Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Hello les enfants ! Comment allez-vous ? Je vais parfaitement bien, bien que je sois physiquement épuisée par une longue semaine de travail. Je ne vais d'ailleurs pas tarder à aller me coucher.

Toutefois, il me faut vous annoncer une mauvaise nouvelle. Ma réserve de chapitre a dangereusement baissé (trop), je me dois donc de rallonger le temps de publication qui passe donc à un chapitre par mois. Rassurez-vous toutefois, deux semaines de vacances m'attendent en juillet et j'ai donc l'espoir de pouvoir avancer. En attendant de meilleures nouvelles, je vous souhaite une bonne lecture, vous dis à demain pour ceux qui se pointeront au stand (personne, je sais, mais bon) Maskot où je serais et vous dis à dans un mois, début août !

Ah, tant que j'y pense ! Ceci est actuellement mon chapitre préféré de toute la fic ! Savourez-le !... Bien que vous n'êtes pas obligé de l'aimer, hein ! lolll

Chapitre 17 : Mauvaise surprise

« Vous avez triché !

- Je ne l'ai pas fait, répondit Draco, moqueur.

- Si, vous l'avez fait ! Vous aviez dit que vous ne donneriez pas tout et vous vous êtes battus de toutes vos forces !

- Si j'avais donné toutes mes forces, vous auriez fini au sol en quelques secondes ! »

Assis sur le sol, l'air ennuyé, Harry observait Draco se disputer avec Regulus Black. Très exactement, il regardait Draco se moquer de Regulus Black. A côté de lui, Severus semblait réellement sceptique.

« Comment peut-il croire que Drake a tout donné dans ce duel ? demanda-t-il. C'était évident qu'il s'ennuyait…

- Pas pour Regulus, répondit Harry. Lui essayait de rester debout, donc, il n'a pas vraiment observé les mouvements de Drake. Mais oui, c'était évident qu'il s'ennuyait. »

Severus eut un vague sourire en l'entendant. Il le regarda avec hésitation, retournant ensuite aux hurlements agacés de Regulus et au petit sourire de Drake. Puis il le regarda à nouveau. Harry lui lança un regard interrogateur.

« Oui ? dit-il.

- Hein ? Non, rien, répondit Severus en haussant les épaules. Je me disais, juste… Drake et vous, vous êtes proches, n'est-ce pas ?

- Oui, répondit Harry. Il est comme un frère, pour moi. »

Severus parut surpris.

« Un frère ? dit-il. Je… Enfin, je croyais que vous étiez…

- Non, coupa rapidement Harry, rougissant. Drake et moi sommes juste des amis. Des frères, comme je vous l'ai dit… »

Severus hocha pensivement de la tête. Tous deux furent surpris de constater que la dispute s'était terminée par le départ rageur de Regulus et l'hilarité de Draco.

« Tu devrais avoir honte de l'asticoter ainsi, dit Harry en se relevant, balayant sa robe de sorcier puis tendant négligemment la main à Severus pour l'aider à se relever.

- J'aime ça, répondit Draco, en regardant Severus prendre la main tendue sans hésiter. Et vous, vous faisiez quoi, là ? Vous comptiez les points ?

- Plus ou moins, répondit Harry, amusé. Ah, Severus ! La semaine prochaine, pas de duel. Il y a la sortie à Pré-Au-Lard et je dois aller surveiller. Drake aussi, d'ailleurs…

- Ne me fusille pas ainsi du regard, je m'en rappelle ! »

Harry se contenta de rire. Draco leva les yeux au ciel d'un air agacé alors que Severus esquissait un simple sourire. Cela arrivait de plus en plus souvent, à présent. Étrangement, toujours lorsqu'ils étaient tous les trois.

« Ah, Severus ? demanda Draco, alors que Harry rangeait négligemment la salle. Au sujet de Regulus… il ne vous dérange pas, n'est-ce pas ?

- Non, pas vraiment, répondit l'élève, haussant les épaules. Pourquoi ?

- Pour rien, répondit Draco. Il est un peu seul, alors je l'ai invité… mais je ne vous ai pas demandé votre avis à ce sujet et Ash m'a disputé… Il craignait que sa présence ne vous dérange, du fait qu'il soit… un Black…

- Regulus n'est pas Sirius, répondit Severus avec sérieux. Je l'ai bien vu au fil du temps. »

Draco esquissa un mouvement de la tête en souriant. Combien de Serpentards avaient noté ce détail crucial : Regulus ne ressemblait pas vraiment à son frère. Il avait juste le malheur d'être arrivé après lui et de porter le même nom. Physiquement, il y avait quelques ressemblances. Leurs yeux, leurs cheveux… et leur beauté, aussi. Mais le reste était totalement différent.

« Merci, Severus, dit-il. Regulus a besoin d'un peu de compagnie, il viendra probablement aussi longtemps qu'il supportera mes provocations. Enfin, je vous laisse ! Ash, n'oublie pas la réunion de l'ordre ! »

Harry leva les yeux au ciel. Et après, ils s'étonnaient que le monde magique sache qu'ils faisaient partie d'un groupe soi-disant secret opposé à Voldemort. Foutaise, oui ! Avec Draco, il était étonnant qu'on ne connaisse pas encore leur vrai nom.

« Au nom de Merlin, qui pouvait prévoir qu'il était si bavard ! Quand on était à l'école, il se contentait de me faire des sales coups et d'essayer de me faire renvoyer… Petit bâtard prétentieux ! Je dois encore me venger, pour tout ça, d'ailleurs… Un jour… »

Il marmonnait mille et un mauvais coups contre Draco lorsqu'il remarqua que Severus était toujours là et l'écoutait.

« Alors vous n'étiez pas amis, avant ? » demanda-t-il, en s'asseyant sur un des bancs replacés magiquement.

Harry resta un instant silencieux, hésitant. Draco lui avait expliqué que, sous son air renfermé, Severus était extrêmement curieux.

« Non, nous ne l'étions pas, répondit-il avec un sourire serein sur le visage. En fait, avant, Drake et moi, c'était… Sirius Black et vous ? On se détestait, simplement parce que nous étions… Et bien, Drake Manfred et Ash Promise. Il me haïssait parce que les gens faisaient attention à moi et pas à lui. Et je le détestais parce qu'il traitait mes amis de sangs de bourbes ou de pouilleux. Dès la première année, on a essayé de s'attirer les pires ennuis… Mais on a jamais réussi à se faire renvoyer… En fait, j'ai failli l'être, mais c'était à cause d'un elfe de maison un peu surprotecteur et de deux détraqueurs envoyés par un vieux crapaud sournois… Rien à voir avec Drake.

- Les détraqueurs ? demanda Severus.

- Oui… Je les déteste plus que n'importe quelle créature. Dès l'âge de treize ans, j'y ai été confronté et ça n'a pas été très agréable. Chaque fois qu'ils s'approchaient de moi, j'entendais mes parents mourir… Alors j'ai appris à m'en défendre…

- Vous avez appris à faire un patronus à l'âge de 13 ans ? S'étonna le garçon.

- Est-ce surprenant ? demanda Harry. Vous savez le faire, non ? »

Severus resta silencieux avant de répondre un timide « non » qui étonna Harry.

