Et un autre !

CHAPITRE VIII : Un Réveil Fracassant !

Karin mit quelques minutes pour accuser le coup. Autour d'elle s'étalaient divers objets qu'elle ne reconnaissait pas. Un bureau, des chaises, une table basse, des étagères, des livres, beaucoup de livres et de grandes fenêtres qui laissaient passer une lumière aveuglante.

La seule chose d'à peu près familière dans cet endroit, c'était le regard de cet homme qui la maintenait assise. De grands yeux d'un bleu très clair comme l'azur qui n'appartenait qu'à lui, ce jeune garçon boudeur qu'elle n'avait pas revu depuis presque deux années.

_Tôshirô ? Demanda-t-elle dans un murmure presque inaudible.

Il ne répondit pas. Il se contenta de relâcher son emprise et de reculer.

_Qu'est-ce que… qu'est-ce que tu… enfin ! Où je suis bordel ?

Elle refit glisser son regard sur ce qui l'entourait à la recherche d'un indice.

_Et où sont mon père et Ichi-nii ? Ajouta-t-elle plus fort.

_Kurosaki…

_Pourquoi je suis par terre ?

Lorsqu'elle se fixa sur le visage de son ancien ami, une boule d'angoisse vînt se loger au fond de sa gorge. Aussi, elle ne fut pas surprise d'entendre sa propre voix s'érailler en réitérant sa question.

_Tu vas me répondre ? Insista-t-elle.

_Tu es au Seireitei, lui dit-il avec appréhension. Dans mon bureau, comme c'était prévu.

_Que…Quoi ? Comment ça, je suis au Seireitei ?

_Oui. On a légèrement triché pendant le Konsho pour que tu n'apparaisses pas aléatoirement au Rukongai. C'est mieux pour tout le monde. Et plus sûr pour toi.

Karin se sentait complètement stupide. Elle ne comprenait rien de ce qu'il lui racontait. Bien entendu, elle avait déjà entendu parler du Konsho et du Seireitei par la personne même qui se trouvait en face d'elle, mais elle n'arrivait pas à intégrer sa propre personne et ces quelques mots ensemble.

Tôshirô dû le remarquer car il rajouta avec inquiétude :

_Kurosaki… tu entendais ce que te racontaient Kuchiki-san quand tu étais à la clinique ? Elle a dit que ton rythme cardiaque réagissait au son de leur voix…

_Que… mais qu'est-ce que tu racontes ? Hurla-t-elle en se levant d'un bond. Où sont mon père et Ichi-nii ?

_Et merde, grogna-t-il en se mettant sur ses pieds à son tour.

_Quoi, « et merde » ?

_Ecoute-moi et ne t'énerve pas, ok ?

Elle le fixa sans répondre ce qui fit soupirer le jeune capitaine.

_La blessure que tu as reçue, reprit-il calmement, n'a pas été faites par une arme humaine. Elle s'appelle Dokuja. C'est une arme ancestrale créée il a plusieurs siècles pour créer la discorde dans l'au-delà à travers de simple mortel.

_Crache le morceau ! Viens aux faits.

Il s'appuya contre son bureau, les bras croisés. Il savait, bien sûr que c'était une possibilité, que peut-être elle avait été coupée du monde pendant son coma mais il avait gardé espoir qu'il n'aurait pas à expliquer tout ça de vive voix.

_Le Dokuja est empoisonné. Normalement tu n'aurais pas dû être touché mais les circonstances ont fait que le venin s'est propagé dans tes veines. Il a tué ton corps et maintenant…

_Quoi ? Murmura-t-elle, complètement hébétée.

_Kurosaki, tu es morte. Et ton âm…

_Attends ! Attends !

La respiration de la jeune fille s'accéléra. Elle n'était pas sûre d'avoir bien compris. Cet idiot lui disait ça comme si c'était un simple constat. Elle ne pouvait pas être morte…

_C'est pas possible, grogna-t-elle. Il m'a dit que si je disais ces putains de mots, je me réveillerai !

_De quoi ? Demanda Tôshirô qui ne suivait pas son raisonnement. Qui t'as dit quoi ?

_Mais rien ! Cria-t-elle. Je devais me réveiller, c'est tout !

