Bonjour à tous et Bonne Année !
Enfin ! Après un mois de retard, un nouveau chapitre de publié… j'vais bien finir par la terminer cette histoire mais je galère un peu ! Arg ! M'en fou ! J'm'accroche !
Encore merci à tous ! Pour vos commentaires et pour les nouveaux qui suivent cette histoire !
Chapitre XVII : Le Poids Des Responsabilités
Quelques heures plus tôt, le Capitaine Hitsugaya était sorti de sa réunion avec le Capitaine-Commandant. Il avait eût ordre de stopper toute action intime qui aurait pu lancer un quelconque rapprochement entre Kurosaki et lui.
Alors, pour annuler le repas, il avait prévu de lui dire qu'il était simplement épuisé ou qu'il avait une masse de travail incommensurable pour qu'elle retourne à sa chambre sans que cela n'affecte trop leur retrouvaille.
Mais c'était là que les choses s'étaient gâtées. Il n'avait pas prévu qu'Oïshi Yuri ferait irruption dans son appartement comme une Lilith pour tenter de le séduire une dernière fois. Il n'avait pas imaginé une seule seconde que Kurosaki arriverait pile à ce moment-là, vêtue de somptueux vêtements, habillée avec tant de soin qu'il n'avait pas su la reconnaître. Il avait encore moins prévu que son ex et son amie se rencontreraient avec autant d'indélicatesse !
Kurosaki avait dû penser qu'il se foutait complètement d'elle… il n'avait même pas eût le temps de la rejoindre chez elle pour s'excuser de ce qu'elle venait de voir !
Et l'autre idiote qui l'avait l'insultée ! Il s'était alors gracieusement autorisé de la remettre à sa place en lui rappelant qu'il n'était pas n'importe qui. Un Capitaine et un Capitaine qui pouvait se montrer très autoritaire si la situation l'exigeait. Il n'était pas moins puissant qu'elle et ses titres de noblesse. Après tout, son amie était sous sa protection alors il valait mieux pour Oïshi de se montrer respectueuse et de garder ses distances avec la division.
Au final, il avait fait pleurer une femme et rendu dingue une autre…
Le pire au bout du compte, c'était quand le reïatsu de Kurosaki avait complètement disparu. Cette fois-ci, pas d'appelle au secours. Pas de rayonnement étrange de son énergie. Plus rien. Juste comme si son amie venait de disparaitre du Seireitei. Comme si elle était morte…
Puis le hurlement de Matsumoto dans la chambre voisine lorsqu'il s'était précipité en bas. Et du sang. Du sang qui s'écoulait de l'épaule de sa vice-Capitaine, son zanpakuto pointé sur l'animal réfugié dans un coin, qui sifflait, toutes dents dehors comme un serpent prêt à attaquer.
« Kurosaki ! » se rappela-t-il avoir crié. « Arrête-toi ! »
Et voilà que l'hybride se laissait choir au sol, ses griffes se rétractant à l'intérieur de sa peau blanche de la même manière que ses canines à l'intérieur de ses gencives. Pourtant, lorsqu'il prit la jeune fille dans ses bras, sa peau était de glace et ses yeux, eux n'avaient pas repris leur apparence normale. Deux fentes verticales l'avaient regardé, comme éblouis par la lumière avant de défaillir.
Ainsi, après l'avoir étendu dans son propre lit et scellée comme un objet afin qu'elle ne puisse en sortir, surveillée par ses trois meilleurs shinigamis - c'était sans compter sur Matsumoto qui se faisait soigner à la quatrième division – il était partis faire son rapport à son supérieur.
Le destin, comme toujours ne l'épargnait guère…
[…]
Au moment où le jeune Hitsugaya Tôshirô était entré dans la grande salle où se réunissaient habituellement tous ses confrères pour les réunions avec leur Commandant, il avait pu constater qu'aucun ne manquaient à l'appel. Le cas « Kurosaki » semblait affecter l'ensemble du Goteï 13. Après tout, Karin était la petite sœur d'Ichigo et ce-dernier avait su toucher chacun d'entre eux d'une façon ou d'une autre.
Cependant, l'agitation gagna les rangs lorsque Matsumoto et lui-même terminèrent leur rapport.
_Silence ! Ordonna Yamamoto.
Le silence se fit brusquement dans la salle. Pas un n'aurait osé défier l'autorité suprême de leur supérieur. A l'exception, peut-être d'Ichigo. Ichigo qui n'avait plus le droit de mettre les pieds au Seireitei pour ne pas gêner les recherches de Kurotsuchi qu'il détestait tant. Ichigo qui aurait sûrement pété un câble en voyant sa sœur se métamorphoser en… en quoi ? En serpent ? En fauve ?
