Auteur : Umbre77

Titre : La magie d'une fleur

Résumé : Capturé par Voldemort, Harry n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite. Mais Draco Malfoy, lui, n'a aucune envie de mourir ! Quitte à changer le passé pour se sauver !

Note de l'auteur : Hé bien… Me voilà bien en retard, n'est-ce pas ? Pour me faire pardonner, je vous offre 36 pages de texte…Satisfaisant ?

Ce chapitre n'était pas du tout prévu pour être tel qu'il est. La relation Harry/Fabian m'a pris du temps et m'a surtout énormément bloquée ! J'ai longtemps hésité, contourné pour y revenir. Votre avis sera plus que le bienvenu.

Les relations sont mises à l'honneur. J'espère que cela vous plaira. Sur ce, j'ignore quand viendra le chapitre suivant. Je suis très inspirée par cette histoire actuellement mais aussi fort occupée. Je fais de mon mieux. Ça ne viendra pas avant le mois d'août, c'est une chose certaine. Quand, par contre… Patience, donc ^ ^

A bientôt, bonne lecture !

Chapitre 26 : Relations

Ce lundi là, Draco regarda Regulus entrer dans son bureau avec une satisfaction presque dangereuse. Tout naturellement, il n'était pas allé lui ouvrir la porte, était resté assis à son bureau et le contemplait en train de traverser la pièce, l'air embarrassé, pour aller s'asseoir dans le fauteuil disposé devant sa table de travail. La tête coincé sur ses deux mains jointes sous son menton, Draco se retenait de sourire. Car ce serait assurément un sourire taquin, séducteur et qu'il n'était pas censé avoir ce type de relation avec Regulus. Enfin… pas encore. Légèrement intimidé, le jeune homme s'installa en face de lui. Draco pouvait le voir se forcer à ne pas gigoter sur sa chaise, nerveux face à son regard.

« Détends-toi, souffla Draco, laissant échapper une voix plus charmeuse qu'il ne le voulait. Je ne vais pas te manger… »

Il l'avait dit avec ironie et s'amusa du trouble de l'adolescent. Il aurait pu passer toute l'heure suivante à le gêner, mais il savait que ce n'était pas le moment. En outre, même pour lui, ce comportement était dangereux : placé sur la pente de la séduction, il risquait de se laisser glisser sans s'en rendre compte. Aussi reprit-il, difficilement, son sérieux.

« Plus tard dans la journée, Ash va proposer à Sirius que vous veniez tous les deux vivre au QG de l'ordre du phénix. Je suppose bien entendu que tu sais ce qu'est l'ordre ?

-Euh… je sais que c'est un ordre qui lutte contre… vous-savez-qui…

-En effet, répondit Draco. Le QG est plus protégé qu'un galion à Gringotts alors tu n'y risqueras rien. La seule obligation que tu auras sera de ne pas espionner les éventuelles réunions que nous y tiendrons. Tu n'as aucune autre règle. Est-ce que cela te tente ? »

Regulus sembla un instant surpris qu'il lui pose la question. Il resta un instant interdit puis haussa les épaules, se reprenant.

« Ce n'est pas vraiment à moi de décider, si ? Je veux dire… je vais devoir suivre Sirius et…

-En fait, tu as le choix de ne pas le suivre si sa décision ne te convient pas. Ash m'a donné ce papier pour toi. Sirius recevra le même. C'est un avis d'émancipation. Ta mère nous l'a renvoyé sagement hier. Quand tu l'auras signé, tu seras officiellement ton propre maître. »

Il fit glisser le papier sur la surface de son bureau jusqu'à Regulus qui le saisit et le regarda. Le sceau de Wilburga Black était sagement apposé en bas à gauche, accompagné d'un paraphe élégant. Regulus le regarda pendant un long moment, soupira et leva les yeux vers lui.

« C'est aussi simple que ça, dit-il. Juste deux signatures et c'est terminé… »

Draco se contenta d'hocher de la tête. Regulus fixait le papier de ses yeux insondables mais son visage et son corps criaient la soudaine peine qu'il ressentait. Qu'importe que les relations avec ses parents soient difficiles, le fait d'y mettre un terme officiellement devait être douloureux et Draco savoura l'ouverture d'esprit de ses propres parents. Oh, Lucius l'aurait obligé à épouser une femme, il en était certain. Mais il ne l'aurait pas empêché d'entretenir une relation avec un homme. Parce que cette liberté faisait partie du privilège d'être un Malfoy. Qu'importe que les relations entre lui et son épouse en pâtissent…

« Si tu veux en parler, finit-il par dire, après un long moment de silence et d'immobilité pour Regulus.

-Non, pas vraiment, répondit le garçon. De toute façon, il n'y a rien à en dire. C'est comme ça. »

Il regarda les ustensiles présents sur le bureau et Draco lui tendit sa plume et son encrier. Avec beaucoup de soin, Regulus dévissa le bouchon, trempa la pointe de la plume, l'égoutta avec lenteur puis il signa le parchemin avec autant d'élégance que l'avait fait sa mère, écrivant ensuite son nom en lettre manuscrite. Il reposa la plume sur l'écritoire et souffla sur l'encre qui avait pourtant sécher presque instantanément.

« Et maintenant ? dit-il.

-Ash le renverra avec celui de Sirius à la personne responsable au ministère. Suivra un courrier où ils vous demanderont probablement quelques renseignements, notamment votre adresse. Si tu as besoin d'aide pour le remplir… tu n'auras qu'à nous les rapporter. »

Regulus hocha de la tête en réponse alors que Draco rangeait précieusement le formulaire dans son tiroir.

« Cela étant fait, dit-il. Nous avons une consultation à…

-Le fait que je sois émancipé, interrompit Regulus. Ça… ça ne change rien ? »

Seule la rougeur sur les joues de l'adolescent lui permit de comprendre le sens de sa question. Il dut se retenir pour lui répondre que si, ça changeait. Ce n'était pas le cas. Regulus demeurait son patient, émancipé ou non.

« Normalement, ça change, dit-il. Tu es majeur et responsable. Mais… tu restes mon patient. »

Regulus grimaça à cette entente et Draco esquissa un sourire amusé. Il se recula dans son siège, s'installant convenablement. Jambes croisées, mains unies devant son visage, il le fixait d'un air dangereusement séducteur.

« Donc, dit-il. Tu es maintenant un adulte majeur et responsable. Dis-moi ce que tu comptes faire de ta vie, plus tard ? »

Regulus haussa les sourcils. Il se détendit légèrement. La conversation n'était pas la même que celles qu'ils avaient eues jusque là. Ce n'était pas une consultation. C'était une sorte d'apprentissage.

« Je m'intéresse… à la médicomagie, depuis récemment, avoua Regulus.

-Médicomagie ? interrogea Draco. Mais il me semble qu'il te manque des options. Tu n'as pas pris potion, ni Soins aux Créatures…

-Il y a un stage d'été, expliqua Regulus. On peut récupérer les options manquantes avec…

-Mais potion risque d'être difficile à rattraper. Deux ans en deux mois ? C'est possible ?

-J'aurai Potion en rattrapage pendant quelques mois, expliqua l'adolescent en haussant les épaules.

-Tu en as parlé avec Slughorn ? Il peut peut-être te donner quelques leçons ?

-Je lui en ai parlé mais… »

Regulus eut une moue révélatrice : Horace Slugohn ne s'autorisait une certaine proximité avec des élèves que s'ils étaient célèbres ! Et la famille Black, bien que prestigieuse, n'était pas suffisamment remarquable !

« Et Severus ? demanda Draco. As-tu déjà pensé à lui demander ?

-Il va partir en maîtrise, non ? demanda Regulus. Il m'en a parlé. Il a l'air si joyeux à chaque fois qu'il en parle…

-Oui, mais pas avant la fin août, expliqua Draco. Il va vivre au QG, lui aussi, selon ce que j'ai compris. Il pourrait t'aider ? Ou… je peux le faire, si tu le souhaites. J'ai un assez bon niveau. Je ne serai jamais aussi bon que Severus qui est un véritable géni dans le domaine.

-Vous… vraiment ? demanda Regulus, ravi. Vous m'apprendriez ?

-Seulement si tu me tutoies, répondit Draco avec un sourire de chat devant une souris innocente.

-Euh… Oui. Oui, bien sûr. Mais…

-Uniquement en privé, bien sûr, dit Draco, se doutant de la question. Je t'aiderai le samedi, pour commencer. Mon horaire va bientôt s'alléger grâce à l'approche des examens, mais je me doute que tu as tes propres examens à étudier, donc, je propose que nous ne nous voyions pas pendant cette période. Il faudra que tu aies les meilleures notes. Je t'aiderais également l'année prochaine, si tu le souhaites….

-Oui, oui, avec plaisir ! » s'exclama Regulus, manifestement ravi.

Draco esquissa un sourire. Etait-il aussi transparent, adolescent, lorsqu'il tentait de se rapprocher de quelqu'un ? Il était certain que non, mais lui n'avait pas été isolé dès l'âge de 11 ans par ses camarades de classe. Il était en position de force, se sentait supérieur… alors que Regulus, lui, devait souffrir d'un horrible complexe d'infériorité, mêlé à une bonne d'ose de peur d'être rejeté… Il allait devoir faire attention avec lui. Très attention. Et étonnement, ça ne le dérangeait pas du tout !

oOo

Harry adorait Remus. Il l'avait toujours apprécié, par le passé, mais ce jour là, il l'adora. Pour la simple et bonne raison qu'il n'avait vraiment pas envie d'écouter des gens parler, pour une fois ! Et que Remus profitait toujours de sa consultation pour dormir. Les rideaux tirés, le bureau était plongé dans l'obscurité à l'exception de la baguette d'Harry qui éclairait les pages d'un énorme grimoire qu'il avait déniché dans le manoir Sadrah, deux jours plus tôt. C'était un ensemble de sortilèges destinés aux duels. La majorité lui était déjà connue mais il ne pouvait s'empêcher de parcourir le grimoire, à la recherche d'un nouveau sort, d'une nouvelle attaque qui, peut-être, lui permettrait d'entraver des mangemorts plus rapidement.

Depuis qu'il était entré en possession des biens de la famille Sadrah, il se donnait à cœur joie à l'étude de tous les livres de sorts oubliés qu'il pouvait trouver. Tweet, l'elfe de maison dorénavant à son service, se faisait une joie de l'aider à éplucher les livres présents dans l'immense bibliothèque du manoir anglais. Harry était très intéressé par la perspective de farfouiller dans les autres habitations, mais il n'avait pas encore eu la possibilité de quitter l'Angleterre.

« Et ce n'est pas avec le travail que j'ai actuellement que je vais y arriver », soupira-t-il.

Au son de sa voix, Remus gigota dans le canapé mais ne se réveilla pas. Harry replongea aussitôt dans son grimoire. Sort de congélation, d'immobilité, d'écrasement des membres… Il souffla en passant une main négligente dans ses cheveux. Depuis quelques temps, il laissait sa tresse pendre dans son dos car il avait besoin d'avoir accès à son front afin de le masser. Draco était déjà furieux contre lui à cause des migraines horribles qu'il subissait depuis quelques jours, mais il n'y pouvait rien. Persuadé que Voldemort préparait quelque chose, il ne pouvait s'empêcher de lire, même la nuit, divers grimoires poussiéreux afin de se préparer. Le mage noir avait acheté divers objets trop mystérieux et il recherchait également ardemment leur propriété en fournissant à un Lucius Malfoy excédé des photographies d'items magiques. Malheureusement, aucuns ne correspondaient aux objets achetés par Voldemort.

« Il va encore me faire un de ses coups sournois en fin d'année et je ne pourrais rien faire pour l'éviter ! »

Harry referma le livre et s'appuya confortablement dans son fauteuil, levant le visage vers le plafond afin de bien appuyer son crâne contre le dossier. Il ferma les yeux un instant, du moins le crut-il car il fut secoué plus tard par un Remus à l'air embarrassé.

« Euh… Il est déjà midi… »

Harry mit quelques secondes à comprendre.

« Mi…. Midi ! s'écria-t-il. Mince, mes autres consultations ! »

Il se redressa et s'empressa de sortir dans le couloir. Il n'y avait qu'un élève à l'air interrogateur.

« Je suppose qu'ils sont juste repartis après avoir frappé, dit Remus à côté de lui. Désolé…

-Ce n'est pas votre faute, Remus, lui dit Harry en passant une main agacée dans ses cheveux. Je me suis endormi aussi… Je vais vous faire un mot pour vos cours. »

Il rentra à nouveau dans son bureau, attrapa un parchemin sur lequel il justifia l'absence de Remus par un « Consultation prolongée », puis signa.

« Voilà, dit-il en tendant le papier au lycanthrope. Si un de vos professeurs posent problème, n'hésitez pas à venir me trouver, je règlerais ça avec eux, d'accord ?

-D'accord, répondit Remus. Merci. Euh, pour la semaine prochaine…

-Je sais, coupa Harry. A l'approche des ASPICs, vous préférez ne pas venir, c'est ça ?

-Oui, c'est ça, répondit Remus, l'air embarrassé.

-Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas le premier. De toute façon, je pense que vous et moi n'avions pas vraiment besoin de nous voir… Votre principal problème était votre tendance à croire que vos amis allaient vous rejeter, mais vous savez que c'est faux, n'est-ce pas ?

-Euh… je crois, oui, dit Remus, détournant les yeux.

-Remus, soupira Harry. Loup-garou ou non, vous êtes quelqu'un de bien. De très bien ! Alors cessez de vous dévaloriser continuellement. Vos amis vous aiment et vous estiment. Ils braveraient tous les dangers pour vous et vous le savez. Alors oui, en sortant de Poudlard, vous allez tous prendre un peu de distance les uns par rapport aux autres, mais n'identifiez pas ce comportement comme un rejet car ce n'en est pas un. Chacun d'entre eux vous aime à sa façon et ils vous appelleront toujours. Et si jamais vous avez le moindre problème, je dis bien le moindre… Venez me voir. Vous serez toujours le bienvenu, d'accord ? »

Le jeune homme hocha de la tête, l'air à la fois bouleversé et hésitant.

