Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Hello à tous ! Et non, vous ne rêvez pas, je suis là UN JOUR EN AVANCE !... Pas de quoi en être si fière, je sais, mais laissez-moi dans mon tripe, vous voulez ?

Bref ! Ce chapitre est un chapitre calme, à sa façon. Rien d'extraordinaire. Le prochain est mon préféré ! Alors vivement le samedi 3 juillet que je puisse vous le présenter.

En parlant de samedi 3 juillet, je vous rappelle, pour ceux que ça intéresse, que je serais à la Japan Expo le dimanche 4 juillet, au stand Maskot, en après-midi. J'ignore encore l'heure exacte, mais je pense y faire un arrêt vers 15 ou 16 heures. Pour ceux qui aimeraient m'y rencontrer qu'ils laissent un petit message et j'essayerais de transmettre l'heure de ma présence au stand. Sinon, vous pouvez toujours demander à une personne du stand les autres jours, elles le sauront peut-être ! loll

Sur ce, à dans deux semaines !

Et encore un GROS merci à Welva pour sa correction et à toutes mes bêtas sans exception qui subissent mon caractère psychotique!

Chapitre 16 : A petit pas…

La colère n'était pas permise. Et surtout pas l'humour. Ils devaient juste rester concentrés. Se donner à fond, sans hésiter. S'impliquer totalement. Chaque mouvement était essentiel. Ce n'était pas un simple duel, c'était un combat pour la vie. Leur vie. La vie de leurs camarades, de la famille qu'ils tentaient de sauver.

Pourtant, sur le moment, aucun des deux ne parvenait à rester stable. Il était impossible d'ignorer les cris désespérés de Madame Wyatt. Impossible de ne pas entendre l'explosion ou l'écroulement d'un mur ravagé sous les flammes. Il n'y avait aucune lumière autre que celle de l'incendie et de la marque des ténèbres, pâle reflet vert, qui les éclairaient. Sans oublier les rayons vifs et intermittents des sortilèges.

« Ash, mets-toi en renfort ! »

Harry obéit inconsciemment à l'ordre donné par Draco. Il y avait quinze hommes face à eux et ils n'étaient que quatre. Draco avait appelé des renforts, mais ils ne venaient pas. Ils avaient encore quelques difficultés avec les communications. Sans compter que Maugrey était toujours à l'hôpital pour la perte de son œil. Lucius avait une réunion incontournable au ministère. Narcissa était probablement injoignable à cause de tous les sortilèges de protection posés sur le manoir. Quant à Albus… Il ne pouvait pas déserter Poudlard sans prendre quelques mesures. Peut-être, les Potter…

En attendant, ils suaient sous la chaleur écrasante de la maison des Wyatt en flammes. La mère continuait de hurler à chaque sort lancé. Ne pouvait-elle juste pas la fermer et se contenter de se protéger, elle et ses enfants ? Mais non, elle serrait le cadavre ensanglanté et à moitié brûlé de son mari en beuglant… Harry la comprenait. Dans une même situation… Non. Il savait qu'il ne réagirait pas ainsi. Il aurait déjà tenté de tuer toutes les personnes ayant un lien direct avec la mort de la personne qu'il aimait. Mais il pouvait comprendre qu'une moldue ne puisse faire de même. Cela ne l'empêchait pas d'avoir envie de lui hurler de la boucler une bonne fois. Sa petite fille tremblait dans son dos et son garçon fixait le combat d'un œil fasciné. Pour un gamin de trois ans, le balai des sorts se croisant devait ressembler à une sorte de feu d'artifice…

Un peu plus loin, Draco jurait, tout en envoyant un certain nombre de sortilèges différents. Dobby les avait bien renseignés, mais un peu tard. Ils étaient arrivés alors que la maison fumait et que l'étage cramait déjà. La mère était torturée par un doloris et les enfants allaient y passer. Ils avaient réussi à inverser la situation et à tirer les Wyatt des pattes de leurs agresseurs… mais ils n'étaient pas sauvés pour autant ! Loin de là !

« Par Merlin, mais que font ces putains de renforts ? »

C'était la question qu'il se posait. Caradoc semblait en grande difficulté. Ce n'était pas le moment de perdre le professeur de défense… Non, cela arrivait généralement vers la fin de l'année scolaire.

