Auteur : Umbre77
Titre : La magie d'une fleur
Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !
Note de l'auteur : Et rebonjour (enfin, soir) à tous! Si ça, ça ne fait pas un sacré bail! Un mois et 1 semaines que je n'ai plus publié. Personne n'a crié au meurtre suite à mon retard alors j'étais tentée de faire la morte encore un mois, mais je me suis dit que ce serait injuste! Ainsi, me voilà avec ce nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira!
Ce n'est pas mon préféré...En fait, le précédent continue d'avoir la palme, pour l'instant. J'ai un peu avancé dans la programmation des chapitres suivants et je dois dire que l'un deux - programmé, cela veut dire pas encore écrit - promet!
Enfin, sur ce, je voulais remercié de tous mon coeur les personnes venues à la Japan Expo. Je me suis montrée un peu timide, contrairement aux autres années. Je ne sais pas pourquoi j'ai été soudainement si intimidé alors que je ne l'étais pas du tout les autres années... Enfin, soit, MERCI à vous d'être venu me dire bonjour.
Sur ce... Je vous dis à dans deux semaines pour Alpha, à un mois pour MF! loll
Chapitre 18 : Deuil
Un lit était de loin ce qu'il préférait au monde. Il n'y avait rien de plus confortable sur terre. Il adorait être couché et dormir. Ou simplement rêvasser. Si être étendu pouvait être un métier, il aurait signé son contrat depuis sa naissance. Il était un fainéant et il assumait pleinement cet état de fait. Du reste, lorsque toutes les personnes vous entourant vous ignoraient, rester coucher était tout à fait acceptable. Il n'avait pas d'ami avec qui courir dans les couloirs de l'école, personne pour faire du Quidditch avec lui, personne pour simplement s'asseoir dans un fauteuil et discuter.
Cela faisait cinq ans, presque six, que Regulus Black maintenait autour de lui une bulle de silence douloureuse. Les premières années, il en avait pleuré de désespoir. Il avait cru que, d'une manière ou d'une autre, il avait mérité ça. Parce que sa mère ne cessait de lui dire qu'il n'était jamais assez bien, que son père l'ignorait et que son frère manifestait envers lui une sorte de colère injustifiée, il avait cru que peut-être, il était naturel qu'on ne l'aime pas et qu'on l'isole.
Mais en grandissant, Regulus avait développé une rage forte envers les autres. Envers toutes ces personnes qui se moquaient de lui ou l'ignoraient. Envers Sirius qui multipliait les occasions de l'humilier. Envers ses professeurs qui n'intervenaient pas… Et surtout, envers ses parents qui se conformaient dans un style de vie passéiste basé sur la pureté du sang. Oh, il était attaché à son sang pur. Mais uniquement parce que cela lui donnait un léger sentiment de supériorité vis-à-vis des sangs-de-bourbes auquel il se raccrochait, pour ne pas sombrer totalement. Il ne valait peut-être rien, mais au moins, il valait mieux qu'eux.
Outre ce silence gênant, ce sentiment de rage, de supériorité et ce désespoir lié à l'isolement ou le mépris, Regulus avait développé une honte secrète qu'il tentait par-dessus tout de cacher aux autres : il aimait les hommes. C'était quelque chose qu'il gardait enfouit, tout au fond de lui. Il n'avait pas compris tout de suite. Au début, il s'était étonné des commentaires de ses camarades sur les seins des filles, sur leurs courbes, sur l'envie qu'ils avaient qu'elles se couchent avec eux pour s'envoyer en l'air. Il les écoutait, les méprisant pour leurs envies bestiales… Sans s'étonner de ne pas en ressentir pour les filles.
Puis, il avait commencé à détailler les hommes. A regarder leurs fesses. Leurs torses nus, lorsqu'il les croisait dans les douches. Mais il se disait que c'était pour comparer. Qu'il s'assurait juste qu'il était bien fait… Il n'était attiré par aucun d'entre eux. Il les haïssait trop, pour ça. Jusqu'à ce qu'il voit Drake Manfred, le jour de la rentrée. Regulus avait senti son cœur accélérer brutalement et sa respiration se couper. L'homme était magnifique. La peau dorée, un corps long, élancé et musclé… Et des yeux perçants, presque pénétrant. Il ressemblait à un aigle. Sauf que ses cheveux étaient d'une couleur bizarre. Et qu'il avait ce tatouage ridicule sur la gorge. Bien qu'il aurait adoré le caresser du bout de la langue. Suivre les aiguilles et ses lettres mystérieuses, ces D et M…
Mais voilà… Si sa mère apprenait qu'il était gay, il était certain de se faire tuer. Littéralement. Wilburga Black avait une idée bien précise de ce qu'on devait faire aux homosexuels. Alors, parce qu'il ne voulait pas décevoir plus encore sa mère, il méprisa Drake Manfred de toute son âme. Il fut furieux en apprenant qu'il était son psychologue. Furieux de n'être qu'à ses yeux un morveux qu'il devait voir en consultation.
Pour se prouver que Drake Manfred était un minable, il l'attaqua sur le plan des connaissances et de l'éducation. Grave erreur. L'homme lui prouva qu'il avait une intelligence remarquable et, en plus de cela, il était un sang pur, appartenant manifestement à la noblesse. Il l'avait donc écrasé de son intellect remarquable… Et Regulus avait senti avec horreur son désir pour lui grandir, ce qui l'avait rendu encore plus furieux.
