Merci pour ces commentaires (il y en a peu mais ça ne me dérange pas^^) ! J'espère que la suite va vous plaire à tous !
C'est Co. qui m'avait fait la remarque pour la traduction des mots en japonais donc j'essaierai de ne pas en louper :p
Et pour te répondre Miku, après celle-ci, j'écrirai peut-être une fic sur Yusu (couple surprise !), vu qu'il y en a très peu. J'adore écrire sur les couples fictifs, ça laisse plus de liberté :D
CHAPITRE VI : Violente Journée
« Mêle-toi de tes affaires ! »
« Tu réagis comme une gamine ! C'est de ton père et de ton frère qu'il s'agit ! »
« Pas seulement, et tu le sais ! »
« Qu'est-ce que tu insinues ? »
« Tu le sais très bien ! »
« Non, éclaire-moi… »
« Tout ça, c'est de votre faute ! Vous êtes des incapables ! S'ils n'étaient pas là pour vous aider, ça fait belle lurette que vous auriez crevé parce que… »
« Parce que quoi ? »
« Parce que vous êtes des lâches ! Des faibles ! »
« C'est vraiment ce que tu penses ? »
« Oui ! C'est ce que je pense… »
« Ok. Alors, inutile de discuter pour rien. Vaudrait mieux que j'm'en aille. »
« C'est ça ! Casses-toi ! Retourne d'où tu viens et ne remets plus jamais les pieds ici ! »
« C'est comme si c'était fait… »
[…]
Karin se réveilla en sursaut. La sueur perlait sur son front. D'affreuses crampes se répandaient le long de ses muscles. Puis, une brûlure intense se mit à lanciner au-dessus de son nombril.
Elle souleva son T-shirt pour observer l'objet de sa douleur. Sa plaie aurait dû guérir depuis une bonne semaine déjà, mais au contraire, elle semblait s'infecter. Sa blessure restait ouverte et saignée tous les jours un petit peu. Elle vit même que ses veines autours commençaient à se violacer, comme si la plaie se nécrosait.
Tout-à-coup, on tapa à la porte de sa chambre.
_Kurosaki ? Demanda Kazuya du couloir. T'es réveillée ? Tu vas être à la bourre si tu te lèves pas.
_Je… euh… écoutes, je vais rester ici aujourd'hui, ok ? Dit-elle en se levant rapidement de son lit.
_Ouais. Tu sais que si tu continues à sécher les cours, ils vont t'obliger à te mettre sous tutelle ?
Karin ouvrit la porte et lança un regard mou à son ami.
_J'ai dix-huit ans je te rappelle…
_Ouha. T'es toute pâle. Encore ta blessure ? Elle guérit pas ?
_Ça va…
_Bon, reposes-toi et, pitié Kurosaki, …
_Ah non ! Recommence pas avec ça !
_Bordel ! Appelle ton père qu'il puisse jeter un œil dessus. C'est pas une blessure normale. Toutes les nuits, je t'entends hurler et parler seule comme si tu délirais. Bon sang ! Tu discutes avec quelqu'un mais il n'y a personne d'autre dans ta chambre !
Il sembla à la jeune fille qu'on lui donner un coup de poing dans le ventre. Alors comme ça, il entendait ses conversations avec… avec quoi déjà…
_Tu m'espionnes ?
_Non Kurosaki. Je me fais du souci pour toi. Tu sais, je suis pas idiot. Je connais pas le monde dans lequel tu vis mais ça, c'est pas normal…
_Bonne journée, Kazuya…
_Mouais. A toi aussi…
Elle lui jeta un regard las et referma la porte. Celle de l'entrée claqua, annonçant à la jeune fille que son ami venait de quitter les lieux.
« Tu vas faire quoi ? Après tout ce qu'il s'est passé entre vous… »
_Tais-toi.
Appeler son père maintenant, c'était reconnaître qu'elle avait toujours besoin de lui. Pourtant, avant de le quitter, elle lui avait juré que vivre seule, c'était du pareil au même car il n'était jamais là.
Elle allait se faire soigner, oui. Mais pas à la clinique des Kurosaki. Il y avait toujours Jinta et Ururu qui pourraient fouiller dans les affaires du taré au bob. Si cette blessure n'était pas naturelle, alors ils trouveraient sûrement quelque chose dessus.
