BONNE LECTURE A TOUS !

CHAPITRE IX : Une Soirée Bien Remplie

_Elle ne savait pas ?

_Non. Elle ne savait pas.

Tôshirô fit un signe aux autres Capitaines et aux Lieutenants pour qu'ils s'installent sans gêne dans le bureau de la dixième division.

_Elle n'a pas l'air de l'avoir trop mal prit, ajouta Kyoraku Shunsui.

Le regard qu'il porta au jeune homme était plein de sous-entendus. Il s'amusait de la situation dans laquelle ils avaient trouvé le trop sérieux petit génie et la mignonne petite brune qui s'étaient jetée sur Soejima pendant la dernière bataille.

Si Tôshirô s'en aperçut, il ne le montra pas et continua son entretien de la façon la plus neutre possible.

_Si elle donne cette impression, répondit-il, ce n'est qu'en apparence. Kurosaki n'est pas le genre de fille à épancher ses sentiments sur une épaule en pleurant. Elle gueule un bon coup et elle passe à autre chose. Ou alors, elle t'en veut à mort…

_On s'en fou, grogna Zaraki Kenpachi. Qu'est-ce qu'on fout ici ?

L'assemblée se concentra sur le jeune homme, attendant sa réponse avec impatience.

_J'ai pour mission, reprit-il sérieusement, de la surveiller sans relâche, au cas où elle échapperait à tout contrôle. Elle est logée en face des appartements de Matsumoto pour avoir un œil sur elle durant la nuit. Je peux également l'accompagner les après-midi à la douzième division pour les recherches de Kurotsuchi – sur le visage de ce-dernier s'étira un rictus malsain – par contre, même si j'essaie de l'occuper, il me faudrait des volontaires vers qui je pourrai éventuellement la diriger si mes fonctions m'en empêchent.

Tôshirô n'eût pas à attendre longtemps car une petite tête aux cheveux roses apparut sous le bras du colossal Zaraki.

_Ken-chan ! Ken-chan ! Je la veux ! Je la veux ! Cria Yachiru en sautillant.

Le jeune homme passa une main dans ses cheveux blancs en soupirant.

_On la prend, conclut le capitaine de la onzième division.

_Ce n'est pas une poupée Zaraki, gronda Kuchiki Byakuya. Comptez sur moi, Hitsugaya.

_Moi aussi, rajouta Ukitake Jûshirô.

_Et moi donc ! Lança Kyoraku Shunsui.

Unohana, Shinji et Kensei se proposèrent également d'aider leur confrère si les circonstances l'exigeaient.

_Une dernière chose Kurotsuchi, enchaîna Tôshirô avec une menace à peine contenue dans la voix, je serai présent à chaque fois que vous vous occuperez d'elle. Je ne perdrais pas une miette de votre travail. Nous passerons tous les jours à heures régulières et lorsque je dirais que c'est terminé pour la journée, ce sera comme ça et pas autrement. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous viendrez directement me voir sans jamais vous adresser à elle lorsqu'elle est seule. Ce qui ne devrait jamais arriver.

Le concerné éclata de rire. Tous pouvaient lire le mépris dans ses yeux.

_Ne tournons pas autour du pot Hitsugaya. Vous ne m'aimez pas et c'est réciproque. Si j'ai accepté de m'occuper de son cas, c'est juste par curiosité et par défis. Je ne peux pas extraire le venin pour la simple et bonne raison que le support métallique ne me le permet pas. C'est simplement pour cette raison que j'accepte de m'occuper de ce cas. Si Kurosaki devient folle ou meurt avant la fin de mes recherches, je m'en fou…

_Surveillez vos paroles Taïcho, gronda Kuchiki. Il ne nous faudrait pas grand-chose pour vous renvoyer dans votre cellule…

Le scientifique leva les épaules et prit la sortie sans se presser. Il adorait faire traîner sa démarche, son lieutenant sur les talons. C'était une manière de montrer aux autres qu'il n'était pas touché par leur antipathie.

Quand il eût fermé le shoji, la vice-capitaine Hinamori se leva d'un bond, lâchant un énervement contrôlé durant l'échange entre son ami et le capitaine de la douzième division.

_Cet homme est mauvais, cria-t-elle. Je ne comprends pas pourquoi le Sotaïcho le garde parmi nous !

_Parce que c'est le meilleur, soupira Unohana Retsu. Et même si ça me brûle les lèvres de l'avouer, il nous a sorti de beaucoup de problèmes.

