Soul Society, Seireitei, Seijôtôkyorin
Bien que confortablement installé, Ichigo ne parvenait pas à se détendre, une impression pesante de menace planait au dessus de sa tête, sans qu'il parvienne à en déterminer l'origine. Le thé que lui avait servi la femme de compagnie n'avait rien fait pour dissiper cela et la méditation non plus.
- Cette attente va-t-elle durer encore longtemps ? Demanda-t-il sur le ton le plus poli qu'il connaisse vers la servante.
- Ma foi, je ne saurai vous le dire, la Chambre Centrale des 46 convoque rarement des membres du Gotei 13. Mais je suis sûr qu'ils font au plus vite, Kurosaki-Fukutaichou, lui répondit-elle avec sincérité. Eux-mêmes n'aiment guère attendre.
Cela ne changea en rien sa situation mais il se força à rester calme et patient. Heureusement, il n'eut pas à attendre longtemps.
Quelqu'un frappa à la porte et la servante alla l'ouvrir. L'officier des Forces Spéciales chargées de la protection de la Chambre Centrale des 46 fit alors sa réapparition, accompagné d'un seul autre homme et lui annonça que la Chambre était prête à le recevoir.
Quelques minutes plus tard, après avoir de nouveau traversé quelques couloirs, Ichigo déboucha au centre d'une pièce octogonale, bâtie comme une sorte d'arène ou de tribunal. Chaque membre de la Chambre Centrale des 46 était présent, tous dissimulés derrière de larges auvents de tissus, donnant à leur présence une aura d'autorité et de noblesse un peu archaïque à ses yeux. L'officier lui fit signe d'avancer vers le centre de la pièce et Ichigo obtempéra, ne sachant pas trop à quoi s'attendre désormais, un peu décontenancé par la situation.
- Kurosaki Ichigo, lieutenant de la 2nde Division du Gotei 13, commença un homme assez âgé d'après sa voix.
- Heu, oui, c'est moi, confirma-t-il après un bref silence.
- Soyez le bienvenu dans cette humble Chambre, Kurosaki-dono, reprit-il. Au nom de celle-ci et de toute la Soul Society, je tiens tout d'abord à vous présenter mes plus sincères remerciements, bien que tardifs, pour l'aide que vous nous avez apporté dans la lutte et la capture du traître Aizen Sousuke.
Il y eut alors de nombreuses autres voix qui s'élevèrent à leur tour pour le remercier et Ichigo se sentit un peu gêné devant autant de gratitude.
- Je vous en prie, j'ai juste fait ce qu'il me semblait juste de faire.
- Ces paroles d'humilité vous honorent d'autant plus, Kurosaki-dono. Mais nous ne vous avons pas convoqué juste pour vous présenter nos remerciements.
- Vos exploits et vos faits d'armes ne sont pas passés inaperçus des bonnes personnes, Kurosaki-dono.
- Un immense honneur va vous être fait. C'est un privilège auquel bien peu de Shinigami ont accéder.
- La Division 0, Kurosaki-dono, la Garde Royale souhaite que vous fassiez partie de leurs rangs. C'est la plus haute promotion possible au Gotei 13…
- Cela ne m'intéresse pas, coupa Ichigo en secouant la tête, faisant s'abattre un lourd silence dans la salle. Je suis sincèrement désolé mais je ne souhaite pas quitter mon poste actuel, pas plus que de quitter le Gotei 13. Ma famille vit ici désormais, mes sœurs, mes amis, mes compagnons d'arme… Je n'abandonnerai pas tout ça juste pour une promotion.
- Kurosaki-dono, jamais personne n'a refusé à ce jour une telle promotion. La Garde Royale est la première ligne de défense de nos vertus, de nos traditions, de notre existence même et de nos résolutions les plus profondes.
- Toutes ces raisons sont bonnes mais le fait d'appartenir ou non à cette Division ne me fera pas devenir plus fort, meilleur, plus respectueux ou plus engagé dans mes propres convictions.
- Mais vous possédez déjà des pouvoirs Vaizards ! En terme de pouvoirs, vous êtes déjà l'un d'entre eux !
- Je suis ce que je suis, un Shinigami avec des pouvoirs de Hollows, certainement. Un Vaizard, peut-être. Mais un membre de la Division 0, certainement pas. Et je ne désire pas en devenir un. Je suis le lieutenant de la 2nde Division. Et d'après ce que j'en sais, je suis même en fait encore loin d'être l'équivalent de mon prédécesseur. Je ne remplis même pas la moitié des tâches qu'il faisait, je ne connais même pas un quart des hommes sous mes ordres, je ne suis lieutenant que depuis 4 mois ! Je suis peut-être plus puissant qu'il ne l'a jamais été mais je suis encore à des lieux de son efficacité en terme d'organisation et de tactique.
- L'hommage que vous faites à feu Oomaeda Marechiyo est louable, Kurosaki-dono, et vos arguments sont clairs et nous les avons tous bien compris… Mais cela ne change rien au fait que la Garde Royale vous a recruté, vous devez répondre favorablement à cette promotion.
- Et je la refuse une nouvelle fois.
Une volée de palabres s'éleva parmi les 46 membres de la Chambre, tous pris de cours devant son refus. Plusieurs crièrent au scandale, d'autres appelaient au calme, certains considéraient qu'il fallait mettre cette affaire en suspens pour lui laisser le temps de réfléchir et, éventuellement, revenir sur sa position et quelques-uns restèrent silencieux.
- Vous voyez ? Je vous avais dit qu'il refuserait, fit une voix derrière lui juste après qu'il eut senti 4 puissants reiatsus se matérialiser dans son dos.
Il se retourna brusquement et son regard tomba alors sur une vieille connaissance. Vêtue d'un uniforme bizarre qu'il ne reconnut pas et d'une ample toge blanche, Yadomaru Lisa remonta ses lunettes sur son nez, son habituelle expression hautaine inscrite sur son visage.
- C'est ça, le mortel qui a arrêté Aizen ? Pathétique, même pas un reiatsu de grade 3, fit un homme à la coiffure gominée juste à sa droite, habillé de la même manière qu'elle, et comme les deux autres également.
- Aucune importance, là où la manière douce échoue, il reste la manière forte. Isole-nous, Octo, ordonna un géant qui se trouvait le plus à droite de Lisa en regardant celui qui venait de parler avec un petit sourire, apparemment content de la situation.
- Allons, allons, ne soyez pas si pressé, Mitsumada-Gunshirei, fit l'homme à gauche de la Vaizard. Je comprends votre enthousiasme mais je suis sûr que nous pourrions parvenir à un arrangement à l'amiable avec ce jeune homme sans avoir à recourir à vos gros muscles.
