Hueco Mundo, Las Noches, Palais central
Soi Fon se rua au travers des couloirs du palais à toute allure et déboula dans les quartiers soigneusement dissimulés de la 2nde Division, au cœur du palais central d'Aizen. Elle nota l'absence de la plupart des gardes habituels et l'agitation de ceux encore présents et la porte sud qui était fermée hermétiquement, deux hommes faisant de leur mieux pour la calfeutrer.
- Oomaeda ! rugit Soi Fon en faisant irruption dans les quartiers de son lieutenant, sentant sa présence.
Le gros lieutenant émergea en sursaut de derrière un panneau, ses mains tenant d'un côté un paquet de biscuits, de l'autre une liasse de documents.
- Hai, Soi Fon-Taichou !
- Mais bordel, que fais-tu ici ? lui cria-t-elle en colère. Nous sommes attaqués au cas où tu l'ignores encore ! Et où sont les membres de l'unité qui sont sous tes ordres ?
Oomaeda déglutit avec difficulté et baissa le regard.
- M-Morts, Soi Fon-Taichou.
La température de la pièce sembla chuter d'un seul coup, à un tel point qu'il se demanda si sa capitaine venait de se découvrir des pouvoirs similaires à Hitsugaya Toshirou.
- Explique-toi, et vite, trancha la voix devenue calme et meurtrière de sa supérieure.
- H-Hai. Mes hommes et moi sommes intervenus - les premiers, je tiens à le mentionner - lorsque le palais central a été attaqué…
- Le palais central, attaqué ? Quand ça ?
- Juste quelques minutes seulement après votre départ, Taichou… Nous avons tenté de dresser une barrière de Kidou, mais ils sont passés au travers comme si elle n'existait pas… Et ils se sont précipités vers le laboratoire d'Aizen, tuant tout ceux qui se dressait sur leur chemin. Il y avait un homme aux cheveux bleus, avec une sorte de demi-mâchoire en os de plus… et il était d'une force titanesque… et son reiatsu était carrément monstrueux… Il y avait aussi une femme, avec de longs cheveux verts… et vêtue d'une armure de cuir blanc et d'une sorte de casque d'animal. La femme ne faisait rien au début, elle se contentait de le suivre mais une fois arrivée au laboratoire, elle y est entrée seule, lui est resté à l'extérieur et il s'est mis à tirer des Balas et des Ceros sur tout ce qui bougeait, nous empêchant d'approcher. Mes hommes et moi avons tout tenté, en vain… puis ils sont repartis en sens inverse, poursuivis par un énorme monstre jaune avec un visage d'enfant et des yeux énormes ! Devant cette monstruosité, j'ai ordonné un repli partiel mais j'ai alors vu mes hommes tomber comme des mouches en se tenant la gorge et en tentant d'arracher leur masque. Je me suis alors rendu compte qu'il s'agissait d'un gaz et qu'il commençait à envahir tous les couloirs. J'ai ordonné un repli général et j'ai fait calfeutrer le passage Sud pour éviter que le gaz ne pénètre ici.
Plus Oomaeda faisait son rapport, plus un sentiment de fureur froide et de honte l'envahissait. Oomaeda n'y était pour rien cette fois, car le coupable ce n'était pas lui. Elle avait quitté son poste en ressentant la mort de Kira, certes, et l'ennemi en avait profité pour attaquer au cœur même du palais. Mais apparemment, Kurotsuchi n'avait même pas pris soin de prendre le relais de son absence. Quant à la mort de ses hommes, il en était le seul responsable. Elle se demanda jusqu'à quel point cette homme pouvait être un danger pour tous, au point de libérer son Bankai dans un lieu aussi fermé, tuant avec son poison tout ceux qui l'approchait sans discrimination.
Oomaeda lui tendait un rapport qu'elle lui arracha presque des mains et survola la première page. Son écriture était toujours aussi abjecte mais au moins était-il…
Ses pensées furent brutalement interrompues à ce moment-là par deux sensations différentes. D'un côté, Kenpachi venait de retirer son bandeau, déchainant son reiatsu, preuve qu'il se battait encore et pas contre n'importe qui. De l'autre, elle sentit le reiatsu de Mayuri subir une phénoménale claque puis disparaître purement et simplement. Jamais elle ne pourrait se plaindre auprès de lui et demander réparation pour la mort de ses hommes, Kurotsuchi Mayuri venait de passer de vie à trépas, définitivement.
- Contacte la Soul Society, ordonna-t-elle en reprenant ses esprits. Mets-les au courant de la situation, nous sommes en train de subir une attaque généralisée sur tous les fronts et nos ennemis sont des Arrancars du niveau de l'Espada.
- Du niveau de l'Espada ? s'écria-t-il en levant ses bras au ciel, se remémorant la terrible guerre d'il y a 2 ans contre Aizen.
Puis, voyant Soi Fon se diriger vers la sortie, il lui demanda.
- Mais, Taichou, où allez-vous ?
- Où croies-tu que j'aille, imbécile ? Sur le champ de bataille.
Quelques minutes après être sortir de la salle, le haut plafond explosa, laissant filtrer la fausse lumière du jour extérieur et parmi les débris qui s'écrasèrent dans la grande pièce l'un des ennemis atterrit souplement, content d'être parvenu à destination sans encombres.
***.***
Hueco Mundo, Las Noches, campement de la 11ème Division, à l'Est
Au même moment où Grimmjow pénétrait dans les quartiers de la 2nde Division, Carmen déboula dans le campement de la 11ème, criant sa rage et sa faim. Sans attendre ni perdre de temps, elle s'empara du premier Shinigami à sa portée et le sectionna pratiquement en deux d'un coup de pince. Puis elle tient le cadavre au dessus d'elle et laissa le sang couler dans sa gorge, le buvant comme s'il s'agissait du plus précieux des nectars.
- Haaa… Délicieux ! Encore ! J'en veux d'avantage !
Les Shinigamis de la 11ème Division étaient tous des guerriers valeureux, mais aucun d'entre eux n'avait jamais affronté un montre telle que Carmen. Néanmoins, aucun d'eux ne recula d'un pas. Courageusement, ils se remirent en formation et se jetèrent dans la bataille en poussant un cri de guerre, menés à l'assaut par Ikkaku et Yumichika. En règle général, les combats de la 11ème Division était à un contre un, mais cette Arrancar attaquait tout le monde sans distinction et là, le travail d'équipe était indispensable. C'était un combat pour la survie, pas pour l'honneur.
