Soul Society, Seireitei, grotte d'entrainement sous le Soukyoku

La jeune femme sentit quelque chose la titiller au niveau de l'épaule, essayant de la réveiller.

- Hmmm… Pas encore… Laissez-moi encore 5 minutes, grogna-t-elle en s'enroulant d'avantage dans ses draps.

SPLASH !

Tatsuki hurla en bondissant sur ses pieds au contact de l'eau glacée qui lui était tombée dessus, un réveil à la dure dont elle avait déjà quelques fois pratiqué sur d'autres mais qu'elle n'avait pas encore vécu elle-même, jusqu'à ce jour.

Qui a osé me faire une blague pareille ? Se demanda-t-elle, furieuse. Si c'est Ichigo ou Rukia, ils vont passer un sale quart d'heure !

Rugissant de colère, elle regarda tout autour d'elle, cherchant le coupable, mais il n'y avait personne. Ce n'est qu'alors qu'elle réalisa où elle se trouvait : dans la grotte sous le Soukyoku. Aussitôt, elle supposa que Yoruichi devait être la responsable de sa situation et effectivement, après s'être retournée, son regard se posa alors sur le chat noir tranquillement installé sur son séant à quelques mètres de là sur un rocher, un seau d'eau vide trônant au pied du même rocher.

- Vous trouvez ça marrant, hein ?

- Très, fit le félin de sa voix mâle avec un ton immensément satisfait.

Si un chat savait sourire, celui de Yoruichi était définitivement diabolique.

- Vous savez quelle heure il est ? Vous savez quel jour nous sommes ? Vous savez à quelle heure je me suis couchée hier soir ?

- Oui aux trois questions, et je sais même avec QUI tu as couché hier soir, Arisawa-san.

La manière dont le chat appuya sur le "qui" ne lui laissa aucun doute et cela lui cloua le bec plus vite que la foudre.

- Tu n'as aucune inquiétude à avoir, je sais très bien garder les secrets. Et je suis au courant du vôtre – votre relation secrète – depuis le premier jour. Rukia a beau être capitaine, elle est encore loin d'avoir le niveau requis pour pouvoir se faufiler au travers de ma surveillance.

- Cela ne change rien au fait que… Reprit l'humaine, retrouvant un peu de colère.

- Tu n'as pas le temps de paresser d'avantage si tu tiens vraiment à cesser d'être un boulet pour les autres, trancha Yoruichi pour la faire taire.

Mais la réaction de la jeune femme fut radicalement différente de celle à laquelle elle s'attendait.

- LA FAUTE A QUI ? Rugit Tatsuki, soudainement encore plus furieuse, se baissant pour ramasser une grosse pierre qu'elle lança avec force et précision vers le chat noir. QUATRE MOIS QUE J'ATTENDS DE RECEVOIR UN ENTRAINEMENT VALABLE ! ET URAHARA ET VOUS ETIEZ PRÊTS A ME FAIRE POIREAUTER ENCORE DEUX MOIS DE PLUS DANS CETTE FOUTUE ACADEMIE SI LA SITUATION ACTUELLE NE L'EXIGEAIT PAS !

Yoruichi esquiva la pierre puis une autre puis encore une, puis Tatsuki se jeta en avant vers elle, furieuse. Elles jouèrent à ce petit jeu de chat et de souris – avec le chat dans le rôle de la souris, bizarrement – jusqu'à ce que Tatsuki épuise sa colère et retrouve enfin son calme.

- Pas trop mal. Tu as bien retenu les leçons que je t'ai donné mais tu laisses encore un peu trop facilement ta colère te dicter tes actes, commenta Yoruichi d'un ton sérieux, de retour sur son rocher de départ.

Tatsuki grommela un peu puis se laissa retomber sur son lit, assise en tailleur, notant que Yoruichi avait carrément transporté le grand futon d'Ichigo avec elle dedans sans qu'elle s'en rende compte. Elle n'avait pas particulièrement un sommeil très lourd alors y parvenir sans qu'elle se réveille…

- Ichigo et Rukia sont déjà partis depuis environ une heure. Orihime, Ishida, toi et moi ne pourront les rejoindre qu'une fois que tu auras obtenu ton Bankai, alors autant s'y mettre le plus tôt possible, n'es-tu pas de mon avis ?

- Bien sûr que… Attendez… Comment ça, les rejoindre ? Je croyais que…

Yoruichi ne répondit pas, se contentant de lui renvoyer un regard légèrement amusé.

- Ho, je vois le genre… Une infiltration non autorisée du Hueco Mundo, comme celle d'Ichigo il y a trois ans pour aller sauver Orihime.

- En quelque sorte. Techniquement parlant, t'envoyer là-bas dans ta situation actuelle serait un suicide, pour toi. Orihime et Uryû sont bien assez puissants – et ils le seront encore plus dans 3 jours je pense – mais pas toi.

- Merci de retourner encore une fois le couteau dans la plaie ! Grogna-t-elle.

- Je t'en prie, c'est tout naturel… J'imagine que tu as entendu parler de la "poupée" ?

- Ichigo m'a dit de ne pas croire ce que vous et les autres pourriez raconter à ses dépends la concernant.

- Tss, le rabat-joie. Qu'importe. Je te laisse 5 minutes pour te préparer. Tes vêtements sont dans le sac, là, et faire un brin de toilette, la source d'eau est là-bas. Je vais la chercher et on commencera de suite. Pas de temps à perdre.

7 minutes plus tard, Tatsuki se tenait devant Yoruichi, en humaine et habillée, qui tenait la grande poupée devant elle par l'épaule.

- Elle est moche, commenta la jeune Shinigami sans la moindre vergogne.

- Elle n'a pas été faite pour être belle. Ce mannequin va servir à matérialiser de force l'esprit de ton zanpakuto. La matérialisation est l'étape indispensable à l'obtention du Bankai car il te faut vaincre ton esprit intérieur en duel. Il y a bien une autre méthode, plus sûre, mais infiniment plus longue. En revanche, sache-le, cet entrainement que nous allons faire ne fonctionnera qu'une seule fois. Si tu échoues à obtenir ton Bankai dans les trois jours à partir de maintenant, il ne te restera plus qu'à l'obtenir de la manière classique, et cela prendra beaucoup plus longtemps, crois-moi.

- Ok, pas le droit à l'échec. Comment on procède ?

- C'est assez simple : je vais "alimenter" cette poupée en reiatsu, lui donnant l'énergie nécessaire pour maintenir la matérialisation de ton esprit. Il ne reste ensuite plus qu'à transférer l'esprit intérieur de ton zanpakuto dedans.

- Ho… Et y'a-t-il un Kidou ou un rituel spécial pour réaliser ce petit miracle ?

Yoruichi roula des yeux.

- Non, il te suffit juste de planter la lame de ton sabre dedans, répondit-elle en tapant le torse de la poupée.

- Ok, alors c'est relativement simple, en fait.

Elle dégaina son sabre et le tendit vers la poupée.

- Heu, avant de commencer, je tiens à préciser que je ne maîtrise pas encore mon Shikai… est-ce que… ?

- Aucun intérêt avec cette méthode. Tu apprendras même ton Shikai plus facilement avec, mais je ne te cache pas que ça va être plus dur pour toi, vu que tu ne sais pas de quoi ton zanpakuto est capable. Et si cela peut te rassurer, Ichigo non plus ne connaissait pas son Shikai… mais bon, son zanpakuto est tout le temps en Shikai donc d'un autre côté…

- Ok, j'en ai assez entendu, coupa Tatsuki un peu exaspérée de tout le temps être comparée à Ichigo.

