Dans une autre dimension
Une lourde et immense porte s'ouvrit, laissant filtrer la lumière extérieure. Deux serviteurs, un homme et une femme, entrèrent et refermèrent bien vite la porte derrière eux avant de se diriger dans les ténèbres retombées vers le centre de la pièce. Silencieusement, ils se mirent tous les deux à genoux et attendirent patiemment que leur maître daigne remarquer leur présence. Une fois, ils avaient attendu presque deux jours avant qu'il ne s'adresse enfin à eux. Mais aujourd'hui, ils n'eurent pas à patienter bien longtemps.
Au centre même de la pièce, ils entendirent un mécanisme se déclencher et une longue série de cliquetis de métal s'éleva dans les ténèbres. Voyant parfaitement dan cette obscurité, les deux serviteurs observèrent la trappe circulaire s'ouvrir et un immense trône s'élever lentement. Au bout d'une longue minute, le trône finit par s'immobiliser ans un claquement sourd et les cliquetis se turent. Puis, doucement, un petite lueur naquit et enfla de plus en plus, s'élevant paresseusement au dessus du piédestal, montant jusqu'au lourd lustre fixé au plafond et l'illuminant soudainement. La lumière déferla dans la pièce comme un éclair puis s'atténua jusqu'à n'être plus qu'une faible lueur à peine suffisante pour éclairer les deux serviteurs toujours immobiles et le trône.
- Cela fait bien longtemps que je ne vous avais pas convoqué… fit une voix grave et chevrotante. A quand remonte la dernière fois, au fait ?
Les deux serviteurs se regardèrent et l'homme hocha doucement la tête, invitant la femme à parler.
- Il y a deux ans et demi, votre sainteté, lors de la rébellion d'Aizen. Vous nous aviez convoqué pour nous ordonner de ne pas nous occuper de ce problème, même si celui-ci venait à réussir à recréer l'Ouken.
- Haaa… Oui. Aizen. Pas vraiment le candidat idéal, n'est-ce pas ? J'avais espéré qu'il puisse au moins parvenir jusqu'à moi mais, en mon fort intérieur, je savais qu'il serait arrêté bien avant, d'une manière ou d'une autre.
- Jamais nous ne l'aurions laissé vous approcher, votre sainteté. Ni l'un, ni l'autre, souffla doucement l'homme.
- Hmmm, grogna doucement le vieil homme depuis son trône. Pour une fois que vous êtes d'accord sur ce point…
- Le passé reste le passé. Aizen a été vaincu et enfermé, votre sainteté, confirma la femme.
- La seule inconnue qui reste est cet incroyable… pouvoir que nous avons tous ressenti, et qui l'a arrêté. Les rumeurs disent qu'il s'agissait de cet humain, Kurosaki Ichigo. Mais le jeune homme a perdu ensuite la totalité de ces pouvoirs. Etablir la vérité dans ces circonstances est…
- Kurosaki Ichigo est un de mes descendants, je te le rappelle, trancha le vieil homme. C'est un Héritier de Dieu, certes seulement au 5ème degré, je ne suis que son arrière-arrière-grand-père, mais il en reste néanmoins l'un de mes petits-enfants.
- Pardon, votre sainteté, mais il n'est plus qu'un humain mortel comme tous les autres maintenant, il –
Il sentit plus qu'il ne vit la main du vieil homme se lever, interrompant sa phrase aussi soudainement que s'il avait été giflé bien que le vieillard ne quitta pas sa position.
- Autant cette discussion est passionnante, ce n'est pas pour cette raison que je vous ai fait convoqué.
Le silence retomba dans la salle, uniquement troublé par les râles du vieil homme toujours immobile sur son trône.
- L'heure… approche, plus vite encore que je ne l'aurai cru. Je sens mes propres forces décliner et mon reiatsu m'abandonner… Mais vous le sentez aussi, n'est-ce pas ?
Les deux serviteurs échangèrent un regard interrogateur.
- Nous ne parvenons pas à cerner votre réelle puissance, votre sainteté, pas plus que depuis le premier jour… Néanmoins, personnellement, j'ai comme l'impression… qu'il y a des "faiblesses" dans votre aura, déclara la femme.
- Hmm, grogna l'autre serviteur, confirmant les dires. Je suis à votre service depuis plus longtemps qu'elle et je ressens d'avantage ce changement en vous.
- C'était inéluctable. Le temps joue contre nous tous, y compris moi. J'ai plus de 10.000 ans, le savez-vous ? Je suis tellement vieux que je ne me rappelle même pas de mon propre nom parfois… J'en ai tellement porté.
- Votre sainteté, vous êtes Zeus, le Dieu-Roi, fit la femme avec révérence.
- Ce nom n'est que celui que j'ai pris en devenant ce que je suis, il n'est pas mon vrai nom, le nom que je portais à ma naissance, trancha le vieillard. Mais qu'importe, cela n'a aucune espèce d'importance aujourd'hui. Vous savez aussi bien que moi ce qui va se passer après ma mort, la "rébellion" d'Aizen ne sera qu'un feu de paille en comparaison de l'embrassement que sera la guerre entre l'Olympe et Las Sombras Perdidos… Non, entre la Soul Society et le Hueco Mundo. Le moins que je puisse faire est d'imposer par avance quelques règles afin de limiter le massacre qui aura lieu entre vos deux camps pour déterminer qui sera mon successeur.