Péniblement, Draco remonta vers la ligne de tête et ordonna à Harry d'aller en renfort. C'est-à-dire en arrière. Il voyait bien que le survivant avait du mal. Cela faisait un mois qu'ils ne cessaient de combattre pour déjouer les plans de Voldemort. Parfois, ils sauvaient des familles… et parfois, ils arrivaient trop tard. Cette fois, c'était tout juste, mais ce n'était pas gagné.

Une détonation sur l'arrière le fit sursauter et il soupira de soulagement en voyant Eugène Potter, accompagné de Sarah Bones, d'Arthur Weasley et de Gideon Prewett. Sept contre quinze. C'était déséquilibré, mais ils pourraient les vaincre, cette fois. Pourtant, en voyant les renforts arriver, les mangemorts se replièrent. C'était compréhensible et raisonnable. Draco et Harry avaient déjà fait leur nom, dans le camp adverse. Dans un combat déséquilibré mais numériquement raisonnable, ils pouvaient les écraser. Ils étaient un avantage conséquent pour l'ordre et Voldemort l'avait déjà bien compris. Les mangemorts avaient reçu l'ordre de les acculer un maximum. Test de la part du mage noir ? C'était bien possible… Mais ils ne se décourageaient pas pour autant.

Dès que les mangemorts eurent disparu, Fabian prit les choses en main. Il ordonna aux renforts d'éteindre l'incendie. Demanda à Caradoc de conduire les Wyatt à Sainte-Mangouste. Puis il se tourna vers eux. C'était toujours la même chose. Harry soupira en se laissant tomber au sol, signalant ainsi à Draco qu'il lui laissait la tâche. Ce dernier hocha la tête et leva la main sur le ciel. Aussitôt, la marque des ténèbres se dissipa. Ensuite, Draco se laissa tomber au sol à côté de son partenaire. Ils restèrent silencieux un long moment.

« Ils ne nous ménagent vraiment pas, finit par dire l'ancien Serpentard. J'ai l'impression qu'à chaque rencontre, ils sont plus nombreux… Comment est-ce possible alors que nous en avons fait arrêter… Combien ?

-Seulement dix, répondit Harry, las. Sur les quarante arrêtés, seuls dix avaient des preuves assez conséquentes pour être envoyés à Azkaban… Justice de merde ! »

Il arracha rageusement une poignée d'herbe.

« Je vous prie de ne pas critiquer mon travail, monsieur Promise. »

Harry sursauta et se retourna vers la voix haineuse. Barty Croupton senior… Forcément !

« Vous voilà enfin, dit-il avec acidité. Il est étrange que les Aurors arrivent toujours lorsque le combat est terminé !

- Ce que je trouve étrange, monsieur Promise, c'est que vous vous jetiez dans des combats contre les mangemorts alors que vous n'êtes manifestement pas Aurors…

- Il fallait bien que quelqu'un tente de sauver les Wyatt, intervint Eugène Potter. Si nous n'avions pas été là, vous n'auriez trouvé que des cadavres ! »

Barty serra les dents. S'il s'amusait à rabaisser Harry et Draco chaque fois qu'il en avait l'occasion, il ne pouvait en faire de même face à Eugène Potter et il le savait. Il se contenta donc de se diriger vers la maison.

« Où sont-ils ? dit-il en désignant les restes calcinés.

-Sainte-Mangouste, répondit Fabian. Monsieur Wyatt est mort… Sa femme était torturée lorsque nous sommes arrivés. »

L'homme hocha de la tête.

« Et bien, messieurs… Vous connaissez la chanson, non ? J'attends votre paiement pour la fin de la semaine. »

Les membres de l'ordre se retinrent de lui lancer un sort. Sous prétexte qu'ils étaient de simples citoyens, ils n'avaient pas le droit de « faire justice eux-mêmes ». C'était le travail des Aurors. De ce fait, à chaque fois qu'ils avaient le malheur de croiser les Aurors sur un champ de bataille, ils recevaient une amende salée.

« Merde, jura Draco en claquant la porte de leurs appartements, quelques heures plus tard. De quel droit cet enfoiré se comporte-t-il de cette manière envers nous ? On ne fait que les aider !

-C'est toujours la même histoire, répondit Harry. L'ordre n'est pas reconnu comme un groupe autorisé par le ministère, vu que ce dernier craint que le bon peuple sorcier perde confiance en eux pour ne s'adresser qu'à nous… Nous menaçons la politique du pays… Je commence à croire qu'ils nous considèrent comme plus menaçant que Voldemort !

