Auteur : Umbre77
Titre : La magie d'une fleur
Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !
Note de l'auteur : Mince alors… J'étais certaine de publier déjà le chapitre 20 et je découvre ave stupéfaction que je n'en suis qu'au 19… Ce qui fait que j'ai fais mes RAR en pensant poster le 20… Oups ? loll
Chapitre 19 : Un autre numéro vert et bleu
Le matin fut difficile. Ils avaient tous dormi dans le bureau, couchés sur des matelas que Harry et Draco avaient métamorphosés. Péniblement, ils avaient ouverts les yeux sous la lumière blafarde de l'automne. Harry avait regardé autour de lui avec surprise. Il n'avait pas été surpris d'avoir été enlacé durant la nuit par Draco. Non, ce qui l'étonnait, c'était de trouver Remus Lupin blottit entre ses bras. L'ancien Serpentard était derrière lui, marmonnant contre les Survivants lève tôt. Quand le lycanthrope se rendit compte de sa position, il s'écarta brutalement en balbutiant et rougissant, se qui déclencha l'hilarité de Sirius, assis un peu plus loin. James avait simplement souris. Mais c'était un sourire si radieux que Harry en fut content.
« Allons, Remus, ne sois pas si gêné, répondit Harry, moqueur. Ce n'est pas comme si nous n'avions jamais dormi ensemble… »
Il lui fit un clin d'œil équivoque, déclenchant cette fois le rire de James alors que Sirius s'était recouché, les bras crispés sur son ventre tant il riait.
« Mais… mais non, enfin, je… »
Alors que Harry souriait d'un air victorieux, Draco passa un bras autour des épaules de ce dernier et chuchota à son oreille :
« Tu commences à faire des blagues salaces ? C'est bien, tu n'es peut-être pas si asexué que ça… »
Et il fit passer sa langue tout le long de sa gorge, coupant les rires des garçons alors que Harry écarquillait les yeux d'horreur. Il s'écarta d'un bond, le visage rouge.
« Mais… mais… Mais qu'est-ce que tu fais ? »
Draco éclata de rire face au visage un peu trop innocent de Harry.
« Je t'ennuie, répondit-il, moqueur. Tu es vraiment trop pur, Saint… Promise ! »
Le concerné eut une moue, reconnaissant la vieille insulte.
« Je t'emmerde, la fouine ! » répondit-il, lui balançant son oreiller.
Il avait vaguement oublié la présence de Sirius. Celui-ci, par contre, n'ignora pas le mouvement de Harry. Se saisissant d'un oreiller à son tour, il l'attaqua brutalement. Et bien entendu, cela découla sur une monstrueuse bataille. Bataille à laquelle James participa, riant à son tour.
oOo
La matinée avait filé trop vite au goût d'Harry. Il avait regardé son père et ses amis quitter son bureau, encore hilares de leur jeu d'oreiller. Quelques plumes voletaient ici et là et il dut s'acharner un long moment pour les faire disparaître toutes. Ensuite, il dut remettre en place chaque meuble de son bureau, retransformant ceux-ci en canapé ou en siège. Passer une soirée, une nuit et une matinée avec les maraudeurs était amusant. Il espérait que cela se reproduirait, à l'avenir… Et dans des circonstances moins tragiques !
« Regulus ? appela-t-il, lorsqu'il entra dans sa salle de classe et découvrit le jeune homme seul. Où sont Drake et Severus ?
- Dans ses appartements, répondit l'adolescent. Une histoire de potion, je n'ai pas tout suivi… »
Harry approuva d'un mouvement de tête, levant les yeux au ciel.
« Merlin me préserve de ce genre de chose, dit-il. Je ne comprends rien aux potions alors quand ces deux-là se lancent dans des conversations sur ce domaine, j'en ai la nausée ! »
Regulus le regarda d'un air sceptique. Définitivement, il était bien différent de Sirius. Ce dernier aurait éclaté de rire à une telle phrase. Pour autant, Harry ne se laissa pas démoralisé. Il leva la main, enchantant les meubles pour les écarter et ainsi, préparer la salle de duel. Le silence n'était pas dérangeant pour lui, mais, manifestement, Regulus n'appréciait pas, car il finit par parler.
« Drake et vous… vous êtes quoi, exactement ? »
Harry stoppa son mouvement pour regarder l'adolescent d'un air interrogateur.
« Ce que nous sommes ? demanda-t-il, perplexe.
- Oui… euh…, Regulus gigotait, mal à l'aise. Vous êtes… amis ?
- Oui, nous le sommes, répondit Harry, étonné. Pourquoi tout le monde semble penser que nous sommes plus que ça ? Severus m'a posé exactement la même question. James Potter aussi a semblé penser que nous avions une relation quelconque… Est-ce si courant, dans cette école, que des hommes soient… en couple ?
- Pas spécialement dans l'école, répondit Regulus. Mais c'est courant, dans le monde sorcier. Même si désapprouvé par certaines personnes.
- Je vois, répondit pensivement Harry. Et bien, non, Drake et moi ne sommes pas en couple. Nous sommes de simples amis, un peu comme des frères, je dirais. De plus, je n'ai aucune attirance… Non, je ne peux pas dire que je n'ai jamais été attiré par un homme, ce serait faux, mais… et bien, ça n'est arrivé qu'une fois et… j'étais saoul ! Donc, ça ne compte pas. »
Regulus eut un air surpris en l'entendant.