_C'est vrai, confirma Ukitake. D'ailleurs Hitsugaya, ne le provoquez pas trop. Cet homme est pervers. Si vous êtes trop ouvertement hostile, il vous le fera payer. Subtilement, mais il vous le fera payer quand même.

Tôshirô acquiesça. Son premier objectif était de protéger son ancienne amie. D'abord des autres, mais surtout d'elle-même. Inutile de lui rajouter des ennuis dont elle n'avait pas besoin.

Soudain, un papillon noir se détacha de l'obscurité naissante pour pénétrer le bureau par une fenêtre ouverte. Il se posa délicatement sur l'épaule du Capitaine Soi Fon.

_Il apporte un message ? Demanda Komamura Sajin.

_Kuchiki Cotaïcho vient d'arriver en compagnie du shinigami remplaçant. Kurosaki Ichigo demande à voir sa sœur.

_Bien, conclut Kyoraku en s'étirant. La réunion est terminée ! Je retourne à mes occupations.

Tous les Capitaines et leur Lieutenants se dirigèrent vers la sortie avec plus ou moins d'enthousiasme. Tous, sauf Hinamori Momo.

Elle fixait son ami d'enfance.

_Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Tôshirô en s'asseyant derrière son bureau.

_Tu as l'air soucieux. C'est ta mission qui te tracasse ou c'est elle ?

_Un peu les deux, avoua-t-il. Kurosaki n'est pas facile à vivre. Tu pourras le constater par toi-même…

_Oui ! Cria-t-elle en bondissant sur lui. Je vais enfin rencontrer la jeune fille dont tu m'as tellement parlé !

_N'exagère pas, grogna Tôshirô en la fusillant du regard. J'ai dû mentionner son nom deux fois, et c'était il y a longtemps…

_Il n'empêche que je vais quand même la rencontrer, bouda-t-elle. Elle a l'air plus sympathique que cette Oïshi Yuri…

_Hinamori, ça suffit…

Le jeune capitaine se leva et se dirigea vers la sortie pour lui montrer que la conversation ne l'intéressait plus.

_Je vais lui parler, dit-il. Tu peux t'occuper d'Ichigo et le ramener ici ?

_Oui, répondit-elle avec un grand sourire. Je suis sensée être en repos mais j'ai tellement hâte de la voir encore une fois !

_Hinamori…

_C'était tellement mignon de vous voir l'un contre l'autre !

_Hinamori !

Cette-dernière éclata de rire.

Elle savait qu'elle était timide et qu'exprimer ses sentiments n'était pas évident. Mais pour son ami, son frère – car c'est ainsi qu'elle le considérait – c'était demander l'impossible. Il était rare de l'entendre parler de ce qu'il ressentait ou vivait en dehors de son travail. Aussi, l'idée que la petite sœur d'Ichigo puisse entrer dans sa vie – même pour une mission – était vue par ses proches comme un espoir.

Et alors qu'ils étaient sur le point de franchir la shoji, Tôshirô se heurta –ou plutôt rebondit – sur la poitrine d'une belle rousse plantureuse.

_Et bien, et bien, et bien Taïcho, minauda Matsumoto, une seule fille ne vous suffit pas pour la journée ? Vous êtes gourmand !

_C'est l'âge qui veut ça, rajouta Hinamori en faisant un clin d'œil à la vice-capitaine.

Le jeune homme sentit sa mâchoire se contracter sous la colère. Pourquoi fallait-il qu'il soit uniquement entouré de filles !

_C'est finis, oui ! Cria-t-il.

Elles ricanèrent, tandis qu'il essayait de ne pas rougir. Depuis plusieurs mois, il avait plus de mal à contenir ses émotions en face des femmes. Autrefois, il n'aurait jamais réagis au contact de l'incroyable poitrine de Matsumoto, mais c'était avant.

Bien entendu, il la voyait toujours comme sa plus fidèle combattante mais ses yeux arrivaient à l'analyser différemment. Elle était très belle et très tactile et lui, devenait un homme avec tous les changements que cela impliquait. Il détestait ça.

Et alors que Tôshirô tentait de calmer l'hilarité des vice-capitaines, il sentit soudain la panique le gagner.

_Où est-elle ? Demanda-t-il précipitamment.

_Qui ça ? Répondit Matsumoto.

_Kurosaki ! Où est-elle ?