A plusieurs kilomètres de là, Kenpachi tentait toujours de se libérer de la toile en vain, mais ses efforts, malgré toute sa rage qui ne faisait qu'augmenter, ne parvenait qu'à blesser d'avantage son propre corps. Soudainement, il sentit quelqu'un s'approcher et il tenta de tourner sa tête vers sa direction, pensant qu'il s'agissait de l'autre Arrancar. Mais non, c'était Yachiru. L'adolescente entra tranquillement dans son champ de vision sans même sembler le voir, avança jusqu'à se trouver bien devant lui, puis se tourna pour lui faire face et posa sans vergogne un pied sur la soie au niveau de son épaule, le toisant d'un air sévère.
- Je pensais pas avoir à te le dire si tôt, Ken-chan, mais tu me fais honte, là.
Zaraki la regarda avec des yeux comme deux ronds de flan et elle croisa les bras.
- Y'a pas à dire, t'es vraiment le mec le plus entêté que j'ai connu de toute ma vie. J'espérais avoir un peu plus de temps mais vu la situation, va falloir que je prenne les choses en main.
A quoi tu joues, Yachiru ? sembla-t-il lui demander du regard, perplexe, puisque toujours bâillonner par le morceau de caoutchouc.
- A quoi je joues ? Bin justement, à rien là, tu vois. Non, je ne joue plus, Kenpachi, fit-elle d'un ton terriblement sérieux qu'il ne lui avait jamais connu, et elle ne l'avait jamais appelé par son nom entier depuis bien longtemps, mais jamais de cette manière.
Elle tourna la tête vers le campement de la 11ème Division et décroisa les bras, posant sa main sur la garde de son zanpakuto.
- Te rappelles-tu quand j'ai enfin décidé de grandir ? Ce fut le jour même où j'ai constaté l'ambiance morose qui était tombée sur nous tous, à la 11ème Division, lorsqu'on a appris qu'on reverrait plus Ichigo avant qu'il ne meure et ne vienne à la Soul Society comme tous les Plus. Et encore, parce que vu qu'il ne possède plus la moindre once de reiatsu, il y a de forte chance qu'il ne mette même plus jamais les pieds là-bas, allant directement à la case "réincarnation" le jour même de sa mort. Ce que j'ai vu ce jour-là était injuste envers ce qu'il avait fait pour nous. Tu as dit à Haruka que tu ne le considérais pas comme un héro mais comme quelqu'un de spécial qui avait fait ce qu'il n'aurait jamais dû faire à notre place. Moi aussi je pense comme toi, on aurait dû être capable de faire ce qui était nécessaire sans avoir eu besoin de lui. Le simple fait qu'on ait eu besoin de son aide était et reste une HONTE à mes yeux en tant que membre de la 11ème Division.
Yachiru tourna vers lui un regard chargé de colère.
- J'ai donc commencé par changer moi-même, puis j'ai fait ce qu'il fallait pour que les autres changent à leur tour. D'abord Yumichika, jusqu'à ce qu'il révèle la vraie nature de son zanpakuto à Ikkaku au moins, puis à Ikkaku pour qu'il accepte de dévoiler son Bankai aux yeux de tous. Maintenant, il ne reste que toi, et je sais que ça va pas être de la tarte. Parce que pour que tu changes, il va falloir non seulement que je te donne un bon coup de pied au cul pour commencer, et ensuite que tu découvres enfin comment vraiment te servir de lui, fit-elle en terminant par désigner du doigt son sabre englué par la soie.
Kenpachi en serait resté bouche bée s'il n'avait pas eu la bouche déjà pleine.
- Toujours rien à dire ?
Elle attendit quelques secondes puis, constatant qu'il avait encore le bâillon, elle se baissa et tenta de le lui retirer, en vain. La soie avait collé à l'intérieur même de sa bouche.
- Bon, pas le choix… Désolé, Ken-chan, ça va faire un peu mal, fit-elle avec un grand sourire innocent avant de pointer sa main vers son visage. Hadou N°31 : Shakkahō.
La boule de feu lui explosa en plein visage et Kenpachi grogna à l'impact avant de sentir la soie fondre sous la chaleur de Kidou et il put enfin la cracher.
- Avant que tu répondes à ma question, y'a quelqu'un que je tiens à te présenter, fit-elle en dégainant son sabre.
Elle le fit gracieusement tournoyer dans sa main et le planta dans la soie devant son torse, la pointe de l'arme s'arrêtant juste en touchant sa peau.
- Voici Atramedes, mon zanpakuto. Rugis, Atramedes.
La partie supérieure de la lame du sabre de Yachiru sembla fondre, devant beaucoup plus large et dévoilant comme des orifices métalliques semblable à des ouïes sur toute la longueur et de part et d'autre de la lame. Et lorsqu'il eut finit sa transformation, Kenpachi entendit alors un son strident être émis par cette lame. Le son se propagea dans la toile provoquant sa solidification instantanément puis sa désintégration, libérant Kenpachi sans problème.
- Toute matière dispose d'une fréquence. Atramedes est capable d'identifier la fréquence des matières qu'il touche et de produire un son à la fréquence directement opposée, provoquant la destruction de ladite matière instantanément.
- Bien, fit-il en se relevant péniblement. On rediscutera de ce que tu me disais plus tard. Là, j'ai une Arrancar à –
- Non, Kenpachi, toi tu restes sur le banc de touche pour cette fois. Cette Arrancar, elle est pour moi, fit-elle en se mettant sur son chemin et en levant son sabre en Shikai pour le poser sur son épaule.
- Tu croies que je vais te laisser –
- Je ne crois rien du tout, j'en suis sûre. Et pour être certaine que tu ne viendras pas me déranger…
Elle disparut soudainement de devant lui pour réapparaître juste à côté, tenant son sabre déjà en posture de frappe. Avant qu'il ne puisse réagir, pris sous le coup de la surprise, Yachiru abattit la lame de son arme sur celle de Kenpachi, à moins d'un centimètre de la garde. Puis elle s'écarta rapidement et lui tourna le dos.
- Privé de sabre, je doute que tu puisses te frotter à elle maintenant.
Il contempla, abasourdi, le pommeau qu'il avait dans la main droite, et la lame qui gisait maintenant dans la main de sa fille adoptive, coupée nette.
- Allez, viens, j'ai une Arrancar à exécuter, lui lança-t-elle comme si de rien n'était.