« D'accord, dit-il. Merci, Ash… vous êtes vraiment gentil avec moi. »

L'expression attristée de Remus ne le trompa pas : le garçon estimait qu'il ne le méritait pas. Soupirant, Harry s'approcha de lui pour poser une main consolatrice sur son épaule.

« Vous êtes quelqu'un de merveilleux, lui dit-il. N'en doutez pas. Votre différence ne fait pas de vous un monstre, elle fait juste de vous quelqu'un de différent. Et ce n'est pas une mauvaise chose.

-Vous ne diriez pas ça si vous me rencontriez un soir de pleine lune, lui répondit Remus, tendu comme un arc.

-Je suis un animagus, révéla Harry sans hésiter. Si je vous rencontrais un soir de pleine lune, je n'aurais rien à craindre, dès lors que je serais assez rapide que pour prendre ma forme animale. Cessez de culpabiliser, Remus… vous n'êtes pas un monstre. Vous êtes un bon garçon. Et je suis certain que vous deviendrez un adulte incroyable. Il faut juste que vous cessiez de vous détester ainsi.

-Ce n'est pas facile, marmonna Remus. J'ai… j'ai déjà failli tuer un humain. »

Harry ne réagit pas. Il savait de quoi parlait le jeune homme.

« Vous voulez parler de Severus, n'est-ce pas ? demanda-t-il. Je le sais fort bien… Albus m'en a parlé à mon arrivée. Ça n'était pas votre faute, vous le savez. Sirius est celui qui a eu l'idée stupide d'emmener Severus jusqu'au saule… Vous ne vous contrôlez pas ces nuits là, Remus. J'en viens même à penser que ce n'est pas vous, mais quelqu'un d'autre. On ne peut pas se reprocher de ne pas contrôler quelqu'un d'autre, même s'il est dans son propre corps ! Vous savez, tout au fond de vous, que j'ai raison. Reste à vous écouter, maintenant… »

Remus eut un sourire désabusé.

« Le plus dur, je suppose, dit-il. Merci, en tout cas. Ça m'aide de savoir qu'il y a des gens qui pensent comme vous…

-Nous ne sommes pas assez nombreux et je le regrette, dit Harry. Les préjugés ont la vie dure… Allez manger, maintenant. Vos amis doivent se demander où vous êtes. Mais n'hésitez pas à venir me voir, Remus. Ce n'est pas de la pitié, ni une offre faites sur un coup de tête. Vous êtes le bienvenu chez moi, dans ce bureau, quand vous voulez.

-D'accord, répondit le lycanthrope. Merci. »

Harry se contenta de resserrer la prise sur l'épaule menue puis le guida jusqu'à la sortie. Il referma la porte en soupirant et s'empressa ensuite d'aller rédiger une note d'excuse pour ses deux patients de fin de matinée. Les pauvres avaient du attendre un long moment qu'il réponde… Il justifia son manque de réactivité par une « thérapie du sommeil » et leur proposa de convenir d'un autre rendez-vous le week-end s'ils le désiraient, de préférence le dimanche. Il rédigea ensuite une note rapide signalant aux élèves que les consultations devenaient dorénavant facultatives étant donné l'approche des examens, en particulier pour les septièmes et les cinquièmes années, sauf s'ils désiraient avoir un cours particulier dans une matière précise.

Satisfait, il multiplia la petite affiche qu'il se promit de donner aux professeurs responsables des différentes maisons afin qu'ils les distribuent aux élèves concernés. Puis, soupirant, il retourna s'asseoir à son bureau.

« Tweet ! » appela-t-il calmement.

Un pop discret se fit entendre et le calme petit elfe de la maison Sadrah apparut.

« Oui, maître ? dit-il en s'inclinant.

-Bonjour, Tweet, répondit Harry, s'amusant encore de la stupéfaction de l'elfe. Pourrais-tu m'apporter un autre livre de sort de la famille ? Ah et de quoi manger ?

-Vous avez déjà fini celui-ci ? demanda l'elfe en désignant l'épais grimoire qu'Harry tenait.

« Oui, je les connaissais plus ou moins. Fixe nous a déjà transmis beaucoup de sorts lors de notre apprentissage. Oh, ramène aussi un livre parlant des invocations. »

Tweet hocha de la tête, bien qu'il ait l'air un instant mal à l'aise.

« Maître, dit-il finalement. Qu'en est-il des livres… des livres interdits ? »

Harry tourna la tête en direction de l'elfe, étonné. Fixe lui avait vaguement évoqué ces grimoires. Elle lui avait demandé de ne pas y toucher sans sa présence car elle désirait lui apprendre les risques présents à utiliser ce qui était introduit dans les manuels. Il secoua donc la tête, bien qu'une envie féroce le tannait de demander à l'elfe de les lui apporter.

« Pas tant que Fixe ne me les enseignera pas, dit-il à l'elfe. Merci, Tweet. »

Ce dernier s'inclina et disparut, l'air rassuré. Harry s'appuya dans son siège avec une expression curieuse sur le visage. Que contenait, exactement, les livres interdits de la famille Sadrah ? Un coup frappé à la porte éloigna les pensées d'Harry et il se redressa alors qu'il indiquait à son visiteur d'entrer. Sans surprise, il s'agissait de Draco, l'air revêche.

« Tu boudes la Grande Salle… Encore ! dit-il, agacé.

-Mhmm, désolé, répondit Harry en se relaxant, lui indiquant d'entrer. Tweet doit m'apporter à manger ainsi qu'un nouveau livre et…

-Et tu as l'air plus reposé que ce matin, l'interrompit Draco. Tu as fait une sieste avec Lupin ?

-Oui, une sieste prolongée, d'ailleurs… Mais bon, bref. Assieds-toi, je suppose que tu veux rester.

-Tu supposes bien. Qu'as-tu demandé à Tweet ?

-Un livre de sort et un autre concernant les invocations. Et de quoi manger. »

Une seconde plus tard, l'elfe apparut à nouveau, deux livres sous un bras, une assiette couverte d'une cloche en argent dans sa main libre.

« Comment s'est passé ta séance avec Regulus ? demanda Harry, curieux, alors qu'il remerciait l'elfe d'un mouvement de tête, ce dernier disposant le plat devant lui. La même chose pour Drake, s'il te plait, chuchota-t-il à la créature.

-Bien, répondit l'ancien Serpentard. Il a été un peu bouleversé par le rejet expéditif de sa mère… mais globalement, je pense que ça a été. Il accuse le coup. On a discuté de ses projets d'avenir. Il veut devenir médicomage. »

Harry haussa un sourcil surpris. Médicomage ? Regulus Black ? Ce n'était pas du tout le domaine dans lequel il l'imaginait.

« Vraiment ? dit-il. Est-il conscient qu'il va devoir travailler ? »

Draco esquissa un sourire amusé.

« Non, mais je vais m'appliquer à lui faire comprendre. Dorénavant, je dois lui donner des cours de potions, les samedis après-midi... »

Harry grimaça, bien qu'intérieurement satisfait : occupé avec Regulus, Draco ne pourrait plus le priver de la compagnie de Severus.

« Bon, dit-il en découvrant son plat pour saliver presque devant un steak légèrement saignant accompagné de pomme de terre fritte et d'une légère salade de légume. Tu ne m'en voudras pas si je ne reste pas pour ces leçons, je suppose…

-Non, pas du tout, répondit Draco en faisant apparaître une tablette flottante où Tweet disposa un plat similaire à celui d'Harry. Bon appétit.

-Ne sois pas imprudent avec Regulus, prévint Harry. Tu sais que c'est encore dangereux.

-Ne t'inquiète pas, je sais ce que je fais…

-Permets-moi d'en douter, lui répondit Harry.

-Je serai sage comme une image ! »

Et il esquissa un petit air innocent qui fit secouer la tête d'Harry. Après une longue hésitation pendant laquelle ils mangèrent en silence, Draco se décida à poser la question qui le rongeait.

« Est-ce que…ça te dérangerait ? Si je cédais…à Regulus, je veux dire. »

Harry cessa de manger pour le regarder avec intérêt.

« Non, dit-il. J'ai surtout peur des conséquences mais… et bien, si tu devais céder, je ne serais pas en colère. Juste inquiet. Tu sais comment je suis. Mais non, je ne serais pas dérangé ni déçu, si tu te poses la question. Je veux juste que tu sois prudent. Et… je pense qu'il serait bien de lui dire qui tu es avant d'aller… trop loin.

-Avant que je couche avec, en gros, dit Draco en renversant la tête en arrière. Mais la question est : veux-je lui dire ? Est-ce suffisamment important que pour risquer notre secret ?

-Tu es le seul à le savoir, ça, répondit Harry. Tu doutes ? »

Draco haussa les épaules, l'air mal à l'aise.

« Ne joue pas au psy avec moi.

-Ce n'est pas le cas, répondit Harry. J'essaye juste d'aider un ami.

-Et de foutre ton sale nez curieux dans mes affaires !, fit remarquer Draco. Je ne doute pas vraiment… je ne sais juste pas si je l'aime assez que pour lui révéler ça. Je suis attaché à lui. Je le trouve touchant, trop fragile et une part de moi veut sans doute le protéger de son mieux. Je le désirs également et plus que je ne le devrais pour quelqu'un qui est si jeune… Mais… Est-ce assez ? Suis-je vraiment amoureux ? Et m'aime-t-il assez que pour garder notre secret ?

-Seul le temps te le dira, lui signala Harry.

-Je sais, répondit Draco en soupirant. Mais ai-je vraiment envie d'attendre d'avoir cette certitude ou… Je ne sais vraiment pas. C'est compliqué, important… je ne veux rien gâcher.

-Je comprends, lui dit Harry. Prends le temps d'y penser. Teste Regulus, aussi. Peut-être t'apportera-t-il la réponse de lui-même.

-Peut-être, oui, répondit Draco. En parlant de relation, tu as acheté des vêtements pour ta sortie avec Fabian ?

-Non, pas encore, répondit Harry. J'irai demain pendant l'heure de midi. Tu veux m'accompagner ?

-Mhmm, non, je n'ai pas une pause de midi aussi longue que la tienne ! Mais je compte sur toi pour bien sélectionner la tenue. N'oublie pas que c'est un concert… entre amis.

-Oh, ça va, j'ai fais des progrès niveau mode, que je sache ! Maintenant mange et arrête de te moquer de moi ! »

Draco retint quelques phrases sournoises et plongea le nez dans son assiette pour cacher son hilarité. Oh qu'il avait hâte d'être vendredi ! Un petit rouge gorge passerait tout à fait inaperçu !

oOo

La semaine passa vite, au grand plaisir de Draco qui ressemblait de plus en plus à un vil serpent qu'à un rouge gorge. Il n'avait cessé de taquiner Harry qui, bien entendu, n'avait absolument pas compris de quoi il retournait. Le survivant n'avait manifestement pas remarqué que, depuis leur arrivée, Fabian Prewett le dévorait du regard et ne cessait de tenter une approche. Son invitation au concert était une piètre tentative de passer quelques moments seuls avec Harry et, peut-être, de se déclarer ! Et Harry, innocent, inconscient, fonçait vers ce grand moment avec une indifférence presque envieuse.

Il ne l'aurait avoué pour rien au monde mais Draco était loin d'être aussi serein qu'il le souhaitait lorsqu'il s'agissait de Regulus. Il se sentait agité, craignait chaque seconde de flancher et de dépasser une limite qu'il s'imposait peut-être à tord, mais qui était nécessaire. Parfois, il enviait Harry et son handicape sentimental, même s'il savait que ce comportement relevait plus de la pathologie que de l'idiotie : foncièrement mutilé par toutes les morts abominables de ses proches, Harry refusait inconsciemment de s'attacher à qui que ce soit, lui exclu. Fabian ne parviendrait sans doute pas à décoincer le jeune homme mais il pourrait poser les premières pierres vers un certain épanouissement. C'est du moins ce que Draco lui souhaitait de tout son cœur.

Ce soir là, il insista auprès d'Harry pour sélectionner la chemise qui accompagnerait le pantalon « à la mode » et qui conviendrait au style moldu des années septante. Agacé, Harry accepta, attendant patiemment, torse nu, qu'il se décide à prendre le haut s'harmoniant le plus avec son jeans bleu. Finalement, Draco opta pour une chemise neutre de couleur noire. Il tourna autour d'Harry pendant un long moment, remuant sa main baguée dans tous les sens pour adapter la coiffure d'Harry, lui donnant un air plus sage avec les pointes rabaissées et la tresse dissimulée dans sa chemise. Le tatouage avait été altéré également, la faux dissimulée magiquement ainsi que la chaîne. Les aiguilles de la montre avaient été arrêtées sur minuit dix ou midi, tout dépendait du point de vue.

« Tu es sûr que tu ne veux pas que j'efface la montre ?

-Non, ne l'efface pas ! s'agaça Harry. Fabian risquerait de remarquer ma ressemblance avec James… Tu le sais très bien ! Laisse-la là et arrête de me tourner autour sans arrêt ! »

Draco remua encore une fois sa main puis s'arrêta en croisant le regard furieux de son meilleur ami. Il s'éloigna calmement en baissant le bras, l'anneau chauffant un peu à son majeur, signe qu'il avait été un peu trop expansif avec les sorts.

« Bon, je pense que ça pourrait aller, lui dit Draco. Tu as l'air présentable, même avec ses horribles vêtements. Pourquoi les moldus portaient-ils des pantalons si… horribles ?

-C'est la mode ! répondit Harry, blasé. Ecoute, je vais être en retard alors cesse de m'enquiquiner et n'oublie pas les devoirs que j'ai préparé pour mes classes de rattrapage.

-Non, je n'oublierai pas, répondit Draco, l'air innocent. Passe une bonne soirée. Embrasse Fabian de ma part.

-C'est ça, c'est ça, répliqua Harry en attrapant une veste en cuire noire qu'il enfila tout en se dirigeant vers la sortie. Et ne me lance plus de sort ! »

Draco baissa sa main en grimaçant : avait-il des yeux derrière le dos ? Il le regarda sortir de l'appartement avec un soupir envieux : quand pourrait-il avoir un rendez-vous avec Regulus ?