C'est la raison pour laquelle il refusait d'adresser la parole à l'homme pendant le premier mois. Hors de question de se livrer à lui. Hors de question de se rapprocher de lui… Il ne voulait pas donner à Drake Manfred plus d'importance qu'il n'en avait déjà. Le fait qu'il se masturbe régulièrement en pensant à lui était déjà assez humiliant ainsi. Pourtant, il avait fini par parler. Incapable de simplement résister aux demandes répétées d'un homme qui l'attirait encore et encore. Il avait juste tout déballé. Concernant son isolement, en tout cas. Il n'avait pas parlé de sa mère, ni de sa rancœur pour son frère ou encore… de son attirance pour son psychologue si mystérieux.
Puis il y avait eu la proposition de se voir le samedi pour des duels. Il aurait pu refuser et juste passer un autre jour dans sa bulle de silence. Mais voilà, il n'en pouvait plus, de cette bulle. Elle l'étouffait, l'empoisonnait. Il avait besoin de respirer, d'entendre des gens lui parler… Et même si cela constituait à se disputer avec Drake Manfred, c'était mieux que rien. Surtout si cela constituait à se disputer avec Drake Manfred, en fait.
Pourtant, rien ne l'avait préparé à l'attaque de Prés-Au-Lard. Regulus ne savait pas ce qu'il devait penser de Voldemort. Il était assez d'accord avec ses idées. Assez d'accord avec l'importance des privilèges… mais les rumeurs concernant le mage noir ne l'enchantaient guère. La possibilité de servir un homme fou ne le tentait pas. Certains disaient qu'il était un génie et un sauveur. D'autres un fou et un tueur. Regulus ne savait qui croire. Mais une part de lui voulait juste suivre aveuglément l'opinion de Drake. Car il le trouvait séduisant et attirant. Mais quand il le vit se battre. Quand il le vit courir pour le sauver alors qu'il souffrait mille morts… quand il le vit propulser son persécuteur loin de lui pour ensuite affronter les deux autres avec aplomb… Regulus comprit qu'il ne pourrait jamais plus s'opposer à Drake Manfred.
Et ce jour là, il trouva plus confortable que son lit. Les bras de son psychologue étaient l'endroit le plus chaleureux, le plus doux et agréable du monde. Et il espérait bien ne plus jamais les quitter… Malheureusement, il avait bien dû en descendre, lorsqu'ils étaient apparut près de Leo. Regulus avait été subjugué par la beauté de la créature maintenant de force le géant au sol. Ce dernier avait été endormi par plusieurs sortilèges et ronflait bruyamment sur le sol.
Malgré lui, presque nerveusement, Regulus avait attrapé la manche de son psychologue et ne l'avait pas lâché avant leur retour à Poudlard. Il avait soigneusement écouté les conversations entre les Aurors et Drake, retenant les informations principales.
« Vous êtes un ami de Ash Promise, n'est-ce pas ?, avait demandé un des Aurors. Pouvez-vous me dire comment nous pouvons enlever cette… chose ?
- Vous ne pouvez pas, répondit Drake. Pas tant que la magie placée dans le pentacle ne se sera pas dissoute. Ash a probablement inscrit dans le cercle une formule. C'est elle qui va vous indiquer combien de temps Leo va rester. »
L'Auror avait parut sceptique. Il s'en était approché prudemment. Le lion d'or ne l'avait même pas regardé.
« Ne touchez pas le pentacle, intervint Drake. Sauf si vous désirez vous retrouver comme le géant… »
L'Auror avait acquiescé avant de lire lentement les inscriptions latines.
« Trois jours, dit-il finalement. Il va rester là trois jours… »
Beaucoup d'Aurors avaient soupiré : ils allaient devoir le surveiller 24h sur 24, afin de s'assurer que le géant ne s'enfuyait pas.
« Et vous faites ça souvent ? Invoquer des constellations ? »
Drake regarda la personne qui l'avait interrogé avec moquerie.
« Tous les matins, ce sont elles qui nous servent le petit déjeuner… »
Il leva les yeux au ciel.
« Extrêmement rare, dit-il finalement. Si Ash a invoqué Leo, c'est parce qu'il savait qu'il pourrait immobiliser ce foutu géant. Seul contre une telle créature, il n'avait aucune chance. Il valait mieux faire appel à quelqu'un de plus puissant… Même si je suppose qu'il va rester inconscient pendant au moins trois jours, maintenant…
- Inconscient pendant… vous voulez dire qu'il continue d'alimenter cette chose ?
- Non, je veux dire que Leo lui a pris sa magie et qu'il ne lui rendra que lorsqu'il disparaîtra. Donc, dans trois jours. Vous ne croyez tout de même pas qu'un sorcier normal peut invoquer quelque chose d'aussi énorme sans en payer le prix ? »
Un des Aurors sembla sceptique un long moment avant de demander :
« Mais ne peut-on pas invoquer des constellations dans des duels ?
- Si, on peut, répondit Drake. Mais Ash lui a donné une taille relativement grande, pour que Leo puisse maintenir le géant au sol. Sans oublier qu'il lui a ordonné de rester là trois jours. Lors d'un duel, une constellation est appelée pendant quoi ? Une minute ? Il y a une sacrée différence ! »
Les Aurors hochèrent de la tête tout en s'éloignant d'un pas pensifs, les yeux fixés sur l'immense créature.