***.***
Quelques instants plus tard, Carmen était en train de lancer sa toile un peu partout lorsqu'elle sentit le retour de Kenpachi. Tenant encore un des hommes qu'elle venait de tuer, elle le leva au dessus de sa tête en acheva de le déchirer en deux morceaux, s'aspergeant de son sang.
- Hahahahaha ! Te revoilà donc enfin ! Il t'en a fallut du temps pour te libérer. Mais tu arrives pile au bon moment, regarde…
Elle balaya de sa pince l'étendue des dégâts qu'elle avait provoqué. Presque la moitié des Shinigamis de la 11ème Division gisait, morts ou inconscients, et l'autre moitié était blessée. Seuls Ikkaku et Yumichika semblaient encore être en état de se battre, mais Yumichika montrait clairement des signes de fatigue intense et le Shikai de Madarame était à moitié brisé dans sa main.
- J'ai pratiquement fini le plat de résistance. J'avoue avoir pris mon temps car je cherchais ton lieutenant mais je ne l'ai pas trouvé… Probablement est-il en train de se planquer dans un trou à rat, en espérant échapper à ma faim !
- Heu, pas vraiment, j'attendais juste le bon moment pour libérer Ken-chan et le ramener, c'est tout, fit Yachiru qui se tenait juste en face d'elle, mais avec leur différence de taille, c'était comme si elle était en dessous d'elle.
Un peu surprise d'entendre l'adolescente l'apostropher si près d'elle, elle recula un peu pour mieux la voir et vit effectivement le bandeau de lieutenant sur son bras droit. Mais l'adolescente ne portait pas une tenue classique de Shinigami, ayant troqué tout le bas de son uniforme pour une sorte de pantalon noir un peu bouffant et des chaussures noirs d'Espada.
- Cette gamine est ta lieutenante ? Demanda Carmen à Kenpachi en pointant sa pince gauche vers elle.
- Hé, mocheté, cette gamine a un nom, c'est Kusajishi Yachiru. Et lui, c'est Atramedes, lui lança-t-elle en soulevant légèrement de son épaule son Shikai.
- Alors ça, c'est la meilleure de la journée. Elle me présente son zanpakuto ! Bon, je vais m'arrêter là, c'en est trop sinon je vais mourir de rire. J'espère que vous avez fait vos adieux parce que dans 10 secondes il ne restera plus rien de vous tous !
Soudainement, l'ensemble du camp se mit à vibrer de reiatsu. Kenpachi, Yumichika et Ikkaku se mirent à regarder d'où il venait mais les sources étaient tellement nombreuses que cela semblait venir de partout… Et ils se rendirent compte que cela venait de la soie !
- Hé oui, Shinigamis ! Ma toile ne me sert pas qu'à emprisonner mes ennemis, elle me sert aussi à les tuer ! Et vu votre pathétique niveau de reiatsu, je vous offre à tous une mort rapide !
- Bof, si c'est que ça…
Yachiru leva son zanpakuto et planta sa lame dans le sol. L'instant suivant la lame émit la même fréquence qu'elle avait mémorisé quelques instants plus tôt et la totalité de la toile que l'Arrancar avait craché partout sur le camp se solidifia, se craquela et se désintégra… faisant également disparaître l'oppressant reiatsu dont elle était chargée. Carmen écarquilla les yeux de stupeur et braqua son regard sur l'adolescente qui releva tranquillement son zanpakuto avant de le pointer vers elle.
- TOI ! Comment as-tu… tu… tu…
- Je n'aime pas avoir à me présenter pour rien, vieille peau, lança Yachiru en bondissant en arrière. Et puisque tu ne sembles même pas avoir retenu mon nom, je vais t'en donner un autre, dont je vais m'assurer que tu retiendras cette fois car ce sera celui qui t'enverra à la mort !
A peine eut-elle atterrit que Yachiru concentra son reiatsu en faisant tournoyer son sabre au-dessus d'elle de plus en plus vite, jusqu'à ce que la lame sembla se dédoubler.
- BANKAI ! GARYUU ATRAMEDES !
Le sable s'envola d'un seul coup autour d'elle et son arme cessa de tourner. Yachiru, qui était tombée à genoux durant la libération de son Bankai, se redressa et braqua devant elle son sabre qui avait maintenant deux lames identiques de part et d'autre de sa garde. Carmen se mit en garde devant sa nouvelle ennemie et l'inspecta.
- Je ne sais pas comment tu as fait pour détruire ma toile, mais je vais m'assurer que tu sois la première à mourir, gamine.
- Ikkaku ! Lança Yachiru sans perdre de vue l'Arrancar qui semblait prête à attaquer d'une seconde à l'autre. Prépare-toi !
- Osu, Fukutaichou !
Carmen se rua sur Yachiru avec ses deux pinces en rugissant :
- Se préparer à quoi, gamine ? Ce minable n'a même pas été capable de m'égratigner !
L'Arrancar fendit l'air avec ses pinces mais Yachiru bondissait souplement à droite et à gauche, esquivant chaque attaque. Elle répliqua à son tour, frappant des deux lames en faisant tournoyer son arme, faisant jaillir des étincelles des énormes pinces mortelles mais ne parvenant pas à les endommager.
- BANKAI ! Ryûmon Hôzukimaru ! Rugit Madarame en libérant son arme à son tour.
- Alors c'était donc ça ? fit Carmen en repoussant un autre assaut de Yachiru.
Carmen semble pivoter légèrement et pointa sa pince gauche vers Kenpachi.
- Décidément, tu es vraiment un minable comme capitaine ! Ta gamine de lieutenant et un de tes officiers connaissent tous les deux déjà leurs Bankais et toi tu ne connais même pas le nom de ton sabre ! Ha ! C'est d'un pathétique !
- Croies-tu pouvoir te permettre d'insulter notre capitaine de cette manière et espérer t'en sortir vivante ? Demanda Yumichika en s'avançant à son tour. Cela fait plus de 50 ans que nous suivons cet homme et qu'il nous commande. Ses qualités de guerrier et de meneur d'homme n'ont rien à voir avec le fait qu'il connaisse ou non les véritables pouvoirs de son sabre, mais à son courage, sa volonté et son charisme ! Mais pour une monstruosité telle que toi, je doute que tu comprennes la beauté de son âme. Tranche et dévie, Ruriiro Fujaku !
Avec une vitesse sidérante, les lames du zanpakuto du 5ème siège de la 11ème Division fusèrent vers les pattes de l'Arrancar et les agrippèrent en se transformant en lianes.