« Tu crois vraiment que ça t'aidera ? » lui chuchota une voix dans sa tête.
_Ta gueule, toi, murmura-t-elle. J't'ai pas demandé ton avis.
« Tu sais pourtant que je vois en toi mieux que tu ne pourras jamais le faire… »
_Fou moi la paix.
« C'est tout ce que tu peux faire ? Peu importe. Bientôt, tu seras à moi… »
_La ferme ! Cria-t-elle en jetant le premier truc qui lui tombait sous la main, à travers la pièce.
La petite brune sentit que le souffle lui manquait. Elle avait une boule qui la serrait dans la gorge.
Cette situation ne pouvait plus durer. Depuis trop longtemps déjà, elle supportait la présence de cette voix dans son quotidien. Elle rêvait chaque nuit de moments passés dont elle ne voulait pas se souvenir et toujours cette voix qui commentait très brièvement, comme des apparitions, ce qu'elle voyait ou vivait.
Juste quelques phrases, et cette malédiction de son subconscient disparaissait un temps indéfini.
_Je suis complètement folle, murmura-t-elle pour elle-même.
Elle avait du mal à reprendre ses esprits. De quoi avait-elle besoin tout de suite ? Se rafraîchir. C'était ce qui lui manquait le plus à cet instant précis.
Alors elle jeta ses vêtements sur son lit, prit des affaires de rechange et rejoignit mollement la salle de bain. L'eau avait un effet relaxant sur elle depuis toute petite. Elle se rappela qu'Ichigo lui avait raconté qu'elle pleurait énormément étant bébé et que c'était le seul moyen que ses parents avaient trouvé pour la calmer.
L'eau et le vent. Les deux éléments qui animaient tout son être.
D'un tempérament enflammé, l'eau apaisait ses sens tandis que le vent lui donnait de la vigueur. C'était également pour ça qu'elle ne voulait pas quitter la ville de Karakura. Elle adorait se promener sur le bord de mer et respirer l'air marin qui fouettait son visage.
Elle aimait tellement cette ville et ses amis, qu'elle avait refusé l'invitation d'un professeur à l'inscrire dans une université à l'étranger. Elle apprenait vite. Très vite. Les langues, les sciences et les arts. C'était sûrement pour cette raison que le directeur de l'école ne l'avait pas encore renvoyé de l'établissement, malgré ses absences répétées.
Sur cette pensée, Karin se plongea toute entière dans l'eau. Ainsi immergée, elle oublia tout le mal dont elle souffrait. Même sa plaie ne la brûlait plus malgré le contact de la source chaude.
C'était le néant. Un néant rassurant.
Plus rien n'avait d'importance.
« Profites-en bien… »
Elle sursauta, s'accrochant aux rebords de la baignoire pour se redresser. Mais quelque chose l'en empêchait. Une force la tenait prisonnière au fond du réceptacle d'émail.
L'angoisse la gagna tandis qu'elle frappait vainement au-dessus d'elle pour chasser la chose qui la maintenait dans les profondeurs. Mais il n'y avait rien et l'air lui manquait. Elle avala une première fois la tasse, se débattant comme une furie, déversant des flots d'onde savonneuse sur le sol.
« C'est ça, Kurosaki. Tu vois ? Tu as beau te battre contre moi, je gagnerai toujours. Je suis plus fort… »
Elle avala une seconde fois la tasse, hurlant intérieurement, appelant au secours.
« Pas mal… »
Soudain, la pression qui s'exerçait sur elle relâcha et la petite brune s'éjecta de l'eau pour cracher ses poumons sur le carrelage gelé de la salle de bain.
Elle resta plantée là une bonne dizaine de minutes, tentant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Sa plaie se remit à la brûler et à saigner, déversant un petit filet rougeâtre sur les carreaux blancs.
Trop, c'était trop ! Voilà que cette présence avait assez de contrôle sur elle pour la noyer !
_Je vais t'expédier dans le trou du cul du monde, enfoiré, murmura-t-elle. Et avec un bon coup de pied là où j'pense…
Mais elle n'eût aucune réponse en retours. Le silence.
