Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Lorsque j'ai commencé cette histoire, j'y allais en faisant un HPDM… Parce que c'est un couple que j'aime et que j'ai toujours pour habitude de faire. Puis, après une discussion avec une lectrice « d'avance », j'ai changé mon avis initial pour en faire un HPSS, DMRB. Et j'aime ça. Toutefois… je suis une HPDMienne en origine. Et j'ai parfois, l'envie folle de tout faire basculer dans un sens… ou pas. Cette histoire est très longue et je peux donc manier les couples comme je le désire… mais j'hésite toujours quand à la ligne de conduite à tenir. Qu'en pensez-vous ? J'en viens à demander l'avis de vous, mes chers lecteurs. Que dois-je faire ? Ma bêta estime qu'à l'heure actuelle, les choses sont faites et que je ne peux changer… Et il est vrai que je ne veux décevoir personne, mais à l'origine, c'est pour moi, que j'écris… Je ne fais que vous faire découvrir une idée, une vision…

Sauf que j'hésite tellement que ma vision s'en est brouillée. Que dois-je faire de mes maudits couples ? lolll N'hésitez pas à me donner votre avis sur ce sujet. Ça ne fera peut-être rien changer, mais je vous avoue être totalement bloquée actuellement juste à cause de ça. Merci d'avance de votre compréhension.

Sur ce, je vous dis à dans un mois (et pas de cris à la fin, ça ne sert à rien) pour le chapitre 22. Nous nous reverrons le samedi 11 décembre !

Chapitre 21 : Adoption officielle

Il s'était maudit tout seul ! Il ne pouvait donc s'en prendre qu'à lui-même ! Depuis qu'il avait décrété qu'ils courraient chaque samedi et qu'il devrait porter un ensemble de sport moldus – « Pour te forger le caractère, morveux » – il était maudit !

Péniblement, Draco courait derrière un Regulus Black simplement vêtu d'un t-shirt blanc et d'un petit short noir. Et il devait l'admettre, c'était une pure torture ! A quel moment exactement ce morveux était-il devenu si… excitant ?

« Il ne l'est pas devenu, Draco… il l'a toujours été ! »

Et bordel, pourquoi sa conscience avait-elle la tonalité de la voix de son foutu partenaire en combat ?

« Maudit soit Harry ! Tout est de sa faute ! Il est celui qui a décrété que Regulus serait mon élève privé ! Il est celui qui a repoussé mes avances… Je ne lui proposais pas le mariage, bordel ! Juste du sexe, histoire que je ne me jette pas sur le premier petit cul tentant… et Merlin sait que celui de Regulus est plus que tentant… Oh oui, j'en mangerais… »

Péniblement, il reprit ses esprits. Il s'aventurait sur un terrain très dangereux et glissant. Six ans à simplement se masturber n'était pas à proprement parler une condition saine pour faire face à… au postérieur bandant d'un adolescent de 16 ans horriblement séduisant !

« On peut s'arrêter un peu ? se plaignit Regulus en se retournant vers lui.

-Regarde où tu… »

Il ne finit pas sa phrase. Regulus venait tout bonnement de trébucher et était lamentablement tombé au sol, poussant un léger cri de surprise. Levant les yeux au ciel, Draco s'en approcha, le regardant avec une moue sur les lèvres.

« On ne court pas sans regarder où on va, jeune homme, dit-il en lui tendant la main.

-Si tu courrais devant moi, ça serait plus simple ! » râla Regulus en acceptant sa main.

Draco le tira vers lui, une moue sur les lèvres. Le printemps était arrivé depuis peu, la fin de l'année scolaire se rapprochait dangereusement. Pour autant, il n'était pas inquiet : Severus était totalement détourné de la voie qu'il aurait dû emprunter et les seules personnes capables de l'amener à Voldemort avaient également été écartées. Quant à Regulus, il avait encore un an pour être sauvé, même si c'était en bonne voie.

Lorsque le garçon fut debout, Draco baissa les yeux le long de son corps et grimaça en constatant qu'il s'était écorché le genou. Regulus ne semblait même pas l'avoir remarqué, occupé qu'il était à épousseter ses vêtements.

« Merlin, ayez pitié ! »

Pourquoi ce gamin devait-il être aussi sensuel dans ses mouvements, exactement ? Soupirant, Draco l'attrapa par la main et le tira vers l'orée de la forêt interdite. Il pouvait clairement voir une souche effondrée sur le sol, ce qui lui serait des plus utiles.

« Hé ! Mais… arrêtes, je voudrais…

-Tu ne veux rien du tout, gamin, répondit Draco. Tu es blessé au genou alors on va s'asseoir tranquillement et je vais soigner ça ! »

Regulus cessa de se plaindre, une légère moue sur les lèvres. Satisfait de son silence, Draco l'obligea à s'asseoir sur la souche, s'agenouillant ensuite pour regarder la blessure.

« Je me disais que ça piquait un peu, aussi, marmonna le jeune Serpentard.

-Ce n'est rien de grave, commenta Draco. Tout juste une petite écorchure… »

Il leva la main, passant cette dernière autour de la blessure. Un frisson le parcourut en sentant la peau douce du garçon.

« Merlin, aidez-moi : je me mets tout seul dans des positions plus que dangereuses ! »

Il soupira vaguement, continuant de longer les bords de la plaie. Devant lui, Regulus le regardait faire, la respiration légèrement rapide. Draco, trop concentré sur la plaie – ça valait mieux – ne remarqua rien.

« Bon, ce n'est rien que la magie ne peut guérir, dit-il au bout d'un moment. Ne bouge pas ! »

Il leva la main, la positionnant à quelques centimètres de la blessure. Se concentrant, il laissa la magie envahir la bague qu'il portait, celle-ci brillant légèrement alors que, sous un glapissement léger de Regulus, la blessure se refermait légèrement.

« Aïe, se plaignit-il. Comment se fait-il que soigner soit plus douloureux que la blessure ? »

Draco sourit en l'entendant.

« Chochotte, répliqua-t-il.