Après cela, ils étaient rentrés à Poudlard, dans un silence relatif. Drake l'avait serré contre lui pour transplaner à la limite du bouclier anti-transplanage, ce que Regulus avait beaucoup apprécié, bien qu'il ait feinté l'agacement à la perfection. Pourtant, il y avait mis bien moins de force. Comment pouvait-il encore feinter le mépris alors qu'il lui avait sauvé la vie ? A présent, il serait bien obligé d'être aimable avec lui et cela n'allait pas être facile. Plus que tout, Regulus redoutait d'être proche de Drake Manfred. Car une relation entre eux risquait d'augmenter son attraction. Pour ne pas dire ses sentiments !
Avec beaucoup d'agacement, Regulus se retourna dans son lit. Le lendemain, il avait son rendez-vous habituel et il ne savait pas comment se comporter face au psychologue. Devait-il être comme d'habitude ? Ou se montrer sympathique ? Et s'il le faisait, comment le prendrait Drake ?
Agacé au plus au point, il finit par rabattre sa couverture sur sa tête et par tenter de s'endormir en comptant les niffleurs. Qui vivra verra, de toute façon !
oOo
Quand Harry se réveilla, sa première pensée fut qu'il voulait continuer à dormir. Le visage de Draco promettait mille tortures et il grimaça dès qu'il croisa son regard.
« Ne crie pas, pitié… J'ai vraiment mal à la tête…
- Je ne crierais pas, répondit aussi calmement que possible son ami. Je suis tout à fait calme, je te jure… »
Harry leva un sourcil sceptique. Draco avait l'air tout sauf calme. Il comprit rapidement que la seule chose qui retenait Draco de hurler était la présence à l'infirmerie de plusieurs élèves. Rapidement, l'important prit le pas sur lui.
« Est-ce que des élèves sont… morts ? demanda-t-il, suppliant Draco des yeux.
- Non tout le monde va bien. Beaucoup de blessés, certains ont dû être transférés à Sainte-Mangouste, mais ils vont bien dans l'ensemble. »
Harry poussa aussitôt un long soupir soulagé.
« Merci Merlin, murmura-t-il, se détendant dans son lit. Je ne crois pas que j'aurais apprécié d'apprendre une mauvaise nouvelle après ce que j'ai fait pour empêcher ce putain de géant de tuer tout le monde. »
Draco serra les dents à cette phrase. Vraiment, il avait envie de l'engueuler de toutes ses forces. Mais avec des oreilles indiscrètes, cela lui était impossible.
« Eloïse, appela-t-il. Ash est réveillé. »
Peu de temps après, l'infirmière approcha à petit pas rapides. Harry grimaça en la voyant brandir sa baguette. Une batterie de sort plus tard, elle leur annonça avec un sourire que, même s'il resterait encore faible magiquement un jour ou deux – sous-entendant ainsi qu'il ne devait participer à aucun combat magique – il pouvait quitter l'infirmerie.
« Tu as perdu beaucoup de sang, avec ton pentacle, lui dit-elle. Je t'ai donné des potions pour régler ce problème, mais tu vas avoir la tête qui tourne un peu, de temps en temps. Ce n'est rien de grave et dans deux jours également, tout ira bien.
- D'accord, merci Eloïse. »
L'infirmière hocha de la tête et partit auprès d'un élève. Harry regarda les nombreux lits pleins. Il était soulagé de constater que tous les élèves présents s'en sortaient avec quelques bobos.
« Allons dans nos appartements, siffla Draco. Tu ne vas pas y couper, Ash… »
Le concerné soupira et se leva. Il sentit ses jambes trembler un peu mais se força à se mettre debout. Il fut surpris de constater qu'il était dans son propre pyjama. Draco lui indiqua ses pantoufles au pied du lit, ainsi qu'une épaisse robe de chambre et une cape pour dissimuler le tout. Harry acquiesça avec reconnaissance et enfila les vêtements ainsi que les chaussons. Quand il fut prêt, il se dirigea vers la sortie d'un pas un peu tremblant. Après un moment, Draco en eut assez.
« Transforme-toi, ça ira plus vite. Je vais te porter jusque là… »
Harry le regarda avec surprise mais approuva. Manifestement, Draco avait hâte de l'engueuler. Soupirant, il prit son apparence animale. Presque aussitôt, Draco s'abaissa pour le prendre dans ses bras et le porter jusqu'à leurs appartements. Ils ne croisèrent personne et Harry en fut heureux. Même s'il était caché dans la cape de son transporteur, il n'avait pas envie d'être aperçut par qui que ce soit.
Trop rapidement à son goût, ils se retrouvèrent dans ses appartements. Le choix de Draco dans les appartements fréquentés n'étaient pas très positifs : s'il s'énervait, il pouvait se réfugiez dans les siens en claquant la porte et vu qu'il avait choisi ceux de Harry, il signifiait à ce dernier qu'il ne le laisserait pas fuir. Dès que la porte fut fermée, l'ancien Serpentard le posa au sol avec résolution. Harry soupira – cela pouvait paraître étrange de voir un petit sapajou soupirer – puis reprit sa forme humaine. Draco lui laissa le temps d'aller s'affaler sur son divan avant de déclarer les hostilités.
« Une part de moi est consciente que ta façon d'agir était la plus raisonnable, lui dit-il. Une part de moi sait que tu as juste fait quelque chose d'utile pour empêcher un géant de massacrer tout un village. Mais… Mais je suis furieux contre toi parce que… Bordel, Harry, essayes-tu de te tuer tout seul ?
- Tu sais bien que non ! répondit Harry, bien qu'avec douceur. Mais qu'aurais-tu fais à ma place ? Une invocation était encore la…
- Je ne parle pas de l'invocation, Harry, coupa sérieusement Draco. Je fais référence au fait que tu as décidé de partir seul pour affronter un géant !
