Juste un mot de remerciement avant de commencer, pour tout ceux qui m'ont laissé des commentaires et qui semblent apprécier mon histoire. Et un petit merci en plus à Geasseur, pour m'avoir signalé mon erreur – que j'ai bien vite corrigé. Effectivement, c'était Tia et pas Nel. J'en ai profité pour corriger une autre petite erreur de nom, mais celle-là, personne ne semblait l'avoir vu. Concernant le nouveau pouvoir d'Orihime qui semble avoir fait couler un peu d'encre, vous en aurez d'autres aperçus et explications à l'avenir et, même si celui-ci semble très puissant, n'oubliez pas la personnalité de celle qui le possède (Orihime, déchirer des ennemis à distance par la pensée ? Non, c'est vraiment pas son truc, à moins que quelque chose la fasse vraiment disjoncter). Ho, et enfin, Grimmjow masochiste ? Où êtes-vous allé chercher cette idée ? Son caractère est très clairement dominateur à mes yeux, d'où le fait que Lilith le punisse d'ailleurs, pour avoir menacé Anabel. Seulement, il a développé un côté "chevaleresque" vis-à-vis de ses amantes qui fait qu'il ne s'oppose pas trop à elles, la plupart du temps. Et vu la manière dont Tia a tourné sa "punition" vers le sexe, sa réaction était plutôt prévisible et "normale", à mes yeux.
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Soul Society, Seireitei, grotte d'entrainement sous le Soukyoku
Allongée dans la source chaude, Yoruichi regardait du coin de l'œil Tatsuki qui, comme elle, faisait trempette. En fait, pour être plus exact, Tatsuki était à moitié évanouie dans l'eau, immobile, le corps si meurtri par les mauvais traitements de Kitsuko, l'esprit de son zanpakuto, que Yoruichi se demandait si elle ne ferait pas mieux de l'emmener à la 4ième Division pour y passer la nuit.
La détermination de la jeune fille était comme une arme à double tranchant en train de se retourner contre elle. Kitsuko, pour un zanpakuto, était incroyablement dure, sévère, impitoyable et hargneuse. Elle ne tolérait pas la demi-mesure et toute tentative de laxisme ou de choix de la solution la plus facile étaient immédiatement sanctionnés de la manière la plus brutale qu'elle pouvait imaginer sur le moment. Zangetsu avait été un petit chiot attendrissant à côté de la "femme d'affaire frigide", comme l'avait surnommée Tatsuki à un moment donné dans l'après-midi.
Après cette première journée, Yoruichi ne savait pas trop quoi penser du résultat de l'entrainement. Le reiatsu de Tatsuki était certes devenu plus puissant et ses réserves plus grandes mais Kitsuko n'avait pas encore dévoilé un dixième de ses capacités, elle le sentait. Le potentiel de Tatsuki était titanesque, et celui de son zanpakuto de même. Mais ce qui la surprenait le plus pour le moment était la versatilité de son pouvoir.
Contrairement à ce qu'elle et Tatsuki avaient cru au départ, l'épée chinoise à double tranchant n'était pas la forme de Shikai de Kitsuko, ou plutôt ce n'était qu'une des centaines de formes qu'elle pouvait adopter. Tatsuki était une experte en arts martiaux, son zanpakuto était l'essence même de toutes armes utilisable en arts martiaux : bâtons, tonfas, kusarinagi, lance, épée, sabre, claymore, poings renforcés, hache, dague, masse, marteau, rondache, bouclier, chaine, corde, fouet, griffes, zanbato, katana, vous nommez une arme et Kitsuko était capable d'en prendre la forme. Jamais auparavant elle n'avait rencontré un zanpakuto sans forme précise en tant que Shikai.
D'un autre côté, elle ne semblait pas avoir d'autre capacité que cette variété de formes diverses… mais cela ne voulait pas dire pour autant que la chose était aisée pour Tatsuki. Maîtriser une arme et l'art de la manier était une chose, maîtriser une centaine d'armes différentes et savoir toutes les manier avec la même dextérité en était une autre ! Yoruichi était bien placée pour savoir que certains Shinigamis passaient leur vie toute entière à apprendre à maîtriser leur arme sous forme de Shikai, celle-ci étant parfois très différente d'un katana. Pour maîtriser 100 armes différentes de la même manière, il lui faudrait 100 vies ! Certes, en tant que Shinigami, elle allait vivre bien plus longtemps que le commun des mortels mais, là, la tâche semblait vraiment insurmontable.