Elle attrapa maladroitement une serviette et épongea sa blessure avec minutie jusqu'à ce que le saignement s'arrête.
Lorsque tout-à-coup, la sonnette de la porte d'entrée retentit.
_Bordel, grogna Karin en se séchant rapidement et en enfilant en deux deux un jogging et un T-shirt.
La sonnette retentit une seconde fois.
_J'arrive ! Cria-t-elle en se jetant sur la poignée.
Quelle ne fut pas sa surprise quand, sur le palier, elle découvrit la silhouette de son père, grelotant, encapuchonné dans un gros manteau d'hiver.
_Papa ? Dit-elle, prise au dépourvu. Qu'est-ce que tu fais là ?
_Je suis venu te remercier de ce que tu as fait pour nous sau…
_C'était pas la peine de te déplacer, coupa-t-elle.
Il ne partit pas pour autant. Il se contenta de rester planté comme un vieux bonzaï à la regarder avec un air blasé.
_Tu ne m'invites pas entrer ? Reprit-il en frissonnant.
La petite brune s'écarta pour le laisser se glisser à l'intérieur en soupirant.
Une fois au chaud et débarrassé de son manteau, Isshin jeta un rapide coup d'œil sur le salon. Il fut très étonné. Il s'attendait à voir un amoncellement de cochonneries en tout genre s'entasser au milieu de la salle.
_C'est propre, conclut-il, rassuré.
_Kazuya est maniaque, répondit-elle sur le ton le plus neutre possible. Mais tu n'es pas venu pour voir si je vis bien non ? Etant donné que ça fait presque deux ans que je loge chez lui…
_Non. Tu as raison. Je suis venue voir si tu allais mieux et si ta blessu…
_Arrête de raconter des conneries…
_Karin !
_Papa ! Ça fait presque deux semaines ! Si c'était vraiment pour ça, tu serais venu avant ! Alors, pour une fois, sois honnête avec moi ! Et de toute façon, c'est complètement guérit…
Mais Isshin ne bougea pas d'un iota, portant sur elle un regard inquisiteur.
_Putain ! Cria-t-elle. Il te l'a dit, c'est ça ?
_Ecoute Karin, cria-t-il plus fort encore. Kazuya se fait du souci pour toi. Et Ryohei. Et Kei. Et Heita et moi aussi !
_N'écoutes pas ce qu'ils te racontent. Je m'en sors très bien toute seule ok ?
Tout-à-coup, elle sentit une douleur violente au niveau de sa plaie. Elle gémit sous la surprise.
Son père qui, une seconde auparavant était face à elle, se tenait accroupis sur le flanc gauche, une main soulevant son T-shirt, l'autre appuyant sur la chair à vif.
_Arrête ! Supplia-t-elle en le repoussant.
Ses jambes flageolèrent et elle tomba au sol, ses doigts cachant la blessure.
« Il t'a fait mal, Kurosaki. C'est tout ce qu'il sait faire. Te faire du mal… »
_Bien, reprit Isshin en se levant. Maintenant, tu as deux options. Soit tu restes là avec ta fierté et tu te laisses mourir bêtement, soit tu me suis à la clinique que je t'examine correctement.
_Je vais bie…
_Cesses de me mentir ! Hurla-t-il, plein de colère. Regarde-toi ! Si tu me déteste à ce point Karin, pourquoi es-tu venu me sauver ? Et ton frère ? Pourquoi ?
_Merde ! Cria-t-elle en s'agrippant au canapé pour se remettre sur ses jambes.
_Qu'est-ce que tu décides Karin ? Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose ! Tu comprends ça ? Tu es ma fille… et je t'aime… malgré cette rage qui te bouffe !
Elle le regarda avec mépris. Un regard qu'elle ne contrôlait pas.
Comment se faisait-il qu'elle soit aussi agressive envers lui alors qu'au fond d'elle-même, elle voulait juste lui dire « Ok ! Emmène-moi ! Sauve-moi ! Je t'en prie ! ». Mais les mots ne franchissaient pas ses lèvres. A la place, ce fut un rictus arrogant qui se dessina sur son visage. Il n'y avait plus rien de logique en elle.
Une haine qu'elle ne contrôlait pas l'envahissait, la grignotait comme un animal en proie à la famine. Elle voulait le déchirer, le mordre, l'abattre.
