, je ne vois pas pourquoi on m'a demandé de venir vous voir. Je vais parfaitement bien !

-Et votre joie de vivre me le confirme, lui dit Harry. Toutefois, je pense que le directeur a pensé qu'au vu de vos relations familiales, une oreille attentive serait utile... »

Le visage de Sirius se ferma aussitôt. Harry leva les yeux au ciel.

« Pitié, je n'ai pas dit que je voulais à tout prix que vous me parliez de ça. Si vous désirez vous taire, alors taisez-vous ! Mais vous n'échapperez pas à ses séances.

-Et qu'est-ce que je dois faire pour qu'elles s'arrêtent ?

-Ah, ça ! répondit Harry. Je jugerais de l'utilité de vous en libérer ou non. Allons, vous n'allez pas vous plaindre de rater une heure de cours par semaine, n'est-ce pas ? On m'a dit que vous étiez brillant… Quelques heures en moins, ça ne sera sûrement pas la mer à boire. »

Sirius haussa vaguement les épaules. Harry aperçut alors le miroir dans sa poche. Il eut un léger sourire. Son parrain l'avait-il allumé afin que des amis puissent profiter de la conversation ? Il était prêt à parier que oui !

« Allons, Sirius, lui dit-il. Ne nous battons pas, d'accord ? Je ne veux vous forcer en rien. Nous ne sommes pas là pour passer une longue heure pénible. Nous pavons parler de n'importe quoi !

-Mais nous devons parler, dit Sirius.

-Et bien, ça rendrait l'heure plus intéressante. Maintenant, si vous voulez faire autre chose, nous pouvons. Une balade dans le parc, peut-être ? Mais nous devons passer cette heure ensemble. »

Sirius haussa vaguement les épaules. Il regarda par la fenêtre et grimaça en voyant qu'il pleuvait.

« Vous allez vraiment courir dans les gradins avec 20 kilos au bout de chaque membre, demain ? demanda-t-il.

-Oui, répondit Harry en souriant. Drake m'a lancé le défi, il est hors de question que je ne le relève pas ! Et je vais le massacrer ! »

Il eut un air un peu mauvais en disant ça, arrachant un éclat de rire à Sirius.

« Vous avez l'air cool, lui dit-il. Remus m'a dit que vous l'aviez fait dormir…

-Il en avait manifestement besoin, lui dit Harry. Je ne suis pas sadique. Et je suis là pour aider les élèves, même si j'ignore souvent comment…

-Vous ignorez comment ? demanda Sirius.

-La majorité du temps, le professeur Dumbledore ne nous dit pas pourquoi nous recevons tel ou tel élève. Nous devons le découvrir nous même.

-Mais pour moi, il vous l'a dit, non ? »

Harry eut un sourire. Il savait que ce qui payait le mieux, avec Sirius, c'était l'honnêteté. Aussi mentit-il un minimum.

« Il m'a dit que vous aviez quitté votre famille pour divergence d'opinion et m'a demandé de m'assurer que vous alliez bien avec ça. Que vous n'étiez pas, d'une certaine manière, en colère contre eux de ne pas avoir cherché à vous comprendre ou triste de ne plus être avec eux. Voir de tenter de comprendre et d'arranger votre relation avec votre frère. D'après lui, elle est 'conflictuelle'. Et il espère surtout qu'en vous aidant, il aidera Regulus qui prend une mauvaise voie, bien que j'ignore en quoi. Il croit que la relation de grand frère pourra aider. Si on arrive à vous réconcilier, du moins. Mais il y a également un autre point important sur lequel je serais intransigeant avec vous, notamment durant mes rondes nocturnes… »

Sirius avait été déstabilisé en l'entendant avouer tout ça et il mit quelques temps à réagir à ses dernières paroles.

« Ah ? Quoi donc ? »

Harry eut un léger sourire.

« Vos blagues, dit-il. Votre acharnement sur les Serpentard. Je sais que certains d'entre eux ne sont que des merdeux qui ont bien cherché votre…cruauté. Car oui, je qualifie cela de cruauté. Mais certains de ses élèves ne méritent pas votre acharnement. Mon défi personnel, c'est de vous obliger à cesser ses enfantillages. Je sais, vous êtes jeunes, vous avez envie de vous amuser… Mais il y a milles autres opportunités de s'amuser, ici. Faites donc du Quidditch ! »

Sirius ricana.

« C'est loin d'être aussi drôle, lui dit-il. Dois-je comprendre que vous êtes pro Serpentard ? »

Harry eut une grimace en l'entendant.

« Non, lui répondit-il. Je suis pour l'humanité, on va dire. Et votre cruauté envers certains de vos camarades ne me convient pas.

-Vous l'avez dit vous-même, certaines ne sont que des merdeux qui le méritent !

-Mais d'autres non.

-Comme qui, par exemple ? gronda presque Sirius.

-Severus Snape », répondit aussitôt Harry.

A cette réponse, le visage de Sirius devint si haineux que Harry comprit que, sur ce terrain là, définitivement, il ne pourrait rien faire. Déjà à son époque, il avait été déstabilisé par la haine vivant entre ces deux là… Pourquoi exactement se détestaient-ils autant ?

« Alors là, vous rêvez ! lui dit Sirius en se levant d'un bond. Plutôt crever que de me montrer sympa avec ce connard ! Des types comme lui, c'est Azkaban qui doit les accueillir, pas Poudlard ! »

Harry resta un instant interdit face à la colère de son parrain.

