Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Bonjour ou bonsoir à tous, toutes !

C'est avec plaisir que je poste ce 14ième chapitre marquant le début des hostilités Voldemortienne ! Je dois dire que je l'apprécie assez, bien que moins que le 17ième !

Sur ces entrefaits, je vous annonce que je n'ai vraiment pas le courage de répondre aux reviews du chapitre 12 et 13. Je ne pensais pas avant tant de retard dans mes RAR… J'ai un peu honte de devoir abandonner ces réponses, surtout en considérant les nombreux et incroyables messages d'encouragements que j'ai reçu dans le chapitre 13. Mais je vais répondre à celle du chapitre 14 et je n'irais pas dormir tant que ce ne sera pas fait !

Merci à tous, merci aux anonymes qui n'ont jamais de réponse (et qui persistent quand même, moi, j'aurais abandonner suite au silence de l'auteur) et j'espère que vous n'en serez pas offensé ! Si vous avez une question particulière à laquelle vous vouliez absolument une réponse, n'hésitez pas, envoyer une autre review en la reposant et j'y répondrais cette fois.

Sur ce, on se dit à dans deux semaines, le 5 juin… Je me pose la question quant à la bonne publication de ce chapitre, je sais que certains d'entre vous seront en examen, je devrais peut-être repoussé jusqu'au début du mois de juillet pour votre bien ? … Non, ne soyons pas sadique avec les nons-concernés par les examens !

Bonne chance à tous pour ce passage difficile et à dans deux semaines !

Remerciement spécial à Welva pour ses corrections efficaces (et ses avis bienvenus).

Pour ceux que ça intéresse, cette histoire est essentiellement rédigée sur la chanson « Baba O'Riley », de The Who.

Chapitre 14 : Première rencontre

La question existentielle de Harry, à la lecture de cette liste, fut de savoir si, oui ou non, il allait montrer la liste à l'ordre du Phénix. Après un débat intérieur assez long, il finit par décider qu'il valait mieux les en informer. Après tout, l'ordre était là pour ce genre de chose. Il prit tout de même soin de la recopier sur du papier toilette, utilisant la magie pour inscrire les mots sur le support délicat. Quand il fut satisfait, il rangea sa copie dans une de ses poches puis tira la chasse d'eau avant de sortir rejoindre le reste du groupe.

Quand il entra, il fut aussitôt dévisagé par certaines personnes présentes autour de la table. Malgré tout, il les ignora et se dirigea vers sa chaise. Là, il prit une profonde inspiration et dit d'une voix claire :

« Mon espion vient de me donner des informations… »

Aussitôt, toutes les conversations en cours s'arrêtèrent. Harry gigota sur place un instant avant de sortir la liste de sa poche et de la poser sur la table.

« Il est parvenu à mettre la main sur cette liste, dit-il. Manifestement, Voldemort envisage de les tuer… »

Le directeur tendit la main et Harry la fit glisser vers lui. Quand il la vit, le vieil homme écarquilla les yeux.

« Alors ? s'impatienta Sarah Bones. Albus, qui…

- Beaucoup de monde, coupa-t-il. Essentiellement des nés de moldus. Mais il y a aussi des sangs-purs. »

Se faisant, il regarda directement les Malfoy. Narcissa ferma les yeux en soupirant alors que le visage de Lucius s'assombrissait.

« C'était à prévoir, dit-il. Bellatrix ne cesse de nous harceler pour que nous les rejoignions… A force d'entendre « on réfléchit », elle a dû se douter de quelque chose…

- Ou quelqu'un vous a suivi et a remarqué vos nombreuses visites à Poudlard, dit Draco. Dans tous les cas, vous êtes officiellement dans le camp opposé, à présent.

- Voilà qui risque d'en surprendre pas mal, marmonna Maugrey. Je n'en suis toujours pas remis personnellement…

- Alastor, dit Dumbledore d'un ton menaçant. Il suffit. »

Il leva sa baguette et un immense tableau magique apparut au centre de la table. Étant transparent, chacun pouvait lire ce qui y était inscrit. A savoir, la liste.

« Mon dieu, murmura Molly, posant une main sur sa bouche. Ce n'est pas possible… Tous ces gens… »

Harry resta silencieux tout en observant les personnes autour de la table. Certains semblaient choqués, bouleversés. D'autres continuaient de lire avec attention.

« Il n'y a pas de date pour tout le monde, murmura Caradoc.

-Sans doute laisse-t-il ces gens-là pour son appréciation, dit Eugène, grimaçant.

-Non, répondit Harry. Il ne les a pas programmé parce qu'il sait qu'il devra choisir la bonne occasion… »

Tous le regardèrent, surpris. Draco aussi semblait interrogateur.

« Lucius n'a pas de date non plus, expliqua Harry. Or, je crois savoir que vous vivez dans un manoir relativement bien protégé. Pourriez-vous vous y terrer sans jamais craindre une menace ?

-Sans hésitation, oui, répondit Lucius. Je ne dis pas qu'il est impossible d'y entrer, mais il faudrait un certain temps… Et pas mal de connaissance, concernant le manoir. »

Harry hocha de la tête.

« C'est ce que je disais, dit-il. Il ne sait pas assez de choses, sur les personnes qui n'ont pas de date. Il les garde en suspens en attendant d'en savoir assez. Enfin, je pense…

-Vous semblez vraiment bien le connaître, fit remarquer Maugrey.