« Continue Kurosaki… C'est bien… Laisses-toi faire… »
Cédant à sa fureur, la petite brune se jeta sur le bar qui séparait la cuisine du salon sous les yeux étonnés de son père. Et si Isshin n'avait pas était si surpris de la voir réagir ainsi, il n'aurait sûrement pas pu éviter le coup de couteau qu'elle porta à son torse.
Il recula, complètement abasourdis.
_Karin ! Dit-il le plus calmement possible. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Mais elle ne l'écoutait plus. Elle ne voyait que les silhouettes informes des objets qui l'entouraient. Elle sentait, comme un torrent de vie couler en masse devant ses iris noir. Ce n'était plus son père qui se tenait face à elle, mais un flot continu de sang qui la narguait, à un rythme rapide et régulier. Elle flairait l'odeur de l'hémoglobine qui lui chatouillait les narines et un reïatsu puissant qui fit palpiter son ventre.
Elle devait le mordre. Le déchirer. L'avaler…
« Maintenant ! »
Karin se précipita sur son père comme une furie, le couteau en avant, prête à le transpercer de part en part. Mais alors qu'elle s'approchait de lui, ses forces l'abandonnèrent.
Sa main lâcha l'arme.
Et sur le point de sombrer, elle regarda celui qu'elle aimait, horrifiée et chuchota :
_Papa…
Isshin eût juste le temps de l'attraper avant qu'elle ne percute le sol. Son visage était blanc comme celui d'un mort et le reïatsu de sa fille, qui s'était enflammé dans sa crise de folie, diminuait à une vitesse phénoménale.
Il devait sauver son enfant. Sinon, il ne se le pardonnerait jamais…
[…]
_Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Ichigo en voyant son père déposer le corps de sa sœur sur un lit de la clinique. Bordel ! Qu'est-ce qu'elle a ?
_Je ne sais pas, s'empressa de répondre Isshin en auscultant Karin maladroitement.
Il tremblait, ce qui rendait la manipulation des objets difficiles. Cependant, il réussit à enlever le T-shirt de sa fille pour mettre à nue cette blessure qui faisait d'elle un monstre.
_C'est quoi ? Murmura Ichigo en posant ses yeux sur la chair sanguinolente.
_C'est le coup de couteau qu'elle a reçu quand elle s'est battu contre Soejima. Ce n'est pas une entaille banale.
_Peut-être qu'elle l'a juste mal soigné ?
_Non. Karin a toujours été très attentive aux soins quand elle m'aidait ici. Et elle m'a attaqué tout à l'heure…
_Quoi ? Chuchota-t-il, stupéfait.
_Elle a changé d'un coup ! Du tout au tout ! Kazuya m'a dit au téléphone qu'elle s'énervait plus facilement, qu'elle dormait très mal et qu'elle avait des crises pendant lesquelles elle criait contre quelqu'un.
_Qui ça ?
_Et bien, personne justement, répondit Isshin, inquiet, personne…
_Tu crois que l'arme de Soejima est empoisonnée ?
_Je ne sais pas. Mais une chose est sure, dit-il très sérieusement en attrapant le bras de son fils, Rukia a donné cette arme à Kurotsuchi et je veux que tu ailles au Seireitei, Ichigo. Il a dû l'analyser. Je suis sûr qu'il peut sauver Karin ! Va parler à Yamamoto.
_Ça m'étonnerait que cet enfoiré de Kurotsuchi nous aide à…
_Et bien force-le ! Nous devons tous notre vie à ta sœur et ça, ils ne peuvent pas l'oublier ! S'il ne veut pas nous donner des informations sur ce couteau, alors vole-leur ! C'est compris ?
Ichigo acquiesça d'un signe de tête.
Il caressa la main de sa frangine et partit, les tripes nouées vers le magasin de Urahara afin de pénétrer le Seireitei avec ou sans invitation…
_Pardonne-moi, chuchota Isshin en attachant les bras et les jambes de sa fille. Je ne veux pas prendre de risques. Ici tu es en sécurité.
Mais alors qu'il continuait de s'afférer autours d'elle, il ne pouvait pas voir que la petite brune se livrait à un combat intérieur.
