Bonjour à tous ! Miracle ! Je n'ai pas mis un mois avant de publier ce chapitre ! Alléluia !
Toujours un grand merci pour vos commentaires (Attention Lowie-san : Prépare toi à avoir le palet brûlant ! Ce chapitre est le tien rien que pour m'avoir sorti un si grand slogan :p)
CHAPITRE XVI : Une poupée à casser
Le bruit que faisaient les Geta dans le couloir attirait l'attention de tous les shinigamis présent à la dixième division. Pas un seul, homme ou femme, ne put continuer son chemin ou son travail sans admirer d'abord le passage de ce nouveau visage, plus éclatant qu'aucun autre aux alentours.
Le bas de son kimono turquoise volait sous l'effet de l'air propulsé par ses petits pas et le décolleté plongeant au creux de sa gorge aurait fait tournait plus d'une tête. Dans sa nuque, un autre creux retombait entre ses omoplates d'où l'on pouvait apercevoir un petit tatouage tribal en forme de dragon noir.
Lorsque Matsumoto l'avait peint sur le haut de son dos, elle lui avait dit que cette partie du corps était aussi sensuelle que n'importe quelle poitrine.
Et tandis que la mystérieuse beauté avançait le long du corridor, les soldats s'attroupaient de chaque côté pour entrevoir deux petites lèvres rouges comme des piments, un visage blanc comme celui d'une poupée japonaise, des joues rosies et des yeux brillant d'un noir intense surplombé de traits rouge pareillement à deux petites ailes d'oiseau, de telle sorte qu'elle aurait concurrencé les plus belles femmes nobles de tout le Seireitei.
D'ailleurs, si elle avait été accompagnée d'une suivante, personne n'aurait réfuté cette possibilité. La seule chose qui ne collait pas avec l'image de la noblesse était ces deux minuscules tresses qui se croisaient comme une couronne sur le haut de sa tête.
Aucun homme respectable d'une grande famille n'aurait autorisé une de ses filles à se couper les cheveux si courts avant le mariage et à les attacher de la sorte. La longueur des cheveux représentait, pour les plus traditionnels un signe de virginité.
Aussi, lorsqu'elle demanda le chemin des appartements du Capitaine, aucun n'employa de formule de politesse réservée à la haute société. Ils restèrent, cependant très polis car sa beauté leur coupait le souffle.
Dans le doute, il valait mieux être prudent… après tout, certains nobles pouvaient parfois être très étranges. Les shinigamis s'amusaient à se moquer d'eux en disant que la consanguinité les rendait instables.
_Voici la porte, indiqua un homme d'une quarantaine d'année avant de disparaitre - très lentement - dans un énième bureau.
Angoissée face au calme anormal qui régnait dans la division, Karin se sentait gauche. Elle n'avait pas l'habitude d'être observée par tant de gens et encore moins en marchant avec des pompes aussi inconfortable. Elle était toujours à deux doigts de se casser la figure à chaque pas qu'elle faisait…
Et si elle tombait lamentablement en pénétrant dans les appartements de Tôshirô devant tous ces regards indiscrets ?
Alors, lorsqu'elle toqua contre le montant en bois du shoji et que des pas à l'intérieur résonnèrent, son ventre se noua violemment.
Elle était vraiment résolue à arranger les choses avec cet ami si particulier. Ce repas était sa dernière chance de sauver ce qu'il restait de leur passé commun. Bien sûr, elle espérait qu'il aurait oublié la question qu'elle lui avait posée bêtement quelques heures auparavant… C'était à elle de lui prouver qu'il n'avait pas à avoir peur !
Mais quelle ne fut pas sa surprise quand, en faisant glisser le shoji, une tête boudeuse s'adressa à elle sans la reconnaître.
_Qu'est-ce que vous voulez ? Dit Tôshirô, mécontent, sans vraiment la regarder.
La jeune fille était si abasourdis qu'il ne la reconnaisse pas qu'aucun mot ne sortit de sa bouche.