D'un geste ferme, elle planta la pointe de son sabre dans la poupée et il y eut alors une petite explosion, faisant disparaître son arme tout en la repoussant en arrière. Lorsqu'elle se redressa, le mannequin avait disparu et Yoruichi avait elle aussi reculé et se tenait à genoux sur un gros rocher à proximité, une cordelette de reiatsu dorée à la main… et une grande femme en costume d'affaire moderne – tailleur, pantalon, ceinture, chaussures à talons, les cheveux blonds coiffés en chignon élaboré et une paire de lunettes noires – à l'expression hautaine le remplaçait.

- Alors on passe aux grands moyens ? Je me doutais bien que vous en viendrez là, fit la nouvelle venue.

- Désolé, répondit Yoruichi depuis sa position.

- Je dois obtenir le Bankai, Kitsuko, fit Tatsuki en s'approchant. Et si je dois te battre pour y parvenir alors prépare-toi à…

Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase, la femme disparut soudainement de son champs de vision et elle fut brutalement soulevée du sol par un coup de poing en plein ventre, plus lourd et fort que tout ce qu'elle avait encaissé jusqu'à ce jour… et elle en avait déjà encaissé pas mal dans sa carrière ! Le souffle coupé, elle s'envola en arrière sur trois mètres avant de retomber sur le sol de face. Elle toussa et vomit le contenu de son estomac tout en se roulant en boule sous la douleur.

- Me préparer à quoi, gamine ? A me faire botter le cul ? Alors que tu n'es même pas capable de lever la jambe assez haut pour cela ? Reviens dans un bon demi-siècle, au moins ! Et encore !

Kitsuko braqua un index impératif vers Yoruichi, apparemment pas très contente d'avoir été matérialisée de force.

- Puisque vous avez eu l'audace de me forcer à sortir, je vous considère également comme responsable, Shihouin Yoruichi ! Tout ce qu'il lui arrivera de ma main sera de votre faute !

- J'en ai bien conscience, fit la femme noire avec un sourire satisfait.

- Bien, vous ne m'en voudrez pas alors si je décide de faire quelques… dommages collatéraux ?

Avant que Yoruichi puisse répondre, Kitsuko pivota sur une jambe, levant l'autre à la verticale, faisant littéralement un grand écart debout… puis elle frappa le sol de son pied en traçant un grand demi cercle. Un arc de reiatsu fusa alors comme un Getsuga Tenshou droit vers Yoruichi qui esquiva souplement sur le côté. Le rocher sur lequel elle était fut fendu en deux comme par un sabre incroyablement tranchant et le sol explosa sous la force générée.

- Kitsuko ! Si tu dois t'en prendre à quelqu'un, c'est à moi ! Rugit Tatsuki en se redressant péniblement, le ventre douloureux.

- Plaît-il ? Le bébé veut jouer dans la cour des grands ? Essaie seulement de m'en empêcher ! Je me ferais une joie de t'éduquer à ma manière ! Tu ne connais même pas mon Shikai et tu n'es pas prête pour mon Bankai !

Kitsuko se détourna d'elle et bondit vers Yoruichi, les poings fermés et levés pour une frappe de masse.

- J'en ai rien à foutre ! Rétorqua Tatsuki en s'élançant à son tour, puisant dans son reiatsu.

Elle effectua un Shunpo presque parfait, se matérialisant en l'air juste sur la trajectoire de Kitsuko et son poing fusa vers son visage… avant de rencontrer la paume de la main droite de son adversaire.

- Tu crois que je veux obtenir le Bankai rien que pour tes beaux yeux ? Je ne veux qu'une seule chose : rejoindre Ichigo et Rukia ! Et toi, si tu ne veux pas m'aider, alors tu ne seras que le marchepied sur lequel je m'appuierai pour y parvenir !

Puisqu'elle n'avait pas d'arme et qu'elle était au contact, elle commença à enchainer les techniques de Vale Tudo sur Kitsuko qui y répondit de la même manière. Les deux adversaires s'écrasèrent au sol et roulèrent dans la poussière sans perdre prise sur l'autre, enchainant techniques et contre-techniques avec une vitesse sidérante sans que l'une ne parvienne à prendre le dessus sur l'autre. Yoruichi, qui se repositionna sur un rocher à proximité et en hauteur, contempla cette forme de duel physique avec un petit sourire satisfait… qui disparut rapidement de ses lèvres.

Minute, minute, minute… Qu'est-ce que c'est que cette forme de lutte ? Je reconnais bien quelques prises par-ci et par-là mais pour la plupart…

Kitsuko avait toujours clairement le dessus, profitant de chaque faiblesse dans la défense de Tatsuki pour appliquer de vicieux coups de poing, de coude, de genoux, de pied ou même de tête sur la Shinigami. En revanche, à chaque fois qu'elle essayait de placer une clé ou un blocage, Tatsuki se dégageait toujours à temps.

Yoruichi s'imagina aux prises avec Kitsuko et force lui fut de constater qu'elle ne tiendrait pas deux minutes en face d'elle dans une telle mêlée ! Même Tatsuki lui poserait de sérieux problèmes !

J'en avais entendu parler mais je n'y avais pas trop prêté attention… Une forme de combat d'arts martiaux modernes et extrêmes au corps à corps, basée sur un ennemi qui aurait le même "physique" qu'elles, à savoir un corps humain. Ces techniques sont inutiles sur la plupart des Hollows mais les Arrancars ont tous une forme humaine et, pour certains, gardent même quelques "caractéristiques" d'un corps humain même avec leur Resurección donc restent vulnérables à de telles prises même en étant libérés.

Soudainement, Tatsuki parvint à libérer un bras et feinta un coup de poing vers le visage de Kitsuko pour changer la trajectoire à la dernière minute et planter deux doigts juste sous son aisselle droite, les enfonçant méchamment vers l'articulation. Kitsuko grogna et se dégagea d'une torsion, écrasant au passage son talon sur la joue de Tatsuki, l'envoyant rouler au loin sous la violence du choc. Mais Tatsuki se releva vite, ayant partiellement amorti l'impact en tournant la tête au bon moment. Pourtant elle ne repartit pas de suite à l'attaque, s'adossant au rocher pour reprendre son souffle et étudier son adversaire, essuyant le filet de sang qui coulait de sa bouche, courtoisie du dernier coup de pied de Kitsuko. Celle-ci s'était bien évidemment redressée elle aussi et avait remis un peu d'ordre dans sa tenue – à peine froissée malgré l'intensité de leurs échanges, contrairement à celle de Tatsuki, déjà couverte de poussière et de sueur – et faisant rouler son bras droit. Tranquillement, elle retira ses lunettes noires et les glissa dans la poche interne de sa veste.

- Un peu mieux, commenta-t-elle, mais tu es encore loin.

- J'apprends vite, riposta Tatsuki avant de lui adresser un sourire confiant. Et dans trois jours, je t'aurais soumise.

Kitsuko lui adressa un grand sourire en guise de réponse.

- Ne rêve pas, gamine. Pour te féliciter d'avoir réussi à me toucher une fois, j'accepte de te donner une chance. Une seule.

- C'est déjà plus qu'il ne m'en faut. Lance tout ce que tu as, j'absorberai tout et je te le rendrai au centuple !

- J'ai hâte de voir ça, répondit doucement Kitsuko avec un regard intense.

Brusquement, elle écarta les bras et referma les poings, comme pour se concentrer. Et une chape de plomb sembla s'écraser sur Tatsuki lorsque son zanpakuto éleva son reiatsu pratiquement au même niveau que celui d'un capitaine.

***.***

Hueco Mundo, secteur de Las Noches

- Du sable et des branches d'arbres rabougris à perte de vue et pas la moindre trace de reiatsu Hollow, comme prévu, grogna Renji en contemplant l'immense désert du Hueco Mundo et les ruines, au loin, de Las Noches. Tu peux me redire pourquoi on est revenu ici, exactement ?

- Pour trouver des indices sur la localisation de la base des Arrancars, répéta Ichigo en le rejoignant au sommet de la dune, rapidement suivi par Rukia. La peste est partie en reconnaissance vers les ruines, mais je parie qu'elle ne trouvera rien.