- Bien joué, Yumichika ! lança Yachiru en se servant d'une des pinces de Carmen pour se propulser en arrière et dans le ciel. A mon tour de te montrer de quoi je suis vraiment capable, vieille peau !
Elle braqua son arme verticalement devant elle à deux mains et sa main gauche lâcha le pommeau pour se rapprocher de son torse tandis qu'elle pivotait légèrement de côté, et c'est à ce moment-là que tous comprirent que le Bankai de Yachiru n'était pas qu'un simple sabre à deux lames, mais un arc !
- Onkyou no ōkina genshō ! (Grande flèche de son)
Carmen croisa ses deux pinces devant elle pour intercepter le projectile que Yachiru lui envoyait mais celui-ci n'avait pas de forme physique et la traversa de part en part. Surprise, elle écarta ses pinces et les regarda mais rien n'avait changé.
- HA ! C'est tout ce que ton Bankai peut faire ? ça ne m'a même pas chatouillé ! Tu es encore plus pathétique que je le croyais, gamine !
Ne pouvant plus vraiment bouger à cause des lianes du zanpakuto de Yumichika, Carmen se contenta de charger un Cero avec sa pince droite et le balança droit sur Yachiru. L'adolescente écarquilla les yeux et croisa les bras, espérant survivre à l'impact, Kenpachi bondit vers elle aussi vite qu'il put mais réalisa bien vite qu'il était bien trop loin pour pouvoir la sauver à temps.
- Bakudô N°81 : Dankû, fit une voix douce que Kenpachi reconnut instantanément.
Le Cero explosa avec une violence incroyable, Carmen n'ayant pas hésité à généreusement le charger en reiatsu afin de se débarrasser définitivement de la petite peste, mais lorsque la fumée se dissipa ce fut pour révéler une Yachiru indemne derrière un large bouclier de lumière inviolable.
- MAINTENANT, IKKAKU ! cria-t-elle en apercevant ce qu'elle attendait.
N'ayant rien fait d'autre que charger son reiatsu dans son Bankai depuis qu'il l'avait invoqué, Madarame était prêt. Lorsque Yachiru lui en donna l'ordre, il partit comme une fusée, les trois parties de son arme tournoyant follement tout autour de lui. Invoquant ses dernières ressources d'énergie, Yumichika tira comme un forcené sur les lianes à deux mains et parvint à déséquilibrer juste l'espace d'une demi-seconde l'Arrancar qui ne put parer ni esquiver l'attaque. Le reiatsu contenu dans le Bankai explosa avec une incroyable violence et Ikkaku fut transformé momentanément en un missile qui alla s'écraser pratiquement à son point de départ.
- Ikkaku ! cria Yumichika d'inquiétude mais il fut vite rassuré lorsque le bras de son ami émergea du cratère et de la fumée, tenant une des armes brisées de son Bankai.
- J'l'ai bien eu, confirma-t-il, indemne.
La fumée se dissipa et révéla une Carmen indemne également et incroyablement furax.
- ASSEZ ! Je vais tous vous –
Le craquement sonore qui retentit derrière elle et la soudaine douleur la coupèrent nette dans sa phrase. D'autant plus que ce même craquement se reproduisit des dizaines puis des centaines de fois. Sans comprendre comment cela était possible, son corps arachnéen renforcé se fissurait de partout et ses pattes furent les premières à se briser comme du verre sous son propre poids. Hurlant d'une douleur innommable, le corps tout entier parcouru de fêlures comme une statue qui se brise, Carmen s'écroula et se fracassa littéralement sur le sol taché du sang des Shinigamis qu'elle avait tué. Gémissant de douleur, son corps rejeta son zanpakuto lorsqu'elle reprit sa forme de départ, sa peau restant craquelée de partout.
Se trainant pathétiquement sur le sol, elle essaya de se retourner et de ramper vers la sortie mais se rendit vite compte qu'elle était cernée. Car derrière elle se tenait maintenant Haruka, le visage encore marqué de larmes, son zanpakuto dégainé mais en position de repos. Curieusement, la capitaine de la 3ème Division ne semblait pas se concentrer sur elle mais plus sur son entourage, comme si elle s'attendait à ce que quelqu'un…
Yachiru fut la première à arriver à son niveau et mit un terme définitif à ses pensées en lui plantant sans la moindre pitié son zanpakuto dans le crâne, la clouant sur place.
- Merci, Kiritsugu-Taichou, je vous dois la vie.
Haruka ne lui répondit que par un soupir en rengainant son sabre.
- Je suppose qu'il n'a pas voulu prendre le risque, murmura-t-elle plus pour elle-même.
- En fait, il a failli le prendre mais il s'est ravisé lorsqu'il a constaté qu'elle était déjà agonisante, précisa Yachiru en récupérant son zanpakuto avant de continuer en remarquant le regard surpris de la capitaine. Il a commis l'erreur de se dévoiler pour bâillonner Ken-chan lorsqu'elle l'a laissé dans le désert. Il ne m'avait pas vu, et il s'est rendu compte de son erreur trop tard, lorsque j'ai libéré Ken-chan. J'attendais aussi qu'il se montre mais son reiatsu n'a pas bougé d'un poil durant tout le combat. C'était surtout pour lui que j'ai demandé à Ikkaku de charger son Bankai. Ma technique seule était suffisante pour la tuer, vu qu'elle ne l'a pas esquivé. Au final, Ikkaku a juste porté le coup de grâce.
- Vous m'impressionnez, Kusajishi-Fukutaichou.
- Merci du compliment.
Yachiru sentit la présence de Kenpachi derrière elle et se retourna tout en retournant son sabre à sa forme d'origine pour le glisser dans son fourreau tranquillement.
- Bankai, huh ? Ha, et moi j'ai l'air de quoi maintenant ?
- D'un capitaine qui a encore beaucoup à apprendre malgré toute son expérience, fit-elle avec un grand sourire.
Et Haruka leva sa main pour dissimuler son petit rire, oubliant momentanément la mort de son lieutenant.
***.***
Hueco Mundo, Las Noches, Palais central
Soi Fon était presque sortit du palais lorsqu'un frisson d'appréhension lui parcourut l'échine. Quelque chose lui disait de faire demi-tour au plus vite et de retourner vers sa Division plutôt que de sortir pour aller se battre aux côtés de ses collègues de la 11ème Division qui semblaient affronter un terrible ennemi d'après ce qu'elle percevait de son reiatsu. Au final, ce fut le reiatsu d'Haruka en mouvement rapide qui la décida. La capitaine de la 3ème Division ne tarderait pas à rejoindre Kenpachi sur le champ de bataille, sa présence n'était donc plus "indispensable". Se fiant à son instinct qui ne l'avait que très rarement trahi, Soi Fon repartit en sens inverse et retourna aussi vite qu'elle put vers ses hommes… pour entendre leur cri d'agonie.