_Ecoutez, gronda le Capitaine, je ne sais pas de qui vous êtes la fille, la sœur ou la nièce mais je ne compte pas me marier ! Et si vous n'avez rien d'important à dire ou faire, allez-vous-en. Je suis occupé.
Et le shoji claqua contre le montant, au nez d'une poupée complétement effarée. Cet abruti venait-il vraiment de la prendre pour une étrangère ?
Elle entendait ses pas s'éloigner de l'entrée et sa voix râler à l'intérieur.
Les poings serrés, elle était prête à marteler le shoji jusqu'à éclater le papier de riz qui les séparait lorsqu'une voix masculine l'interpela par-dessus son épaule.
_Kurosaki-san ?
Lorsque Karin se retourna, elle tomba nez à nez avec cet homme immense qui l'avait tiré d'un mauvais pas la veille.
_Yoshida-san…
_Heureux que vous vous souveniez de mon nom.
_Vous êtes pas l'genre de personne qu'on oublie facilement. Surtout en comparaison à cet abruti de Minamoto…
_Merci, dit-il en rougissant. Puis-je vous aider en quoi que ce soit ?
_Oui, affirma-t-elle sans entrain. Offrez-moi un coup à boire tout-d'suite.
L'étonnement du géant ne se fit pas attendre. Ses sourcils relevés lui donnaient l'apparence d'un clown trop vieux.
_Vous n'aviez pas rendez-vous avec le Taïcho ce soir ? Reprit-il avec un sourire.
_Comment savez-vous ça ? Dit-elle, surprise.
_Je sais tout, Kurosaki-san… je sais tout…
_Et bien si vous savez tout, grogna-t-elle, vous devez savoir que j'ai besoin d'une bière tout de suite avant d'éclater votre Taïcho !
_Je crois qu'il serait préférable de frapper à sa porte pour entrer non ?
Karin colla son dos contre le mur en soupirant.
_Déjà fait… et ce crétin ne m'a pas reconnu ! Après des années d'amitié, il ne m'a pas reconnu alors que vous, oui !
_Pour être honnête, j'ai vraiment faillis vous confondre avec une des filles de haut dignitaire de la chambre des 46 !
_Qu'est-ce qui vous a mis sur la voie ?
_Cette tête bougonneuse que vous avez. Une fille bien élevée ne fait pas ce genre de tête !
Le regard de la petite brune envoya de nombreux éclairs qui firent éclater de rire Yoshida.
_Et puis, hésita-t-il, peut-être qu'il s'attendait à voir quelqu'un d'autre…
_Qui ça ? Demanda-t-elle, étonnée.
_Peut-être bien… à Kurosaki Karin ?
Sur le coup, elle ne comprit pas. Ce n'est que lorsqu'il disparut à l'angle d'un mur que Karin percuta que ce n'était vraiment pas son genre de ce fringuer comme ça. Et encore moins de se peinturlurer la tronche avec une tonne de maquillage… mais tant pis ! Puisque Matsumoto et Hinamori lui étaient tombées dessus, ils allaient bien devoir faire avec !
Au pire, elle piquerait des vêtements à Tôshirô et elle se rincerait le visage avec de l'eau…
Alors, ravalant sa rancœur, elle leva sa main et frappa contre le montant en bois, évitant soigneusement de s'éclater les articulations de colère.
Et alors qu'elle tendait l'oreille à l'affut d'un bruit de pas, rien ne se fit entendre.
« Je vais le matraquer cet abrutis ! » Pensa-t-elle, en cognant de nouveau le shoji avec son poing.
_Ohé ! Trou du cul ! Gueula-t-elle, attirant sur elle les regards interrogateurs des shinigamis présents aux alentours. Tu vas me l'ouvrir cette porte ou je la défonce ?
Tout-à-coup, la porte glissa avec une telle force que Karin sursauta et une tête aux cheveux blancs se glissa à l'extérieur.