« Vous désapprouvez aussi ? demanda-t-il, faisant sursauter Harry.
-Pas exactement, répondit ce dernier. Mais… j'ai été éduqué, si je puis dire, par des moldus assez… comment dire ? Disons fermés. Et donc, je suppose que j'ai pris certaines de leurs pensées. Je ne désapprouve pas l'homosexualité, tant que je ne suis pas concerné ! »
Regulus hocha de la tête, pensif.
« Ma mère dit que tous les homosexuels sont des détraqués qui devraient être tués… »
Harry se tourna vers lui pour le regarder. Pourquoi, exactement, Regulus lui parlait-il de ce sujet ? Etait-il… Mais dans ce cas, ce serait avec Draco qu'il devrait en parler. Il n'avait absolument aucune connaissance dans ce domaine !
« Je pense que votre mère est une personne un peu… abusive, quant à ses opinions et aux éventuels châtiments qui devraient être donnés. Les homosexuels sont des personnes comme tout le monde. Ils préfèrent juste avoir des relations physiques avec des personnes du même sexe, ce qui n'est pas… une mauvaise chose. Pas tant que ces relations sont voulues par les deux parties concernées. Euh… Je suis très mauvais dans ce domaine. Drake devrait mieux vous aider, si vous vous posez des questions sur le sujet.
- Pourquoi ? demanda Regulus. Il est gay ? »
Harry resta un instant interdit. C'était lui ou Regulus s'intéressait vraiment beaucoup à cette réponse ?
« Non, répondit Harry. Je dirais qu'il est bisexuel… Vu qu'il courait après n'importe quoi à l'adolescence… Cela dit, nous ne parlons pas vraiment de ce genre de chose, lui et moi… Enfin… si, un peu, mais pas beaucoup. »
Il gigota sur place, mal à l'aise à son tour. Il détestait parler de sexualité. C'était un sujet qui le gênait, sans doute parce qu'il n'avait jamais rien fait de toute sa vie. Bon, il avait tripoté Ginny lorsque Ron ne le regardait pas… Et Charlie lorsqu'il avait été complètement saoul au mariage de Bill et Fleur ! Mais ça ne comptait pas, il était saoul ! Sans oublier la monstrueuse crise qu'avait fait son meilleur ami juste après ça… Comme quoi il n'avait pas le droit de faire une telle chose à sa petite sœur adorée, qu'il ne l'acceptait pas… Après ça, sa relation avec Ron n'avait plus jamais été la même… Et il avait trouvé la mort, trois semaines plus tard, à cause du médaillon de Serpentard… Harry ne pouvait pas oublier combien il s'en était voulu d'avoir gâché une amitié si intense pour un vague désir créé par l'alcool.
Toutefois, il se devait d'admettre que, parfois, quand il était de mauvaise humeur, il admettait que Ron n'aurait pas dû s'énerver autant. Il n'avait rien fait de mal. Charlie avait commencé à parler avec lui, à lui dire qu'il le trouvait séduisant… Ils avaient bu ensemble un long moment et, sans comprendre comment ni pourquoi, Harry avait fini dans ses bras à l'embrasser, se laissant déshabiller sans contrainte… Avant ça, il n'avait jamais eu envie de toucher un garçon de toute sa vie… Jusqu'à Draco. Bien sûr, Harry avait été traumatisé par les regards lubriques de son ami, lors de leurs années d'entraînement… Mais il lui était aussi arrivé d'imaginer, pendant quelques instants, qu'il acceptait les avances de son ami… Avant de se dire que non, il ne pouvait pas faire une telle chose.
Si ses sentiments n'avaient pas évolué vers une relation fraternelle, peut-être… peut-être qu'il aurait juste cédé à la déclaration de Draco, en début d'année. Mais voilà, Draco était devenu son meilleur ami, à présent. Meilleur que Ron ? S'il n'avait pas ressenti autant de culpabilité pour la mort du rouquin, il aurait répondu que oui. Draco avait beaucoup d'humour, il le comblait également d'attention. Il était toujours prétentieux, mais il mettait souvent une pointe de dérision dans ses commentaires les plus mesquins, ce qui avait pour habitude de le faire mourir de rire. Et puis, il était si… compréhensif ! Selon Draco, il était le meilleur psychologue des deux, mais Harry ne partageait pas cet avis. L'ancien Serpentard avait une empathie insoupçonnée !
« Ash ? appela une voix, le faisant sursauter.
- Hein ? dit-il, revenant au présent. Oh, Drake, tu es là…
- Je suis là depuis cinq minutes, dit le concerné, lançant un regard inquiet à Regulus qui se tenait près de la fenêtre. Est-ce que quelque chose s'est produit ?
- Non, répondit l'adolescent. On discutait puis il s'est plongé dans ses pensées et vous êtes arrivés… »
Dans la pièce un peu plus loin, Severus suivait la conversation avec beaucoup d'attention.
« Je vais bien, Drake, intervint Harry, souriant. Je me rappelais juste de quelques souvenirs suite à la conversation que j'ai eue avec Regulus. Rien de bien méchant, je te rassure. Ah, Severus ! Commet allez-vous ? »
Draco grimaça au changement de conversation brutal. Bien entendu, Harry n'allait pas raconter les souvenirs qui lui avaient traversés l'esprit devant deux Serpentard qu'il fréquentait peu. À la réflexion, il n'en aurait sans doute pas parlé devant les Gryffondor, le matin même. Mais il était déterminé à apprendre.