Enfin dernier point, et Yoruichi n'avait pas mis longtemps à le comprendre, Kitsuko n'était pas qu'une maîtresse en arts martiaux armée, c'était avant et surtout une maîtresse en arts martiaux à mains nues. Son corps était de loin l'arme la plus dangereuse à sa disposition, désarmée elle était encore plus dangereuse qu'armée. Ses coups de poings et de pieds étaient plus dévastateurs que des coups de marteaux, ses genoux et ses coudes plus terribles à l'impact que des blessures nettes comme un coup de sabre et ses mains plus tranchantes que des lames lorsqu'elle le voulait, tout comme ses fouettés de pieds. Et sans oublier que si elle parvenait à vous attraper, vous deveniez alors un jouet entre ses mains, comme une gamine maltraitant une poupée dans tous les sens. Le Vale Tudo de Kitsuko était encore plus destructeur que celui de Tatsuki.
Définitivement faire rentrer Tatsuki dans la 2nde Division sitôt ses examens passés, se promit-elle. Et lui donner quelques stages en tant qu'instructeur à la 9ième, histoire de…
Elle jeta un coup d'œil vers le zanpakuto qui trônait sur un rocher à deux mètres à peine de Tatsuki, toujours à moitié consciente.
Peut-être devrais-je avoir une conversation avec elle lorsque Tatsuki sera endormie ?
- Yoruichi-san, dans combien de temps reprendrons-nous l'entrainement ?
La question la sortit de ses pensées et elle se tourna pour voir que Tatsuki avait de nouveau les yeux bien ouverts et la regardait intensément. Dissimulant sa surprise de la voir de nouveau tout à fait consciente, elle répondit :
- Pas avant demain matin. Tu as eu une journée de 16 heures d'entrainement aujourd'hui et tu veux déjà continuer ? Pour un peu, j'appellerai ça du masochisme.
- Appelez ça comme vous voulez, le fait est que je n'avance pas assez vite… je trouve, répondit la jeune femme en se passant de l'eau sur le visage. Kitsuko est encore très loin de se soumettre à moi. Trois jours, si je ne les exploite pas à fond, ce ne sera pas suffisant pour moi, je le sens.
Elle se redressa et laissa l'eau couler le long de son corps. Ses blessures avaient déjà pratiquement toutes disparu et ne semblaient en tout cas plus la déranger quand elle bougeait car elle sortit de la source sans la moindre hésitation ni faiblesse, se dirigeant vers sa serviette et ses vêtements. 2 minutes plus tard, elle était de nouveau habillée et se rapprocha de la source.
- On reprend. Votre reiatsu est suffisamment régénéré, non ?
- Décidément… Soit, comme tu le voudras, mais avant, tu vas me faire le plaisir de manger un peu. Faire de l'exercice le ventre vide est le plus sûr moyen de se retrouver à l'hôpital.
Le ventre de Tatsuki grogna à la mention de "manger" et la jeune fille détourna la tête pour cacher la honte qui devait être lisible sur son visage.
- Va du côté de l'échelle, j'y ai laissé un sac avec de quoi nous sustenter durant quelques jours… et laisse-moi encore profiter de ce bain pendant un petit quart d'heure et nous reprendrons l'entrainement.
La jeune femme acquiesça et s'éloigna sans trop se presser, laissant Yoruichi seule.
La soirée va être longue, je le sens, songea la femme-chat.
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Hueco Mundo
L'expédition se tenait cachée derrière une dune, à un kilomètre seulement environ de la mesa signalée par Ichigo. Kunieda Mayuko, 4ème Siège de la 2nde Division, se matérialisa soudainement à côté de Soi Fon, un genoux à terre, sa tenue moulante dissimulant l'intégralité de son corps hormis ses yeux.