-Quoi ? s'énerva presque Regulus. Je ne suis pas une chochotte et je dis la vérité : ça fait mal ! »

Draco se contenta de rire alors qu'il poursuivait ses soins. Rapidement, la blessure fut totalement refermée, ne laissant qu'une vague trace de sang qu'il essuya avec un mouchoir traînant dans sa poche.

« Et voilà, dit-il au jeune homme. Comme neuf ! »

Il leva les yeux vers Regulus, le découvrant une moue furieuse aux lèvres, les joues légèrement roses. Sans pouvoir s'en empêcher, Draco leva la main pour la passer sur le visage du garçon, ce dernier devenant encore plus rouge. Un long silence accueillit le geste qui les étonnait tous les deux.

« Bon, dit Draco en se redressant vivement. Je pense que nous avons fait assez de sport, pour aujourd'hui. On rentre ! »

Et sans l'attendre, il tourna les talons, s'éloignant rapidement.

« Il faut que je mette de la distance entre nous et vite ! Sinon, ça risque de sacrément dégénérer… »

oOo

Les duels étaient terminés depuis longtemps. Non pas qu'Harry ne veuille plus se battre contre Severus, mais il avait besoin de discuter sérieusement avec lui. Le garçon était installé dans ses appartements. Il chinait tranquillement dans sa bibliothèque privée tandis qu'installer dans son fauteuil favori, Harry dégustait un de ses thés préférés en le regardant déambuler. Il avait expressément demandé à Draco d'éloigner Regulus pour cette conversation qui s'annonçait difficile, même si le garçon présent dans ses appartements lui faisait bien plus confiance qu'à n'importe qui. Au bout d'un moment, Harry reposa sa tasse de thé et se racla la gorge.

« Severus, s'il te plaît, dit-il, attirant l'attention du jeune homme. J'aimerai te parler d'un sujet plus que sérieux… »

Le jeune homme tourna son regard aiguisé vers lui et Harry frissonna. Il ne parvenait plus à voir en cet adolescent son professeur détesté. C'était une bonne chose, de son point de vue… mais c'était également dangereux, car il s'y attachait bien trop !

« Quelque chose ne va pas ? Demanda Severus en venant s'asseoir dans le divan faisant face à Harry.

-Non, non, tout va bien, répondit-il en se penchant pour le servir en thé, en reprenant également. Je voudrais que nous parlions de ton avenir, Severus. »

Le Serpentard leva un sourcil étonné dans sa direction.

« Que comptes-tu faire, une fois tes aspics passés ? »

Severus sembla réellement considérer cela. Il resta silencieux un long moment, haussant les épaules.

« Aller dans une école spécialisée en potion, dit-il vaguement.

-Mhmm, moui, je me doute que cette orientation serait la meilleure, pour toi… Cela dit… Je me demandais si cela te serait réellement utile. Leur niveau est plus que piètre et tu risques de t'y ennuyer. »

Severus haussa vaguement les épaules. Depuis leur discussion, début février, au sujet de Lily, il s'était considérablement relaxé en sa présence, bien qu'il restât sur ses gardes. Draco avait avoué à Harry que le jeune homme s'ouvrait bien plus encore en consultation, lui parlant librement de sujet douloureux.

« Ne penses-tu pas qu'entrer en maîtrise auprès d'un potioniste serait plus avantageux ? demanda d'amblé Harry.

-Si, si, je le crois, répondit Severus, mal à l'aise. Mais… et bien…

-Cela coûte cher, continua Harry à sa place. Et il te faut une recommandation spéciale, venant d'un sang pur reconnu, n'est-ce pas ? »

Le garçon sembla gêné alors qu'il acquiesçait.

« Je sais ce que c'est, murmura Harry. Non pas que je sois pauvre, mais il fut une époque où je manquais clairement de moyen pour subvenir à mes besoins… ou plus exactement, les personnes censées prendre soin de moi ne se gênaient pas pour m'en priver… Bref ! »

D'un mouvement souple, Harry se leva pour se diriger vers son bureau. Ce qu'il allait faire était difficile, car Severus pouvait très mal le prendre et refuser. Pour autant, Harry espérait que le garçon serait suffisamment raisonnable que pour accepter. De cette façon, non seulement le garçon serait définitivement en sécurité, mais en plus de cela, il aurait un avenir digne de son autre lui.

« Si on m'avait dit un jour que je serais heureux d'aider le bâtard des cachots à devenir un maître en potion renommé… »

Il retint son rire avec difficulté alors qu'il prenait un léger rouleau de parchemin pour l'amener à un Severus à l'expression curieuse.

« Tiens », dit-il en lui tendant.

Severus attrapa le document, jetant à Harry un regard sceptique.

« Lis. »

Doucement, Severus déroula le parchemin. Au fur et à mesure de sa lecture, il écarquilla les yeux de stupéfaction.

« Mais… mais… C'est…

-Une acceptation de maîtrise, lui dit Harry, souriant. Auprès de Claus Prafics.

-Mais… Prafics… Ce n'est pas… Enfin, je veux dire… »

Le Serpentard ne semblait manifestement pas s'en remettre, stupéfait qu'il était. Harry savait que la renommée de Claus Prafics, géni des potions reconnu dans le monde entier serait pour Severus le plus grand attrait. Sa seule arme pour lui faire accepter ce qu'il s'apprêtait à faire.

« Mais comment ? finit par demander Severus.

-Tu ne connais pas encore ma mère, Severus, lui dit Harry. Mais c'est une femme très… persuasive, très influente. Malheureusement, son influence m'a été donnée également. Crois-moi, tu comprendras lorsque le ministère finira par mettre la main sur mon certificat d'adoption et que la gazette le publiera… Mais bref ! Toujours est-il que j'ai parlé de toi à ma mère adoptive qui, intéressée, m'a demandé de me renseigner sur ton talent en potion…

-Les séances avec Drake…, murmura Severus. Tous le mois, il n'a pas cessé de m'interroger sur les potions, allant jusqu'à me demander de faire des expériences…

-En effet, répondit Harry, souriant. Il te testait pour ma mère. Et je dois dire qu'elle a été assez… satisfaite du rapport de Drake. Elle a donc contacté Claus afin de lui demander un petit service… En souvenir du bon vieux temps, m'a-t-elle dit, bien que je préfère ignorer ce qu'elle a sous-entendu par là… »

Il feinta de frissonner d'un air horrifié.