-Alors quoi ? demanda le blond, agacé. Sommes-nous juste censés rester en arrière ? »

Harry hocha négligemment de la tête. Il poussa un soupir en se laissant tomber sur le canapé, se prenant la tête entre les mains.

« J'en ai marre, dit-il. Tellement… »

Draco ne répondit pas. Il était dans le même état. Il en avait assez, lui aussi. Assez du ministère surtout… Et des mangemorts qui s'acharnaient sur eux.

« On voulait leur attention, non ? demanda-t-il. Et bien, on l'a… »

Harry approuva mollement. Oui, ils avaient l'attention de tout le monde sur eux. On ne parlait pas d'eux dans la Gazette, car le ministère l'interdisait. Mais les sorciers qu'ils avaient sauvés avaient parlé. Et l'Ordre du Phénix était connu… Ash Promise et Drake Manfred également. Notamment à cause des incroyables duels qu'ils livraient contre les mangemorts. Même les élèves de l'école savaient, à présent, dans quel camp ils étaient. Et cela n'aidait pas. Au contraire. Car lorsqu'un des élèves se voyait devenir orphelin brutalement, c'était à eux qu'il venait faire des reproches.

« Pourquoi vous n'y étiez pas ? »

C'était ce qu'une jeune fille de 11 ans leur avait demandé, au beau milieu de la Grande Salle, quatre jours plus tôt. Draco était resté stoïque et silencieux. Harry, lui, avait eu du mal à ravaler ses larmes. Cette question lui rappelait de trop mauvais souvenir pour rester indifférent.

« Tu vas bien ? » demanda Draco, en s'asseyant à côté de lui.

Harry se contenta de s'appuyer contre lui et son ami le prit aussitôt dans ses bras.

« On a au moins sauvé trois d'entre eux, lui chuchota-t-il. Ne te flagelle pas pour Monsieur Wyatt… Ce n'est pas de notre faute si nos informations sont arrivées tardivement. Ce n'est pas de la faute de Dobby non plus… On ne peut pas être totalement omniscient, Harry… »

L'autre se contenta de soupirer.

« Dis-moi que les Wyatt n'ont pas encore d'enfant à Poudlard… »

Draco soupira à son tour. Il repoussa légèrement Harry et se dirigea vers un listing des élèves. Il regarda aussitôt au w.

« Non, dit-il. Pas de Wyatt à Poudlard pour l'instant. »

Harry poussa un soupir soulagé. Il était minuit passé et il était crevé. Il ne rêvait que de son lit, mais l'odeur de la fumée imprégnait ses cheveux et ses vêtements. Sans aucune énergie, il se leva pour se diriger vers la salle de bain.

« Je vais prendre une douche, dit-il. Tu devrais faire pareil. Demain, c'est lundi… On doit être en forme. »

Draco hocha de la tête tout en le regardant partir. A ce rythme, il se demandait s'ils tiendraient, tous les deux.

oOo

Chère Fixe,

Ash et moi avons été ravi d'apprendre que vous vous portez à merveille. Nous vous envions grandement le soleil du Sahara. Ici, octobre est déjà bien entamé. L'automne s'est installé et il fait de plus en plus froid. Nous devons nous être habitué à une température plus basse, mais nous ne le remarquons pas vraiment, car elle diminue de plus en plus et nous tremblotons toujours autant. Heureusement, les vêtements chauds nous aident à survivre.

En ce qui concerne nos missions, nous avançons. Grâce à nos combats continuels contre les mangemorts, nous avons attiré l'attention de Voldemort sur nous. Malheureusement, ce n'est pas vraiment une bonne chose. Les élèves nous regardent comme si nous étions leurs sauveurs. Chaque fois qu'un malheur arrive, nous sommes désignés comme responsable. Je le vis bien. Je sais que ce n'est pas notre faute. Mais Ash semble s'assombrir de jour en jour. J'ai peur qu'il ne sombre dans une dépression quelconque.

Il y a pourtant des points positifs. Notre soudaine célébrité fait de nous des personnes demandées pour des leçons particulières, le soir ou le week-end. Ash organise même des petits cours de duel à différents groupes d'élèves désirant devenir plus fort. Mais il donne toujours des leçons particulières à Severus.

Ce dernier semble s'ouvrir petit à petit. A chaque consultation, il me parle un peu plus. Dernièrement, nous discutons surtout des Gryffondors et de leur comportement injuste. Severus ne comprends pas pourquoi le groupe de James Potter l'a désigné comme martyr dès leur première année. Je manque d'élément pour comprendre également. Ash est chargé de mener l'enquête. Il croit que cela a un rapport avec l'amour de James envers Lily… Mais je ne comprends pas très bien en quoi.