« Pourquoi ? dit-il, marquant clairement son incompréhension. Pourquoi cette haine envers Severus, exactement ?

-Pourquoi ? s'écria Sirius. Mais parce qu'il est un mangemort !

-Il l'est ? demanda Harry. Vous affirmez bien volontairement…

-S'il ne l'est pas encore, il le deviendra ! coupa Sirius. Ce type n'est qu'un enfoiré qui se croit supérieur, parce qu'il est un sang pur ! Mais il n'est même pas digne de lécher mes chaussures ! »

Un long silence accueillit la réflexion de Sirius. En lui-même, Harry cherchait désespérément une répartie, mais il ne savait définitivement pas quoi dire.

« Je ne comprends toujours pas, lui dit-il. Parlez-moi donc de lui. Pourquoi n'est-il pas digne ? Pourquoi est-il un mangemort ?

-Il utilise la magie noire ! répondit Sirius. Il ne s'intéresse qu'à ça ! Il est hyper doué en potion, c'est vrai, mais seules les pires potions qui soient le fascinent ! Il… il est tourné vers ça. Je suis certain qu'il rejoindra Voldemort dès qu'il sera sorti de cette école !

-C'est une assertion assez sévère, lui dit Harry. Sous prétexte qu'il se passionne pour une branche de la magie un peu sombre…

-Un peu sombre ? s'énerva Sirius. Croyez-moi, ce n'est pas que ce qui est un peu sombre ! C'est carrément tout ce qui est mauvais ! Il va presque tout le temps sur l'allée des embrumes ! Il fomente toujours des coups douteux avec les Lestrange et tout le monde sait qu'ils sont des mangemorts en devenir ! Leurs parents le sont déjà !

-A ce que je sais, les Black ont également certains atomes crochus avec les idéologies de Voldemort », sous-entendit Harry.

Cette fois, la fureur de Sirius était presque palpable.

« Ne me comparez pas à eux ! Je n'ai plus rien à voir avec ces gens ! »

Harry resta un instant silencieux. Puis il eut un petit sourire qui sembla surprendre Sirius.

« Le professeur Dumbledore a eu raison, lui dit-il. Nous allons avoir beaucoup de travail, vous et moi… Je pense, cela dit, que vous avez tout intérêt à faire en sorte que nos conversations restent secrètes et donc, à atteindre votre petit miroir… »

Sirius sursauta et porta machinalement la main à sa poche. Harry rit de son air presque fautif.

« Mais c'est comme vous souhaitez. Vous avez, je pense, grandement besoin de comprendre certaines choses et je peux vous y aider… Surtout concernant votre famille et Severus.

-Et pourquoi je voudrais les comprendre, hein ? demanda Sirius, croisant les bras d'un air entêté.

-Ah, pourquoi ? demanda Harry. Les premiers, parce que cela vous fait souffrir. Vous avez beau hurler à tout va que vous êtes mieux sans eux, qu'ils ne vous manquent pas, qu'ils n'ont rien à voir avec vous, le fait est qu'ils sont vos parents, votre frère. Et si les premiers vous révoltent, le second, je pense, reste encore quelqu'un que vous aimeriez voir à vos côtés, d'une manière ou d'une autre. Quant à Severus… Je pense que vous avez besoin d'en parler, parce que vous lui avez dédié beaucoup de haine qui vous empoisonne. Vous en débarrasser ne serait pas mauvais… »

Sirius émit un bruit méprisant.

« Vous ne me connaissez pas et vous croyez que vous pouvez juger ce dont j'ai besoin ? dit-il.

-Non, répondit Harry. Mais je sais ce qu'une haine mal placée peut engendrée. Et je sais aussi… combien la souffrance donnée par une famille peut être grande.

-C'est ça ! Vous allez me faire chialer en me racontant votre enfance malheureuse, peut-être ? demanda Sirius.

-Si c'est ce que vous souhaitez, lui dit Harry, effaçant son sourire méprisant. Faisons cela. Vous allez me parler, Sirius. De votre enfance, de votre famille, de votre frère et des sentiments que tout cela éveille en vous. Et en échange, je vous parlerai de moi. De mon enfance, de ma famille… et de tous les sentiments que cela éveille en moi. Ainsi, si mon aide ne vous convient pas, vous aurez toutes les armes pour m'humilier comme vous semblez aimer le faire ? Marché conclu ? »

Sirius le regarda pendant un long moment. Harry resta immobile, les yeux dans les siens, attendant sa réponse. Après un long moment, le Gryffondor acquiesça.

« Mais je le fais pas parce que j'ai besoin d'aide, lui dit-il. Je suis juste curieux de savoir qui vous êtes ! »

Harry sourit et hocha de la tête. Un coup d'œil à l'horloge du mur et il fit un mouvement de la main indiquant la porte.

« A la semaine prochaine, dans ce cas, lui dit-il, Sirius regardant son visage pour constater qu'il ne restait que cinq minutes. Vous me parlerez pendant une demi-heure et je ferais de même. D'accord ?

-D'accord ! »

Le garçon se leva et, sans attendre, quitta la pièce. Il claqua presque la porte, manifestement pressé de partir. Nul doute qu'il regretterait rapidement leur petit marché. Mais bon… Si son foutu parrain pouvait grandir un peu… ça ne lui ferait pas de mal, peu importe les moyens utilisés !

A suivre…