Chapitre 9
Sebastian haussa un sourcil.
_ Est-ce que quelque chose ne va pas, jeune maître ? Le gâteau n'est-il pas à votre goût ?
_ Si, si. Il est très bon. Mais, je pense à ce qu'on a vu tout à l'heure. Il faudra y retourner.
_ Bien sur qu'il faudra y retourner, mais pas de suite. Vous devez vous reposer avant. Je vous avais dit que le voyage et le temps humide allaient porter préjudice à votre santé. Avec nos découvertes, votre corps n'a pas pu résister.
_ Et c'est bien embêtant ! Tempêta Ciel, honteux d'être aussi frêle.
Sebastian se mit à genoux, se mettant presque à la hauteur de son contractant. Leurs yeux se rencontrèrent, causant une légère teinte rosée sur les joues du jeune garçon.
_ Bocchan, commença le majordome. C'est tout à votre honneur de vouloir combattre et de rester fort, néanmoins, vous avez un corps d'un enfant de 13 ans. Et vous ne pouvez pas le nier même si cela affecte votre fierté. Si nous voulons mener à bien cette enquête et votre vengeance, reposez-vous. Ils ne vont pas s'envoler.
Ciel soupira de nouveau et tourna la tête, fixant sa pâtisserie.
_ C'est entendu.
Un silence. Sebastian continuait de le fixer.
_ J'en suis ravi.
Sur ce, le majordome se leva et sortit de la chambre de son maître, le laissant en tête à tête avec son fondant au chocolat.
Le soir arriva.
Afin de distraire le reste de la journée, Sebastian proposa à son jeune maître de visiter les rues de Bristol. N'ayant au début aucune envie, Ciel se laissa entraîner sous la demande persistante de son démon. Il pensait que Sebastian voulait lui faire changer les idées et qu'il repose à la fois son corps et son esprit avant de se remettre au travail.
Ils avaient donc longé les rues de la ville de Midlands de l'Ouest, visitant quelques édifices et admirant le paysage portuaire.
Toutefois, Ciel ne fut pas dupe des gestes trop prévenants de Sebastian. Cela faisait bien un moment qu'il réagissait étrangement. Il était trop… protecteur, voir aimant. Cela déplaisait au jeune Comte. Pourtant, il se laissait de temps à autre entraîné, sans pour autant accepté tout. Ce qui valut dans la journée des phrases acerbes et des gifles se claquer sur le joli minois du domestique démoniaque qui ne cessait de sourire.
Maintenant, il était au lit, fixant le plafond. Il n'arrivait pas à trouver le sommeil, il revoyait sans cesse cette pièce froide et humide où se tenaient tous ces malheureux. Après s'être retourné pour la dixième fois consécutive, Ciel se leva et il s'assit sur un fauteuil, installé en face de la fenêtre. En même temps, il se releva légèrement et chassa les pans du rideau, observant l'extérieur. Il ne discerna pas grand-chose. Les lumières ne montraient que des rues vides de monde. Au loin, il captait les ombres des bateaux, mais sans plus. De temps à autre, il crut voir le phare qui se plaçait à l'horizon, propageant sa lumière prévenante.
Après plusieurs minutes, Ciel se leva et se recoucha. Il ferma les yeux, espérant dormir.
Sur le côté, en face de la porte.
Bon, sur le dos, face au plafond.
Non. Toujours pas. Aller, vers le mur de la fenêtre.
Non plus. Bon, cette fois-ci, sur le ventre.
Ah non ! Cette position est carrément horrible !
Soupirant pour la énième fois, le jeune noble se mit sur le dos et fixa le plafond. Un peu... Beaucoup... Un moment en fait.
Ciel se releva et alla dans la salle de séjour, abdiquant à trouver le sommeil. Il ouvrit doucement la porte. A sa grande surprise, Sebastian n'était pas là.
Il ne serait tout de même pas dans sa chambre ? Je croyais qu'il ne dormait pas.
Le jeune Comte se dirigea vers la chambre de son domestique et l'actionna, sans prendre la peine de frapper. Il passa la tête par l'entrebâillement. Il aperçut son majordome allongée sur le lit, en train de tenir un livre. Ses yeux vermeils se posèrent sur le jeune garçon.
_ Voulez-vous quelque chose ? Bocchan ? Vous auriez dû m'appeler au lieu de vous lever.
Ciel entra dans la chambre, laissant la porte ouverte.
_ Je n'ai pas sommeil.
Sebastian haussa un sourcil.
_ Voulez-vous venir ici ? Avec moi ?
Ciel lui envoya un regard noir.
_ Non ! Pourquoi je ferai ça ! Répondit-il bien vite.
Le démon sourit. Il ferma son livre et le posa sur la table de chevet.
_ Dans ce cas, je vais vous raccompagner à votre chambre.
Un silence.
Ciel le toisa froidement et il soupira. Sebastian ne bougeait pas d'un poil tandis que son contractant s'approcha de lui et grimpa sur le lit. Egoïste, il tira l'oreiller dessous son majordome pour se l'approprier. Il entendit le domestique ricaner doucement.
_ Quoi ?
_ Non, rien du tout. Essayez donc de dormir, Bocchan.
Ciel soupira d'aise. Il se sentait rassuré contre le démon. La journée avait été dure, exténuante et traumatisante. Il ne pensait pas que cela le limerait à ce point.
Sebastian caressa le visage de son contractant. Ciel ouvrit ses yeux à ce contact et il se tourna, se retrouvant face au démon. Ses yeux rouges brillaient dans l'obscurité. Le majordome continuait ses caresses, ignorant le regard interrogatif de ce dernier.
_ Sebastian ? Que se passe-t-il ?
Aucune réponse.
_ Tout me paraît étrange en ce moment.
_ Je sais, répondit enfin le diable.
Ciel sentit son souffle chaud. Il amena le jeune garçon contre son torse, l'obligeant ainsi à toucher sa peau. Ce dernier ne savait pas comment le prendre, il resta pétrifié quelques instants. Certes, il avait déjà dormi contre Sebastian mais jamais de son plein gré. C'était… étrange. Tous les derniers événements étaient inhabituels d'ailleurs.
Serait-ce à cause la mission ? Que tous les deux savaient que c'était bientôt la fin ?
Ciel leva ses yeux vairons vers le visage du démon, apercevant difficilement son visage. Seuls les lumières incandescentes et la faible lueur de la bougie l'informaient que le majordome le regardait. Puis, Sebastian se baissa, se trouvant à sa hauteur. Il sentait son souffle chaud contre ses joues, faisant voleter quelques mèches de cheveux. Il savait, il percevait que le visage de son vis-à-vis s'approcher doucement mais dangereusement du sien. Ciel ferma les yeux.
Douces.
Brûlantes.
Ciel voulut se retirer mais Sebastian l'en empêcha en appuyant ses mains derrière sa tête.
Le désir.
A suivre...
Bon... vous avez deviné hein ! Vous l'avez désiré ! Vous l'avez senti ! Et bien... un lemon arrive ! Vendredi soir ;p