_Et bien, d'une certaine manière, tu t'es réveillée…

_Ta gueule ! Lui jeta-t-elle, énervée et prête à bondir pour le gifler.

_Ecoute, Kurosaki, cria-t-il, perdant un peu de son sang-froid, je n'y suis pour rien ok ? Les choses sont ce qu'elles sont. Tu as été blessée, tu es morte et maintenant tu es en danger ! Donc écoute-moi !

_Va te faire voir !

Karin lui tourna le dos et ouvrit la seule porte qu'elle trouva dans la salle. Mais alors qu'elle était sur le point d'emprunter le couloir, son ancien ami posa sa main sur le shoji* et le referma d'un coup sec.

_La situation est grave ! Dit-il. Les choses ne vont pas s'arrêter là !

_Laisses-moi passer !

_Non !

Le ton du jeune capitaine était si ferme qu'elle recula de quelques pas.

_Kurosaki, ajouta-t-il plus calmement, le venin est encore en toi. Mais cette fois-ci, il va te bouffer l'esprit. Tu te rappelles ce que tu as fait à Isshin avant de sombrer dans le coma ?

Elle tenta de se remémorer la visite de son père avant que la douleur ne lui fasse perdre toute sa conscience.

_Je… je l'ai attaqué, je crois… mais ce n'était pas moi ! Ajouta-t-elle pour se défendre.

_Je sais. Mais si tu es ici, c'est pour que l'on trouve un remède à ce poison. Parce que si on ne fait rien, tu vas te mettre à tuer tout le monde, Kurosaki.

« Il ment… »

_Tu mens ! Cria-t-elle, en s'avançant vers lui.

_Non, je ne mens pas. La légende dit que toutes les personnes qui ont été touché par le Dokuja se mettent à tuer sans raison. Ils deviennent violents, comme des bêtes sauvages.

Elle éclata de rire.

_Une bête sauvage ? Cracha-t-elle. Tu te fou de moi ?

Tôshirô se rapprocha d'elle en soupirant. Elle était vraiment intenable.

« Il ment… »

_Laisses-moi passer, grogna-t-elle, les poings serrés.

_Kurosaki…

_Laisses-moi rentrer chez moi ! Cria-t-elle.

Karin le repoussa de toutes ses forces et sortit en courant du bureau. Elle parcourut rapidement un long et large corridor d'où s'activaient de nombreux shinigamis, passant d'un shoji à un autre, la regardant avec étonnement.

Arrivée au bout du couloir, elle emprunta un large escalier pour se diriger à grandes enjambées vers la sortie. Mais ce ne fut pas ce qu'elle trouva en bas.

Les bras croisés, le regard sévère, Tôshirô Hitsugaya l'attendait avec un air sombre qui faisait s'écarter à vue, tous ses subordonnés.

La jeune fille glissa sur une marche et tomba contre lui. Cependant, elle ne toucha pas le parquet.

Avec adresse et rapidité, le Capitaine de la dixième division la tenait vigoureusement dans ses bras et il n'avait pas l'intention de la laisser partir.

_Lâches-moi ! Cria-t-elle, en se débattant.

_Ça suffit ! Lui renvoya-t-il en resserrant son étreinte.

Elle donnait des coups de pieds, le repoussait de ses petits bras, frappait, griffait, mais rien n'y faisait. Sa force était bien supérieure à la sienne et, épuisée, elle abandonna, s'agrippant à son haori, le visage enfouis contre son torse pour cacher ses yeux brillants. Les larmes, même si elles ne coulèrent pas, vinrent se loger au coin de ses yeux.

_Pourquoi, murmura-t-elle, pourquoi je ne peux pas rentrer…

_Je suis désolé, répondit Tôshirô en relâchant la pression qu'il exerçait sur elle. J'aurais préféré n'avoir jamais à te dire ça…

Ils restèrent ainsi durant plusieurs minutes pendant lesquelles des shinigamis passèrent et repassèrent avec curiosité, à bonne distance pour observer la situation. En plus d'être intrigué par la présence et les cris soudains de l'âme errante, ils adoraient l'idée de voir leur supérieur tenir une fille de cette trempe dans ses bras. C'était à la fois risible et attendrissant.