- Le bâtiment est effectivement abandonné, et ce depuis plusieurs années, Soi Fon-Taichou, commença-t-elle. D'après sa taille et l'agencement de l'endroit, il devait être utilisé par des Arrancars, ou des Hollows d'apparence humaine. Les Hollows que j'ai trouvé sont réunis en une sorte de tribu, il y en a environ une quinzaine, que des Adjuchas, aucun Arrancar. Ils évitent consciencieusement de s'approcher du bâtiment, pour une raison ou pour une autre, et ne sortent que pour chasser.
- Vraiment sauvage comme comportement, commenta doucement Renji.
- Ils ont constamment deux guetteurs postés en hauteur, dans les collines, mais je les ai facilement approché sans qu'ils ne me sentent, termina-t-elle, ignorant le commentaire du Lieutenant de la 6ème Division.
Soi Fon approuva d'un hochement de tête et se tourna vers les autres.
- Plan A ?
- Pas d'objection, fit Kenpachi en posant la main sur son sabre avec un grand sourire.
- Kunieda-san, avez-vous pu explorer les grottes ou découvrir leur agencement ? Demanda Kiritsugu Haruka.
- Négatif.
- Alors je suggère que nous n'entrions pas de force mais le plus discrètement possible, dans un premier temps. Il se pourrait que ces grottes soient un véritable labyrinthe et, si tel est le cas, nous risquerions de nous y perdre. Les Hollows pourraient s'enfuir et s'enfoncer très loin avant que nous les interrogions si nous les effrayons.
- Une sage suggestion, confirma Unohana.
- Que j'approuve également, fit Soi Fon après une courte réflexion. Voici le plan d'attaque : Kunieda-san et moi allons nous occuper des guetteurs. Nous les capturons vivants, dans la mesure du possible. Ensuite, Kuchiki-Taichou et Unohana-Taichou, vous entrerez dans la grotte le plus discrètement possible. Abarai-Fukutaichou, vous les accompagnez. Zaraki-Taichou, vous resterez à l'extérieur avec les autres membres de l'expédition pour surveiller l'entrée et capturer tout fuyard ou chasseur revenant au bercail. Yamada-san, vous resterez avec eux. Une fois les guetteurs sécurisés et interrogés, je rejoindrai l'équipe d'exploration.
- Je laisserai des glaçons sur le chemin pour signaler s'il y a des embranchements, fit Rukia.
- Très bonne idée. Attendez notre signal pour intervenir. Enfin, rappelez-vous notre objectif : nous sommes ici pour récupérer des informations, pas pour nettoyer le Hueco Mundo de tous les Hollows que nous croiserons.
Tout le monde approuva le plan – Kenpachi aussi, bien qu'un peu à regret – et Soi Fon et Kunieda disparurent dans un élan de Shunpo.
Dix minutes plus tard, tout était terminé. Les Arrancars n'avaient pas opposé de réelles résistance, surtout après la mort des deux plus "fortes têtes". Leurs corps se dissolvaient doucement dans l'atmosphère tandis que Soi Fon avança vers celui qui semblait être le plus "ancien" du groupe.
- Nous sommes à la recherche d'informations. Répondez à nos questions et nous vous laisserons tranquille.
- Quelle garantie avons-nous que vous ne nous tuerez pas après ? Gronda un autre Arrancar au corps de serpent.
D'après son visage, Ikkaku allait faire une remarque mais Soi Fon lui coupa la parole avant enlevant la main.
- Vous n'en avez pas, mais sachez que nous sommes très déterminés. S'il faut vous tuez un par un pour obtenir ce que nous voulons, nous le ferons… Vous n'avez donc rien à perdre.
Les Hollows se regardèrent un long moment puis le plus ancien, donc le masque blanc était fissuré de partout, demanda :
- Que voulez-vous savoir, Shinigami ?
- Las Ombras Perdidos. Où est-ce ?
La moitié des Hollows se mirent à ricaner, l'autre la regarda avec des yeux surpris avant d'accompagner les autres dans leurs caquètements. Cela énerva plus d'un Shinigami mais l'ancien répondit avant que la situation ne dégénère.
- Las Ombras Perdidos, vraiment ? Ce n'est qu'une légende, Shinigami… La terre promise des Hollows… L'équivalent de votre paradis. Ce lieu dont tu parles n'existe pas, ce n'est qu'un mythe. Je vis au Hueco Mundo depuis plus de 250 ans et j'ai parcouru ce désert en long et en large sans jamais le rencontrer.