« Je vais bien, répondit le garçon interrogé. Et vous ? Vous êtes remis ?
- En pleine forme ! répondit Harry avec un large sourire. J'attendais impatiemment ce jour, car le despote qui vous sert de psychologue m'a empêché de pratiquer la magie en dehors de mes cours de soutien, ce qui me manque énormément, vous vous en doutez… Un duel vous tenterait-il ? »
Severus sourit vaguement. Ce n'était pas un vrai sourire, cela dit, juste un mouvement des lèvres vers le haut. Draco était toutefois heureux de le voir faire cet effort. Il se tourna vers Regulus, ce dernier regardant les deux duellistes se mettre en place puis se saluer. Le combat commença et Draco se décida à attirer l'attention de son élève en se raclant la gorge.
« Et bien, Regulus ? dit-il. Que faisons-nous, aujourd'hui ? »
Le concerné haussa les épaules. Son attitude montrait clairement un total désintérêt pour un quelconque duel, mais aussi l'envie de rester simplement là. Draco lui sourit en le voyant.
« Bon… Dans ce cas, que pensez-vous si nous nous installions pour prendre le thé et les observions paisiblement ? Je pourrais vous commenter le duel et vous apprendriez tout autant. »
Regulus hocha de la tête. Draco lui sourit et invoqua une table avec deux chaises, loin de l'espace de combat. Il fit apparaître un certain nombre de délicieuses pâtisseries ainsi qu'un service à thé. Étonnement, il y avait quatre tasses. Draco savait que, lorsqu'il s'arrêterait, Harry aurait faim et très envie de partager un moment de calme. Ils allèrent s'installer, dos au mur pour regarder les deux autres. Draco ne commenta pas tout de suite. Il préféra d'abord les servir en thé et en douceurs. Regulus jeta un petit coup d'œil à l'assiette de pâtisseries mais ne fit aucun commentaire.
Après un long moment et bien que Regulus ne semblât pas l'écouter, Draco se mit à commenter le duel, expliquant les défauts de Severus, mais aussi ceux de Harry. Ces derniers étaient peu nombreux cela dit et reposait essentiellement sur sa trop grande confiance en lui. Ce dernier montrait clairement dans ses gestes qu'il ne craignait pas Severus. Toutefois, ce dernier s'améliorait étonnement vite. Il avait un certain talent pour ce domaine particulier, bien qu'inférieur à celui des potions.
Les sortilèges étaient également vertement critiqués. Draco n'hésitait pas à les nommer lorsqu'ils n'étaient pas formulés et à expliquer tout ce qu'ils pouvaient faire à l'ennemi et en quoi cela pouvait être un bon ou un mauvais choix dans un duel. Même si Regulus ne le regardait pas, il l'écoutait attentivement, presque avec révérence. Draco était détendu, un léger sourire aux lèvres. Depuis l'attaque de Pré-Au-Lard, son jeune patient n'affichait plus de moue boudeuse sur les lèvres et ne le regardait plus avec mépris. Il ne se confiait pas pour autant, mais montrait à présent un minimum de confiance. Ce n'était pourtant pas encore ça, il n'en doutait pas.
Quand le duel fut finit – ou quand Severus en eut assez de se faire étaler – les deux combattants les rejoignirent à la table. Harry fit apparaître deux chaises et n'hésita pas à se servir en thé, remplissant également la tasse de son élève.
« De mieux en mieux, comme je le pensais, dit-il à Severus, un sourire aux lèvres. Bien que… Vous avez des progrès à faire en rapidité. Toutefois, vos connaissances en sortilège ne cessent de m'époustoufler. Quel était donc ce sort vicieux qui m'a touché et m'a donné l'impression d'être enfermé dans un cercueil, pendant près de cinq minutes ?
- Un sort propre à la famille de ma mère, répondit Severus. Sarcophagia. Un mot qui ne veut rien dire mais donne la sensation d'être enfermé dans un sarcophage. C'est une ancienne malédiction que donnaient les égyptiens, lorsqu'ils voulaient punir leurs esclaves désobéissant…
- J'ignorais que les Prince étaient affiliés aux égyptiens, intervint Draco.
- Et bien, ça remonte à plus de deux milles ans, répondit Severus, haussant les épaules. Mais nous en avons quelques traces dans les livres de sortilèges de la famille… »
Le jeune homme approuva de la tête, tout en le regardant.
« Intéressant, dit-il. Et fascinant. J'apprécierais beaucoup d'avoir ses livres sous les yeux, mais je suppose que ce n'est pas possible. »
Silencieusement, Severus acquiesça à sa présomption.
« Ma foi, j'ai déjà bien des connaissances de mon côté, de toute façon…
- Chaque famille de sang pur a-t-elle des sortilèges qui lui sont propres ? Demanda Harry, attirant l'attention de tous.
- Pauvre petit sang mêlé, se moqua Draco, narquois. Bien sûr que oui ! »
Harry le fixa avec méchanceté à cette remarque et l'ancien Serpentard grimaça.
« Mes excuses, dit-il. Je sais que ce n'est pas… ta faute. »
Harry haussa les épaules. A côté de lui, Severus fusilla Draco du regard.
« Il n'y a aucune honte à être un sang mêlé, dit-il, froidement.
- Je n'ai jamais dit le contraire, répondit Draco. J'essayais juste de le taquiner. Et il aurait probablement goûté à la plaisanterie si… enfin, si sa situation n'était ce qu'elle est… »
Harry leva les yeux au ciel.