Le vieillard respira plusieurs fois bruyamment et toussa même à trois reprises après cette longue tirade. Visiblement, sa santé était encore plus fragile qu'il ne voulait le faire croire.
- Vous connaissez mon histoire… Comment je suis parvenu sur ce trône. A l'origine, il n'était pas question de titre, de rang ou de toute cette structure bien organisée… A l'origine, il n'y avait que des Hollows, et seules une petite poignée d'âmes parvenait à maîtriser leurs pouvoirs. A l'origine même, les premiers Shinigamis étaient des Hollows, devenus conscients et ayant acquis le statut d'Arrancar. En vérité, à cette lointaine époque, ces Shinigamis n'étaient rien de plus que des gardiens de troupeaux pour ainsi dire, veillant non pas aux saluts des âmes mais à ce que les Hollows ne soient pas trop gourmands et ne s'attaquent pas à leur garde-manger avant l'heure… littéralement les mortels. Car en effet, si les Hollows venaient à exterminer tout un peuple par leur faim, cela ne ferait que les rassasier pour un temps, mais cela limiterait également le nombre d'humains à naître à l'avenir.
Il toussa deux fois avant de reprendre.
- Avant moi, il y eut deux autres personnes sur ce "trône", à chaque fois cet être était le plus puissant et le plus évolué de sa génération. Jamais auparavant il n'avait été "détrôné", et vous savez pourquoi ? … Non, vous ne le savez pas. Voilà le pourquoi, fit le vieillard en claquant des doigts, faisant apparaître une sorte de sphère de lumière bleue dans sa main. Cette sphère, cette boule… n'a pas de nom. Elle existait avant ma naissance, bien avant même le premier Hollow, bien avant même la première forme de vie de cette planète… Mais au fil des années de mon règne, j'ai fini par la nommer, l'Orbe de la Vie Eternelle.
Lentement, il laissa l'orbe glisser de sa main décharnée et la regarda flotter doucement vers les deux serviteurs agenouillés. Elle s'approcha d'eux en pulsant, semblant les jauger, avant de revenir docilement vers la main de son maître.
- Avez-vous senti son pouvoir ? Avez-vous ressenti sa nature ? Avez-vous perçu sa puissance ?
Les deux serviteurs ne pouvaient pas répondre à ces questions, leurs yeux toujours fixés sur l'Orbe, jusqu'à ce que le vieillard claque des doigts, la renvoyant au néant dont il l'avait tiré.
- Oui, vous le savez. Cette Orbe n'est ni plus ni moins que l'âme de cette planète toute entière, l'âme de la terre ! Le Hougyoku, cette récente création des Shinigamis, n'est rien d'autre qu'une pâle copie imparfaite de cette Orbe, une copie ne contenant que les âmes d'une poignée de Shinigamis et d'Hollows… à des milliards de lieues d'égaler le pouvoir incommensurable des milliards de vies animales et végétales contenues dans l'Orbe. Celui qui possède cette Orbe devient le Dieu-Roi de cette planète… Mais c'est là que le bât blesse, pour reprendre cette expression humaine : l'Orbe a sa propre conscience et c'est elle qui décide qui est digne d'être son maître. Elle n'est ni bonne ni mauvaise, parfois d'une cruauté sans nom, parfois d'une tendresse inégalable, tantôt colérique, tantôt douce et calme. Elle est le véritable Dieu de cette terre, et je ne suis que son humble serviteur… Mais voilà, l'Orbe est certes dotée d'un pouvoir infini mais elle a besoin de nous pour agir sur ce monde, je suis donc son interface, son messager et son serviteur. En échange de mon service, elle m'a offert une vie plus grande et plus longue que toutes les autres, une connaissance sans pareille et un pouvoir sans limite – son pouvoir en vérité – à ma seule disposition.
- Quelles sont les conditions pour être ou devenir digne de cette honneur, votre sainteté ? demanda la femme.
- J'y viens et écoutez-moi bien, car je ne me répéterai pas.
Le vieillard prit de longues inspirations et se lança :
- L'Orbe est exigeante et capricieuse, elle n'admettra jamais comme possesseur un être incapable de se servir de son pouvoir comme elle le voudrait. Celui ou celle qui me succédera sera donc forcément un être pleinement évolué – un Arrancar de Las Ombras Perdidos ou un Vaizard de l'Olympe – ou quelqu'un ayant le potentiel pour évoluer à ce niveau rapidement. Toutefois, ces personnes ne seront pas forcément les plus puissants d'entre vous ou eux, non… L'Orbe accordera ses faveurs à tout ceux et celles qu'elle estime dignes de la servir. Chacune de ces personnes recevront une Marque de sa faveur et l'Orbe attendra ensuite que la sélection naturelle se fasse. Tôt ou tard, un porteur de Marque se dégagera du lot et celui-ci deviendra alors le nouveau Dieu-Roi. Toutefois, les choses peuvent évoluer, le nombre de champions n'est pas figé dans le marbre. Un être ayant reçu une Marque peut très bien la perdre en mourant, ou bien décider de la transmettre à un autre, ou encore se la faire arracher par un autre prétendant, simplement en mourant de sa main. Si cet autre avait déjà une ou plusieurs Marques, celles-ci se cumuleront et démontreront alors simplement un candidat potentiel plus important, mais les Marques seules n'apporteront rien à leurs possesseurs. Si un porteur de Marques décident de les transmettre à un être n'en ayant pas, l'Orbe décidera alors instantanément si la nouvelle personne les recevant est digne ou non de les porter. Si tel est le cas, cette personne remplacera alors simplement l'ancien candidat, sinon… et bien cela dépendra du résultat. L'orbe pourra juger cette personne tellement indigne d'elle qu'elle le réduira en cendre instantanément, ou bien simplement lui retirera les Marques. Lorsqu'un prétendant au trône aura réuni un nombre suffisant de Marques, l'Orbe le convoquera pour un "entretien" en quelque sorte. Ce prétendant recevra alors d'immenses nouveaux pouvoirs, proches de ceux qu'il acquerra une fois à ma place. L'Orbe observera alors cette personne pendant un moment puis décidera si oui ou non elle est digne de le servir.