- Cela n'a rien d'étonnant, murmura Rukia en s'approchant de Soi Fon. D'un autre côté, je doute que les Arrancars acceptent de se confier ce genre d'info à des Hollows aussi sauvages…
Soi Fon acquiesça mais avança d'un pas de plus vers l'ancien.
- Légende ou pas, vous en avez entendu parler, vous savez des choses concernant ce lieu soi-disant mythique. Parlez-nous-en.
- Il n'y a pas grand-chose à dire, personne ne sait où c'est, et on dit que tout ceux qui y sont allés y restent, aucun n'est jamais revenu pour en parler. Cependant, il y a bien une autre légende qui s'en rapporte.
Là, le vieil Hollow se mit à ricaner et avança un doigt, traçant un trait dans le sable de la grotte, puis un cercle juste au dessus.
- Las Ombras Perdidos… Littéralement, les Ombres Perdues en espagnol. Le soleil n'existe pas au Hueco Mundo, mais la Lune, elle, est bien là. C'est notre astre, éternel, immobile, immuable… Pour le voyageur, Las Ombras Perdidos, c'est là où il perd son ombre.
Il se recula d'un pas et termina d'une voix morne :
- C'est tout ce que je sais, Shinigami. Maintenant, tenez parole et partez.
Soi Fon allait ajouter quelque chose mais Rukia l'arrêta et la tira doucement en arrière.
- C'est bon, nous savons où aller.
D'un geste, elle ordonna le retrait et tous les Shinigamis reculèrent et s'éclipsèrent rapidement en shunpo, tenant leur parole.
Deux minutes plus tard, ils étaient tous regroupés en haut d'une dune dominant le désert, à un kilomètre environ de la Mesa.
- Alors Kuchiki, tu sais où on doit aller ? Parle ! Demanda Kenpachi, un peu pressé. Parce que moi, j'ai rien compris à son charabia…
- C'est pourtant assez simple, rétorqua Rukia avec un sourire narquois dans sa direction avant de se tourner vers l'horizon et de pointer droit vers le désert. Las Ombras Perdidos est par là.
- Mais bien sur, la Lune, confirma Unohana en regardant l'astre blanc dans le ciel.
- Quoi la Lune ? s'étonna Ikkaku. En quoi elle a un lien avec toute cette histoire ?
- Il n'y a pas de soleil au Hueco Mundo, pas de jour, il n'y a que la Lune, répondit Ichigo en se grattant la tête avec une expression démontrant clairement qu'il avait lui aussi compris. Et qui plus est, cet… astre… ne bouge pas, elle est toujours au même endroit. Contrairement au monde mortel et à la Soul Society, qui semblent tous les deux être comme des planètes dans un système solaire, avec des étoiles et tout le reste, le Hueco Mundo me fait plus penser à cette description des enfers du Moyen Âge : un monde plat, apparemment sans fin, plongé dans une nuit éternelle. Mais la Lune, elle, ne bouge pas et elle n'est pas n'importe où. Elle est là, continua-t-il en la désignant. A une position bien précise, et elle est la seule source de lumière naturelle ici et donc la seule source d'ombre naturelle.
- Les Ombres… Donc, si on suit votre logique, Las Ombras Perdidos serait à un endroit caché d'elle, là où on ne la verrait pas, donc le plus loin possible d'elle, répliqua Renji, montrant alors l'horizon dans la direction opposée. Donc ça devrait être plutôt par là, non ?
- Votre raisonnement n'est pas complètement faux, Abarai-Fukutaichou, fit Haruka en avançant dans la direction de Rukia. Mais dans le cas précis, je pense que Kuchiki-Taichou, Unohana-Taichou et Kurosaki-Fukutaichou ont raison. A la base, lorsque l'on s'éloigne d'une source de lumière, notre ombre ne fait que grandir sous nos pieds. Mais prenez plutôt le raisonnement inverse : à votre avis, que se passera-t-il lorsque nous nous approchons de cette lumière… et lorsque nous serons arrivés juste en dessous de la Lune ?