[…]
« Alors Kurosaki… tu te sens mieux ? »
« Salopard ! Qu'est-ce que tu m'as fait faire ? »
« J'ai juste ouvert les vannes, tu sais ? »
« Quoi ? »
« Je suis toi, Kurosaki. Dans l'esprit de chaque être il existe des murs, des remparts qui empêche le mal de sortir. Moi, je suis là pour les casser ! Pour t'obliger à prendre conscience du mal qui est en toi ! Tu comprends ? »
« Je… je n'ai jamais voulu tuer mon père… »
« Bien sûr que si, tu le voulais… ouvres les yeux ! Je ne fais rien d'autre que te donner un petit coup de main ! Et bientôt, toi et moi, nous ne ferons qu'un… »
[…]
Lorsqu'Ichigo se présenta devant Yamamoto, tous les Capitaines étaient déjà réunis. Ils semblaient curieux de savoir ce qui poussait le shinigami remplaçant à venir au Seireitei sur un coup de tête.
Cependant, lorsque ce-dernier exposa le problème qui secouait sa famille, la curiosité se transforma en malaise.
_Quoi ? Demanda Ichigo, angoissé. Pourquoi vous faites tous cette tronche ?
_Elle n'aurait pas dû souffrir de la malédiction, lança froidement Tôshirô au Capitaine Kurotsuchi. Vous aviez dit que seuls les humains faibles pouvaient être touchés.
_Quelle malédiction ? Demanda Ichigo en sentant la peur l'envahir.
_C'est que tu t'es trompé Hitsugaya, répondit le responsable des recherches à son confrère.
_Quelle malédiction ? Insista le shinigami remplaçant.
_Je ne me trompes pas ! Gronda le jeune homme aux cheveux blancs. Elle a toujours pu me voir, même lorsque je n'étais pas dans un gigaï ! Ce n'est pas normal !
_Bordel ! Hurla Ichigo. Vous allez me répondre ? Quelle malédiction ?
Le silence s'installa sur l'assemblée. Personne n'avait envie de lui dire ce qui attendait sa petite sœur.
_Pitié, supplia ce-dernier. Qu'est-ce qui s'passe ?
_Ta sœur va mourir, répondit simplement Kurotsuchi.
Le cœur du jeune shinigami rata un battement. Il sentit que la colère le gagnait.
_Comment ça, « elle va mourir »…
_Juste son corps, ne t'inquiète pas.
_ « Juste son corps, ne t'inquiète pas » ? C'est une blague ?
Dicté par sa fureur, Ichigo attrapa cet homme qu'il détestait au plus haut point et le flanqua contre le mur. Mais alors qu'il s'apprêtait à dégainer son zanpakuto, Byakuya Kuchiki et Kyoraku Shunsui le stoppèrent net.
_Ecoute plutôt ce qu'il a à dire, ajouta Ukitake Jûshirô en le faisant reculer.
_Allez-y, ordonna Yamamoto à son subordonné.
L'étrange Capitaine Kurotsuchi prit le temps de se replacer dans le rang et planta ses yeux pervers dans ceux, brûlant de rage du frère de Karin.
_Votre sœur a été touché par le Dokuja*. C'est une arme ancestrale que ma division recherchait depuis peu en parallèle du Shugyoku*. Elle transperce la peau et contrairement à une arme blanche banale, elle vient abimer l'âme de la victime. Un peu comme nos sabres.
_Donc, reprit Ichigo lentement, son corps et son âme vont mourir ?
_Pas du tout ! Ajouta-t-il en riant – ce qui eût pour effet d'énerver Tôshirô qui connaissait déjà la suite de cette histoire. Le coup qu'a reçu ta sœur s'appelle Hebi Ni Kama Reta Kizu*. Son corps qui est faible, va être consumé par le poison et elle va mourir dans d'atroces souffrances.
Certains capitaines le fusillèrent du regard.
_Qu…quoi ? Murmura le shinigami remplaçant.
_Je suis d'ailleurs étonné qu'elle vive encore. Elle est solide. Normalement, le venin détruit la chair en quelques jours seulement, voir quelques heures…
_Viens-en aux faits Kurotsuchi, grogna Tôshirô.