- C'est donc ainsi que…
- Non, mon cas fut différent. Mais c'est ainsi que mon prédécesseur fut monté sur le trône.
- Pardonnez ma curiosité, demanda le serviteur masculin, mais si votre cas fut différent, comment êtes-vous monter sur le trône ?
Le vieillard laissa quelques secondes de silence, semblant hésiter à répondre à cette question.
- Mon prédécesseur a échoué dans sa tâche. Après être devenu notre Dieu-Roi, il se laissa aller à la paresse, à la corruption et à l'horreur. L'Orbe se referma sur elle-même et refusa de lui accorder ses pleins pouvoirs. Après m'être longuement entrainé, j'ai défié mon prédécesseur et vaincu dans un duel titanesque. Même sans les pouvoirs de l'Orbe, il restait le plus fort et le plus puissant de tous les Arrancars de l'époque. Afin que cette erreur ne se reproduise jamais, j'ai séparé le monde des esprits en deux et créé avec l'aide de l'Orbe le Hueco Mundo et la Soul Society, l'un des mondes géré par l'instinct, l'autre par la raison. C'était il y a plus de 10.000 ans, mais cela vous le saviez déjà.
Le vieillard se tut alors et sa respiration se fit plus lente et plus profonde. Les deux serviteurs attendirent quelques instants avant que l'homme ne demande :
- Votre sainteté, toute cette histoire de marques me fait presque penser à un tournoi… N'est-ce pas un peu simple comme moyen de sélection ?
- Les fondations même de notre univers sont plus simples qu'il n'y parait, jeune enfant. L'Orbe a choisi ce moyen de sélection il y a des lustres, à l'aube même des temps, et m'a reconfirmé son choix dans ce moyen. La sélection naturelle parmi les prétendants est la meilleure qui soit, la plus adaptée à la situation et la plus réaliste. Elle permet aussi dans une certaine mesure de limiter les effusions de sang. N'oubliez pas que son but ultime reste de maintenir la balance des âmes. Par cette méthode, le monde des mortels sera épargné car un mortel ordinaire ne peut être porteur d'une Marque.
- Comment saurons-nous que la sélection a commencé, votre sainteté ?
- Vous le saurez. Lorsque vous quitterez cette pièce, je scellerai définitivement mon palais. Dès lors seul mon successeur pourra y entrer. Maintenant, si vous n'avez plus de questions, retirez-vous et allez rapporter ces informations dans vos mondes respectifs et préparez-vous à la guerre. Même si je prie en mon for intérieur qu'elle n'ait pas lieu, je ne suis pas naïf au point de croire que vous parviendrez à élire le même candidat, de part et d'autre.
Sur ces dernières paroles, le vieillard poussa un ricanement rauque qui s'acheva dans une quinte de toux.
- Votre Sainteté.
- Votre Sainteté.
Les deux serviteurs se redressèrent et sortirent tranquillement de la pièce. En ouvrant la lourde porte, ils entendirent le trône redescendre dans les ténèbres du palais et lorsque la porte se referma derrière eux, ils entendirent distinctement les verrous et sentirent une puissante énergie investir les deux battants. La salle du trône était maintenant scellée.
La Vaizard et l'Arrancar se regardèrent silencieusement quelques instants en silence puis ils avancèrent calmement ensemble vers deux gigantesques portails qui pulsaient côte à côte à une centaine de mètres de là, au bout d'une longue rampe de pierre dressée au dessus d'un néant lumineux.
- J'imagine que ceci est la dernière fois que nous pouvons discuter ensemble sans avoir à tirer nos sabres, Valephor.
- Probablement, en effet, souffla doucement l'Arrancar. Peut-être que si nous survivons tous les deux à cette guerre et que le prochain…
Il ne termina pas sa phrase.
- Peut-être oui, fit la Vaizard. Concernant votre petit massacre à Las Noches, nous avons pris les choses en main afin que le Seireitei ne poursuive pas plus avant les recherches des coupables.
- Merci du coup de main pour rien, nous nous sommes fait une joie de vous rappeler que le Hueco Mundo est notre terrain de jeu, pas le vôtre.
- L'Olympe n'est en rien impliqué dans cette affaire.
- Mais bien sur, après tout, c'est la Chambre Centrale des 46 qui a approuvé les expéditions de ce capitaine dégénéré à Las Noches, n'est-ce pas, Hikifune-gunshirei ? Mais parlons d'autre chose, comment va cette vieille prune de Yamamoto ? Toujours borné à se limiter aux pouvoirs des Shinigamis ?