« Comment, non ? dit-il. C'est impossible ! Enfin… Je veux dire… Vos connaissances en sortilège sont plus qu'honorables. Comment pouvez-vous ne pas…

- Mes souvenirs… J'arrive pas à en trouver un qui soit… assez heureux. »

Harry se tut un instant. Il finit par soupirer et murmura :

« Pourtant, vous en avez sûrement un. Vous ne cherchez pas assez, c'est tout…

- Je cherche ! répliqua Severus. Mais chaque fois que j'en trouve un, je me rappelle qu'il y a plein d'autres mauvaises choses qui y sont liées et… et je perds le fil. »

Harry ne sut pas très bien quoi répondre. Il poussa un soupir en passant une main dans ses cheveux, s'asseyant à son tour sur un des bancs.

« Peut-être que vous devriez vous concentrer sur une personne, plutôt que sur un souvenir. Je sais que techniquement, on doit se concentrer sur un souvenir, mais… Et bien, personnellement, c'est lorsque je pense à mes parents que je parviens le mieux à canaliser ma magie. Bien que maintenant, les choses seraient peut-être différentes… Si je pensais à mes amis… peut-être… »

Il haussa les épaules avec indifférence puis reprit le rangement de la classe.

« Nous verrons ça dans deux semaines, si vous voulez. En attendant, qu'avez-vous prévu de faire, pour le reste de votre week-end ?

- Devoirs, répondit laconiquement Severus.

- Irez-vous à Pré-Au-Lard, la semaine prochaine ? demanda Harry, réellement intéressé.

- Non, je ne crois pas, répondit Severus. Je n'aime pas trop m'y rendre… »

Harry le regarda avec interrogation et Severus soupira.

« Aller à Pré-Au-Lard, c'est m'exposer volontairement aux Gryffondor. Certains d'entre eux aiment m'ennuyer…

- Ah, le groupe de James Potter et Sirius Black… Le premier s'est pourtant calmé, non ? Quant à Sirius, j'y travaille, mais ce n'est pas évident…

- Vous y travaillez ? demanda Severus, surprit.

- Sirius trouve ses blagues drôles, mais je doute fort qu'il apprécierait, si c'était à lui qu'elles étaient faites. J'aimerais lui faire comprendre, mais… il est très obstiné. Enfin, comme je vous l'ai dit, j'y travaille. J'essaye de le faire mûrir…

- Bonne chance, répondit Severus, moqueur.

- Je vais en avoir besoin, c'est sûr. Enfin… Quand on veut, on peut… J'espère que vous pourrez un jour aller à Pré-Au-Lard sans crainte. »

Severus haussa les épaules avec indifférence. Harry se contenta de sourire alors qu'ils sortaient de la salle de classe.

« A dans deux semaines, alors, Severus, lui dit-il. J'ai hâte de voir vos progrès. Vous êtes de mieux en mieux.

- Merci, répondit l'autre. Mais vous êtes toujours très… calme, pendant nos duels.

- De moins en moins, répondit Harry, grimaçant. Vous êtes vicieux… C'est une bonne chose, pour un duel. Bonne fin de journée ! »

Severus hocha de la tête et s'éloigna. Harry le regarda partir puis regagna ses appartements à son tour. Il lui était vraiment agréable de voir ce garçon s'ouvrir petit à petit. Avec de la chance, ils seraient réellement amis avant la fin de l'année.

oOo

« Je ne comprends toujours pas, Sirius, dit Harry, le lundi suivant. Pourquoi cette haine viscérale pour Severus Snape ? Pourquoi… Comment cela a-t-il commencé ?

- Je ne sais pas, répondit Sirius, haussant négligemment les épaules. C'est comme ça, c'est tout. On a commencé Poudlard en même temps et ça… ça a été presque naturel de le détester… Bon, il y a peut-être le fait qu'il était à Serpentard et que je détestais cette maison… James aussi. Et le fait qu'il s'entendait si bien avec Lily Evans n'a sans doute pas aidé, non plus…

- Alors c'est tout ? demanda Harry. Une simple histoire de rivalité amoureuse et de maison différente ? C'est ce qui a motivé six années de haine ridicule ?

- Oh, hé ! Snape n'était pas totalement innocent non plus !

- Parce que tu l'aurais été dans son cas ? Qui a attaqué le premier, dis-moi ? »

Sirius haussa les épaules.

« Je ne sais plus, merde. C'est trop loin maintenant. »

Sirius soupira profondément en regardant ailleurs et Harry eut une grimace. Ils s'entendaient bien, au final, sans doute grâce aux nombreuses révélations de Harry sur son passé. Il ne disait pas tout, bien entendu. Il ne citait aucun nom de lieu ou de personne. Mais Sirius appréciait de savoir que toutes les confidences qu'il faisait avaient une contrepartie.

« Et toi, alors ? Qui a commencé, avec Drake ?

- Lui, répondit Harry, avec assurance. Il a insulté mon meilleur ami lors de notre seconde rencontre. Bien que la première n'ai pas été parfaite non plus, il avait été réellement antipathique. J'aurais pu l'ignorer, s'il n'avait pas ensuite craché sur mon ami… Bref. C'était lui le responsable et j'en ai la preuve par a plus b. Mais toi, tu ne l'as pas pour Severus…

- Mais qui s'en préoccupe, merde ? s'énerva Sirius. Il est juste insupportable. Toujours à fouiner dans la section interdite de l'école, à apprendre des sorts et des potions bizarres…

- Ne confonds pas curiosité et bizarreries, Sirius, lui dit Harry. Dès la première séance avec Severus, Drake a remarqué qu'il était extrêmement curieux. Il est également très intelligent. Tout ce qu'il fait n'est pas forcément mauvais. En outre, je crois savoir que tu as reçu une éducation typique des sangs-purs non ? Et je ne crois pas que ta famille soit tournée vers la magie dite blanche, uniquement ? »

Son patient le regarda d'un air mauvais puis leva les yeux au ciel.

« T'es chiant à avoir raison, dit-il, agacé. D'accord, j'ai sans doute été un peu… un peu… cruel avec Snape. Mais merde, il n'est pas blanc non plus, ok ?

- Il se défend, c'est normal. Qu'attends-tu de lui, qu'il se laisse faire ? Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu t'acharnes, encore et encore ?

- Hé, je me suis pas mal calmé, depuis le début de l'année !

- Et ça n'a rien à voir avec le fait que James refuse de faire des blagues, à présent, n'est-ce pas ? »

Sirius grogna.

« Ouais, ça fait bien chier, ça… Enfin, ça me dérange pas qu'on soit plus calme, hein ! Mais c'est notre dernière année. On devrait en profiter un maximum…

- C'est ce que tu fais, répondit Harry. C'est ta dernière année, en effet. En sortant d'ici, tu vas devoir te lancer dans le monde. Un monde qui est, actuellement, tout sauf sécuritaire. La stupidité et le danger n'ont jamais donné de bons résultats. Tu dois être plus mesuré, Sirius. Je n'ai pas dit… sérieux. Juste mesuré.

- Et tu en sais quelque chose, hein ? demanda le concerné. Eugène a envoyé pas mal de lettre à James, ces dernières semaines. Il a posé des questions, sur toi… Il paraît que tu es un vrai fou dangereux, dehors… »

Harry haussa un sourcil sceptique. Fou dangereux ? Était-ce ainsi que Eugène le voyait ?

« Comment ça ? demanda-t-il.