« Ça ne sert à rien d'y penser, marmonna-t-il. Nous verrons déjà le cours de potion de demain… »

Il avait hâte d'y être, autant qu'il le craignait…

« Mais j'ai surtout hâte que Ash rentre… Maudit cours de rattrapage ! J'aurais pu l'espionner, sans eux ! »

Attrapant le tas de devoir préparer par Harry pour ses élèves, il quitta la pièce d'un pas las et ennuyé.

oOo

Il était déjà 19h05 quand Harry sonna à la maison des Prewett, non sans une certaine nervosité qu'il ne s'expliquait pas. La disparition de la faux sur son front le mettait mal à l'aise. Il avait baissé la tête chaque fois qu'il croisait un élève alors qu'il se dirigeait vers la sortie. Il se sentait horriblement vulnérable, sans cette partie de son tatouage. Sans compter cette horrible ressemblance physique avec son père qui risquait de le trahir. Il savait d'avance qu'il craindrait chaque regard de Fabian sur son visage.

« S'il devine, je n'aurais qu'à lui faire oublier… Mais Merlin sait que je déteste ce sort… »

Il lui rappelait trop Gidleroy Lockart que pour lui plaire… Un frisson lui parcourant le dos, il prit son courage à deux mains pour aller frapper à la porte d'entrée. Il eut pourtant conscience que Fabian savait qu'il était là : le rideau du salon s'était agité peu de temps avant son arrivée, signe qu'il était attendu avec impatience. Avec un peu de retard, Harry réalisa qu'il ne savait même pas quel artiste il allait voir. Il ne connaissait même pas la musique des années 70 !

« Bonsoir ! s'exclama Fabian en lui ouvrant, l'air pressé. Viens, allons-y vite ! »

Il l'attrapa par le bras et le tira rapidement, claquant la porte derrière lui alors que Gidéon apparaissait au bout du couloir.

« Euh…, fit Harry, perplexe. Un problème avec ton frère ?

-Non, aucun ! répondit Fabian. Mais il a tendance à discuter trop longtemps et on est pressé. Si on veut manger et avoir ensuite une bonne place au concert, on doit partir vite…

-Où se déroule le concert ?

-C'est à Hide Park, en plein air… J'ai pensé qu'on pourrait se prendre un Fish and Chips à emporter et manger en y allant, tranquillement.

-En métro ?

-Non, ce n'est pas loin d'ici, on peut y aller à pied. Ça te va ? »

Harry approuva et ils partirent d'un pas tranquille, presque nonchalant, dans la rue. Harry regardait avec attention ce qu'il se passait autour de lui, curieux d'observer des moldus des années septante. Il s'étonna de les trouver presque similaire aux autres moldus, les coiffures étranges ou les vêtements vieillots mis à part.

« Et sinon…, dit soudain Fabian, le faisant sursauter. Ça a été pour les cours de rattrapage ?

-Oui, Drake a pris le relais… De toute façon, j'ai de moins en moins d'élèves. Ils ne viennent que s'ils ne comprennent pas et nous sommes tous les deux formés de la même façon…

-Mais Drake a moins de patience que toi, non ?

-Et bien… oui. Mais il donne de bonnes explications alors ça ne pose pas vraiment de problème. »

Fabian esquissa un sourire en réponse et un long silence régna pendant une dizaine de minutes jusqu'à ce qu'ils arrivent à la porte d'un petit restaurant où Fabian entra rapidement, demandant à Harry de l'attendre à l'extérieur. Il obéit avec plaisir, mal à l'aise. Il n'avait jamais vu Fabian aussi tendu en sa présence et ne comprenait pas bien la raison de cette tension entre eux.

Finalement, alors qu'il commençait à craindre que la soirée se passe mal, Fabian ressortit, poussant la porte avec son pied afin de porter chaque fish and chips dans ses deux mains.

« Tiens, dit-il, soudainement plus détendu, un sourire ravi aux lèvres. Bon appétit.

-Merci, répondit Harry en attrapant une portion. Je te dois quelque chose ?

-Oh non, je te l'offre, répondit Fabian. Je suis déjà tellement content que tu ais pu venir !

-Je n'allais pas t'abandonner, dit Harry avec compassion.

-Euh… Oui, merci », dit Fabian, l'air un instant gêné avant de brutalement se mettre à manger avec précipitation.

Harry l'imita mais avec bien plus de tranquillité. Il marchait à côté de Fabian, ignorant les regards stupéfaits portés sur ses cheveux et son visage. Des lentilles trafiquaient ses yeux pour faire croire qu'il avait encore des pupilles. Sans quoi, il aurait probablement entrainé des émeutes !

« Et sinon… euh… comment ça se passe, à Poudlard ? demanda soudainement Fabian, l'air étrange. Est-ce qu'il se passe des choses… étranges ou… euh…

-Etrange, marmonna Harry. Non, rien d'étrange, Merlin soit loué. Je tiens à ce que l'école reste le plus écartée possible des réalités extérieurs. L'attaque de Prés-Au-Lard… j'espère que ça ne se reproduira jamais. »

Fabian hocha sombrement de la tête.

« Ah, mais tu t'en es sorti avec brio, dit-il soudainement. Je veux dire… Sans toi… Et sans Drake, aussi. Qui sait combien de victimes il y aurait eu ? »

Harry ne répondit pas. Sans Drake et lui, cette attaque n'aurait jamais eu lieu. Car Voldemort n'aurait pas eu besoin de les distraire pour ensuite tuer Phils Potter. Il eut soudainement l'impression que son plat était fait de papier mâché.

« Enfin, assez parlé de tout ça, dit Fabian. Il y a des sujets de conversation plus intéressants que… que les attaques et tout le reste. Dis-moi… Qu'est-ce que tu aimes faire le plus ? »

Harry tourna la tête vers Fabian, appréciant le changement de conversation. Après tout, ils étaient là pour s'amuser, pas pour déprimer !

oOo

Ils avaient passé une excellente soirée, Harry devait l'admettre. D'abord sceptique lorsqu'il était arrivé, à cause de l'air angoissé de Fabian, puis à cause de la dégaine du groupe lorsque ce dernier était apparut sur scène, Harry devait admettre que chaque à priori s'était révélé ridicule : il avait autant aimé la musique plus douce que celle de son époque mais déjà plus rythmée. Il avait aimé l'ambiance, la joie collective des fans chantant en cœur. Même Fabian connaissait les paroles, ce qui l'avait beaucoup amusé. Il ne s'était pas permis de chanter : sa voix était trop laide et il ne connaissait pas les paroles. A la place, il s'était amusé à frapper dans ses mains lorsque les fans le faisaient, scander les noms des artistes ou danser maladroitement.

Au début, il avait été mal à l'aise à cause des corps se pressant contre lui, des mains qui s'appuyaient parfois par accident, quand un fan titubait à cause d'une danse endiablée. Même Fabian avait perdu l'équilibre, se raccrochant à son bras assez fréquemment. Harry ne savait pas comment ils avaient fini par se tenir bras dessus, bras dessous, mais il s'en fichait : il avait adoré ! Ils quittèrent le concert, poursuivis par l'euphorie collective de la foule. Personne ne faisait attention aux autres et Harry fut soulagé de constater que ses cheveux et son tatouage n'avaient provoqué que des « Wow, il déchire, le gars ». Il avait presque eu envie d'en rire mais avait préféré feinter l'ignorance. Les élèves de Poudlard aussi le trouvaient cool, avec son apparence, alors il n'était pas vraiment gêné des remarques.

Quand ils repartirent, Harry se surprit à être presque déçu et Fabian dut lire sa peine sur son visage car, passant un bras sous le sien, il lui sourit.

« Je t'inviterai au prochain, si tu veux, dit-il, marchant tranquillement à ses côtés.

-Tu en as un autre de prévu ? demanda Harry, surpris.

-Oui, bien sûr, lui répondit Fabian. J'ai toute une liste d'artiste à voir pour cette année. L'été est un moment génial car les artistes se déplacent beaucoup, à cause des adolescents en vacance. Rien que pour juillet, j'ai déjà cinq concerts ! »

Harry sourit en le voyant si emballé.

« Tu aimes vraiment ça, non ?

-J'adore ! lui répondit le jeune homme, comme transporté. Avant, la musique moldue m'a intéressé pour ses sons vraiment incroyables. Je veux dire… la musique sorcière n'est pas mauvaise, hein ? Mais elle n'a pas ce petit… ce petit plus apporté par une guitare électrique ou des amplis ! »

Harry eut envie de rire. Entendre Fabian, sorcier pur, déblatérer sur les instruments moldus était quelque chose de presque ahurissant.

« Et comment as-tu rencontré la musique moldue ? demanda Harry, curieux.

-Oh euh… »

Fabian eut l'air profondément mal à l'aise puis sembla prendre son courage à deux mains.

« Et bien, j'ai rencontré un gars, quand j'étais ados. A Poudlard. Il était né moldu et on était… proche. Il m'a souvent invité chez lui et on écoutait de la musique ensembles. Depuis, j'adore ça. »

Harry sourit simplement en réponse. Pourquoi cette soudaine timidité ? Il avait presque envie de poser la question quand, brutalement, Fabian tira sur son bras pour l'attirer dans une ruelle, loin de la foule quittant le concert.

« Est-ce que ça te dirait de… de venir chez moi, boire un verre ? Je pourrais te faire découvrir d'autres artistes que Queen ? »

Harry hésita. Il y avait quelque chose d'étrange chez Fabian, une gêne persistante qui le rendait nerveux lui aussi. Il approuva finalement et le jeune homme poussa aussitôt un long soupir soulagé.

« Viens, on en est pas loin... »

Il le tira jusqu'à l'autre bout de la ruelle pour arriver dans une rue pavée étrangement calme.

« Mais, ta maison n'est pas par là, fit remarquer Harry.

-Si si, répondit Fabian. Je n'habite pas avec mon frère, tu sais ? Gidéon et moi nous apprécions beaucoup, mais j'ai besoin de mon indépendance alors j'ai quitté le manoir familial pour louer mon propre appartement.

-Côté moldu, dit Harry avec un sourire.

-Evidemment ! s'exclama Fabian, presque joyeux. Et devine quoi ? J'habite juste à côté d'un disquaire ! »

Harry ne put s'empêcher de rire en l'entendant.

« Tu l'as fait exprès, avoue ! dit-il, en le suivant dans les ruelles de plus en plus animées.

-Peut-être, répondit Fabian. On est dans Soho. »

Harry hocha la tête. Il ne connaissait pas personnellement le quartier mais il en avait déjà entendu parler par le passé. Ils marchèrent un long moment, croisant quelques pubs animés ou quelques hommes discutant entre eux avec allégresse. Il y avait aussi des touristes, occupés à photographier tout ce qu'ils voyaient. Finalement, ils arrivèrent près d'un petit immeuble ancien qui donna quelques frissons à Harry : bien que ténébreux, l'endroit semblait rassurant et accueillant. Fabian se hâta de fouiller ses poches et en sortit des clés auxquelles pendouillait un trèfle à quatre feuilles. Il ouvrit la porte et lui fit une vague révérence, l'invitant à entrer dans un couloir étroit.

« J'habite le troisième étage, lui dit-il. Monte, je ferme et je regarde si j'ai du courrier. »

Harry hocha la tête et s'enfonça dans le couloir peint de blanc et au sol de pierre. Il arriva jusqu'à un vieil escalier étroit et monta, passant devant une porte lorsqu'il fut au premier pallier. Il en déduisit qu'il y avait un appartement par étage et continua sa montée. Bien vite, Fabian arriva en courant derrière lui et ils montèrent ensembles jusqu'à la porte rouge de Fabian. Coincé devant la porte, Harry voulut tendre la main pour attraper les clés mais Fabian passa brutalement ses bras autour de sa taille afin d'accéder à la serrure qu'il déverrouilla.

« Voilà, tu peux entrer, dit-il, souriant. Ça va ?

-Oui, ça va. »

Harry se glissa dans le couloir de l'appartement mais il ne voyait rien, ce qui le mettait mal à l'aise. Rapidement, Fabian alluma le plafonnier de l'entrée, révélant un couloir étroit où traînait une paire de chaussure.

« Euh… Fais comme si ce n'était pas en désordre, lui dit Fabian en refermant la porte. Tu veux quelque chose à boire ? J'ai de tout… Même de la Bierraubeure.

-J'en veux bien une, lui répondit Harry, reconnaissant.

-Viens ! »

Fabian le guida jusqu'à un salon à la décoration musicale. Le mobilier était vieux mais agréable et quand il s'assit dans un des canapés, il s'y sentit tout de suite plus à l'aise. Sans surprise, Fabain possédait un vieux tourne-disque dans un coin, mais également une radio qui devait, pour l'époque, être à la pointe de la technologie. Il y avait des tas de vinyles entassé dans des étagères mais également des cassettes. Il y avait également un vidéo, accompagné de plusieurs films. Le tout était rangé dans un fouillis presque organisé.

« C'est un peu… en désordre, souffla Fabian en entrant, deux verres de bierraubeure en main. Désolé. »

Il posa les verres sur la table basse au centre et remit le tapi au sol convenablement du bout du pied. Harry sourit en le regardant fixer ses étagères d'un air à la fois honteux mais fier.

« Laisse, dit-il, tentant de le rassurer. C'est agréable. Je ne suis pas quelqu'un d'ordonné non plus. Drake repasse toujours derrière moi sinon, mon appartement serait un vrai capharnaüm.

-Ah ? s'étonna Fabian. Nous avons un point commun. »

Et il semblait ravi de ce fait, au grand étonnement d'Harry. Un certain silence s'installa et Harry but afin de s'occuper, savourant le goût de la boisson.

« Euh… je vais te faire écouter quelques disques, si tu veux ! »

Fabian se leva à nouveau et se dirigea vers son étagère. Mais sa nervosité n'avait pas échappé à Harry qui, agacé, finit par prendre le taureau par les cornes.

« Si tu me disais plutôt ce que tu me veux, Fabian ? dit-il, figeant le jeune homme en face de lui.

-Ce que… ce que je te veux ? demanda-t-il en se retournant pour le regarder.