- Hmm… Tu pensais à cette gamine Arrancar qu'on avait rencontré il y a deux ans ?

- Pour te dire franchement la vérité, ouais. En terme de connaissance du monde Hollow, nous n'avons pratiquement aucune information. Mais Nel y a vécu pendant très longtemps, elle pourrait nous renseigner ou, tout du moins, nous donner une piste.

- L'ancienne tercera des Privaron Espada… Sûr, si elle se souvient de quelque chose, intervint Rukia. La dernière fois qu'on l'a vu, elle était redevenue cette gamine complètement stupide avec son masque brisée. J'ai moi-même encore du mal à croire que cette enfant ait été une Espada. De plus, Soi Fon ne semble vraiment pas chaude pour prendre une Arrancar dans notre groupe.

Le trio regarda vers le bas de la dune, où le gros de leur expédition avait installé leur campement pour quelques heures. Le silence était impressionnant dans ce désert, uniquement troublé par le souffle du vent et le bruissement du sable. Bien dissimulé à toute vue grâce à sa location, les Shinigamis avaient, pour le moment, décidé de faire profil bas, tant qu'ils n'auraient pas plus d'informations plus précise de leur destination. Chose surprenante, même Kenpachi avait accepté cette idée, allant même jusqu'à retenir de son mieux son reiatsu, le laissant paraître le moins possible. Et pour le moment, leur discrétion semblait avoir porté son fruit car ils n'avaient toujours pas rencontré le moindre Hollow.

- Que ferons-nous si nous ne trouvons pas Nel et ses compères et si "la Peste", comme tu la surnommes, ne trouve rien ?

- Pour le moment, je n'ai pas trop d'idée, hormis de trouver un Hollow et de l'interroger. Soi Fon-Taichou semble penser à la même chose.

Et raison de plus pour Kenpachi de cacher son reiatsu, s'il ne veut pas faire fuir tous les Hollows à une centaine de kilomètre à la ronde, ajouta-t-il mentalement.

- Plus facile à dire qu'à faire, songea Rukia à voix haute. Cela fait 12 heures que nous sommes là et je n'ai pas senti la moindre présence autour de nous, hormis quelques insectes. Ce désert mérite vraiment son nom.

Ichigo fit deux pas en avant et se concentra, étendant ses sens, tournant légèrement la tête en balayant l'horizon.

- Reishaku ? J'ai déjà essayé. Tu perds ton temps, Ichigo, je n'ai rien senti à plus de…

- Par là. C'est loin, probablement une journée entière de marche, à environ 60 kilomètres. Un petit groupe de Hollows, vivant dans des grottes. Il y a une sorte de mesa, et un bâtiment de plein pied, en très mauvais état.

- Quoi ?

Ses deux amis le regardèrent avec un air incrédule.

- Comment peux-tu savoir ça ? Demanda Renji.

- Je… Je n'en sais rien… Je le sens, c'est tout, déclara Ichigo en secouant la tête. Sinon, je n'ai pas senti d'autres Hollows à moins de 80 kilomètres… et dans une autre direction en plus, par là.

Il désigna l'horizon pratiquement de l'autre côté, à l'opposé.

- Bon, de toute manière, autant se fier à tes intuitions, trancha Rukia. Tourner en rond au Hueco Mundo n'est pas la meilleure méthode pour trouver Las Ombras Perdidos. Si Nel ne se manifeste pas d'une manière ou d'une autre et que Kunieda ne trouve rien, nous irons inspecter le lieu que tu nous as mentionné. Cela ne sert à rien de couvrir au hasard ici, autant avancer vers une destination précise, quelle qu'elle soit.

Elle réajusta son Haori et s'éclipsa dans un Shunpo, retournant dans le campement.

***.***

Soul Society, Seireitei, Quartier général de la 12ème Division

Les 4 mois de commandement d'Urahara n'avaient pas suffi à faire disparaître l'ambiance glauque de la tristement célèbre Division de recherche et de développement du Seireitei, ambiance créée et méticuleusement cultivée par l'ancien propriétaire des lieux, feu Kurotsuchi Mayuri. Les immenses et sombres machines et les ordinateurs en tout genre avec des écrans dans tous les sens continuaient à perpétrer l'impression d'entrer dans le domaine de quelques savants fous, malgré les tentatives hasardeuses du nouveau propriétaire d'égayer les lieux à sa manière… en transformant une partie du bureau principal en une sorte de réplique de son ancienne échoppe dans le monde réel, par exemple.

- Entrez ! Entrez ! Fit la voix joviale de Kisuke lorsque Akon arriva, accompagnant les deux invités de son capitaine. Prenez place et ne faites surtout pas attention à la déco, je suis encore très loin d'avoir fini les travaux de rénovation.

- C'est ce que nous constations, justement, murmura Uryû en passant la porte en premier, mal à l'aise, inspectant du regard les lieux tel un garde du corps pour sa petite amie.

Si Inoue était consciente de son attitude chevaleresque, elle n'en laissa toutefois rien paraître et entra rapidement, heureuse de retrouver un peu de "normalité" au beau milieu de l'enfer des machines incompréhensibles.

- Vous ne pouvez pas savoir comme ce bon vieux Tessai me manque ici, fit Kisuke en apparaissant, vêtu de son haori de capitaine, sans chapeau et tenant d'une main un pot de thé et de l'autre des tasses. Je suis obligé de faire mon thé moi-même, vous y croyez ?

- Urahara-Taichou, il y a une machine pour…

Le regard de Kisuke foudroya Akon avant qu'il ne puisse terminer sa phrase.

- Une machine, encore une machine, toujours une machine… Je sais que certains n'arrivent pas à croire que c'est moi qui dit ça mais, même en tant que scientifique, jamais je ne boirai un thé fait avec une machine ! Hormis peut-être pour chauffer l'eau, bien sur, un thé se fait à la main, nom de Dieu ! Dites-moi que vous êtes du même avis ? gronda-t-il en regardant tour à tour Inoue et Uryû.

Les deux humains hochèrent vigoureusement la tête, autant par conviction que par désir de ne pas contredire leur hôte. Kisuke posa ce qu'il tenait sur une table basse et désigna les deux amis en continuant de foudroyer Akon du regard.

- Voilà, vous voyez ? Ils sont de mon avis ! Allez, ouste, je dois discuter de choses sérieuses avec mes invités alors veille à ce qu'on ne me dérange pas !

- A vos ordres, fit le Shinigami en s'éclipsant, ayant toujours un peu de mal à se faire à son nouveau capitaine, même après plus de 4 mois.

Une fois Akon parti, Urahara retourna chercher l'eau et servit à ses deux invités un thé plutôt réussi, mais bien loin de leur standart habituel – Tessai et Yuzu – avant de s'installer en face d'eux, soupirant de fatigue.

- Houuu… J'ai mal partout, protesta-t-il avant de lever la main pour signaler à Orihime qu'il n'avait pas besoin de soin lorsque celle-ci porta ses doigts à sa broche. Yadomaru-san m'en a fait voir de toute les couleurs hier… et force m'est d'avouer que je ne m'étais pas vraiment préparé à l'affronter.

- Yadomaru-san ? Mais n'est-elle pas… une alliée de Kurosaki-san ? Demanda Orihime, un peu surprise.

- Etait, pour être plus précis. Ou peut-être encore, mais juste… Ha, c'est une situation compliquée, grommela-t-il en passant sa main dans ses cheveux en bataille. En gros, l'ensemble des Vaizards qui avaient été exilés de la Soul Society ont été "recrutés" par la Division 0 après la défaite d'Aizen. Donc, techniquement parlant, ils sont maintenant dans l'autre camp… Et Yadomaru-san ne voulait pas la mort d'Ichigo, loin de là.

- Ce n'est pas une situation facile, effectivement, commenta Uryû avant de siroter une gorgée de thé.