Severus me parle timidement de sa mère. Mais il évite toujours la discussion, en ce qui concerne son père. Je commence à croire qu'il subit des mauvais traitements de sa part, mais je ne sais pas comment lui faire avouer. Il reste obstiné vis-à-vis de ce sujet. Une idée ?

Quant à Regulus… Il continue de rester fermé à toute tentative. Il reste silencieux et les rares fois où il parle, c'est pour me demander s'il peut partir… Je commence à croire qu'il ne pourra pas être sauvé. Je n'ai jamais vu un garçon renfermé tant de colère en lui. Ash m'a raconté l'ambiance familiale chez les Black. Il semblerait que leur mère soit une femme de caractère. Elle exerce une grande pression sur ses enfants, pour qu'ils ne lui fassent pas honte. Elle semble presque dénuée de tendresse. Je crois que Regulus se sent abandonné. Son père n'est qu'un poltron sans force qui se laisse écraser par son épouse. Celle-ci ne fait que gronder Regulus pour différentes raisons… Et la seule personne qui aurait pu l'aider s'est sauvée de la maison à ses 16 ans… Je crois que Regulus est blessé par la fuite de son frère. Sirius serait peut-être la clé ? Je ne sais vraiment pas quoi faire avec lui.

Nous aimerions venir vous voir, mais vu les évènements, je ne crois pas que cela soit possible dans l'immédiat. Bientôt, Ash et moi irons chercher la bague… Nous attendons juste le bon moment. Pour l'instant, nous avons un combat presque chaque soir… C'est réellement épuisant ! Sans votre entraînement, je ne crois pas que nous aurions survécu à une seule de ses batailles. Nous vous devons vraiment la vie !

J'espère que vous vous portez bien. Pourquoi ne viendriez-vous pas nous voir ? Quoi que vu les circonstances, cela pourrait être dangereux. Peut-être vaut-il mieux que vous restiez calmement au Sahara. Comment se porte votre petit jardinet ? Avez-vous enfin réussi à faire pousser des citrouilles ? Nous vous en enverrons une, si vous le désirez.

Portez-vous bien, Fixe.

Bien à vous,

Drake Manfred

oOo

La sonnerie retentit dans tout le bureau, faisant sursauter Remus et Harry. Tous deux regardèrent l'horloge murale.

« Déjà ? demanda l'élève en frottant ses yeux endormis.

-Semblerait », répondit Harry, en se redressant.

Remus sourit en constatant qu'Harry s'était endormi également. Le psychologue acceptait toujours qu'il fasse une sieste, les lendemains de pleine lune. Mais c'était également un moment pour lui pour se reposer. Il avait d'immenses cernes sous les yeux.

« Vous avez l'air épuisé, dit Remus. Encore une bataille, hier ? »

Harry hocha de la tête tout en s'étendant.

« Et ? demanda Remus. Qui a gagné ? »

Harry le regarda d'un air sombre et le lycanthrope baissa la tête. Il ignorait qui était mort, mais ce n'était pas un membre de la famille d'un élève. Aucun d'eux n'avait pleuré.

« Est-ce qu'ils n'arrêtent jamais ? demanda-t-il, tout en enfilant sa cape.

-Il faut croire que non, répondit Harry en ouvrant les rideaux. J'aimerais croire que Voldemort va prendre une pause… Mais je crois que je serais encore plus effrayé si c'était le cas. »

Remus eut l'air interrogateur et Harry répondit sombrement :

« Cela pourrait présager une attaque de grande envergure. Je n'apprécierais pas cela… »

L'adolescent approuva vivement.

« En tout cas, encore merci pour la sieste. A la semaine prochaine, Ash ! »

Harry sourit en l'entendant et lui fit un signe d'au revoir. L'élève de Poufsouffle entra ensuite et lui fit un sourire joyeux. Il détestait la joie des autres. Surtout parce qu'il n'en ressentait plus, depuis quelque temps.

oOo

Encore du silence. C'était toujours la même chose. Draco commençait à en avoir marre. Marre de regarder la moue boudeuse de Regulus Black. Le garçon se taisait obstinément. Il le considérait avec une sorte de mépris mêlé d'attente. Mais que voulait-il, exactement ? Qu'est-ce qu'il attendait ?

Un millième soupire plus tard, il craqua.