L'instant d'après elle était dans l'immense chambre parmi ses hommes dont la moitié gisaient déjà à terre et elle se battait à toute allure contre un homme qu'elle n'avait jamais vu mais dont la description ressemblait à l'un des anciens Espada d'Aizen. Ses propres hommes s'écartèrent pour lui laisser le champ libre et elle constata rapidement qu'une partie s'occupait déjà des blessés. Elle échangea rapidement quelques passes encore avec son adversaire puis le repoussa sans ménagement en arrière.
Profitant de l'accalmie, elle prit rapidement position sur un des piliers reversés de la pièce et observa son ennemi. Celui-ci atterrit souplement sur ces jambes au milieu de la pièce et la regarda franchement dans les yeux, sans rien cacher.
- Haaa, c'est bien mieux. Tes petits gars en noir commençaient à me lasser un peu… Capitaine de la 2nde Division et commandant de l'Onmitsukidou, Soi Fon-Taichou, je présume ?
Elle approuva d'un lent hochement de tête et donna d'un geste l'ordre à ses hommes de ne plus intervenir. Si cet homme était bien celui auquel elle pensait, elle seule pouvait l'affronter à armes égales, les autres ne feraient que la gêner.
- Le style de vêtement n'a pas trop changé, sauf la couleur… Grimmjow Jaggerjack, Espada N°6.
- Ex-Espada, je bosse plus pour Aizen.
- Je m'en serais doutée… Et pour qui travailles-tu maintenant ?
- Tu croies que je vais te cracher ce genre d'info comme ça, poupée ?
- Il ne m'en coûte rien d'essayer.
- Juste un peu de salive perdu, en effet.
Les deux adversaires se toisèrent encre une seconde avant de passer tous les deux à l'action. Grimmjow décida d'emblée d'y aller à fond, fondant sur la femme avec fureur. Question gabarit, Soi-Fon lui trouva de nombreuses similitudes avec certains membres de sa division. Il les dépassait de loin en force, en énergie et en puissance mais en vitesse… Les deux ennemis se séparèrent à nouveau, Soi Fon atterrissant cette fois-ci sur le côté, dissimulant son bras droit.
- Hoo, pardon, ronronna Grimmjow. Madame s'est fait mal à la mimine en tapant un peu trop fort sur mon Hiero ? Il est vrai que blesser à mains nues un Arrancar est une tâche pratiquement impossible à réaliser… même si je reconnais que tu tapes assez fort pour ta carrure… et ta vitesse est presque trop dure pour moi à suivre.
Soi fon se redressa et lui adressa un sourire narquois. Tranquillement, elle dévoila sa main droite et son Zanpakuto transformé.
- Ta poitrine et tes deux bras, lui confia-t-elle.
Grimmjow baissa les yeux et vit alors le gigantesque tatouage de papillon sur sa poitrine… et il se douta que deux autres similaires étaient sur ses bras également. Soi Fon se laissa aller à un peu d'indulgence. Elle était plus rapide que lui, beaucoup plus, et elle avait encore de la réserve. Son entrainement draconien avait porté ses fruits. Même sans activer son Shunko, elle était plus forte que son ennemi au corps à corps.
- Houmonka, c'est le nom de ce pouvoir propre à mon zanpakuto… et je sais que tu ne sais rien de plus sur moi. J'ai lu les notes qu'Aizen avait sur chaque capitaine et leurs capacités. Tu sais de quoi je suis capable physiquement mais tu ne connais rien de mes pouvoirs… Moi en revanche, je sais tout de toi.
- Foutaises ! Rugit Grimmjow.
- Hoo, allons, inutile de te mettre dans cet état-là, pauvre petit chaton, se moqua-t-elle sans se départir de son sourire. La source de mes informations est tout à fait digne de foi, certes elles remontent maintenant à deux ans mais je doute que tu aies autant progressé que ça. Kurosaki Ichigo nous a à tous raconté avec moult détails son combat contre toi, vois-tu.
- Kurosaki… Alors il est encore en vie, hein ? Bâtarde, tu mériterais que je –
Avant qu'il puisse finir sa phrase, une énorme boule de fer traversa la pièce dans sa direction, mais Grimmjow pivota et intercepta le lourd projectile avec aisance. Un frisson glacial parcourut le dos de Soi Fon lorsqu'il explosa la masse d'une seule main pour attraper la chaîne et tirer brutalement dessus. Le possesseur de l'arme, bien que dissimulé derrière un pilier, fut arraché comme une poupée de sa cachette et s'écroula à quelques mètres de Grimmjow.
- Oomaeda, imbécile ! Dégage de là ! s'écria-t-elle, de colère et de peur mélangées en bondissant pour le protéger.
Mais Grimmjow avait déjà levé son bras vers lui et une sphère bleue électrique commença à pulser dans sa main. Avec une expression à mi-chemin entre la surprise et l'indifférence concernant la cible, il tira son Cero presque à bout portant au même moment que le pied de Soi Fon s'écrasait sur son visage, déviant la trajectoire de son tir et l'envoyant voler au travers de la pièce et s'écraser contre un mur. Cette fois, elle n'y était pas allée de main morte.
- Ose recommencer ça encore une fois, Oomaeda, et je te jure –
Mais Soi Fon ne termina pas sa phrase en voyant son lieutenant terminé sa roulade sur le côté pour ne plus bouger. L'espace d'un instant toute la scène se rejoua au ralenti. Grimmjow, le bras levé, son Cero luisant dans sa main. Oomaeda, sentant le danger venir, poussant avec sa main et sa jambe droite tout en concentrant son reiatsu pour rouler sur le côté et esquiver l'attaque, utilisant avec alacrité et célérité l'une des techniques de base de récupération après une chute enseignée à la 2nde Division, presque un mélange de Shunpo et de roulade. Puis, sachant qu'il ne se ferait théoriquement pas touché par le Cero et profitant de son élan, elle écrasa son pied avec toute sa hargne sur le visage de Grimmjow, le transformant en projectile jusqu'à ce qu'il rencontre le mur au fond de la pièce. Mais l'ex-Espada avait quand même tiré… Et sa trajectoire avait été modifiée par l'impact de l'attaque de Soi Fon… pour être réorientée par un terrible et malheureux concours de circonstance droit vers Oomaeda !