- Je n'avais pas le temps d'attendre l'arrivée des Aurors, répondit Harry. Et à pars toi, je ne fais confiance en personne pour me seconder !
- Alors pourquoi n'es-tu pas venu me chercher ?
- Et qui aurait protégé les élèves ? »
Draco soupira. Il savait que la conversation était un cul de sac. Harry avait eu raison, même si cela l'enrageait.
« Sincèrement, Harry, je sais que tu as eu raison. Que dans la situation actuelle, tu n'avais pas le choix de partir seul. Ce qui m'enrage, c'est que tu n'as même pas hésité à le faire. Tu as risqué ta vie en toute connaissance de cause, sans même t'inquiéter de ce qui t'arriverait. Si Remus n'avait pas connu le sort de coagulation sanguine, tu te serais simplement vidé de ton sang sur le sol. Tu en as conscience ? »
Cette fois, Harry baissa la tête. Il acceptait cette critique, il savait qu'utiliser son sang n'était pas la chose la plus judicieuse.
« Je n'avais rien d'autre à porter de main, répondit-il. Je sais bien que je n'aurais pas dû utiliser mon propre sang, mais il n'y avait pas d'autre possibilité…
- Tu avais ta bague, répondit Draco. Tu pouvais toujours invoquer de l'encre. Il y avait un marchand à Pré-Au-Lard. Un accio aurait été plus qu'évident. »
Draco soupira avant d'aller s'agenouiller devant lui.
« Nous avons remonté le temps pour empêcher Voldemort de gagner, dit-il. En faisant cela, nous avons dit adieu à tout ce que nous aimions. Nos amis – ou ce qu'il en restait – nos identités, notre passé… Tout est parti en fumée. La seule chose qu'il nous reste, c'est nos souvenirs et l'autre. Et je ne tiens pas à te perdre, Harry ! Sans oublier que je t'aime, à présent. Je n'ai pas envie de perdre une des rares personnes qui me connaissent entièrement. Par pitié, essaye d'être plus prudent ! »
Harry baissa la tête en approuvant silencieusement.
« J'essayerais, dit-il. Je te promets que j'essayerais, Draco. »
Ce dernier soupira. C'était le mieux qu'il pouvait faire, malheureusement. Il finit par tendre les bras et le serrer contre lui. Malheureusement, le pire était à venir. Il devait encore annoncer la mort de Phils à Harry.
« Harry, murmura-t-il, maintenant que cela est claire entre nous, j'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer. »
L'autre se tendit dans ses bras et Draco se mordit un instant les lèvres. Il craignait la réaction du jeune homme.
« Comme tu le sais, Voldemort a monté cette attaque… malheureusement, elle n'avait qu'un seul but : nous distraire… »
Harry fronça les sourcils en se dégageant, le regardant d'un air interrogateur.
« Il a profité de la panique générée à Pré-Au-Lard pour attaquer une famille qu'il visait depuis longtemps… »
Harry ferma les yeux, sentant les larmes monter. Il ne savait pas qui était cette famille, mais aux gants que prenait Draco, il comprit qu'il n'allait pas aimer.
« Phils…, murmura son ami en lui caressant le visage. Malheureusement, Phils Potter est décédée… »
Il ne put rien dire d'autre. Harry s'était réfugié dans ses bras, pleurant doucement contre son épaule.
« Comment va James ? demanda-t-il péniblement.
- Je ne sais pas, répondit Draco. L'enterrement est demain. Il est rentré chez lui pour voir son père depuis samedi soir. »
Harry approuva contre lui, reniflant avec difficulté.
« Je veux y aller, dit-il.
- Je sais, répondit Draco. De toute façon, tous les membres de l'ordre y seront. Ne serait-ce que pour protéger Eugène et James, si jamais Voldemort décide de finir le travail… »
Harry frissonna en l'entendant, s'écartant de lui pour le regarder d'un air volontaire.
« N'y pense même pas, Potter, dit Draco, de son ton arrogant du passé. Si jamais une attaque à lieu, je te transplane illico ailleurs. Et ne discute pas, ordonna-t-il en voyant Harry ouvrir la bouche pour protester. Ta magie est encore instable après une telle invocation. Tu vas donc me faire le plaisir de ne pas te mêler du moindre combat…
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, dit Harry. Ce que je voulais dire, c'est que je veux que nous allions chercher la bague des Gaunt. Samedi. »
Draco écarquilla les yeux, demeurant un instant silencieux. Il acquiesça pourtant, du même avis que Harry.
« Un horcruxe pour une vie, dit Harry. Je ne pourrais pas tenir cette résolution à chaque fois, mais pour cette fois, en tout cas…La destruction de la bague sera notre vengeance ! »
Encore une fois, Draco approuva. Il tendit la main, faisant venir à lui un paquet de mouchoir qu'il lui tendit.
« En attendant samedi soir, repose-toi, lui dit Draco. Tes consultations d'aujourd'hui ont été annulées et les élèves ne t'en tiennent pas rigueur. Nous allons devoir faire face à une nouvelle vague de célébrité…
- Comment ça ? »
Pour réponse, Draco se leva pour quitter la pièce, rejoignant ainsi ses appartements. Il revint quelques minutes plus tard, trois journaux en mains. Quand Harry les eut sous les yeux, il écarquilla les yeux. Sur le premier, une photographie représentait Leo maintenant férocement le géant inconscient sur le sol. Même si elle était en noire et blanc, la photo était magnifique.