« Ne parle pas de moi comme si je n'étais pas là. Je n'ai pas goûté à la plaisanterie parce que tu sais que je n'apprécie pas ce genre de remarque humiliante, non pas parce que la seule personne qui aurait pu m'instruire sur les sortilèges de ma famille a été tué lorsque je n'avais qu'un an ! Je sais que tu as certaines opinions politiques, Drake, mais pitié… Pourrais-tu juste ne pas m'en parler ? »
Draco grimaça.
« J'ai certaines opinions, c'est vrai, dit-il. Mais je suis loin d'approuver les actions de Voldemort. En outre, tu ne connais même pas mes opinions…
- Si, je les sais, répondit Harry. Tu prônes la suprématie des sangs purs…
- Non, pas exactement, coupa Draco. Je prône l'importance des connaissances et des rangs des sangs-purs. Et je ne les recommande pas pour mon propre intérêt, étant donné que le nom de Manfred n'appartient à aucune famille de sang pur reconnue. Si je le fais, c'est simplement parce que je sais qu'il est dans l'intérêt du monde magique de garder certaines valeurs qui risquent de se perdre en moldusant la société sorcière. Et ces valeurs sont pourtant essentielles pour la magie… Nous en avons déjà tellement perdues…
- Si tu veux mon avis, certaines d'entre elles devraient sérieusement être abolies, répondit Harry. Je ne connais pas ces valeurs, cela dit et je serais ravi que tu m'instruises, mais… les mariages arrangés ?
- Oui, d'accord, ce précepte désuet est sans doute le pire de tous. De même que les punitions à outrance ou les envies de domination… Mais certaines traditions sont en dangers et crois-moi, il ne serait pas bon d'en perdre d'avantage…
- Et de quelles traditions parles-tu exactement ? Es-tu capable de m'en citer une seule qui ne sollicite aucun sacrifice quelconque ? »
Un long silence s'abattit. Draco s'apprêtait à répondre lorsque Regulus prit la parole d'une voix claire.
« Les cérémonies saisonnières ? proposa-t-il, attirant l'attention sur lui.
- Les quoi ? demanda Harry, totalement ignorant.
- Regulus a donné un excellent exemple ! répondit Draco. Les cérémonies saisonnières. Ou si tu veux, une sorte d'accueil à chaque saison, célébrée dans le plus pur style magique. Autrefois, on se contentait de déclarer des prières, de dessiner sur le sol des demeures sorcières des pentacles qui attirait la protection des différentes divinités saisonnières, soit l'été, l'automne, l'hiver et le printemps… Avec le temps, cela dit, ces cérémonies se sont un peu… aristocratisées et elles sont maintenant des excuses pour introduire de nombreuses et fastueuses réceptions. Si bien qu'elles ont vite été considérées comme une tradition appartenant aux familles aisées. Mais certaines familles de sangs purs peu fortunées respectent les traditions et continuent de célébrer les saisons en toute modestie dans leur maison…
- Et en quoi ces cérémonies sont-elles importantes ?
- Elles ont pour but d'apporter la protection de la magie des saisons sur la famille, répondit Severus, attirant l'attention de Harry. Bien sûr, cela ne fonctionne pas toujours, mais il apparaît que les membres d'une famille de sorcier exécutant le rituel chaque saison, chaque année, se voient plus forts que d'autres familles. Ils tombent moins souvent malades, ont parfois certaines affinités particulières avec les éléments… Leur baguette magique semble être renforcée, ce qui les rend plus difficile à détruire, lors d'un rituel. Les cérémonies saisonnières sont très importantes. Il paraît qu'il y a cinq cent ans d'ici, certaines familles s'attachaient à une saison en particulier. Si bien que ceux qui célébraient l'hiver se sont vu fort doué pour les sortilèges de glace, de givre ou autre. Ceux célébrant le printemps avaient de fortes prédispositions en botanique. Ceux qui célébraient l'été avaient manifestement une grande affinité avec les sortilèges pyrogènes de toutes sortes et il paraîtrait même que la famille d'Allegro le Hardis était protégée contre le souffle des dragons, tant ils vénéraient cette saison. Pour ce qui est de l'automne… Du fait qu'elle symbolise la mort de la nature, vénéré l'automne donnait une certaine puissance pour… la magie nécrophile, les potions ou la résistance aux poisons… L'automne a rapidement été dénoncé comme saison noire, alors que l'hiver donnait à l'avada kedavra une puissance telle que les sorciers le vénérant étaient capable de tuer plusieurs personnes en lançant une seule fois le sort… Mais on a surtout retenu le côté glace de la saison et balayé le côté impardonnable. Alors que l'automne, avec la nécrophilie et les poisons…
- Tu vénères l'automne, Severus ? demanda Draco, un léger sourire aux lèvres.
- Et le printemps, avoua le garçon. Un bon maître des potions n'est rien sans la botanique. Alors oui, je les vénère chaque année tous les deux… »
Draco approuva d'un vague mouvement de tête.
« Et vous, Regulus ?
- Ma famille est très attachée à… à l'hiver, dit-il. Comme je suis à la maison pour les vacances, je fais la cérémonie avec mes parents…
- Mhmm, répondit Draco. Je crois savoir que les Malfoy sont également des adorateurs de cette saison… »
Harry sursauta en l'entendant. Ainsi, Draco vénérait l'hiver chaque année. Il ne l'avait pourtant rien vu faire, les années précédentes. Voyant son air interrogateur, son ami sourit.