- Reste en dehors de ça, Khonz. Mes ordres sont clairs. Octo !
- De suite, Général, de suite.
Alors que certains membres de la chambre s'étaient élevés devant leur arrivée et demandaient fortes explications, le dénommé Octo posa sa main gauche sur la garde de son épée et le tira lentement d'une dizaine de centimètre seulement de son fourreau.
- Eclaire-nous de ta sagesse, Shinrigaken.
Ichigo sentit une sorte de vague de reiatsu le traverser et il recula d'un pas en posant la main sur son sabre dans son dos, craignant une attaque, mais rien ne se produisit. Puis il se rendit compte que rien ne se produisait, justement : la pièce alors si bruyante par les voix des membres de la Chambre était devenue incroyablement silencieuse. Un seul regard autour de lui confirma qu'ils étaient toujours tous là et vivants mais il ne les entendaient plus.
- Maintenant, on pourrait faire un barbecue en plein milieu sous leurs yeux qu'ils ne nous verraient ni ne nous entendraient, pas plus que nous ne les entendrions. Et cerise sur le gâteau, ils ne se souviendront de rien que ce que je veux qu'ils se souviennent, commenta le dénommé Octo en rengainant totalement son arme et Ichigo rabaissa son bras.
Regardant à droite et à gauche, il comprit que tous étaient sous un état d'hypnose et reporta son attention sur les 4 nouveaux arrivants.
- Vous êtes qui, vous ? Enfin pas vous, Yadomaru-san, vous, je vous reconnais.
- Tu ne le devines pas ? Nous appartenons tous à la Garde Royale, Kurosaki, lui répondit-elle.
- La Garde Royale… Et quand tu dis tous, tu veux dire…
- Oui, tous.
Elle avança d'un pas en regardant derrière elle mais ses 3 compagnons semblaient apprécier le spectacle et acceptèrent de lui laisser la parole pour le moment.
- Après la guerre contre Aizen, nous n'avions plus nulle part où aller. Qui plus est, aucun de nous n'avait la moindre envie de retourner au Seireitei. Mais moins d'une semaine après la bataille, Athéna-sama est venue en personne pour nous proposer une place à l'Olympe. Elle nous a offert un nouveau foyer, un nouveau travail et un avenir, à nous qui n'en avions plus.
Elle avança d'un pas de plus, regardant Ichigo droit dans les yeux.
- Ta place n'est pas ici, Kurosaki. Tu es un Vaizard. Rejoins-nous à l'Olympe.
- Et ma famille alors ? Et mon père ? Demanda Ichigo, réalisant soudainement qu'il n'avait reçu aucune nouvelle "sérieuse" de sa part depuis longtemps et qu'il aurait dû le prévenir d'une manière ou d'une autre.
Yoruichi a dû me cacher certaines choses, pensa-t-il mais il n'éprouva aucune rancœur à son égard. Me connaissant, probablement pour mon propre bien…
- Des arrangements peuvent être faits pour ta famille, Ichigo. Crois-tu que nous sommes des monstres, forçant chaque personne que la Garde recrute à tirer un trait sur leur passé et leurs liens de sang ? Certains en ont décidé ainsi certes, mais ce fut de leur plein gré.
- Ecoutez-là, Kurosaki-san, fit le dénommé Khonz. Athéna-sama souhaite vous accueillir tous à bras ouverts. Elle éprouve un réel intérêt à vous rencontrer en personne, Aizen n'était pas vraiment dans ses petits papiers, voyez-vous.
- Si elle souhaite tellement me rencontrer, qu'elle vienne donc. Pour le peu que j'ai entendu d'elle, cela ne me donne guère l'envie d'en faire de même.
A sa remarque, il vit Lisa lever les yeux au ciel et une main pour cacher son visage, comme si Ichigo venait de commettre une erreur. Et il ne tarda pas à comprendre qu'il venait effectivement d'en commettre une.
- Je voulais faire les choses plus souplement mais il semblerait que vous ayez du mal à comprendre la situation, Kurosaki-san, siffla Khonz avec une sourde colère dans sa voix et faisant signe à Lisa de reculer. Athéna-sama, dans son immense bonté, a daigné nous envoyer, Yadomaru-san et moi-même, pour vous accueillir dans la Garde afin que vous ne subissiez pas le… "recrutement forcé" de Mitsumada-Gunshirei. Au cas où vous l'ignoriez, vous n'êtes pas particulièrement bien vu dans sa "famille". Mais si vous préférez à ce point la manière forte, je vous laisse discuter avec lui.
- C'est pas trop tôt, lâcha le géant en posant son énorme main sur la garde de son arme. Je vais faire les choses beaucoup plus simplement, gamin. Tu vas nous suivre, de gré ou de force, mais si tu résistes… Disons que je me moque de quelle manière tu arriveras à l'Olympe, que ce soit dans un sac mortuaire ou en te traînant à 4 pattes. Vu que de toute manière ta carrière se terminera tôt ou tard avec ta tête en guise de trophée sur le haut de ma cheminée.
- Général, n'oubliez pas les ordres d'Héra et d'Athéna…
- Oui, oui, fit le colosse en haussant légèrement les épaules, signe qu'il n'allait vraiment pas prendre en considération ces ordres en questions, quels qu'ils soient.
Ichigo reporta à son tour sa main sur la poignée de Zangetsu et se prépara à la tirer lorsqu'un titanesque reiatsu s'abattit sur la chambre, faisant voler en éclat l'hypnose instaurée par le dénommé Octo.
- Mais qu'est-ce que… ? S'écria-t-il en cherchant d'où pouvait provenir ce reiatsu.
Tout autour de la Chambre, les membres se firent de nouveau entendre, demandant moult explications mais qui se turent soudainement lorsqu'ils ressentirent tous l'énorme reiatsu qui s'approchait. L'air tremblait presque et semblait s'échauffer comme s'il allait s'enflammer lorsque le propriétaire de ce reiatsu s'avança vers le centre de la salle, émergeant de l'un des couloirs secondaires et suivi de près par l'un de ses subordonnés.
- Veuillez excuser cette intrusion forcée de notre part, Vénérable Chambre Centrale des 46, mais nous avons une situation qui requière la totalité des forces sous mes ordres… et cela inclut Kurosaki-Fukutaichou, tonna la voix de Yamamoto Genryûsai Shigekuni en s'arrêtant à côté d'Ichigo et frappant le sol de l'extrémité de sa canne.
Silencieusement, Kuchiki Byakuya vint se poster de l'autre côté d'Ichigo sans dire le moindre mot, gardant les yeux fermés mais tous ses autres sens en éveil.