- Tu te lances dans les combats comme un cinglé. Eugène dit qu'il n'a jamais vu quelqu'un décharger une telle envie de… pas de tuer, parce que tu ne tues pas, mais de neutraliser. Il paraît que tu donnes l'impression que chaque mangemort doit être arrêté coûte que coûte. Et pourtant, tu restes dans les limites du raisonnable, quand tu te bas. Tu n'utilises aucun sortilège interdit… Enfin, sauf quand c'est contre Tu-Sais-Qui… »

Harry haussa un sourcil. Forcément, Eugène avait assisté à sa confrontation. Harry n'avait pas été un modèle de respectabilité, pendant ce duel. Au contraire. Il avait cherché à impressionner Voldemort. Et pour ça, peu importe le type de magie…

« Je me bats, dehors, dit-il. Et si je le fais, c'est pour que ce soit plus sécuritaire pour d'autres personnes. Pour sauver des vies humaines qui sont précieuses. Je… ça n'a pas vraiment de comparaison par rapport à ta maturité, Sirius.

- Non, c'est vrai, répondit le concerné, moqueur. Ça a juste un rapport avec ton problème. »

Harry parut surpris. Son problème ? Il n'avait aucun problème ! Et puis bordel de merde, qu'est-ce que Sirius était en train d'essayer de faire ?

« Tu joues au psy, Sirius ? Demanda-t-il, légèrement agacé.

- Ouais, répondit l'autre. Et visiblement, ça marche. Tu es agacé… Faut pas. Ça se voit que tu as un problème avec notre cher et vénéré mage noir. Tu le hais et c'est tant mieux. Si tu l'aimais, je crois qu'on aurait un sérieux problème, vu le talent que tu as en duel, selon Eugène. Enfin… Je me dis juste qu'il faut être un peu cinglé pour se lancer sans arrêt dans des combats en se foutant totalement de sa vie…

- Je ne me fous pas de ma vie, répondit Harry. Je suis juste… motivé.

- Barjo, répondit Sirius. Eugène dit que Drake doit toujours s'assurer de protéger tes arrières.

-Il est là pour ça. »

La réponse de Harry sembla stupéfier Sirius. Pourtant, c'était la vérité. C'était ainsi qu'ils s'étaient formés, entraînés. Harry attaquait et Draco protégeait. Jusqu'à présent, cela avait bien marché… Et ça continuerait encore, tant qu'ils seraient en vie.

« Il est l'heure, dit Harry, déstabilisé par les phrases de Sirius. La semaine prochaine, j'aimerais que nous parlions de ton frère… Et qu'on éclaircisse un peu ta relation avec Severus.

- J'ai pas de relation avec Snape…

- Tu en as une, que tu le veuilles ou non. A la semaine prochaine, Sirius. »

Le concerné se leva pour quitter la pièce rapidement. Harry soupira en passant une main dans ses cheveux avec nervosité. Avait-il un problème vis-à-vis de Voldemort ? Bien sûr, qu'il en avait un ! Il avait tué toute sa famille… tous ses amis ! Qui n'aurait pas un problème avec le psychopathe qui avait détruit sa vie ? Mais son comportement était-il dangereux ? Draco semblait penser qu'il aurait des ennuis, lorsqu'il gagnerait contre Voldemort, parce qu'il ne voyait pas plus loin que son combat. Il ne s'interrogeait pas sur un après…

Un autre soupir franchit ses lèvres alors qu'il fermait les yeux. C'était difficile. Trop difficile de projeter un après quand on n'était pas sûr d'en avoir un. D'en vouloir un. Vivre sans arrêt, avec tous ces souvenirs… Parfois, il enviait Snape. Le grand. Il avait choisi de ne pas faire ce voyage. De confier son absolution à Draco. Parfois, il rêvait que lui aussi pourrait oublier tout ça…

« Je pourrais peut-être… après… Décider d'effacer toutes ces horreurs de ma mémoire… Mais si je fais ça, je perdrais aussi les bons souvenirs… »

Et ça… il préférait encore mourir plutôt que d'oublier tous les bons moments passés avec Hermione, Ron… Sirius et Remus… Neville, Dean, Seamus, Ginny… L'ensemble des Weasley, en vérité… Harry s'avachit bien plus encore dans son fauteuil. Il finit par basculer vers l'avant, appuyant son front contre son bureau. Tout cela était trop douloureux pour y penser dans l'immédiat. Il le ferait… plus tard !

oOo

L'ambiance du château était relativement différente, lorsqu'une sortie à Pré-Au-Lard était prévue. Toute la semaine, on pouvait sentir l'impatience dans le comportement des élèves survoltés à l'idée de quitter le château. Mais le vendredi soir, cette impatience était à son apogée, ce qui poussait généralement les élèves à être en infraction dans les couloirs une fois le couvre-feu passé. Harry et Draco avaient passé la soirée à distribuer des heures de colle si bien que, le lendemain, ils étaient épuisés.

Installés à la table professorale, ils regardaient les élèves – en pleine forme, ils avaient l'impression d'être nargués par ces sales gosses – manger alors qu'ils peinaient tous les deux à soulever leurs couverts pour manger.

« Longue nuit ? demanda le professeur McGonagall, amusée.

-Vous n'imaginez pas, répondit Harry. Ils étaient déchaînés, hier soir… Et je n'ose même pas imaginer au village… Je sens que nous allons vivre un enfer ! »

La directrice des Gryffondor se contenta d'un sourire compatissant, mais légèrement moqueur également. Elle s'était considérablement détendue en leur présence, leur signifiant ainsi sa confiance, au fil du temps. Harry en était grandement soulager. Même s'il n'avait pas la même relation avec elle que dans son passé, au moins, elle était cordiale.

« Regarde-les, impatients de se jeter dans les rues de Pré-Au-Lard pour faire je ne sais trop quel mauvais coup, marmonna Draco dans sa tasse de café.

- Méfie-toi, tu commences à me rappeler un certain professeur de potion que nous avons eu, se moqua Harry.

- Dépêche-toi de manger et tais-toi ! »

Harry ricana, retournant pourtant à la dégustation de son thé. Il regardait les élèves, mais aussi la Grande Salle décorée pour Halloween.

« Tu sais, dit-il. Je n'aime pas Halloween… »

Draco sursauta pour le regarder.

« Un bonbon ou un sort ? dit-il. Pourquoi ne pas aimer cette fête ? Avec Noël, c'était ma préférée. On peut se déguiser, faire des tas de choses sans être grondé et se goinfrer comme des damnés… Quel est ton… Oh… Oui… Mince… »

Harry le regarda d'un air interrogateur avant de se rendre compte que Halloween était l'anniversaire de la mort de ses parents.

« Oh non, ce n'est pas pour ça que je n'aime pas cette fête, dit-il, amusé. C'est surtout parce que dès le moment où j'ai mis les pieds à l'école… Il y a toujours eu un ou plusieurs évènements liés à Halloween…

- Des évènements ? demanda Draco.

- Et bien… L'attaque d'un troll, d'un serpent géant, d'un prisonnier… Un nom qui sort d'une coupe et j'en passe… J'en suis venu à croire que Halloween était maudite. »

Draco regarda les élèves installés devant lui en fronçant les sourcils.

« J'espère que ce n'est pas le cas, dit-il. Sinon, on va avoir du boulot. »

Harry hocha de la tête. Oui, il espérait aussi que rien ne se passerait, cette fois.

oOo

Il faisait exceptionnellement beau pour un 31 octobre. Pas de pluie ni de vent à l'excès. Harry en était sincèrement reconnaissant au hasard pour cela. Il avait déjà enfilé pas mal d'épaisseurs. Même s'il s'habituait au temps européen, il continuait de grelotter régulièrement. Se promener dans les rues de Pré-Au-Lard restait pourtant agréable, si on effaçait de sa mémoire les mauvais souvenirs liés au village. Mais bon, ça, hein… Il n'y pouvait pas vraiment quelque chose !