« Personnellement, je n'ai jamais fait la cérémonie… J'ai longtemps regardé mes proches la réaliser, mais… Et bien, je ne me suis jamais senti proche d'une saison en particulier… Connaissez-vous d'autres familles qui réalisent ces cérémonies ?
- Les McNair, répondit Regulus. Je crois qu'ils célèbrent l'été. Ainsi que les Parkinson…
- Avery et Lestrange sont des adorateurs de l'automne et de l'hiver, dit Severus. On se demande pourquoi… »
Il avait dit cela avec un vague sourire moqueur.
« D'autres familles ? demanda Harry, intéressé.
- Les Potter ? demanda Draco, conscient que son ami désirait le savoir. Si je ne me trompe, ils célèbrent le printemps et l'été, non ?
- Paraît qu'ils célèbrent tout, répondit Severus, l'air sombre.
- Pas cette année, en tout cas », signala Regulus.
Cette remarque fit apparaître un sourire sur le visage du plus vieux Serpentard – Draco non inclus – et Harry siffla en signe d'avertissement.
« Je vous déconseille de vous moquer du malheur de cette famille, Severus Snape, dit-il. Sans quoi, je me devrais d'être sévère avec vous… »
Le garçon grimaça à cette remarque, mais il ne souleva aucune objection, au grand soulagement d'Harry.
« Et en quoi consiste ces cérémonies, exactement ? » demanda-t-il, buvant un peu de son thé ensuite.
Draco eut un sourire moqueur.
« Expliquez-lui, les garçons. Mais laissez-moi le plaisir de lui raconter celle de l'été… »
Severus et Regulus eurent la décence de rougir en l'entendant. Harry fronça les sourcils. Quelque chose lui disait que ça n'allait pas l'enchanter, vu le regard lubrique de son ami.
oOo
« Arrête de bouder ! »
Harry ne répondit pas, accélérant sa marche le long de la route menant à la maison des Gaunt.
« Ash, tu es ridicule ! Ce n'est pas de ma faute si la cérémonie de l'été demande des relations sexuelles entre les chefs de famille ! Arrête de tirer la tête ! »
Encore une fois, Draco ne reçut pas de réponse. Bon, d'accord, il avait peut-être un peu exagérer en lui expliquant la cérémonie devant Regulus et Severus. Les deux garçons avaient rougis lorsque Draco avait commencé à raconter à Harry. D'autant plus que Draco avait volontairement pris une voix un peu plus langoureuse, un peu plus suave, pour expliquer à Harry que la cérémonie de l'été demandait aux participants une offrande sexuelle, sous forme de sperme ou de liquide séminale. Mais sincèrement, on avait pas idée d'être aussi coincé ! A 23 ans, Harry se devait d'être réellement déniaisé ! C'était un comble qu'un homme aussi magnifique soit encore aussi…
« Si j'ai le malheur de lui dire que je le considère comme « pure », je vais probablement me faire buter… mais bon… C'est la vérité, il l'est bien trop pour son propre bien ! »
Draco secoua la tête en tentant de rattraper son partenaire. Ils étaient en chemin pour la maison des Gaunt, bien qu'à encore une distance raisonnable pour s'assurer de passer inaperçu. Ce qui expliquait que Draco se permettait de hurler à Harry de ralentir et de l'écouter.
« Écoute, c'est toi qui a posé la question, non ? Tu voulais que je t'explique, je l'ai fait !
- Tu n'étais pas obligé de le faire avec cet air pervers. Ni devant les garçons !
- Les garçons savaient comment était célébré l'été, Ash. Ils te l'auraient dit eux-mêmes s'ils n'avaient été aussi gênés !
- Oui et bien ils ne l'ont pas fait et j'aurais apprécié que tu me dises cela en privé ! Bon dieu… C'est assez gênant d'imaginer toutes les personnes citées lors de notre conversation en train de… de se toucher ou de s'envoyer en l'air lors du solstice d'été !
- Il n'y a aucune gêne à avoir ! répondit Draco. C'est un acte magique, non sexuel… D'ailleurs, ils ne sont pas obligés de le faire ensemble ! Ils peuvent très bien juste se masturber et récolter la semence ensuite… »
Harry rougit encore d'avantage, ce qui fit rire Draco.
« Allons, tu n'es pas obligé de l'imaginer, tu sais ?
- La ferme ! » répliqua Harry.
En réponse, Draco éclata de rire. Pauvre Harry… Si innocent ! Beaucoup trop, mais… Peut-être pas tant ! Après tout, il avait eu une petite amie, non ? Voir deux, s'il se souvenait de la vague relation qu'il avait eue avec Chang, lors de leur cinquième année… Oui, bon, cette greluche passait son temps à chouiner, ce n'était pas vraiment un bon modèle de petite amie… Tandis que la fille Weasley avait l'air assez chaude que pour se taper une bonne dizaine de mecs avant d'enfin mettre la main sur le célèbre Potter…
« Allons, Harry… tu ne vas pas me faire croire que la simple idée d'avoir une relation avec quelqu'un te gêne autant ? Tu as bien eu quelques relations, non ? Dont une avec Ginny Weasley qui, si je me souviens bien, était réputée pour être assez torride… »
Harry rougit d'avantage, si c'était possible. Il finit par ralentir son pas, bien qu'il n'osât pas regarder Draco.