- Et bien notre ombre sera…
Il ne termina pas sa phrase car il venait de comprendre, de même que tous les autres, Kenpachi et Ikkaku aussi.
- Las Ombras Perdidos… Là où notre ombre disparait parce qu'elle est juste en dessous de nous, on ne projette pratiquement plus d'ombre lorsque le soleil est au zénith sur terre, ou à la Soul Society. C'est pareil ici, fit Hanatarô en comprenant à son tour.
- Bien vu, Kuchiki, confirma Kenpachi, content d'avoir compris et sachant enfin où aller sans le risque de se tromper. Et en plus, aucun risque de perdre notre chemin dans ces conditions, il suffit de lever les yeux pour le savoir. ALLEZ, EN ROUTE ! Nos camarades nous attendent !
Dix secondes plus tard, seules leurs empreintes marquaient encore leur passage et l'ensemble de l'expédition avançait rapidement vers l'horizon au rythme d'un Shunpo soutenu.
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Olympe, Domaine d'Athéna
Le bureau d'Athéna était à la mesure de celui des autres chefs de section de la Garde Royale : grand, spacieux, luxueux et très historique. Une véritable plongée dans l'antiquité gréco-romaine. Désorientant, pour le groupe de Vaizards qui avait pris possession des fauteuils et canapés en attendant le retour de leur patronne. En deux ans, ils s'étaient tous bien habitués à leur nouveaux vêtements et avaient même personnalisés leurs tenues selon leurs goûts sans que cela n'attire trop de regards. Pourtant, à chaque fois qu'ils venaient dans ce bureau, ils étaient toujours un peu choqués par son apparence.
- Je n'aime vraiment pas cette idée. Vraiment, vraiment pas… Est-ce que je vous ai dit que je n'aimais pas du tout cette idée ? Parce que…
- Oui, tu nous l'as déjà dit et répété plus de cent fois déjà alors maintenant tu la fermes avant que je décide de te coudre ce qui te sert de bouche afin de nous offrir une minute de silence bien méritée !
Hirako Shinji se tient silencieux à partir de ce moment, peu désireux de s'attirer d'avantage les foudres de Yadomaru Lisa, qui venait de l'apostropher – en lieu et place de Sarugaki Hiyori, seule actuelle absente de leur groupe – et qui reprit la lecture de son porno sans plus lui adresser la moindre attention. Khonz Leonitz, Ootoribashi Rôjûrô alias Rose, Muguruma Kensei, Aikawa Love, Hachigen Ushoudo et Mashiro Kuna étaient tous silencieux, contemplant intérieurement le plan qu'ils devaient suivre, un plan dressé par leur patronne, en vue de sécuriser Ichigo et sa famille à l'Olympe… dès qu'ils y auraient mis les pieds, bien entendu, ce qui n'était pas prêt d'arriver, semblait-il, d'après le dernier contact que Lisa et Khonz avaient eu avec leur ancien ami.
- Et si on infiltrait le Seireitei pour kidnapper les sœurs d'Ichigo ? Proposa Mashiro. On pourra toujours leur expliquer la situation après coup et…
- Tessai protège les deux sœurs. Et il y a toujours le Quincy et Orihime-chan, sans compter Arisawa-san, mentionna Shinji sans bouger de sa position, les yeux levés vers le plafond.
- Aucun des quatre ne représente une menace sérieuse, fit Kensei, soutenant l'idée de Mashiro. Je pense que nous aurions de bonnes chances…
La porte du bureau s'ouvrit et Athéna y entra d'un pas vif, rapidement suivie par Hiyori. La petite Vaizard ne quittait pratiquement pas Athéna de la journée et était devenue sa "secrétaire" attitrée, ce que Shinji trouvait complètement stupide car Hiyori avait autant de talent en tant que scribe que lui en socialisation.
- Déjà de retour ? demanda Khonz. A voir votre mine, la discussion ne s'est pas passée comme prévue…
- Kaminoke Isshin n'est pas avec nous, pour le moment, mais je lui ai laissé de quoi réfléchir, répondit Athéna en s'asseyant à son bureau.
- Toujours aucune piste sur le dernier intrus ?