« Bref, Claus a accepté. Je l'ai moi-même rencontré, car si tu acceptes, je serais celui qui financera ton apprentissage…

-Pourquoi ? demanda Severus, le visage emprunt du choc. Pourquoi est-ce que tu…

-Parce que tu as les capacités, coupa Harry. Et rien ne m'énerve plus que de voir un talent comme le tien être gâché par manque de moyen. J'ai bien entendu pris quelques renseignements préalables, afin de savoir s'il n'existait pas des subsides de l'état pour des cas comme le tien, mais sans surprise, rien ! Et puisque cet incompétent de ministère ne veut pas aider les génies à se développer, je le ferai ! »

Severus le considéra avec une stupéfaction qui aurait fait hurler de rire Harry, en d'autre circonstance. A la place, il but un peu de thé.

« Gé…génie ? demanda le garçon, une légère rougeur s'installant sur ses joues. Tu penses vraiment que je suis un…

-J'en suis intiment persuadé, répondit Harry. Et je ne doute pas que deux ans en compagnie de Claus, en Australie, te seront plus qu'utiles… »

Severus resta un long moment silencieux, ses yeux revenant sur la longue lettre de Claus Prafics, celui-ci stipulant qu'il était plus que favorable à la venue de Severus dans son laboratoire australien pour un apprentissage de deux ans.

« Je ne peux pas accepter, dit le garçon, le visage soudain triste. C'est… C'est trop, Ash, je…

-Ce n'est rien, lui dit Harry. Rien de plus normal face à un talent comme le tien. Je n'ai pas eu à payer si cher pour que Claus accepte, Severus, il m'a suffit de lui parler de toi…

-Et que ta mère me recommande ! Et d'ailleurs, qui est-elle ? »

Harry soupira. Forcément… La curiosité de Severus ne pouvait laisser un tel mystère dans l'ombre.

« Sadrah, répondit Harry. Elle s'appelle Fixe Sadrah… »

Severus eut un hoquet de stupeur alors que ses yeux s'écarquillaient de stupéfaction.

« C'est… euh… C'est une blague ?

-Non, répondit Harry. Je suis son fils. Adoptif, mais son fils malgré tout. »

Severus semblait suffoquer et Harry se leva pour aller s'asseoir près de lui. Le garçon recula vaguement, comme gêné.

« Severus, peu importe que ma mère t'ait recommandé, peu importe l'argent que j'ai pu débourser, ça n'a pas d'importance…

-Mais ça en a pour moi ! cingla Severus. Pourquoi… Pourquoi Drake et toi faites tout ça pour m'aider ? Pourquoi est-ce que vous… Je ne comprends pas ! Pourquoi est-ce que vous vous acharnez ainsi sur moi ? Vous n'avez pas cessé de m'aider, depuis votre arrivée ! Et ne viens pas me dire que c'est parce que j'en ai besoin ! Vous avez d'autres élèves qui ont des problèmes, mais vous n'êtes pas avec eux comme vous l'êtes avec moi ! Pourquoi ? »

Harry le considéra un long moment. Severus n'était pas un idiot, il le savait pour l'avoir fréquenté de longues années, malgré lui. Et l'adolescent ne s'en laisserait pas compter pendant des années. Il était bien trop attentif que pour ne pas remarquer que Harry et Draco étaient tout particulièrement attachés à son avenir. Pourtant, Harry ne se sentait pas capable de lui dire la vérité. C'était trop tôt. Severus avait encore une trop grande rancœur envers James Potter que pour accepter l'aide de son fils venu du futur. Alors il n'avait pas d'autre choix que de mentir.

« Faut-il qu'il y ait une raison ? demanda Harry. Il n'y en a pas vraiment, Severus, si ce n'est que nous nous sommes attachés à toi, sans doute à cause de tout ce temps passé ensemble. Drake et moi n'avons pas eu, à proprement parler, une vie facile, tu sais ? Alors… nous avons juste tenté de rendre la tienne plus douce. Peux-tu nous le reprocher ? »

Il le regardait avec un léger sourire résolu, comme s'il tentait d'excuser un sentimentalisme sénile. Alors qu'en vérité, il priait pour que Severus accepte simplement ce mensonge éhonté.

« Je suppose que non, lui dit le garçon, après un moment d'hésitation. Mais… je ne peux quand même pas accepter cette maîtrise ! C'est beaucoup trop…

-Pas du tout, répondit Harry. Et si tu t'inquiète pour une éventuelle dette, alors faisons un deal, toi et moi…

-Deal ? demanda Severus, surpris.

-Oui, répondit l'ancien Gryffondor, souriant. Disons… qu'à compter d'aujourd'hui, quel que soit le moment et la potion, si je te la demande, tu devras me la fournir. Mettons une durée à ce deal, sans quoi, tu risques de te sentir exploité… hum… Dix ans ?

-Dix ans ! s'exclama Severus, stupéfait.

-C'est trop long ? Demanda Harry. Bon, cinq alors…

-Euh, non, dix ans, c'est bien… mais… Je pensais… Que peut-être… »

Il détourna les yeux, le feu aux joues. Harry leva un sourcil interrogateur. Qu'avait-il encore raté ?

« Je pensais que… tu essayais de m'éloigner… en m'envoyant deux ans en Australie… alors un marché de dix ans… euh… »

Harry resta un long moment silencieux, stupéfait. Comment diable Severus pouvait-il penser de telle chose ?

« Cette maîtrise n'est pas là pour t'éloigner de nous, Severus, lui dit sincèrement Harry. Tu ne te trompes pas en supposant que je veux t'éloigner… Mais ce n'est pas de Drake et moi… »

Severus le regardait, stupéfait.