_Puis-je prendre la parole ? Demanda mielleusement le scientifique.
Tous se retournèrent vers lui, étonnés qu'il se permette de parler avant que Yamamoto lui-même ne brise le mutisme de l'assemblée.
_Je ne crois pas, grogna Kuchiki, que le Capitaine-Commandant vous ait autorisé à…
_C'est pour cela que je le demande Taïcho, ironisa Kurotsuchi avec cet air condescendant qu'il ne dévoilait que face au noble Byakuya.
Et alors qu'une joute verbale féroce commençait à éclore dans l'esprit des deux confrères, le vieil homme leva une main au-dessus de sa tête, ramenant une fois de plus le calme dans les rangs.
_Kurotsuchi, dit-il, vous suivez Kurosaki depuis le début. Quelles manœuvres sont encore possibles pour tenter de sauver son âme ?
Le pharaon posa un doigt blanc sur son long menton doré et sourit presqu'imperceptiblement.
_Bien qu'il me semble impossible de faire quoi que ce soit pour libérer cette humaine de ses… tourments, au vu du stade physiologique et psychologique qu'elle a franchi ce soir même, je ne vois, comme ultime solution que le sérum que je vous ai déjà proposé dernièrement…
_Mais vous n'êtes même pas sûr que ça n'la tuera pas, gronda Tôshirô, cachant sa détresse au plus profond de lui, comme il le faisait toujours.
_Dans tous les cas, ajouta son adversaire, elle va devenir instable et mourir de nos propres mains. Alors, je ne vois pas le mal.
_Moi, je le vois ! Renchérit le jeune Capitaine, à deux doigts de perdre son calme habituel. Vous ne pouvez pas administrer un antidote qui risque d'aggraver les choses…
_Croyez-vous vraiment ce que vous dites Hitsugaya, susurra le scientifique avec un certain contentement. Croyez-vous qu'il vaut mieux attendre que son état se détériore ? Serez-vous en paix avec vous-même si elle venait à tuer ou à mourir parce que nous n'avons pas pris le risque de lui donner mon traitement ?
Un frisson parcourut l'assemblée. Ils savaient tous - y compris Tôshirô - que c'était la seule et unique chose à faire pour tenter de délivrer la jeune sœur d'Ichigo. Pourtant, aucun d'eux n'avait une totale confiance en ce vil personnage. Mais c'était leur dernier espoir.
_Peut-être... hésita Rukia, cachée derrière Ukitake Jûshirô, peut-être devrions nous contacter Kurosaki Ichi…
_Hors de question, gronda Kurotsuchi. Si cet énergumène commence à fourrer son nez dans mon laboratoire, je le tue…
_C'est au Sotaïcho de décider, dit posément Kyoraku Shunsui.
_C'est décidé, conclut Yamamoto. Vous administrerez le sérum dès maintenant. Kurosaki Ichigo doit rester avec les vivants et c'est son devoir de protéger la ville de Karakura. Quant à sa sœur, elle sera confiée à la quatrième division pour la garder en observation. Vous la placerez en chambre scellée et sous surveillance.
Mais tandis que le jeune Capitaine était sur le point de s'incliner – avec regret – devant la décision de son supérieur, Kurotsuchi s'avança légèrement et ajouta une énième conclusion à cette entrevue.
_Excusez-moi Sotaïcho, dit-il. J'ai cru comprendre que cette humaine était désagréablement proche d'Hitsugaya Taïcho et il semblerait que son état se dégrade lorsque sa rage se libère. Ne serait-il pas plus… astucieux de la laisser dans un climat familier ?
_Hitsugaya Taïcho a échoué jusqu'ici, grogna, à la surprise de tous le Capitaine Kenpachi. En l'espace de quelques jours, c'est devenue une vraie bombe c'te gamine. J'peux largement la gérer seul !
_Je ne vous savez pas si affecté par le sort de la jeune Kurosaki, ironisa Soi Fon.
_Ken-chan l'aime bien ! Bouda Yachiru. Kichi-chan est notre amie !
_Quoi qu'il en soit, dit posément Unohana Retsu au scientifique pour couper court à ce nouveau débat, je ne pensais pas que vous proposeriez que Kurosaki reste à la dixième division. C'est étonnant venant… de vous.