-J'espère bien, répondit Harry. Sans quoi, nous serions vraiment dans le pétrin… »

Il serra le poing en parlant, continuant de regarder la liste. Non, il ne pourrait pas sauver tout le monde. Mais ces gens, il les empêcherait de mourir.

« Que fait-on, Albus ? demanda le professeur McGonagall.

-Nous pourrions les prévenir, dit Caradoc. Les mettre à l'abri…

-Et ainsi, rassembler toutes les victimes en un seul endroit, fit remarquer Maugrey.

-Que proposez-vous, alors, Monsieur l'Auror ? »

Alastor ne répondit pas, analysant chaque nom.

« Pourquoi ne pas intervenir. Livrer bataille à chaque fois. A force de faire face à des défaites, Voldemort devrait en être énervé… il commettra plus d'erreur…

-Rien n'est sûr, concernant la défaite, dit Phils Potter. Nous savons les dates et les personnes, mais rien ne nous dit que nous pourrons les défendre. Je suis d'accord avec Caradoc, nous devrions les prévenir. »

Ils se tournèrent tous vers Dumbledore. Mais Draco donna la solution.

« Prévenons-les, dit-il. Mais je pense que nous devrions le faire la veille de l'attaque et les faire partir discrètement. Alastor n'a pas tord. Accueillir Voldemort et ses hommes avec une petite attaque bien ficelée et les mener à la défaite devrait le rendre fou… »

Narcissa écarquilla les yeux en le regardant d'un air angoissé. Elle faillit parler, mais un regard perçant d'Harry la fit taire. Elle se contenta de baisser la tête tout en jetant de petits coups d'œil inquiet vers Draco. Quoi qu'il en dise, Narcissa était celle qui le voyait le plus comme un fils. Harry l'envia, un instant. Avant de regarder ses grands-parents. Comme il était heureux de les voir… Étonnement, c'était à sa grand-mère qu'il ressemblait le plus physiquement. Eugène Potter était blond, ce qui était assez déroutant. Harry avait toujours imaginé que son grand-père avait les cheveux noirs, sans doute parce que son père les avait noirs également. Mais non, c'était Phils qui possédait une longue chevelure ébène rassemblée en un catogan lâche dans sa nuque. Ses cheveux étaient pourtant étonnement lisse, ainsi que ceux d'Eugène. Donc, le gène ébouriffé venait de ses arrières grands-parents ? Il en sourit légèrement avant de se rappeler de la gravité de la situation.

« Pourtant, dit-il, attirant l'attention de tous, je pense qu'après une, voir deux attaques surprises, Voldemort comprendra que nous possédons les informations inscrites sur cette liste. Ainsi, dès l'instant où nous aurons livré notre première bataille, les autres personnes devront également être informées. Si elles décident de rester, je pense qu'une personne devrait les surveiller… »

Il regarda le directeur qui hocha de la tête.

« Je suis d'accord avec Ash, dit-il. Et Drake et Alastor, par la même occasion. Quand est la première attaque ?

-Dans cinq jours, répondit Harry, regardant la date la plus proche. Il s'agit de Stephen McCormack. Mais il est également possible qu'il attaque une des personnes non datées entre temps…

-Alors nous allons poster des espions près de leurs maisons…

-Et au travail ? demanda Lucius. Ces personnes ne sont pas sans arrêt chez elles. Elles peuvent être tuées en allant au travail. Je pense qu'il faudrait au moins avertir les non datées. Qu'elles puissent prévoir leur fuite, au moins. Un portoloin de sécurité, peut-être ? »

L'idée fut accueillie avec joie. Albus lui-même hochait de la tête, manifestement ravi que Lucius aide. Forcément ! Qu'un homme destiné à rejoindre le mauvais côté les aide devait être très déstabilisant, mais également agréable : voilà un homme que Voldemort n'aurait pas.

« Bon, prévenons les non datés, dit Albus. Pour les autres, nous ne les informerons qu'une fois la première bataille terminée. Si toutes les personnes écrites sur la liste disparaissent d'un coup, Voldemort comprendra qu'il y a quelque chose de bizarre. Par contre, nous avertirons McCormack la veille. Et je vais poster des espions près de chez eux dès maintenant. Qui se porte volontaire pour l'attaque ? »

Harry et Draco levèrent aussitôt la main. Albus eut un simple sourire en réponse. Forcément. Ils se devaient de signaler à Voldemort qu'ils étaient là et que dorénavant, ils étaient ses ennemis.

« Bon, dit le directeur. Qui d'autre ?

-Moi », dit Alastor.

Gideon et Fabian Prewett levèrent la main également. Eugène Potter se proposa après une hésitation. Et à la grande surprise, Narcissa leva la main, regardant férocement Draco. Ce dernier leva les yeux au ciel. Lucius poussa un soupir en regardant sa femme et leva sa main à son tour. Puis ce fut au tour de Hagrid.

« Navré, Rubeus, mais je pense que c'est une mauvaise idée », lui dit Dumbledore.

Le demi-géant baissa la tête. Forcément, avec une baguette cassée, que pensait-il faire dans un combat magique exactement ? Harry eut une moue peinée en voyant l'expression triste de son ami.

« Si vous le souhaitez, Hagrid, nous pourrions vous faire une bague, lui dit Harry, attirant aussitôt l'attention du demi-géant. Drake et moi portons des bagues magiques. Nous n'avons pas de baguette. Bien sûr, elle ne sera pas faite pour la bataille… mais cela pourrait vous être utile, pour les jours à venir. Il vous faudra le cacher au ministère, mais…

-Hola ! intervint Alastor. Je suis Auror, Ash ! Vous ne pouvez pas pousser quelqu'un à transgresser la loi devant moi !