- Rien de rien. Je leur ai tendu la perche avec les deux capitaines et Shihouin mais ni Apollon ni Artémis n'ont réagi. Ils sont restés muets comme des tombes sur celui ou celle qui a accompagné Mitsumada Tetsu… et Isshin ne sait rien à ce sujet. Interroger Mitsumada Tetsu serait le moyen le plus rapide de percer la vérité à jour mais Arès est sur les dents depuis que son fils aîné a été kidnappé. Il surveille de près les agissements de toutes les autres familles tel un lion protégeant sa progéniture. Approcher Tetsu dans ces conditions serait une perte de temps, car je doute qu'il montre coopératif. Comment avance le plan B ? Demanda-t-elle en désignant la table basse où trônait un plan du Seireitei et des dossiers sur les Shinigamis.
- Point mort. Ichigo étant parti au Hueco Mundo avec les autres Vaizards supposés, il ne reste plus que ses sœurs au Seireitei parmi les cibles importantes… Mais ses amis ne l'ont pas suivi. Orihime-chan, le Quincy et Arisawa-san sont toujours là-bas. Kidnapper les sœurs est hors de question, ajouta-t-il en adressant un regard ferme vers Mashiro et Kensei, à moins de vouloir voir Ichigo débarquer ici sabre au clair et prêt à retourner chaque pierre de l'Olympe pour les retrouver… et décapiter tout ceux qui auront eu un lien, direct ou non, avec leur enlèvement, quelle qu'en serait la raison.
- De ce point de vue, envoyer Mitsumada Katsuhiro était une monumentale erreur, cela n'a fait que jeter de l'huile sur le feu.
Athéna resta silencieuse un moment, tapotant ses doigts sur la table puis claqua sa paume dessus dans un geste de finalité.
- Très bien, on abandonne le plan B. Laissons les choses se tasser un peu côté Seireitei et concentrons-nous sur la recherche d'Aizen pour le moment.
- Avec grand plaisir, souffla Shinji, relâchant une inspiration qu'il retenait intérieurement depuis quelque temps déjà. Kidnapper des gamines n'allaient pas avec mon sens moral.
Hachi fit survoler sa main au dessus de la table et claqua des doigts. Aussitôt la carte et les dossiers disparurent pour réapparaître parfaitement empilés et rangés sur un coin du bureau d'Athéna.
- Résumons-nous, fit Athéna en s'adossant confortablement dans son fauteuil. Que savons-nous sur la fuite d'Aizen ?
- Pas grand-chose en fait, le Seijôtôkyorin était un site lourdement protégé, fait de pierre spéciale Sekkiseki qui bloque toute perception de reiatsu. Même nous, nous ne pouvons rien sentir là-bas. Aizen était enfermé au 8ème sous-sol de la prison, le Muken. Nous savons qu'il en a été libéré car sa cellule n'a pas été touchée par ce qui a détruit 95 % de la zone, une sorte de trou noir ayant tout emporté jusqu'au 7ème sous-sol. Des morceaux de sa camisole retrouvés sur le sol prouvent sa fuite, résuma Shinji.
- Le trou noir avait peut-être comme but de cacher sa fuite ?
- Possible, dans un tel cas c'est un échec puisque nous savons qu'il s'est enfui. Toujours est-il que nous manquons d'information sur l'origine de ce "trou noir". Est-ce une arme ? Une technique ? Un pouvoir ? Une technologie ?
Khonz ne faisait là que lever d'avantage de questions.
- L'Olympe n'a pas un service technologique comme la 12ème Division du Gotei 13 ?
- Bien sûr que si, dirigé par Héphaïstos. Elle a déjà fait une demande auprès du Tribunat pour envoyer une équipe analyser la zone, mais nous lui avons refusé l'accès, pour le moment. Le Seireitei ne nous voit pas d'un bon œil et je doute que Yamamoto et Urahara accepteraient que nous marchions sur leurs plates-bandes sans rien dire. De plus, la mort d'Octo Di Toleran n'a pas arrangé les choses, Héra est à deux doigts de démettre le vieux fou de son poste par les voies officielles, enfin. Depuis le temps que j'attendais ça.
Tous entendirent clairement la satisfaction dans sa voix. Non, Athéna n'appréciait vraiment pas le vieux commandant.