La plupart d'entre eux étaient bien plus vieux que le capitaine Hitsugaya et le simple fait de l'avoir vu grandir leur donnaient parfois l'impression de suivre l'évolution d'un fils ou d'un frère.

_Taïchoooooooooooo ! Hurla une voix dans son oreille.

Les deux jeunes gens sursautèrent. Karin recula rapidement et tomba assise sur une marche.

_C'est si mignoooooooooooon !

_Matsumoto, grogna-t-il, le rouge aux joues, recroisant les bras avec son air autoritaire.

_Vous pourriez faire ça dans l'intimité quand même, ajouta sa vice-capitaine en pleine réflexion.

_Matsumoto…

Des rires discrets résonnèrent derrière le lieutenant. C'est seulement à ce moment-là que la petite brune se rendit compte qu'il y avait une masse de personne qui attendait derrière Matsumoto Rangiku.

Elle reconnut quelques têtes qui s'étaient glissées, l'air de rien dans la chambre de son frère quand celui-ci habitait encore à la maison. Il y avait le gars avec ses tatouages sur la gueule et ses cheveux rouges - la même coiffure que Jinta… étrange – et un grand blond longiligne avec un haori portant le numéro cinq. Tous les deux étaient passés chercher son père et Ichi-nii avant qu'elles ne les quittent.

Cette pensée lui fit un pincement au cœur. Elle n'aurait jamais l'occasion de demander pardon à sa famille. Jamais elle ne verra sa sœur se marier, ni l'enfant de son frère naître. Sa fierté avait été si forte, qu'elle n'avait pas réussi à franchir la porte de chez Orihime et Ichigo pour mieux rencontrer sa fiancée.

_Alors, c'est elle ? Demanda un bel homme brun avec des armatures en fer en guise de barrettes.

Karin faillit éclater de rire en constatant cette étrange coiffe.

_Elle n'a pas l'air méchant, ajouta une jeune fille aux cheveux roses, en se penchant au-dessus d'elle.

_J'm'appelle Karin, dit la concernée en se dressant sur ses jambes pour défier la gamine de toute sa hauteur. Pas la peine de parler de moi comme si je n'étais pas là.

D'autres rires éclatèrent. Un homme immense la gratifia d'un sourire presque malsain.

_T'as entendu ça, Yachiru ? Grogna-t-il. Elle ne manque pas de caractère.

_Oui ! Mais je n'en attendais pas moins de celle qui s'est jetée sur Soejima la dernière fois ! Dis ! Dis Ken-chan ! Je peux jouer avec elle ?

Tôshirô, qui sentait que Karin commençait à perdre patience, fit signe à son lieutenant de se rapprocher.

_Amène-là dans ses appartements, ordonna-t-il. J'ai à parler avec eux dans mon bureau.

_Oui, Taïcho.

_Attends Tôshirô ! Siffla la jeune fille alors qu'il commençait à monter les marches, suivis de pleins de personne portant le haori. C'est une blague ?

_De quoi tu parles ? Demanda-t-il en se retournant à peine.

_Qu'est-ce que je fais, moi ? J'attends sagement, je ne sais où que tu reviennes me baby-sitter ?

Toutes les têtes se tournèrent vers le jeune homme avec un sourire lourd de sens.

_C'est ça, conclut-il en reprenant sa marche.

Karin resta interdite pendant quelques minutes. Elle devait sûrement rêver. Cet abruti se comportait comme un con et elle comptait bien lui faire payer sa façon d'agir.

_Ne lui en veut pas, minauda Matsumoto qui partit dans un long corridor au fond du hall. Ils doivent se mettre d'accord sur la manière dont on va t'intégrer dans le programme de Kurotsuchi Taïcho.

_Et j'ai pas mon mot à dire dans cette histoire ? Râla-t-elle en lui emboitant le pas.

_Non, je ne crois pas ! De toute façon, il vaut mieux que tu laisses Hitsugaya Taïcho s'occuper de cette affaire. Il agit dans le but de te protéger, tu sais ?

_Mouais…

_C'est marrant ! Cria Matsumoto en riant.