_Là où vous m'avez demandé de l'emmener ! Dans sa chambre. Elle était fatiguée, alors je…

_Bon sang Matsumoto, gronda-t-il, je t'avais dit qu'il ne fallait jamais la laisser seule !

_Mais je n'allais pas rester dans son appartement toute la nuit !

_Non, dit-il sévèrement, mais c'est pour ça, je te rappelle, que nous avons placé sa chambre en face de la tienne. Pour que tu la surveilles ! Elle serait bien capable d'avoir déguerpis…

Et sans attendre de réponse, il franchit la sortie et disparut au bout du couloir.

_C'est moi où Karin Kurosaki est plus effrayante qu'un hollow à ses yeux ? Demanda la belle rousse, hébétée.

_Non, ce n'est pas toi… en tout cas, j'en connais une qui ne va pas être contente d'apprendre que Tôshirô doit gérer cette mission…

Les deux jeunes femmes s'échangèrent un sourire mesquin qui en disait long…

[…]

Karin venait de s'assoupir, aussi elle n'entendit pas une voix l'interpeler doucement derrière sa porte. Un coup frappa. Rien. Pas de réponse.

Lorsque le shoji glissa silencieusement, elle dormait déjà, allongée sur son canapé.

Tôshirô entra, malgré lui sur la pointe des pieds. Il ne savait pas quoi faire. Fallait-il qu'il la réveille ? Il n'en avait pas vraiment envie.

Ainsi abandonnée dans les bras de Morphée, il pouvait la contempler tout son saoul. Elle avait tellement changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient parlé, qu'il ne pouvait détacher ses yeux de ses courbes nouvelles.

Elle n'était pas beaucoup plus grande que dans ses souvenirs, mais dans le creux de sa gorge avait poussé une poitrine rebondit qui était à peine naissante lorsqu'ils jouaient au foot ensemble pendant ses visites à Karakura.

Son regard glissa de ses seins à sa taille fine, puis jusqu'à ses hanches légèrement galbées. Juste comme il aimait…

L'infime couche de vêtement qui recouvrait sa peau laissait quasiment entrevoir sa chair et sa musculature dynamique, et Tôshirô sentit que quelque chose de nouveau s'opérait en lui lorsqu'il l'observait de cette manière.

Il savait, bien sûr ce qu'était l'excitation et le désir mais pas sur elle ! Pas avec celle qu'il avait toujours vu comme une amie, une véritable amie. Quand avait-il changé à ce point pour qu'il se sente tout-à-coup physiquement attiré par elle ? D'autant plus que cela faisait très longtemps qu'il ne l'avait pas fréquenté.

Tôshirô ricana intérieurement car il détestait les piercings. Or, Karin en avait deux sur le visage. Un minuscule anneau au nez et une boule presqu'imperceptible à l'arcade.

« Très discret, pensa-t-il. Ça n'm'étonne pas de toi… »

Plus proche d'elle qu'il ne l'avait jamais été, il observa les traits de sa bouille de gamine. Il voyait bien qu'elle avait muri mais ses dix-huit années lui allaient comme un gant. Sa peau était lisse, sans défauts, ses longs cils papillonnaient délicatement comme si elle rêvait et ses lèvres laissaient passer un courant d'air chaud et humide qu'il eût envie de gouter tout-à-coup.

Mais il ne le fit pas. A la place, il remit une de ses deux longues mèches de cheveux noirs contre sa joue. Sa coiffure était si étrange ! Très courte comme un garçon avec ses petites lianes lisses qui glissaient vers sa gorge. Ça lui donnait une expression farouche.

Ce qu'elle était.

« Farouche, entêtée, enflammée » pensa-t-il.

Sa réaction dans le bureau, quelques minutes plus tôt lui confirmait qu'elle n'avait pas changé tant que ça. Contrairement à lui qui se battait pour qu'on le traite comme une personne responsable et adulte, à cause de ses fonctions et de ses responsabilités, Karin voulait que sa famille n'oublie pas qu'elle était encore une enfant. Une jeune fille à qui manquaient un père, un frère et un ami. L'ami qu'il n'avait pas su être.

C'était une situation délicate à cette époque. Une guerre de plus pendant laquelle ils avaient encore fait appel à Isshin et Ichigo. Une guerre pendant laquelle Karin avait grandi trop vite et souffert sans personne pour la soutenir.

Bien entendu, c'était le lot de tous les shinigamis.