- Toujours. Pour lui, associer les pouvoirs de Shinigami et de Hollow reste une aberration à ses yeux. Toutefois, il semble avoir mis un peu d'eau dans son vin depuis l'histoire de l'humain devenu Shinigami.
- Je m'étonne qu'il n'ait pas envoyé un assassin de la 2nde Division pour l'effacer discrètement une fois l'affaire close.
- Nul besoin, le simple fait qu'il ait perdu tous ses pouvoirs à la suite de son combat lui a retiré une bonne épine du pied.
- J'imagine, en effet.
- Et vous ? Cette "Avatar" vous pose toujours autant d'ennui ? Avez-vous toujours des problèmes de lupanar à Las Ombras Perdidos ?
- Plus trop depuis que le premier Avatar se soit cassé les dents sur Aizen. Néanmoins… la petite escarmouche à Las Noches impliquait deux de ses prétendants à la Garde Noire, deux anciens Espadas d'Aizen.
- Merci pour cette information.
- Je vous en prie, c'est un plaisir. Sinon, concernant les débordements charnels, ils sont redevenus plus tolérables et plus discrets. Ce qui se passe derrière les portes closes ne nous regardent pas après tout, et tout le monde y trouve son compte.
- J'aurais été à votre place, je ne l'aurais jamais permis de rester, encore moins de survivre lorsque vous avez découvert sa véritable nature.
- A l'époque, ils étaient 3, je vous le rappelle. Et très vite, ils se sont fait beaucoup d'alliés.
- Elle est seule maintenant.
- Mais elle a assuré sa position, et elle fait partie des nôtres, même si cela ne me plait pas. Qu'elle me donne une seule bonne raison pour la démettre et je la réduirai en cendre, soyez-en sure… Mais d'ici-là, je me fais une joie de savoir qu'elle brandira son sabre contre vous plutôt que contre nous.
Les deux ennemis s'adressèrent un sourire entendu et se séparèrent lentement, chacun se rapprochant de son propre portail.
- Vous ne verrez donc aucun inconvénient à ce que je plante mon arme dans sa tête ?
- Pas plus que je n'en verrais à la voir vous transformer en son esclave fidèle et soumise, Kirio-chan… Ho, en fait, j'adorerai cela.
- Rien que pour ces dernières paroles, Valephor, je veillerai à ce que mes troupes gardent un œil attentif à vos mouvements, en particulier.
- J'en frissonne d'avance de plaisir.
Les deux ennemis traversèrent ensemble leur portail respectif, mettant définitivement un terme à la paix entre le Hueco Mundo et la Soul Society.
***.***
Urahara Shoten, salle d'entrainement souterraine
Deux jours s'étaient écoulés depuis que Tatsuki avait vaincu Soi Fon et la jeune capitaine était actuellement allongée sur un matelas gonflable dans la salle d'entrainement d'Urahara. Tout autour d'elle se mélangeait des dizaines de manuels sur les différentes techniques martiales modernes, principalement celles possédant des enchainements. Bien évidemment, la majeure partie était issue de la lutte, du judo et du jujitsu, mais elle commençait à comprendre l'esprit des MMA et du Vale Tudo, à incorporer toutes ces techniques pour en faire une technique de combat plus complète. Plongée dans ses livres, elle ne s'intéressait pratiquement pas à ce qui se déroulait dans le reste de la pièce.
A quelques dizaines de mètres de là, Tatsuki était en train de suer sang et eau pour essayer de réveiller ses pouvoirs spirituels, avec l'aide de Yoruichi, sans grand succès. Le reiatsu de la jeune femme avait encore bien augmenté mais restait instable et sauvage, refusant de prendre forme et de révéler sa véritable nature. Et Tatsuki enrageait à cause de cela. Yoruichi elle-même en restait perplexe.
Alors que la jeune femme haletait à quatre pattes, essayant de récupérer du dernier exercice de l'ancienne Shinigami, la trappe s'ouvrit et Urahara Kisuke sauta souplement jusqu'en bas, le visage fermé. Bien entendu, lorsqu'il s'approcha des deux femmes, il reprit son expression jovial habituelle.
- Maaa, Arisawa-san, quelle incroyable persistance ! Si je ne vous connaissais pas aussi bien, j'aurais tout de suite appelé la police !
Tatsuki leva la tête avec un regard interrogateur, ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Pour faire arrêter cette tortionnaire, bien évidemment, termina-t-il en pointant Yoruichi de sa canne, ce qui provoqua une poussée de colère chez la concernée.
- Kiiisuuukeeee…
- Ha, non, ce n'est une si bonne idée après tout, puisque je serais moi-même accusé de complicité et de non-assistance à personne en danger.
Avant que les deux femmes puissent faire un pas pour corriger elles-mêmes son humour déplacé, un lourd volume de judo le percuta en pleine tête, courtoisie de Soi Fon. Celle-ci ne le regardait même plus et avait repris sa lecture comme si de rien n'était.
- Je crois que le plus en danger présentement, c'est toi, confirma Yoruichi avec un regard mauvais.
Kisuke se frotta la tête en rigolant et se redressa, adoptant son attitude sérieuse.
- Alors, toujours aucun progrès ?
Ayant depuis longtemps l'habitude de ses changements éclairs de personnalité, Yoruichi laissa tomber la mauvaise blague et croisa les bras, frustrée.