Incrédule devant cette apparition inattendue, le géant écarquilla les yeux de surprise et lâcha la garde de son arme. Toutefois il se reprit bien vite et toisa le commandant de toute sa hauteur. Yamamoto n'était pas d'une petite carrure mais Mitsumada le dominait néanmoins d'une bonne tête.
- Votre présence n'est pas la bienvenue, Yamamoto-Soutaichou, gronda-t-il en élevant à son tour son reiatsu jusqu'à un niveau égal à celui de son nouvel interlocuteur.
- Comme je l'ai dit en arrivant, la situation m'impose de réclamer toute l'aide disponible… la vôtre également serait la bienvenue, Mitsumada-Gunshirei.
- C'est une blague ? Rugit-il en réponse. Je n'ai rien à voir avec le Seireitei et vos petits jeux de guéguerre avec les Hollows !
- Ho ? Vous connaissez donc la situation extérieure ? Ici, en plein cœur du Seijôtôkyorin ?
- Mitsumada-Gunshirei, fit Khonz d'une voix atone. Nous n'avons pas le temps de discuter avec…
- Comme si repousser une armée de Hollows de bas étage – pas mieux que des insectes – étaient de notre ressort. Khonz, ce vieillard est techniquement sous le commandement d'Athéna d'après la chaîne, donc c'est un de tes subordonnés. Dis-lui de se barrer d'ici avant que je lui apprenne à faire son job.
- Apparemment, vous n'avez rien à lui apprendre, Vaizard, intervint alors Byakuya en ouvrant les yeux mais pour les braquer vers Khonz et non vers celui à qui il s'adressait. Effectivement, le Seireitei est actuellement en guerre ouverte contre une armée de Hollows à nos portes, mais Yamamoto-Soutaichou n'a pas mentionné la nature de cette situation. A l'heure actuelle, des Shinigamis sont en train de mourir sur le champs de bataille. Le simple fait que vous le sachiez alors que vous ne pouvez pas avoir senti leur arrivée est une preuve que vous saviez qu'ils allaient attaquer, avant même votre arrivée… Etre en connaissance d'une attaque ennemie et ne pas en avertir ses alliés… Il semblerait que nous ayons affaire à un traître, Soutaichou-dono.
- Votre jugement me semble correct, Kuchiki-Taichou. Qu'avez-vous à dire pour votre défense, Mitsumada-Gunshirei ?
Khonz lâcha un horrible juron tout bas et fusilla du regard l'autre général.
- Quoi ? Intervint alors Ichigo, un peu paniqué devant tant de surprises et de rebondissements. Le Seireitei est attaqué ? Là, maintenant ?
Tout autour d'eux, tous les membres de la Chambre Centrale des 46 s'étaient levés et demandaient en hurlant des explications, aussi bien aux membres présents de la Garde Royale qu'à Yamamoto. Bizarrement, Ichigo et Byakuya étaient épargnés par toutes ces vociférations.
Avant que les Vaizards ne puissent réagir et combattre le piège que Yamamoto et Byakuya venaient de leur tendre, ces derniers passèrent à la seconde phase de leur plan.
- Kuchiki-Taichou, Kurosaki-Fukutaichou, vous devez donner la priorité à la défense du Seireitei. Je vous ordonne de rejoindre le poste de commandement pour y prendre vos ordres de bataille. Maintenant !
- Hai, Soutaichou-dono, fit Byakuya en s'éclipsant d'un rapide Shunpo après avoir posé sa main sur l'épaule d'Ichigo, l'emmenant avec lui.
- HE ! S'écria Mitsumada en voyant s'échapper sa cible juste sous ses yeux. REVIENS ICI, KUROSAKI !
Mais avant qu'il ne puisse le suivre, Yamamoto se mit sur son chemin et fit claquer une nouvelle fois sa canne sur le sol en libérant à nouveau son reiatsu.
- Pas si vite, Mitsumada-Gunshirei, vous n'avez pas encore répondu à mes questions.
- NON MAIS TU SAIS OU TU PEUX TE LES CARRER TES –
Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, Yamamoto allait le frapper en plein ventre mais Octo se matérialisa soudainement à côté de son supérieur et bloqua le poing d'une seule main, ayant brutalement monté son propre reiatsu pour supporter la force de frappe du commandant. Un bref regard vers le bas lui suffit également pour constater que si Octo n'était pas intervenu, le géant aurait lui-même paré l'attaque car sa main était prête elle aussi.
- Octo… fit-il d'une voix incroyablement douce et calme, contrastant avec sa précédente attitude.
- Mes excuses, Général, je sais que vous aimez jouer la comédie et provoquer ainsi vos adversaires, mais Kurosaki est en train de nous échapper.
- Tu n'as pas tort, fit-il en se détournant. Je suppose que je n'ai pas le choix.
- Encore une fois, mes excuses.
- Ie, tu as très bien fait. Un général qui ne sait pas prendre en compte l'avis de ses subordonnés est un mauvais soldat doublé d'un crétin. Merci, Octo. En récompense, je te laisse te charger de ce vieillard. Khonz ! Toi et ta subordonné allez rester là à bailler aux corneilles encore longtemps ?
- Quoi ? Je ne faisais que t'attendre…
- Salaud, va. Allons-y, la chasse commence.
Utilisant immédiatement des Shunpos, les 3 Vaizards disparurent vers le couloirs, à la poursuite d'Ichigo et de Byakuya. Yamamoto voulut une nouvelle fois s'interposer mais ce fut le Vaizard qui le devança cette fois.
- Pas si vite, Soutaichou-dono, fit-il en posant sa main sur la garde de son épée. Puisque vous semblez si à cheval sur la loi et les règlements, à votre tour de répondre de vos crimes : attaque sur un officier supérieur en situation de crise, dans le but d'entraver sa mission.
Le vieux commandant gronda et allait une nouvelle fois tenter de forcer le passage lorsque son adversaire leva sa main libre vers une estrade. L'instant suivant, le sol de l'arène se mit à luire intensément et Yamamoto écarquilla les yeux de surprise. La seconde d'après, ils avaient disparu tous les deux et les membres de la Chambre Centrale des 46 n'eurent plus le moindre interlocuteur sous leurs yeux.
***.***
Soul Society, à l'Est du Seireitei
Lorsque Toshirou arriva sur le champ de bataille de Komamura, rapidement suivi par Matsumoto, il n'y avait plus la moindre trace de l'Arrancar qui l'avait vaincu. Plusieurs officiers accoururent vers eux, rassurés de voir arriver un capitaine pour prendre la relève. Il distribua quelques ordres et observa momentanément la situation mais malgré le retrait forcé de Komamura, les deux autres divisions tenaient bien le terrain et les Hollows se faisaient massacrer sans faire de grosses pertes, leur nombre commençant même à diminuer.