« Quoi… Mais…

-De Voldemort, coupa Harry, faisant hoqueter le plus jeune. Tu as beau n'être qu'un sang mêlé à ses yeux, tu n'en reste pas moins un garçon talentueux qu'il pourrait tenter d'avoir sous sa coupe, que ce soit par la force ou non… Et je ne suis pas déterminé à le laisser t'avoir. »

Severus le considérait cette fois avec une réelle stupeur. Manifestement, il n'avait jamais envisagé ce cas de figure.

« Lui… me vouloir ? dit-il, étonné. Tu crois… ?

-Il aurait toutes les raisons de le faire, lui dit Harry. Comme je te l'ai dit, tu es un garçon talentueux, curieux, avide de faire ses preuves… Je ne dis pas ici que tu es faible d'esprit et que, de ce fait, tu lui cèderais facilement… Mais je connais Voldemort et ses méthodes d'approche… Et même si tu hésiterais beaucoup et regretterais amèrement ton choix ensuite, je suis presque persuadé qu'il pourrait t'amener à lui faire confiance. Si ce n'est de ton plein grès, il le fera par la force et cela… Je ne veux pas que ça arrive. Tu es quelqu'un de bien. Quelqu'un qui mérite de vivre libre. Et si je dois t'éloigner de l'Angleterre deux ans pour y parvenir, je ne me gênerais pas…

-Quitte à m'appâter avec une maîtrise unique, murmura Severus.

-Oui, répondit Harry. Cela dit, ce n'était pas mon idée… mais celle de Drake. Moi, je voulais juste te coller comme les satyres collent les nymphes… Euh… Non, mauvaise comparaison ! Disons… comme… euh… »

Il avait brutalement rougi alors que sa métaphore s'imposait fortement dans son esprit, faisant rire le plus jeune.

« J'ai compris, lui dit Severus, amusé. Il est donc dans mon intérêt d'accepter la maîtrise, c'est ça ?

-Oui, répondit Harry. Alors ? Tu acceptes ? »

Severus resta un long moment silencieux. Au bout de longues minutes qui parurent interminables à Harry, il lui adressa un léger sourire résolu.

« J'accepte, lui dit-il. Difficile de refuser une telle offre ! »

Harry se contenta de soupirer de soulagement, un large sourire aux lèvres.

oOo

Le manoir était situé dans le Hertfordshire. Il était grand, de construction victorienne, à la grande surprise de Draco et Harry. A côté d'eux, Fixe souriait d'un air un peu moqueur.

« Fermez vos bouches, vous êtes ridicules ! »

Ils avaient passé un grand portique marqué du symbole des Sadrah : une amphore ouverte sur laquelle était apposée le livre de la connaissance et entourée d'un cercle magique. Harry portait dorénavant une chevalière identique à l'écusson de sa nouvelle famille. Le portail était immense. Et le jardin encore plus ! Ils avaient été surpris par sa magnificence, par l'entretien manifestement récent des nombreuses plantes, l'incroyable profusion de fleurs de saison, qu'elles soient magiques ou non… Ce qu'Harry avait préféré était la présence du petit lac, un peu avant la maison. Un ruisseau serpentait dans toute la propriété et ils avaient souri en découvrant quelques fées aventureuses tournoyant aux abords de l'eau.

« Elles se sont installées ici sans autorisation, leur dit Fixe. Il y a cinquante ans maintenant… le ministère est au courant, mais il n'ose pas les chasser, car elles sont sur les terres des Sadrah… »

Harry hocha vaguement de la tête. Il ne pouvait détacher ses yeux de l'immense manoir face à lui. Le nouveau QG de l'ordre… Enfin, si l'ordre en question acceptait sa proposition, à la prochaine réunion.

« Venez ! »

Ils sursautèrent alors que Fixe se dirigeait vers les portes à double battant. Elle les poussa sans aucune difficulté, comme s'ils n'étaient pas verrouillés. A peine entrée, un elfe de maison courut dans sa direction.

« Maîtresse ! »

Il était petit, comme tous les elfes. Un nez en forme de banane – ou de bec de pélican, selon Draco – de grands yeux marron et des oreilles incroyablement longues ! C'est ce qui sauta aux yeux de Harry en premier. Le second fut ses vêtements, d'une coupe relativement correcte. Il était sans doute l'elfe le mieux habillé du monde. Quoi que… il ne connaissait pas tous les elfes !

« Bonjour, Tweet, dit Fixe, souriante. Cela faisait longtemps, n'est-ce pas ?

-Très longtemps, maîtresse ! Tweet est si heureux de revoir la maîtresse dans sa résidence d'Angleterre…

-Je ne reste pas, Tweet, prévint Fixe. Je suis ici pour introduire mon fils… »

Tweet écarquilla les yeux. Il tourna la tête vers les deux jeunes hommes laissés derrière et ses yeux les scannèrent avec attention. Il remarqua très vite la chevalière qu'Harry portait à son pouce gauche.

« Fils ? dit-il, les yeux figés sur Harry.

-Adoptif, répondit Fixe, un léger sourire amer aux lèvres. Tu t'en doutes, vu que je suis stérile… Bref, Ash Promise Sadrah que voici est mon fils… Et je me dois donc de l'initier… Lorsque ce sera fait, il sera officiellement ton nouveau maître et disposera de cette maison… Tu en es bien conscient, n'est-ce pas ? »

Tweet regarda de nouveau Fixe et hocha de la tête.

« Et Tweet en sera honoré, dit-il en regardant Harry. Tweet a entendu parler de l'homme horloge. Les elfes murmurent à votre sujet, Monsieur. Ils disent que vous vous dressez… Contre celui dont il ne faut pas prononcer le nom… »

Harry hocha de la tête.

« Je le fais, dit-il. L'homme horloge ? Est-ce donc ainsi que les elfes m'appellent ? Ma foi… C'est une bonne idée ! »

Il sourit poliment à l'elfe qui le regardait avec une pointe de respect et de crainte.