- Que dalle. Le reiatsu d'Arisawa est puissant, bien plus que ne l'était celui d'Orihime et de Chad lorsqu'il ont découvert leurs pouvoirs. Mais pour une raison que j'ignore, il refuse de s'extérioriser. De plus…
Elle ne poursuivit pas sa phrase, regardant Tatsuki avec insistance avant de baisser la tête. La jeune femme la regarda sans comprendre. Urahara s'avança d'un pas et murmura quelque chose doucement qu'elle ne comprit pas tout en braquant sa main ouverte vers elle. L'instant d'après, elle sentit une sorte de frisson la parcourir et l'air autour d'elle devint soudainement beaucoup plus dense et lourd.
- Cela devient mauvais, commenta-t-il en analysant le reiatsu de la jeune femme. Il n'a cessé de grandir sur un rythme constant mais depuis un mois… son évolution est pratiquement exponentiel… Et il y est pour quelque chose.
- Il ? demanda brusquement Yoruichi. Comment cela est-ce possible ? Il n'est plus…
Urahara le stoppa d'un regard mais la situation était déjà trop avancée.
- Nous n'avons plus le choix. Arisawa-san est maintenant dans une situation à peu près similaire à celle d'Ichigo il y a deux ans et demi, après avoir perdu ses pouvoirs.
- Qu-Quoi ? Mais de quoi parlez-vous ? demanda Tatsuki en voulant se redresser mais n'y parvenant pas. Arrêtez de tourner autour du pot et cessez… de m'écraser avec votre reiatsu !
- C'est là tout le problème, Arisawa-san, commenta Kisuke en enfonçant un peu d'avantage son chapeau sur sa tête. Ni moi ni Yoruichi ne relâchons actuellement notre reiatsu… vous êtes en train de vous écraser vous-même avec votre propre reiatsu.
- … ?
Urahara murmura à nouveau quelques paroles inintelligibles en pointant sa main vers elle et la sensation de pression sur elle disparut, mais elle sentit clairement cette fois que tout le pouvoir allait se cacher au fond d'elle-même, confirmant les dires de l'ancien capitaine. Se redressant de nouveau sans plus ressentir de pression, elle entendit quelqu'un s'approcher derrière elle et se retourna pour voir Soi Fon, le visage fermé.
- Ce que je viens de ressentir, déclara-t-elle en levant la main, ne me plaît pas du tout.
- Soi Fon ! claqua la voix de Yoruichi.
- Yoruichi-sama ! Elle est à deux doigts de devenir… Si j'avais su qu'elle était dans un tel état, j'aurais –
- SHAOLIN SOI FON !
L'instant suivant, Yoruichi se dressait entre Tatsuki, toujours à genoux, et son ancienne protégée, la foudroyant du regard. Depuis que Soi Fon avait grandit, les deux femmes étaient maintenant pratiquement de la même taille et elles se dévisagèrent avec colère. Mais Yoruichi garderait toujours aux yeux de Soi Fon son autorité passée et l'actuelle capitaine de la 2nde Division du Gotei 13 rabaissa lentement sa main.
- Hrmm. Soi Fon-Taichou, je vous prie d'aller chercher Kurosaki-san en haut, s'il vous plait, demanda Kisuke pour les séparer. Je souhaitais avoir un peu plus de temps pour analyser la situation mais il me semble que je ne dispose plus d'autre moyen pour régler ce problème.
- Kisuke ! rugit Yoruichi en se tournant vers lui. Ichigo est –
- Plus maintenant, Yoruichi. J'en suis maintenant pratiquement sûr. Lorsqu'il sera là, je pense pouvoir le confirmer de manière définitive. Soi Fon-Taichou, je vous prie… et n'oubliez pas de prendre un Gigai.
La capitaine n'hésita qu'un instant et disparut dans un Shunpo.
- Arisawa-san, reposez-vous le temps que Soi Fon ne ramène notre ami. Je vous expliquerais tout à ce moment-là. Tessai-san ?
Le géant apparut comme par magie derrière lui.
- Demandez donc à Jinta-kun et Ururu-chan d'aller chercher les amis de nos deux invités… puis préparez-vous pour une longue nuit.
- Hai, Urahara-dono.
Quelques minutes plus tard, Soi Fon fut de retour, accompagné d'Ichigo. Immédiatement, Tatsuki se releva et voulut s'approcher de lui mais Yoruichi posa une main de fer sur son épaule et la retint.
- Tu restes ici, loin de lui.
- Quoi ? Mais –
- Désolé de vous interrompre dans vos études, Kurosaki-san, fit Kisuke d'une voix joyeuse qui signifiait clairement tout le contraire.
- Ok, ok, c'est quoi le problème avec Tatsuki ?
- Le problème, Kurosaki-san, c'est que vous êtes en train de la transformer en Hollow.
Silence.
- Et non, je ne plaisante pas.
Silence encore plus pesant. Ichigo échangea des regard perdu avec tout le monde, notamment Tatsuki mais les yeux de sa petite amie ne reflétait que l'incrédulité et l'horreur. Seule Yoruichi roulait des yeux devant les paroles théâtrales de son ami de longue date.
- Un peu plus de tact, Kisuke, même si ce que tu dis est vrai.
- Maaa, mais où serait donc tout l'intérêt de cette petite mise en scène alors ?