« Merlin, dit-il. J'y ai vraiment mis beaucoup de force, n'est-ce pas ? dit-il.
- Très, répondit Draco. Le pentacle était de plus de dix mètres de diamètre. Selon l'article et les soi-disant experts du ministère, aucun sorcier ne pourrait se sortir vivant d'un tel sort. Tu es officiellement le sorcier le plus puissant d'Angleterre, avant Dumbledore en tout cas. Ils ne savent pas encore s'ils doivent te déclarer plus fort que Voldemort. Le ministère a été obligé de révéler que nous aidions considérablement à protéger les citoyens sorciers du mage noire, ce qui fait de nous deux les nouveaux espoirs de ce monde…
- Magnifique, grogna Harry, levant les yeux au ciel. Enfin, au moins, ils se la carreront où je pense, leur amende ! »
Draco éclata de rire à sa déclaration.
« Alors ça, je m'en doute, dit-il. Enfin, l'important, c'est qu'à présent, nous allons devoir affirmer notre position contre le mage noire… Demain, il y aura sans doute des journalistes qui vont nous embêter pour nous interviewer… »
Harry leva les yeux au ciel.
« S'ils osent me déranger pendant l'enterrement de Phils…
- Pas pendant, mais après, compte sur eux pour se jeter sur toi.
- Toi aussi, non ? demanda Harry en le regardant.
- J'ai été moins mis en valeur que toi, bien que mon aide pour protéger le village ait été salué. Ta prouesse a été bien plus remarquée…
- Tu es capable d'en faire autant, marmonna Harry. Ils s'en rendront compte bien assez tôt…
- Je ne crois pas, non, fit remarquer Draco. Je n'ai jamais été capable d'invoquer Leo…
- Parce qu'il ne t'aime pas, ça n'a rien à voir. Sagitarius aussi s'entête à t'ignorer, que je sache ! Quant à moi, Pisces ne veut même pas me répondre un simple non. Je ne parle même pas de Gemini… Il faut croire que nos signes n'aiment pas être avec quelqu'un d'autre… »
Draco rit en l'entendant. Il s'assit à ses côtés, désignant les journaux.
« Demain, il va falloir leur dire que nous désapprouvons les actions de Voldemort. Nous serons officiellement ses ennemis… Et le monde sorcier va diriger son attention sur nous…
- Tant que nous sommes à Poudlard, nous ne serons pas dérangés…
- Pas autant que nous ne l'aurions été à l'extérieur, approuva Draco. Mais ils ne vont pas vouloir nous laisser en paix. Le ministère va probablement essayer de nous rallier un minimum. Les élèves vont nous regarder avec espoir, attendre de nous de l'aide et des solutions efficaces… nous risquons d'avoir plus d'élèves que d'habitude à nos cours… Nous allons être très occupés… »
Harry leva les yeux au ciel alors qu'il se couchait dans le divan, posant sa tête sur les cuisses de Draco.
« Et vive la célébrité », dit-il, déclenchant l'hilarité de celui qui était à présent son meilleur ami.
oOo
Harry avait participé à énormément d'enterrement sorcier. Beaucoup trop à son avis, en tout cas. Celui de Phils Potter avait été émouvant au possible. Il n'avait jamais eu honte de pleurer et il se laissa donc aller aux larmes sans regret, ignorant les flashs des journalistes. Il avait été réconforté par la main de Draco tenant la sienne. Ce dernier savait que, même s'ils n'avaient pas eu le temps de se rapprocher, Phils restait sa grand-mère.
Lorsque l'enterrement fut fini, Harry ne se laissa pas accaparer par les gratte-papiers immédiatement. Il alla d'abord saluer Eugène qu'il prit dans ses bras sans la moindre honte. L'homme ne sembla pas surpris. Il dut prendre sa manifestation d'affection pour la sollicitude d'un compagnon d'arme. James aussi se laissa aller à l'étreinte, bien qu'il n'eut aucune réaction. Harry fut effrayé de rencontrer les yeux vides de son futur père. Le garçon regardait froidement devant lui, comme intouchable. Il remerciait d'une voix atone toutes les personnes présentant leurs condoléances, sans même les regarder. Il restait sagement à côté de son père, sans rien dire d'autre que « Merci ».
Dès le moment où il le vit, Harry comprit qu'il allait devoir le soutenir avec beaucoup de force, vendredi. James avait besoin de craquer et Harry fut heureux qu'il soit son dernier patient ce jour-là. Il pensa même à inviter Sirius, sur la fin. Il faudrait qu'il lui envoie une note, dès son retour à Poudlard.
Malheureusement, cours oblige, les amis de James n'avaient pas pu venir. Les maraudeurs avaient beaucoup protesté, surtout Sirius qui était reconnaissant à Eugène et Phils de l'avoir recueilli après sa fugue. Mais le risque d'attaque avait obligé Albus à refuser.
Lorsque Harry et Draco furent enfin libérés des obligations funéraires, les journalistes, tels des chacals affamés, s'étaient jeté sur eux. Harry les avait fusillés du regard et, en quelques mots, leur avait simplement dit qu'ils n'étaient pas disposés à répondre à leur question.