-Je ne le pousse pas à transgresser la loi, répondit Harry. Juste à se défendre en cas d'attaque. Vous n'avez pas envie que Hagrid se fasse tuer, n'est-ce pas ? »

Maugrey ouvrit la bouche, la referma puis la rouvrit. Mais il finit par grommeler.

« Tu ne l'utilises que pendant les combats, alors !

-Promis ! répondit Hagrid, les yeux brillants. Merci, Ash. Vraiment, merci de tout cœur !

-Ne me remerciez pas, lui dit Harry. Ça va prendre du temps de faire cette bague. Il nous a fallu un an, à Drake et moi… Mais nous vous aiderons. Je pourrais même vous donner des leçons, si vous vou… Hé ! »

Hagrid avait finit par l'attraper par-dessus la table pour le serrer vivement contre lui.

« Merci, Ash ! Tu es vraiment un bon garçon ! Je l'ai tout de suite vu quand tu es arrivé à Poudlard. Quelqu'un capable de pleurer juste en regardant le château sous la neige ne peut être que gentil ! »

Draco laissa échapper un ricanement. Hagrid n'y était pas vraiment. Si Harry avait pleuré, c'était de joie face au visage de son ami demi-géant, non pas pour le spectacle de Poudlard sous la neige ! Malgré cela, il ne prononça aucun mot.

« Bref, intervint le directeur, souriant pourtant d'un air amusé. L'équipe de la bataille est donc composée d'Ash, Drake, Alastor, Eugène, Lucius, Narcissa, Fabian et Gideon. Personne d'autre ? »

Les autres bougèrent, mal à l'aise. Harry intervint aussitôt.

« Je pense que c'est bien assez, dit-il. Bien sûr, nous devrons nous réunir à nouveau afin de discuter du déroulement de l'attaque. Nous ne savons pas ce que Voldemort prévoit ce jour là alors je vous propose que nous y pensions chacun de notre côté et que nous nous mettions d'accord dans deux jours. Ici, cela irait-il ?

-Oui, ma maison est entièrement dévouée à l'ordre, dit Gideon en regardant Harry avec nettement plus d'amitié qu'à son arrivée. Quelle que soit l'heure…

-Si cette maison est le QG de l'ordre, il faudrait lui donner de meilleures protections, dit Draco. Vous êtes là, demain ? Je viendrais m'occuper de ça, si vous le permettez. Je suis spécialisé dans ce genre de chose ! »

Gideon approuva avec gratitude et ils se donnèrent rendez-vous le lendemain en début d'après-midi.

« Bien, nous reviendrons dimanche, à 16 heures pour la planification du combat, dit le directeur. Maintenant, parlons de la personne qui va informer toutes les familles qu'elles sont en danger… »

Et il se tourna tout naturellement vers ceux qui ne s'étaient pas proposés pour l'attaque.

oOo

Quand ils étaient rentrés à Poudlard, ni Harry ni Draco n'avaient prononcé le moindre mot. Ils s'étaient rendus dans la Grande Salle, ignorant les regards spéculatifs des élèves. Ceux-ci, d'ailleurs, commençaient à s'habituer à leur présence. Harry remarqua pourtant que certains élèves les regardaient avec bien plus d'attention : comme prévu, James avait parlé de l'arrivée de Dumbledore à ses amis et ceux-ci spéculaient quant à leur appartenance à l'Ordre du Phénix dont ils avaient sans doute entendu parler par Eugène.

Ils prirent leur souper avec l'esprit ailleurs, tout au plan de bataille. Harry ignora le regard admiratif de Hagrid posé sur eux. Encore un dont il avait gagné l'amitié en essayant simplement de rendre service. Et bien, au moins, ça ne changeait pas vraiment de son époque. Il ne manquait plus que tout le monde regarde son visage d'un air idiot et… ah, mais on le faisait déjà, en fait ! Il faillit jeter son assiette au sol en le réalisant. Vraiment, quelle idée avait-il eu de se tatouer le visage !

Finalement, après un long moment d'apathie, ils regagnèrent leurs appartements, non sans râler contre « cette putain de ronde qu'ils devraient faire en soirée ».

Dès qu'ils furent chez eux, sans même se concerter, ils décidèrent d'aller se laver avant de parler. Ce ne fut qu'une demi-heure plus tard qu'ils se retrouvèrent dans le salon de Draco, devant la cheminée. Ils parlèrent d'abord des protections à mettre sur la maison de Gideon. Quand, finalement, ils furent satisfaits de leurs idées, ils en vinrent à l'essentiel : la première bataille et donc, leur rencontre avec Voldemort.

« Il faut absolument qu'ils battent en retraite ce jour-là, dit Draco. Il faut que Voldemort comprenne tout de suite qu'il a de sérieux ennemis face à lui.

-Je sais, dit Harry, pensif. Et crois bien que je réfléchis déjà à quoi faire, mais nous ignorons qui va l'accompagner. Des détraqueurs ? Des géants ? Ou de simples mangemorts ? Et encore, simple mangemorts ? S'ils le sont ! Une bataille magique reste dangereuse. Et quel est le niveau des personnes nous accompagnant, exactement ?