Cependant, le spectacle qui s'offrit à la jeune fille était si risible qu'elle failli en oublier son courroux.
Tôshirô, surpris par ce qu'il voyait, passa par toutes les couleurs et les expressions qu'il s'interdisait. D'abord étonné par ce qu'il voyait. Puis perplexe. Rouge comme une pivoine lorsque ses yeux glissèrent de ses pieds à la tête. Et enfin, blanc comme un linge lorsqu'elle l'agrippa par le col pour le faire entièrement sortir de son antre.
_T'attends quoi pour me faire entrer ? Gronda –t-elle. J'me gèle dans ce couloir !
Aucun mot ne sortit de sa bouche.
_Ohé ! Du Bateauuuu ! Dit-elle en claquant des doigts devant ses yeux. C'est bon ? T'as fini de t'rincer l'œil ?
Et alors qu'il se dégageait de son emprise, reprenant sa froideur naturelle, elle souffla un grand coup et se mit à parler sans que plus rien ne l'arrête.
_Je te jure ! Relança-t-elle, exaspérée. C'est déjà difficile d'avoir dû subir les assauts de Matsumoto et de ta sœur sans qu'en plus, tu me ferme la porte au nez ! Et devant tous ces crétins qui passent leur tête par les portes pour mater – certains shinigamis qui espionnaient encore, s'évanouirent dans leur bureau comme des fantômes. Non mais je te jure ! Un après-midi entier à me faire ravaler la façade par deux hystériques ! Et toi, tu prends même pas la peine de t'dire « Tiens ! Quelqu'un frappe à ma porte ! C'est peut-être la fille… comment elle s'appelle déjà ? Ah oui ! Karin ! Celle que j'ai invité à bouffer à la maison ce soir ! ». Et après quoi ? Je vais d…
_Ok ! Cria Tôshirô qui ne savait plus quoi faire pour l'arrêter. Ok ! J'ai compris !
Essoufflée d'avoir tant parlée en si peu de temps, la petite brune se colla contre le montant du shoji.
_Désolée, dit-elle. C'est qu'elles sont vraiment dangereuses les femmes qui t'entourent…
_Sans blague, grogna-t-il en soupirant.
Elle éclata de rire subitement.
_Je mets cette journée dans les annales de mes journées les plus étranges ! Si Yusu avait pu voir ça, elle serait devenue complètement folle ! Ca fait, je sais pas combien de temps, qu'elle se bat pour me voir porter un de ces trucs !
_C'est un kimono, corrigea Tôshirô.
_Bon ! Lança-t-elle. On mange quoi ce soir ?
Mais alors que Karin s'apprêtait à entrer sans son invitation, quelque chose l'arrêta net. Elle ne sut pas trop ce qui l'empêcha de continuer plus loin.
« Regarde-le » chuchota sa voix intérieure.
« Pourquoi ? » Pensa-t-elle.
« Regarde-le… »
Lorsqu'elle posa ses yeux sur lui, le jeune Capitaine avait l'air gêné. Extrêmement gêné. Presque peiné. C'était comme s'il s'apprêtait à lui annoncer une mauvaise nouvelle.
« Tu ne sens rien d'étrange ? » Insista sa voix.
Elle tourna la tête vers l'intérieur de l'appartement où des effluves sucrés s'échappaient.
« Ça sent… comme une parfum… »
_Il y a quelqu'un chez toi ? Demanda-t-elle, le regard toujours dirigé vers l'entrée.
_Kurosaki…
_Tu n'm'avais pas dit qu'il y aurait du monde ! Gémit-elle. J'vais avoir l'air débile habillée comme ça ! J'suis gauche quand j'porte une robe !
_C'est un kimono…
_C'est pareil ! Lança-t-elle, boudeuse.
Les yeux de Karin se posèrent de nouveau sur le visage de son ami.
_Oh merde ! Murmura-t-elle. Tu avais annulé c'est ça ? A cause de ce que je t'ai demandé tout à l'heure ? Tu pensais que je ne viendrais pas ?