- Sauf que dans la situation présente, le Seireitei est en train de se séparer de nous, de devenir une entité indépendante, signala Rose en regardant Athéna droit dans les yeux. Et je doute que Yamamoto soit le mouvement moteur de cette séparation, il est trop attaché aux anciennes règles pour ça.
- Une chose à la fois, ne nous éloignons pas du sujet. La gestion du Seireitei n'est pas du ressort de mon service, mais de celui d'Héra et d'Hermès. Aizen, concentrons-nous sur ce bâtard. Nous devons le retrouver, rappela Athéna.
- Les pistes sont maigres. La fuite de sa cellule, ok, mais sortir du Seireitei sans être repéré… Son reiatsu était complètement nul en plus, je doute qu'il ait eu le temps de régénérer ses pouvoirs avant de prendre la fuite, signala Kensei.
- Le Hougyoku reste une source de mystère, son étude avait révélé qu'à la base il contient un énorme reiatsu mais qu'il ne l'offre qu'à ceux digne de le commander… Et Aizen a perdu ce pouvoir, non ? continua Mashiro.
- Il peut l'avoir retrouver, ça expliquerait sa fuite, supposa Lisa.
- Improbable. Urahara Kisuke ne semble pas le genre d'homme à laisser ce type de risque courir sans prendre de précaution, trancha Shinji.
- Tu penches donc sur une aide extérieure ? Demanda Love.
- Aizen ne manquait pas de subalternes, à la Soul Society comme au Hueco Mundo. L'un d'eux aurait pu passer entre les mailles du filet de la purge menée après sa défaite, confirma Shinji.
- Et si un Arrancar avait fait le coup ? Supposa Hiyori.
- Un de ses anciens sbires ? Qui se serait mêlé à la diversion ? Avança Khonz.
- Ou qui appartiendrait à la Garde Noire maintenant, continua-t-elle. Il me semble avoir lu quelque part que certains Espadas d'Aizen avait rejoint le camp adverse.
- Oui, Grimmjow Jaggerjack, l'ancien N°6. Il a fait partie de l'Epreuve d'i mois, à Las Noches, confirma Athéna.
- L'hypothèse se tient. Mais entrer au Seijôtôkyorin sans se faire repérer est une sacrée prouesse en soi. Je doute que cet ancien Espada ait les talents nécessaires pour cela. Il était plutôt du style combattant… L'un des grands ennemis d'Ichigo si mes souvenirs sont exacts, se rappela Shinji.
- Le point que je voulais signaler est que si un Espada est devenu membre de la Garde Noire, d'autres ont pu suivre son exemple, grogna Hiyori.
- Effectivement.
- Et si…
Quelqu'un frappa à la porte du bureau d'Athéna, interrompant la conversation.
- Entrez, ordonna Athéna.
- Mes excuses, Athéna-sama, vous avez la visite d'Héra-sama.
Aussitôt, tous les Vaizards de la pièce se levèrent sans dire un mot et se dirigèrent vers la seconde porte du bureau, à l'opposé de la première, donnant sur le boudoir. Seule Hiyori resta avec Athéna. Lorsque la porte du boudoir fut refermée, elle fit un geste vers sa secrétaire qui s'écarta du chemin.
Une petite vieille femme entra, s'appuyant sur sa canne qui claquait doucement sur le sol de marbre. Le visage couvert de rides, ses longs cheveux gris ramenés en un chignons complexe, portant de vieilles lunettes, elle s'avançait lentement, semblant mesurer le moindre de ses pas, et alla s'asseoir, sans dire le moindre mot, dans l'un des fauteuils sur un coussin que Hiyori vint lui installer en silence.
La vieille femme n'était pas venue seule. Derrière elle, marchant à la même allure, Juliette Maltoro l'accompagnait, revêtue fièrement de sa tenue de général, fraichement acquise depuis la capture d'Isshin. Elle resta debout, au côté d'Héra qui soupira d'aise une fois installée.
- Souhaitez-vous quelque chose à boire ? Café, thé, chocolat ?
Héra se contenta d'hocher négativement la tête et désigna le fauteuil vide en face d'elle, intimant l'ordre à Athéna de s'y asseoir. Juliette déclina également l'offre d'un simple signe de tête.