_Et pourquoi cela ? Demanda le concerné d'une voix innocente. Je suis un scientifique ! Mon travail est de trouver un remède. On me l'ordonne et j'exécute mes ordres. Rien de plus. Si je crois que l'humaine serait mieux en compagnie d'Hitsugaya, alors je le dis. Si elle se réveille avec des gens qu'elle ne connait pas, elle risque tout bonnement de perdre la tête.
_Jusqu'à présent, gronda le colossal Kenpachi, ça n'l'a pas vraiment réussi…
_Sotaïcho ? Sollicita Unohana, dans l'attente d'une nouvelle conclusion.
Le Capitaine-Comandant semblait fatigué. Qui aurait cru que cette affaire chamboulerait autant le Goteï 13 ! Il avait la désagréable sensation que la situation lui échappait… continuer à gérer tous les problèmes et par-dessus ça, se rajoutant la jeune sœur d'Ichigo qui déstabilisait le Seireitei ! S'il n'avait pas eût plusieurs dettes envers son frère, il aurait déjà fait exécuter cette enfant.
Il jeta un regard discret aux Capitaines Unohana, Kuchiki et Ukitake.
_Cette histoire prend beaucoup trop d'importance, gronda Yamamoto en se levant. Hitsugaya Taïcho…
Tôshirô s'inclina devant lui.
_Puisque notre éminent Directeur des recherches estime que vous êtes le cadre idéal pour ralentir la progression de la maladie, alors il en sera ainsi. Vous êtes détaché de vos fonctions de Taïcho tant que le cas « Kurosaki » ne sera pas réglé. Matsumoto-san vous remplacera pendant ce temps. Vous resterez auprès de Kurosaki jour et nuit. Ne la lâchez pas une seule seconde sans que je vous l'ordonne. Si je vous demande de me rejoindre, postez au minimum cinq gardes pour la surveiller sans relâche. Elle ne doit plus vous échapper. Ai-je été assez clair ?
Le ton du vieil homme était autoritaire et sans appel. Le jeune Capitaine n'avait d'autre choix que d'accepter et de courber l'échine.
Cependant, alors que tous quittaient les lieux sur cette simple parole, Tôshirô se retrouva bloqué par Unohana, Kuchiki et Ukitake. Le dernier ferma doucement la grande porte, pour ne pas être entendu par des oreilles indiscrètes.
_Nous vous avions prévenu Hitsugaya, chuchota Unohana. Il n'est pas bon de se faire de Kurotsuchi un ennemi.
_Il n'est pas normal qu'il ait insisté pour qu'elle reste à la dixième division, rajouta Byakuya. Vous avez la fâcheuse tendance à lui mettre des bâtons dans les roues. Il prépare quelque chose…
_Ne lâchez jamais Kurosaki des yeux, renchérit Ukitake. Yamamoto a bien insisté sur ça. Vous vous êtes mis entre lui et son objectif…
_Objectif qu'on ne connait pas encore, reprit la femme.
_... et avez provoqué son courroux et maintenant, il va vous le faire payer. Comment et quand ?
_Nous ne le savons pas non plus…
Tôshirô écoutait avec beaucoup d'intérêt ce qu'il entendait.
_Shinji gardera un œil sur Hinamori Cotaïcho, conclut Kuchiki. Quant à vous, soyez docile avec ce fou. Laissez-nous découvrir ce qu'il cache et jouez les gentils garçons face à lui.
_Ah ! Ajouta Ukitake avec beaucoup de sérieux. Et ne vous rapprochez pas trop d'elle Taïcho… il est fort possible que Kurotsuchi est proposé qu'elle reste auprès de vous afin de mieux vous atteindre à travers la sœur d'Ichigo…
Le jeune homme se mordit l'intérieur des lèvres. Etait-il possible que cela se voit à ce point ? Il ne pouvait plus se leurrer à présent. Ses propres confrères, son Capitaine-Commandant, et tous les autres… il n'y avait pourtant pas marqué sur son front « karin Karin KArin KARin KARIn KARIN ! ».
Unohana sourit tendrement. Elle et ses vieux compagnons d'armes avaient assez d'expérience pour savoir ce qui se cachait dans le cœur de ce petit génie, aussi froid soit-il.
_Bon courage Hitsugaya, dit-elle. Aidez Kurosaki-san du mieux que vous pourrez… et tenez nous au courant si quelque chose vous parait plus étrange qu'à l'accoutumée.
Et tous les trois ouvrirent la porte et disparurent dans le couloir, laissant un jeune homme plein d'angoisses et de lassitudes.