Karin sursauta et s'arrêta nette. La vice-capitaine la fixait avec un air amusé.

_Ququoi ? Demanda-t-elle, surprise.

_Tu fais la même tête que mon Taïcho ! C'est juste génial ! Vous boudez de la même façon !

Le lieutenant ne s'arrêtait pas de rire, aussi la petite brune perdit patience et lança un regard meurtrier à la belle rousse. L'effet fut le bon. Elle se calma et reprit son chemin mais Karin sentait que la jeune femme était encore hilare.

_Il a changé, murmura-t-elle.

_Qui ça ? Hitsugaya Taïcho ?

_De qui d'autre veux-tu que je parle…

_Moi je ne trouve pas. Mais bon ! Je le vois tous les jours alors…

La belle rousse fit glisser une porte et s'écarta pour la laisser pénétrer dans les lieux.

_Ce sont les appartements des shinigamis qui vivent seuls. Ceux qui ont une famille sont plus excentrés. Celui-ci – elle montra du doigt l'intérieur de la pièce – sera le tien jusqu'à… ben jusqu'à ce qu'on en sache plus !

_Et toi ? T'habite où ?

Karin regretta presqu'instantanément sa question car la vice-capitaine se jeta sur la porte d'en face en hurlant :

_Juste làààààààààààà ! Comme ça, on pourra passer de super soirée toutes les deux !

_Cool, grogna-t-elle.

_Et si tu as besoin d'Hitsugaya, il habite au-dessus, juste à côté de son bureau.

_C'est une blague ? Ricana la petite brune. Il vit collé à son boulot ?

_Les Taïcho ont rarement l'occasion d'avoir une vie personnelle. Tu verras ! C'est pour ça que c'est sympa de t'avoir parmi nous !

Karin soupira en entrant dans son minuscule salon.

_Je n'en suis pas si sûr, chuchota-t-elle.

_Pourquoi tu dis ça ? Demanda Matsumoto avec curiosité. Parce que vous vous êtes disputés ?

_Il te l'a dit ?

La jeune fille sentit un léger malaise dans sa façon de poser la question. Elle n'assumait pas du tout cette histoire avec Tôshirô.

_Non, il n'en a pas besoin, dit simplement la vice-capitaine. Je travaille avec lui sans arrêt alors quand il est rentré avant la fin de sa permission avec un caractère de hollow, et qu'il n'est plus jamais retourné à Karakura autrement que pour une mission, je me suis bien douté qu'il s'était passé quelque chose…

Karin ricana en l'imaginant encore plus boudeur que d'habitude.

_C'est fou ce que les garçons peuvent grandir en si peu de temps… il a pris quoi… genre vingt centimètre depuis la dernière fois non ?

_Non… tant que ça tu penses ? S'étonna Matsumoto. Depuis combien de temps vous ne vous êtes pas vu ?

_Presque deux années…

_Ah ouais… quand même…

_Et puis, c'est quoi cette coupe ? Rajouta Karin en se moquant.

La vice-capitaine éclata de rire. En effet, Tôshirô avait laissé pousser ses cheveux jusqu'aux épaules. Ils étaient toujours en bataille. De cette façon, son ancien ami ressemblait à un héros de manga* avec ses deux petites mèches courtes qui tombaient sur son front.

_Il a la classe quand même ! Dit Matsumoto en reprenant un peu de sérieux.

_Oui, c'est vrai, j'avoue… il a la classe…

La jeune fille se sentit soudainement fatiguée. Elle laissa un long soupir s'échapper.

_Tu veux que je te laisse ?

Karin acquiesça d'un signe de tête. Etre seule était ce qu'elle désirait le plus au monde en cet instant.

_Ok, conclut la belle rousse. Mais ne sors pas pour le moment. Hitsugaya Taïcho ne devrait plus trop tarder. Il te dira le règlement à ce moment-là.

Puis, refermant le shoji, elle disparut à la vue de la petite brune qui se mit à tourner sur elle-même pour découvrir son nouveau chez elle.

L'endroit était sobre. Les murs étaient blancs, le parquet était lisse et sans défauts et les meubles étaient d'une parfaite simplicité. Un canapé noir sur le mur de gauche, un futon plié et rangé dessous, une minuscule table basse, un petit bureau façonné dans un bois très sombre, une chaise assortie et quelques étagères sans aucun ornement.