_Kurosaki…
_Arrête de dire Kurosaki ! Kurosaki ! Grogna-t-elle. Bon sang ! C'était une question juste comme ça ! Tu ne vas pas me tirer la gueule dès que je dis un truc qui te contrarie ! J'm'en fou moi, que tu m'en veuille pour c'que j'ai dit ou fait ou pas dis ou tout ce que tu crois que j'ai pu dire ! Et putain ! Tu m'énerve tellement que je m'emmêle dans c'que j'te dis !
_Kurosaki… Ce n'est pas une bonne idée pour toi et…
_Ta gueule ! Je sais, d'accord ? Je sais le danger que je représente mais on était ami toi et moi ? Non ? Alors pourquoi tu es si froid avec moi ? Tu es là, à m'appeler « Kurosaki » comme si j'étais une simple connaissance mais tu ne te souviens pas ? Toutes les fois où tu as dormis sous mon toit, où nous avons ri comme des malades ! Et ouais ! C'est pas ton genre de t'exalter comme un p'tit fou, ça j'le sais mais bordel ! Passe à autre chose !
Et tandis que la petite brune s'énervait de plus en plus, un bruit se fit entendre dans son appartement. Un bruit, comme un glissement de tissu sur un tatami.
Puis, une voix. Une voix féminine et douce que Karin avait déjà entendue une fois, cachée derrière la porte de son bureau.
_Hitsugaya-sama ? Demanda cette-dernière. Il y a un problème ?
Tout-à-coup, ce fut comme l'apparition d'un ange. Une jeune fille, belle comme une divinité pénétra dans l'entrée de l'appartement. Elle était si ravissante et gracieuse que Karin se sentit rougir de honte. Le kimono que portait ce nouveau visage fin et délicat semblait être une deuxième peau pour sa propriétaire et c'était sans compter sur ses très longs cheveux blonds qui tombaient en cascade de boucles sur ses hanches.
Lorsqu'elle arriva à la hauteur de Tôshirô, la petite brune constata qu'elle était de la même taille que son ami.
_Qui vous êtes ? Chuchota-t-elle précautionneusement, comme si sa voix pouvait faire disparaître cette beauté des cieux.
Cette reine de noblesse leva les sourcils vers le plafond comme si elle venait de balancer une grossièreté.
_Hitsugaya-sama ? Reprit-elle en ignorant cette intruse.
_Oïshi-sama, dit-il, mal-à-l'aise, je vous présente Kurosaki-san.
_Oh ! S'exclama la noble, une main cachant ses lèvres gracieusement. Je comprends votre ignorance au respect des politesses qui me sont dues. Je suis Oïshi Yuri, fille du grand maître Oïshi Uzaemon.
_Ah, répliqua simplement Karin dont le malaise grandissait de plus en plus.
Le silence qui s'installa était si pesant, que tous entendait le bois craquer sous leurs pieds, en cadence avec la marche des shinigamis encore actifs à cette heure de la journée.
Mais Oïshi, contrairement à eux, semblait toujours attendre des politesses de la part de la petite brune.
_Je crois que si vous n'avez rien d'important à dire à votre Taïcho, dit-elle, vexée, vous devriez prendre congés et rentrer à vos appartements.
_Vous avez entièrement raison, lança Karin avec une petite voix trafiquée de fille fragile et stupide, je suis juste venue dire à mon « Taïcho » que je n'étais pas disponible pour dîner car je dois rejoindre Yachiru « Co Taïcho » dans ses appartements pour la nuit et la journée qui suivra. Vu qu'il n'y a plus de rendez-vous avec Kurotsuchi « Taïcho » jusqu'à nouvel ordre, cela ne doit pas vous déranger, n'est-ce pas ?
_Matsumoto t'y conduira, dit-il sévèrement. Je suis trop occupé ce soir pour te gérer.