Les plus turbulents étaient les élèves de troisième année qui célébraient ainsi leur première sortie dans le village si bien connu. Pourtant, Harry et Draco n'avaient pas tant de choses à faire, car ils étaient si impatients de tout découvrir qu'ils ne se disputaient pas. Les plus âgés étaient les plus dangereux, car ils étaient blasés et ne se laissaient plus avoir par la nouveauté. A la place, ils préféraient profiter du manque de surveillance pour faire des choses impossibles au château.

Le pire était les couples d'amoureux. Harry avait été surpris d'en découvrir un peu partout, tentant de se peloter dans des ruelles, voir de s'envoyer carrément en l'air dans un coin relativement désert.

« Comment peuvent-ils faire ça en plein dans le village ? s'énerva Harry, après avoir arrosé d'eau froide un énième couple occupé.

-C'est un fantasme, expliqua Draco. S'envoyer en l'air dans un endroit peuplé… J'ai adoré mon expérience, personnellement. C'était d'autant plus difficile qu'à cette époque, c'était notre professeur de potion adoré , le surveillant. Et crois-moi, il n'avait pas son pareil pour dénicher les adolescents libidineux ! »

Harry leva les yeux au ciel à cette phrase. Forcément. Draco avait du le faire, vu le pervers qu'il était.

« Je m'étonne chaque jour que tu ne te sois pas envoyé un élève, dit-il, renfrogné. Tu es si… si pervers !

- Oh, pitié, répondit Draco. Comment pourrais-je m'envoyer en l'air avec un élève qui est peut-être un parent d'un de mes amis ? Cette simple idée m'horrifie. »

Harry éclata de rire en l'entendant.

« Allons… Tous ne sont pas destinés à être des parents… Prends…Remus Lupin. Sirius Black… Peter Pettigrow…

- Merlin, essayes-tu de me tuer ? Autant Lupin, passe encore, il a une bonne bouille. Sirius est beau, mais c'est un hétéro pur et dur, je peux te l'assurer… Quant à Pettigrow… Par tous les chaudrons de la terre, comment peux-tu croire que je pourrais coucher avec lui ? »

Harry éclata de rire avant de reprendre, une lueur amusée dans les yeux.

« Severus ? »

Draco trébucha aussitôt.

« Tu es sérieux ? demanda-t-il, tout en fourrant ses mains dans ses poches. Pitié, Ash ! Je ne saurais même pas m'imaginer l'embrasser… C'est comme si tu me demandais si je voulais coucher avec… avec mon père ! Severus a toujours fait partie de ma vie. Il a été là à chaque anniversaire, chaque Noël même ! Il était comme mon oncle !

-D'accord, d'accord, j'ai compris, pas de Severus… Regulus ? »

Cette fois, Draco resta silencieux, ce qui étonna Harry. Avait-il…

« Plutôt crever ! cingla Draco. Ce morveux n'est probablement pas gay ou bisexuel, de toute façon… Non, si je devais me faire quelqu'un, je penserais à… ta mère, peut-être ? »

Harry grogna et lui décocha aussitôt un coup que Draco esquiva difficilement. Foutue agilité de sapajou de merde ! Il avait faillit se faire arracher le bras !

« Je plaisantais ! dit-il, levant les mains en signe de paix. De plus, j'ai comme l'impression qu'elle est… entreprise, je vais dire. »

Harry eut un air interrogateur avant de se tourner vers la direction indiquée par Draco. Il écarquilla les yeux en voyant Lily se promener seule en compagnie de James. Ce dernier avait l'air un peu intimidé, presque maladroit. Quand il les vit, il leur lança un regard angoissé criant clairement « A l'aiiiide ! ». Harry et Draco échangèrent un sourire avant de se diriger vers eux pour les saluer.

« Si ce n'est pas ce cher James, dit Harry, moqueur. Accompagnée de la douce Lily Evans, bien entendu. Vous vous amusez bien ?

-Follement, répondit moqueusement Lily. Sérieusement, je ne crois pas avoir un jour imaginé James Potter être… silencieux comme la mort !

-Je ne suis pas… Bon, si, je ne disais rien, mais toi non plus !

-Que je ne trouve pas quoi te dire est une chose, que tu ne te vantes pas sur toi-même à tout bout de champs en est une autre ! Sérieusement, Potter, es-tu malade depuis le début de l'année ? »

Harry grimaça en voyant l'air offensé de James.

« Certainement, répondit-il avec froideur. Je dois l'être pour être ici en ce moment. Bonne journée ! »

Il tourna les talons et s'éloigna rapidement.

« Outch, dit Harry en grimaçant. Vous venez de le blesser sévèrement, Miss Evans. Je vais parler avec lui. »

Il s'éloigna à son tour, laissant Draco et Lily seuls. Ce dernier eut un léger rire en pensant qu'il pourrait la draguer, juste pour faire enrager Harry. Toutefois, la possibilité qu'il se fasse tuer pour ça était bien trop grande.

« Pourquoi l'a-t-il si mal pris ? » demanda la jeune fille, une moue boudeuse sur les lèvres.

Draco la regarda avec une sorte d'amusement dans les yeux.

« Sérieusement ? dit-il. Vous n'avez pas compris ? »

Au signe négatif de Lily, Draco eut un soupir ennuyé.

« Depuis le début de l'année, James essaye de vous montrer qui il est réellement. Derrière le masque du poltron, il y a un garçon bien plus sérieux que vous ne l'imaginez. Ash lui a conseillé de se montrer à vous… tel qu'il est. Avec sa dose d'humour, mais aussi, son intelligence et sa maturité. Bien que ce dernier point soit encore à améliorer. Et tout ce que vous trouvez à dire c'est « Es-tu malade ? ». Vous lui avez probablement brisé le cœur, le pauvre !

- Bah, je lui brise le cœur depuis la première année, dit Lily, haussant les épaules. Il s'en remettra. »

Draco haussa les épaules. La jeune fille ne semblait pas faire grand cas de James Potter… Comment allaient-ils pouvoir finir ensemble et avoir un enfant dans les trois ans à venir ? Voilà qui restait à comprendre…

Un peu plus loin, Harry avait réussi à rattraper un James furieux qui marchait près de Honeyduck.

« Allons, James, dit-il. Ne le prends pas si mal… Elle ne peut pas comprendre…

- Pas comprendre ? demanda le garçon, furieux. Je fais des efforts pour lui plaire. Je me suis calmé. Je suis devenu si calme que même mes parents sont inquiets et soupçonnent une dépression. Et ce n'est toujours pas assez ! Mais merde, il lui faut quoi pour que je lui plaise ? »

Il poussa un soupir en posant une main lasse sur son front, son dos s'appuyant contre le mur de la boutique de bonbons.

« J'aurais du abandonner depuis longtemps, dit-il. Elle me l'a hurlé des dizaines de fois, qu'elle ne voulait pas de moi ! Et comme un con, je me suis accroché… »

Il secoua la tête, shootant dans un caillou.

« J'abandonne, j'en ai assez, dit-il. Je suis amoureux d'elle et… et elle considère ça comme… comme une merde ! Personne n'a le droit d'être aussi indifférent à l'amour de quelqu'un. Non, c'est pire que de l'indifférence : elle s'en moque. Elle riait quand je lui disais que j'avais des sentiments pour elle. Elle me ridiculisait ! Qu'elle aille au diable ! »

Alors même qu'il donnait un autre coup furieux dans un caillou, une violente explosion eu lieu, quelques mètres plus loin. Harry sursauta en regardant la gerbe de flamme. Brutalement, un flot de cri se fit entendre et il écarquilla les yeux.