- Mais prévisible. J'avais perdu leur trace il y a deux ans mais j'ai cru, à tort, qu'ils avaient simplement décidé de faire profil bas, vu qu'ils avaient atteint leur but et tout… J'aurais dû prévoir que l'Olympe n'allait pas les laisser filer comme ça.

- Vous ne pouviez pas le savoir, fit Inoue, tentant de le réconforter.

- Peut-être, mais qu'importe, ce n'est pas là la raison de mon invitation. L'Olympe est le dernier de vos soucis pour le moment, si je ne m'abuse.

Les deux jeunes hochèrent doucement la tête avec sérieux. Urahara les observa silencieusement une minute, sirotant son propre thé, puis glissa une main sous la table pour en sortir une boîte de bois vernis qu'il glissa vers Uryû. Le Quincy le regarda avec curiosité et attira la boîte vers lui avant de l'ouvrir lentement.

Dedans, posé sur un coussin et envelopper dans un tissu de soie, reposait un gantelet de cuir et de métal blanc, marqué d'une grande croix noire sur le dos. Délicatement, il passa ses doigt dessus et sentit le pouvoir qu'il contenait. Pas de reiatsu à proprement parler mais définitivement un objet de pouvoir.

- Savez-vous ce que c'est ? Demanda le scientifique.

- Un artéfact Quincy, je présume, supposa Ishida en secouant doucement la tête. Mais je n'en avait jamais vu de tel. Il semble très ancien et ressemble à mon "FFFF" que j'avais utilisé i ans.

- Je ne vais pas tourner autour du pot, j'ai mis pas mal de temps à chercher cet objet après votre arrivée ici, au Seireitei. Il était dans un coffre oublié depuis longtemps et a appartenu à un ancien Quincy devenu capitaine. Je ne connais pas le nom de cet artéfact, mais je sais qu'il est d'un très grand pouvoir, entre les mains de ceux qui savent comment le manier, s'entend. Hélas, il n'y avait rien d'autre dans le coffre, pas de manuel, ni de note explicative ou de document quelconque. Son précédent propriétaire l'a donc enfermé dans son coffre et ne l'a plus ressorti avant sa mort. D'après mes recherches, il n'avait pas de descendants ou de successeur… Je pense donc que cet artéfact vous revient de droit, en tant que dernier des Quincy vivant.

Ishida referma la boîte et la glissa sur le côté.

- Merci, Urahara-san. Je verrai ce que je peux découvrir de cet objet durant mon entrainement.

Urahara hocha la tête.

- N'hésitez pas à me tenir informé, fit-il avec un sourire jovial. En tant que scientifique, je suis très intéressé par tout artéfact mystérieux aux pouvoirs inconnus.

- Je n'en doute pas… et j'y réfléchirai.

- Bien, maintenant que ce petit "cadeau" est entre de bonnes mains, passons aux choses sérieuses… Inoue Orihime-san, fit le scientifique en se tournant vers la jeune femme. Vos pouvoirs se sont considérablement renforcés en deux ans, et plus encore depuis votre retour à la Soul Society, si je ne me trompe ?

- Hé bien… oui, mais je pense que c'est principalement dû au fait que je m'entraine très sérieusement.

- Ho ça je n'en doute pas. Vous êtes une perfectionniste, vous vous fixez un objectif et vous mettez toutes vos ressources en œuvre pour l'atteindre. Et une fois que vous l'avez atteint, vous vous fixez un objectif différent et vous recommencez. C'est un trait de caractère que j'apprécie énormément, une preuve également que vous êtes une personne déterminée. Vos résultat à l'académie sont spectaculaires, et lorsque vous êtes venus me voir pour vos maux de tête, nous avions pratiqué quelques examens, vous vous en souvenez ?

- Oui, très bien.

L'absence de surprise chez Ishida et de gêne chez Inoue lui signalèrent qu'il était clairement au courant et qu'elle ne lui avait pas caché ces consultations. Il décida néanmoins de réexpliquer la situation au jeune homme.

- J'ai mené une petite batterie de tests sur Orihime-san, avec son accord, concernant ces fameux maux de tête. J'ai aussi consulté Unohana-san pour avoir un avis médical mais elle ne m'a donné aucune explication satisfaisante bien que… j'ai l'impression qu'elle ne m'a pas tout dit lorsque je lui ai parlé de votre cas. Je me fais peut-être des idées mais si elle n'était pas partie au Hueco Mundo, je lui aurais demandé de participé à cette petite réunion.

- Unohana-Taichou aurait une idée sur l'origine de mes maux de tête.

- Ce n'est qu'une supposition, répéta Kisuke en levant une main apaisante. Mais Unohana-san n'est pas là, donc nous allons devoir nous passez de son avis. Dîtes-moi, Orihime-san, à quand remonte votre dernier mal de crâne ?

- Durant le combat contre l'Arrancar. Mais depuis, plus rien, je me sens même mieux que je ne m'étais senti auparavant, maintenant que j'y pense, fit-elle avec sincérité et surprise.

- Vraiment ? Hmm… Je pensais que les maux de tête allaient empiré… Une seconde, je vous prie.

Il se leva et alla vers son bureau dans une pièce adjacente. Il revint bien vite avec une sorte de machine carré et une poignée accrochée à un câble qu'il tendit vers Inoue.

- J'ai dû bricoler ce truc un peu à la hâte mais je pense qu'il devrait marcher. Pouvez-vous prendre cette poignée et concentrer votre reiatsu dans votre main ?

- Bien sûr.

Elle prit la poignée et concentra un peu son pouvoir en la tenant. Urahara posa l'appareil sur la petite table et enclencha un bouton pour l'allumer. Il se mit alors à émettre une petit bip sonore répétitif et le scientifique observa une sorte de cadran sur le flanc.

- Humm… Un peu plus de reiatsu si possible ?

Orihime s'exécuta et les bips sonores augmentèrent brutalement d'intensité et de vitesse. Urahara regarda le cadran avec des yeux de plus en plus large, comme si ce qu'il voyait le surprenait.

- Heu…

Il regarda la main d'Inoue et vit que celle-ci était légèrement lumineuse, comme si elle concentrait un Kidou. Rien d'étonnant en soi mais il avait du mal à percevoir l'énergie qu'elle utilisait. Il se tourna alors vers Ishida.

- Sentez-vous le pouvoir qu'elle utilise ?

Uryû fronça des sourcils et regarda la main de son amie en se concentrant

- J'arrive à le percevoir… mais maintenant que vous le dites, quelque chose ne va pas… c'est comme si je le sentait mais qu'il… qu'il n'était pas là. Je n'arrive pas à le mesurer avec exactitude.

- Inoue-san, pouvez-vous monter encore plus votre pouvoir ?

Elle hocha simplement la tête et augmenta encore. Mais à peine une seconde après, l'appareil se mit à fumer en émettant un long bip continu et le cadran explosa doucement, laissant tomber de petits débris sur la table. Surprise, Inoue laissa tomber la poignée et leva les mains en reculant.

- C'est bien ce que je pensais, fit Urahara avant de ramasser l'appareil et de le déposer à terre, à coté de la table, lorsqu'il eut fini de fumer. Cet appareil était certes une antiquité mais il permettait de mesurer en gros la puissance et l'intensité du reiatsu d'un individu.

- Pardon, fit Inoue avec un ton d'excuse.

- Non, non, pas de problème, il est facile à réparer. Le plus surprenant est que j'ai calibré cet appareil sur mon propre reiatsu… et que je supposais que celui d'Inoue-san était environ 3 fois supérieur au mien… il doit être en fait encore plus élevé que le mien, au moins entre 5 à 10 fois.

- Attendez, qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Demanda Uryû, lui-même un peu atterré par ce qu'il semblait comprendre.

- Tout simplement qu'Inoue-san est aussi puissante actuellement que moi avec mon Bankai, à peu de chose près.