- Préparez-vous à d'éventuels renforts du côté de nos ennemis, signalait Matsumoto à deux officiers alors qu'il observait la situation progressée un peu en hauteur, sur une sorte de muret. De notre côté, nos hommes ne devraient plus tarder à arriver. Continuer à maintenir la pression et repousser les combats au-delà du 6ème District.
- A vos ordres.
- Hai, Matsumoto-Fukutaichou.
Ils s'éclipsèrent et Matsumoto sauta pour rejoindre son supérieur.
- La situation semble se tenir et tourne en notre faveur sur ce front, Taichou.
- Comme pour tous les autres…
Il se tut brusquement en sentant un puissant reiatsu apparaître dans son champ de perception et s'approcher tranquillement de leur position. Un reiatsu riche et dense, surchargé d'émotions et qui lui laissait un arrière goût de déjà vu, comme s'il l'avait déjà ressenti auparavant mais il ne parvenait pas à situer où et quand. Mais il ne tarda pas à avoir sa réponse lorsque la propriétaire de ce reiatsu apparut dans son champs de vision, marchant calmement vers lui au milieu des décombres, ses longues nattes fines flottant au vent derrière elle.
- Te voilà enfin, petit capitaine… Ha, non, petit n'est plus vraiment approprié maintenant, n'est-ce pas ? Fit Tia en s'arrêtant à une trentaine de mètres de lui gardant tranquillement ses bras le long de son corps, dans une posture décontractée.
- Toi ? Je te croyais morte, tuée par la main même d'Aizen lorsqu'il vous a trahi.
Il nota le changement dans son uniforme et son masque, maintenant en deux morceaux de part et d'autre de son visage… mais il releva aussi l'incroyable reiatsu qui se dégageait d'elle, bien plus imposant encore que celui qu'elle possédait il y a 2 ans.
- Tu n'es pas le seul à l'avoir cru, je te rassure, mais tu peux voir qu'il n'en est rien. J'ai attendu ce moment pendant longtemps, Hitsugaya Toshirou… L'heure de prendre enfin ma revanche sur toi, et de venger mes Fraccions que vous autres Shinigamis avez tué.
Rangiku fit immédiatement un bond sur la droite, s'écartant de son capitaine et dégainant son sabre dans la foulée car, tout en parlant, Tia n'était pas restée inactive et avait elle aussi déjà tiré son étrange lame hors de son fourreau.
- Je me doutais bien qu'un Arrancar allait venir à notre rencontre tôt ou tard, déclara Toshirou en empoignant son sabre à son tour. Et en parlant de revanche, il ne me semble pas que nous ayons fini notre combat il y a deux ans, donc il n'y a pas eu de vainqueur techniquement parlant.
- A d'autres, Shinigami, siffla-t-elle en désignant Rangiku de sa main libre. Ta lieutenante est toujours en vie, il me semble. Nos pertes ne sont pas comparables !
- Je pense surtout que le problème venait plutôt de la philosophie de nos deux groupes. Il n'y avait personne chez vous pour prendre soin des blessés ou pour couvrir vos arrières. Le monstre que tes Fraccions avaient créé m'aurait immanquablement tué si je n'avais pas été soigné par Kira, rappela Rangiku en levant son sabre vers elle.
- Qu'importe, répondit l'ancienne Espada en balayant l'argument d'un geste de la main. Inutile de gaspiller d'avantage ma salive, je ne suis pas venue ici pour palabrer avec vous. Mais rassurez-vous, toutefois, commenta-t-elle en élevant brutalement son reiatsu à un niveau tellement terrible que Rangiku peina à rester debout, je ne vous tuerai pas. J'ai besoin de vous vivants… pour le moment…
Puis, sans ajouter d'autre mot, elle se jeta à l'attaque, se focalisant sur Toshirou. Celui-ci sauta en avant, bien au-dessus d'elle et brandit son sabre au dessus de lui vers le ciel.
- Sôten ni zase, Hyôrinmaru !
Tout en libérant son Shikai, il projeta sur elle un énorme dragon de glace mais Tia ne s'arrêta pas pour autant. D'un bond, elle se propulsa vers lui dans les airs et son arme percuta le dragon avec violence, le faisant exploser comme une statue de verre. N'ayant même pas ralenti, elle se retrouva rapidement à son niveau et leurs sabres se heurtèrent avec force, chacun essayant de dominer l'autre.
- Hmmm… Tu es plus fort qu'il y a deux ans, commenta-t-elle. Mais cela n'a rien d'étonnant.
- Unare, Haineko, déclara Rangiku avant d'envoyer un filet de cendres vers elle, dans son dos.
Brusquement, Tia disparut de sa vue, ne laissant plus que Toshirou en face d'elle. Lui aussi prit par surprise par sa soudaine disparition, il se mit à regarder à droite et à gauche, la cherchant du regard tandis que Rangiku avortait son attaque et rappelait à elle les cendres qu'elle avait lancé. Et tout aussi brusquement, Tia se matérialisa alors juste à côté d'elle.
- C'est ça qui a forcé mes Fraccions à libérer leur Resureccións ? Commenta-t-elle avec dégout.
Rangiku n'eut pas le temps de finir de lever son bras que Tia avait fait un pas de plus en avant, en se penchant légèrement et en armant sa main libre. L'instant suivant, la Shinigami fut pliée en deux à cause du poing fermé de l'Arrancar, enfoncé dans son ventre. Le coup fut tellement lourd et puissant qu'elle en eut le souffle coupé et qu'elle fut soulevée de terre, le contenu de son estomac lui remontant à la gorge. Tombant à genoux, elle vomit tout ce qu'elle avait en elle et fut sauvée d'un coup de pied en pleine tête par l'intervention de Toshirou.
- Ha, non, maintenant que je m'en rappelle, il y en avait une autre… se remémora l'ancienne Espada en déviant le sabre du capitaine de la 10ème Division avec la même facilité qu'elle aurait repoussé un insecte puis en ripostant d'un puissant coup de pied dans le flanc qui le projeta sur le côté. Celle-ci n'avait pas fait grand-chose durant la guerre mais je me suis tout de même rappelée d'elle. Tu es un lieutenant, tu feras donc l'affaire… j'espère.
Elle brandit sa main gauche au dessus de Rangiku et invoqua l'une des Cajà Négacion qu'on lui avait confié pour l'Epreuve.
- Matsumoto ! Cria Toshirou en voyant le piège apparaître.