-Que tu m'invites à un concert faute d'accompagnant sachant se tenir, je peux encore le croire, lui dit Harry. Mais tu ne tiens pas en place depuis le début de la soirée. Tu me regardes rapidement, comme si tu avais peur de quelque chose. Et je préférai que tu ailles droit au but plutôt que de tourner autour du pot pendant toute la soirée. »

Fabian le fixa un long moment, l'air estomaqué et Harry reposa son verre sur la table, croisant les jambes pour se donner une contenance. Quoi qu'ait le jeune homme, c'était un problème sérieux, il en était certain. Suffisamment que pour le rendre nerveux à l'excès. Mais pourquoi avoir décidé de se confier à lui, ça… Ne pouvait-il pas en parler à son frère ? Il en avait un peu assez de servir d'épaule à n'importe qui !

« Euh…, fit soudainement Fabian, embarrassé. Je… en fait, je… »

Harry haussa un sourcil. Pourquoi diable était-il si intimidé ?

« Tu ? insista-t-il.

-Je… »

Harry se retint de soupirer : ils n'allaient pas jouer à ce jeu pendant toute la sainte nuit !

« Et bien ! s'impatienta-t-il.

-Tu me plais ! »

Assis dans le canapé, Harry eut l'impression d'être un appareil défectueux. Qu'est-ce que Fabian voulait dire, exactement ?

« Je… depuis qu'on s'est rencontré, je… je te trouve vraiment… enfin… Tu me plais ! Beaucoup. Et j'aimerais bien… si tu veux bien… qu'on essaye… quelque chose. Ensemble. »

Harry resta toujours immobile. De quoi Fabian était-il en train de parler ? Essayer quoi ?

« Euh… Quoi ? dit-il, totalement perdu.

-Tu me plais, répéta Fabian. Je te trouve beau. Attirant. Fascinant. Je rêve de t'embrasser. Tout le temps. C'est pour ça que je n'ose pas te regarder. J'ai peur de ne pas me contrôler. »

Ah, là, c'était plus clair. Harry sentit ses joues s'embraser. Soudainement, le comportement de Fabian prenait un tout autre sens que la recherche d'une épaule pour pleurer et il se sentit horriblement mal à l'aise. Qu'était-il censé dire ?

« Je ne sais pas… je ne sais pas quoi dire, avoua-t-il.

-Ah, dit simplement Fabian, toujours planté face à lui. Au moins, tu n'as pas encore hurlé que j'étais dégoûtant. »

Son air à la fois nerveux et amusé fit comprendre à Harry combien il avait du être terrifié par sa déclaration. Combien de fois cela lui était-il arrivé ? D'être soudainement insulté et rejeté par un homme qui lui plaisait.

« Non, je ne te le ferais jamais, dit-il, rassurant aussitôt Fabian. Je… ne suis pas gay. Je crois. Je ne sais même pas quelle est mon orientation sexuelle en fait…

-Tu ne sais pas ? » s'étonna le jeune homme, à présent bien plus détendu.

Il finit par attraper un disque qu'il installa sur son tourne disque et une musique agréable se fit entendre dans tout l'appartement. Fabian hocha pensivement de la tête et vint s'asseoir à côté d'Harry.

« Non, je ne sais pas, avait répondu ce dernier, se tendant inconsciemment lorsque le jeune homme vint s'asseoir à côté de lui. Je ne suis sorti qu'avec une seule fille… Enfin, deux, mais la première ne comptait pas, c'était une pure catastrophe !

-Donc, tu n'as eu qu'une relation avec une fille et tu hésites ? C'est plutôt positif…

-Non… Enfin… Je veux dire… J'ai comme qui dirait eu un échange. Avec un homme. »

Fabian se rapprocha légèrement de lui, l'air encourageant.

« On était saoul, avoua Harry. Et… ça a dégénéré. Bien que… Je pense qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait. Moi, je n'ai compris ce qu'il voulait que lorsqu'il s'est jeté sur moi. »

Fabian rit en l'entendant.

« Et ? dit-il.

-Et rien, souffla Harry. Mon meilleur ami, qui était aussi le frère de ma petite amie et du garçon qui m'avait plaqué contre un mur, est arrivé et nous a hurlés dessus pendant des heures !

-Attends, tu as trompé ta petite amie avec son propre frère ?

-On avait rompu ! s'exclama aussitôt Harry. Et j'étais saoul. Et désorienté… Et franchement, je ne savais vraiment pas qu'il allait faire ce qu'il a fait, j'étais…

-Saoul ? répéta le brun, amusé. Ne te justifie pas, ça m'est égal. Juste par curiosité… Tu as apprécié ? »

Harry rougit, mal à l'aise. Il lui paraissait étrange de parler de Charlie à son propre oncle. Oncle qui lui ressemblait, d'ailleurs.

« Oui, dit-il finalement. C'est la raison de mon hésitation.

-Et tu n'as jamais réessayé ? demanda Fabian. Quel âge avais-tu ?

-J'avais dix-sept ans, avoua Harry, mal à l'aise. Et non, je n'ai jamais réessayé. Pas que je n'en ai pas eu l'envie mais il n'y avait… personne d'envisageable.

-Pas même Drake ? s'étonna Fabian. Pourtant, vous êtes si… proches !

-Drake et moi sommes comme des frères, répéta Harry pour ce qui lui semblait être la millième fois. Je ne dis pas qu'à une époque, je n'y ai pas pensé. Nous étions seuls, on avait 20 ans… ça aurait été facile, mais j'avais peur de tout gâcher. Que se serait-il passé si nous avions eu une relation et qu'ensuite, nous n'avions plus voulu être ensembles ? J'ai choisi la facilité, j'ai décidé d'orienter notre relation vers la fraternité plutôt qu'autre chose.

-Et Drake ? Il n'a pas protesté ?

-Non, il a compris lui aussi que ce serait une meilleure chose. Nous nous aimons profondément tous les deux… mais platoniquement. C'est mieux ainsi. »

Fabian inclina la tête sur le côté. Il s'était légèrement rapproché de lui, ce qui embarrassait Harry. Draco l'avait déjà mis mal à l'aise en étant proche de lui, au début. Mais lorsqu'Harry avait su faire taire son envie d'essayer, il n'avait plus été gêné par le corps de celui qu'il voyait alors comme son frère. En outre, même si Draco attendait de lui quelque chose, il n'avait jamais été envahissant. Il avait juste attendu qu'Harry daigne lui accorder ce qu'il désirait. Ce n'était pas le cas de Fabian. Son corps semblait presque l'appeler.

« Et avec moi ? demanda Fabian. Tu aimerais essayer ? »

Harry se sentit frissonner. Essayer avec Fabian ? Tester sa sexualité avec lui ? Une certaine excitation accompagnée d'une bonne dose de peur l'envahit.

« Je ne sais pas, confia-t-il. Je ne sais pas si j'ai envie… de vivre une quelconque relation actuellement. Je ne voudrais pas te manquer de respect ou… te donner de faux espoirs. »

Fabian resta silencieux un moment jusqu'à ce qu'il tende la main pour obliger Harry à tourner la tête vers lui.

« Je te l'ai dit, tu me plais, lui dit Fabian en le regardant. Je sais que si je m'y autorise, je pourrais sans doute tomber amoureux de toi très rapidement. »

Harry frissonna d'horreur à cette idée.

« Non, je n'ai pas… ce genre de sentiment pour toi, avoua-t-il, désolé pour le garçon en face de lui.

-Je sais, lui dit Fabian. Tu es tellement occupé avec ta guerre que tu n'imagines sortir avec personne. »

Il caressait son visage, laissant ses doigts glisser sur la montre qui se remit en mouvement aussitôt. Les aiguilles tournèrent d'elles mêmes pour se mettre à l'heure et les secondes continuèrent à s'égrainer tranquillement. Fabian sourit en constatant l'effet magique s'annuler, la chaîne et la faux réapparaissant à nouveau.

« Je ne te demande pas d'être amoureux de moi, là, tout de suite, poursuivit-il. Je te demande si cela t'intéresse de sortir avec moi, même si c'est pour un temps très cours. J'ai envie de t'embrasser. »

Harry frémit. Fabian était si proche de lui… Il ne savait pas du tout quoi faire. Devait-il céder à sa curiosité, se laisser entraîner par le jeune homme ? Mais si cela finissait mal ? S'ils finissaient par se détester ? Ce ne serait pas bon pour l'ordre…

« Ne réfléchis pas, lui chuchota Fabian, ses yeux fixés sur ses lèvres. On va juste… Essayer. »

Et il se pencha sur lui pour l'embrasser. Harry sentit un frisson dans toute sa colonne vertébrale. Il resta totalement immobile, jusqu'à ce que les lèvres ne passent délicatement sur les siennes, appuyant, bougeant doucement et il se mit à imiter les mouvements, troublés. Puis la langue de Fabian passa sur sa bouche et il ouvrit timidement ses lèvres pour partager un baiser maladroit mais incroyablement excitant, de son point de vue. Fabian finit par s'écarter mais son corps était toujours appuyé contre le sien et il laissa une main sur son épaule et une autre sur sa cuisse.

« Alors ? dit-il. Ça t'a plu ? »

Harry hocha la tête, honnête. Il avait aimé ça. Beaucoup trop que pour nier son envie de recommencer, ce qu'il fit presque aussitôt, avec une certaine gêne. Fabian lui fit un grand sourire lorsqu'ils se séparèrent.

« Tu as envie d'essayer ? D'essayer plus, je veux dire ? »

Harry hésita. Ce n'était sans doute pas une bonne idée. Pas dans l'immédiat, même si son corps avait été incroyablement stimulé par Fabian. Il fallait d'abord qu'il y pense, qu'il essaye de savoir si c'était vraiment une bonne idée ou une catastrophe annoncée. Peut-être devrait-il en parler à Draco ou…

Ses pensées s'arrêtèrent lorsque Fabian l'embrassa à nouveau, avec nettement plus de passion. Son corps se retrouva plaqué contre celui du jeune homme et il sentit l'excitation monter d'avantage, toujours accompagnée d'une appréhension folle. Fabian passait ses mains sur lui, sur son torse et ses hanches et Harry n'arrivait pas à l'arrêter, étonné de tous les frissons que cela déclenchait en lui. Ils finirent couchés sur le canapé, il ne savait trop comment.

« J'ai l'impression que ça te plaît », lui dit Fabian, un large sourire sur le visage.

Harry secoua la tête, mortifié. Il sentait l'érection de Fabian contre sa cuisse et la sienne devait être tout aussi perceptible.

« On est pas obligé d'aller jusqu'au bout, si c'est ce qui t'inquiète tant, lui chuchota le jeune homme au-dessus de lui. Je peux me contenter… D'un simple frottement, pour l'instant. »

Harry rougit, le cœur battant la chamade. Pourquoi Fabian lui faisait-il tant d'effet ? Draco ne lui avait pas provoqué autant d'excitation, même s'il avait été tenté, à force de dormir avec son corps nu collé au sien !

« Tu es vraiment magnifique… »

Fabian se pencha sur lui et commença à recouvrir son visage de baiser. Harry se laissa faire, levant les mains pour les poser sur les hanches étroites de l'homme au-dessus de lui. Fabian était beau, certes. Il avait un certain magnétisme qu'Harry ne pouvait nier… Un magnétisme qu'il n'avait jamais perçu chez Draco. Peut-être était-ce simplement ça…

« Tu trembles, chuchota le brun.

-C'est… C'est gênant, répondit Harry sur le même ton. Je ne sais pas trop quoi faire, ce que je veux ou pas…

-Tu réfléchis trop, lui dit Fabian. Laisse-toi simplement aller. Tu as envie de moi ? »

Harry se sentit haleter. Comment pouvait-il parler ainsi, si facilement ?

« Je… oui, avoua Harry, comme si c'était la pire chose au monde.

-Bon, dit Fabian avec appréciation. Jusqu'où veux-tu aller ? Jusqu'où veux-tu expérimenter ? »

Harry secoua la tête. Il en avait de bonne, lui, comme s'il le savait ! Il n'avait même pas prévu d'avoir la moindre relation avec qui que ce soit et voilà qu'il se retrouvait couché dans un canapé sous le corps d'un homme. Un corps qui le tentait.

« Je ne sais pas, dit-il.

-Alors essayons, lui dit Fabian. Essayons et nous verrons où tu décideras de t'arrêter. »

Et il recommença à l'embrasser tout en tirant sur la chemise d'Harry. Ce dernier frémit mais le laissa faire. Il se surprit à essayer lui aussi de le dévêtir. Il avait juste envie de voir son corps, de voir s'il lui plairait, s'il lui ferait envie… Ils se retrouvèrent torse nu avant d'avoir eu le temps de le réaliser. Harry sentit son corps accélérer lorsque leur peau entra en contact et son érection se mit presque à lui faire mal, à l'étroit dans son pantalon.

« Bon sang, mamonna Fabian. Ton corps est encore plus sexy que je ne le pensais. »

Sa bouche alla parcourir son torse et Harry le regarda faire, gêné. Personne ne l'avait fait aller aussi loin, pas même Ginny. Seul Draco l'avait déjà vu nu et après quelques mois, il n'en avait plus ressenti la moindre gêne. C'était différent avec Fabian. Ça le troublait beaucoup plus. Il releva la tête pour regarder le dos nu au-dessus de lui et ses mains qui le caressaient. Fabian cessa soudain de mordiller un de ses tétons pour le regarder, les joues rouges d'excitation.

« Est-ce que ça te plaît ? Tu veux… aller plus loin ? »

Harry hésita. Plus loin encore ? Être nu avec lui ? Pouvait-il vraiment se le permettre ?

« Je ne sais pas, dit-il, mortifié. Je ne sais pas si je veux… aller plus loin émotionnellement…

-Mais physiquement oui ? »

Harry répondit timidement un certain oui. Oui, il en crevait d'envie. Il ne comprenait même pas d'où venait ce désir brutal pour Fabian. Il ne l'avait jamais imaginé dans ce genre de scène alors pourquoi, tout à coup, son cerveau lui soufflait-il de lui faire des tas de choses toutes sauf amicales ?

« C'est tout ce qui compte, lui dit Fabian. Une relation physique me va très bien, pour l'instant. Le reste suivra. Si à un moment, tu veux arrêter, dis-le-moi simplement. »

Et il continua de descendre avec sa bouche sur son torse. Harry sentit les mains larges de Fabian commencer à détacher son pantalon et il gigota, terrifié à l'idée de finir nu. Il le laissa pourtant faire. Il voulait tellement… essayer ! Son pantalon fut tout doucement ôter, laissant Harry en caleçon lorsque Fabian retira ses chaussures et ses chaussettes. Harry se sentit incroyablement vulnérable lorsqu'il constata que le jeune homme le détaillait de la tête aux pieds.