-À part Maugrey qui doit être entraîné, vu qu'il est Auror, je l'ignore…

-Je sais que Fabian et Gideon Prewett sont forts. On l'a sous-entendu, quand j'étais encore jeune, bien que je ne me souvienne pas quand et qui me l'a dit. Je sais juste qu'ils étaient de féroces combattants. Pour les autres, ils sont d'illustres inconnus ! Je ne sais pas du tout ce que vaut Eugène ! Bon sang, je ne savais même pas qu'il était dans l'ordre avec ma grand-mère ! »

Draco soupira.

« J'ignore ce que vaut mon père actuellement, dit-il. Ainsi que ma mère. Bon dieu, était-elle obligée de se porter volontaire ? »

Harry ricana.

« Je crois que Narcissa te voit bien plus comme un fils qu'elle ne le croit. En tout cas, elle tient à toi. Il va falloir les tester, dimanche, dit-il. On ne peut pas aller à un combat sans connaître leur capacité…

-Et on n'a que cinq jours, gronda Draco. Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour planifier tout ça…

-Heureusement, c'est samedi, demain, dit Harry. Je crois savoir qu'il y a une sélection de Quidditch que nous devons surveiller. Je m'en occuperais pendant que tu feras les protections sur la maison de Gideon.

-Et pour le combat ? demanda Draco. Une idée ? »

Harry haussa les épaules. Il soupira et se passa une main dans les cheveux avant d'appeler Dobby.

« Dobby, pourrais-tu passer ce message aux elfes qui espionnent ? Je veux qu'ils laissent traîner leurs oreilles un maximum au sujet de Voldemort. Il y a une bataille prévue dans cinq jours. S'il dit quoi que ce soit concernant ce jour-là, il faut qu'ils t'en informent, d'accord ?

-Bien, Ash Promise, Monsieur », dit l'elfe, disparaissant aussitôt.

Il y eut de nouveau un long silence.

« Bon, dit Draco. On a une putain de ronde à faire. Bon sang, heureusement qu'on a pas encore de cours à donner…

-C'est la semaine prochaine, signala Harry. Que va-t-on faire pour mercredi soir ? Nous sommes censés donné des cours de Botanique et de Sortilège…

-Et bien, ils seront repoussés à samedi matin, répondit Draco. Pas le choix. »

Harry approuva en soupirant.

« Je ne pensais pas que nous serions si vite exposés, dit-il. Je croyais que nous allions être tranquille encore un peu… »

Draco eut un sourire amusé.

« Nous avons décidé d'intervenir, non ? dit-il. Alors faisons-le sérieusement. »

Harry acquiesça.

« Oui, je sais, dit-il. Je ne me réjouis pas d'être à mercredi… Et pourtant, Merlin sait qu'il va vite arriver… »

oOo

Et le temps passa vite. Trop aux yeux de Harry qui n'avait pas le temps de souffler. Dobby n'avait reçu aucune information concernant la bataille, ils avaient donc dû prévoir un plan de bataille à la fois offensif et défensif. Bien sûr, la défense était toujours mise à l'honneur lorsqu'il s'agissait d'un combat, mais cette fois bien d'avantage. C'était une attaque surprise pour les deux côtés. Il pouvait autant y avoir Voldemort seul que toute une bande de mangemorts, voir pire !

Le début de la semaine marqua le retour des consultations psys, mais également le début des leçons supplémentaires. Chaque jour, ils révisaient une matière différente avec des élèves de toutes maisons et de tout âge, ce qui n'était pas facile. Ils donnaient des leçons pendant trois heures, après le souper et ils devaient donc jongler avec les matières des 7 années pendant ce temps. Heureusement, ils avaient regroupé facilement les élèves de chaque année en un petit groupe. Alors, ils pouvaient se permettre de déambuler de groupe en groupe dans leur salle de classe.

Les consultations ne furent pas difficiles, au contraire. Les élèves les connaissaient à présent, ils savaient qu'ils n'étaient pas contraints et venaient donc avec plus de relâchement. Du moins, du côté de Harry, bien que Remus ait été très tendu pendant toute sa séance où ils avaient parlé de sa lycanthropie. Le jeune homme avait d'abord été horrifié que Harry le sache, jusqu'à ce que ce dernier lui explique qu'il avait eu un oncle qu'il adorait qui était loup-garou.

« Il m'a appris à ne pas craindre, ni haïr ou mépriser les personnes atteintes de votre mal. Atteintes de tous maux dont ils ne sont pas responsables, d'ailleurs, lui dit-il. Je ne vous regarderais jamais différemment des autres élèves. Vous êtes juste Remus Lupin. Néanmoins, si vous désirez en parler, je suis là pour ça… »

Ce que l'élève avait fait, pendant une bonne heure. Ses autres élèves avaient été relativement détendus, même Sirius. Comme prévu, il lui avait un peu parlé de son enfance et Harry lui avait livrée le même nombre d'informations, bien que légèrement modifiées afin qu'elles ne lui indiquent pas qu'il venait du futur. En soit, ça avait été amusant, surtout de voir l'expression stupéfaite de Sirius lorsque Harry lui avait parlé du placard.

Du côté de Draco, les consultations étaient parfois détendues, mais certains résistaient encore et toujours. Severus, notamment. D'un autre côté, ils avaient juste parlé duel. Le garçon avait été ravi de se lancer dans un duel contre lui, pendant un bon quart d'heure. Même s'il avait lamentablement perdu ! Il avait semblé tant apprécier que Draco lui proposa d'en faire un à chaque séance, voire le week-end s'il avait le temps. Severus avait accepté, dissimulant sa joie au maximum.