Mais Rangiku s'était déjà remise de l'attaque. Presque invisible, un filet de cendres passa en dessous d'elle et bondit vers Tia, frappant sa main ouverte, fusant entre ses doigts pour s'enrouler autour de son bras et remonter le long en direction de son visage. Bien évidemment, la Cajà Négacion disparut devant cette interruption et l'ancienne Espada pesta en chargeant son bras de reiatsu pour effectuer un Soplo qui repoussa les cendres. Profitant de cette diversion, la Shinigami poussa sur ses jambes et se projeta hors de portée, une main à son ventre toujours douloureux et l'autre encore fermement refermée sur la garde de son zanpakuto.
Regroupés à nouveau, Toshirou et Rangiku l'observèrent lever son bras gauche et contempler les dégâts de l'attaque surprise : son gant de cuir était partiellement détruit, mettant sa paume et ses doigts à nu et une partie de sa brassière était endommagée, les cendres ayant laissé des marques comme des gravures sur presque tout le long de l'armure.
- Humm, un peu mieux que ce que je pensais, commenta-t-elle simplement en braquant à nouveau son regard sur ses adversaires.
- Matsumoto, reste en retrait, ordonna Toshirou en avançant devant elle, son reiatsu commençant à rafraichir l'atmosphère autour de lui.
- Pas question, rétorqua-t-elle en levant son sabre qui se reformait en partie. Je n'ai pas encore dit mon dernier mot.
Mais à peine eut-elle fini sa phrase qu'une violente explosion tonna derrière eux, venant d'en direction du cœur même du Seireitei, et plus précisément de l'Académie.
***.***
Soul Society, au sud du Seireitei
- Hooo, Ken-chan a l'air particulièrement en forme aujourd'hui, commenta Yachiru en regardant Kenpachi en plein duel avec un Arrancar massif qui l'avait attaqué quelques minutes auparavant.
- A croire que tout le travail que nous avons fait sur lui n'a servi strictement à rien, morigéna Haruka à côté d'elle, tranquillement installée sur un mur en hauteur, observant la situation générale depuis son point de vue.
- C'est qu'une impression, affirma la lieutenante de la 11ème Division en haussant les épaules. Et puis, ça ne fait que 4 mois qu'on le presse comme un citron, tu n'espérais quand même pas obtenir un résultat avec cette tête de mule en si peu de temps, non ?
- Pas faux, approuva à contrecœur la capitaine de la 3ème Division.
- D'un autre côté, tu devrais vraiment te pencher sur ton problème de lieutenant, Haru-chan. On n'arrivera à rien de sérieux tant que tu seras obligée de nous quitter en pleine séance d'entrainement toutes les 10 minutes.
- Tu exagères un peu, là… grommela-t-elle en levant les yeux au ciel.
- Pas vraiment, non. Entre les problèmes d'organisation de ta Division depuis la mort de Kira et le vieux qui te pourrit la vie… Sérieux, dégotte-toi un lieutenant vite fait, même s'il ne fait pas l'affaire au premier abord, que tu lui largues une partie de ton boulot sur le dos. Regarde Soi Fon, tiens ! Ichi-nii n'y connaissait pas une bille en organisation et je trouve qu'il se débrouille pas trop mal ces derniers temps.
- Tu parles ! Elle le traite comme un subalterne 90% du temps, l'envoyant faire une tâche à gauche puis une autre à droite et prenant un malin et sadique plaisir à le regarder trimer comme un malade !
- Aucun intérêt ! Le but, c'est qu'elle se débarrasse d'une partie de ses tâches.
Haruka la regarda d'un regard légèrement désapprobateur.
- Un peu comme toi et Kenpachi sur vos trois subalternes ?
- Exactement !... Heu… se reprenant trop tard en comprenant son erreur et le piège qu'elle lui avait tendu.
- Sujet glissant, donc laisse tomber, Yachiru. Bien que je sache parfaitement que Madarame et Yumichika apprécie d'avoir un peu plus de responsabilité, je doute qu'il en soit de même pour votre mystérieux 4ème Siège… Quel est son nom d'ailleurs ?
Mais Yachiru avait tourné la tête sur le côté et sifflotait doucement, faisant semblant de l'ignorer.
Un incroyable mélange entre maturité et gaminerie, commenta la capitaine de la 3ème Division dans sa tête. Mais d'un autre côté, personne ne remet jamais en doute leur organisation. La 11ème Division n'a jamais eu le moindre problème de ce côté-là et fait même figure d'exemple au Gotei 13. C'est l'une des raisons d'ailleurs pour laquelle Yamamoto-sensei les laisse relativement tranquille malgré leurs autres défauts.
- Mais tu n'as pas tort sur un point, il faut vraiment que je me trouve un lieutenant. Le problème est que j'ai du mal à choisir parmi tous les choix possibles. Je cherche peut-être un peu trop la bête rare…
Yachiru haussa les épaules mais n'eut pas le temps de donner son avis car Ikkaku se matérialisa devant elles, une expression d'ennui inscrite sur son visage.
- Vraiment des minables, ces Hollows, pas un seul capable de tenir une seule petite minute… Et vu que le capitaine s'est monopolisé le seul Arrancar du coin…
- Tiens, où est Yumichika ? Demanda Yachiru.
- Il est resté en arrière, il veut continuer à superviser la fin des combats. Il ne reste plus qu'une petite poignée de poches de Hollows dans le secteur, tout sera fini ici dans une petite demi-heure, peut-être même moins.
- Hum. OK. Mais je n'aime pas le savoir seul. Avec ces Arrancars qui se baladent dans le coin…
- Pas faux. J'y retourne alors, juste histoire de lui tenir compagnie.
- Naaa, j'y vais. Discute un peu avec Haru-chan, et donne-lui quelques exemples de lieutenants potentiels, tiens. Elle en cherche désespérément un.
- Quoi ? Pourquoi… moi…
Mais Yachiru avait déjà disparu avant qu'il ne puisse terminer sa phrase.
- Y'a pas à dire, elle aime vraiment déléguer sur ses subordonnés, commenta Haruka en lui adressant un petit sourire sympathique.
- J'aurais mieux fait de ne pas revenir du tout, grommela-t-il.
Ils observèrent Kenpachi et l'Arrancar se battre, les deux adversaires semblaient avoir le même type de caractère et la même manière de se battre et faisait donc chacun durer le combat "pour prolonger le plaisir", et l'un comme l'autre retenait leurs coups et leur véritable puissance.
- Des lieutenants potentiels, hum ? Fit-il au bout de quelques minutes.
- Vous peut-être ?
- Na, je passe. C'est vrai que je maîtrise déjà mon Bankai mais je ferai un piètre job en tant que lieutenant. Moi et la paperasse, ça fait 36. Suivre Zaraki Kenpachi est mon motto. Vous pouvez rayer Yumichika aussi de votre liste… rien que pour le fait que le N°2 est un chiffre maudit à ses yeux, tout comme le N°4.