« Nous sommes là pour soutenir un ami précieux dans un deuil pénible. Si vous désirez nous parler, revenez dans deux heures ! »
Puis, avec sécheresse, il avait tourné les talons pour suivre le cortège jusqu'à la maison Potter. Il n'y avait que les intimes et les amis. Pas de danger de se voir brutalement trahis par un proche. Pourtant, la nourriture et les boissons étaient surveillées par des elfes de maison décidés. En entrant dans la maison, Harry avait regardé l'endroit avec curiosité mais modérément. Il avait ensuite passé les deux heures suivantes en compagnie de ses amis membres de l'ordre. Pas une seule fois, James n'avait desserré les dents. Il était resté froid et distant, refusant obstinément de pleurer alors que ses yeux étaient humides. Harry ne l'avait pas approché, décidant de lui laisser un peu de temps. Et puis, vendredi viendrait bien assez vite.
Lorsque la journée fut finie et bien qu'il aurait aimé rester plus longtemps près de ses amis en deuil, il dut se résoudre à sortir, accompagné de Dumbledore et de Draco. Comme prévu, les journalistes les attendaient. Ils répondirent autant qu'ils purent aux questions posées. Étonnamment, c'était des questions assez privées. Qui étaient-ils, d'où venaient-ils, quelle était leur famille… Harry et Draco servirent le même mensonge que d'habitude, remerciant en eux-mêmes Dumbledore et Fixe qui avaient trafiqués bien des administrations pour qu'ils soient enregistrés comme Ash Promise et Drake Manfred. Pour qu'ils y aient une trace d'eux, quelque part dans le monde. Les journalistes étaient leur plus grand danger. Oh, ils ne pouvaient deviner qu'ils étaient des voyageurs du temps ! Mais ils pouvaient révéler que leurs identités étaient fausses.
Quand ils rentrèrent enfin à Poudlard, ils étaient épuisés. Les questions, parfois ridicules, avaient fusé de partout et ils avaient dû être attentifs aux moindres mouvements dans la foule. Heureusement, il n'y eut aucune attaque. Dobby les avait d'ailleurs informés qu'un des elfes avait surpris une conversation intéressante. Voldemort avait manifestement décidé de faire une petite pause. Il était intrigué par eux, à cause de leur talent à toujours déjouer ses plans, mais surtout à cause de l'invocation de Leo. Manifestement, le mage noir n'avait jamais réussi à convoquer une seule constellation, ce qui n'était guère étonnant, vu la pourriture de son âme ! Enfin, de ce qu'il en restait.
« Le Seigneur sombre a dit qu'il vous testerait avec plus d'attention, à présent », avait révélé un Dobby inquiet.
Harry et Draco avaient haussé les épaules avec indifférence. Ils savaient depuis six ans qu'ils seraient les cibles de Voldemort. Et encore, le mage noir ne se doutait même pas de combien il était important pour lui de les éliminer… Mais ça, les deux voyageurs préféraient faire en sorte qu'il l'ignore un maximum.
Comme prévu, le lendemain, ils reprirent une routine bien établie, depuis le début de l'année scolaire : les consultations, en plus des cours supplémentaires pour les élèves en difficulté. Et comme l'avait prophétisé Draco, des dizaines d'élèves s'ajoutèrent en plus dans les séances de rattrapages, notamment à celle de Harry. Si ce dernier toléra un peu le chahut pendant les dix premières minutes, il mit le holà rapidement en précisant qu'il ne tolérait pas la distraction.
« Vous êtes dans un cours, ici. Pas en récréation. Alors si vous êtes venu dans l'espoir de me voir faire quelque chose d'extraordinaire, vous allez être déçu. Je n'ai nullement l'intention de dépasser le cadre de mes fonctions. Et ici, présentement, elles consistent à donner une leçon en sortilège. Que ceux qui sont intéressés restent. Quant à ceux qui sont venus juste parce que mon nom est apparut dans la gazette ou parce qu'ils espéraient que je fasse quelque chose d'inédit, la porte est juste derrière, vous pouvez la prendre ! »
Étonnement, aucun élève ne sortit. Sans doute avaient-ils trop honte pour admettre la raison de leur présence. Mais le lendemain, en cours de soin aux créatures magiques, ils étaient nettement moins nombreux : le message était passé.
Ce qui agaça rapidement Harry furent les gloussements surexcités qu'il déclenchait lorsqu'il entrait quelque part. Que ce soit dans un couloir, la Grande Salle ou encore sa classe de cours, les filles le dévoraient des yeux, se chuchotaient des choses en le regardant d'un air ambigu et gloussaient comme des dindes la veille de Noël. Si bien que Harry se demanda vaguement s'il ne devait pas leur faire subir le même sort.
« Bordel, vivement samedi, pensa-t-il le vendredi matin, lorsqu'il entra dans la Grande Salle. Un bon petit horcruxe à atomiser, voilà qui va me remettre d'aplomb ! »
Définitivement, Draco, Sirius et Eugène avaient raison, il avait un problème psychologique avec le danger. Quoi que de son point de vue, des filles en train de le dévorer des yeux étaient nettement plus inquiétant qu'un horcruxe !
« Et je m'étonne d'être célibataire… Qu'est-ce qui cloche avec moi ? »
Il chassa cette pensée en remarquant James entrer dans la salle. Il marchait lentement, toujours renfermé sur lui-même. Sirius, Remus et Peter l'encadraient, telle une garde rapprochée. En le voyant, Harry sentit son cœur s'alourdir. Depuis son retour des funérailles, le jeune homme semblait avoir perdu toute étincelle de vie. Il mangeait à peine, parlait très peu et uniquement aux autres maraudeurs. Les professeurs s'inquiétaient aussi de son manque d'implication en cours. Et pire que tout aux yeux de Harry, James niait totalement l'existence de ses autres camarades, toutes maisons confondues.