Quant à Regulus… Draco avait eu envie de l'étrangler. Toujours méfiant et furieux d'avoir été humilié la semaine précédente, il s'était contenté de s'asseoir et de rester là, silencieux comme la pierre. Toutes les tentatives de communication de Draco avaient échoué lamentablement. À la fin, il lui avait proposé de voir Ash à sa place. Mais loin de soulager Regulus, cela l'avait encore plus mis en colère et il était parti en claquant la porte et en le traitant d'incapable.

Finalement, le mercredi arriva. Il était prévu qu'Eugène " surveille " la cible toute la journée. Il était l'un des seuls à ne pas travailler et, de ce fait, le plus disposé à rester en couverture dans de la maison vide des McCormack. Ce dernier travaillant dans un lieu moldu, il avait fallu faire croire à un congé pour cause de travaux ménagés à réaliser. Du polynectar – que Draco avait en stock – fut donc distribuée aux trois personnes devant jouer la comédie. Narcissa feintait d'être la parfaite maîtresse de maison alors qu'Eugène feintait d'être McCormack lui-même.

A 18 h 30 précises, dès qu'ils eurent engloutis leur souper sous l'œil stupéfait de leurs collègues, Harry et Draco se précipitèrent vers la forêt interdite où ils transplanèrent immédiatement. Ils étaient apparus dans une ruelle éloignée de la maison. Pour une question pratique, Draco pris sa forme animagus et s'envola jusqu'à la maison. La nuit tombante et sa petite forme lui permirent de se glisser par une fenêtre entrouverte sans difficulté. Pour Harry, une longue attente commençait. Il était en poste d'observation à l'extérieur. Profitant de sa solitude, il prit lui aussi sa forme animagus et se fondit dans les ténèbres de la rue sans difficulté. Ses petits yeux perçants lui permettaient de capter le moindre mouvement.

L'attente fut longue. Draco, Narcissa et Eugène étaient les seuls à l'intérieur de la maison, deux d'entre eux jouant le rôle du petit couple amoureux alors que Draco était simplement posé sur la cheminée, figé. Il ressemblait à un petit animal empaillé. Dans la rue, suspendu sous un balcon, Harry fixait chaque ombre risquant de s'approcher de la maison. Gideon et Fabian étaient cachés dans d'autres endroits alors que Lucius était dissimulé dans le jardin à l'arrière avec Maugrey. Un duo assez dangereux, du point de vue de Harry.

Ce ne fut que vers minuit qu'il y eut enfin un mouvement. Harry aperçut rapidement six ombres noires qui se faufilaient dans la rue, droit vers la maison des McCormack. Manifestement, Voldemort avait préféré le petit comité. La question que Harry se posait était : " le mage noir faisait-il partie du comité d'exécution ? " Il avait beau fixer le groupe, sa cicatrice ne lui procurait plus aucune douleur, depuis l'extraction de l'horcruxe.

Poussant un soupir, il bondit du balcon jusqu'à la ruelle, reprit forme humaine et lança le signal. Il se contenta de faire tomber une poubelle et fit apparaître un faux chat qui s'élança dans la rue et disparut dans des fourrées. Ce dernier se précipita dans le jardin et fonça droit dans la cachette de Lucius avant de disparaître. Pour les mangemorts, il ne s'agissait que d'un chat qui avait fait les poubelles et avait été dérangé. Pour le comité d'accueil, c'était le signe que des mangemorts arrivaient par l'avant.

« Et bien, il est temps de voir si les leçons de Fixe sont utiles », pensa Harry.

Et sans plus attendre, il quitta sa cachette. Il s'avança sans aucune dissimulation, marchant clairement à découvert. Les mangemorts qui se dirigeaient vers la maison mirent quelques secondes à le repérer. Mais dès qu'ils le virent, ils se figèrent. Harry avait revêtu des vêtements sorciers uniquement. Il était donc clairement désigné comme de leur monde. Malgré tout, ils ne l'attaquèrent pas. Sans doute pensait-il qu'il allait se figer puis partir en courant. Mais à la place, Harry afficha un sourire en s'arrêtant à dix mètres d'eux.

« Qu'avons-nous là ? dit-il d'une voix menaçante. Vous êtes-vous égarés, Messieurs les encagoulés ? »

Les mangemorts restèrent silencieux un instant avant que l'un d'eux ne se décide à parler.

« Ce serait plutôt toi, l'égaré, dit-il. Sais-tu seulement qui nous sommes ?

-Qui vous êtes ? demanda Harry, narquois. Des cadavres, sans doute… »

Les mangemorts n'attendirent pas plus et les baguettes furent aussitôt pointées dans sa direction. En entendant des détonations dans le jardin, Harry comprit qu'il y avait d'autres personnes à l'arrière et que Maugrey et Lucius se battaient. Probablement Narcissa également. Elle avait dû rejoindre son époux. Eugène devait les aider. Il serait donc avec Gideon et Fabian contre six mangemorts. Voilà qui promettait ! Alors qu'il pensait cela, ses deux partenaires de combat apparurent à ses côtés, surprenant les mangemorts.

« Que la fête commence », dit Gideon, moqueur.