[…]
Lorsque Karin reprit connaissance, elle entendit des voix qu'elle ne connaissait absolument pas. Des voix d'hommes qui discutaient. Alors, écoutant son instinct, elle fit semblant de dormir encore et ouvrit grand ses sens pour tenter d'analyser la situation dans laquelle elle se trouvait.
Sous ses mains, il lui parut qu'elle caressait quelque chose de doux, comme du tissu qui l'entourait totalement. Trop dur pour être un matelas, trop mou pour être le sol.
« Un futon… » Pensa-t-elle.
Il flottait dans l'air une odeur de bois et de menthe et la température était plutôt agréable en comparaison de la chaleur étouffante que lui procurait le drap posé sur son corps.
Pour ce qui était des bruits environnant, elle n'entendit rien d'autre que le jacassement de trois hommes qui se foutaient complètement de son sommeil au vu du volume sonore qui ne cessait d'augmenter. Leur parole, cependant, était ponctuée par un tic-tac rythmé d'une possible petite horloge.
_Alors ! Grogna le premier gars. Elle était bonne celle-là non ?
Karin tressaillit. Elle espérait de toutes ses forces que ce mec n'était pas en train de parler d'elle.
« Mais où je suis putain ! »
_Attends ! Attends ! Gueula le second. Moi aussi je vais t'en raconter une bonne ! C'est l'histoire de deux shinigamis sur la plage…
Ce fut certainement un des plus grands soulagements de la vie de la jeune fille.
« Une blague bordel ! » ricana-t-elle intérieurement. « Ils se racontent des blagues ! »
_... et le second demande au hollow…
_La ferme les gars ! Ordonna une voix qu'elle reconnue tout de suite.
« Minamoto… merde ! »
_Le Taïcho nous a demandé de prendre soin d'elle, ajouta-t-il. A gueuler comme des ivrognes, vous allez la réveiller bande de tocards !
_Et bien Sotaru, susurra la première voix, tu ne disais pas ça d'elle quand elle t'a envoyé boulet ! Quoi ? T'es tombé sous son charme ?
La petite brune entendit un raclement de gorge désapprobateur.
_Va t'faire foutre, gronda Minamoto. Ca s'voit que c'est pas toi qui t'es pris une charge de Yoshida !
_Qui ? Demanda le second.
_Zabuza Yoshida, chuchota le premier comme s'il s'agissait d'un secret. Il n'appartient à aucune division officiellement. Il parait qu'il n'obéit qu'à Yamamoto-dono. Il est réputé pour ne rien laisser de vivant sur son passage…
_Ben qu'est-ce qu'il fout à la dixième division alors ?
_On dit qu'il s'est lié d'amitié avec notre Taïcho et que c'est pour ça qu'il traine souvent dans les couloirs. Tous pensent qu'il fait partie de notre unité mais pas du tout.
_Et c'est quoi le rapport avec la gamine ? Renchérit le second.
_J'étais partis pour faire mon rapport au…
_Taïcho ! Crièrent les deux premières voix.
_Euh, hésita Minamoto, c'est ça au Taïcho et…
_Minamoto Sotaru, gronda une voix derrière lui. Debout !
Karin ne put voir ce qu'il se passait mais au vacarme que cela déclencha, elle comprit que les trois compères s'étaient levés comme des flèches pour accueillir leur Capitaine.
_Excusez-moi Taïcho, reprit Minamoto. Je ne vous avez pas entendu venir !
_Je vous ai confié, insista d'une voix sèche Tôshirô, la mission de surveiller Kurosaki. Si vous n'êtes pas capable de sentir quelqu'un approcher alors vous ne servez à rien… dois-je comprendre que vous êtes oisifs ou incompétents ?
_Excusez-nous Taïcho ! Reprirent en chœur les shinigamis. Ça n'se reproduira plus !
_J'y compte bien.
« J'aimerai pas être à leur place… »
_Allez ! Ordonna-t-il. Déguerpissez ! Et que Matsumoto Cotaïcho n'est pas à se plaindre de vous pendant mon congé.
Un autre brouhaha annonça le départ des trois acolytes. Puis, doucement, Karin sentit que quelqu'un s'asseyait à côté d'elle.
Il resta quelques minutes à la regarder allongée, paisible comme si rien ne s'était jamais passé.
_Kurosaki, dit-il au bout d'un moment, tu peux arrêter de faire semblant de dormir, tu sais ?