« On… On est jamais allé jusqu'au bout, balbutia-t-il, gêné. Ron nous surveillait tout le temps… Et quand ce n'était pas lui, c'était un de ses frères, si j'étais chez eux… Et… euh… Enfin, on s'est séparé définitivement à partir du jour où… Enfin, le jour du mariage de Bill et Fleur… »
A la mention dudit mariage, Harry vira au cramoisi, si bien que Draco flaira tout de suite quelque chose d'anormal.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé, ce jour là ? demanda-t-il.
- Rien », répondit précipitamment Harry.
Trop précipitamment !
« Allez, on ne me la fait pas, à moi ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- On approche de la maison des Gaunt, on devrait être plus prudent et prendre nos formes animagus…
- Pas tant que tu ne m'auras pas dit ! »
D'autorité, Draco l'attrapa par le bras pour le stopper. La maison n'était pas encore en vue et ils étaient protégés par les arbres. Harry leva les yeux au ciel en détournant le regard.
« Il ne s'est rien passé, ok ? J'ai beaucoup bu ce jour là… Enfin, ce n'était rien. J'étais saoul ! Et Ron nous a vu et nous a hurlé dessus pendant une heure ! Après ça, il n'a pas arrêté de dire que j'étais indigne de sa sœur. Que je n'avais plus le droit de l'approcher, que je le décevais énormément…
- Mais qu'est-ce qu'il a vu ? » demanda Draco, surpris.
Harry avait-il couché avec la fille Weasley sur la table du banquet ? A la rougeur de ses joues, il s'attendait presque à se l'entendre dire.
« Et bien…, marmonna Harry. J'étais saoul !
- J'ai compris, mais encore ? »
Harry gigota un peu, lui lançant des regards gênés et incertains.
« Et… euh… Charlie était avec moi… »
Charlie ? Charlie qui ? Weasley ? Voilà qui devenait intéressant…
« Et ? demanda Draco.
- Et… euh… Il n'arrêtait pas de… de me dire que j'étais beau, qu'il m'appréciait beaucoup. Et j'étais saoul ! Et… euh… il s'est mis à me toucher et … »
Draco écarquilla les yeux. Par les couilles de Merlin, Harry Potter s'était laissé aller à avoir des relations charnelles avec un homme ! Bien sûr, Draco avait espéré à une époque que Harry cède à ses avances, bien qu'il ne soit sûr en rien de ses préférences. Il avait juste compté sur son propre charme, voir sur le manque de sexe imposé par six ans de confinement… Mais manifestement, il avait eu un allié secret : Harry était attiré par les hommes !
« Vous avez été jusqu'au bout ? demanda-t-il.
- Je t'ai dit que Ron nous avait surpris ! On s'est arrêté…
- Vous en étiez où ?
- Mais qu'est-ce que ça peut faire ? s'énerva Harry, les joues incandescentes.
- Rien, ça m'intéresse, c'est tout. Alors ? »
Harry marmonna vaguement quelques insultes contre les Serpentard curieux et obsédés avant de murmurer :
« Il m'avait enlevé ma chemise… et il détachait mon pantalon… quand Ron est arrivé… »
Une sorte de déception s'empara de Draco. C'était tout ? Ils s'étaient juste câlinés et vaguement déshabillés ?
« C'est tout ? demanda-t-il, affichant un air blasé. Pas de quoi être gêné, enfin ! C'est pas comme si vous aviez baisé comme des sauvages ! C'était juste des caresses et des baisés… Qu'est-ce qui te rend si mal à l'aise avec ça ? Tu as apprécié ? »
Harry rougissait toujours, mais il hocha de la tête, n'osant pas le regarder.
« Pitié, Harry ! dit Draco, amusé. Tu te rappelles que je suis bisexuel, moi aussi ? Comme pratiquement bon nombre de sorcier sang pur, d'ailleurs ! »
Harry sursauta et osa enfin le regarder, bien que toujours gêné.
« Bon nombre de sang pur ? dit-il. Comment ça ? »
Draco leva les yeux au ciel.
« Encore une histoire de tradition, lui dit-il. Idéalement, les sangs purs sont élevés avec l'esprit le plus ouvert possible pour les relations sexuelles, qu'elles soient entre hommes ou entre femmes, ou encore pour un couple mixte. On ne sait pas avec qui on va finir et l'avenir réserve toujours des surprises ! Imagine que tu sois choisi pour être le calice d'un vampire ou le compagnon d'un veela mâle ? Tu ne peux pas les repousser sous peine de te faire tuer par l'un ou de tuer l'autre ! Sans compter la sévère punition que tu recevrais pour avoir défié le destin, la magie et j'en passe. Donc, nous, membres des familles pures, nous avons été éduqués pour respecter les relations entre personnes du même sexe. Si nous ne sommes pas choisi par un vampire ou un veela, bien entendu, nous avons pour ordre de nous marier avec une femme, pour la continuité du nom, mais rien ne nous empêche d'avoir des amants à côté si nous sommes attirés par des hommes ! »
Harry le regardait comme une chouette secouée à midi.
« Ah ? dit-il, stupéfait.
- Merlin, tu vois pourquoi mon père et moi militons pour que les valeurs anciennes soient respectées ? Tu ne connais rien aux règles fondamentales ! Laisse-moi te dire que je vais t'éduquer un minimum, c'est inadmissible ! »
Harry grogna à cette pensée. Comme si c'était de sa faute si un mage noir taré avait tué le seul membre de sa famille capable de le renseigner.