Et aussitôt, les sorts fusèrent. Harry fut surpris de n'être attaqué que par un seul mangemort alors que les cinq autres se jetaient sur les frères Prewett, mais il comprit rapidement qu'il était simplement sous-estimé. Après l'incroyable vol plané que fit le mangemort qui l'affrontait, pourtant, les membres restant réévaluèrent la situation et deux d'entre eux se jetèrent sur lui. Harry fut surpris de constater qu'il évitait les sorts plus qu'il ne se défendait. Il n'avait aucun mal à esquiver, lançant ses propres sortilèges qui fusaient rapidement et, presque toujours, touchaient leur cible. Bien qu'il ait pu les désarmer vite, il préféra jouer un instant avec eux. Juste histoire d'évaluer le niveau des recrues. Très rapidement, il les classa dans faible. Voyant que Gideon et Fabian avaient presque terminé leur propre combat, il acheva de s'occuper des siens en les stupéfixant. Du moins était-ce son intention, jusqu'à ce que l'un d'eux roule au sol pour échapper à son sort et ne disparaisse vivement.

« Mince, grogna-t-il simplement. Une prochaine fois, sans doute », dit-il en s'élançant vers l'arrière de la maison.

Fabian et Gideon étaient sur ses talons. Ils avaient ligoté leurs attaquants qu'ils faisaient léviter derrière eux. C'était là une démarche très intelligente : ne jamais laisser un mangemort derrière soi, même s'il était neutralisé !

Quand il arriva dans le jardin, en sortant par la porte de derrière de la maison, Harry comprit qu'ici, les choses étaient largement différentes. Manifestement, il avait eu le côté facile. Il évalua très rapidement la situation. Maugrey était hors jeu. Une énorme blessure ensanglantée brillait sur son visage, mangeant une partie de ce dernier. Manifestement, il y avait perdu un œil. Rien de surprenant pour Harry, mais c'était assez impressionnant quand même. Narcissa était inconsciente, tenue solidement dans les bras de Lucius qui était visé directement par Voldemort. Un peu plus loin, Draco et Eugène se battaient férocement contre une dizaine de mangemorts.

Jurant, Harry se jeta pratiquement devant Lucius, surprenant le mage noir. Ce dernier était différent. Harry le remarqua aussitôt. Il était moins reptilien, bien que toujours inhumain. Ses yeux brillaient de cet éclat rouge horrible qui lui donnait des frissons dans le dos, même à lui. Pourtant, il fit face avec détermination. Hors de question de céder. Voldemort devait plier. Mais avant…

« Comment va Narcissa ? demanda-t-il à Lucius derrière lui, ses yeux plongés dans ceux de son futur adversaire.

-Elle va bien, répondit le concerné. Elle a juste été stupéfixée. »

Harry fut soulagé. Draco aurait été effondré si sa mère devait trouver la mort si vite. Son soulagement ne passa pas inaperçu à la personne devant lui.

« Elle ne vivra plus longtemps, dit-il. Je vais m'en assurer.

-Et moi, je peux t'assurer que tu ne la toucheras même pas d'un simple rictusempra ! »

Voldemort fronça les sourcils face au manque de respect de Harry.

« Je ne crois pas vous connaître, dit-il, froidement.

-Ash Promise, répondit Harry. Et croyez-moi, vous allez vite apprendre qui je suis. »

Voldemort parut un instant moqueur. Manifestement, il le méprisait. Grave erreur. Harry était déterminé à lui montrer ce qu'il valait. Un peu plus loin, Gideon et Fabian avaient rejoint Draco et Eugène. Il ne restait déjà plus que cinq mangemorts. Harry savait que Draco devait être furieux de devoir se battre contre de vulgaires mangemorts alors que lui faisait face à Voldemort. Mais il était bien trop occupé à provoquer le mage noir pour s'en inquiéter !

« Qui êtes-vous ? demanda Voldemort. Rien d'autre qu'un petit pion de Dumbledore. »

Harry sourit en l'entendant. Forcément, il savait déjà qu'Ash Promise et Drake Manfred étaient à Poudlard. Mais il n'avait même pas tenté de les rallier. Et bien… Il fallait croire qu'il les avait vraiment considéré comme quantité négligeable. Autant mettre les pendules à l'heure tout de suite.

« Des pions de Dumbledore ? dit-il. Erreur, Tom Jedusor. C'est Dumbledore qui est notre pion. »

Le mage noir s'était figé dès le moment où il avait prononcé son véritable nom. Mais lorsqu'il eut dit sa dernière phrase, sa surprise ne laissait aucun doute. Harry en profita aussitôt pour attaquer. Il n'était pas là juste pour papoter.

Le premier sortilège qu'il envoya était basique et assez simple. C'était juste un petit jambencoton. Rien de bien méchant, c'était pour s'amuser. Il aurait été drôle, vraiment, de déstabiliser Voldemort avec un sort si ridicule. Mais le mage noir l'esquiva sans difficulté et attaqua avec un sortilège de magie noir que Harry connaissait bien. Ce foutu sort de torture ! Fallait-il vraiment qu'il le lui lance à chaque fois ? Un protego habilement lancé suivi d'un sectusempra informulé sortit de sa bague. Si le premier ne surprit pas son adversaire, le second lui fit froncer les sourcils d'un air interrogateur. Forcément. Severus était censé créer ce sort en sixième année. Il faudrait d'ailleurs qu'il s'assure que le jeune homme n'allait pas le tester sur quelqu'un !