Le Cero avait frappé son lieutenant en pleine poitrine avec un angle bizarre à cause de la roulade. Le tir de pur énergie avait carbonisé pratiquement tout son côté droit, le frappant dans le dos au niveau de l'omoplate et continuant son chemin vers le bas pour ressortir par devant au niveau de son ventre. Son bras droit arraché à l'impact gisait quelques mètres plus loin et la jambe gauche de son lieutenant avait été désintégrée au niveau du genou. Une expression d'horreur, de surprise et de douleur s'imprima sur le visage de Marechiyo lorsqu'il tourna son regard vers sa capitaine et il tenta de balbutier quelque chose mais il était déjà trop tard. Il poussa un dernier soupir son bras gauche se crispa une dernière fois dans sa direction avant que la mort ne l'empare définitivement, sous les yeux impuissants de Soi Fon.
Quelque chose craqua alors en Soi Fon. Entendant Grimmjow se relever à l'autre bout de la salle, elle hurla de rage, de haine et de douleur sympathique pour la perte de son lieutenant. Stupéfait par cette réaction, l'Arrancar se figea un bref instant et vit la femme lever son bras droit vers lui avec une regard tellement rempli d'émotion violente qu'il ne parvenait pas à toute les lire.
- BANKAI ! Jakuho Raikoben !
Il vit la griffe sur le majeur de Soi Fon s'illuminer et devenir énorme, grandissant jusqu'à plus de deux mètres devant et un derrière elle. Et lorsque la lumière intense disparut, le bras tout entier de la capitaine de la 2nde Division était devenu un énorme missile braqué sur lui… et qu'elle tira immédiatement et sans la moindre hésitation ou préparation.
- CREVE, CHAROGNE ! hurla-t-elle alors que son propre Bankai l'envoyait voler en arrière, étant physiquement incapable de supporter la pression en retour du lancer.
Grimmjow non plus n'hésita pas en voyant le missile foncé droit vers lui. Plongeant sa main vers sa poitrine, il planta son doigt dans la piqure de l'attaque précédente de Soi Fon, le trempant de son sang… Puis il l'arracha en le braquant vers le projectile et hurla de douleur interne en concentrant aussi vite qu'il pouvait la quantité nécessaire de reiatsu pour la seule technique de son répertoire qui lui permettrait d'encaisser l'horrible Bankai démesuré de son ennemie dans son état actuel.
- GRAN REY CERO !
Il parvint à tirer juste avant que le missile ne l'atteigne et la double explosion fut absolument cataclysmique. Le mur derrière lui explosa, le plancher et ce qu'il restait du plafond partirent en miette, la lumière extérieur inonda la salle et Grimmjow fut projeté en arrière par le souffle mais il éclata de rire sous le contrechoc dû à l'excitation d'être passé à quelques doigts de la mort et d'en avoir échappé une fois encore.
- Hahahaha, là, on commence à parler sérieusement, Shinigami !
Brusquement, plus vite que ses yeux arrivèrent à la suivre, il vit Soi Fon se matérialiser devant lui, tout son dos vibrant d'une sorte d'aura blanche et son bras droit levé en position de frappe, son zanpakuto étant retourné en Shikai.
- Nigeki Kessatsu, siffla Soi Fon d'une voix surchargée de haine.
Hélas, à un millimètre seulement de sa cible - le Houmonka sur la poitrine de Grimmjow -, une main gantée se referma comme un étau sur son poignet et stoppa nette son attaque. Le regard de Soi Fon se braqua vers celle qui venait de l'empêcher d'exécuter sa vengeance et plongea dans celui de Teresa. L'Arrancar lui répondit crochet du gauche qu'elle para sans le moindre effort.
- Tu as vraiment choisi le mauvais moment pour intervenir, Arrancar, siffla Soi Fon avant de se lancer à l'attaque.
Et Teresa écarquilla les yeux lorsque la capitaine déchaîna toute sa colère sur elle. Repoussant Grimmjow d'un coup de pied par derrière, Teresa et Soi Fon devinrent deux ombres floues tellement elles allaient vite. Normalement, Grimmjow aurait rugi de rage d'être repoussé de cette manière et aurait chargé dans la mêlée à nouveau mais là il en resta bouche bée, contemplant de ces propres yeux un combat dont le niveau, il s'en rendit compte, le dépassait.
Les yeux de Soi Fon luisaient de fureur et d'énergie, son Shunko lui permettait de se battra à une vitesse impressionnante et la puissance de ses coups était devenue telle qu'à la moindre parade une petite explosion avait lieu. Teresa se retrouva brièvement dépassée, encaissant quelques attaques mais évitant scrupuleusement toutes celles portées par la main droite, ayant vu l'étrange pouvoir qui avait tracé un sceau en forme de papillon sur Grimmjow. Elle équilibra le duel en concentrant une partie de son reiatsu dans ses bras et ses jambes pour accélérer ses mouvements et augmenter sa force mais même en faisant ainsi, elle ne parvenait pas à repousser l'assaut furieux de Soi Fon, juste à parer et à esquiver de justesse un peu plus de coups.
- Impressionnant. La dernière fois qu'un Shinigami m'a forcé sur la défensive ainsi remonte à plus de 250 ans et je suis beaucoup plus forte que je ne l'étais à l'époque.
- M'en moque, tu t'es mise entre moi et ma proie donc tu vas mourir, c'est tout !
Et confirmant ses dires, Soi Fon se lança dans une série de feintes et de techniques avancées de corps à corps qui firent écarquillées les yeux de Teresa. L'Arrancar se jeta en avant et dépassa son adversaire en acceptant de prendre des coups, seule méthode sur le moment pour pouvoir se dégager un peu d'espace. Elle parvint à repousser la contre-charge de Soi Fon d'un coup d'épaule bien placé et recula précipitamment avec un Sonido pour rejoindre Grimmjow en arrière. Soi Fon sembla accepter le bref temps de repos, car elle ne se relança pas de suite à l'assaut, mais resta en position de combat. Lentement, elle leva son bras droit devant ses yeux et regarda le sang de Teresa couler le long de la griffe de Suzumebachi. Teresa baissa un instant ses yeux sur ses bras et son torse et vit qu'elle avait reçu pas moins de 5 marques durant le bref échange.