« Je crois qu'on devrait aller dans ma chambre, lui dit Fabian, le fixant avec désir. On… Ce sera plus confortable. D'accord ? »

oOo

Quand il rentra, vers deux heures du matin, Draco dormait déjà et il en fut soulagé. Il n'avait pas envie d'être passé à l'inquisition. Il craignait plus que tout la réaction de son meilleur ami face à sa… comment qualifier ça, d'ailleurs ? Facilité ? Débauche ? Les deux mots lui convenaient, selon lui. Sur le moment, il ne s'était posé aucune question. Il avait juste céder à un soudain désir qu'il ne comprenait toujours pas. Mais après son départ, il avait senti la honte l'envahir, comme lors de sa relation avec Charlie. Il s'était laissé faire si facilement ! Sans même réfléchir – ses minuscules tentatives avaient été balayées par son corps en feu – sans même tenter de reculer un peu pour retrouver ses esprits… Il aurait pu penser que Fabian l'avait drogué mais c'était faux, il le savait.

Soupirant, Harry était allé prendre une douche rapide. Fabian et lui avaient convenu d'être discrets. Ce n'était, après tout, qu'une relation physique, même si le jeune homme avait confié à Harry qu'il espérait plus, plus tard. Mais il était loin d'être prêt pour ce genre de relation ! Il ne l'était d'ailleurs même pas pour ce qu'ils avaient fait dans le salon de Fabian mais il n'avait pas réussi à se retenir.

Après un trop long moment à angoissé, il était allé se coucher et la présence de Draco eut l'effet habituel : il s'apaisa totalement, s'endormant sans même s'en rendre compte. Il se réveilla seul et très tard. La lumière qui envahissait la chambre de l'ancien Serpentard lui indiqua qu'il devait être presque midi et il se leva, la bouche pâteuse. Il retourna faire une rapide toilette dans la salle de bain, attrapa quelques vêtements qu'il avait entreposé dans la garde robe de Draco et se vêtit à la va-vite. Il espérait ainsi manger avant que Severus et Regulus n'arrivent.

Quand il entra dans le salon, il ne fut pas surpris d'y trouver Draco, en pleine préparation de se futur cours de potion.

« Bien dormi, monsieur le sorteur ? se moqua Draco, l'air fouineur enclenché.

-Comme un loir, répondit Harry en se jetant dans un fauteuil. Et je meurs de faim ! »

Presque aussitôt, une corbeille de pain au chocolat apparut et Harry en saisit un, non sans remercier Dobby avec force. Draco esquissa un sourire en le voyant faire.

« Tu t'es bien amusé ?

-Oui, répondit Harry, mal à l'aise.

-Et Fabian va bien ?

-Oui, très bien… »

Il rougit malgré lui. Fabian allait même plus que bien la dernière fois qu'il l'avait vu.

« Oh… Tu rougis, Harry ? »

Le concerné sursauta et eut l'impression que son visage prenait feu. Draco avait soudain un air de chat curieux et Harry eut envie de s'enfuir à toute jambe.

« Raconte moi donc ta soirée…

-Euh… Ben… On est allé au concert.

-Et ? »

Pourquoi fallait-il qu'il ait l'air si sournois ?

« Et personne ne m'a trouvé bizarre avec mon tatouage ! indiqua Harry, mal à l'aise.

-Harry, chantonna presque Draco. Toi et moi savons qu'il s'est passé quelque chose… Tu n'as qu'à me dire quoi et… »

Un coup fut frappé à la porte et Harry eut presque envie de pleurer de joie. Oh, il voulait en parler à Draco… Mais pas dès le réveil, il avait encore besoin de digérer tout ça.

« Entrez ! » dit-il avec précipitation.

La porte s'ouvrit pour laisser passer leurs rendez-vous du samedi, à sa grande satisfaction.

Draco regarda Regulus et Severus entrer avec une pointe d'agacement : il n'avait pas fini de tirer les verres du nez d'un Harry manifestement très troublé et ne pourrait pas continuer le soir même, il y avait réunion avec l'ordre. Ils allaient introduire les membres au nouveau QG et ils seraient bien trop occupés par la visite du manoir. Au pire, avant d'aller dormir ? Mais il avait peu d'espoir, Harry était déjà fort fatigué. Foutue réunion, foutus élèves ponctuels !

« On vous dérange ? demanda Severus, étrangement intuitif.

-Non, pas du tout, répondit précipitamment Harry, soulagé d'avoir été sauvé. Je crois savoir que Drake a prévu une leçon de potion avec Regulus donc, ce sera juste nous deux et un duel, Severus. »

Le concerné en sembla satisfait et Harry ne put s'empêcher de sourire. Même si Severus avait déjà l'habitude de dissimuler ses sentiments, sa jeunesse lui conférait une certaine innocence qui transparaissait sur son visage. Que Merlin veuille bien qu'elle ne disparaisse jamais. Harry n'était pas sûr d'accepter cet échec.

« Bon, allons-y ! dit-il précipitamment en voyant l'air spéculatif de Draco posé sur lui.

-Tu répondras à mes questions, Ash, même si je dois te piéger avec du véritassérum ! »

Harry blêmit et s'empressa de sortir sous l'œil interrogateur de Severus qui le suivit pourtant tranquillement, laissant Regulus et Draco seuls.

« Bon, dit le blond en se tournant vers son nouvel élève. Nous n'avons plus beaucoup de temps avant la fin de l'année et l'arrivée des révisions pour les examens alors je te propose de commencer par un récapitulatif de tes cinq premières années. Tout d'abord, nous allons voir ce que tu as retenu, je t'ai préparé un questionnaire. Ne panique pas, tu ne seras pas côté, je veux juste voir de quoi tu te souviens. Ainsi, la semaine prochaine, nous ciblerons les matières oubliées. Et je pourrais établir un vrai programme de potion lorsque j'aurais évalué des connaissances. D'accord ? »

Une moue aux lèvres, Regulus ne put qu'acquiescer, un poil déçu. Oh, il avait bien l'intention de s'améliorer en potion, là n'était pas la question… Mais tout de même ! Drake ne pouvait-il pas perdre un peu de son professionnalisme, juste une fois ? A le voir, concentré, ses cheveux attachés derrière sa tête en une demi queue lâche, il ne paraissait même pas s'intéressé à lui… Même s'il lui avait affirmé le contraire, même s'il l'avait serré contre lui de cette façon si intense avant, il n'en restait pas moins qu'à présent, il gardait une distance qui était certes raisonnable mais qui lui paraissait insupportable.

Une moue sur les lèvres, Regulus se saisit de la plume mise à sa disposition et entreprit de déboucher l'encrier qui l'accompagnait lorsqu'une main dorée apparut dans son champ de vision et vint caresser sa joue. Il sursauta et écarquilla les yeux en sentant les doigts fermes mais tendre descendre jusqu'à sa gorge et remonter. Levant la tête, Regulus croisa le regard pensif de Drake Malfoy.

« Pour un Serpentard, tu es vraiment très expressif, dit-il d'une voix rêveuse. Ça se voit tout de suite, quand quelque chose ne te convient pas… »

Il continua de caresser sa joue puis fit doucement glisser son index contre ses lèvres. Regulus se sentit rougir face à ce doigt qui taquinait sa bouche entrouverte. Le plus gênant était sans aucun doute l'air étrangement contemplatif de son vis-à-vis.

« Vraiment très expressif, murmura Drake en remontant son doigt jusqu'à ses joues en feu. J'aime ça. »

Et il s'éloigna brutalement, Regulus sentant son propre souffle et son propre cœur repartir avec brutalité.

« Ton questionnaire, Regulus, rappela Drake en s'installant à sa place. Tu devrais le remplir. »

Le jeune homme sursauta et, non sans renverser un peu d'encre, plongea sa plume dans l'encrier pour ensuite la ressortir un peu trop brutalement, le corps un peu plus crispé que d'habitude.

oOo

Severus voyait parfaitement que quelque chose inquiétait son professeur de duel particulier. Il était nerveux, bougeait la main avec agressivité ou passivité mais il n'était pas concentré. Et c'était particulièrement énervant ! Comment osait-il être déconcentré alors que lui, Severus, attendait ses séances toute la semaine ? Il n'avait pas le droit de la lui gâcher pour se plonger dans ses pensées ! Enervé, il se mit à lancer des sorts un peu plus dangereux, sans doute, pour un duelliste débutant ou d'un niveau moyen. Il vit clairement qu'Ash fronçait les sourcils, conscient qu'il devait se concentrer sur le moment présent, mais quelques secondes plus tard, ses pensées si importantes le détournèrent de ses actes. Rageur, Severus cessa tout mouvement.

« Est-ce trop vous demander de vous concentrer ? »

Ash sursauta et baissa sa main trop molle pour le regarder d'un air stupéfait. Il avait la bouche entrouverte et, rapidement, une légère rougeur envahit ses joues.

« Comme un petit garçon qui serait réprimandé par son professeur. », pensa Severus, surpris.

« Pardon, dit Ash, l'air embarrassé. Je ne suis pas très présent aujourd'hui et ce n'est pas juste pour vous.

-Non, en effet, dit Severus en rangeant sa baguette pour ensuite croiser les bras fièrement. Un problème avec Vous-Savez-Qui ?

-Non, répondit Ash avec une grimace.

-Un élève ?

-Non plus. »

Il semblait de plus en plus gêné face à l'insistance de Severus.

« Drake ?

-Non, il est relativement calme.

-Alors quoi non d'un chien ? Qu'est-ce qui justifie que vous osiez être absent pendant nos duels ? »

Ash le considéra un long moment avec une sorte de stupéfaction innocente.

« J'ignorais que c'était si important pour vous, lui dit-il.

-Vous croyez que je viens pour quoi, alors ? s'énerva Severus. Si ce n'était pas important, je n'aurais pas passé tous mes samedis après-midis avec vous ! »

Un silence s'installa dans la pièce. Severus se rendit compte avec un peu de retard de ce qu'il venait de dire alors qu'en face de lui, Ash Sadrah affichait un curieux sourire joyeux.

« Je… ça ne veut rien dire ! tenta de se rattraper Severus. Ce sont les duels qui sont importants !

-Oui, j'ai compris, se moqua Ash, à sa grande horreur.

-Mais c'est vrai ! s'exclama le jeune homme, soudainement gêné.

-Peu importe, Severus, je suis content de savoir que vous appréciez ces moments, même s'ils consistent à me lancer des sorts… »

Severus grimaça à cette réflexion et haussa les épaules.

« Bref, dit-il, écartant cette partie de la conversation avec rapidité. Qu'est-ce qui vous empêche d'être concentré ? »

Ash grimaça à nouveau et reprit son petit air embarrassé.

« J'ai… eu une soirée mouvementée, hier, dit-il, comme un petit garçon prit en faute. Et je n'arrête pas d'y penser ! »

Il semblait presque consterné par ce fait. Severus haussa un sourcil interrogateur. Une soirée mouvementée ?

« C'est-à-dire ? dit-il en attirant une chaise d'un sort d'attraction. Un combat ?

-Euh… Non, plutôt une déclaration d'amour. »

Severus, qui s'apprêtait à s'asseoir, releva brutalement la tête pour rencontrer le visage rougeoyant du psychologue.

« Ah, dit-il. Et ?

-Euh… Je ne crois pas que ce soit avec vous que je doive avoir cette conversation, dit soudainement Ash, troublé. Je comptais en discuter avec Drake même si je sais qu'il va me taquiner sans relâche à ce sujet. Il est le plus apte à comprendre, je crois.

-Donc, vous me jugez incapable de comprendre, dit Severus, l'air offensé.

-Non, pas du tout ! s'exclama Ash. Mais c'est… compliqué. »

D'un simple mouvement de la main, il fit venir une chaise sur laquelle il s'affaissa lamentablement. Severus remarqua qu'encore une fois, il avait l'air épuisé. Ses épaules étaient basses, comme si elles supportaient un poids trop élevé et il avait le teint plus pâle qu'à son arrivée en Angleterre. La grisaille n'avait pourtant pas terni son teint : c'était l'inquiétude constante qu'il ressentait qui semblait le miner chaque jour un peu plus.

« Vous ne devriez pas vous faire autant de souci, dit raisonnablement le Serpentard. Vous en avez déjà bien assez ainsi, non ? »

Ash grimaça mais hocha la tête.

« C'est ce que j'ai dit à Fabian hier soir, mais il n'a pas eu l'air de comprendre en quoi une relation avec lui serait dangereux.

-Fa… Fabian ? s'étonna Severus. C'est un homme qui s'est déclaré à vous ? »

Ash rougit à nouveau en comprenant qu'il avait laissé échapper une telle information, ce qui eut pour effet de donner une teinte étrangement violette à la montre.

« Euh… Enfin, déclaré, c'est… un peu fort. Il m'a fait comprendre qu'il pourrait tomber amoureux de moi, s'il se laissait aller vers ces sentiments… »

Severus haussa un sourcil. Quelle étrange déclaration !

« J'ai l'impression que vous ne commencez pas par le début et que vous tournez autour du pot de cette façon. Pourquoi ne pas simplement tout m'expliquer ? »

Ash sembla hésiter. Puis il soupira, l'air résolu.

« Ce sera toujours moins humiliant qu'avec Drake et vous seriez peut-être bon conseil. Pour faire cour, Fabian Prewett m'a avoué hier être attiré par moi. Je lui plais. Beaucoup ! Et… euh… Comme je ne sais pas vraiment où je me situe sexuellement…

-Où vous vous situez ? » demanda Severus, sceptique.

Cette fois, Ash Sadrah parut mortifié.

« Je… je ne sais pas ce que je préfère, dit-il, gêné. Je n'ai jamais été vraiment avec quelqu'un dans ma vie. Ma dernière relation date d'il y a sept ans… C'était avec une fille très bien mais aussi très protéger par ses six frères aînés…

-Six ! s'exclama Severus, stupéfait.