Malheureusement, même s'il ne le connaissait pas, Voldemort évita le sort qui percuta un arbre. Les conséquences sur le végétal laissa le mage noir un instant pensif. Il regarda Harry avec un œil bien moins méprisant. Il l'évaluait clairement et Harry en avait conscience. Pourtant, il n'était pas là pour se laisser observer et il attaqua son adversaire à coup de boules pyrogènes. Il se mit à courir autour de lui en même temps, donnant ainsi au mage noir de quoi se distraire. Mais Voldemort contrecarra avec un vent suffisamment puissant pour renvoyer les projectiles. Harry se déplaçant rapidement, aucune boule de feu ne l'atteignit, mais la maison des McCormack s'enflamma brutalement. Harry jura en lui-même. Il ne manquait plus que ça !

Heureusement, Draco avait depuis longtemps abandonné les mangemorts restants au reste de l'équipe. Il avait déjà réanimé Narcissa et s'occupait de Maugrey lorsque la maison prit feu. Aussitôt, il lança plusieurs sortilèges aqueux, éteignant rapidement les flammes.

De son côté, Harry plongea pour éviter plusieurs sortilèges découpants fonçant sur lui. Il ne put en éviter un qui lui entailla le bras et à la brûlure qu'il sentit, il reconnut la marque d'un poison. Magnifique ! Draco allait être enchanté ! Pour se venger, Harry fit apparaître une nuée de fléchettes qui se précipitèrent vers Voldemort. Celui-ci esquivant l'attaque, il lança de nouveau plusieurs informulés, dont deux sectusempra. L'un d'eux finit par percuter le mage noir qui, à l'expression de son visage, n'apprécia pas du tout. Une grimace déforma sa bouche alors que du sang coulait violemment de son torse. Harry sourit.

« Bien fait ! », pensa-t-il en levant la main pour attaquer.

Au même moment, malgré la douleur, le mage noir riposta avec un sortilège que Harry n'appréciait pas du tout et qu'il évita rapidement. Aucune envie de se retrouver décapité, merci ! Alors qu'il se pensait sauvé, il reçut une bonne dizaine de petits couteaux dans le flan droit. Harry entendit vaguement des cris derrière lui et s'inquiéta. Un des couteaux était-il passé et avait-il touché quelqu'un derrière lui ? Alors même qu'il se posait la question, Voldemort leva sa baguette vers le ciel et la marque des ténèbres apparut.

« Je n'oublierais pas ça, Promise, dit-il en désignant les longues lacérations provoquées par le sectusempra. On se reverra, comptez sur moi !

-J'attends ça avec impatience. »

Le mage noir disparut alors. A la grande surprise de Harry, il s'aperçut que certains mangemorts n'étaient pas encore attachés et disparaissaient en attrapant certains camarades inconscients. Il ne fit rien pour les en empêcher. Il en était de toute façon bien incapable. La saleté de poison qu'il avait reçu était en train de se répandre dans son corps et de lui brûler les artères.

« Bordel de merde », geignit-il en se laissant tomber à genoux.

Presque immédiatement, Draco fut à ses côtés, ainsi que Narcissa. Celle-ci le fixait comme s'il était fou. Harry regarda autour de lui. Ils étaient tous là. Maugrey était encore inconscient et Lucius lançait plusieurs sortilèges rapides sur lui.

« Tout le monde va bien ? demanda-t-il d'une voix faible, en regardant les gens autour de lui.

-Oui, tout le monde va bien, espèce de taré, répondit Draco. Tout le monde sauf toi ! Bon dieu, qu'est-ce qui t'a pris de te lancer dans un tel duel ! »

Harry sourit. C'était un beau duel, bien qu'il n'avait pas donné le quart de sa puissance. Il avait été négligeant et un peu trop sûr de lui. Cela dit, Voldemort avait commis la même erreur. Aucun des deux ne la referait, lors de la prochaine rencontre. Il eut un sourire plus large encore.

« J'ai attiré son attention, dit-il, vainqueur.

-Alors ça, pour l'attirer, tu l'as fait, dit Gideon, assis dans l'herbe près de lui. Je ne pensais pas voir un jour quelqu'un attaquer Tu-Sais-Qui avec autant de férocité. Il a dû en prendre un coup dans la fierté ! C'était incroyable, Ash ! La prochaine fois que tu insistes pour tester mon niveau en duel, je ne me rebellerais plus, c'est promis. Je ne crois pas que j'aurais pu tenir comme tu l'as fait.

-Comme il l'a fait ? demanda Draco, furieux, tout en continuant de le soigner. Qu'est-ce qu'il a fait ? Rien ! Tu t'es fait avoir par un stupide sortilège de poignard empoisonné ! Bordel ! Et je n'ai aucun antidote ici ! Va falloir retourner à Poudlard ! Et que vont dire les élèves en te voyant dans un tel état. Espèce de crétin ! »

Sans cesser de l'insulter copieusement, il commença à enlever les poignards un à un, lançant plusieurs sortilèges pour contenir les hémorragies se créant immédiatement.

« Et il les a planté profond, en plus ! grogna-t-il. Stupide inconscient ! »

Harry rit en l'entendant, bien que son rire s'arrêta bien vite quand Draco arracha encore un autre poignard, avec moins de douceur.

« Je t'interdit de te marrer ! s'énerva Draco. Il n'y a rien de drôle à ce qu'il vient de se passer. Tu vaux bien mieux que ça ! Tu ne t'es absolument pas battu sérieusement ! Qu'est-ce qui t'a pris ?

-J'ai été trop sûr de moi, avoua Harry. Ça ne se reproduira plus, je te le promets.