- D'après ce que j'en sais, vous avez toujours été ensemble.
- On est de vieux compagnons d'armes, c'est vrai. Et si je dois confier un jour ma vie à un mec, ce sera bien à lui que je penserai en premier… Mais n'allez surtout pas croire qu'il y a quoique ce soit d'autre entre nous, Taichou !
- Loin de moi cette idée, Madarame-san.
Il y eut ensuite un bref silence, uniquement troublé par les bruits du combat de Kenpachi, puis il reprit. Depuis la mission à Las Noches, Haruka avait souvent eu affaire avec Ikkaku, Yumichika, Kenpachi et Yachiru, à un tel point qu'elle avait vite compris que leur respect lui était acquis et qu'elle ne devait pas s'offusquer de leur manière de parler parfois un peu trop familière. D'un autre côté, tous, Yachiru y compris, étaient dans les faits bien plus âgés qu'elle et déjà des vétérans dans leur Division alors qu'elle mouillait encore ses couches, pour ainsi dire.
- Mais concernant votre problème, y'a bien deux ou trois Shinigamis que je connais qui pourrait faire l'affaire, reprit-il en se frottant la tête.
- Je suis toute ouïe.
- J'ai bien dit "qui pourrait faire l'affaire", pour le peu que j'en sache, ok ? N'allez pas prendre mes suggestions pour argent content.
- Je vous rassure, je mènerais ma propre petite enquête avant de recruter.
- Bien. Bon, pour commencer, y'a un mec à la 6ème Division, Rikichi ou un nom dans le genre. Demandez à Renji, Abarai Renji s'entend, il le connait bien. Ce gars a fait pas mal de progrès depuis les deux dernières années et il a rapidement monté les échelons, non pas parce qu'il aurait les dents longues mais par la force des choses, si vous voyez ce que je veux dire. C'est apparemment un bon gars d'après Renji donc je le mettrai en haut de votre liste si j'étais vous. En revanche, comme il court pas après les promotions, vous risquez pas de le voir se présenter à vous pour le poste, va falloir que vous alliez le chercher par vous-même.
- Je retiens. Je crois d'ailleurs avoir déjà entendu parler de lui par je ne sais plus qui.
- Niveau puissance, je sais pas s'il a déjà ce qu'il faut pour être lieutenant… mais tout le monde doit bien commencer quelque part, non ? Tout le monde n'est pas comme Ichigo, très loin de là, même… et encore heureux d'ailleurs.
- Pour le peu que j'en sache, on dit que Kurosaki-san aurait une puissance équivalente, voire supérieure, à Yamamoto-Soutaichou… Est-ce vrai ?
Madarame haussa les épaules.
- Tant qu'ils ne s'affronteront pas pour déterminer lequel est le plus fort, personne ne pourra le dire. Et il est certain qu'Ichigo est un cas à part. Mais ne nous écartons pas du sujet, Ichigo est déjà Lieutenant alors, à moins d'un transfert entre Division, vos chances de le recruter sont nulles.
- Damned.
- Il y a une fille, à la 9ème Division, qui a une sacrée côte ses derniers temps. Comparée à Rikichi, j'ai pas mal entendu parler d'elle depuis 4 ou 5 ans déjà. Bon reiatsu, une tête bien pleine – trop même d'après certaines mauvaises langues – et je pense pas que vous aurez trop de problème avec la paperasse avec elle. Par contre, si vous souhaitez la recruter, va falloir vous magner parce qu'Hisagi à des vues sur elle. Lui aussi cherche un lieutenant depuis pas mal de temps déjà.
- Pourquoi ne l'a-t-il pas déjà recruté alors ?
- Hé bien… Disons que… Attention, ce que je vais vous dire n'est qu'une rumeur mais il semblerait qu'Hisagi n'ait pas que des vues sur elle en tant que lieutenant… et donc… Enfin, vous comprenez, c'est un peu un truc de filles, je crois…
- Je pense que je vois où vous voulez en venir, Madarame-san.
- Sinon, en troisième position, y'a un Shinigami à la 10ème Division qu'Hitsugaya-Taichou a promu…
Mais il se tut soudainement car ses sens venait à l'instant de lui confirmer quelque chose qu'il ne croyait pas possible l'instant d'avant : les reiatsus de Yachiru et de Yumichika venaient brutalement de disparaître ! Il se leva d'un bond en braquant son regard et son attention dans leur précédente direction, tous ses sens concentrés sur la zone mais ne parvenant pas à les retrouver.
- Dites-moi que c'est une blague…
- J'ai bien peur que non, Madarame-san, répondit Haruka dont l'inquiétude perçait au travers de sa voix.
Du côté de Kenpachi, celui-ci se figea instantanément en ne ressentant plus la présence de Yachiru, laissant même son adversaire le frapper en travers de la poitrine sans même y réagir.
- Hooo, fit l'Arrancar. Il semblerait que ma sœur ait enfin décidé de passer à l'action… Désolé, Shinigami, mais toutes les bonnes choses ont une fin et la tienne s'approche à grand pas.
- Ta sœur ? Demanda Kenpachi d'une voix sourde.
- Ouais, ma sœur.
- J'ai entendu un truc à propos de Shinigamis qui se faisaient enlever… Vous les emportez où ?
- A ton avis, Shinigami ? Tu ferais mieux de tirer un trait sur eux, vous ne les reverrez jamais… Enfin sauf si tu veux vraiment les rejoindre. Dans un tel cas, je peux simplement…
Kenpachi n'entendit même pas le reste de sa phrase car il leva sa main et retira son bandeau d'un geste plein de rage.
- OU L'AVEZ-VOUS EMMENE ? Hurla le capitaine de la 11ème Division avec une colère incroyable alors que son véritable reiatsu explosa autour de lui, balayant presque tout sur son passage.
Impressionné et stupéfait par la soudaine montée de puissance de son ennemi, l'Arrancar bondit en arrière et leva son sabre, s'apprêtant à le libérer, mais Kenpachi ne lui en laissa pas le temps. Fou de rage, il bondit en avant en hurlant un ordre qui venait du plus profond de son âme, son épée levée au dessus de lui.
- MASSACRE-LE, SHINKEN !
Ce ne fut pas l'épée ébréchée qui s'abaissa alors sur l'Arrancar mais une longue lame dentelée et tranchante rouge, noire et jaune qui puait la mort à plus d'un kilomètre. Levant instinctivement son arme pour parer le coup et concentrant son reiatsu pour faire face à la fureur de Kenpachi, il ne comprit que trop tard qu'il aurait bien mieux fait de tenter d'esquiver l'attaque à la place, car la frappe de Kenpachi le trancha en deux, lui et son arme, comme si de rien n'était. Puis tout le reiatsu sembla exploser en lui et les deux parties sectionnées de son corps enflèrent et explosèrent dans une gerbe de sang.