-Oui, six. Dont un était mon meilleur ami. Et un autre qui a… profité de mon état d'ébriété pour semer le trouble sur ma sexualité jusque là bien établie. »

Severus resta silencieux un instant.

« Si je résume, vous êtes sorti avec une seule fille avec laquelle vous n'avez pas dépasser le simple flirt.

-Deux, en fait, dit Ash, semblant piqué dans sa fierté.

-Peu importe, dit Severus en balayant le sujet. Et avec le frère ?

-Qui, mon meilleur ami ?

-Non, l'autre ! Que s'est-il passé ? »

La rougeur de Ash répondit à la question.

« Vous êtes allé jusqu'au bout ?

-Non ! s'exclama-t-il vivement. Ron nous a surprit…

-Ron ?

-Mon meilleur ami !

-Ah. Et ?

-Il a hurlé, bien entendu ! Disant que je trompais sa petite sœur avec qui s'était pourtant fini ! Bon, d'accord, je l'avais larguée et elle espérait que nous reprendrions… Et on s'était embrassé peu de temps avant… Mais je ne comptais pas reprendre avant la fin de la guerre, si je survivais et… Euh… je m'égare.

-Un peu, répondit Severus, notant pourtant les révélations avec précisions dans sa tête. Donc, Ron a hurlé, c'est ça ?

-Oui et pas qu'un peu !

-Et après ça ? Plus personne ? Ni fille, ni garçon ? Personne ne vous a intéressé ? »

Ash hocha négativement de la tête avec hésitation.

« J'ai passé sept ans en tête à tête avec Drake. Et ma mère adoptive, aussi… »

Severus hocha la tête pensivement. Sept ans seul avec deux autres personnes. Qu'avaient-ils faits, tous les trois ?

« Et aucune attirance pour Drake ? Jamais ? »

Ash haussa les épaules, passant une main lasse sur son menton.

« Que vous dire ? dit-il. Drake est magnifique. Une part de moi l'a noté et mon corps n'est pas resté indifférent à son corps, surtout lorsqu'il avait la manie de se frotter contre moi en dormant… Mais non, nous n'avons jamais rien fait. Pas qu'il n'ait pas voulu mais j'ai toujours empêché ça.

-Pourquoi ? demanda Severus.

-Parce qu'il est mon frère, coupa Ash.

-Je vois, répondit le jeune homme, pourtant perplexe. Et avec ce Fabian ? »

Ash rougit à nouveau.

« Je lui ai dis tout ça et… il a proposé de… m'aider à trouver mon orientation. »

Severus roula les yeux : typiquement Gryffondor !

« Evidemment, dit-il. Et vous avez accepté, bien entendu. »

L'air intimidé du plus âgé lui répondit.

« Et ? dit-il.

-Et…, répéta stupidement Ash.

-Vous avez aimé ? »

Le psychologue parut tout simplement se rétrécir sur sa chaise.

« … oui, dit-il d'une petite voix.

-Vous êtes allé jusqu'où ? »

Si Ash parut scandalisé de la question, Severus, lui, s'en amusa, tout en sentant son cœur battre la chamade. C'était presque grisant d'être celui qui menait la conversation, pour une fois. Grisant et rassurant ! Enfin, il sentait une égalité entre lui et l'homme adulte. En fait, il était aussi perdu que lui !

« Alors ? insista Severus, obstiné.

-Euh… pas jusqu'au bout, répondit évasivement Ash.

-Mais encore !

-Severus, ce n'est pas important.

-Si, ça l'est ! se moqua le Serpentard, surpris du frisson lui parcourant le dos à l'évocation de son prénom par l'homme.

-Disons… assez loin mais pas jusqu'au bout. Il m'a déshabillé et a voulu m'emmener dans sa chambre mais j'ai eu trop… peur. Donc, on s'est contenté de… se caresser dans le canapé. »

Severus se sentit stupidement rougir en entendant ses mots. Bon, il avait insisté pour savoir, c'était de sa faute. Mais c'était très gênant, soudainement, d'imaginer Ash Sadrah nu. Une part de lui n'avait pas pu s'empêcher de se le représenter. Nul doute qu'il devait être beau, vu l'épaisseur des muscles sur ses bras et le peu que ses pantalons et t-shirts révélaient lorsqu'il les portait. Mais jamais jusqu'alors Severus ne s'était égaré à y prêter attention. L'image l'indisposa et il gigota sur sa chaise, soudain mal à l'aise.

« Je… Je vois, dit-il, se raclant la gorge pour se reprendre. Et c'est tout ? Vous êtes quoi alors ? Un couple ?

-Je ne sais pas, soupira Ash, manifestement très agacé de cette question. C'est justement le principal problème. Je ne sais pas ce que je veux ni ce que je dois faire la prochaine fois que je reverrai Fabian. Soit ce soir, lors de la réunion de… euh…

-Oh pitié ! Drake et vous êtes aussi discret qu'un troupeau de buffle en charge concernant votre adhésion à l'Ordre du Phénix alors ne faites pas le gêné. Donc, vous ne savez pas. Qu'est-ce que vous voulez ? »

Ash pencha la tête sur le côté en le fixant avec une intensité qui le mit à nouveau mal à l'aise.

« Êtes-vous en train de m'analyser, Severus ?

-Pas exactement, répondit le Serpentard, franc. J'essaye simplement de vous rendre la pareille, je suppose. Une sorte de remboursement pour tous les coups de mains que vous m'avez déjà donné, par le passé. »

Severus espéra sincèrement qu'Ash serait assez délicat pour contourner le sujet et parler de Lily. Le sujet était moins douloureux qu'il y a quelques mois, mais Severus ne se sentait pas prêt à se tourner vers cette blessure pour la regarder, qu'importe qu'Ash soit là pour l'aider à cicatriser. Mais Ash Sadrah n'était pas Drake Malfoy et peut-être était-il plus angoissé par le cas Fabian qu'il ne voulait bien le dire. Il accepta la vague excuse et soupira.

« Je suppose que je peux vous croire, dit-il. Après tout, je suis celui qui vous ait proposé d'être votre ami et ce statut inclus des confidences et des coups de mains. Et pour vous répondre, je ne sais pas ce que je veux. Une part de moi désirs tenter l'aventure sans se soucier des conséquences. Je ne suis pas amoureux de Fabian et je ne sais pas si je serai capable de ressentir ce genre de sentiments pour lui. Mais ça ne me dérangerait pas, si c'était le cas. »

Severus serra inconsciemment les dents en l'entendant parler ainsi. Oh, pas que cela le gêne que son professeur non officiel s'accoquine avec quelqu'un… mais cela pouvait signifier moins de temps à lui consacrer et ça… il n'en avait pas envie.

« Mais ce n'est qu'une petite partie de moi, poursuivit Ash, inconscient des pensées égoïstes de Severus. Une autre, plus grande, plus angoissante, me dit de cesser immédiatement toute relation avec Fabian. C'est dangereux. Oh, pas pour mon cœur ou l'ambiance dans l'ordre, non, pas cette connerie là. L'amour est dangereux. C'est une distraction et je ne peux pas me permettre d'être distrait étant donné la guerre que je livre actuellement. Je ne peux pas me permettre de laisser mon cœur, non pire ! Mon corps ! choisir pour moi alors que seul mon cerveau me permettra de me sauver la vie, de sauver la vie des personnes qui m'entourent. Cette guerre est trop importante que pour laisser les choses se dégrader parce que je serai trop occupé à roucouler avec qui que ce soit. Je ne peux pas me permettre cette erreur, surtout pas ! »

Il semblait soudainement plus dur, presque brutal dans sa résolution et Severus sentit son souffle s'arrêter en l'entendant. Ash Sadrah était un homme déterminé, puissant, il le savait déjà. Et cette déclaration était en tout point le reflet de sa personnalité, mais elle lui révéla soudainement quelque chose qu'il n'avait pas compris jusqu'alors : Ash Sadrah était un homme profondément mutilé. Par quoi, par qui, il l'ignorait mais il prit conscience que quelqu'un avait un jour fait tant de mal à l'homme en face de lui qu'il en était venu à considérer l'amour comme une distraction. Oh, Severus partageait son point de vue mais ça ne l'empêchait pas de souhaiter, quelque part tout au fond de lui, que quelqu'un veuille de lui, un jour. Mais Ash Sadrah ne le souhaitait pas : il le craignait.

« Je sais qu'écouter cette part de moi donnerait une sorte de victoire à… à la personne qui m'a fait voir l'amour comme quelque chose de mauvais. Alors je me laisse tenter. Et puis… comme dit si bien Drake, le corps a des raisons que le cerveau ignore et autant dire qu'hier, lorsque Fabian s'est… disons-le, s'est jeté sur moi… mon cerveau a semblé simplement se déconnecté ! »

Il sembla embarrassé par cette révélation.

« Et c'est inadmissible ! déclara-t-il soudainement en bondissant sur ses pieds. C'est Fabian, je lui fais une confiance aveugle, je sais qu'il n'est pas un agent double chargé de me distraire de mon but, mais peut-être qu'un jour, Voldemort aura l'idée stupide de m'envoyer une femme qui me séduira, m'embobinera sans problème parce que mon corps voudra ça et… et comme un con, je tomberais dans ce piège stupide ! Alors je me dis qu'il serait sans doute mieux que je laisse mon corps avoir ce qu'il veut avec Fabian et qu'ainsi, il daignera peut-être la fermer à nouveau pendant sept ans ou peu importe le temps qu'il mettra à se taire !

-Vous avez joui, hier ? interrompit Severus, attirant sur lui le regard atterré d'Ash.

-Severus ! dit-il, la réprimande clairement indiquée dans sa voix. Enfin, quel rapport avec…

-Tout a un rapport, croyez-moi. Avez-vous joui hier ? »

La question était horriblement embarrassante, même pour lui qui avait pourtant l'habitude d'avoir des conversations tout sauf innocentes avec Regulus fantasmant sur Drake. Mais il se força à garder un air neutre.

« Cette conversation est aberrante, souffla Ash. Parlez de ça, avec vous, c'est… Presque impossible !

-Pourquoi ? demanda Severus. Parce que j'ai six ans de moins que vous ? Parce que je ne suis qu'un gamin ? »

Sa voix avait des inflexions de rancœur et Ash secoua la tête presque aussitôt.

« Non, Severus, je suis loin de vous considérer comme un enfant. De tous les adolescents présents dans cette école, vous êtes le seul que je ne sais pas voir comme un enfant. Vous êtes un adulte à mes yeux, depuis notre première rencontre et ça ne changera jamais. C'est simplement très gênant de vous parlez de ce genre de chose. Vous n'êtes pas exactement la personne que j'imaginais pour confier mes déboires sentimentaux. Bien que cela paraît si simple d'en discuter avec vous… »

Il soupira et retourna s'asseoir sagement.

« La réponse est oui, poursuivit-il, sans oser le regarder.

-Est-ce que vous avez l'impression que votre corps ne sera pas excité si Fabian vous touche à nouveau de cette façon ? »

Pendant un long moment, Ash ne prononça pas le moindre mot. Puis il rougit et secoua la tête négativement.

« Alors vous avez votre réponse. Votre corps voudra toujours de ça. Comme tous les corps, d'ailleurs. Vous êtes jeune et vous… vous avez des besoins. Simplement espérer le satisfaire pour mieux l'en priver est idiot !

-Mais j'y suis très bien arrivé pendant sept ans ! s'exclama Ash, horrifié. Pourquoi ne pourrais-je pas recommencer ?

-Peut-être parce que vous l'avez justement privé pendant sept ans ? Ou peut-être parce que pendant ces années, vous étiez seul avec une femme qui ne vous tentait pas et un homme qui, même s'il était désirable à vos yeux, n'en demeurait pas moins intouchable selon vous. Vous vous sentez investi d'une mission, mais ça ne vous enlève pas votre humanité. Et… je ne crois pas non plus que vous priver d'amour, juste parce que c'est une distraction, est une bonne chose. Un jour ou l'autre, vous risquez de souffrir de ce choix lorsque vous vous rendrez compte que vous êtes devenu trop vieux que pour trouver quelqu'un avec qui finir votre vie. Et alors qui aurez vous gagner si ce n'est un peu plus de solitude et d'amertume ? »

Severus ne sut s'il devait être flatté ou vexé de l'expression ébahie du psychologue. Ce dernier le fixait comme s'il ne l'avait jamais vu, les yeux écarquillés. Au bout d'un long moment, Severus commença à se sentir mal à l'aise.

« Vous avez dit que vous me voyiez comme un adulte, dit-il. Pourquoi êtes vous si surpris que je parle comme tel ? »

Ash se secoua encore.

« Ce n'est pas votre discours qui m'étonne ce sont les termes employés, cités par vous, par… enfin… C'est compliqué. Mais sans doute avez-vous raison. Je devrais laisser une chance à Fabian… Sans toutefois trop l'ébruiter. Je n'ai pas vraiment envie que Voldemort se mette à le poursuivre pour le tuer, juste parce que nous sommes ensembles. »

Severus soupira. Le problème semblait régler alors pourquoi avait-il l'impression d'avoir donné les mauvais conseils ? Il se sortit cette impression de la tête en proposant :

« Alors, pouvons-nous enfin nous battre en étant concentré ? »

Ash lui répondit par un sourire amusé.

« Puisque vous le souhaitez tant ! »

Et il se leva vivement, envoyant balader sa chaise d'un mouvement du poignet, plus attentif que jamais, tandis que Severus, lui, avait l'impression que son esprit n'avait jamais été plus préoccupé.

oOo

Les membres de l'ordre se tenaient tous au milieu de la campagne anglaise balayée par les vents, l'air interrogateur. Il n'y avait rien à des mètres autour d'eux et c'était pourtant non loin que devait se trouver la maison d'Ash Sadrah, nouveau QG de l'ordre. Lucius attendait avec patience, indifférent au froid, Narcissa protégée par sa haute stature. A ses côtés, Molly Weasley tenait fermement contre sa poitrine son fils, Charlie, qui n'avait pas voulu rester chez sa grand-mère. Il était légèrement fiévreux et la pauvre femme soupirait en attendant l'arrivée des deux psychologues de Poudlard. Gideon, le parrain de Charlie, se tenait face à elle afin de l'aider à parer le vent.