« Souffrir. Se relever. Se battre. »

Souvent plus seul que ce qu'ils pouvaient l'imaginer. Mais c'était leur choix. Quand ils s'engageaient dans cette voie, ils savaient à quoi s'attendre. Pas Karin.

Elle était juste une gamine normale, un peu trop échauffée qui s'était perdue en l'absence de soutien. Et ce salopard en avait profité pour lui prendre ce qu'elle chérissait et pour l'abandonner juste après la nuit.

Oui. Tôshirô le savait. Il était son ami et confident. Il savait également que sur terre, pour ces êtres qui vivaient de façon si éphémère, ce genre de chose avait souvent une grande importance pour la gente féminine.

Les femmes du Seireitei, au contraire, étaient des militaires que les plaisirs de la chair n'effrayaient pas. Loin de là.

_Arrête !

Tôshirô sursauta.

Karin s'était relevée brutalement en criant, ses mains agrippant violemment le tissu du canapé.

Il la vit papillonner des yeux et regarder tout autour d'elle avec angoisse.

_Où je suis ? Demanda-t-elle. Où je suis !

_Calme-toi, dit-il en s'asseyant à côté d'elle. Rappelle-toi Kurosaki. Tu es au Seireitei, dans ta chambre. Calme-toi…

La jeune fille mit quelques secondes avant que sa respiration ne reprenne un rythme régulier.

_Tôshirô…

_Oui. Tu te rappelles ?

Elle acquiesça d'un lent signe de tête.

_Ce n'était pas un rêve…

_Non.

_Et merde !

Karin colla son visage contre le tissu, assise face au Capitaine, ses mains posées sur ses cuisses.

Quant à lui, il était là, à l'observer sans dire un mot.

_Bon, tu vas me dire ce qui m'attend, au lieu de me regarder avec ta tête de sale gosse ?

_Tu n'es pas obligée d'être agressive, soupira-t-il en se reposant sur le dossier.

_Dépêche-toi, je suis crevée…

_On ne va pas prendre de risque, enchaîna-t-il comme si de rien était. Tu resteras dans mon bureau le matin pendant que je remplirai les tâches administratives urgentes. A midi, on mangera soit sur place selon la masse de travail, soit avec mes hommes dans la grande salle. L'après-midi sera réservée à la recherche de l'antidote au sein de la douzième division. Et après, ben on avisera. Si j'ai trop de boulot, tu seras confiée à une autre division.

_Oh, ricana-t-elle, comme c'est gentil ! Je vais être « confiée à une autre division » !

Elle le fusilla du regard.

_Tu m'as pris pour quoi ?

_Kurosaki… c'est pour ta sécurité…

_Mon œil ! C'est pour votre sécurité ! Au vu du super programme que tu m'as réservé, je vais être enfermée sans arrêt avec, pour unique sortie, un suivi médical dans un centre de recherche… où ça déjà ? Ah ! Oui ! Encore entre quatre murs, à la Xième division de mon…

_Kurosaki ! Cria Tôshirô en se levant. Arrête d'agir comme une gamine ! Je ne le fais pas par plaisir, loin de là ! Mais les ordres sont les ordres !

Le silence s'installa. Un silence de gêne. Un silence pesant. Puis, le jeune homme se rassit à côté d'elle. Il planta ses yeux turquoise dans ceux de son ancienne amie.

_Ce n'est pas ce que je voulais dire, murmura-t-il, confus.

_Personne ne vous oblige à m'aider, dit-elle sur un ton qui se voulait cassant. Et si tu n'en a pas envie, alors abandonne. C'est mieux pour tout le monde.

_Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, reprit-il. Je suis désolé.

_Va-t'en…

_Kurosaki…

_Va-t'en !

Karin se releva et attrapa Tôshirô par l'écharpe pour le soulever. Une fois debout, elle le poussa violemment contre le mur. Cependant, elle ne vit pas que le futon, rangé sous le canapé dépassait à peine sur le sol. Ils se prirent les pieds dedans et tombèrent par terre, la jeune fille étalée de tout son long sur le torse du Capitaine.

Le temps de se rendre compte de la situation, dura plusieurs minutes pendant lesquelles ils étaient figés, complètement pétrifiés. Leur regard ne se lâchait plus. Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres l'une de l'autre. Leurs joues rougissaient de plus en plus à mesure que le cerveau analysait la position dans laquelle ils se trouvaient.

Karin sentit des papillons voler dans le bas de son ventre.

Tôshirô tenta de contrôler l'afflux de sang qui battait dans son corps comme un diable enragé.