_Pas la peine, murmura-t-elle, j'm'en suis toujours sortit toute seule.
_Alors tu ne sors pas.
_Va te faire voir !
Tôshirô, plus froid que jamais ne répondit pas, laissant son amie prendre, furieuse le chemin inverse. Et tandis qu'elle s'éloignait dans le couloir, essayant tant bien que mal de garder une prestance dans sa démarche, elle entendit la voix d'Oïshi lancer :
_Quelle mauvaise éducation ! Et cette apparence ! Un crapaud avec un kimono restera toujours un crapaud !
[…]
Folle de rage, au bord des larmes, une poupée éméchée traversait les couloirs de la dixième division, prête à bondir sur le premier crétin qui oserait lui couper la route. Car, en plus d'avoir était traité comme une moins que rien par le seul homme en qui elle croyait pouvoir faire confiance, voilà qu'il venait de l'humilier devant tous ceux qui espionnaient de leur bureau !
Elle claqua la porte de son appartement, se jeta sous la douche après avoir balancé comme un vieux chiffon le somptueux kimono turquoise et se faisant, elle s'assit sous la pluie fine et chaude, ses mains cachant ses yeux pour qu'ils ne se laissent pas dépasser par le chagrin.
« Pourquoi ? Pourquoi il a fait ça ? » Pensa-t-elle, l'âme effondrée. « Putain d'enfoiré ! »
« Je te l'avais dit… »
« Pourquoi il était avec cette garce bourgeoise ? On devait se retrouver… »
« Il l'a sûrement fait exprès. »
« Il n'aurait pas fait ça… »
« Sauf s'il voulait te faire comprendre d'arrêter ton petit manège. »
« Quel manège ? »
« Oh ! Kurosaki… ces regards que tu lui lance ! Ces mots que tu lui as dits cet après-midi ? Ça ne te parle pas ? »
Un rire retentit comme un glas dans sa tête. Un rire victorieux.
_Arrête, murmura-t-elle, toute prête à craquer.
Le rire continua, plus fort.
_Ça suffit, pleurnicha-t-elle. Fou-moi la paix !
Plus fort.
Les mains de Karin se posèrent de chaque côté de sa tête, sur le point d'exploser sous la douleur.
_Arrête ! Arrête !
Des cris de joie, de douleur, des rires, des échos de voix.
La voix de sa sœur, hurlant comme torturée.
La voix de son frère qui la cherchait dans le noir.
La voix de son père, sévère, comme s'il la grondait encore.
Et Ryohei. Et Kei. Et Heita et Kazuya…
_Non ! Gémit-t-elle, ne pouvant plus retenir ses larmes.
Les images défilaient devant ses yeux comme un tourbillon glacé. Des souvenirs tantôt heureux, tantôt douloureux. Les traits déformés par la peur, la tristesse. Et ce visage ! Le visage de Tôshirô, colérique, froid, agressif ! Ses lèvres pressant passionnément celles de cette Oïshi !
Et cette voix ! Cette voix qui riait encore ! Et ce visage ! Le visage de celui qui l'avait frappé ! Ce Soejima !
Le mal était si puissant que Karin sentait ses muscles la lâcher petit à petit. Elle eût la plus grande difficulté à se glisser hors de la douche, trempée, étendue sur le sol, impuissante. Et ces voix ! Toujours ! Encore !
Des cris de joie, de douleur, des rires, des échos de voix.
La voix de sa sœur, hurlant comme torturée.
La voix de son frère qui la cherchait dans le noir.
La voix de son père, sévère, comme s'il la grondait encore.
Et Ryohei. Et Kei. Et Heita et Kazuya…
Et cette souffrance ! Ses gencives brûlaient, saignaient, se déchiraient ! Tous ce qu'elle tentait d'attraper se détruisaient à son contact sous ses griffes puissantes !