« Allons, Tweet, dit Fixe. Ne faisons pas attendre nos invités, n'est-ce pas ? Venez ! »

Sur ses mots, elle les entraîna dans l'immense hall d'entrée. Harry et Draco échangèrent un regard. La pièce était spacieuse et lumineuse, décorée sobrement dans les tons chauds de l'orient. Manifestement, Fixe adorait ses contrées, raison pour laquelle elle s'y était installée de manière définitive. Mais sa passion transperçait également dans la décoration de tout le manoir. Bien que le mobilier soit dans le plus pur style anglais et sorcier, les couleurs vives et chaudes invoquaient irrémédiablement la demeure orientale.

« Si la décoration ne vous plaît pas, vous pouvez changer, leur dit-elle, alors qu'ils traversaient un immense couloir de portrait. Ash, je te présente tes nouveaux ancêtres… »

Harry regarda chaque tableau. Les personnes présentes étaient pour le moins… originales. Toutes avaient une particularité. Des cheveux de couleurs différentes, des yeux sans pupilles, des tatouages, sur le visage, sur la main, le bras… En les observant, Harry remarqua que tous les tatouages représentaient les armoiries de la famille Sadrah, tout comme Fixe le portait directement sur le visage.

« Est-ce que je vais devoir…

-Oui, répondit Fixe. Tu as déjà choisi l'endroit, non? Après la cérémonie de ce soir, tu seras un Sadrah. »

Harry hocha de la tête. Fixe lui en avait longuement parlé. Depuis Noël, chaque dimanche, il retournait dans le Sahara pour recevoir des leçons sur la famille. Il avait été surpris d'apprendre tant de chose sur elle. C'était une famille étrange, presque secrète. Toutefois, elle avait été de toutes les guerres, de tous les évènements majeurs du monde de la sorcellerie et était respectée pour sa magie réputée puissante. Le plus incroyable était sans doute que beaucoup de Sadrah avait été adopté, tout comme Harry. Pour autant, ils avaient tous hérités, après un rituel magique, de la puissance de la famille. Draco avait grimacé en entendant ça et lancé un regard clair et net à Harry : Puissance ne voulait pas dire plus de possibilité de risquer sa vie !

« Techniquement, tu ne seras pas plus puissant, avait indiqué Fixe. Tu vas simplement pouvoir apprendre certains sortilèges qui ne sont réservés qu'aux Sadrah… Certains sont ridicules, d'autres… assez dangereux. A toi de juger quand les utiliser et quand les laisser de côtés… »

Harry était impatient de découvrir les sorts en question. Fixe ne lui en avait pas parlé plus que ça. Elle restait mystérieuse, sur ce point. A la place, elle lui avait enseigné à gérer le patrimoine Sadrah qui était assez colossal. Ils possédaient une maison dans pratiquement chaque pays du monde, un nombre incalculable d'employés qui géraient les affaires familiales et avec qui il fallait traiter constamment. Lors de leur entraînement, Harry n'avait jamais remarqué combien Fixe semblait occupée. Pour cause, ils étaient trop occupés à rester en vie. Cela dit, il était vrai que Fixe ne faisait pas grand-chose, pendant les entraînements, si ce n'est les engueuler. Elle avait tout à fait le temps de répondre à l'immense correspondance qu'elle entretenait avec ses associés. Associés qu'Harry avait rencontré, chaque dimanche, en compagnie de sa mère adoptive. Fixe semblait pressée de l'introduire à son monde et il se demandait vaguement pourquoi. Mais comme il craignait la réponse, il préférait ne poser aucune question.

« Bienvenu dans la pièce la plus importante de cette famille », murmura soudain Fixe, le ramenant au temps présent.

Harry sursauta en écarquillant les yeux. A côté de lui, Draco avait l'air tout aussi surpris. La pièce était ronde, entièrement. Elle n'avait pas de fenêtre, mais un toit uniquement en verre. Sur les murs étaient disposés des alcôves contenant des bustes représentant les ancêtres de la famille Sadrah.

« C'est ici qu'aura lieu la cérémonie, dit Fixe. Regarde au sol. »

Harry baissa les yeux. Il y avait l'emblème de la famille, gravé sur le sol et recouvert d'or. Le plus incroyables étaient les dizaines de runes magiques s'y trouvant. Elles étaient finement ciselées, mais Harry les distinguait sans difficulté.

« Quand le rituel sera terminé, le registre du ministère sera automatiquement mis à jour, annonça Fixe. Tu seras donc officiellement un Sadrah… Et à moins qu'ils ne jettent pas un œil audit registre, le ministère l'ignorera… Mais j'en doute. Une telle modification va probablement faire claironner toutes les alarmes de cette foutue baraque de gratte-papiers, alors prépare-toi mentalement, Ash… »

Harry hocha de la tête.

« Nous ferons le rituel cette nuit, lorsque la lune touchera le centre de la rose de verre ! »

Elle désigna le plafond et Harry pu clairement percevoir les fines gravures présentes.

« Malheureusement, le rituel demande que tu restes ici douze heures d'affilées, sans boire, sans manger… et entièrement nu ! »

Harry rougit.

« Raison pour laquelle je t'ai amené avant midi… Donc… Si tu voulais bien… »

Il le fit presque sans hésitation. Fixe l'avait déjà vu nu… Draco aussi ! Alors pourquoi tant de gêne ? Sans doute à cause du regard de chaque buste posé sur lui. Même s'il ne s'agissait que de pierre enchantée, c'était tout de même assez gênant de se dévêtir face à eux. Il laissa tomber chaque vêtement que Draco ramassa.

« Ta bague, aussi », indiqua Fixe.

Péniblement, il l'enleva pour la donner à son ami.

« J'en prendrais soin, promit Draco, un sourire moqueur aux lèvres. Courage ! »

Il quitta la pièce sans attendre.

« Assieds-toi au centre, lui dit Fixe. Et fermes les yeux… »

Il obéit avec complaisance. Il entendit clairement Fixe murmurer plusieurs sortilèges et sentit des rayons de magie l'entourer, le traverser et l'entraver au sol. Mais il n'opposa aucune résistance, comme le lui avait indiqué Fixe.

