Chapitre 7
La descente lui parut interminable pour le jeune garçon. Heureusement que Sebastian lui tenait la main, d'ailleurs, par moment, Ciel crut sentir que son vis-à-vis resserrer sa prise. Il n'avait rien dit, trop occupé à poser un pied devant l'autre sans tomber comme un vulgaire sac à patates. Et puis, il devait l'avouer, ressentir la chaleur de son majordome était agréable dans cette antre froide et peu rassurante.
En fin de compte, ils avaient débouché sur une pièce éclairée par quelques lampes à pétrole. La galerie continuait tout droit avant de disparaître dans un tournant. Les murs étaient réalisés dans du torchis et des renforcements en poteaux de cèdre. Sur certains, on pouvait apercevoir des gravures incompréhensibles aux formes très rudimentaires, voir géométriques. Il y avait une désagréable odeur de renfermé et d'humidité.
Ciel baissa sa main, sentant encore de la chaleur. Sebastian et lui se tenaient encore la main. Comme honteux, Ciel se dégagea, provoquant ainsi le démon qui le dévisagea de ses yeux rouges. Ignorant, le jeune garçon commença à avancer.
_ C'est un véritable labyrinthe, on ne va jamais se repérer là-dedans.
_ J'ai le sens de l'orientation, rassura Sebastian. Je devrai être capable de retrouver le chemin et de sentir nos odeurs.
Ciel eut un regard en coin. Puis, il sourit de manière moqueuse.
_ Oh. Et bien, nous sommes sauvés avec ta capacité d'orientation.
_ Si le majordome de la famille Phantomhive ne pouvait pas même pas se repérer dans une galerie, que ferions-nous ?
_ Mais bien sur, gratifia le jeune garçon ironique. Que ferions-nous ? Je vous le demande !
Sebastian sourit à son tour et il se baissa sur son contractant, semblant presque… aguicheur.
_ Je peux aussi vous montrer d'autres choses digne d'un majordome de la famille Phantomhive, susurra-t-il à l'oreille.
Ciel rougit violemment et se tourna en le giflant. L'écho se répercuta dans le couloir de la galerie et Sebastian afficha une tête surprise. Le jeune noble pointa son doigt sur lui.
_ Tu me manques de respect ces derniers temps ! Tempêta Ciel en essayant de ne pas hurler. Reste à ta place et sers-moi convenablement.
Les yeux rouges envoyèrent des éclairs, puis, un sourire carnassier se dessina sur les fines lèvres du domestique. Il pencha légèrement en avant.
_ Pardonnez-moi, My Lord.
Il appuya sur ces derniers mots en fixant Ciel qui ne se laissa pas décontenancé. Il le regarda de toute sa hauteur et inspira.
_ Allons-y maintenant.
Il se retourna et commença à marcher, suivi de Sebastian. Un silence pesant s'installa. Aucuns des deux n'osaient parler ou plutôt, le majordome se tut en attendant la colère de son maître passer. Du point de vue de Ciel, il n'avait pas envie de lui adresser la parole et il était aux aguets de chaque bruit dans ses tunnels obscures. Son œil saphir se baladait sur les murs où des ombres difformes se formaient avec les lueurs des lampes à pétrole.
Après avoir dépassé le tournant de plusieurs mètres, ils se trouvèrent dans plusieurs embouchures. La galerie se divisait en quatre, allant dans différentes directions. Ciel croisa le regard de Sebastian.
_ On prend lequel ? Demanda le jeune garçon.
_ Tous les chemins mènent à Rome, cita Sebastian. Observons juste lequel est le plus emprunté.
Ciel fixa le sol et il constata en effet que des traces de pas boueuses prenaient le tunnel en face de lui, c'est-à-dire à l'extrême droite. Il hocha les épaules et commença à prendre ce dernier. Sebastian le suivait en silence, fixant la galerie.
Ils continuèrent ainsi à marcher, puis, Ciel aperçut plusieurs portes en bois, dont une à demie-ouverte. Une désagréable odeur de putréfaction en sortait et il n'y avait aucune lumière.
_ Sebastian.
Le domestique avança et il jeta un œil. Un rictus se forma et il se tourna vers son contractant.
_ Nous ferions mieux de continuer ou de faire marche arrière.
Ciel lui posa un regard interrogatif mais son vis-à-vis refusait de dire quoique ce soit.
_ Qu'y a-t-il là dedans ?
Les yeux vermeils plongèrent dans le bleu roi, le visage de Sebastian se fit froid et grave.
_ Un mouroir.
_ Je veux voir.
_ Il n'y a pas de lumière de toute façon.
_ Et bien arrache l'une de ses lampes et éclaire-moi ça ! S'énerva Ciel.
Le démon obéit et il ouvrit un peu plus la porte. La lumière illumina une pièce assez grande devant l'œil de Ciel. Ce dernier devint pâle et il recula légèrement, sentant la tête lui tourner.