« J'en ai marre, Regulus, dit-il, attirant l'attention du gamin. Qu'est-ce que vous voulez, à la fin ? Qu'est-ce que je dois faire pour que vous parliez ? Dois-je me peindre en vert ? Sauter sur la tête ? Chanter l'hymne national du Pakistan en japonais ? Qu'est-ce que vous voulez ? »

Regulus ne répondit pas immédiatement. Il laissa d'abord cinq minutes s'écouler, ce qui énerva prodigieusement Draco.

« Je veux que vous cessiez de me recevoir, lui dit-il. Je veux que ces séances ridicules s'arrêtent. Je n'en ai pas besoin ! Je vais bien. Vous êtes totalement inutile pour moi ! Alors j'attends juste que vous cessiez de me recevoir ! »

A son tour, Draco laissa planer un long silence. Puis il parla. Calmement. Même s'il avait juste envie de le suspendre par les pieds pour lui fracasser la tête au sol toutes les dix minutes… Bon, d'accord, disons secondes !

« Vous n'avez pas besoin de moi, vraiment ? Vous n'avez pas besoin de parler du comportement excessif de votre mère ? Du manque de réactivité de votre père ? De la fuite de votre frère ? Peut-être aussi de cette colère que vous avez en vous ? Ce qui est drôle, c'est que je la retrouve également chez votre frère. Oh, il la cache mieux que vous. Mais lui aussi possède cette rage en lui. Ash m'a confié que Sirius gardait cette haine viscérale pour sa famille, au fond de lui. Chaque lundi, ils en parlent. Et vous savez quoi ? Votre frère commence à aller mieux. Pourquoi vous ne feriez pas comme lui ?

-Parce que je ne suis pas comme ce minable lâche ! répondit rageusement Regulus. Je ne suis absolument pas comme mon frère !

-Vous en parlez comme si c'était une bonne chose…

-C'en est une ! Sirius ne sait faire que des conneries ! Depuis qu'il est tout petit, il fait des blagues stupides, lances des sorts alors que c'est interdit. Mère avait beau le punir, ça ne servait à rien. Il était comme incapable d'apprendre à bien se comporter. Il était une honte pour notre famille ! Je suis content qu'il se soit enfui. Mère l'a renié. De cette manière, il ne me fait plus honte ! »

Draco se retint de rire. Les paroles de Regulus étaient en total désaccord avec l'expression de ses yeux.

« Vous avez bien appris votre texte, lui dit-il, provocateur. Votre maman peut-être fière de vous. »

Regulus grogna presque de rage.

« Je ne dis pas ça pour que ma mère soit fière de moi, je le pense !

-Menteur, répondit Draco.

-C'est la vérité ! Sirius n'est qu'un crétin ! Un lâche !

-Un lâche ?

-Oui, un lâche ! Pour s'être enfui, comme ça ! Il n'a même pas essayé. Il n'a même pas…

-Essayé quoi ? demanda Draco, fasciné de voir le jeune homme si silencieux parler.

-Essayé de s'opposer à elle. Il a juste abandonné. Il a préféré s'enfuir. Il n'a même pas essayé de m'aider ! »

Draco laissa le silence s'installer, alors que Regulus tremblait de la tête aux pieds sous l'émotion qu'il essayait de contenir. Après un moment, il reprit la parole.

« Votre frère a essayé, dit-il.

-Non, il ne l'a pas fait ! coupa Regulus. Il est juste… il est parti ! Depuis qu'il est arrivé à Poudlard, il s'est débarrassé de moi. Sous prétexte que j'étais à Serpentard. C'était la maison ennemie, alors je le devenais, moi aussi. J'avais besoin de lui ! Mais à partir du moment où le Choipeaux a hurlé ma maison, il m'a renié ! Il m'a laissé tout seul face à… face à… face à eux ! »

Draco fronça les sourcils. Eux ?

« Vous parlez de vos camarades ?

-Non ! » cingla Regulus.

Mais Draco entendit aussitôt oui. Il se redressa légèrement dans son siège.

« Regulus, vos camarades de classe sont-ils… d'une manière ou d'une autre… abusifs, avec vous ?

-NON ! »

Le garçon semblait réellement outré qu'il sous-entende ce genre de chose.

« Je n'ai jamais été abusé par personne. C'est juste… Ils m'ignorent. »

Draco leva un sourcil interrogateur. Puis il comprit.