« Je reviens ce soir, lui dit-elle, sa voix semblant très lointaine. A bientôt. »

Et elle quitta la pièce, le laissant seul, exposé aux regards des bustes, complètement nu.

oOo

La journée avait filé à une vitesse folle, comme l'avait prédit Fixe. Elle lui avait affirmé qu'il ne verrait pas le temps passé, trop concentré sur lui-même que pour accorder de l'attention au temps. Et elle avait raison. Il ignorait quel sort sa mère adoptive lui avait lancé, mais toute la journée, il avait eu l'impression de revivre son passé. Et ça n'était pas agréable. S'il avait commencé la séance bien droit, elle se termina avec son corps courbé sur le sol, des larmes plein les joues. Il n'aurait pas dû être surpris, pourtant. Fixe l'avait prévenu que cette journée serait difficile et douloureuse. Il n'imaginait pas autant, cela dit.

« Tu es prêt pour la suite ? »

La voix de sa mère adoptive le ramena à la réalité, bien qu'elle lui semblât encore lointaine.

« Je suis prêt », dit-il d'une voix devenue rauque par des hurlements de souffrance poussés plus tôt dans la journée.

Fixe hocha de la tête. Harry ne devait pas ouvrir les yeux avant qu'elle ne le lui indique et il en fut heureux car il savait ce qu'était le liquide chaud coulant le long de son corps. Le sang des Sadrah… Fixe l'avait prévenue qu'il devrait en être recouvert de la tête aux pieds, à l'exception de l'endroit où il désirait que le tatouage apparaisse. C'est pourquoi il portait une fine pochette en plastique, collée sur sa main gauche. Il sentit vaguement les mains de Fixe étendre le sang sur son corps et retint un grognement à la sensation collante. Il pouvait sentir le liquide sécher sur sa peau, la coller avec force. Au même moment, une lumière puissante perça ses paupières closes et il savait qu'elle était due à l'illumination du symbole gravé sous son corps.

« Moi, Fixe Sadrah, reconnaît Harry Potter comme mon fils légitime… »

L'odeur de sang était intense et elle sembla grandir encore alors qu'Harry sentait le liquide couler lentement le long de son corps. Il serrait les dents pour ne pas vomir, bénissant presque son estomac vide. S'il avait mangé le matin même, il n'aurait probablement pas survécu à une telle sensation et à l'odeur épouvantable !

« J'en fais de part mon droit et mon sang le digne fils de notre famille. Son héritier ! »

Le sang continuait de circuler sur tout son corps et Harry le sentit descendre et se rassembler au niveau de sa main gauche. Il savait que s'il ouvrait les yeux, il pourrait voir une immense boule rougeâtre entourer son membre. Mais il les garda hermétiquement fermés, peu envieux de découvrir l'horrifiant spectacle.

« Acceptez-vous ? Ancêtres de la famille Sadrah, vous qui êtes représentés dans cette illustre pièce, vous qui l'avez étudié, analysé lors de cette journée… l'acceptez-vous ? »

C'était le moment. Harry ouvrit péniblement les yeux. Il fut surpris. Une lumière violette parcourait toute la pièce et tournoyait autour de lui. Il n'avait même pas senti le vent, trop concentré sur la sensation du sang sur lui. Quand il regarda sa main, il la vit en effet immergé dans une sphère rougeâtre. Mais ce ne fut pas ce qui le choqua. Ce qui le laissa totalement pantelant fut les contours spectrales tournoyant dans le rayon de lumière, des visages illustres de la famille Sadrah qu'il avait contemplé dans la galerie des portraits et dont les bustes étaient présents dans cette pièce.

Chacun défilait devant lui, apparaissant par intermittence, semblant se fondre dans le courant de magie. Il ne pouvait distinguer Fixe, bien qu'il la sache présente.

« L'acceptez-vous ? demanda encore la femme, d'une voix presque impérieuse.

-Oui ! »

La réponse fusa de toute part, tonitruante, presque assommante. Harry la reçut comme un choc violent et une douloureuse brûlure incendia sa main gauche. Il aurait voulu la saisir avec la droite, mais il était incapable de bouger, cloué sur place.

« Nous l'acceptons parmi nous. Nous l'acceptons dans notre famille. De part sa magie, sa personnalité, il en a été jugé digne ! »

La douleur augmenta. Il avait la vague impression que sa main était perforée de toute part et le sang des Sadrah semblait entrer directement dans son membre. Il sentait ses doigts bouger à une vitesse folle alors que le tatouage s'intégrait directement dans sa chaire et que le sang magique s'infiltrait, noircissait pour donner la marque des Sadrah. Harry n'avait pas conscience du hurlement qu'il poussait. Il ne l'entendit que lorsque tout cessa. La magie disparut brutalement et sa main cessa de chauffer. Elle lui picotait légèrement. La pièce était noire et il ne distinguait rien. Il se mit rapidement à trembler de froid, alors qu'il ne l'avait pas ressenti de toute la journée.

« Bienvenu, Ash, murmura Fixe en déposant une couverture sur ses épaules. A présent, tu fais partie de la famille. »

Plusieurs torches s'allumèrent alors et Harry put relever la tête vers celle qui était à présent sa mère. Il écarquilla les yeux de stupeur en croisant son regard. Ses yeux étaient de nouveau normaux. Ses pupilles étaient apparentes et, sur son visage, le tatouage de la famille Sadrah avait disparu.

« Mais…, dit-il, étonné.

-Tu es le nouvel héritier, dit simplement Fixe. A présent, c'est ton tour de porter les marques… »

Elle fit un mouvement de la main et un miroir apparût devant lui. Harry hoqueta en croisant son propre regard. Ses yeux étaient totalement dépourvus de pupille, simples iris d'un vert presque hypnotique. Et sur sa main, la marque noire des Sadrah semblait presque luire d'une lueur rouge.

oOo

« Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? »

Il marchait de long en large, à peine vêtu de sa cape, dans un salon décoré aux couleurs d'orient. Avachi dans un canapé, Draco le regardait marcher de long en large, un léger sourire aux lèvres.