Tout-à-coup, la jeune fille ouvrit de grands yeux fendus comme ceux d'un serpent vers celui qui l'épiait. Il se retînt une exclamation de surprise. Au moins, son légendaire sang-froid l'aidait à ne pas la faire paniquer d'avantage.
_Pourquoi tu fais ça ? Demanda-t-il, tranquillement, comme si de rien n'était.
_Faire quoi ? Répondit-elle comme une enfant prise sur le fait.
_Faire semblant de dormir…
_Je… j'ai eu peur. C'est tout. Je connaissais pas ces voix alors j'ai simplement écouté pour en savoir plus.
Tôshirô soupira. Il allait devoir remettre sur le tapis ce qu'il s'était passé la veille. Mais il n'eût pas le temps de commencer que Karin s'était tournée dos à lui, regardant le mur d'en face.
_Matsumoto… hésita-t-elle.
_Elle va bien.
Cette fois-ci, ce fut elle qui soupira. Sa tête posée sur ses avant-bras, il lui sembla qu'elle s'enfonçait dans le futon comme un poids trop lourd.
_De quoi tu te souviens ? Demanda-t-il encore.
_De tout. Je me souviens de tout. Je me souviens avoir beaucoup souffert. Mon crâne me brûlait. Mes gencives et le bout de mes doigts se déchiraient. Et ma peau ! C'est comme si des milliers de croûtes s'étaient formées sur ma peau… puis j'entendais cette voix qui me disait que c'était bien ce que je faisais. Que ça apaiserait ma douleur. Que le sang apaiserait ma douleur… alors je suis entrée dans la première chambre que j'ai vu…
_Celle de Matsumoto.
_Oui, celle-là. Et je me souviens juste m'être jetée sur elle à une vitesse incroyable. Je… j'ai…
_Tu l'as mordue.
_Hum.
Le mutisme gagna la jeune fille quelques instants. Si elle avait ouvert la bouche, sûrement aurait-elle vomi. Elle portait encore sur elle le sang séché de cette femme.
_Mon cœur s'est emballé comme un fou, reprit-elle, quand le sang a coulé dans ma gorge. Je me suis sentie forte et puissante et la voix n'arrêtait pas de me dire ce que je devais faire ! Et Matsumoto m'a repoussé et a réussis à attraper son zanpakuto.
_Et je suis arrivé, conclut-il.
_Hum.
Elle se retourna vers lui et planta à nouveau ses yeux de reptiles dans ceux d'un bleu intense de son ami. Il était vraiment beau, assis contre elle, ses bras puissants posés sur ses genoux. Pourtant, il avait l'air plus fatigué que d'habitude.
_Je suis désolée, murmurèrent-ils à l'unisson.
La surprise d'avoir parlé ensemble les fit sursauter et suivis d'un silence étonné, ils éclatèrent de rire comme deux enfants.
Cependant, l'hilarité ne dura que peu de temps car presqu'aussitôt, Tôshirô reprit son air sévère et froid. Il fallait entrer dans le vif du sujet.
_Qu'est-ce qu'il va m'arriver ? Devança une fois de plus la jeune fille, très sérieuse.
_La maladie, dit-il posément, avance beaucoup trop vite. Nous pensions avoir plusieurs mois devant nous mais en quelques jours…
_C'est peu dire…
_En quelque jours tu t'es métamorphosée deux fois et ta mutation progresse à une vitesse bien trop importante pour que nous n'agissions plus. Tes yeux et ta peau ne sont pas redevenus… C'est pour ça qu'ils…
Tôshirô posa son regard sur ses mains avec insistance.
_C'est pour ça qu'on a décidé de t'administrer un sérum de Kurotsuchi. Nous ne savons pas s'il sera efficace ou s'il n'accélérera pas le processus… mais c'est notre dernière – et unique solution.
_Alors ok, dit brutalement Karin.
_Kurosaki, insista-t-il, nous ne sommes même pas sûr que cet antidote ne te fera pas plus de mal que…
_Arrête Tôshirô, le coupa-t-elle.
Elle se redressa en position assise, son drap coincé entre sa poitrine et ses genoux. Une de ses mains faillit se poser sur l'épaule de son ami, puis se ravisant, tomba sur le futon.
_Toi comme moi savons qu'on a plus vraiment le choix, ajouta la petite brune. Tu l'as dit toi-même à l'instant. Ma mutation progresse à une vitesse bien trop importante pour que nous n'agissions plus. Je ne contrôle absolument rien et je… je ne veux pas…
« Quoi ? » Pensa-t-elle. « Mourir ? Disparaitre ? Tuer ? »
_Je ne veux pas te perdre toi aussi ! Lança Karin avant d'enfouir son visage dans ses genoux.