- Kiiisuuukeeee…
- Uuuraaahaaaraaa…
- Ok, ok, je vais tout vous expliquer, inutile de vous énerver… Mais auparavant, Kurosaki-san, attrape.
Brusquement, Kisuke sortit de sa poche une boule rouge qu'il jeta vers Ichigo. Reconnaissant une Zeta Ball, le jeune homme poussa un cri et s'écarta instinctivement de la trajectoire, laissant la boule rebondir à côté de lui et rouler au loin.
- NON MAIS CA VA PAS ? VOUS VOULEZ MA MORT AU QUOI ?
- Ho, vous l'avez donc vu ?
- Espèce de…
- Kurosaki-san… continua calmement Urahara d'un ton qui calma instantanément le jeune homme. Vous l'avez vu, n'est-ce pas ?
- Mais de quoi parlez-vous, bordel ?
- Tatsuki-chan, vous pouvez rejoindre votre petit ami, fit-il en ignorant superbement la question.
Yoruichi donna une petite tape dans le dos de Tatsuki qui tituba légèrement en avant mais se reprit bien vite. Bien que ne comprenant pas trop ce qui se passait, elle s'approcha d'Ichigo.
- Vous pouvez m'expliquer ce qu'est toute cette histoire ? Demanda Ichigo en attirant Tatsuki.
Il regarda les 4 autres personnes en face de lui et vit lentement Yoruichi disparaître sous ses yeux, comme un fantôme. Celle-ci se tourna vers Kisuke et sembla lui dire quelque chose mais il ne parvint pas à entendre quoi.
- Oui, je crois qu'il vient de comprendre, répondit Kisuke avant de se tourner vers Tatsuki. Arisawa-san, je vous prierai de vous écarter d'Ichigo et de ne plus l'approcher jusqu'à nouvel ordre.
Yoruichi avait maintenant complètement disparu pour Ichigo mais elle ne revint pas pour autant lorsque Tatsuki s'éloigna, ayant elle aussi compris en partie ce qui se passait.
- Je l'ai vu… murmura Ichigo, incrédule. J'ai vu Yoruichi hors de son gigai.
- Et la Zeta Ball aussi, Kurosaki-san, rajouta Urahara. Ce petit gadget n'a rien d'extraordinaire mais il a néanmoins comme particularité de n'être visible que par ceux disposant d'un certain niveau de reiatsu.
- Alors depuis tout ce temps… Depuis quand est-ce que…
- Pas longtemps, depuis 5 jours pour être exact, lorsque je t'ai montré les Zeta Ball pour la première fois. Pourtant, quelques minutes plus tard, lorsque tu es venu nous dire au revoir, tu n'as pas vu Yoruichi-san ni les autres capitaines. J'ai eu mes premiers doutes lorsque j'en entendu parler de tes cauchemars, même s'ils n'avaient rien à voir avec au final. Et si je ne l'ai pas mentionné, c'est à cause de notre conversation. Tu semblais avoir définitivement tiré un trait sur ton passé de Shinigami, Ichigo, et je ne souhaitais pas en rajouter, d'autant plus que je n'étais pas sûr alors à 100% que ton reiatsu revenait bien. Si tu me permets.
Urahara s'approcha de lui et posa sa main sur son ventre.
- Je vais te transmettre un peu de reiatsu, pour voir les réactions que cela aura.
Kisuke se concentra quelques instants et une lueur apparut dans sa paume. Ichigo sentit une sorte de chaleur l'envahir et, en relevant les yeux, il put revoir Yoruichi clairement, se tenant à côté de Soi Fon et de Tatsuki.
- Ta réaction suffit à confirmer ce que je pensais. Ton reiatsu est bien revenu en partie… reste à savoir si tes pouvoirs de Shinigami le sont également, mais ce sera pour plus tard. Pour le moment, concentrons-nous sur le cas d'Arisawa-san, fit Kisuke en se tournant vers la jeune femme.
D'un geste théâtral, il signala à Soi Fon de s'écarter des deux autres femmes et s'approcha tranquillement.
- Arisawa Tatsuki-san, vous êtes un véritable vampire !
- Hein ?
- Vous ne vous en rendiez même pas compte mais, en plus de générer votre propre reiatsu, vous vous êtes mise à "absorber" la moindre parcelle de reiatsu de Kurosaki-san, telle une éponge assoiffée, dès que vous étiez à portée de lui. Il n'est guère étonnant, en considérant cela, que vos propres réserves n'aient cessé d'augmenter d'une telle manière puisque nous savons tous quelle véritable "centrale" à reiatsu est Kurosaki-san. Hélas, les conséquences de ce fait sont aujourd'hui assez désastreuses. En l'absence d'un pouvoir bien spécifique qui vous aurait permis d'évacuer ce "trop plein" de reiatsu, vos réserves de reiatsu sont devenues telles que votre âme même ne parvient plus à supporter le "poids" de vos pouvoirs.
- Ho.