« On va me regarder comme si… comme si…

-Comme si quoi ? demanda Fixe, amusée.

-Comme si j'étais un monstre de foire ! Bordel, tu ne crois pas que me prévenir que mes yeux allaient changer serait une bonne idée ? Et non d'un chien, qu'est-ce que c'est que ces lignes bleues que je vois partout ?

-Les protections, répondit Fixe. Tes yeux ont changé, tu l'as dit. Ils te permettent de voir les effluves magiques présentes dans ses murs… Avec un peu d'entraînement, tu pourras même voir le niveau magique de certains de tes amis… »

Harry répondit par un grognement agacé.

« Arrête de te plaindre, Ash, lui dit Draco, moqueur. Tu as un regard… D'enfer, tu sais ?

-Je suis mort de rire ! cingla Harry, le fusillant du regard. Et quoi, qu'est-ce que je suis censé dire aux gens ? Désolé, j'ai égaré mes pupilles et je ne parviens plus à mettre la main dessus ?

-Pas besoin de leur dire quoi que ce soit, intervint Draco. L'absence de pupille est clairement associé à un rituel magique chez les sangs purs, ils sauront d'office que tu as fait quelque chose… pour peu qu'ils voient ta main, ils comprendront que tu appartiens dorénavant à une puissante famille de sangs purs…

-Génial ! gronda Harry. Ah, oui, vraiment, parfait ! Et pourquoi ne pas le publier dans la Gazette directement ?

-Ne t'en fais pas pour ça, dit une voix qui les fit sursauter. Ça sera dedans, demain, à la première heure… »

Harry sursauta et tourna la tête vers la porte d'entrée. Dumbledore venait d'arriver et il souriait d'un air satisfait.

« Tu as de beaux yeux, Ash… »

Le concerné eut envie de se frapper la tête aux murs.

« Et vous trouvez ça drôle ? »

Dumbledore se contenta de hausser les épaules alors qu'il allait s'installer dans un fauteuil, invoquant aussitôt un service à thé. Une douce odeur de camomille se répandit aussitôt dans le salon, Fixe fronçant le nez.

« Camomille, dit-elle. Il n'y en a qu'un, ici, qui a besoin d'être calmé… »

Dumbledore sourit tout en servant chaque personne présente. Harry eut une moue mais obtempéra. Il alla s'avachir à son tour dans le divan, près de Draco, sa tasse en main.

« Donc, le ministère est déjà au courant ? interrogea Draco, passant un bras apaisant autour des épaules d'un Harry bouillant toujours de rage.

-D'après ce que je sais, le registre des familles s'est mis à luire toute la journée, à intervalle régulier. Pour autant, personne n'est parvenu à l'ouvrir jusqu'à ce soir, minuit où une décharge de magie pure a brutalement ouvert le livre et y a inscrit, sous le nom de Fixe ici présente « Ash Promise Sadrah ». Tu es donc tout désigné, Harry… Le ministère a été transformé en véritable fourmilière… attends-toi à être convoqué prochainement, ainsi que Fixe… Il est temps que le monde sache quelle place tu vas occuper… Et que tu te dresses définitivement et le plus officiellement possible contre Voldemort. »

Harry frémit en l'entendant.

« Tu vas devenir un leader de guerre… Tu es prêt ? »

Pour seule réponse, comme un enfant, Harry remonta ses jambes contre sa poitrine pour se blottir dans les bras d'un Draco retenant péniblement son fou rire.

« Allons, Potter, dit-il d'une voix moqueuse. Ce n'est pas comme si c'était la première fois, n'est-ce pas ? »

Le concerné répondit par un geignement terrorisé, déclenchant l'hilarité de son ami.

« N'importe qui se damnerait pour être à ta place, socialement parlant, j'entends, lui dit-il. Je me damnerais pour ça, je n'ai pas honte de l'admettre. Alors fais au moins semblant d'être content, d'accord ? »

Harry soupira contre lui. Il inspira un bon coup, fermant les yeux. La chaleur de Draco l'apaisait mieux que la camomille ingérée. Elle l'avait toujours fait, depuis six ans déjà.

« Je ferai semblant d'être content devant les autres, murmura-t-il. Devant toi… vous… Laissez-moi au moins être moi-même. »

Draco se contenta de hausser les épaules avec indifférence, tout en le serrant contre lui.

« Si c'est tout ce que monsieur Sadrah souhaite… »

Harry gronda, faisant rire les trois autres.

oOo

Les murmures sur son passage… Les regards presque respectueux, mêlé d'une… certaine crainte ? Harry était habitué à être le centre d'attention, mais là, vraiment… ça commençait à le faire royalement chier. C'est avec un sentiment de rage croissant qu'il se laissa tomber sur sa chaise, dans la grande salle. A côté de lui, Draco eut un sourire moqueur.

« Alors, la séance au ministère ? demanda-t-il, tout en se servant un peu de riz méditerranéen.

-Même Voldemort me paraît plus agréable », répliqua simplement Harry.

Il pouvait entendre chaque murmure des élèves.

« Tu as vu ses yeux ?

-C'est un Sadrah ! Tu te rends compte ? Un Sadrah ! Je ne pensais pas en rencontrer un, un jour !

-Il est encore plus beau ainsi… tu crois qu'il… enfin… je devrais peut-être allé en consultation… J'adorais être regardé de plus prêt par ses yeux…

-Je n'arrive pas à le croire ! Adopté par les Sadrah, ce type ! C'est Tu-Sais-Qui qui doit être furieux ! Il a fait une vraie déclaration de guerre contre lui, d'après mon père… »

Harry soupira. Certains commentaires lui donnaient le feu aux joues, notamment celui d'une Serdaigle qui avait murmuré qu'elle adorerait l'avoir entre ses cuisses… A côté de lui, Draco riait discrètement. Une de ses mains se posa sur le genou de Harry, le faisant vaguement sursauté.