- Je retire ce que j'ai dit, souffla-t-elle doucement. Tu es, immanquablement, la plus rapide des Shinigamis que j'ai pu rencontré. Une telle vitesse de frappe, sans même toucher à un quelconque pouvoir de Hollow… C'est tout simplement sidérant.
- Garde tes compliments pour toi, Arrancar ! Tu auras beau m'envoyer autant de roses que tu veux, ma prochaine attaque te sera tout autant fatale !
- Nigeki Kessatsu, n'est-ce pas ? Autrement dit "mort assurée en deux coups"… Pas besoin d'être devin pour le comprendre, en voyant ces marques… Ce sont des "cibles".
- Exactement, fit Soi Fon avec un sourire mauvais.
- Heureusement pour toi, le combat s'arrête ici, Shinigami, fit Teresa en se redressant, quittant sa posture de combat.
A peine eut-elle prononcé ces paroles qu'un éclair jaune brisa la structure même du ciel et s'abattit sur les deux Arrancars. Reconnaissant un Négacion, Soi Fon poussa un hoquet de rage et se redressa à son tour, foudroyant ses deux ennemis du regard. Elle ne pouvait rien faire d'autre.
- Je m'appelle Teresa St Michel.
- Et moi Soi Fon.
- J'aime bien ton style, Soi Fon, j'espère que nous aurons l'occasion de continuer notre duel un autre jour. Mais si je peux me permettre un conseil, entraîne-toi d'avantage encore et découvre le Hollow qui sommeille en toi. Sans lui, notre prochaine rencontre ne se terminera certainement pas de cette manière.
Avant que Soi Fon puisse rajouter quoi que ce soit, les deux Arrancars avaient disparu et la lumière du Négacion s'effaça.
***.***
Hueco Mundo, Las Sombras Perdidos, Arène des Chevaliers
- Ho mes amis, que de rebondissements ! s'écria Nybbas en prenant place au centre de l'arène à nouveau. Une heure et quart seulement après le coup d'envoi et la première phase est déjà terminée !
Quelques minutes auparavant, un Gargantua s'était ouvert et le superviseur de Carmen était revenu seul avant de s'éclipser, nul doute pour aller confesser la mort de celle qu'il était sensé protéger et surveiller. Puis deux minutes après seulement, un nouveau Gargantua s'était ouvert et Teresa en émergea, rapidement suivi par Grimmjow, au grand soulagement de Nel. Toutefois, son inquiétude ne s'effaça pas pour autant en voyant les marques de papillon sur le corps des deux arrivants.
- Hoho, et il me semblerait que notre dernier prétendants et sa superviseur ont eu quelques démêlés imprévus…
- Rien de très grave, fit Teresa d'une voix ferme en foudroyant du regard son frère, je ne suis intervenu qu'après avoir senti la mort de Carmen et ses égratignures ne sont que dues au fait que je n'avais pas le droit de la tuer…
- Qu'importe, fit Nybbas en interrompant sa sœur, notre ami Samuel s'en est allé rapporté son échec auprès de sa maîtresse et nous n'avons pas encore pu estimé le tribut collecté par notre regrettée Carmen, paix à son âme. Aurais-tu la diligence de déposer sur l'autel le tribut de ton prétendant, ma chère sœur ?
Semblant se retenir de faire autre chose, Teresa s'écarta de son frère et se dirigea vers l'autel en sortant la pierre d'âme qu'elle posa sur son réceptacle. Sans bouger de sa position, Sybbas reprit son show, ayant estimé à distance le compte des Shinigamis tués par Grimmjow.
- Notre invité Grimmjow Jaggerjack a collecté pour lui seul 195 Shinigamis, mais aucun de classe supérieur. Son compte est donc de 195 points. Il ne nous reste plus qu'à attendre que Samuel revienne pour qu'il nous donne le compte de Carmen… Samuel ? Samuel !
L'Arrancar dit son apparition, tenue par une femme qui le poussa littéralement devant l'autel. La colère et la haine qui émanaient de tout son être suffisait à faire reculer d'un pas Nybbas.
- Houlà, Maîtresse Samigina ne semble vraiment pas de bonne humeur, mais on peut la comprendre. Toutes mes condoléances pour la perte de ton enfant, ma chère.
Grimmjow et Nel écarquillèrent les yeux de surprise et regardèrent Julia mais celle-ci se contenta de lever le doigt devant sa bouche pour intimer le silence et de murmurer doucement :
- Je vous expliquerais plus tard.
Le dénommé Samuel alla fébrilement poser la pierre d'âme de Carmen et celle-ci s'illumina un peu plus fortement que celle d'Argento.
- Hooo, quelle déception, seulement 82 âmes de Shinigamis. Décidément, le tribut rapporté par nos concurrents n'est vraiment pas à la hauteur des espérances.
Le regard de Samigina qui n'avait pas quitté Samuel des yeux se tourna brièvement vers Nybbas lorsqu'il fit cette remarque et celui-ci fit un nouveau pas en arrière.
- Mais faisons les comptes, mes amis ! 61 âmes pour Argento Millard et 82 pour Carmen Alphisioni, ce qui nous donne un total de 143 points ! Il faut donc que nos deux prétendants nous offrent chacun un tribut de 243 points pour être accepté dans l'arène ! Ce qui veut dire que l'un des prétendants a échoué…
A peine eut-il prononcé ces paroles qu'un frisson glacé parcouru le dos de Nel, se rappelant que Grimmjow n'avait que 195 points et elle 246. Mais avant qu'elle ne puisse protester devant l'injustice de ce système, Teresa fit un pas en avant et déclara à voix haute :
- Grimmjow a aussi tué un lieutenant, Nybbas !
Semblant oublié sa peur de sa sœur – ou bien il s'agissait d'une comédie de sa part –, le porte-parole du conseil se retrouva en un instant devant elle, la foudroyant du regard.
- Et où est le sabre alors ? Vas-tu me dire que lui aussi n'en avait pas ? Nous avons déjà une irrégularité d'enregistrée concernant Neliel Tu Oderschvank, souhaites-tu en déclarer une seconde ?
- Je suis prête à subir une Lecture pour prouver qu'il l'a tué.
- S'il avait un sabre et qu'il n'en a pas rapporté ne serait-ce qu'un morceau alors Lecture ou pas –
- J'ai un morceau, intervint Grimmjow sans bouger de sa position.
Les regards de toute l'arène se fixèrent sur lui et il fouilla dans sa poche pour en sortir un bout de chaîne brisée. Sans se presser, il la lança vers Nybbas qui la récupéra en plein vol d'un geste vif avant de l'examiner.