Le capitaine de la 11ème Division resta alors un moment inerte, regardant le corps exploser de son adversaire et sentant sa colère refluer en lui. Il se sentit alors à la fois complètement idiot et triste mais aussi heureux quelque part car il avait enfin entendu la voix de son esprit intérieur. Son regard s'abaissa vers son épée et il vit qu'elle avait gardé sa forme libérée, son Shikai. Lentement, sur le sol, le sang de son ennemi se mit à s'élever à quelques centimètres du sol et à voyager, attirer comme par un courant en tourbillonnant vers la pointe de sa lame. Celle-ci sembla alors se nourrir de l'essence rouge et Kenpachi sentit alors ses réserves de reiatsu se remplir plus vite et ses propres blessures se refermer plus vite encore que d'habitude.
- Alors c'est ça ton pouvoir… Tu te nourris du sang de mes ennemis pour restaurer ma force et me permettre de me battre plus longtemps encore… Et y'a plus encore, huh ? Tout ce sang, tu le "stockes"… pour t'en servir plus tard. Intéressant.
Soudainement, une femme apparut devant lui, une expression mêlant incrédulité, tristesse et fureur collée sur son visage.
- QU'AS-TU FAIT A MON FRERE, BATARD DE SHINIGAMI ?
- Je te retourne la question, Arrancar, qu'as-tu fait de Yachiru ? Répondit-il en braquant vers elle son arme.
- Je vais te saigner comme un porc pour sa mort. Déblatère, Fru-
Mais avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, elle vit le monde tournoyer devant ses yeux, comme si Kenpachi s'était brusquement mis à faire des pirouettes, sauf que le sol semblait lui aussi tourner. Puis dans un dernier éclair de lucidité avant que sa conscience ne disparaisse, elle comprit que ce n'était pas lui qui tournait mais elle, ou plutôt juste sa tête.
Tranquillement, Haruka rengaina son sabre après en avoir essuyé la lame avec un mouchoir approprié, tandis que le corps proprement décapité de l'Arrancar s'écroulait comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, tout en arrosant de sang les environs par son cou tranché.
- Tous les Shinigamis qui ont disparu ont tous été emmenés à Las Sombras Perdidos, au plus profond du Hueco Mundo… Bien plus loin que Las Noches, dit-elle en se tournant vers Kenpachi avant que celui-ci ne proteste qu'il désirait l'interroger. Les récupérer va être particulièrement dur… Mais vous vous en moquez, j'imagine.
- Tu n'as pas idée, grogna Kenpachi en annulant son Shikai.
Il regarda sa lame redevenir blanche et ébréchée puis la rengaina lentement avant de partir en direction du Seireitei, Haruka le suivant de près tandis que Madarame ordonnait que le corps et la tête de la femme Arrancar soient récupérés pour analyse par la 12ème Division.
- Tu le sais comment, pour les enlèvements ?
- Un autre Arrancar, qui affrontait Kyouraku-Taichou, a été un peu trop bavard. L'information vient de nous arriver il y a quelques instants seulement, par papillons noirs… Félicitations pour votre Shikai, malgré les circonstances.
- Merci, répondit-il d'une voix atone.
- Et on va les récupérer, soyez-en sûr, termina-t-elle, même si elle-même en doutait.
- Ouais. Eux et tous les autres, commenta-t-il en retournant vers le Seireitei.
- Il y en avait deux autres dans les parages, précisa Haruka en lui emboitant le pas, les deux capitaines rapidement suivis par Madarame qui avait l'air très en colère pour l'enlèvement de Yumichika et Yachiru. J'ai senti leur présence mais ils sont déjà partis. Ils ne sont pas restés plus longtemps que nécessaire après la mort de votre adversaire.
- Il s'est présenté, mais je n'ai même pas retenu son nom… Peu importe désormais. 'Faut que je parle au vieux.
***.***
Soul Society, Quartiers de la 2nde Division
- Cela n'a pas le moindre sens ! Rugit Yoruichi au visage de Tetsu Mitsumada. Les Arrancars ne sont pas là pour nous tuer mais pour nous enlever !
Elle agrippa le col du Vaizard et le força à la regarder droit dans les yeux.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu oses encore me cacher des informations ?
- Je t'ai dis tout ce que je savais, protesta-t-il en guise de seule défense, écrasé entre le mur dans son dos et la poigne de son ancienne subordonnée. C'est ce que les Arrancars de la Garde Noire appelle une "Epreuve". Normalement, il s'agit de tuer un certain nombre de Shinigamis mais il est déjà arrivé par le passé qu'ils en changent les règles…
- Par le passé ? Mais qu'est-ce que…
- C'est leur moyen de sélection. Les Chevaliers de la Garde Noire ne recrutent pas leurs membres de la même manière que nous autres, les Vaizards. Les prétendants au titre de Chevaliers s'affrontent dans cette Epreuve afin de déterminer s'ils ont le "droit" de présenter leur candidature.
- Mais c'est… c'est…
- Inhumain ? Immoral ? Injuste ? Réveille-toi, Yoruichi, ce sont des Hollows à la base, et ce sont nos ennemis !
- Comment la Garde Royale peut-elle laisser passer ça ? Demanda-t-elle avec hargne le repoussant une fois encore violement contre le mur.
- C'est Dieu… Il nous a forcé à passer un accord entre nous.
Voyant au regard de Yoruichi que la réponse ne la satisfaisait pas, il continua.
- Par le passé, les Arrancars ont toujours eu le dessus sur les Vaizards, jusqu'à ce que Zeus monte sur le trône. Dès lors, la tendance s'est inversée et les Arrancars ont commencé à se faire massacrer au fur et à mesure que les descendants de Zeus acquerraient de plus en plus de force et de pouvoir. Mais les Arrancars n'avaient pas dit leur dernier mot. Acculés, ils utilisèrent une arme terrible, selon les textes. C'était il y a plusieurs milliers d'années. Zeus intervint alors et détruisit leur arme mais seulement au prix de nombreuses vies de Vaizards. Une paix fut signée alors entre la Garde Royale et la Garde Noire, avec des conditions et des clauses spéciales. Les Arrancars furent chassés de la Soul Society mais parvinrent à un accord concernant leur "Epreuve". En échange, la Garde Royale n'intervient pas lorsque l'une a lieu et qu'elle est prévenue. C'est ce qui se passe aujourd'hui. Tant que les Arrancars ne dépassent pas les bornes imposées par le Traité entre nous, les Vaizards ne lèveront pas le petit doigt.