« Ne te sens pas obligé, dit-il, mal à l'aise.
- La conversation s'arrête là, lui répondit Draco. Prend ta forme animagus, on y va ! »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Harry retrouva la petite forme humiliante de sapajou alors qu'un petit rouge-gorge sautillait à côté de lui, pépiant. Harry tendit une patte furieuse vers lui et Draco prit son envol, semblant presque se moquer de lui.
Grimaçant, Harry se mit à courir, sautant dans les arbres. Pour cette mission, ils avaient préféré la faire seule. Personne ne pouvait les accompagner, car ils ne savaient pas à quoi s'attendre. Dumbledore n'avait pas raconté en détail les protections entourant la bague des Gaunt. Il s'était contenté de dire qu'elle était protégée d'enchantements… Mais de quelle sorte ? Il était revenu grandement blessé, mais c'était l'horcruxe le responsable et Harry avait déjà pensé à un certain nombre de bouclier pour les protéger, lorsqu'ils jetteraient la bague dans la coupole de potion…
Bondissant d'arbre en arbre, Harry entendit un pépiement et s'arrêta sur une branche. Draco était à côté de lui et le regardait. Il jeta alors un œil alentour et découvrit enfin la petite masure des Gaunt. Comme dans les souvenirs que Dumbledore lui avait montré, elle était dans un état pitoyable. Mais Harry ne s'y arrêta pas. Il cherchait plus la preuve d'une présence quelconque, qu'elle soit humaine ou sorcière. Mais il n'y avait rien. Manifestement, ils étaient seuls. Après un moment d'hésitation, il bondit sur le sol, marchant sur ses quatre pattes pour s'approcher avec méfiance de la porte d'entrée. Celle-ci tenait à peine sur ses gonds et bougeait à chaque coup de vent, dans un sinistre grincement.
Jetant un œil à l'intérieur, il fut satisfait de constater que rien de dangereux n'était présent. Harry se maudissait cordialement de ne pas avoir demandé plus de précision à Dumbledore, lorsqu'il lui avait parlé de son expédition dans cette maison. Il avait parlé d'enchantements, mais encore ? Y aurait-il des inferi ? Faudrait-il encore donner son sang ? Pire, la bague serait-elle déjà cachée là ?
Après un long moment d'hésitation, il profita du mouvement de la porte pour se glisser à l'intérieur, tous les sens en alerte. Rien ne l'attaqua lorsqu'il entra. L'état de la maison était tout bonnement terrible. Toutefois, la présence de poussière était bienvenue : grâce à elle, Harry constata qu'aucun humain n'avait marché sur le sol crasseux depuis très longtemps. Il n'y avait aucune trace fraîche. Du reste, il ne détectait aucune odeur humaine ou spectrale. Pas de détraqueur dans les environs !
Un mouvement au-dessus de sa tête attira son attention, mais ce n'était que Draco qui voletait tranquillement dans la maison. Il analysait lui aussi, regardant à gauche et à droite. Après un long vol plané, il se posa timidement sur un lustre à moitié détaché, au plafond. Rien ne surgit. Il ne se passa rien. Harry poussa un petit cri sceptique, un pépiement lui répondant. Draco aussi trouvait cela trop facile. C'était Voldemort, après tout ! Les enchantements posés devaient être terrible pour qu'il ne poste aucun détraqueur, inferi ou autres créatures bizarres, venimeuses et dangereuses !
Après un instant d'hésitation, Harry reprit son apparence humaine. C'était la seconde étape. Encore une fois, rien. Pas de manifestation, pas d'attaque. Draco le regardait du haut de son lustre, sautillant à gauche et à droite pour regarder ce qu'il se passait dans la maison. Mais rien. Soulagé, le rouge gorge descendit de son lustre pour se poser au sol devant Harry. Aussitôt, il retrouva son apparence humaine.
« Étrange, murmura Draco, nerveux. C'est trop calme et bien trop simple…
- Reste à voir ce qui entoure la bague… Mais tu as raison, je n'aime pas ça. Restons sur nos gardes. On s'occupe d'abord du salon, ensuite, on passera aux autres pièces. »
Draco hocha de la tête et se dirigea vers la porte du salon. Avant d'y entrer, il prit soin de passer sa bague le long de l'embrasure. A un moment, il stoppa son mouvement et sourit.
« Forcément, dit-il, moqueur. Il y a déjà un piège ici, en tout cas… »
Il murmura une flopée d'incantation et une lumière inonda tout l'espace séparant le couloir de l'entrée et le salon. Ensuite, quand elle disparut, il y eut un sombre hurlement. Harry frissonna alors que ses yeux regardaient à gauche et à droite. Mais rien ne se passa.
« Système d'alarme, répondit Draco. Les sorts du salon sont prévenus que des étrangers sont présents… On va sans doute suer un peu, une fois rentrés là-dedans… »
Harry grogna. Il s'agenouilla au sol et sortit de sa poche un flacon d'encre magique. Draco approuva aussitôt et le rejoignit pour l'aider à tracer les symboles sur le sol. Il sourit vaguement en regardant le signe invoqué.