Albus Dumbledore ne semblait pas surpris de la longue attente imposée par les psychologues. Ash et Drake étaient apparus quelques minutes plus tôt et avaient arraché un cheveu à chaque membre, Charlie inclus. Il avait été amusant de remarquer l'embarras d'Ash face au petit garçon qu'il fixait comme s'il était un animal dangereux. Si beaucoup avait vu dans son comportement l'angoisse d'un homme célibataire et pas prêt à devenir père, Drake Malfoy avait semblé hilare chaque fois qu'il regardait alternativement son ami et le bambin innocemment blotti contre sa mère.

Au bout d'une longue attente, une exclamation échappa à Eugène Potter alors que, brutalement, sous ses yeux puis à ceux des autres, une haie d'une hauteur de deux mètres, uniquement interrompue par deux immenses piliers supportant une grille en fer forgée à l'aspect presque menaçant, apparut.

« Et bien, dit Lucius. Quelle spectaculaire apparition ! »

Ils s'approchèrent des grilles mais n'osèrent pas la toucher. A travers les barreaux, ils purent distinguer sans mal une longue allée serpentant tranquillement jusqu'à un manoir massif à la pierre sablée travaillée. L'habitation était imposante et composée d'une bonne quarantaine de fenêtres à meneaux où une lumière filtrait parfois, surtout au rez-de-chaussée.

Les jardins étaient élaborés. Ici et là, il y avait des fontaines et chacune représentait un animal magique puissant. Ici un centaure, là une licorne. Il y avait même plusieurs êtres de l'eau, dans une grande fontaine, qui semblaient jaillir du bassin dans de grandes gerbes d'eau. Et plus impressionnant, les rangées de saules qui encadraient la petite allée de pierre blanche menant au perron du manoir. Ce dernier était occupé par Drake et Ash qui les regardaient de loin. D'un mouvement de la main d'un des deux, le portail s'ouvrit dans un silence presque angoissant.

« Vous pouvez entrer, dit une voix de ténor, les faisant sursauter puis lever les yeux vers le haut des piliers où deux gargouilles les regardaient avec des yeux rouges sang. Le maître vous attend. »

Ils restèrent un instant pétrifié face aux créatures menaçantes en apparence mais semblant innocente face à leur regard. Au bout d'un très long moment, Caradoc Dearborn s'avança dans l'allée et fut suivit par un Albus Dumbledore à l'air serein. Alors qu'ils entraient dans le domaine, ils sentirent nettement une dizaine de barrière magique les pénétrer, les sonder pour enfin s'écarter comme de vagues rideaux éphémères. Ils étaient acceptés au sein du territoire.

Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour rejoindre Harry et Draco qui, perchés sur les marches du perron, les regardaient avec un sourire amusé.

« Bienvenu chez nous, leur dit Harry en désignant le parc massif où des sculptures de haies immobiles mais impressionnantes étaient placées ici ou là. Vos cheveux ont trouvé refuge au centre du manoir, là où toutes les protections sont établies. C'est grâce à cela que vous êtes capable de pénétrer ici sans attaque. Je vous rassure : tout étranger dépourvu de mauvaises intentions peut entrer ici. Il sera juste fort surveiller. Molly, si vous me permettez, je pense que vous devriez nous amener les cheveux de vos deux autres fils… Percy et Bill, c'est bien cela ?

-Oui, répondit Madame Weasley avec un sourire. Je le ferai. »

Harry hocha la tête avec satisfaction, tentant d'ignorer le petit regard innocent de Charlie posé sur lui, alors qu'un peu plus loin, Fabian le dévorait du regard. Autant pour la discrétion !

« Bon, je pense que nous pouvons entrer, l'extérieur ne vaut rien avec l'intérieur ! »

Et sur ces mots presque provocateurs, Draco s'empressa d'aller ouvrir les doubles portes de chênes peinte en blanc. Le heurtoir en forme de lion était presque aussi menaçant que les gargouilles et chaque membre fut heureux de ne pas avoir à frapper ce soir là.

Le hall était sobre, malgré sa grandeur. En face de la porte se trouvait un escalier majestueux menant à l'étage mais Drake ne l'emprunta pas. Il désigna respectivement la gauche et la droite.

« Le salon, dit-il en montrant la droite. Plus apte à nous accueillir pour la détente. Et la salle de réunion. Celle qui nous intéresse actuellement. »

Il se dirigea donc vers la gauche et poussa la porte avec douceur, révélant une vaste pièce où les murs étaient recouverts d'étagères remplie de livre. Il y avait une passerelle à deux mètres du sol et faisant tout le tour de la pièce, permettant ainsi d'accéder à d'autres étagères tout aussi hautes et fournies. Une table ronde, en forme de O était placée au centre de la pièce avec de majestueux sièges sur lesquels étaient posés de ravissants coussins bordeaux s'associant avec l'incroyable peinture représentée au plafond, pour ce qu'il pouvait en voir dans la pénombre ambiante et dans l'incroyable balai d'étagères flottantes au sommet de l'immense salle.

« C'est en vérité la bibliothèque, dit Harry, amusé de leur expression stupéfaite. Normalement, il y avait plusieurs tables disposées de façon aléatoire mais cette solution paraissait plus appréciable pour nos réunions. »

Il y avait pourtant encore de confortables fauteuils disposés dans quelques coins. Mais personne ne les regardait. Tous fixaient les étagères flottantes, stupéfiés.

« Comment, commença Gideon, stupéfait.

-Grâce aux pavés, dit Draco. Démonstrations ! »

Il s'approcha d'un pavé doré – et ils remarquèrent qu'il y en avait plusieurs, disposés ici où là – et se posa dessus. Quand il fut certain d'avoir toute l'attention, Drake donna un coup de talon dans la pierre et celle-ci se suréleva brutalement, arrachant quelques exclamations de stupeur. Amusé, le jeune homme, d'un mouvement léger de jambe, fit bouger le pavé sur la gauche, la droite puis, semblant presque surfer, monta plus haut, des torches s'allumant aux murs jusqu'à éclairer le plafond. Contre sa mère, le petit Charlie poussa un « Wow » enchanté qui arracha un frisson à Harry, jusque là occupé à ignorer le gamin. A mesure qu'il montait et que les flambeaux s'activaient, la fresque au plafond devint visible, révélant ici et là des hippogriffes volants dans les nuages éclairés d'un soleil couchant – hors peinture mais dont les rayons coloraient les nuages d'une couleur rose orangée agréable.

Quand Draco redescendit enfin, le pavé reprit sa place initiale et il sourit largement, comme ravi de sa démonstration.

« Et bien… C'est ce qu'on appelle une sacrée salle, dit Minerva McGonagall, enchantée. Et ces sièges… et ses lampes… »

Chaque table était pourvue d'une petite lampe de bureau en argent et pourvue d'un repose plume et d'un encrier plein.

« Il y a des tiroirs, expliqua Harry en s'approchant d'une table dont il éloigna le siège pour ouvrir le tiroir sous la table, dévoilant ainsi des feuilles de parchemin vierge. Une idée de ma mère, précisa-t-il.

-Excellente idée, appuya Albus, bien qu'il n'y a pas vraiment de note à prendre. Je propose que nous commencions notre réunion, malgré le peu qu'il y a à dire. »

Tous prirent place, même Molly avec un Charlie somnolent. A peine âgé de 5 ans, le garçonnet semblait avoir bien du mal à garder l'œil ouvert, confortablement blottit contre sa mère. Arthur passait régulièrement une main apaisante dans son dos, contribuant par la même occasion à sa relaxation.

« Je n'ai aucune nouvelle de mon espion, commença Ash. Voldemort continue de se méfier et de parler par énigme, parlant de cargaison en arrivage. Selon mon homme, Bellatrix Black semble être l'instigatrice de ce qu'il fomente, ce qui ne promet rien de bon. »

Le silence accueillit sa révélation et Narcissa grimaça à ses mots.

« Elle a toujours eu l'esprit retord, prévint-elle. Quoi qu'elle mijote, cela ne risque pas d'être agréable ni facile. Peut-être devrions-nous être… plus sages ?

-Si vous entendez rester planqué pendant que d'autres se font tuer, vous pouvez vous le carrer ! intervint Maugrey.

-Je vous prie de respecter ma femme, Maugrey ! s'exclama Lucius, outré !

-Je suis d'accord avec lui, intervint Drake. Votre colère vis-à-vis de Lucius n'a pas à se manifester envers Narcissa. Soyez correct, Maugrey où je me devrais de sévir. »

Et il le fusilla du regard, manifestement peu content que l'homme ose insulter ainsi sa mère. Maugrey marmonna quelque chose mais ne prononça plus aucun mot.

« Cette réunion n'a pas vraiment lieue d'être, intervint Harry. Il n'y a rien de nouveau actuellement, pas même au niveau mangemort, si je ne me trompe ? »

Il tourna vers Arthur Weasley un regard interrogateur et l'homme hocha négativement de la tête.

« Rien, dit-il. Je surveille du mieux que je peux les fonctionnaires du ministère, je laisse trainer une oreille, mais rien. Ils se montrent extrêmement discret depuis que… que tu as été officiellement adopté par la famille Sadrah. Personne au ministère n'ignore tes positions et tous savent que… que tu as plus d'influence que tu n'en as conscience, apparemment. »

Harry grimaça. Forcément, en étant l'un des hommes les plus riches du monde, il représentait un capital trop important que pour être oublier.

« Notre ministre, Monsieur Moryve, s'est dit très intéressé par une rencontre avec toi, continua Arthur, sans se douter de l'horreur grandissante d'Harry.

-J'avais cru comprendre, dit le jeune homme, livide. Si je n'ai pas reçu au moins vingt lettres, que je sois pendu…

-Ce serait dommage, plaisanta Fabian en le fixant avec un peu trop de lubricité, selon Harry.

-Oui, enfin, soit… J'ai de toute façon l'intention de profiter des vacances scolaires pour… faire preuve de sociabilité. »

La façon dont il prononça ce mot fut perçue par l'ensemble de l'ordre comme une manière délicate de présenter un suicide à venir.

« Et nous vous soutenons tous dans cette entreprise, Ash, lui dit Dumbledore, l'air amusé. Drake t'accompagnera, je suppose…

-Je pense que cela est nettement préférable, oui, lui répondit Harry. Enfin, je n'ai rien noté d'extraordinaire actuellement. J'ai suivi la presse chaque jour, tant sorcière que moldue. De notre côté, on continue de mettre en garde bien que de moins en moins pour en revenir à des affaires plus courantes. Et du côté moldus… »

Il fronça légèrement les sourcils.

« Il y a beaucoup de mort inexpliquée, surtout à l'étranger, en fait…

-Tu soupçonnes quelque chose ? demanda Eugène, intéressé.

-Je ne sais pas, répondit honnêtement Harry. Ce sont des attentats étranges qui ont lieus principalement dans l'Europe de l'est ou en Afrique du nord. Je ne soupçonne pas Voldemort d'en être directement responsable, mais il est un fait certain que ce sont des sorciers qui entraînent ses décès. A l'exception de vagues traces de sang, très peu de cadavres sont retrouvés, voir pas du tout. Dans certaines situations, personne n'aurait remarqué leur disparition si la famille du décédé n'avait pas alerté les autorités.

-Mais comment sait-on qu'ils sont morts, alors ? s'étonna Molly.

-Pour certains massacres, c'est évident. Certains corps ont été retrouvés en charpie et les tests sanguins pratiqués sur les traces indiquent que des personnes disparues faisaient partie du massacre, bien que leur cadavre n'ait pas été retrouvé. Pour d'autres par contre, on ne peut que supposer qu'ils ont été pris par les… bouchers, comme les appellent les moldus.

-Et bien, dit Caradoc, l'air surpris. Mais qui aurait intérêt à faire ça et pourquoi ? Et d'où te vient l'impression que nous sommes concernés par cette affaire ?

-Je l'ignore, répondit Harry, pensif. Mais à l'exception d'un sorcier partageant les idéaux de Voldemort, qui aurait intérêt à massacrer autant de moldu sans raison. Selon une estimation de la presse moldue, une centaine de personne serait déjà portée disparue et cela, juste pour l'Europe de l'est. Les disparus d'Afrique du nord sont plus difficiles à recenser, étant donné les situations politiques actuelles…

-C'est inquiétant, concéda Dumbledore. Penses-tu que nous devrions envoyer quelqu'un ? »

Harry prit le temps d'y réfléchir. Etait-ce raisonnable d'envoyer quelqu'un enquêter là-bas, alors qu'ils ignoraient totalement la raison de ces massacres ?

« Les autorités sorcières des pays concernés sont sur l'enquête, dit-il pensivement. Je le sais car j'ai contacté plusieurs des notaires gérant le capital de la famille Sadrah sur place. J'y possède des actions dans certaines entreprises et une maison au moins dans les environs. Sur ma demande, ils sont allés questionner les Aurors mais ceux-ci se sont montrés très vagues. Ils ont leur propre corruption, leurs propres problèmes aussi… Que mes notaires se soient présentés en mon nom ou pas n'a rien changé, ils ont juste trouvé cela insultant qu'un simple notaire vienne les interroger. Certains sont allés s'adresser directement aux familles des victimes qui ont confirmé qu'une enquête était en cours, mais ça s'arrête là. Je ne sais pas si l'un de nous pourrait faire une différence… »

Le silence accueillit ses mots pendant un long moment.

« Veux bien y aller moi, si vous voulez, intervint Hagrid, les faisant tous sursauter.

-Non, Hagrid, je ne pense pas que…, commença McGonagall.

-J'connais bien la région de l'Europe de l'est, coupa le demi-géant. J'ai un ami là-bas qui voudra surement bien m'y accueillir. Peut-être même qu'il saura quelque chose…

-Et pourquoi ne pas s'adresser à Augustus ? continua McGonagall.

-J'y avais pensé, dit Harry en lui souriant. Mais il n'est pas du tout dans la région concernée.

-Mais il est toujours plus proche qu'Hagrid, lui signala Dumbledore. Je pense que nous pourrions lui demander d'aller y faire un petit tour, non ? »

Harry y concéda, bien qu'avec hésitation. D'une façon où d'une autre, Augustus Poiret était mort dans la première guerre, c'était la seule façon d'expliquer son absence pendant la seconde. De même que celle de Fixe, d'ailleurs. Fronçant les sourcils à cette pensée qu'il tenta de balayer, Harry se tourna à nouveau vers les personnes présentes lors de la réunion.