Le pire avait sans doute été la façon froide et silencieuse dont il avait jaugé Lily Evans. La jeune fille était venue lui présenter ses condoléances dès son retour, mais James s'était contenté de la fixer avec indifférence avant de se détourner. Ça promettait pour la consultation psychologique. Harry avait déjà prévenu Sirius qu'il voulait le voir à la fin de la séance de James. Il espérait faire craquer une bonne fois ce dernier. Eugène, bien que fort affligé, avait confirmé à Harry que son fils n'avait pas daigné pleurer une seule fois. Ce n'était pas bon, Harry le savait pour avoir essuyé de nombreux deuils.
« Tu veux de l'aide pour ce soir ? demanda Draco, lorsque Harry s'assit à ses côtés.
- Non, ça ira. Si j'arrive à le faire pleurer, tu seras mal à l'aise… »
Draco acquiesça, se servant généreusement en café.
« Bonne chance, en tout cas, dit-il.
- Mhmm, répondit Harry. Je vais en avoir besoin ! »
oOo
Harry avait passé la journée à réfléchir plutôt qu'à écouter ses patients. Il tenait parfaitement son rôle, car aucun d'eux ne remarqua sa distraction. Lorsque l'heure vint, il souffla un long moment pour se donner du courage alors que James entrait dans la salle. Son visage était sombre, sans surprise. Il se laissa vaguement tomber dans le canapé pour s'y coucher, sans même le regarder. D'un mouvement fluide, Harry se leva pour aller s'asseoir dans un fauteuil près de son père. Il le regarda un long moment et soupira.
« Mes parents sont morts lorsque j'avais un an, dit-il. Je n'ai pas beaucoup de souvenir d'eux. Je sais que ma mère m'aimait énormément. Tellement qu'elle a donné sa vie pour moi. Je sais que mon père était content que je sois là… Mais c'est tout. Je connais leur visage et leur voix, parce qu'on m'a montré des photos, des souvenirs dans une pensine… Mais je n'ai rien d'autre à leur sujet. Je ne peux pas dire que je comprenne ce que tu ressens. Je ne les ai pas eu pour moi assez longtemps, à mon grand regret. »
James ne répondit rien et Harry soupira.
« Tu ressembles à mon père, murmura Harry. Lorsqu'il était plus jeune. C'est assez déstabilisant. C'est ce que j'ai pensé, la première fois que je t'ai vu. 'Mon dieu, comme ils se ressemblent'… Mais passons. »
Il regarda encore son élève. Ce dernier restait couché, immobile. Son bras cachait son visage, si bien que Harry se demandait s'il dormait ou non.
« C'est ironique, mais je n'ai pas bien connu ta mère, dit-il. Je passe plus de temps avec Eugène, car il vient sur le terrain et que j'y suis toujours… Je le regrette beaucoup. J'aurais aimé… lui parler un peu. Comment était-elle ? »
Le silence se prolongea. Pendant un moment, Harry crut qu'il n'allait pas répondre. Puis la voix rauque de James s'éleva.
« Elle était la meilleure mère du monde, dit-il. Elle ne se fâchait jamais contre moi. Elle avait un truc bien à elle pour me faire culpabiliser, lorsque je faisais une bêtise. Si bien que… et bien, elle avait juste quelques mots à dire et je… je baissais la tête en m'excusant. Elle avait beaucoup de patience, pour moi. Et je… Je lui ressemble beaucoup plus à elle qu'à mon père… Je… »
Harry serra les mains sur les accoudoirs. La voix de James tremblait, mais Harry savait qu'il ne pleurait pas. Pas encore, du moins.
« Continue, dit-il.
- Je n'ai pas envie, coupa James.
- Il le faut ! répliqua Harry. Tu as besoin d'en parler, James.
- Mais je ne veux pas ! »
Le jeune homme avait crié pour répondre, tout en se redressant avec rage. Harry fut content de voir son visage. Ça allait être plus facile. Enfin, façon de parler.
« Que tu le veuilles ou non, tu en as besoin, lui dit-il. Pour l'instant, tu le refuses… mais tu dois l'accepter James. Ta mère est décédée. Le nier ne la ramènera pas… »
James secoua vivement la tête de gauche à droite.
« Je n'ai pas connu mes parents alors je ne partage pas ta douleur, concernant le décès de Phils. Mais j'ai eu des amis. Des frères et des sœurs de cœur, un parrain… Et ils sont morts sous mes yeux. Je les ai vu se faire tuer, je les ai entendu hurler de désespoir. Et tout comme toi, j'ai nié leur mort. Je me suis plongé dans une lutte acharnée, dans une haine sans fin pour leurs tortionnaires, mais ça ne les a pas ramené. Au contraire, j'ai juste détruit les autres personnes qui m'entouraient. J'ai juste été responsable de plus de mort encore… »
Pendant un long moment, Harry lutta contre sa propre envie de pleurer. Ils n'étaient pas là pour lui, mais pour James.
« Alors je sais, dit-il, la voix tremblante. Je sais ce que tu vis. Ce n'était pas ma mère, mais je les aimais de tout mon cœur et chaque minute sans eux me paraît être une torture ! Tu dois l'accepter, James. Crois-moi. Sinon, ça va te détruire et je ne pense pas que ta mère ait voulu ça ! »
Son père n'avait pas réagi pendant qu'il parlait et pour cause, il était normal qu'il soit indifférent à ses paroles. Harry, par contre, avait du mal à ignorer qu'il venait d'ouvrir volontairement sa plus grande douleur, juste pour aider un adolescent. Il cligna plusieurs fois des yeux, tentant de se concentrer sur l'important.