Leur lèvres se rapprochèrent de quelques millimètres quand…

_Putain ! Cria une voix au-dessus de leur tête. C'est quoi ce bordel ?

[…]

La voix retentit comme le grondement du tonnerre à travers la pièce.

_Bordel ! Reprit la voix. Tu vas lever tes sales pates de ma petite sœur ?

Tôshirô repoussa un peu trop sèchement Karin qui tomba sur le côté.

_C'est pas ce que tu crois, ajouta précipitamment ce-dernier en se relevant à la vitesse de l'éclair.

_On s'est pris les pieds dans ce putain de futon, enchaîna la jeune fille en faisant de même.

_Mouais, c'est ça ! Lança Ichigo. Prenez-moi pour un con !

_Et si tu te mêlais de ce qui t'regarde ! Cria Karin.

_Ça m'regarde ! T'es ma sœur !

_Ah, ouais ? Et depuis quand ?

_Depuis toujours ! Ce que tu peux être chiante quand tu t'y mets !

_Ce que tu peux être emmerdant quand tu t'y mets, répéta-t-elle sur le même ton.

_Merde Karin !

_ON SE CALME ! Cria Tôshirô qui sentait sa patience diminuer dangereusement.

Le silence s'installa mais la tension qui régnait dans la chambre était palpable.

_Bon, reprit calmement le Capitaine. Qu'est-ce que tu veux Kurosaki ?

_Je suis venu veiller sur ma sœur.

_C'est pas ce qui était convenu.

_J'm'en fou.

_Bordel, Ichi-nii ! Cria la petite brune. Tu vas faire quoi ? Tu vas rester combien de temps ?

_Je sais pas ! Le temps qu'il faudra !

_Le temps de quoi ? De me voir devenir folle ? C'est ça ?

_Ne dis pas ça…

_Combien de temps ? Une semaine ? Un mois ? Un an ?

_J'en sais rien !

_Et Yusu ? Et Orihime ? Et ton bébé !

_Arrête Karin ! Cria Ichigo en prise avec le désespoir. Arrête…

Le shinigami-remplaçant s'appuya contre le mur, les bras ballants le long du corps. Ses yeux, pleins de larmes fixaient le sol avec insistance.

Karin lui tourna le dos. Elle savait que si elle le voyait craquer, elle ne pourrait pas retenir son propre chagrin plus longtemps.

_Je ne suis pas seule, chuchota-t-elle. Ils vont s'occuper de moi. Il y a Tôshirô et Rukia ici. Je ne suis pas seule…

_C'est vrai Kurosaki, enchaîna le Capitaine. Tu dois retourner à Karakura avec les vivants. Ta place est là-bas. C'est ce qui était convenu. Quand ta sœur sera soignée, elle viendra vous rendre visite.

_Je sais, murmura Ichigo dans un soupir. Je voulais juste savoir si tu allais bien…

_Je vais bien, conclut-elle.

Le frère se repoussa du mur lourdement et se dirigea lentement vers la sortie. A peine eût-il franchis le shoji que sa sœur l'interpela sans lui jeter un seul regard.

_C'est garçon ou une fille ? Demanda-t-elle, sur le ton de la conversation.

_Une fille…

Puis il disparut dans le couloir.

Ses pas retentirent durant quelques secondes qui parurent à la jeune fille une éternité.

_Alors Tôshirô, murmura-t-elle. Une semaine ? Un mois ? Une année ?

_Kurosaki…

_Tu ne sais pas…

_Kurosaki…

_Va-t'en.

Il soupira, épuisé par la tournure que prenaient les choses.

_Rendez-vous dans mon bureau demain matin à six heure. Matsumoto viendra te chercher. Tu n'as qu'à te servir dans le placard pour t'habiller. Viens en uniforme. Ça sera mieux pour tout le monde…

Et alors qu'il quittait les lieux et refermait le shoji, Karin s'allongea sur le canapé, écoutant les bruits de la nuit naissante.

Elle était morte.

Elle ne pouvait plus rien pour arranger les choses.

Elle… était… morte…

« Tu m'en veux ? » Susurra sa petite voix gentiment.

« Tu m'as menti… »

« Non Kurosaki… c'est eux qui te mentent. Ils ne peuvent rien faire pour toi. Moi je suis toi. »

« Tu mens. »

« Non… je t'aime. »

[…]

J'espère que ce chapitre vous a plu ! A TRES BIENTOT !