« Bon, d'accord. Contactez Augustus, Albus. Mais dites lui d'être très prudent… Je ne le sens pas vraiment…

-Je l'en avertirai mon garçon ne t'inquiète pas. Bien, et si nous visitions cette maison, à présent ? »

Les autres membres semblèrent approuver cette proposition puisqu'ils se levèrent avec empressement. Le manoir Sadrah les attirait manifestement plus que Voldemort. Harry se résolut à se lever et à les entraîner hors de la bibliothèque mais il laissa à Draco le soin de leur présenter les pièces montrer. Ils commencèrent par le salon, vaste pièce aux tons chaud et accueillant, pourvu de nombreux fauteuil bordeaux, de petits meubles en bois sombres laqués s'associant parfaitement aux toiles représentant le Sahara ou une de ses nombreuses oasis. Harry n'avait pas beaucoup touché à la décoration installée par Fixe. D'abord parce qu'il l'appréciait, ensuite parce qu'il n'avait absolument aucune connaissance en matière d'aménagement ménager. Seule sa chambre avait été modifiée. La chambre du maître, comme disait Tweet, l'elfe de maison officiel.

Sa chambre était immense, presque la taille de ses appartements à Poudlard. Harry avait demandé à ce qu'elle soit dans tous les tons de bleus qu'il préférait et, lorsqu'il y rentrait, il s'y sentait aussitôt apaisé. Pourvue d'un large mobilier de bois sombre, d'un lit si grand qu'il s'y sentait aussitôt minuscule, la pièce ne contenait pas encore beaucoup de ses affaires. Celles-ci étaient demeurées à Poudlard et elles y resteraient car Harry ne voyait pas l'intérêt de s'amuser à tout déménager, encore et encore.

Draco avait pris la chambre en face de la sienne. Plus modeste mais assez grande que pour y tenir une réunion avec l'ordre sans être à l'étroit, il avait demandé à ce que la chambre soit décorée dans les tons de beige. Ils avaient tous les deux gardés les couleurs déjà présentes à Poudlard, mais c'était des tons qui les mettaient à l'aise et leur donnait l'impression d'être encore dans leur chambre, au Sahara. Le seul endroit où, depuis leur arrivée dans le passé, ils s'étaient sentis en sécurité.

Harry sortit de ses pensées lorsqu'une main l'arrêta alors qu'il s'apprêtait à sortir du salon pour suivre les autres vers la cuisine, large pièce qui occupait presque tout le reste du rez-de-chaussée, si l'on excluait la salle de réception qui était presque une petite annexe à part et par laquelle on accédait depuis les doubles portes vitrées présentes dans le fond du hall. Il se retourna vers le vaste salon et ne fut pas surprit de découvrir Fabian qui lui souriait d'un air engageant.

« On peut rester ici ? dit-il. Je ne m'intéresse pas vraiment au manoir et j'aimerais qu'on parle un peu. »

Harry soupira. Il avait promis, la veille, qu'il réfléchirait à la proposition de Fabian. A savoir : voulait-il d'une relation avec lui. Et même si les paroles de Severus l'avaient aidé, il n'avait pas encore eu le temps d'en discuter avec Draco, ce qui le dérangeait nettement.

« Allons nous asseoir alors », lui dit Harry en désignant un large canapé, près de l'immense cheminée de marbre noir.

Il marcha lentement, tentant de peser le pour et le contre avec rapidité. Ses mains étaient désagréablement moite et il regrettait amèrement d'avoir fui la conversation avec Draco, avant de venir au manoir. Certes, le voir enragé avait été drôle mais à présent, il se retrouvait coincé face à une décision qu'il était effrayé de prendre.

« Je… J'y ai beaucoup réfléchi, lui dit Harry en s'asseyant, les yeux fixés sur la cheminée. Et… hum… Je pense qu'une relation serait… envisageable. »

C'était la pire façon d'en parler. Il l'évoquait comme une transaction et quand il se tourna vers Fabian, il constata que le jeune homme avait également remarqué la distance présente dans ses mots.

« Alors pourquoi ai-je l'impression que tu signes pour l'enfer ? »

Harry soupira. On y était. Le plus dur restait à faire.

« Ne te méprends pas, Fabian. J'ai… beaucoup aimé ce que nous avons fais hier et j'adorerais recommencer (Fabian eut un large sourire ravi), mais (le sourire s'atténua) je n'éprouve pas encore de sentiments réellement… affectifs pour toi. Je t'apprécie et je sais que nous serions d'excellents amis si nous évoluions dans ce sens, mais j'ignore s'il me sera possible de tomber amoureux de toi. Non, laisse-moi finir. Tu m'as dit être attiré par moi et tu as avoué que tu pourrais tomber amoureux de moi si tu te laissais aller… Mais et si cela arrivait et que moi, je ne t'aimais pas ? Cela te blesserait et ce n'est pas ce que j'ai envie de te faire ressentir. En outre, je me dois de te préciser qu'une relation entre nous, quelle que soit son intensité, devrait rester secrète.

-Secrète ? s'étonna Fabian. Pourquoi ?

-Parce que je me bats contre Voldemort, lui dit Harry, comme si c'était évident. Et qu'il verrait en toi une faiblesse parfaite à exploiter. »

Fabian resta un instant ébahi par ses mots.

« Tu veux dire qu'il chercherait soit à me capturer soit à me tuer, juste pour t'atteindre ?

-C'est déjà arrivé, lui signala Harry. Il s'en est prit à Drake car il est mon frère, si pas de sang, du moins de cœur. Il le fera avec toi s'il apprends que nous sommes ensembles et ça, je ne le veux pas. Je ne dis pas que nous ne passerons pas de temps ensembles, que nous ne sortirons pas comme nous l'avons fait pour le concert, mais je préférais que toute marque d'affection soit faite… en privé. »

Fabian hocha pensivement la tête.

« Je ne suis pas fan des éffusions en publique, de toute façon, lui dit le jeune homme. Quant à l'amour… Qui te dis que ce ne sera pas toi qui tombera amoureux de moi et moi qui ne t'aimerais pas ? On ne peut rien décidé dans une relation, Ash. Il faut juste se laisser porter. Si tu es d'accord pour essayer, alors essayons. Je te plais ? »

Harry rougit mais hocha lentement la tête. Nier aurait été le pire des mensonges. Depuis qu'ils étaient assis sur ce canapé, il ne pensait qu'à ce qu'ils avaient fait la veille, sur un autre meuble de ce genre et n'avait qu'une envie : recommencer.

« Alors c'est parfait, lui dit Fabian en se rapprochant lentement, un sourire rassurant aux lèvres. Je te plais, tu me plais… Ne cherchons pas plus loin. Nous avons tous les deux envie de nous amuser avec le corps de l'autre et c'est très bien. Pourquoi chercher à compliquer les choses ? »

Harry aurait voulu répondre que les choses étaient compliquées, bien plus que Fabian ne le pensait mais il se fit à nouveau embrasser et tout le reste n'eut soudainement plus d'importance. Il se garda toutefois d'avertir Fabian que l'avis principal n'avait pas encore été donné. Seule l'opinion de Draco aurait de l'importance.

oOo

« Ben ça… »

Harry leva les yeux au ciel. Couché dans son lit, nu, il écoutait le silence et la respiration précipitée de Draco, étendu à ses côtés.

« Et ben ça ! »

Il eut vaguement l'envie de s'étouffer avec son oreiller ou de frapper son meilleur ami jusqu'à ce qu'il soit capable de lui sortir autre chose que ça !

« Mais t'es un vrai con, en fait ? »

Harry hoqueta.

« Pardon ? »

Il ne voyait pas Draco. Il avait attendu qu'ils soient nus, couchés et dans le noir de leur chambre pour lui raconter d'une voix timide ce qu'il s'était passé ces deux derniers jours. Ne pas voir le visage de l'ancien Serpentard lui semblait plus facile.

« Harry, pitié ! Tu es stupide, admets-le ! Fabian te propose d'abuser de lui sans remord et toi, tu culpabilises déjà ! Mais ton pucelage n'excuse pas une telle stupidité !

-Je ne te permets pas ! s'énerva le brun, se sentant mortifié, comme à chaque fois que Draco évoquait sa sexualité toujours ignorante.

-Pitié, ne t'énerve pas et écoute-moi. Tu as envie d'être avec lui ?

-Oui, mais…

-Il t'excite, c'est un fait, sinon, tu n'aurais pas céder si facilement à ses avances. Quoi que… Tu t'es masturbé quand on était dans le Sahara ? Je ne crois pas t'avoir jamais surpris à le faire…

-Draco, enfin ! s'outragea Harry, horrifié. Tu es pire que Severus !

-Ah, oui, parlons-en ! Tu t'es confié à Severus ! Je ne pensais pas que votre relation était si poussée !

-Ne va rien sous-entendre là-dedans, Malfoy, j'essaye juste d'en faire mon ami et de lui rendre la pareille.

-Si tu le dis, répondit Draco, méfiant. Bref, et pour la masturbation ?

-Mais enfin, ça ne te regarde pas !

-C'est ça ! Te connaissant, tu es tellement pudique que tu ne l'as jamais fait. Je le faisais au moins deux fois par jour et je ne suis pas gêné de te le dire, Harry ! Alors ? Oui ou non ? »

Il y eut un long silence pendant lequel Harry eut l'impression qu'il allait pleurer d'humiliation.

« Non, dit-il finalement.

-Par les couilles de Merlin en personne, JAMAIS ? s'écria presque Draco.

-Non, plus depuis qu'on est dans le passé, ça va ? s'énerva Harry. J'étais si… angoissé… Je… n'ai jamais eu ce genre de désir jusqu'à hier ! »

Draco resta silencieux un long moment puis il l'entendit soupirer.

« Tu dois faire quelque chose pour tes angoisses, Harry, dit-il sérieusement. Je savais qu'elles t'affectaient, mais j'ignorais que c'était au point de te… coincer à ce niveau là. Enfin, manifestement, elles se sont apaisées si tu as réussi à franchir ce premier cap avec Fabian. »

Harry passa une main sur son visage, comme si elle pouvait effacer sa mortification.

« Je ne me l'explique pas, avoua-t-il. Dès qu'il m'a touché, c'est comme si mon corps s'était transformé en un feu brûlant que j'ai été incapable d'arrêter !

-Si tu veux mon avis, sept ans sans même se masturber, voilà qui explique tout ! lui répondit Draco. Bon sang… Sept ans sans rien…

-Bon, ça va, tu peux cesser de parler de ça ?

-Pourquoi, ça t'excite ?

-Draco ! »

Son ami éclata de rire, se tordant dans le lit. Rapidement, Harry ne put s'empêcher de sourire et de rire à son tour.

« Plus sérieusement, dit-il, se calmant. Tu crois que c'est une bonne idée ?

-Oui ! lui répondit Draco, sans détour. Tu as besoin de ça, Harry. Nous ne pouvons pas sans arrêt rester associal et frigide. Nous avons besoin de construire notre propre vie dans cette époque car nous sommes condamnés à y vivre. Tu ne vas pas attendre que Ginny Weasley naisse et ait seize ans pour te la taper, rassure-moi ? D'abord, tu serais trop vieux pour elle. Ensuite, ses parents te tueraient ! Tu dois vivre, Harry. Ou plutôt, tu dois te laisser vivre ! Je sais que c'est difficile, que le passé… te hante. Il me hante aussi. Mais pleurer sur les morts et un futur qui nous est interdit ne les fera pas revenir. On doit se contenter de ce que la vie nous offre. Et manifestement, Fabian est tout à fait volontaire pour s'offrir à toi !

-Très drôle, répliqua Harry, pourtant soulagé. Donc, c'est une bonne chose ?

-Par Merlin oui ! Tu vas enfin cesser de rougir quand j'évoquerais les pratiques sexuelles ! Je vais enfin pouvoir te confier tout ce que j'ai envie de faire à Regulus…

-Même pas en rêve ! lui dit Harry, amusé.

-Si tu veux, je peux te conseiller, pour Fabian. Quelque chose me dit qu'il aime être en dessous. Je peux te donner des conseilles, je suis très au courant.

-Ferme-la et dors, obsédé !

-Je peux même pratiquer, si tu veux ? Enfin, je crois que Regulus sera un peu gêné que tu nous regarde, mais ce sera une relation purement éducative.

-Va te branler !

-Oh, tu as étendu ton vocabulaire, déjà ! Fabian m'impressionne.

-Je vais te tuer, sérieusement ! »

Draco rit tout prêt de lui. Harry lui avait tourné le dos, boudeur mais il sentit les bras de son ami s'enrouler autour de sa taille pour l'attirer contre lui.

« Laisse toi vivre, d'accord ? Tu en as le droit, plus que quiconque. Et ne t'angoisse pas pour ça. Comme l'a dit Fabian, il suffit de te laisser porter. Quant à l'éventuelle possibilité que Voldemort vienne encore te pourrir la vie, n'oublie pas que tu n'es plus le même homme qu'avant. A présent, tu es fort et entraîné. Rien ne t'empêche de donner à Fabian la formation nécessaire à sa protection. Ça sera une bonne raison de passer du temps avec lui et d'apprendre à le connaître autrement que sexuellement. »

Harry grogna en entendant le rire dans sa voix mais il se relaxa en l'entendant.

« Tu as raison, lui dit-il. Merci.

-De rien, lui répondit Draco. J'ai toujours raison, même quand j'ai tort !

-Seulement dans tes rêves, Malfoy. »

Le blond ricana encore.

« Tu le vois demain ?

-Oui, il veut qu'on aille au cinéma.

-Cinéma ? demanda Draco.

-Je t'expliquerai demain. Là, je suis épuisé par cette journée.

-Bon, d'accord. Ah et tu m'expliqueras aussi ce que vous avez fait, exactement, sur ce canapé…

-Draco !

-Ok, ok, on dort ! »

A suivre…

Alors, alors, alors ? J'avoue, j'ai besoin d'un décorticage… Si certaines ont la patience, votre avis est le bienvenu !

A bientôt mes souriceaux !