« Oh merde, non, dit-il, son visage blêmissant. James, va à Poudlard. Je sais que tu as des moyens de t'y rendre en toute sécurité. Fais-le !

- Mais… Mais Sirius et les autres…

- Je m'en occupe, répondit Harry. Rentre au château ! Préviens Dumbledore, vite ! »

James hocha de la tête et rentra chez Honeyduck avec précipitation. Resté seul devant la boutique, Harry partit en courant vers le centre de l'attaque. Il leva la main et lança le signal d'appel aux Aurors. Il aperçut beaucoup d'autres étincelles similaires alors que de sinistres bruits d'explosion et de cris se faisaient entendre. Quand il arriva enfin au centre de l'attaque, il comprit pourquoi. Il y avait des élèves terrifiés, mais aussi quelques sorciers qui tentaient de stopper un géant manifestement décidé à tout fracasser sur son passage. Sans compter les quinze mangemorts qui couraient ici ou là. Harry regarda partout autour de lui, tentant de repérer quelqu'un qui pourrait l'aider, mais il ne voyait qu'une foule de gens occupés à se sauver en criant.

« Mon dieu », murmura-t-il en voyant un petit de quatrième voler dans les airs avant de s'écraser dans de sinistres craquements sur le sol.

Une froide colère s'empara de lui et il se lança dans la bataille. D'abord, le géant. Ensuite, foi de Potter, il allait faire souffrir tous les mangemorts présents. Et cette fois, ils ne s'en sortiraient pas pour un « manque de preuve » !

oOo

« Et merde ! », jura Draco en s'accroupissant au sol, entraînant une Lily terrifiée avec lui.

La jeune fille semblait terrifiée et pour cause. Devant eux, bien que quelques rues plus loin, un géant s'évertuait à tout casser. Draco jura encore plusieurs fois. Il vit plusieurs élèves qui, en le voyant, coururent vers lui afin d'être protégés. C'était son jour de bol ! Défendre une famille de trois personnes, avec quatre coéquipiers, était déjà difficile. Mais alors plus de trente élèves face à un géant…

« Et des mangemorts », pensa-t-il en voyant ceux-ci surgirent de tous les côtés.

« Bon, écoutez-moi ! Que les élèves les plus âgés entourent les plus jeunes. Mettez-vous en cercle, dos à dos et attaquez toutes personnes mal intentionnées qui s'approcheront de vous. Je vais faire de mon mieux, mais je ne vous promets rien ! »

Autant être honnête, si les élèves ne se défendaient pas seuls, il n'avait aucune chance de tous les sauver. D'autant plus contre un géant. Ce dernier ne semblait pas les avoir vus et se déchaînait contre quelque chose qu'il ne pouvait distinguer. Les mangemorts, par contre, fonçaient droit sur eux.

« N'hésitez pas, dit Draco. Privilégiez les sorts qui pourront les bloquer ou les rendre inconscient. Si les plus jeunes ont des idées, qu'ils ne se gênent pas. Essayez juste de ne pas toucher vos alliés ! Les choses sérieuses sont maintenant ! »

Et sans plus attendre, il se lança dans la bataille, priant pour que les Aurors ou des membres de l'ordre arrivent rapidement.

oOo

Harry savait que contre un géant, il n'y avait pas grand-chose à faire. A moins d'avoir un balai et de le rendre fou en tournant autour de lui. Néanmoins, il avait un avantage : sa forme animagus. Se transformer ne serait pas très judicieux, car sa petite taille le rendrait insignifiant pour le géant. Par contre, il pouvait utiliser certaines particularités qu'il avait travaillé avec Fixe lors de leurs nombreux entraînements. L'une d'elles était de faire ressortir les avantages de leur forme animagus tout en restant humain. Harry ne se gêna donc pas et commença la transformation. Il sentit ses cheveux s'allonger légèrement et sa peau changea vaguement de couleur, mais il garda la même taille et la même morphologie, à l'exception de ses pieds. Bien qu'avec répugnance – il faisait horriblement froid – il détacha sa cape et envoya balader ses chaussures et ses chaussettes. Regarder ses pieds qui avait la forme de main était déstabilisant… mais que ne fallait-il pas faire pour arrêter un géant ?

Un sensation gênante dans son pantalon le fit grimacer et il fourra ses mains à l'intérieur afin d'en sortir sa queue… Sa queue arrière, bien entendu. Heureusement que les villageois étaient trop occupés à paniquer pour remarquer un homme à moitié singe. Poussant un soupir, il regarda autour de lui et grimaça. Le spectacle allait commencer…

Sans attendre, il s'élança. Il possédait à présent une vitesse bien plus remarquable et une agilité qu'aucun humain, pas même un contorsionniste, ne pouvait posséder. Ce n'était pas pour rien qu'il avait développé des muscles impressionnants. Utiliser ses capacités animales, c'était surtout se lancer dans des démonstrations de forces défiant dangereusement sa musculature. Mais les nombreux sports pratiqués pendant six ans l'aidaient grandement. Ça et une potion qui avait rendu ses os légèrement plus… malléables. Il pouvait sans peine se ranger dans une malle s'il le voulait. Mais ça, il n'allait pas le crier sur les toits, histoire de ne pas finir comme Maugrey.

Alors qu'il se retrouvait debout sur le toit d'une maison, il grimaça. Même là, il était encore trop loin du géant. Il voulut lancer un sortilège lorsqu'il avisa Draco, en contrebas. Ce dernier avait organisé les élèves, mais aussi quelques villageois en une posture de défense. Il s'apprêtait à livrer bataille afin de les protéger, mais il ne pouvait rien faire seul.

« Tu vas devoir le faire, pourtant… Je m'occupe du géant. Protège, comme toujours, Draco. »

Sans attendre, il bondit sur le toit suivant. Il devait attirer le géant ailleurs. Loin de Draco et des villageois. Loin du village, s'il le fallait. Sans attendre, il le bombarda de sorts, tout en sautant souplement de toit en toit. Le géant poussa un cri de rage et regarda partout pour enfin le trouver. Harry continua de lancer des sorts tout en courant pour ensuite sauter sur une maison plus loin. La créature n'hésita pas une seconde avant de se lancer à sa poursuite.

« Pauvre crétin ! », pensa-t-il. Bien qu'il se demandait si le crétin, ce n'était pas lui. Il fallait être taré pour tenter de s'occuper d'un géant en combat singulier. Mais Harry avait plus d'un tour dans son sac. Et surtout, il avait des capacités que Fixe avait largement travaillées avec lui !

Même s'il tentait de l'éloigner le plus vite possible du village pour qu'il ne fasse pas trop de dégâts, il échouait lamentablement en se servant des toits comme lieu de promenade. Le géant n'hésitait pas à donner des coups de poings sur les maisons où il se trouvait et Harry n'avait pratiquement que quelques secondes pour bondir en sécurité. Sa queue fouettait l'air derrière lui et elle lui sauva la vie lorsqu'il s'en servit pour s'agripper à une cheminée assez longue alors qu'une boutique de vêtement se faisait détruire. Il grimaça. Il sauvait peut-être des gens en emmenant l'autre saleté loin du village, mais il détruisait en partie celui-ci avant. Bah, mieux valait des bâtiments que des vies !

Sachant qu'en terrain dégagé, ce serait nettement plus difficile, Harry se propulsa dans un champ juste à côté du village. Il se retourna et lança encore une multitude de sort sans hésiter. Ceux-ci ne faisaient que pincer le géant, mais il s'en fichait. Il fallait juste qu'il s'assure que ce foutu géant le suive. Et manifestement, ce dernier était relativement stupide, car il le fit. Harry grogna en commençant à courir. Il savait pourtant qu'il serait rattrapé très rapidement.