« Taurus, hein ? dit-il. C'est vrai qu'il est idéal pour charger, mais tu aurais pu prendre un signe qui peut se protéger…
- C'est une constellation, répondit Harry. Il ne souffrira pas ! »
Ils murmurèrent ensembles les formules, ce qui étaient hautement conseillées lorsqu'il s'agissait d'invoquer une constellation, afin d'éviter de se vider de sa magie. Quand un petit taureau de 50 cm de hauteur apparut, ils sourirent. Ils n'avaient pas besoin de le faire bien grand, de toute façon.
« Dans le salon, répondit Harry. Plusieurs sortilèges vont surgir. On a besoin de toi pour leur détection. Tu veux bien ? »
En réponse, le taureau se tourna vers la pièce désignée. Il sembla hésiter un instant, mais finit par charger courageusement dans la pièce, Harry et Draco soupirant de soulagement. Ils se relevèrent rapidement pour regarder. Plusieurs sortilèges se déclenchèrent en même temps et ils n'étaient pas trop de deux pour pouvoir les observer tous. Quand enfin Taurus disparut et que les sortilèges s'arrêtèrent, ils poussèrent un soupir.
« On va dérouiller, s'exclama Draco. J'ignore combien de sort il a posé dans ce salon, mais une chose est sûre : la bague y est !
-Oui, j'ai remarqué aussi, dit Harry. Aucun sort n'a touché le coin droit. Attends ! Serpensortia ! »
Une petite couleuvre apparut devant eux. Harry se pencha sur elle sans crainte, sifflant un long moment. Draco frissonna. Définitivement, il détestait ça. Ça lui rappelait de très mauvais souvenirs. Pour autant, ce n'était pas la faute de Harry et sa voix rendait la chose moins insupportable. Quand l'ancien Gryffondor se releva, le serpent ondula rapidement vers le salon. Certains sortilèges se déclenchèrent, mais aucun ne le touchèrent. La couleuvre était trop petite et se glissait rapidement derrière un grava ou un objet traînant sur le sol, se protégeant ainsi de toute attaque.
Finalement, elle parvint à l'endroit protégé. Elle tourna un instant sur place avant de trouver ce qu'elle cherchait. Harry et Draco la regardèrent enfiler la bague par la tête. Ensuite, doucement, la couleuvre reprit son chemin.
« Bien vu, dit Draco. Voldemort ne pouvait pas prévoir qu'un fourchelangue autre que lui viendrait ici… C'est probablement ainsi qu'il comptait la récupérer… »
Harry ne répondit pas. Il continuait de regarder la couleuvre. Chaque sort était évité, mais elle se déplaçait plus difficilement à cause de sa charge, bien que celle-ci soit parfaitement adaptée au tour de son cou.
Quand enfin, elle arriva dans le couloir, Harry poussa un soupir de satisfaction et se remit à siffler.
« Donne moi la bague ! »
La couleuvre gigota et l'objet tomba au sol. Elle regardait Harry avec une telle docilité que Draco en frissonna. Si quelqu'un d'autre que lui venait à assister à une scène similaire, nul doute qu'ils auraient de sérieux ennuis ! N'importe qui pourrait croire que Harry était un partisan de Voldemort, voire carrément le mage noir en personne. Après tout, ce dernier n'exposait pas vraiment son visage à la presse : personne ne savait à quoi il ressemblait vraiment, à cette époque !
D'un mouvement de poignet, Harry fit disparaître la couleuvre. Il se pencha ensuite pour prendre la bague, mais s'arrêta à la dernière seconde. La toucher ne serait peut-être pas une bonne chose… Il farfouilla dans une de ses poches et sortit un de ses gants en peau de dragon. Il l'enfila pour ensuite prendre l'horcruxe.
« Voilà, dit-il. Nous n'avons plus qu'à la détruire, dit-il. Mais vu de ce qui est arrivé à Dumbledore, je pense qu'un pentagramme de protection serait nécessaire… Il faudra mettre la vasque de potion à distance et lancer la bague dedans… »
Draco hocha de la tête et regarda autour de lui.
« On le fait ici ? Si jamais nous détruisons cette maison, ce ne sera pas grave…
- Au contraire, répondit Harry. Voldemort saurait que quelqu'un est venu… Mieux vaut faire ça ailleurs… Mais où, ça… »
Ils restèrent un instant immobile avant de se regarder.
« Sahara, répondit Draco. Dans le désert, là où nous serons sûr que personne ne pourra se faire attaquer par surprise. D'accord ? »
Harry acquiesça. Regardant autour d'eux, ils soufflèrent avant de disparaître dans un léger pop.
Quand ils se montrèrent à la réunion de l'Ordre, en retard, ils souriaient tous les deux avec ravissement. Le pentagramme du Cancer avait été invoqué et les avait protégés de la plus terrible malédiction qu'ils aient jamais vu. Une espèce de brume noire terrifiante et pestilentielle. Sans les pinces et la carapace acérée de la constellation, ils ne doutaient pas qu'ils auraient passé un très mauvais moment. Mais voilà… Cancer les avait protégés avec beaucoup d'efficacité. Et sur la joue de Harry et le cou de Draco, le numéro 3 était passé au vert pour l'un et au bleu pour l'autre. A la grande satisfaction de l'ensemble de l'Ordre présente ce soir-là.
A suivre…
Et voilà mes petits koalas ! Je vous dis à dans un mois ! C'est-à-dire le samedi 9 octobre. Le lendemain d'un claquage de 300 euros, somme évaluée par les nombreux commentaires d'acheteurs de lunettes de mon entourage. Aaah, que c'est chiant d'être myope !