« Tout ira bien, lui dit-il. Ils se lasseront. Au mieux, après les vacances de pâques, tu ne seras que Ash Sadrah, le psychologue de renommé mondial… Au pire, ils ne te lâcheront qu'à la rentrée prochaine. Soit patient ! »

En réponse, Harry se servit à son tour, tentant d'ignorer certains regards et commentaires réellement déplacés.

« J'ai l'impression d'être un bout de viande, dit-il.

-Je ne peux pas les obliger à se taire, Ash, intervint Dumbledore. Plus ils parleront, plus vite ils épuiseront leurs commentaires. Sois patient. »

Harry acquiesça. Sa visite au ministère avait été épuisante. L'ensemble de la presse était là et l'avait mitraillé de flash en l'assommant de questions ridicules. La seule qui l'avait intéressée était celle concernant sa position face au mouvement menaçant de Voldemort. Ce à quoi Harry avait répondu par un « J'y suis fermement opposé et je compte bien faire tout ce qui est en mon pouvoir pour le stopper ! ». Ses mots avaient été écris avec précision, il y avait veillé. Bientôt, et il n'en doutait pas, il allait recevoir des attaques, qu'elles soient dissimulées ou non, des alliés de Voldemort. Sans oublier le changement de camp de certains de ses adversaires dont il devrait toujours se méfier…

« Tu vas bien ? demanda Draco, attirant son attention.

-Non, j'ai la nausée, répondit Harry. Ils vont probablement bientôt s'en prendre à toi…

-Je sais, répondit Draco. Ne t'inquiète pas… »

Ils mangèrent un instant en silence avant que Draco ne soupir, regardant vaguement la table des Serpentard.

« Nous sommes déjà en mars, dit-il. Que penses-tu d'essayer de réconcilier nos deux Black ? »

Harry jeta un œil à Sirius. Ce dernier était occupé à plaisanter avec James, sous l'œil ennuyé mais légèrement amusé de Lily et celui clairement hilare de Remus. Un peu en retrait, Peter écoutait, bien que semblant distrait.

« D'accord, dit-il. On fait ça quand ? Vendredi ? Je peux demander à échanger la séance de James et de Sirius… Quant à toi, si tu convoques Regulus, ça ne lui posera aucun problème… »

Il eut un sourire un peu moqueur tout en parlant. Draco se contenta de siffler d'un air agacé. Il avait beau nié, Harry n'était pas idiot. Il avait bien remarqué la soudaine attirance de son ami pour le jeune Serpentard. Quant à Regulus… Harry le soupçonnait d'être amoureux de Draco depuis un bon moment, déjà.

« Vendredi, ça ira, lui dit-il en se levant brusquement. J'ai des plantes à cueillir ! On se revoit tout à l'heure ! »

Harry hocha de la tête et eut un léger sourire. Alors que Draco traversait la salle, personne ne le regardait… sauf Regulus, qui ne le quitta pas des yeux.

oOo

Il n'était pas jaloux. Pas réellement, en tout cas. Bon, d'accord, peut-être un peu ? Mais comment ne pas l'être. Si Harry détestait l'attention, le pouvoir, ce n'était pas son cas. Il avait toujours adoré ça et, comme bien souvent, il était celui qui en était dépourvu. Non pas qu'il n'ait pas sa propre importance… il en aurait d'autant plus lorsqu'il serait reconnu comme un Malfoy. Mais il ne serait jamais qu'un bâtard. Le bâtard caché d'Abraxas Malfoy… Le demi-frère de Lucius. Il devait admettre que la répugnance de Harry pour sa condition l'aidait légèrement à supporter l'ombre qu'il projetait sur lui… et puis, il aurait dû en être heureux : il était un minimum protéger… mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux, ce qui provoquait en lui un fort sentiment de rage.

Et comme il ne pouvait pas se frapper et qu'il refusait de se défouler sur Harry, il préférait s'isoler. C'était idiot, il le savait… Mais il en avait besoin. Et quoi de mieux que de cueillir certaines plantes dans la forêt interdite ? En soit, c'était une mauvaise idée, mais Draco n'en avait pas trouvé de meilleur pour se calmer. Enfin, si, il en avait une bien meilleure, mais il n'avait pas envie que les Black portent plainte pour détournement de mineur !

« Saleté de gosse trop séduisant », marmonna-t-il, tout en s'abaissant pour attraper quelques fleurs d'Erithropia.

Il les fourra rageusement dans la besace qu'il avait amenée, ne se préoccupant pas de les mélanger avec les autres éléments. Il serait toujours temps de les nettoyer par après.

« Tiens, tiens, tiens, fit une voix froide, le faisant sursauter. Qui voilà ? Si ce n'est pas un de ces chers psychologues de Dumbledore ? »

Draco hésita avant de se retourner. Il pouvait simplement transplaner rapidement pour s'éloigner un minimum de l'éventuelle menace. Il pouvait aussi se transformer en rouge gorge et s'enfuir à tire d'ailes. Mais il était curieux. Curieux de voir si lui aussi, il serait capable de se battre aussi bien que Harry. Ils avaient eu le même entraînement. Ils avaient leur propre point fort, leurs faiblesses bien particulières… Il pivota donc lentement pour faire face au visage blême et aux yeux rougeoyant de Voldemort.

« Vous m'excusez de vous déranger dans votre cueillette, monsieur Manfred… Mais j'aimerais… discuter un peu, avec vous. Je pense que certaines propositions pourraient vous intéresser. »

Draco éleva poliment un sourcil et posa sa besace au sol. Presque avec courtoisie, il eut un léger mouvement invitant à poursuivre.

« Mais je vous en prie… Faites donc ! »

A suivre…

A dans un mois mes petits poulets !

Modification: Mon hésitation n'a plus lieue d'être. Au risque de décevoir les fans d'HPDM... Je demeurre dans mon choix initiale soit le HPSS et DMRB... Sur ce, à dans un mois!