Urahara retourna à sa place calmement, s'asseyant comme si de rien n'était et reprenant son thé. Ishida regarda Orihime avec un regard mêlant surprise et stupéfaction tandis qu'Inoue baissait les yeux, un peu honteuse.

- Hmm. Apparemment, cette nouvelle ne semble pas vous surprendre, Inoue-san.

- Hé bien… j'avais bien senti une singulière… augmentation… de mon reiatsu, mais pas à de telles proportions.

- Et pourtant. C'est bien là que réside le problème, décréta Urahara en posant sa tasse doucement. Aucun humain n'est "capable" de posséder un tel niveau de puissance, sans graves conséquences au niveau physique en tout cas. Le fait que vous ayez toujours votre corps… Vous êtes en quelque sorte dans une situation similaire à celle de votre amie Arisawa Tatsuki-san, il y a quelques mois. Sauf que contrairement à elle, vous ne "vampirisez" pas le reiatsu de vos proches, vous générez vous-même votre propre reiatsu. Et de plus, pour le peu que nous avons pu le constater, votre propre reiatsu est beaucoup plus dense et intense que celui d'un Shinigami moyen, comme si vous le compressez en permanence.

- Et que faut-il en déduire ?

- Très sincèrement, je n'en sais rien. Je n'ai aucune idée précise de votre situation, que des théories, certaines pour le moins loufoques, même à mes yeux, mais je ne rejette aucune possibilité.

- Serait-ce lié à mes maux de tête ?

Urahara soupira et la regarda droit dans les yeux.

- Voulez-vous vraiment savoir ce que j'en pense ?

- Si vous nous avez fait venir ici, c'est bien pour cette raison, non ? Lâcha Uryû avec une petite irritation dans sa voix.

- En partie, exact. Soit, faisons quelques autres petites expériences, Inoue-san, je souhaite confirmer certaines de mes théories avant de vous en révéler la teneur, histoire que vous ne me traitiez pas de fou furieux si elles se révèlent exactes.

- Que voulez-vous que je fasse ?

- En fait, c'est relativement simple. Installez-vous le plus confortablement possible, fermez vos yeux et ne pensez à rien, dans un premier temps. Mettez-vous à l'aise, détendez-vous, faites comme chez vous. Allongez-vous si vous voulez, ou adossez-vous au mur, allez-y, allez-y.

Orihime obtempéra, prenant le coussin sur lequel elle était assise et le mettant contre le mur. Elle s'y adossa et étendit ses jambes. Fermant les yeux, elle se concentra d'abord sur sa respiration pour se laissa aller, tout doucement.

- Très bien, fit Urahara en intimant le silence à Uryû, qui regardait toute la scène. Détendez-vous, détendez-vous. Tout va bien, vous êtes dans un endroit calme et tranquille, et vous vous sentez bien. Gardez les yeux fermés, ne vous concentrez que sur ma voix… Bien, très bien.

Urahara continua à lui parler doucement, sans bouger lui-même, se contentant de l'observer en train de se détendre. Ce petit manège dura 5 bonnes minutes puis Urahara commença à donner de nouvelles consignes.

- C'est très bien, vous êtes calme et reposée, vous sentez votre énergie en vous, au centre de votre corps, de votre âme. N'ouvrez pas les yeux, concentrez-vous uniquement sur vos sensations… Bien… Votre reiatsu est calme, serein, tel un lac paisible sans le moindre vent… Oui, un beau lac bleu très calme. Ce lac est en dessous de nous actuellement, nous sommes dans une petite cabane sur pilotis, juste au dessus de lui, tout va bien… Très bien, imaginez maintenant que les eaux de ce lacs sont transparentes, elles peuvent tout traverser, nous ne les sentons même pas, sauf grâce à notre perception du reiatsu… Nous pouvons même respirer les eaux de ce lac… Bien, imaginez que les eaux de ce lac montent et atteignent le plancher… Bien, tout va bien, les eaux continuent à monter, vous êtes maintenant submerger jusqu'à la taille par ces eaux calmes, douces, et parfaitement tempérés. Il n'y a aucun danger, rappelez-vous que ce lac est votre reiatsu, ce n'est que de l'énergie pure, calme et maîtrisée. Tout va bien.

N'ayant pas bougé, Ishida sentit le reiatsu d'Orihime envahir la pièce, s'élevant doucement du sol en recouvrant tout comme une sorte de chape douce, un nuage d'énergie invisible.

- Très bien, le niveau continue à monter, il atteint maintenant votre cou, seul votre tête est encore émergée… Mais tout va bien, ce n'est que de l'énergie, cela ne peut pas vous faire de mal, elle est transparente, inodore, incolore, uniquement perceptible grâce à nos pouvoirs. Il ne nous empêche même pas de respirer. Le niveau continue à monter, dépasse votre tête, toute la cabane est maintenant sous les eaux, mais nous ne sentons aucune gêne, vous continuez à entendre ma voix comme auparavant, vous vous baignez dans cette énergie sans bouger, votre corps et léger, souple, détendu… Et tout va toujours très bien, pour vous, pour moi, pour Uryû, pour tout. Nous baignons dans votre reiatsu et il nous enveloppe doucement, comme un nuage.

Jamais auparavant Uryû n'avait ressenti une sensation pareille. Le reiatsu d'Orihime était TITANESQUE ! Toute la pièce était envahi par son pouvoir, il ne ressentait aucune pression, aucune gêne, aucun danger, mais il était sûr qu'Orihime serait capable de sentir s'il bougeait ne serait-ce que le petit doigt, au travers de son reiatsu.

- C'est très bien, Orihime-san, c'est très bien… Maintenant, vous et votre reiatsu ne faites qu'un, vous ressentez tout ce qu'il ressent, il est comme une extension de votre corps, je veux que vous laissiez votre esprit voyager grâce à lui, ressentez au travers lui tout ce qui se trouve autour de vous.

Orihime était complètement hypnotisée par les paroles d'Urahara et ses mains s'élevèrent doucement depuis le sol, sans qu'elle ne fasse le moindre effort physique.

- Très bien, trèèèèès bien… Orihime-san, sentez-vous ce qui vous entoure ? Les tasses sur la table, la théière, Uryû, moi, les meubles, les fournitures, l'appareil cassé au pied de la table, la caisse derrière le comptoir, vos chaussures dans l'entrée, mon zanpakuto le long du mur…

- … Oui, répondit-elle d'une voix un peu absente, comme endormie. Je les sens… Je ressens tout… Je peux les voir, même les yeux fermés…

- Très bien. Orihime-san, vous avez subitement soif. Vous sentez le reiatsu du thé dans votre tasse. Concentrez votre reiatsu dans celui du thé et amenez-le jusqu'à vous rien que par la pensée… Imaginez le thé devenant une sorte de tentacule d'eau qui s'élève doucement et avance dans l'air jusqu'à votre bouche… Vous ouvrez la bouche et vous buvez votre thé.

Uryû observa avec stupéfaction le thé s'envoler doucement jusqu'à Orihime et sa petite amie le boire, à presque deux mètres de la tasse.

- Il n'y a plus de thé, fit-elle lorsque la tasse fut vide et le liquide complètement avalé.

- C'est exact, mais vous pouvez en refaire… les sachets sont toujours dans la théière et l'eau chaude sur la table. Vous pouvez…

Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, l'un des sachets s'éleva, se déchira et le thé dedans en sortit doucement, planant jusque dans la tasse vide. Puis l'eau chaude sortit de son conteneur et vola dans sa tasse, la remplissant doucement. L'eau tourbillonna un instant puis la tasse s'éleva et flotta jusqu'à Orihime qui tendit alors le bras et prit la tasse doucement à mi-chemin, n'ouvrant les yeux qu'après l'avoir porté jusqu'à ses lèvres pour ne boire qu'une petite gorgée avant de la reposer.

- Je pense… que vos pouvoirs n'ont pas finis de nous étonner, Orihime-san, fit Urahara en sortant son fan pour cacher son sourire.