_Papa, gémit-elle. Papa…
[…]
Un corridor… un long corridor dans lequel elle se mouvait, légère, presque flottante. Pas de fenêtre. Juste de hauts murs blancs comme la neige et cet aura de paradis. Cette sensation de bienêtre qui lui donnait envie de rire et de danser.
Ce sol… ce sol qu'elle avait déjà foulait. Ce sol mou qui épousait la forme de ses pieds.
Et cette lumière. Cette lumière blanche au bout du couloir qui semblait l'appeler. Cette porte qu'elle avait failli ouvrir la dernière fois.
Toujours les mêmes gestes. Cette même répétition.
Une nuée d'abeilles se glissant par les espaces lumineux de cette même porte. Et cette voix.
« N'entre pas… »
Un pas de plus vers l'ouverture…
« Kurosaki ! N'entre pas ! »
Des milliers, des millions d'abeilles barrant le passage, piquant violemment ses bras et ses jambes si bien qu'avancer devenait pénible.
Et un pas de plus, vers la sortie et…
[…]
_Appelez Hitsugaya Taïcho ! Cria une voix de femme. Dépêchez-vous !
Karin se sentit secouée dans tous les sens. Que lui arrivait-il ? Pourquoi ses paupières refusaient-elles de s'ouvrir ?
_Appeler Hitsug…
_Je suis là ! Gronda la voix de Tôshirô. Qu'est-ce qu… Bordel !
La jeune fille perçut un nouveau mouvement de son corps qu'elle ne contrôlait pas. Des mains fortes l'avaient attrapées et la soulevait du sol.
_Matsumoto ! Reprit sèchement le Capitaine. Que s'est-il passé ?
Mais avant que cette-dernière n'est eût le temps de répondre, Karin ouvrit violemment les yeux, et dans un sursaut, se releva et se jeta en arrière, contre le mur.
_Kurosaki, articula Tôshirô. Calme-toi.
Mais le cœur de la petite brune battait à tout rompre dans sa poitrine. Sa vision était trouble et pourtant, partout autour d'elle du sang ! Du rouge ! Du rouge ! Partout !
_Mais… mais… mais…
_Calme-toi, reprit-il en s'approchant doucement.
_Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Cria-t-elle, paniquée.
_Kurosaki, reprit encore Tôshirô en tendant sa main vers elle.
_Ne me touches pas ! Hurla-t-elle en se débattant. Va-t'en !
_D'accord, dit-il posément. Ok. Personne ne va te toucher. Respire. Calme-toi.
Alors, et même si elle avait un mal fou à se concentrer, Karin prit le temps d'examiner ce qui se passait.
Tôshirô était droit comme un piquet, sur le qui-vive, prêt à bondir sur elle. Matsumoto, à l'inverse était recroquevillée dans un coin de l'appartement, une main faisant pression sur son épaule, l'autre sur le poignet de cette même main et du sang, beaucoup de sang s'écouler de ses blessures.
C'est alors que Karin comprit qu'il ne s'agissait pas de son appartement… elle n'était pas dans sa chambre… elle ne portait pas d'habits. Elle était nue et complètement désorientée.
Alors, ce fut le choc de trop. Ses oreilles se mirent à siffler. Sa vision se troubla jusqu'au noir total, néant dans lequel elle sombra…
_Kurosaki ! Cria Tôshirô en la rattrapant avant qu'elle ne percute le sol.
_Elle s'est évanouie ? Demanda Matsumoto, la voix tremblante.
Le jeune Capitaine acquiesça d'un signe de tête.
_Va te faire soigner, ordonna-t-il à son lieutenant, et quand tu iras mieux, rejoints-moi à la première division. Il faut que tu racontes ce qu'il vient de se passer au Goteï au complet.
Le soupir qui échappa à Tôshirô, lorsqu'il couvrit le corps de son amie avec son haori, déchira le cœur de Matsumoto.
C'était sûr, à présent, que Kurosaki n'échapperait pas à son sort…
[…]
Voilouuuuuuuuuuuu ! Alors ? Fajitas ?