-Tu as intérêt ! »

Près d'eux, les autres personnes présentes regardaient la scène avec une pointe de stupeur et de scepticisme. Il ne s'était pas battu sérieusement ? C'était une blague, n'est-ce pas ?

« Pour le poison, il va falloir aller à Poudlard, dit Draco. J'ai l'antidote dans mon appartement. Mais je n'ai pas pensé à en emmener, parce que je ne pensais pas qu'on en aurait besoin. Faut-il toujours que tu fasses des choses stupidement dangereuses ? Comme cette fois dans le désert où tu as couru après une chimère…

-J'avais besoin de ses poils !

-Je m'en fiche ! »

Harry grogna en le sentant tirer le dernier poignard.

« Bon. Tu vas rabattre convenablement ta cape sur toi et je vais te transporter. Pour Maugrey, je pense qu'il serait bon de l'emmener à Sainte-Mangouste rapidement.

-Ah, mince, c'est vrai ! s'exclama Eugène. Je m'en occupe. Gideon, Fabian, vous allez faire le rapport à Dumbledore, d'accord ? Quant à vous, Lucius, Narcissa… Je pense que vous devriez rentrer chez vous… Ah ! Pourriez-vous d'abord prévenir les Aurors, qu'ils viennent chercher les mangemorts restant ici ? »

Lucius acquiesça. Bien qu'ils soient menacés, ils avaient décidé de rester au manoir Malfoy. Comme bien des familles, ils avaient tous les deux un portoloin d'urgence autour du cou, afin d'être mis en sécurité s'ils étaient attaqués.

« Bon, on y va, dit Draco en soulevant Harry dans ses bras.

-Hé ! s'énerva aussitôt le concerné. Non, ne me porte pas ainsi ! Tu oublies totalement la discrétion, là !

-Parce que tu te crois capable de marcher, peut-être ? s'énerva Draco. Laisse-moi juste te porter ainsi, Po.. Promise ! »

Harry écarquilla les yeux. Non mais qu'est-ce qu'il lui faisait, là ? C'était quoi ce lapsus pourri ? De toutes ses forces, Harry lutta pour ne pas regarder Lucius. Mais l'exclamation de ce dernier le fit grogner.

« Par Merlin tout puissant, mais c'est bien sûr !

-On en parlera ce week-end, interrompit Harry, boudeur.

-Je sais maintenant, jubila Lucius.

-A samedi ! répliqua Harry. Emmène-moi à Poudlard, espèce de vicieux serpent de malheur !

-Faudrait savoir, lui dit Draco.

-Non, attend ! dit l'autre. Si les élèves me voient ainsi, ça va être terrible…

-On a pas de cape d'invisibilité, Ash, lui dit l'ancien Serpentard. Donc, tant pis, ils te verront ainsi… Enfin, sauf si tu décides de prendre ta forme animagus. »

Draco affichait un large sourire moqueur. Harry, quant à lui, grimaça largement.

« Plutôt mourir !

-Allons.. Je ne dirais pas que c'est toi. Ils trouveraient ça encore plus louche. Par contre, tu pourrais t'accrocher à ma cape, de l'intérieur, on ne verrait rien… »

Harry hésita.

« Voir, je pourrais refermer entièrement ma cape et donc, on ne te verrait pas du tout…

-C'est bon, d'accord ! dit-il. Bon, les autres, vous partez ? »

Un silence accueillit sa réflexion.

« Pourquoi ? demanda Fabian, interrogateur. C'est quoi, ta forme animagus ? Est-ce que tu es répertorié ?

-Non, je ne le suis pas… Je n'ai pas l'intention de le dire avant que cette guerre soit terminée. Et je ne vous montrerais pas ma forme animagus. Partez ! »

Personne ne bougea, ce qui lui arracha un petit cri rageur.

« Ash, le poison se répand dans tes artères à une vitesse folle. Alors pitié, prends juste ta forme animagus ! On s'occupera des moqueries éventuelles plus tard. En plus, ce n'est pas si humiliant d'être un singe ! »

Harry regarda Draco comme s'il venait de lui annoncer qu'il rejoignait finalement Voldemort. Autour d'eux, certains eurent un sourire. Notamment Lucius. Harry le fusilla des yeux.

« Je suis un petit singe, c'est vrai ! dit-il. Un sapajou, très exactement. Et j'en suis fier ! Fin de la discussion à ce sujet ! »

Et sur ces mots, dans un PAF, il prit sa forme animagus. Son pelage blanc et noir brillait légèrement sous le reflet des lumières électriques de la rue. Elles dévoilaient également les dix blessures sur son flan. Celles-ci étaient particulièrement impressionnantes, sur un si petit corps. Tremblant légèrement, ignorant les regards intéressés des personnes présentes, Harry se blottit dans les bras de Draco qui finit par rabattre sa cape, le dissimulant aux yeux des autres.

« C'est particulier, dit Fabian. Je n'avais jamais entendu parler d'une telle forme animagus… »

Harry grogna depuis son abri et Draco se retint de rire, bien que sa soudaine raideur n'avait pas échappé à sa charge.

« Je rentre à Poudlard, dit-il. On se voit samedi soir. Bonne soirée. »

Et sans attendre, ignorant péniblement le sourire vraiment tordant de son père, il disparut.

A suivre…

A dans deux semaines mes petits lionceaux (ça devient dur de se rappeler quel animal je n'ai pas encore cité…)