« Voilà pourquoi être un guépard aurait été tellement plus simple… »

Sans attendre, il leva la main pour lancer son prochain sort. Ça ne marcherait pas, mais ça ralentirait le géant, le temps qu'il fasse ce qu'il devait faire pour le piéger. Il ne pouvait pas le tuer seul, mais il pouvait l'occuper pour ensuite l'immobiliser totalement.

« Serpentsortia ! »

Le sort fusa devant lui et une vipère apparut. Elle siffla rageusement dans sa direction mais Harry ne s'en préoccupa pas. A la place, il cria :

« Augmento ! »

La vipère doubla de volume, mais elle n'était pas encore assez grande alors il continua de courir vers elle en lançant le sort six fois d'affilé. Enfin, la créature fut assez grande pour stopper le géant qui lui faisait face.

« Attaque-le ! hurla Harry en direction de la créature. Maintenant ! Je te l'ordonne, tu m'entends ? »

Si la vipère l'entendit, elle n'en montra aucun signe. Manifestement, elle avait déjà décidé que le géant était son ennemi, car ce fut sans hésiter qu'elle se lança contre le géant. Ce dernier poussa un rugissement et l'attaqua également. Toutefois, Harry n'avait pas choisi un serpent pour rien. Ce dernier s'enroulait sans hésiter autour du corps du géant, le faisant tomber au sol. Sans hésiter, Harry s'éloigna en courant encore, n'hésitant pas à se mettre à quatre pattes pour aller plus vite. Il n'allait peut-être pas aussi vite qu'un guépard, mais c'était très pratique.

Il fut pourtant obligé de freiner brutalement lorsqu'il tomba nez à nez avec un énorme chien noir qui semblait tenter de fuir. Sur son dos, Remus Lupin tremblait comme une feuille.

« Et merde, grogna Harry en se redressant sur ses pattes arrière. Qu'est-ce que vous foutez là ?

-Ash ? » demanda Remus, stupéfait.

Comprenant que son apparence devait déstabiliser son patient, Harry reprit son aspect humaine.

« Bien sûr, c'est moi, répondit Harry. Écoutez, je n'ai pas le temps. Partez d'ici, vous allez me gêner. »

Sans attendre, il se retourna vers le géant qui luttait toujours contre sa vipère. Ils étaient encore trop près du village, mais il devrait se contenter de cet espace.

« Ash, qu'est-ce que vous allez… Oh mon dieu ! »

Remus avait écarquillé les yeux alors que le chien – Sirius, à n'en pas douter – jappait d'effroi. Sans hésiter, Harry venait de couper vivement son poignet, un flot de sang s'en échappant.

« Partez d'ici ! cria Harry. Maintenant ! »

Puis il se mit à courir à nouveau, mais en cercle cette fois, récitant des paroles qu'il bénissait. Il avait fortement protesté contre Fixe, lorsqu'elle lui avait appris les pentacles et les nombreuses formules magiques qui allaient avec. Celles-ci étaient longues, compliquées et difficile à retenir. Cela lui avait pris des mois pour les apprendre par cœur. Sans compter que la pratique était épuisante.

« Avec un pentacle de cette taille, je vais sans doute me retrouver sans magie pendant quelques jours… espérons qu'il n'y aura pas trop d'attaque… »

Il avait parfaitement conscience que les maraudeurs présents sur place s'étaient éloignés tout en s'assurant de rester assez près pour le regarder faire. Il ne savait pas comment les faire dégager, mais il n'avait pas le choix de s'occuper de ça plus tard. Continuant de courir, il surveillait d'un coin de l'œil le combat titanesque de la vipère et du géant. Malheureusement, sa créature était en train de perdre. Il entendait ses sifflements de douleur, presque d'agonie. Foutu géant sanguinaire. Il fallait qu'il finisse de dessiner au moins les écritures. Les cercles et l'étoile étaient déjà faits, mais il manquait l'écriture, ce qui donnait tout son pouvoir au pentacle. Il était d'autant plus facile à faire qu'il se servait de son sang comme encre. Mais cela lui donnerait une force colossale…

« Sauf si je crève d'une hémorragie avant ! »

Il sentait le sol bouger sous ses pieds de plus en plus instables. Et ces mouvements n'étaient pas dus qu'au combat titanesque un peu plus loin. Quand il s'aperçut que les sifflements s'étaient tus, il jura. Il ne lui restait plus qu'un mot… Se hâtant, il l'inscrivit à la va-vite dans le cercle. C'était macabre. Il avait dessiné un cercle de seulement dix mètres de diamètre, mais c'était le mieux qu'il puisse faire avec son sang, sans se tuer dans la manœuvre. Et puis un pentacle assez puissant, peu importe sa taille, pouvait bloquer un géant.

Se retournant, il lança un sort sur le géant qui s'apprêtait à retourner au village. Sa force magique était déjà bien amoindrie et il tremblait de tout son corps. Il ne pouvait pas reprendre sa forme mi-humaine mi-singe ou il n'aurait pas assez de force pour enclencher le pentacle. Aussi dût-il prendre ses jambes à son cou dès que le géant se tourna vers lui. Ce dernier courut aussitôt dans sa direction. Harry finit par s'arrêter et se retourner.

« J'espère qu'aucun mangemort ne viendra ici… Sinon, je ne pourrais pas me défendre. Je compte sur toi, Draco… »

Et sans hésiter, alors que le géant levait le pied et qu'il le posait finalement sur le pentacle, il hurla :

« Leo ! »

Aussitôt, il sentit sa magie être drainée hors de son corps. Un hurlement sortit de sa bouche alors qu'un rugissement se faisait entendre. Celui d'un lion céleste furieux. Harry aurait adoré le spectacle de la forme spectrale descendant du ciel pour ensuite entourer le géant, le plaquer au sol, les crocs de lumière enfoncés dans sa gorge alors que les monstrueuses pattes bloquaient chacun de ses membres, les griffes s'enfonçant presque dans la terre pour l'empêcher de se dégager. Le géant criait, tentait de se libérer. Mais la magie du pentacle durerait trois jours. C'était la particularité que Harry lui avait donnée et c'était ça, en plus de sa taille colossale, qui avait pompé toute sa magie.

Oui, Harry aurait adoré voir ça. Car c'était magnifique. Un peu plus loin, assis sur le dos de Sirius, Remus avait écarquillé les yeux devant tant de splendeur magique. Le lion était fait d'une poussière d'or mirifique. Et il était gigantesque. Majestueux. Un mouvement sous lui le fit sursauter et il se retrouva assis sur le dos d'un Sirius humain.

« Lunard, tu es lourd ! dit-il.

-Oh, désolé, répondit le lycanthrope en se bougeant. Bon sang, Sirius, c'est magnifique…

-Magnifique et incroyable, répondit le concerné. Par Merlin tout puissant, il vient d'invoquer l'esprit d'une constellation ! Il a fait le pentacle du lion ! Et où est-il, d'ailleurs ?

-Là, désigna Remus. Couché au sol… »

Sirius suivit la direction indiquée. Ash Promise était inconscient sur le sol, le visage blême.

« Merde, sa blessure ! » cria Sirius.

Il partit rapidement en courant vers son psychologue attitré. Sans hésiter, il s'agenouilla près de lui, suivi de Remus. Il se saisit du poignet blessé et regarda son ami.