- Revenons deux ans et demi en arrière, fit soudainement Kisuke. Votre amie de longue date, Orihime Inoue, est menacée par un Hollow qui se révèle être son frère décédé. Celui-ci vous attaque et vous blesse, mais les blessures d'un Hollow n'ont rien à voir avec les blessures du monde réel, votre âme elle-même subit cette blessure. Environ 1 mois après cela, Karakura Town subit une lourde attaque de Hollows, l'un deux cibla Orihime et vous-même, Arisawa-san. Ce jour-là, vous avez été très gravement blessé mais Orihime découvrit ses pouvoirs durant ce combat et, en utilisant pour la première fois le Sōten Kisshun, soigna vos blessures. En revanche, une fois encore, votre âme subit les attaques d'un Hollow et vous commenciez déjà à les distinguer. A chacune de ces rencontres, votre âme blessée s'est, de la même manière que vos muscles au cours d'un entrainement, endurcie, améliorée, adaptée aux circonstances. Cela, vous le saviez implicitement, sans que personne ne vous le dise. Ce que vous ne saviez pas, c'est que le jour de cette grande attaque de Hollows, nous sommes intervenus pour protéger les cibles potentielles des Hollows, cibles dont vous faisiez partie à l'époque. En fait, après cet épisode, vous êtes même devenus à votre insu une cible particulièrement alléchante, dotée d'un certain reiatsu mais sans le moindre pouvoir pour vous protéger par vous-même. Vous n'étiez pas la seule dans ce cas, il y avait aussi trois autres de vos amis.
- Mizuiro, Keigo et Chizuru…
- Exactement. Et c'est là que nous sommes intervenus, fit Urahara en devenant plus sérieux encore. Vous quatre qui ne possédiez pas de pouvoirs particuliers avez reçu un sceau de ma part, afin de limiter les dégagements de vos reiatsus. Le but principal était de bloquer votre énergie spirituelle de sorte que les Hollows ne vous repèrent pas, en l'absence de vos amis pour vous protéger. Bien évidemment, ce sceau n'est pas assez puissant pour vous dissimuler aux yeux d'une recherche intensive ou spécifique, et c'est pourquoi vos amis étaient toujours en mesure de vous repérer avec facilité. L'un des effets secondaires, toutefois, est que votre reiatsu se retrouve comme contenu dans une partie du sceau, faisant qu'il devient difficile de sentir sa puissance exacte. Il est là, on le sens, mais on ne parvient pas à le mesurer… sauf si on retire ou désactive le sceau, ce que j'ai fait il y a quelques minutes. A ce moment-là, votre âme a pu sentir la vraie puissance de votre propre reiatsu contenu. Et aujourd'hui cette trop grande puissance est aujourd'hui le nœud même du problème.
Kisuke se tourna vers Ichigo et pointa sa canne vers lui, mais garda son regard vers Tatsuki.
- Kurosaki-san ici présent souffre depuis quelque temps d'un syndrome de stress post-traumatique, lié sans le moindre doute à son ancienne vie de Shinigami. Mais contrairement à ce que vous pensez, il n'est pas le seul à en souffrir mentalement. Vous-même, Arisawa-san, êtes en train de souffrir de ce même syndrome… mais pour des raisons différentes, et donc avec des effets différents.
- Comment ça ? demanda Ichigo, de plus en plus perplexe, Tatsuki étant trop surprise et incrédule sur le coup pour poser la question.
- En fait, c'est assez évident, fit Kisuke. Arisawa-san et vous, Kurosaki-san, êtes ensembles, n'est-ce pas ? Pas encore fiancés ou quoi que ce soit dans ce genre, mais vous éprouvez des sentiments forts l'un envers l'autre. Et je suis prêt à parier, à la vue de votre longue histoire commune, que ces sentiments ne sont pas récents. L'attirance que vous éprouvez l'un envers l'autre est bien plus ancienne que la date à laquelle vous avez finalement décidé de déclarer enfin que vous êtes ensembles, non ?
- Mais ça n'a aucun rapport !
- Mais bien sur que si, Kurosaki-san, démentit-il du tac-au-tac avant de braquer sa canne vers Tatsuki. Arisawa-san ne veut pas être séparée de vous, et à ses yeux, au plus profond d'elle-même, quelles que soient les belles paroles et les promesses que vous vous êtes faites, acquérir des pouvoirs allaient vous séparer inéluctablement à ses yeux, de la même manière dont vous avez été séparés lorsque vous êtes devenu Shinigami il y a deux ans et demi !
Le fait que Kisuke révèle haut et fort les craintes de Tatsuki sembla briser la jeune femme qui se laissa tomber à genoux, comprenant qu'il s'agissait de la stricte vérité. Et Ichigo comprit à sa réaction ce qu'il en était. Ce qui s'était passé il y a deux ans avec lui allait se reproduire avec elle cette fois, voilà qu'elle était la crainte profonde de son amie.
- Et par conséquence, quels que soient les efforts qu'elle fera dans cet entrainement, jamais elle ne parviendra à réveiller le moindre pouvoir spirituel dans ces conditions… En fait, pour être exact, il est déjà bien trop tard. Même si Arisawa-san se découvrait aujourd'hui un pouvoir, sa première manifestation – incontrôlée, comme toutes les premières fois pour n'importe qui – relâcherait tellement de reiatsu que cela aurait pour effet d'une véritable bombe.
Lentement, Kisuke se détourna complètement d'Ichigo pour faire face à Tatsuki et d'un signe du menton vers Yoruichi, lui ordonna de la relever. La jeune femme lui adressa un regard perdu et défait, mais d'où pointait aussi un mélange de crainte et de curiosité.