_Oui, oui. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi elle est atteinte alors que la légende dit, et je cite « qu'un humain possédant le don de pouvoir contempler et converser avec un dieu de la mort sous sa forme originelle, est protégé par son énergie. » Alors si ce que dis Hitsugaya est vrai, elle n'aurait pas dû être touchée.
_C'est que la légende ment, conclut Byakuya Kuchiki.
_Non. Je l'ai testé sur Nemu le soir même. Le reïatsu protège la victime comme un bouclier. L'arme ne peut pas trancher l'âme.
_Enfoiré, grogna Kenpachi.
_Jinta, chuchota Ichigo pour lui-même.
_Quel rapport avec Karin ? Demanda Tôshirô.
_Comme personne n'avait pu approcher Soejima avant la bataille, ma sœur a demandé à Jinta de lui fabriquer une arme assez puissante pour le blesser, le temps de nous délivrer si jamais il n'était pas humain.
_Comment tu sais ça ?
_C'est lui qui me l'a raconté le soir même et Yusu a rajouté qu'elle comprenait mieux pourquoi elle avait l'air si épuisée. Alors il a simplement concentré son reïatsu dans l'arme à feu.
_Stupide de sa part, ajouta Shinji Hirako, et formellement interdit…
_Oui mais c'était dans le but de nous sauver tous, dit calmement Unohana Retsu en soupirant.
_Donc, continua le Capitaine Kurotsuchi, ta sœur a bêtement abandonné le seul bouclier qui pouvait la protéger du venin. Et comme son reïatsu revient petit à petit, son âme tente de fortifier son corps, en vain bien sûr. Par conséquent, elle résiste inutilement.
_Que va-t-il se passer quand elle sera…
Ichigo ne put finir sa phrase. Il avait envie de vomir et ses mains tremblaient compulsivement.
_Quand elle sera morte ? Acheva le chargé des recherches avec un sourire malsain. Son âme apparaitra dans le Rukongai – ou en Enfer – et le mal s'emparera d'elle au fur et à mesure. La légende dit que les victimes du Dokuja se transforment en prédateur. Doucement, ils glissent vers les ténèbres et finissent par ne plus discerner le bien du mal. Ils deviennent misanthrope, agressifs, assoiffés de sang.
_Quand Karin va mourir, articula difficilement Tôshirô, elle apparaitra en criminel dans un district ?
_Ma sœur n'est pas une criminelle ! Cria le frère, en prise à plusieurs sentiments.
_Non. Le venin n'agit pas de suite. Il est possible qu'elle soit complètement lucide et qu'elle ait des moments de crise pendant lesquels elle sera dangereuse. Puis le mal prendra le dessus et oui, elle deviendra le prédateur que je vous ai décrit.
Le silence qui suivit cette déclaration fut long. Personne n'osait bouger, observant avec pitié le jeune shinigami qui tentait en vain de rassembler ses idées.
_C'est un venin, reprit-il avec espoir. Alors, il doit y avoir un antidote ?
_Sûrement, siffla Kurotsuchi Mayuri. Mais pour trouver un antidote, il me faudrait la permission d'examiner le sujet…
_Hors de question que tu poses tes sales pattes sur ma petite sœur !
_Ça suffit, ordonna le Commandant-Capitaine.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui.
_Kurosaki, reprit-il, ta sœur a fait preuve d'un grand courage en affrontant un ennemi qu'elle ne connaissait pas. Grâce à ses efforts et à sa perspicacité, nous avons survécu. Maintenant, c'est à nous de prendre le relais. Laisse-nous faire et peut-être alors que nous pourrons à notre tours sauver ta sœur.
_Nous lui devons bien ça, murmura Kyoraku Shunsui.
_Kurosaki, conclut le très vieil homme. Retourne auprès de ta sœur et prépare ta famille à sa disparition. Elle n'en a plus pour très longtemps…
[…]
Traduction :
ð Dokuja : serpent venimeux
ð Shugyoku : pierre précieuse
= Hebi ni kama reta kizu (je te cite ma Wonder Co si ça ne te dérange pas) : dans cette expression il y a apparemment la notion de blessure brulante causé par un serpent... une morsure quoi !
En bref : La morsure du Serpent ^^