« Forcément, dit-il. Votre frère et sa bande passent leur temps à faire des blagues aux Serpentard… Et comme ils ne pouvaient pas se venger directement sur eux, vous en avez fait les frais, n'est-ce pas ? »

Regulus détourna la tête. La colère était encore présente, dans ses yeux, mais il y avait également du désarroi. Draco jubilait presque d'arriver à le comprendre.

« Les premières années, seulement, dit finalement Regulus. Pendant ma première année, les autres classes n'ont pas cessé de m'humilier et de me rabaisser. J'ai essayé de demander à Sirius d'arrêter ses blagues ou de m'aider… mais il m'a répondu en s'en prenant à moi ! »

Draco resta silencieux. Il y avait des larmes dans les yeux de Regulus alors qu'il parlait.

« Il… il a juste multiplié les occasions et il me prenait comme victime. Les autres ont arrêté de me harceler, mais ils m'ont… ignoré. Ils ont juste décidé de me mettre dans un coin et de ne pas me parler. Pas du tout ! Ils ne m'adressent même pas la parole ! »

Cette fois, Draco inspira profondément.

« Mais il y a bien des élèves de votre maison qui vous parlent, non ? Vous ne passez pas juste votre vie dans le silence, n'est-ce pas ? »

Regulus hocha de la tête. Si, c'était le cas. Il restait juste silencieux comme la pierre à longueur de temps. Ignoré par les Serpentard, rejeté par les Gryffondor pour son appartenance à une maison…

« Et les autres ? Poufsouffle et Serdaigle ? »

Regulus haussa les épaules.

« Certains Serdaigle me parlent… Mais on est pas ami. C'est juste des échanges scolaires. »

Draco se massa le crâne en entendant la révélation de Regulus. Pas étonnant qu'il soit si en colère. Comment pouvait-on supporter un tel isolement ? Continuel, qui plus est. Sans oublier la famille qui exerçait sur lui une pression constante pour qu'il honore « le nom ». Il était une proie parfaite pour Voldemort.

« Vous aviez tord, Regulus, lui dit-il. Plus que n'importe quel élève, vous avez besoin de me voir. »

Le garçon le fixa, toujours avec cette colère explosive. Bien qu'elle soit rendue plus faible par les larmes qui brillaient dans ses yeux.

« Ne vous méprenez pas, lui dit Draco. Si je dis que vous avez besoin de moi, c'est parce que vous avez besoin d'un ami…

-Pitié, ne me faites pas ce coup là. Le gentil psy qui propose son amitié au pauvre gamin délaissé !

-Je ne suis pas gentil, répondit Draco. Et je ne fais pas ça par pitié. En outre, je n'ai jamais dit que c'était moi qui deviendrait votre ami. Bien que je n'ai rien contre ça. »

Regulus le regarda d'un air perplexe.

« Et qui, alors ? » dit-il, énervé.

Draco eut un léger sourire.

« Vous aimez les duels ? » demanda-t-il.

Regulus le regarda comme s'il était mentalement déficient. Quel progrès, vraiment !

oOo

« T'as l'air crevé ! »

Harry eut un sourire à l'attention de James. Il appréciait vraiment le relâchement de son père. Avec Sirius, il était un des rares élèves à le tutoyer, sous sa demande. Remus et quelques autres l'appelaient par son prénom, mais le « tu » était impossible pour eux. James, lui, ne se gênait pas du tout.

« Encore une bataille ? »

Harry hocha de la tête. Une semaine encore et il avait l'impression de n'avoir fait que ça : se battre, encore et encore.

« Je prie chaque soir pour une pause, lui dit Harry. Mais l'autre enfoiré n'est pas motivé à nous laisser tranquille. »

James sourit.

« Et comment vont mes parents ? Tu les as vu ?

-Ils vont bien, répondit Harry. Ta mère s'inquiète pour toi car elle trouve étrange qu'elle n'ait pas reçu de lettre du directeur ou de McGonagall lui disant que tu as fait exploser tout un étage… »

James éclata de rire. Harry se sentit bien en le regardant. Voir rire des élèves lui réchauffait toujours le cœur.

« Comment va Lily ? demanda-t-il, son père cessant de rire.

-Elle s'inquiète, répondit-il, un large sourire aux lèvres. Hier, elle m'a demandé ce que Sirius et moi mijotions pour être aussi calme…

-Et tu as répondu ?

-Qu'elle devrait te consulter pour paranoïa sévère ! »

Harry éclata de rire à son tour.