Uryû, lui, était scotché sur place, la bouche ouverte, les yeux écarquillés, fixant sa petite amie.

- Télékinésie… balbutia-t-il au bout d'un moment.

- En quelque sorte, oui. L'explication exacte du fonctionnement de ce pouvoir réside dans la manipulation du reiatsu, mais à un niveau de contrôle inégalé à ce jour. Orihime-san, vous avez toujours eu d'impressionnantes capacités de perception, ressentant facilement ce que d'autres ne ressentent pas, même en se concentrant. Avec votre nouvelle faculté de manipulation et de contrôle du reiatsu, vous êtes maintenant à même de manipuler votre environnement selon votre volonté, sur un simple effort mental… Les applications sont infinies, mais selon mon avis, utiliser ce pouvoir en combat doit être particulièrement épuisant et potentiellement dangereux.

- … Je vois… Et comment puis-je m'entrainer avec ce nouveau pouvoir pour le maitriser ? Demanda-t-elle en reposant la tasse elle-même sur la table.

Urahara referma son fan et la regarda droit dans les yeux.

- Avant tout chose, je souhaite procéder à un scan de votre cerveau, afin de vérifier que vous ne risquez rien. Ce genre de pouvoir n'est pas commun et, s'il est lié à vos maux de tête, cela peut signifier une commotion cérébrale, ou que certains vaisseaux sanguins sont endommagés.

- Logique.

- Ishida-san, je pense que votre présence n'est plus nécessaire. Je vais procéder à quelques examens avec l'accord de votre amie et je pense que vous avez hâte de rejoindre les terrains d'entrainement. Si vous me le permettez, je vais aller préparer mes appareils. Je vous laisse discuter seuls pour le moment.

Il se leva et s'éclipsa rapidement.

***.***

Hueco Mundo, Las Sombras Perdidos, Domaine de Lilith

Une tension dans l'air, une sensation qui le titillait sans qu'il ne parvienne à déterminer quoi, mettait Grimmjow particulièrement en rogne. Combiné au fait qu'il ne comprenait pas pourquoi le Conseil avait ordonné la capture et la détention des Shinigamis au lieu de les tuer – oh, il se doutait bien que le Conseil avait une idée derrière la tête mais personne n'en parlait et Lilith prenait un malin plaisir à le laisser dans l'ignorance malgré ses questions répétées – et vous aviez un Arrancar particulièrement irascible. Pourtant, Nel et Tia avaient fait tout leur possible pour qu'il pense à autre chose – les servantes avaient même dû changer leurs draps à 3 reprises en moins de 24 heures – mais rien n'y faisait.

De son côté, Nel était restée étonnamment silencieuse. Particulièrement soulagée de ne pas avoir eu à révéler sa présence et son identité, surtout à Ichigo, elle n'en avait pas moins éprouvé une forte envie de lui sauter dans les bras lorsqu'elle l'avait revu. Mais ce sentiment avait vite été écrasé sous le talon de sa nouvelle personnalité. Ichigo appartenait au passé, Grimmjow était l'homme de sa vie. Un jour, tôt ou tard, elle devrait croiser le fer avec son ancien ami, elle le sentait, mais elle espérait que ce jour serait le plus tard possible.

Quant à Tia, celle-ci avait été longuement questionnée par leur amant commun, puis par Lilith, Tholon et Anabel. Personnellement, elle ne comprenait pas trop l'attention qu'ils portaient tous envers le jeune Shinigami. Il était puissant, certes, mais rien d'insurmontable à ses yeux. Si Grimmjow ne lui avait pas ordonné de le laisser tranquille, elle se serait fait une joie de le capturer également. Mais actuellement, ses pensées étaient plus tournées vers la suite de l'Epreuve et ses rivaux, Isera Van Imperatul, Moriana Raccordem et Donatello Di Granfildak.

- Grimmjow, arrête de tourner en rond. Si tu n'arrives pas à rester en place, va te calmer les nerfs dans la salle d'entrainement, siffla Anabel en le foudroyant du regard, vu que l'ancien Espada était en train de creuser une tranchée dans la salle principale du domaine de Lilith, la dérangeant dans sa lecture.

- Je. Ne. Peux. Pas ! Gronda-t-il. Dois-je te rappeler que Lilith est en train de donner une leçon particulière à Tia et qu'elle a expressément interdit à quiconque de les déranger ?

- Alors retourne dans ta chambre et attend que Tholon en est fini avec Nel. Mais ne reste pas ici, tu me déranges avec tes grognements… A croire que tu es en rut…

Grimmjow eut un sourire narquois.

- En rut ? Je le suis 24h/24 avec ces deux là ! Mais après le sexe-marathon d'il y a deux heures, je me sens plutôt rassasié de ce côté-là, merci !

- Vos exploits sexuels, bien que généralement divertissants, ne m'intéressent pas pour le moment. Va faire mumuse avec les dernières recrues de Julia et Teresa si tu veux.

- Peuh, des larves profiteuses, d'un côté comme de l'autre, aucun digne d'un combat de ce nom ! Je ne m'abai…

Grimmjow se tut soudainement, le regard brusquement braqué vers un mur… ou plutôt au travers du mur.

- Quoi ? Demanda Anabel en se redressant, abandonnant son livre.

Grimmjow ne répondit mal immédiatement, levant un doigt.

- Tu ressens cela ?

- Ressentir quoi ?

L'Arrancar croisa les bras sous sa poitrine et se concentra.

- Je ne ressens rien…

- Justement. Rien. Je sais que Las Ombras Perdidos détraque toutes tentatives de perceptions de reiatsu mais, en règle générale, on parvient toujours à ressentir quelque chose, même si c'est flou et imprécis… Mais là, rien. Il se passe quelque chose.

Brusquement, il était en mouvement, avançant à grands pas vers les quartiers privés de Lilith.

- Grimmjow ? Où est-ce que tu vas ?

- La Chambre de perception de Lilith. Il se passe quelque chose dans le Hueco Mundo et le Château veut nous le cacher ! Et le seul moyen de savoir ce que c'est sans sortir, c'est en se servant de cette chambre.

Anabel pesta intérieurement, Grimmjow avait fini par découvrir ce qui le dérangeait et elle avait justement pour consigne de l'en empêcher.

- Non ! Ce sont les quartiers personnels de Lilith-sama ! Tu n'as pas le droit d'y pénétrer sans son accord !

- Comme si ça allait m'arrêter !

Anabel effectua un Sonido et vint se planter juste en face de lui, les bras écartés, lui bloquant le passage.

- Il y a énormément de choses que j'accepte de laisser passer mais pas ça. Moi vivante, tu n'entreras pas dans les quartiers de Lilith-sama.

L'ancien Espada eut un petit sourire et s'approcha lentement d'elle, la dominant de sa carrure. Anabel le toisa, prête à se battre contre lui si nécessaire, même si elle savait que ces chances de victoire étaient minces.

- Mouais, maintenant j'en suis sûr, tu sais ce qui se passe dehors, accusa-t-il avec certitude.

- Peut-être, je n'ai jamais nié ne pas le savoir…

La main de Grimmjow se refermé sur la gorge d'Anabel et il la souleva presque de terre, son regard devenu furieux.

- Crache le morceau, Anabel, je ne suis pas d'humeur à –

- Lâche-la, Grimmjow, ou, puisque tu sembles tant tenir à visiter mes quartiers, je te ferais enchainé dans mon donjon personnel pendant une semaine, fit une voix glaciale derrière lui. Et crois-moi sur parole, à moins que tu ne te découvres un côté vraiment masochiste, tu n'apprécieras vraiment pas ton séjour.

Grimmjow regarda derrière lui et vit Lilith le toiser, droit dans les yeux. Avec les haut talons de son uniforme, elle faisait exactement la même taille que lui mais il ne relacha Anabel que lorsqu'il croisa le regard de Tia derrière elle, adossée à un mur, se soutenant pour éviter de s'écrouler.