- Quelles sont ces fameuses bornes ?
- Le "monde" de la Soul Society ne doit pas être mis en péril. En gros, tant qu'il y aura des Shinigamis en nombre suffisant pour représenter une force conséquente capable d'imposer la loi dans la Soul Society.
- En clair, tant que le Gotei 13 et le Seireitei existe, les Arrancars peuvent faire ce qu'ils veulent durant ces Epreuves ?
- Exactement.
- Comment se fait-il que je n'en ai jamais entendu parler ? Ni même jamais lu quoi que ce soit à propos de ça ? D'autres Epreuves ont certainement déjà eu lieu par le passé…
- Bien sûr mais comme je te l'ai dit le contenu des Epreuves est changeant. De plus, les Arrancars sont très sélectifs et ne recrutent pas aussi facilement… seulement 1 fois par siècle et encore. Et généralement, il ne reste pas de survivant pour expliquer ce qui s'est passé.
Yoruichi repoussa une dernière fois Tetsu contre le mur avant de le lâcher et de s'écarter de quelques pas.
- Pourquoi la Garde Royale respecte-t-elle encore ce traité ? Zeus est mort, et vous êtes de nouveau en guerre !
Tetsu haussa les épaules.
- Pour le Tribunat, la guerre n'a pas commencé tant que des cadavres des deux Gardes n'ont pas commencé à tomber sur le même champs de bataille, j'imagine.
- Bande de salauds, et nous alors ? C'est donc comme ça que vous nous voyez ?
- Tous les Maréchaux ne pensent pas de cette manière… Je n'avancerai pas de noms pour le moment mais certains savent que ce qui se passe aujourd'hui est… incorrect.
A la manière dont le visage de Yoruichi se ferma brusquement, il comprit qu'il venait de faire une erreur.
- Incorrect ? C'est le seul mot qui te vient à l'esprit ? … Je vois. Toi aussi tu te moques de ce qui peut avenir du Seireitei. Tu es là pour Ichigo, à cause de ta dette envers Isshin.
- Je…
- Pas un mot de plus, Mitsumada, ordonna-t-elle en lui tournant brusquement le dos, tournant son regard vers l'extérieur du Seireitei. Par respect pour ton amitié avec Isshin et pour notre histoire passée, je te laisse partir. Quitte le Seireitei au plus vite. Dis à ceux qui t'envoie que les liens entre le Gotei 13 et la Garde Royale sont désormais rompus. Je rapporterai tout à Yamamoto-Soutaichou et je doute qu'il apprécie ce que je vais lui dire. Si tu revois Isshin, dis-lui que je ne peux plus suivre son plan de départ. Ichigo sera informé de sa situation… Et enfin, dis à tes chefs que pour restaurer la confiance entre nos deux camps, il vous faudra beaucoup plus que de simples paroles.
Sur ses derniers mots, peu désireuse d'entendre quoi que ce soit d'autre, Yoruichi effectua un Shunpo, se précipitant vers le Seijôtôkyorin et Ichigo.
***.***
Soul Society, Ouest du Seireitei
Epuisé, Kyouraku s'effondra le long d'un mur, son regard braqué vers le ciel, vidé de toute émotion. Il n'avait pas su la protéger. Une fois de plus, il avait failli. Avant qu'il ne puisse réagir, l'Arrancar avait fait disparaître Nanao sous ses yeux, l'emportant vers le Hueco Mundo. De rage, il avait chargé l'Arrancar et le combat avait été rude, surtout après que son adversaire décide de libérer sa Resurección. Mais les jeux d'enfant du Shikai de Kyouraku doublé à son envie de meurtre avaient suffi pour le vaincre. En terme de puissance, il estima que l'Arrancar avait eu la même force approximativement que Starkk, la Primera Espada d'Aizen.
Avant de le tuer, Kyouraku avait toutefois eu le temps de l'interroger. Coup de chance, l'Arrancar était un bavard et ne s'était pas fait prié pour lui dire ce qu'il voulait savoir.
- Nanao-chan… Je te retrouverai, je t'en fais la promesse, murmura-t-il sombrement avant qu'il ne ressente la disparition brutale de Jyûshiro. Et toi aussi, mon vieil ami, continua-t-il donc en se relevant péniblement.
Il effectua une rapide série de Shunpo, survolant le champ de bataille si vite que bien peu le virent passer. Lorsqu'il arriva sur les lieux, il fut toutefois surpris par ce qu'il trouva : Renji et Sentarou étaient tous les deux indemnes mais retenus prisonniers par des Kidous. Le 3ème Siège de la 13ème Division étaient dans les vapes mais Renji hurlait de rage, son reiatsu augmentant de plus en plus alors qu'il brisait les branches du Bakudô N°61 : Rikujôkôrô qui l'immobilisait. D'un simple mouvement de son Shikai, Kyouraku brisa les deux dernières branches et Renji s'écroula à genoux, notant enfin sa présence.
Devant le regard sombre et interrogateur du capitaine, Renji se redressa et hurla sa frustration avant de frapper le sol à mains nues, s'écorchant les mains dans la poussière.
- Je n'ai rien pu faire, Kyouraku-Taichou… Rien. Nous avons trouvé l'Arrancar, une femme, et Ukitake-Taichou a tenu à l'affronter seul à seul. Je suis resté en retrait, conformément à ses désirs. Et puis il y a eu votre message… J'ai bondi pour le prévenir mais il nous a alors retenu avec des Kidous. Puis il a demandé à l'Arrancar de le capturer. Je n'ai rien pu faire, rien.
Comprenant mieux la situation, Kyouraku soupira, se demandant si son vieil ami avait fait le bon choix… mais il ne contesta pas sa décision. Jyûshiro était capitaine depuis aussi longtemps que lui, il savait ce qu'il faisait. Du moins, il l'espérait.
Il alla libérer Sentarou et se rapprocha de Renji qui n'avait pas bougé, mais qui avait néanmoins cessé de marteler en vain le sol.
- Debout, Abarai-san, d'autres champs de bataille nous attendent, ordonna-t-il d'une voix sombre et lasse.
- Hai, Kyouraku-Taichou, répondit-il au bout de quelques secondes avant d'obtempérer.
***.***
Houla... J'avais prévu 3 chapitres de combat mais maintenant je pense qu'il y en aura plutôt 4 pour cet épisode. Prochain chapitre, ce sera au tour d'Hisagi et de Rukia d'être à l'honneur. Même si cela peut porter à confusion, gardez en tête que tous les combats ont lieu relativement au même moment, à quelques exceptions près. Soyez patient, j'ai encore pleins de petites surprises pour vous dans les chapitres prochains.
Korskarn