Les battements de cœur du jeune Capitaine se stoppèrent tout à coup. Il tourna ses yeux vers elle mais ne put voir que ses cheveux en bataille sortirent anarchiquement de la couverture.
_Kurosaki, articula-t-il difficilement.
_Je sais que c'est stupide, chuchota-t-elle. Une part de moi te déteste vraiment et l'autre veut toujours te pardonner. Et quand tu me rends folle, j'ai envie de t'éclater la tête sur un mur puis de te serrer dans mes bras pour que toi, tu me pardonnes ! Je suis complètement cinglée… Ici, je n'ai que toi et je ne sais pas ce qui cloche entre nous mais lorsque je t'ai vu avec cette garce…
Tôshirô soupira. Elle parlait de la mauvaise rencontre qu'elle avait faite avec cette idiote d'Oïshi.
_J'ai pété un câble ! Tu voulais sûrement me faire comprendre que… que quoi ? J'en sais rien ! Que fallait pas que je me fasse d'idées ? Tout ce que je sais, c'est que j'ai besoin de toi. J'y peux rien…
Le silence qui suivit cette déclaration remua les pensées du Capitaine comme un milkshake qu'on aurait secoué trop longtemps. Il entendit les paroles du sage Yamamoto lui interdisant formellement de se rapprocher d'elle. Ces mêmes paroles reprises par Unohana, Kuchiki et Ukitake quelques minutes auparavant… et elle ! Elle qui demeurait dans son esprit jour et nuit ! Elle qu'il n'arrivait pas à chasser de sa tête quand il était rentré fâcher à la Soul Society. Elle, qui le rendait déraisonnable depuis son arrivé à la dixième division au point qu'il ne contrôlait plus la situation…
Soudain, Karin éclata de rire, brisant le lourd silence qui s'était installé dans la chambre.
_Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Demanda-t-il, grave.
_Je deviens de plus en plus mielleuse ! Ricana-t-elle. Tu vois ? Je déraille ! Qui aurait cru que la « Tigresse Noire » deviendrait si sensible…
_Idiote ! Lança Tôshirô avec un léger sourire.
Leurs yeux se croisèrent à nouveau.
_Au fait, dit-elle, je suis dégueulasse…
_Pourquoi tu dis ça ?
_Non… je veux dire je suis sale, vraiment ! Je suis nue et je vois du sang séché sur mes mains… je voudrai me doucher si ça n'te dérange pas… j'ai vraiment pas envie de vomir sur ton futon…
Le jeune homme se leva d'un bond. Il s'écarta vers la porte et s'engouffra dans le couloir.
_Suis moi.
Karin se leva et enroula le drap autours de son corps.
Lorsqu'elle franchit le seuil de la chambre, elle se trouva dans un minuscule corridor à peine assez large pour laisser passer deux personnes en même temps. Au bout de ce minuscule tunnel, une autre porte était ouverte.
_Par ici ! Entendit-elle.
Alors elle pénétra dans la salle de bain. La même ! Exactement la même que la sienne !
_Pfff, râla la petite brune. Ils auraient pu faire un effort pour les Taïcho.
_Les gradés qui le souhaitent peuvent avoir une maison dans un quartier qui leur est réservé. Moi je préfère vivre là où je travaille.
_T'es nul…
Mais tandis que Karin allait se déshabiller, elle vit que son ami était toujours là, à attendre dans un coin.
_Tu comptes me regarder m'doucher, pervers ? Ironisa-t-elle.
_Je… hésita-t-il. Je suis obligé de rester avec toi sans arrêt. Je ne peux pas te lâcher des yeux…
_Tu rigoles ?
Cependant, la gêne qu'exprimait le corps de Tôshirô était plus éloquente que n'importe quelle parole.
_Mais je peux me retourner ! Cria-il, s'apercevant de la bêtise qu'il venait de dire. Je me retourne. Voilà.
Ce faisant, il ne vit pas que la jeune fille souriait lorsqu'elle laissa glisser le drap sur le sol. Et tandis qu'elle profitait de l'eau chaude qui coulait le long de ses seins, dans le creux de ses reins, par-delà son corps, son cœur battant la chamade, elle espérait profondément que Tôshirô, dans un élan de folie, se retournerait…
[…]
Voili Voilou ! Merci d'être arrivé jusque-là :p Je n'abandonnerai pas ! YATA !
Et Encore Bonne Année à tous ! 3