« Comment a-t-elle réagit ? »

James haussa les épaules.

« Elle a juste semblé sceptique. Je crois qu'elle commence… peut-être, hein ? A m'apprécier un peu. Hier soir, quand on a été mangé, elle s'est assise à côté de moi et… enfin, ça a été. »

Harry hocha de la tête. Il avait remarqué que Lily se rapprochait de James, ce qui était encourageant. Pour lui, comme pour son « patient ».

« Sinon, tu fais quoi, le week-end prochain ? demanda James. Encore des cours pour les élèves et Servi… euh… Snape ?

-Non, répondit Harry. Je suis de garde à Prés-Au-Lard. Tu t'en doutes. Je dois surveiller les charmantes têtes blondes pendant qu'elles galopent dans les rues du village. »

James eu un large sourire ravi.

« Cool ! On s'y croisera, alors ! »

Harry hocha de la tête. James hésita une seconde avant de dire :

« Tu crois que je dois inviter Lily à venir avec nous ? Enfin… Entre ami, hein ? »

Harry soupira.

« Je ne sais pas… Je crois que tu devrais attendre un peu. Peut-être qu'elle te le proposera ? »

James eut une moue douteuse.

« Et si elle ne le fait pas ?

-Et bien, tu auras toute la matinée pour lui demander, répondit Harry. Mais précise que c'est « entre ami », sinon, elle va être méfiante. »

James hocha de la tête.

« Fais-le avec subtilité, cela dit, intervint encore Harry. Sinon, elle sera doublement méfiante ! »

James rit aussitôt.

« Ouais, moi, tu sais, la subtilité… »

Harry roula des yeux. Oui, forcément.

« Tu veux que j'appelle Drake ? »

James hésita, mais il approuva. Harry se leva en riant lui aussi.

oOo

« Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, Drake, dit Harry, en rangeant les différents bancs présents dans sa classe le long des murs.

-Severus et Regulus ont besoin d'un ami tous les deux, répondit aussitôt Draco, le regardant simplement travailler. Alors pourquoi ne pas faire en sorte qu'ils s'entendent ?

-Une amitié forcée n'est pas saine, répondit aussitôt l'autre. Et puis… Qui te dit que Severus sera content que Regulus soit là ? Il risque de croire qu'on se lasse de lui ou qu'on ne le considère plus…

-Comme un élément précieux ? interrompit Draco. Pitié, tu le traites comme un enfant capricieux à qui tu dois céder coûte que coûte. La vie est faite de petite frustration. Tu ne peux pas… toujours faire en sorte de satisfaire Severus !

-Et pourquoi pas ? demanda Harry.

-Parce que sinon il va juste se reposer sur toi uniquement. Et lorsqu'il devra prendre une décision importante, il ne viendra que vers toi. Il a besoin d'un ami extérieur à nous deux… Si tant est qu'il nous voit comme des amis. Pour l'instant, nous sommes toujours à apprivoiser la bête…

-Ne parle pas de Severus ainsi ! »

Harry fit apparaître une série de matelas, ceux-ci faisant bouclier le long des murs et des bancs. Il en plaça également sur le sol, au cas où. Il jeta ensuite un sortilège de protection sur les fenêtres, comme chaque samedi.

« Tu le surprotèges, ce n'est pas bon, répondit Draco. Soit un peu plus…

-Distant ? demanda Harry. Severus a besoin d'une présence adulte. Bon, d'accord, on a juste six ans de plus que lui, mais je ne crois pas que cela soit vraiment important. Il n'a aucune confiance envers les personnes âgées. Et je suis ravi de lui apporter cette confiance. Et puis je te rappelle que notre but, c'est de le rapprocher de nous.

-Je sais, je sais… Sois juste prudent, ok ? »

Harry leva les yeux au ciel. Merde, il avait le droit d'être proche de Severus, non ? Et puis, ils n'étaient pas vraiment proches. Sauf si on considérait le fait de s'échanger des sorts avec violence chaque samedi comme une preuve quelconque d'amitié…

Un coup frappé à la porte interrompit définitivement leur échange.

« Entrez ! » dit Draco, souriant joyeusement.

La porte s'ouvrit sur Severus et Regulus. L'un et l'autre se considéraient avec une sorte de méfiance presque hilarante.

« Vraiment, Drake, tu as eu une magnifique idée ! souffla Harry, tout en s'approchant avec un large sourire de ses élèves. Bonjour Severus. Enchanté de vous rencontrer, Regulus. J'ai beaucoup entendu parler de vous…

-Par mon abruti de frère, je suppose ? demanda aussitôt le garçon, un air haineux sur le visage.