- Tia !

L'instant suivant, il se tenait à côté de sa seconde amante et l'aida à se redresser. Lilith le regarda d'un air calculateur, ayant rattrapé Anabel d'une main pour lui éviter de s'effondrer lorsqu'il l'avait soudainement lâché. Anabel se racla la gorge et repoussa doucement l'aide de Lilith. Celle-ci se pencha alors vers elle et lui embrassa le front.

- Tu as bien agi. Occupe-toi de Tia.

- Il ne voulait pas…

- Je sais ce qu'il voulait, la coupa-t-elle sans plus la regarder.

Grimmjow aida Tia à s'asseoir dans l'un des fauteuil de la pièce et à peine Tia n'eut-elle plus eu besoin de son soutien que Lilith écrasa le talon de sa botte dans son flanc, perçant son Hiero comme un couteau dans du beurre et l'envoyant s'écraser contre un mur à plus de dix mètres. L'ancien Espada grogna et se redressa très vite mais Lilith ne lui laissa pas le temps de souffler. Apparaissant juste devant lui telle la foudre, sa main gauche gantée de cuir fusa en avant et se referma sur sa gorge comme un étau d'acier avant de l'écraser durement contre le mur derrière lui, et de planter l'index de son autre main dans la blessure qu'elle lui avait infligé avec son talon, l'enfonçant jusqu'à la seconde phalange. Grimmjow grogna et voulut se dégager mais deux énormes griffes apparurent soudainement de derrière la cape noire de Lilith et lui clouèrent les bras contre le mur.

- Ne t'avise PLUS JAMAIS de toucher à un seul cheveu d'Anabel sans sa permission, Grimmjow, rugit-elle en tournant vicieusement et douloureusement son doigt dans la plaie, lui arrachant un gémissement de douleur. Et cela en va de même pour toutes les femmes à mon service ! Tu as énormément de chance que je tienne à toi, mais ne va pas croire que cela ne m'empêchera pas de t'écraser comme un insecte si j'estime que tu m'apportes plus de problèmes que de satisfaction. Tu es mon serviteur, à mon service, donc tu obéis à mes règles, mes lois, mes ordres ! J'accepte ton intolérance, j'encourage ton esprit de rébellion et d'indépendance, mais tâche de ne pas oublier à qui tu dois la vie que tu mènes aujourd'hui ! Transgresse encore une fois de manière aussi flagrante mon autorité et je te jure que tu le regretteras !

Elle ponctua sa menace en enfonçant son doigt à fond avant de le ressortir et de relâcher sa victime en reculant d'un pas, léchant ensuite lentement son sang sur son gant. Sans plus lui porter d'attention, elle se dirigea vers Tia qui n'avait pas bougé de sa position, assise dans le fauteuil de cuir, et la força à la regarder dans les yeux d'une main sous son menton.

- Réponds-moi franchement, approuves-tu ma manière de traiter Grimmjow en fonction de se qu'il vient de faire à Anabel ?

- Je ne connais pas les… circonstances… mais il me semble que votre jugement est juste, Lilith-sama.

La Maîtresse Arrancar caressa du doigt l'une des mâchoires d'os de Tia.

- Grimmjow a été un vilain matou aujourd'hui, je t'autorise à le punir comme bon te semblera, à ma place.

Elle se redressa et se dirigea d'un pas majestueux vers ses quartiers, signalant à Anabel de la suivre. Mais la voix de Grimmjow la retint alors.

- Qu'est-ce que… Qu'est-ce qui se passe hors du Château ? Pourquoi…

- Le Château a senti la présence de Shinigami au Hueco Mundo, déclara Lilith sans se retourner. Le Conseil se réunit dans une heure pour déterminer qu'elle sera notre réaction quant à leur présence sur nos terres.

Elle se retourna légèrement pour le regarder par-dessus son épaule.

- Kurosaki Ichigo fait très probablement partie de cette expédition… Et je t'ordonne de te tenir à carreau pour le moment. Interdiction formelle de quitter mon Domaine, pour quelque raison que ce soit.

Elle s'apprêta apparemment à en rester là mais se ravisa.

- Si tu te tiens sage et de manière convenable durant mon absence, tu auras peut-être une chance de régler tes comptes avec lui… Peut-être.

Avant qu'il ne puisse répondre, la porte se referma derrière elles, le laissant seul avec Tia.

Grommelant, il regarda sa blessure et vit qu'il ne saignait plus et qu'elle avait déjà commencé à se cicatriser. Il traversa lentement la pièce et se laissa tomber dans le même fauteuil que Tia mais celle-ci le repoussa à terre d'une main autoritaire.

- Quoi ? Gronda-t-il en se retournant.

- Tu as été un vilain matou, dit-elle d'une voix calme en dégrafant une partie inférieure de son armure. Lilith-sama veut que je te punisse.

- Ha non, pas…

Tia écarta les jambes et releva l'une de ses bottes sur le canapé de cuir, son talon s'enfonçant délicatement dedans sans le déchirer, et dévoilant sa féminité sans la moindre pudeur à son regard.

- A genoux et lèche, ordonna-t-elle en désignant son entrejambe d'un index impérieux.

Grimmjow déglutit mais ne protesta pas.

***.***

Olympe, prisons du domaine d'Héra

Généralement, il régnait sur les lieux un incroyable silence que rien ne venait perturber. L'arrivée de nouveaux prisonniers étaient rares, et bien souvent leur visite des lieux étaient de courte durée. Isshin avait quelque fois visiter des prisons sur terre, en tant que médecin de garde, et là-bas, même en pleine nuit, il y avait toujours des sons, des bruissements, des respirations, des ronflements. Ici, rien de tout cela. Il n'avait même pas de gardes à proximité. Et son plus proche "voisin" était deux étages au dessus. Héra avait tenu à ce qu'il soit enfermé dans le plus sombre et oublié des cachots et les geôliers l'avaient pris au mot, semble-t-il. Même la petite lucarne, qui était la seule source de lumière et donc le seul moyen pour lui de savoir différentier le jour de la nuit

Aussi, lorsque la petite procession entra dans le long couloir menant à sa rangée de cellule, il l'entendit immédiatement et cela le réveilla. Il se redressa sur son séant, grattant sa longue barbe puis se dirigea vers le petit évier dans un coin, juste à côté des toilettes. L'eau était la seule chose qu'il avait en abondance, potable qui plus est, la plomberie était en bon état. Il n'avait pas de serviette aussi avait-il rapidement pris la décision de déchirer l'un de ses draps pour servir comme tel. Ses "invités" étaient déjà en train d'ouvrir la porte de sa cellule qu'il s'essuyait encore le visage et lorsqu'il se retourna, il observa calmement la femme qui entra, seule, avant que la porte se referme derrière elle.

- Hooo, la grande Hikifune-sama… Veuillez m'excuser de ne pas m'être mis sur mon 31 pour votre venue…

- Comment vont vos côtes, Kaminoke-san ? J'ai lu dans un certain rapport que Maltoro-san vous les avait particulièrement maltraité, fit-elle en guise de réponse avec un petit sourire narquois.

- Juliette-chan a toujours été très méthodique… et rancunière.

- Elle a fait des pieds et des mains pour être sur la mission de récupération de votre fils… et elle a été très "contente" de son résultat.

- Désolé, mes informations ne sont guère à jour, mes geôliers n'ont pas jugés utiles de m'amener le journal ces derniers temps.

- Permettez-moi de vous apporter les dernières nouvelles alors, fit-elle sans se départir de sa bonne humeur. Non, je vous rassure, Maltoro n'a pas participé à cette mission. Et non, je vous rassure également, votre fils n'est pas à l'Olympe, il a… "décliné" notre invitation.

- Houu… Pourquoi cette mine sombre alors ? Qui est mort dans cette histoire ?