« Je n'ai plus que Drake, dit-il dans un murmure. Sur toutes les personnes que j'ai aimées, il ne me reste que mon ennemi d'enfance qui est devenu mon frère d'armes et de cœur. Mais toi… tu as encore tellement plus.
- Je sais ! répondit James. Je sais qu'il y a des gens autour de moi auxquels je tiens… mais j'ai l'impression… J'ai l'impression qu'ils sont…
- Ailleurs ? demanda Harry. Dans une autre réalité à laquelle tu n'as pas accès ? »
James acquiesça.
« J'essaye d'être avec eux, mais quand je le fais, ça m'étouffe. Je voudrais juste qu'on me laisse seul ! Je… je ne supporte pas d'être entouré de gens compatissants qui me disent qu'ils sont désolés pour moi, qu'ils comprennent, que si je veux parler, ils sont là. Je ne veux pas parler. Je veux tuer cet enfoiré de Voldemort ! Je veux le faire souffrir autant qu'elle a du souffrir. Je veux que chaque mangemort paye pour ça ! Je voudrais les détruire un par un ! »
Harry sourit. Sirius avait eu raison, bien des années plus tôt, en lui disant qu'il ressemblait à son père. Il avait l'impression de se voir, à 15 ans, lorsque Sirius avait traversé le voile. A la différence que lui, il savait précisément qui il voulait tuer. L'autre enfoirée de Bellatrix… Un jour, je la buterais !
« James, dit-il. Les gens qui t'aiment te disent qu'ils sont là. Qu'ils sont désolés pour toi parce qu'ils le sont. Je ne sais pas s'ils comprennent vraiment, mais ils te disent ces mots pour essayer de t'atteindre. Ce ne sont pas eux qui sont dans une autre réalité. C'est toi qui t'es enfermé… Et tu ne veux pas sortir de là où tu es, parce que ça t'isole un peu de ta douleur, de celle des autres… mais ça ne te rend pas service. Tu dois l'accepter.
- Je n'ai pas envie, répondit James, soudain calme, mais aussi bien plus triste. Si je l'accepte, alors elle sera vraiment partie. »
James lui lança un regard désespéré, tentant encore de résister vaguement. Harry se retint de sourire. Il avait gagné.
« Elle est partie, lui dit Harry. Tu dois le voir, James. Ne t'enferme pas dans un mensonge. Le déni n'est pas bon sur le long terme. Elle est partie. »
James secoua la tête difficilement, tentant vaguement d'y échapper. Mais Harry savait bien qu'il était déjà en train de l'accepter.
« Je ne veux pas, dit-il. S'il te plait. Je ne veux pas accepter ça. C'est trop dur. »
Bien qu'il en eut envie, Harry ne répondit pas qu'il le savait. A la place, il se leva pour s'asseoir à côté de James. Il resta un instant immobile alors que son père tentait de reprendre le contrôle. Puis, alors qu'il voyait que James était en train d'y parvenir, il tendit la main pour toucher son visage. C'était étrange. Seuls les yeux et quelques traits physiologiques les différenciaient, lorsque Harry avait encore son ancienne apparence. Il avait presque l'impression de se regarder dans un miroir. Il s'écarta vite de cette pensée, plongeant son regard dans celui de son père.
« Elle est partie, répéta-t-il. James, admets-le, cela ira mieux ensuite. Phils, ta mère, est décédée samedi dernier. Presque une semaine. Admets-le simplement. »
Sa phrase n'était pas terminée que James pleurait déjà. Harry se retint de juste hurler de satisfaction. Fallait-il être sadique pour être heureux de voir un proche pleurer ? Mais Harry savait que les larmes étaient un début positif. Il tendit les bras et serra son père contre lui. Malgré la situation pénible, il sentit son cœur accélérer. Son père était contre lui. Il le serrait tendrement dans ses bras, caressant ses cheveux avec douceur, alors qu'il sanglotait contre son torse. Harry ferma les yeux, comme pour savourer. Il aurait préféré que ce ne soit pas dans une telle situation, mais bon… On ne pouvait pas tout avoir !
« C'est douloureux, n'est-ce pas ? chuchota-t-il, tout en s'installant plus confortablement dans le divan, James se retrouvant presque couché dans ses bras. Mais crois-moi, ça ira mieux après. Tu te sentiras moins enfermé. Tu auras l'impression de mieux respirer. Pleure ! Crois-moi, ensuite, ça ira mieux. »
James obéit. Un long, très long moment. Harry restait silencieux. Parfois, son père parlait un peu. Toujours pour dire qu'il détestait cette guerre, que sa mère était extraordinaire. Harry ne s'aperçut qu'il pleurait aussi que lorsque la porte de son bureau s'ouvrir sur Remus, Sirius et Draco. Les trois hommes les regardèrent avec surprise et Harry leur fit un sourire parmi ses larmes.
« Entrez, dit-il. Fermez la porte… Je crois qu'on a bien besoin d'une petite soirée tranquille. Ça vous tente ? »
En réponse, ils entrèrent et refermèrent la porte derrière eux.
A suivre…
Rendez-vous le samedi 11 septembre mes petits asticots! Et bonne rentrée d'avance aux étudiants qui, peut-être, en ce moment, galèrent avec leur seconde sess'! Je suis avec vous, même si je n'aurais plus jamais de seconde sess! loll