« Tu connais un sort pour… ? »

Remus hocha de la tête et lança le seul sort de soin qu'il connaissait. Il avait dû l'apprendre pour se le lancer, lorsqu'il en était capable, les lendemains de transformation. Le sortilège de coagulation accélérée. Ce dernier eut le mérite de définitivement stopper le saignement. Mais leur psychologue demeura inconscient.

« Bon dieu, murmura Remus, en le regardant. Il est vivant… Je ne pensais pas qu'il était possible de faire une chose pareille et de rester en vie ! »

Sirius acquiesça. Eugène avait raison, lorsqu'il parlait de la motivation presque suicidaire de Ash Promise. Il suffisait de regarder le lion d'or qui maintenait le géant au sol pour le constater.

Des pops se firent entendre et ils sursautèrent en voyant plusieurs sorciers apparaître auprès d'eux. C'était des Aurors. Mais il y avait également Albus Dumbledore, ce qui les soulagea.

« Directeur ! appela Remus, attirant ainsi l'attention de ce dernier.

-Messieurs Black et Lupin », dit-il, se dirigeant d'un pas rapide vers eux.

Il avisa la forme inconsciente près d'eux et jeta un coup d'œil stupéfait vers le pentacle au sol qui entourait le pied du géant.

« C'est lui n'est-ce pas ? Qui a fait ça… »

Remus hocha de la tête.

« Il a utilisé son sang pour le faire, indiqua-t-il. Je crois qu'il… devrait vraiment aller à l'infirmerie. »

Le directeur hocha de la tête, une lueur de fierté dans les yeux. Un des Aurors s'approcha d'eux, tremblant légèrement.

« Mais bordel, qui est ce type ? dit-il. Comment peut-il invoquer une telle chose ? »

Dumbledore ne répondit pas alors qu'il se penchait pour soulever dans ses bras le corps d'un de ses psychologues.

« Peu importe qui il est, Messieurs, dit-il. Il vient probablement d'empêcher un des pires massacres de l'année. Je vous laisse vous occuper du géant. Moi, je le ramène à l'école. Il a besoin de soins d'urgence …

-Nous allons devoir l'interroger, lorsqu'il sera réveillé, prévint l'Auror.

-Et je suis sûr qu'il en sera ravi. Vous n'aurez qu'à venir à Poudlard le moment venu. »

Et sans attendre, il s'éloigna avec sa charge, non sans avoir ordonné à un Sirius et un Remus encore stupéfait de le suivre.

oOo

Draco fut réellement soulagé de voir le géant s'éloigner en poussant des cris de rage, même s'il craignait la raison de son attention. Quelque chose lui disait que Harry était derrière tout ça. Pourtant, il n'avait pas le temps de se préoccuper de son partenaire. Du reste, il lui faisait confiance pour rester en vie. Enfin, il avait confiance en sa motivation à tuer Voldemort… Harry ne pourrait mourir en paix tant qu'il n'aurait pas mis un terme à la vie de ce salaud.

Bien que toujours angoissé quant à l'idée stupide qu'avait sans doute eue l'ancien Gryffondor, Draco se concentra sur son problème actuel. Soit les mangemorts qui les entouraient et lançaient vers eux des sortilèges plus que dangereux. Certains élèves avaient déjà été touchés et Draco désespérait de pouvoir les sauver. Il tentait de ne pas se laisse distraire par leurs cris de peur et de douleur, mais ce n'était pas évident, car il savait qu'ils étaient tous sous sa responsabilité. Quel ne fut pas son soulagement lorsque Caradoc apparut à ses côtés. Ce dernier parut un instant déstabilisé, mais il se reprit vite et se lança dans la bataille à son tour. Quelques secondes plus tard, se furent les frères Prewett qui apparurent et se mirent à se battre aussitôt. Sarah Bones et Eugène Potter les rejoignirent la minute suivante et Draco se sentit pousser des ailes.

Bien que toujours en nombre inférieur, ils étaient tous forts et habitués à se battre ensemble à présent. Draco n'hésita pas une seconde avant de se tourner vers les élèves pour leur lancer différents sorts de soin qu'il avait appris au Sahara. Leurs cris se turent enfin et sa formation de défense avait totalement été détruite. Les élèves étaient à présent regroupés ensembles, collés les uns aux autres alors que l'ordre les entourait pour les défendre. Seul Draco s'était éloigné du combat pour les soigner vite fait. C'était des soins mineurs, en attendant de faire mieux, mais il devait continuer de se battre. C'était son intention, en tout cas, jusqu'à ce qu'il remarque trois mangemorts un peu plus loin qui s'engouffraient dans une allée transversale.

« Fabian, cria-t-il. Occupez-vous d'eux, je dois m'occuper d'autre chose ! »

Sans hésiter, il partit en courant. L'ordre pourrait régler ça. Il n'y avait déjà plus que huit mangemorts capables de se battre. Certains avaient déjà transplané. Pour aller chercher des secours ou pour se sauver, Draco s'en fichait. Il voulait juste rattraper les autres. Ce furent les hurlements de douleur qui le renseignèrent. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il reconnut l'élève qui était torturé.

D'un mouvement de la main, il en envoya balader un contre un mur d'un expelliarmus. Le doloris lancé contre Regulus s'arrêta aussitôt. Les deux mangemorts restant se tournèrent alors vers Draco.

« Putain, c'est un des deux psys ! »

Aussitôt, les sorts fusèrent contre lui. Draco n'hésita pas une seconde et se débarrassa de l'un d'eux facilement. Malheureusement, le dernier était extrêmement agile et doué. Draco n'avait plus lutté avec difficulté contre un seul mangemort depuis longtemps, ce qui lui mit la puce à l'oreille. Qui que soit son adversaire, il était doué. Et motivé ! Draco serra les dents alors qu'il recevait un sortilège de découpe sur l'épaule. Heureusement, celui-là n'était pas empoisonné !

« Tu commences à m'emmerder, qui que tu sois, siffla-t-il.

-Tu m'en vois navrée », répondit une voix de femme qui le fit frémir.

Et quand elle éclata de rire, Draco sentit un frisson d'effroi lui traverser le dos. Il connaissait ce rire monstrueux. Cette salope de Bellatrix. Elle était venue le torturer très souvent dans sa cellule.

« Pauvre connasse ! » cria-t-il, se lançant dans le combat avec une rage multipliée par une rancœur personnelle.

Il se souvenait encore trop bien des douleurs qu'elle avait engendrées dans son corps. De ses ricanements alors qu'il gémissait au sol, couché dans ses propres excréments et dans son sang. L'augmentation de sa vitesse en sortilège sembla déranger Bellatrix qui esquivait plus difficilement. Mais Draco n'avait aucune pitié. Pourtant, ils stoppèrent tout combat lorsqu'un flash de lumière dorée surgit, à deux kilomètres du village. Draco entendit un rugissement animal qui le fit frémir. Il l'avait déjà entendu, ce son… Quatre ans auparavant, lorsqu'ils s'entraînaient aux pentacles… Il n'avait jamais été capable d'invoquer Leo, contrairement à Harry. Il avait plus d'affinité avec Gemini, qui était son signe… Ou encore Cancer, Virgo, Scorpius… Scorpius semblait beaucoup l'aimer, d'ailleurs…

Il se reprit pourtant rapidement. Quelle que soit la raison de l'apparition de Leo, Draco savait que Harry était en sécurité. Aucun ennemi ne pouvait échapper au lion, il le savait pour l'avoir testé et être resté plaqué au sol plus de quatre heures. Il se tourna vers Bellatrix et grimaça en croisant le regard terrifié de Regulus. L'autre salope avait profité de son égarement pour se tirer, emmenant avec elle les deux autres raclures. Il souffla avec dépit.