Deux portes jouxtaient le mur de droite. L'une d'elle menait à une minuscule salle de bain.

La douche était étrange. Il n'y avait ni douchette, ni tuyaux. Juste un cube troué sur le sol pour l'évacuation des eaux et le plafond était parsemé de petites ouvertures. Sur sa droite, le lavabo semblait fonctionner de la même façon.

Karin s'appuya sur le rebord en acier du lave-mains et se regarda dans le grand miroir.

Ses courts cheveux noirs, étaient pleins d'épis. Elle avait la même tête que les lendemains de fête et lorsqu'elle posa ses yeux sur ses vêtements, la jeune fille sursauta. Elle avait pour seul couche de tissu, un débardeur blanc, presque transparent et un short de pyjama de la même couleur.

« Yusu, pensa-t-elle, désespérée, grâce à toi, je viens de traverser la division de Tôshirô quasiment à poil… T'as pas intérêt à mourir avant que j'oublie ma tenue… »

Sur cette réflexion, elle sortit de la salle de bain et s'attaqua à la dernière porte qui restait. C'était un placard immense, quasiment aussi grand que son salon. Il y avait une dizaine de shihakusho*, des ceintures blanches et toute la panoplie du gentil shinigami.

Au fond de la penderie, elle trouva des kimonos colorés qui la fascinèrent. Bien entendu, pendant les festivals de sa ville, elle avait déjà eût l'occasion de voir ses proches et sa famille habillés de cette manière mais le tissu n'était absolument pas de la même qualité. Ceux qui se trouvaient dans son placard étaient un ravissement, même pour elle qui ne portait toujours que des joggings et des T-shirt trop grand.

Soudain, elle entendit un grand brouhaha venant de l'extérieur.

Elle grimpa sur son canapé, pour regarder à travers une petite fenêtre qui donnait sur une cour rectangulaire ensablée. Çà et là, des shinigamis s'activaient dans tous les sens et s'ils n'avaient pas porté l'uniforme, Karin aurait presque pu se croire chez elle, au milieu d'hommes et de femmes normaux, humains… dans une rue de Karakura, dans un centre commercial…

Ils criaient, riaient, s'injuriaient…

Alors, Karin se laissa glisser sur son canapé et plongea son visage sur ses genoux. En moins d'une demi-heure, elle avait appris qu'elle était morte, gardée sous surveillance et instable. Ça faisait beaucoup d'informations en si peu de temps.

Et tandis que la lumière à l'extérieur chutait, la jeune fille se laissa sombrer dans le chagrin. Aucune larme ne coula sur ses joues, mais le désespoir était bien là, l'assaillant par des souvenirs, des regrets, des images de ce qu'elle aurait pu vivre, voir ou faire.

Elle pensa à sa sœur, si fragile, si émotive qui n'allait peut-être jamais sans remettre. Son père, solide en apparence mais pleins d'amour pour ceux qu'il avait engendré. Son frère, sur le point d'agrandir sa famille alors qu'elle venait de mourir. Elle pensa à Kazuya qui avait déjà perdu ses parents et qui s'occupait d'elle comme on prendrait soin d'une petite sœur. Ryohei et Heita qui lui demandaient toujours son avis sur les filles qu'ils fréquentaient. Kei, plus imprévisible et tête-brulé qu'elle. Jinta et Ururu, ses amis si asociales qui ne sortaient jamais dehors sans qu'elle les ait invité.

C'était si insupportable que Karin gémit, le visage enfouis dans ses genoux qu'elle serait très fort.

Mais alors qu'elle s'endormait, épuisée par toutes ses pensées, elle n'entendit pas que l'on frappait à la porte. Aussi, lorsque la personne entra dans son appartement, elle ne se réveilla pas…

[…]

*Shoji : Porte coulissante japonaise en bois et papier de riz.
*Style KOMURA Yuichi de Hiiro no Kakera mais en plus long mouhaha !
*Shihakusho : Uniforme du shinigami.

A bientôt pour le Chapitre IX !