- La peur, la colère, l'amour, l'amitié, la haine, la vengeance, la crainte, l'envie, la passion, l'appréhension… tous ces sentiments se mélangent en vous actuellement, Arisawa-san… Et votre propre reiatsu se gorgeant de celui de Kurosaki-san est devenu à la fois trop instable pour être maîtrisé et trop grand pour être contenu par des moyens ordinaires. Comprenez-vous ce que je veux vous dire, Arisawa-san ? demanda-t-il d'une voix redevenue douce et triste à la fois.
- Une âme se faisant détruire par sa propre puissance… je suis donc vraiment en train de… de…
- De mourir, oui. Votre cas n'est pas le premier que je rencontre. J'ai déjà vu des humains mourir à cause d'un trop plein de reiatsu. L'un des plus célèbres exemples est un phénomène rare appelé l'auto-combustion, le reiatsu devient tellement puissant qu'il "s'enflamme", détruisant le corps et l'âme en même temps. Jinta-kun et Ururu-chan étaient dans le même cas que vous, mais en bien plus jeune et j'avais diagnostiqué leur problème bien en avance, ce qui m'a permis de les "entrainer" avant que leur propre reiatsu ne les détruise pas. Mais dans votre cas, à la vue de votre croissance spirituelle, je ne vous donne pas un mois de plus. Le sceau est lui-même déjà presque à sa limite. Kurosaki-san a une part de responsabilité dans ce qui vous arrive, car il semblerait que le réveil de son propre reiatsu soit la cause directe de la soudaine hausse du vôtre, mais tôt ou tard ce qui vous arrive aujourd'hui vous serait arrivé. Si nous n'agissons pas, vous allez mourir et devenir une Hollow.
- Et attaquer mes amis, mes proches, Ichigo même, simplement pour me nourrir de son âme ? Jamais ! rugit la jeune femme en avançant d'un pas. Plutôt mourir ici et maintenant que de laisser une monstruosité pareille se produire !
Kisuke eut un sourire en baissant la tête, renfonçant son chapeau sur sa tête et dissimulant son regard.
- Allons, allons, Arisawa-san, si vous pensez que je vais vous laissez mourir bêtement simplement pour vous éviter de devenir un monstre, alors vous me connaissez bien mal. Avant d'envisager le pire, sachez qu'il reste une solution à votre problème.
- Vraiment ? Alors dites-moi ce que je dois faire ! Tant que je peux continuer à vivre et rester avec Ichigo, quelle que soit cette solution, je l'accepte !
- Hélas, Arisawa-san, cette solution est sans retour et en ce qui concerne le fait de continuer à vivre… J'en suis désolé mais cette solution implique que vous allez forcément mourir.
Et avant qu'elle ou quelqu'un d'autre puisse dire quoi que ce soit, Urahara se précipité en avant en frappa Tatsuki en plein front avec l'extrémité de sa canne. L'instant d'après, l'âme de Tatsuki se retrouva les quatre fers en l'air sur le sol, son corps inerte entre les bras de Yoruichi, et une longue chaîne étrange les reliant l'un à l'autre. Elle se redressa prestement pour faire face à Kisuke qui se dressait maintenant devant elle, sa canne posé sur son épaule, son éternel chapeau toujours visé sur sa tête.
- Mais qu'est-ce que…
- Bienvenue, Arisawa-san… dans le monde des esprits. Pour que votre âme survive à votre condition actuelle, votre seule et unique solution désormais est de réveiller le Shinigami qui sommeille en vous.
Bing ! L'instant d'après, Urahara se tenait le visage douloureux, courtoisie du coup de pied rageur d'Ichigo.
- 'spèce de malade dégénéré, ça te plaît à ce point-là de nous faire mariner dans cette ambiance fataliste ? Comme si la fin du monde allait lui tomber sur les épaules ?
Il allait continuer à le frapper mais Yoruichi referma sa main sur son poignet et l'envoya voler en arrière.
- Je reconnais que ce clown aime bien faire monter la tension mais dans le cas présent, Ichigo, il n'a pas tout à fait tort, fit elle en lui faisant face. Au cas où tu l'aurais oublié, devenir un Shinigami n'est pas aussi simple que de le dire, et même une personne prête à le faire et subissant notre entrainement ne le deviendra pas forcément. En fait, il y a plus de chance pour elle actuellement qu'elle n'y parvienne pas et qu'elle se transformera donc en Hollow. Aurais-tu oublié en quoi consiste notre entrainement ?
Ichigo se releva et fut assailli par ses souvenirs. Le "duel" contre Ururu, le puits sans fond à remonter et enfin les combats contre l'ancien capitaine.
- Allons, allons, Yoruichi-chan, ce n'est pas vraiment la même situation. Contrairement à Kurosaki-kun, nous ne sommes pas pressés par un délais extrêmement court, nous avons beaucoup plus de temps à notre disposition pour aider Arisawa-san à découvrir ses pouvoirs de Shinigami, commenta Kisuke en ressortant son fan, son expression étant redevenu jovial malgré le sang qui coulait de son nez.
Ce fut à ce moment-là que Jinta et Ururu revinrent, amenant comme demandé les amis d'Ichigo et de Tatsuki.
- Ho, timing excellent. Yoruichi-chan, je te laisse avec Kurosaki-san et ses amis pour leur expliquer la situation. Ururu-chan, viens par ici, je vais avoir besoin de toi.