- 'Me suis rendu compte que ce gugusse était un lieutenant qu'après coup et j'ai fourré ce bout de chaîne de son zanpakuto dans ma poche par réflexe. Désolé de pas l'avoir présenté plus tôt.
Nybbas sembla peser le pour et le contre et recula brusquement, s'éloignant de nouveau de sa sœur avec un grand sourire.
- Mes amis, encore un rebondissement inattendu ! Il semblerait que nos deux prétendants soient dignes de se battre dans l'arène, car Grimmjow Jaggerjack vient de rajouter 50 points à son tribut, le portant au total de 245 points !
La foule rugit lorsque Nybbas leva les bras, annonçant la fin de la première partie de l'Epreuve. Il la laissa s'exprimer pendant quelques minutes à sa guise avant de la calmer. Durant la clameur, Teresa rejoignit son camp et souffla de soulagement.
- Ce fut juste, confirma Julia avant de donner une tape affective de félicitations sur l'épaule de Nel.
- Bon, reste plus qu'à s'occuper de ce loser en face et c'est fini, huh ? se contenta de demander Grimmjow avec un grand sourire.
- En quelque sorte, confirma Teresa en se retournant pour voir Argento debout, visiblement encore épuisé mais la plupart de ses blessures guéries.
- Merde, les gars de Malthus se sont vraiment dépassés, là, commenta Julia. Quand il est revenu, un bébé qui venait de naître aurait pu le tuer, rien qu'en lui tapotant la joue.
La foule de l'arène se calma sous l'impulsion de Nybbas lorsqu'il éleva légèrement son reiatsu.
- Oui, passons à la seconde partie de l'Epreuve. Nos deux invités et prétendants ont gagné le droit de se mesurer dans l'Arène des Chevaliers parmi vous, mais avant cela il doivent passer le test ultime : un combat à mort contre leurs adversaires de la première partie !
Nouveau rugissement, mais vite interrompu.
- Mais voilà, nous sommes dans une situation complexe, mes amis. D'un côté, nous avons nos deux prétendants, apparemment encore en forme, avec juste un peu de reiatsu en moins, et de l'autre il ne reste plus qu'un seul opposant, blessé et fatigué certes, mais il semble encore en vouloir, remarqua-t-il lorsqu'Argento repoussa l'un des soigneurs encore concentré sur lui et avança d'un pas, clairement prêt à se battre.
Les autres soigneurs comprirent le message et quittèrent l'arène sans dire un mot.
- Mais d'un autre côté, nous avons une irrégularité enregistrée sur le compte de Neliel Tu Oderschvank, donc un handicap pour son camp.
La Maîtresse Hollow Samigina s'avança jusqu'à quelques mètres de Nybbas et déclara :
- Je réclame cette irrégularité.
Elle braqua son regard vers le box d'un des maîtres et vit celui-ci approuver d'un hochement de tête.
- Ha, Maîtresse Samigina vient de réclamer l'irrégularité et Maître Valephor a accepté de la lui laisser. Maîtresse, quel handicap souhaitez-vous leur voir appliquer ?
La femme s'avança vers les deux prétendants et fit signe à Samuel de venir à ses côtés. L'Arrancar chargé de la protection de Carmen s'approcha silencieusement et se mit à genoux juste à sa droite, en position de servitude et d'humilité.
- Vu la situation présente, je souhaite féliciter nos deux prétendants pour être déjà parvenus si loin. Et d'un autre côté, combattre à deux contre un n'est guère un combat équitable pour notre pauvre Argento… Donc plutôt que de leur imposer une quelconque restriction, je leur propose un nouvel adversaire à la place de Carmen.
La femme Arrancar baissa sa main et agrippa Samuel par les cheveux le relevant sans le moindre ménagement.
- Mais celui que j'ai en tête fait partie du lot des superviseurs, ce qui semble vouloir dire qu'il est au-dessus du niveau autorisé pour participer à une telle rencontre… Que faire, que faire ? Ho, je sais, je vais lui imposer un handicap à ma manière.
Et sans la moindre hésitation ni le moindre effort apparent, elle lui attrapa le bras droit et le lui arracha dans une gerbe de sang. Samuel hurla de douleur et Samigina le jeta en arrière, le faisant s'écraser à côté d'Argento. Tenant toujours le bras arraché, elle se tourna vers les deux prétendants et leur demanda d'une voix étonnamment douce :
- Vous n'y voyez aucun inconvénient, j'espère ?
- Juste un, fit Grimmjow sans bouger, se passant le petit doigt dans l'oreille. T'aurais dû lui laisser son bras. Déjà qu'il n'était qu'une sous-merde, maintenant je vais difficilement prendre mon pied à l'achever.
Samigina lui adressa un sourire encore plus grand.
- Désolé, je m'arrangerai pour qu'à l'avenir mes serviteurs fassent toujours le maximum pour te plaire… dans cette arène, bien entendu.
- ça me va, lui rendit-il avec un sourire carnassier.
Samigina leva le bras arraché de son serviteur au niveau de sa bouche et mordit dedans à pleine dents, sans quitter l'ancien Espada du regard. Il eut juste le temps de voir que ses canines étaient anormalement longues lorsqu'elle les planta dans le membre. Elle arracha vicieusement un morceau qu'elle mâcha lentement et lui fit un nouveau sourire, cette fois-ci avec sa bouche ensanglantée, puis elle disparut dans un Sonido, nulle doute qu'elle était retournée dans son box.
Une fois qu'elle fut partie, Nybbas se tourna vers le camp des deux prétendants et leva les deux bras vers Julia et Teresa, leur faisant signe de s'en aller. Les deux Arrancars souhaitèrent bonne chance à leurs amis et s'éclipsèrent à leur tour.
- Vous pouvez combattre ensemble, ou chacun de votre côté, faites comme vous le voulez. Vous êtes maintenant dans l'Arène, vos adversaires vous ont été présentés, il ne me reste donc plus qu'une seule chose à dire : Que les meilleurs gagnent.
Nybbas s'éclipsa d'un rapide Sonido et ils le virent réapparaître près d'une sorte de pupitre en hauteur, dans une petite zone sans spectateur qui lui semblait réserver. Il appuya sur une commande et deux Négacion apparurent, un sur chaque camp. L'instant suivant l'arène se transforma et le sable disparut, remplacé par une image d'une immense forêt tropicale. Deux petits éclairs jaune signalèrent les points d'arrivée des concurrents sur leur champ de bataille et le combat ne tarda pas à commencer.