-Euh… Oui, mais je faisais référence à Drake qui n'a pas cessé de dire qu'il voulait vous suspendre par les pieds pour vous fracasser la tête sur le sol afin de vous faire hurler. « Au moins, il dira quelque chose ! », m'a-t-il dit en frappant dans mon pauvre canapé qui n'avait rien demandé… Enfin, bref. Drake, tu vas pouvoir réaliser ton fantasme. Tu l'as invité, tu t'en occupes. Moi, je préfère travailler avec Severus…

-Hein ? fit aussitôt son collègue, l'air offensé. Et pourquoi tu choisis ton partenaire ?

-Parce que j'aime me battre avec Severus, répondit simplement Harry. Il fait des progrès chaque semaine, je veux mesurer ça. Si tu veux, après, je torturais ton nouvel invité. Severus, vous venez ? »

Le concerné hocha de la tête. Il était de nouveau détendu, ce que Harry nota avec satisfaction. Bon, ok, il le flattait peut-être un peu trop… Mais il avait besoin de confiance en lui… Confiance qu'il avait largement dans le domaine des potions, des sortilèges, des duels également… Mais pour ce qui était des relations humaines… Harry sourit intérieurement. Oui, Severus avait besoin d'apprendre à faire confiance. Et même si cela le déstabilisait, Harry voulait qu'il la lui donne entièrement.

« Je lui dois bien ça, vu qu'il m'a sauvé la vie… A la réflexion, ce bâtard a passé son temps à me sauver la vie…Bah, je paierais mes dettes en l'empêchant de se faire tatouer ! »

« Prêt ? demanda-t-il au jeune homme face à lui. Alors on y va ! »

De l'autre côté de la salle, Draco les regarda se saluer puis se mettre en garde avant de s'attaquer sans aucune retenue pour Severus et avec beaucoup de mollesse pour Harry. Toutefois, il remarqua que son collègue y mettait bien plus du sien, depuis quelques semaines. Severus s'améliorait réellement, Harry n'avait pas dit ça juste pour lui faire plaisir… Il sourit tout en se tournant vers Regulus. Ce dernier regardait le duel avec un réel intérêt.

« On peut juste observer, si vous le voulez, dit Draco, ramenant l'attention du garçon sur lui. Mais je te conseille de t'entraîner, si tu veux rattraper son niveau…

-Je n'aime pas les duels. Et je ne vois pas pourquoi vous insistez pour que je vienne. Est-ce que vous comptez faire de moi l'ami de Severus Snape ?

-Et pourquoi pas ? Demanda Draco. Il est brillant, intelligent…

-Asocial et bête noire de mon frère ! S'il y a une personne qui ne voudra jamais être mon ami, c'est bien lui ! Il a été le premier à me maltraiter parce que j'étais le frère de Sirius ! »

Draco grimaça. Merde, il n'avait pas pensé à ça. La partialité incroyable de Severus Snape. Il devrait dire la légendaire partialité… Bah, il adorait les défis, de toute façon !

« Bah, dans ce cas, contentons nous de faire des duels….

-Mais je n'aime pas ça ! protesta encore Regulus.

-M'est égal, coupa Draco. Vous êtes paresseux, Regulus. Un peu de sport vous fera du bien. Vous avez les joues fort rondes, pour un adolescent… Vous visez l'obésité ? »

Aussitôt, le Serpentard se hérissa. Il cédait toujours si facilement à la provocation…

« Je ne suis pas gros ! Ni même enrobé. Je suis mince !

-Si vous le dites…

-Hé ! C'est la vérité ! Je ne suis pas gros ! Vous, vous l'êtes !

-Je suis musclé, nuance, répondit aussitôt Draco, moqueur. Vous ne seriez même pas capable de courir dans les escaliers du château plus de trois étages…

-Si je pourrais ! »

Draco eut aussitôt un léger sourire moqueur.

« Vraiment ? »

Finalement, les duels pourraient attendre… De même qu'une potentielle amitié avec Severus. Il avait trouvé un très bon passe-temps…

A suivre

Alors, on en sait un peu plus sur Regulus et le sale coup que je lui ai réservé dans la vie. J'espère que ce début d'introduction à la vie de Regulus vous plait ! Sur ce… A dans deux semaines, mes petits kangourous !