- Deux pertes, le Colonel Octo Di Toleran, mort au combat, et le Général Katsuhiro Mitsumada, enlevé par les Arrancars.

Isshin ne put s'empêcher de lâcher un bref ricanement en entendant cela.

- Arès doit être en train de fourbir ses armes en ce moment même, prêt à envahir le Hueco Mundo pour aller sauver sa progéniture dorée.

- Je ne te le fais pas dire. Héra et moi avons un peu de mal à le retenir. Mais sur ce point, les Shinigamis nous ont devancé. Ils ont envoyé une expédition au Hueco Mundo pour aller récupérer les Shinigamis enlevés durant l'Epreuve des Arrancars.

- Une Epreuve des Arrancars, en pleine guerre ouverte ?

Isshin garda le silence un instant, regardant la Vaizard en face de lui droit dans les yeux.

- Et vous les avez laissé faire. Seriez-vous devenus fous durant mon absence ?

- Votre fils fait partie de cette expédition. Le Seireitei a été durement touché durant l'Epreuve, la Chambre Centrale des 46 n'existe plus et Aizen a été libéré.

Le regard du patriarche des Kurosaki se fit plus dur.

- Aizen… Encore et toujours… Vous vous moquez bien du Seireitei depuis des années, en quoi cela changerait-il maintenant ? Je parie que tu veux partir à la chasse de ce traître, non ?

Le sourire d'Athéna se fit plus sombre et son regard plus intense.

- Inutile de poser la question, bien sur. Que me voulez-vous, Athéna ?

- Votre ami, Tetsu Mitsumada, est allé au Seireitei pour tenter d'empêcher le recrutement de votre fils.

Isshin leva un sourcil surpris mais ne changea pas pour autant son expression.

- Vous me l'apprenez. Je n'étais pas au courant.

- Bien sur que non. Mais la question du "Comment a-t-il fait pour faire l'aller-retour sans être détecté" se pose… Et ça, je parie que vous savez comment il a procédé. Après tout, vous-même êtes passé entre les mailles du filet à plusieurs reprises.

- Juliette-chan a déjà essayé de m'arracher cette information, en vain. Et vous le savez.

- Votre ami était resté en dehors de l'enquête d'Héra jusqu'à présent, en partie grâce à l'influence de son père. Je ne pense pas que cela durera encore longtemps maintenant. Tetsu a toujours été la bête noire de sa famille.

- Donc vous menacez mes amis maintenant ?

- Je ne menace personne, Kaminoke-san, je me contente de stipuler les faits.

Athéna sembla soupirer un moment puis croisa les bras en s'adossant à l'un des murs de la cellule.

- Kaminoke-san, je ne suis pas votre ennemie, et encore moins celle de votre fils. Savez-vous que j'ai personnellement recruté tous les Vaizards artificiels créés par Aizen ? J'ai toujours été pour le fait de m'occuper de son cas par le passé, seulement j'avais les mains liées et pas assez d'autorité. D'une certaine manière, j'en suis même reconnaissante envers votre fils, il a lavé le linge sale de la Soul Society et de l'Olympe sans rien demander en retour. Et les Vaizards qui étaient sur Terre ont tous gardé une très grande reconnaissance envers lui également, et vous le savez. Je vous le répète, je ne suis pas votre ennemie.

- Inutile de tenter de me convaincre, Hikifune-san, répondit Isshin en baissant la tête et en s'asseyant sur sa couchette de prison. Contrairement à ce que vous semblez croire, je n'ai que peu de pouvoir sur mon fils ou le reste de ma famille et je ne suis pas ce que vous pouvez considérer comme un bon père. Dès la mort de Masaki, Ichigo a été forcé de murir plus vite que prévu et il a rapidement pris son indépendance. Et bien évidemment, ses sœurs ont rapidement pris exemple sur lui. Sans mes pouvoirs Hollow, je ne suis maintenant rien de plus qu'un médecin et un Shinigami vieillissant dont la période de gloire est depuis longtemps passée. Ce que Juliette-chan semble avoir du mal à accepter d'ailleurs.

Athéna se redressa et vint se camper juste en face de lui, le toisant de sa hauteur.

- Alors vous vous êtes résignés à votre sort ? Vous voulez rester là, à croupir dans cette cellule jusqu'à la fin de cette guerre, sans rien faire pour aider votre famille et vos amis ? Il est vrai que vous êtes parfaitement en sécurité ici.

Plus vite que la foudre, Isshin était debout, la toisant furieusement de toute sa taille. S'il avait pu se servir de son reiatsu, il l'aurait fait, mais les murs de sa cellule pompaient comme une éponge la moindre once d'énergie spirituelle qu'il pouvait émettre.

- Ne confondez pas résolution et fatalisme, Athéna-sama, siffla-t-il en crachant presque sur le dernier mot. Vous dites être mon alliée mais jusqu'à présent je n'en ai pas eu la moindre preuve. Ichigo a de nombreux amis au sein du Gotei 13, de bons Shinigamis qui comptent sur lui, et certains même qui tiennent à lui au point de risquer leur peau pour la sienne. L'Olympe ne joue pas franc jeu avec le Seireitei, vous avez mis les Shinigamis dos au mur, coincés entre vous, l'enclume, et les Arrancars, le marteau. Alors ne soyez pas surpris lorsqu'ils décideront de répondre à votre arrogance par la force. Quant à Ichigo, il suivra ses amis, quels qu'ils soient, et il n'a plus rien à apprendre de moi, plus depuis que je lui ai enseigné l'Ultime Getsuga Tenshou. Aizen a échoué dans sa quête du pouvoir devant mon fils… Et si l'Olympe décide de se dresser en ennemi contre lui…

Isshin ne termina pas sa phrase tout de suite, fermant les yeux pour retrouver son calme. Au bout de quelques secondes, il rouvrit les yeux pour achever sa phrase d'une voix posée et ferme, chargée de confiance et de détermination.

- Si l'Olympe se pose comme ennemi du Seireitei, alors vous serez l'ennemi d'Ichigo. Je ne connais pas votre force, Athéna, mais je connais celle d'Héra et d'Arès. Si la vôtre n'est que du même calibre, alors sachez que vous ne faites pas le poids.

- Serait-ce une menace, Kaminoke-san ? demanda-t-elle en lui rendant son regard avec la même intensité.

- Je ne menace personne, Athéna-sama, je me contente de stipuler les faits, répondit-il avec un petit sourire, reprenant sa propre phrase d'une minute auparavant.

Athéna le toisa du regard un long moment sans rien dire puis claqua des doigts. La porte de la cellule s'ouvrit aussitôt et elle se dirigea lentement vers elle, sans perdre Isshin des yeux.

- Apportez-lui un rasoir, histoire qu'il soit plus présentable la prochaine fois qu'il aura de la visite, ordonna-t-elle alors que les geôliers refermaient la porte derrière elle.

Isshin écouta le couloir se vider puis se rassit doucement, soufflant longuement en se demandant s'il avait pris la bonne décision. Il avait menacé un Tribun à la place de son fils, faisant d'elle une de ses ennemies, alors qu'il ne l'avait encore jamais rencontré. Ichigo n'apprécierait certainement pas cette décision.

C'est alors que sa main se posa sur quelque chose de dur sur son lit. Soulevant son drap, il découvrit alors une sorte de pierre rectangulaire d'une dizaine de centimètres, tenant parfaitement dans sa main. Reconnaissant l'objet qu'il venait de trouver et qu'Athéna – immanquablement – venait de lui laisser de manière discrète, il écarquilla des yeux et resta un long moment pensif.

***.***

Comme vous avez pu le constater, ça bouge de tous les côtés ! N'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires, appréciations ou idées, je suis preneur de tout. Avec l'été qui approche, je pense que mon rythme d'écriture va s'accélérer un peu - j'espère en tout cas -, j'ai d'ailleurs déjà bien entamé le chapitre suivant. A bientôt et soyez patient.