« Je te butterais un jour, sale pétasse, compte sur moi ! »

Sur cette pensée, il se dirigea vers son élève qui tremblait encore au sol et s'agenouilla auprès de lui.

« Regulus ? appela-t-il, reconnaissant les signes de la terreur dans son regard. Vous allez bien ? Regulus ? »

Le concerné leva deux yeux terrifiés vers lui et secoua la tête de droite à gauche. Il était secoué de petits spasmes de terreur qui ne surprenaient pas Draco. Aussi coléreux qu'était le garçon, il n'avait probablement jamais été exposé à une telle violence. Il poussa un soupir et hésita quelques secondes avant de tendre les bras vers lui pour l'attraper. Regulus sursauta et voulut s'éloigner, mais Draco le rapprocha pour le serrer contre lui.

« C'est terminé, lui dit-il, alors qu'il percevait plusieurs pops significatifs. Les Aurors sont arrivés et je ne doute pas un instant que les mangemorts sont déjà mis en déroute. Le géant, quant à lui… Et bien, je pense qu'il est immobilisé, maintenant. Tout va bien, d'accord ? »

Il sentit Regulus hocher de la tête contre lui et voulut s'écarter, mais quand il fit un mouvement, le garçon l'enserra à son tour, le serrant de toutes ses forces.

« Merci, murmura le Serpentard. Merci beaucoup. »

Draco gigota, mal à l'aise. Ce genre de scène était pour Harry. Il ne savait pas quoi faire lorsqu'il s'agissait de marque d'affection. Il était plus doué pour la séduction, le jeu… la provocation. Pourtant, il reprit l'étreinte, avec un peu de maladresse quand même, et caressa les cheveux doux de l'adolescent.

« C'est normal, répondit-il. Tout va bien, maintenant, Regulus, n'aie pas peur… Tout va bien… »

Un sanglot le surprit et il comprit enfin pourquoi son patient l'empêchait de s'éloigner. Il devait sans doute pleurer depuis un moment. Et Merlin savait que ce serait humiliant d'être vu ainsi. Sans hésiter, Draco se déplaça légèrement pour s'appuyer contre le mur d'une maison. Il vit des gens courir devant eux, pressés de se rendre utile ou de voir ce qu'il restait de leur maison… Mais personne ne s'arrêta près d'eux et il en fut content, alors qu'il caressait la tête de Regulus pelotonné dans ses bras. Il le sentait pleurer contre lui, mais il ne prononça pas le moindre mot.

Après un long moment, il vit Lily Evans s'approcher d'eux d'un pas maladroit et hésitant. La jeune fille était ébouriffée et une blessure suintait sur sa joue. Ce n'était rien de grave, pourtant, juste une entaille.

« Monsieur ? Est-ce que… »

Elle se tut en avisant Regulus blottit contre lui. Draco sourit. Le garçon s'était tendu en entendant Lily.

« Tout va bien, répondit Draco. Il s'est endormi, je n'ai pas envie de le réveiller. »

Regulus se détendit en l'entendant et Draco se retint de rire.

« Il a été attaqué, mais il va bien. Pourrais-tu prévenir le professeur Dearborn que je rentre au château ? Je vais l'amener là…

-En vérité, le professeur Dearborn vous cherche… ainsi que les frères Prewett. Eugène Potter est parti en catastrophe avec des Aurors… Il… Il semblerait que sa maison ait été attaquée par des mangemorts. »

Draco sursauta en entendant cela.

« Pas de panique, pensa-t-il. Eugène était ici, tout va… »

Il se figea. Eugène était là, mais pas sa femme.

« Bordel, ragea-t-il. Merde ! »

Il voulut se redresser, mais Regulus se cramponna à lui et il fut contraint de rester au sol.

« Va chercher Caradoc. Dépêche ! »

Si Lily fut surprise de sa façon de parler, elle obéit malgré tout. Resté seul avec son élève, Draco soupira.

« Regulus, tout va bien, d'accord ? Elle est partie. »

Le garçon ne répondit pas. Il restait accroché à lui, tendu. Manifestement, il cherchait quelque chose à dire.

« Tu n'as pas à être gêné vis-à-vis de moi, Regulus, dit Draco, lui caressant le dos. Que tu pleures après une expérience traumatisante est tout à fait normal. J'en aurais fait de même à ton âge. Non, j'ai fait de même à ton âge. Alors ne t'inquiète pas, d'accord ? Aucune honte à avoir d'avoir pleuré et encore moins de t'être accroché à moi. S'il n'y avait pas en ce moment un énorme problème, sache que je serais resté contre ce mur avec toi encore longtemps. Et je ne t'aurais pas lâché jusqu'à Poudlard, afin de m'assurer que tu vas bien, mais… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Caradoc courait vers lui en compagnie de Lily. Draco le regarda, les lèvres serrées. Il continuait de caresser la tête de Regulus avec nervosité.

« Dis-moi, implora-t-il en regardant le professeur de défense. Caradoc, dis-moi que Phils Potter va bien. »

A l'expression de Caradoc, Draco comprit que non et il resserra presque douloureusement son étreinte sur Regulus qui feintait de dormir.

« Ash est au courant ? demanda-t-il.

-Je ne sais pas, répondit l'autre. Je ne sais pas où il est…

-Et James ? Est-il…

-Non, pas encore, répondit Caradoc. Le professeur Dumbledore n'en a pas encore été informé non plus. Eugène a été averti qu'une attaque avait eu lieue sur sa maison lorsque les Aurors sont arrivés ici… On venait de mettre hors d'état les mangemorts et on s'occupait des élèves encore blessés lorsqu'il a été informé… »

Draco ferma les yeux en soupirant. Harry n'allait pas aimer ça. Il allait être furieux d'avoir été si facilement distrait par Voldemort. Car c'était ça. Ce foutu mage noir avait lancé une attaque contre Prés-Au-Lard afin de distraire l'ordre pour attaquer les Potter. Il n'avait probablement pas prévu qu'Eugène serait à Prés-Au-Lard. Mais il avait eu Phils… La grand-mère de Harry… Il n'avait même pas eu le temps d'apprendre à la connaître. Encore une mort que son ami allait se reprocher vertement. Il poussa un soupir en se laissant aller contre le mur. Après un moment, pourtant, il bougea et sans se préoccuper de la tension de Regulus, il le déplaça pour le prendre convenablement dans ses bras avant de se redresser.

« Et ici ? demanda-t-il. Comment on s'en sort ?

-Beaucoup de maisons détruites, mais aucune perte humaine. Le géant aurait pu faire un massacre, mais un gros lion doré l'a arrêté…

-Leo, répondit Draco. C'est Ash qui a fait ça… C'est le pentacle de Leo… Bordel, il a sans doute vidé toutes ses réserves de magie avec ça… Je vais là-bas… »

Il commença à marcher lorsque Caradoc l'arrêta.

« Tu veux que je prenne Regulus ? »

Draco baissa la tête pour regarder l'élève qu'il tenait contre lui. La main de ce dernier était serrée sur sa cape et il le regardait avec tellement d'angoisse que Draco finit par hocher négativement de la tête.

« Non, je m'en occupe, dit-il. Merci, Caradoc. »

Et sans attendre, il transplana.

A suivre…

Sur ce, à dans un mois mes petits rennes et Bonnes Vacances !