- Hiyori, un thé pour moi, je te prie, fit-elle en s'asseyant dans le fauteuil désigné. Que me vaut l'honneur de votre visite, Héra-sama ? Vous auriez dû me demander de venir plutôt que de vous déplacer.
- Foutaise, lâcha la vieille femme dans un grognement. Je suis vieille mais pas impotente au point de ne plus pouvoir me déplacer, et puis il faut bien que je m'entretienne un peu de temps en temps, une petite balade ne peut pas me faire de mal.
Athéna garda son sourire et son silence. Héra attendit que Hiyori eut fini de la servir avant de reprendre.
- Je vois que tu as enfin bien domestiqué ce jeune singe, commenta-t-elle en désignant de sa canne Hiyori sans même la regarder. De sérieux progrès dans son comportement depuis notre dernière rencontre.
La plus jeune des Vaizard dans la pièce garda le silence mais serra les poings de colère sous l'insulte. Elle se rappelait encore sa cuisante correction lorsqu'elle avait traité la doyenne des Vaizards de "vieille bique dégénérée". Elle avait alors appris à ses dépends que les apparences étaient trompeuses. Loin d'être faible, Héra lui avait donné une leçon d'humilité dont elle se souviendrait toute sa vie… Et une raison pour la haïr sur la même période. Elle resta donc impassible, faisant de son mieux pour l'ignorer.
- Hiyori a toujours été très spontanée dans ses réactions et son instinct est très souvent correct, c'est pourquoi j'aime la savoir auprès de moi, expliqua Athéna sans rien changer à son sourire. Elle se trompe rarement sur le type de personne qu'elle rencontre. Je reconnais toutefois que son tempérament volatil était légèrement déplacé lors de votre seconde rencontre, mais c'est de l'histoire ancienne.
- Je note que tu ne dénies pas les commentaires déplacées et les insultes qu'elle a proféré à mon égard, glissa Héra en élevant légèrement son reiatsu.
- Allons, tout l'Olympe sait qu'elle n'a fait que crier bien fort ce que tout le monde pense tout bas, répondit Athéna en élevant son reiatsu au même niveau qu'Héra, sans rien perdre de son calme et son sourire, bien entendu.
- Hmm, hyahyahyahya, tes propres commentaires restent toujours aussi vindicatifs à mon égard, gamine. Mais ne commet pas l'erreur de me comparer à ma défunte petite sœur dont tu as pris le poste, gronda-t-elle en élevant d'avantage son reiatsu.
- Votre sœur était une personne que je respectais au plus haut point, Héra-sama, je vous l'assure une fois de plus… commença-t-elle très calmement avant de prendre une gorgée de son thé. Et une combattante redoutable. Mais sa folie aurait dû être "diagnostiquée" depuis longtemps. D'une certaine manière, si vous aviez voulu qu'elle survive, vous auriez dû agir avant… avant que je sois obligée de prendre les choses en main par moi-même. Et vous saviez que cela se terminerait en un bain de sang. Rien que pour cela, de mon point de vue, vous êtes et serez toujours… une "vieille bique dégénérée".
Athéna reposa sa tasse sur la table et éleva soudainement son reiatsu si haut que la tasse, l'assiette et la table de marbre se fissurèrent. Mais si son propre reiatsu n'avait pas fait ces dégâts, cela aurait été celui d'Héra qui les aurait provoqué car la vieille avait elle aussi élevé son reiatsu en guise de réponse aux dires d'Athéna. Les deux Tribuns se mesurèrent du regard sans se départir de leur expression, Athéna avec son sourire calme et Héra avec son sourire sarcastique. Juliette avait posé la main sur le pommeau de son sabre mais Hiyori n'avait pas bougé d'un pouce, sa main appuyée fermement sur le dossier du fauteuil d'Athéna, tentant de rester impassible sous la pression des reiatsus des deux Tribuns.
- Hyahyahyahya, il y a peut-être une part de vérité dans tes propos, gamine, mais d'un certain point de vue seulement. Après tout, je n'appréciais pas vraiment ma sœur, elle était toujours trop jalouse de mes succès.
Les deux reiatsus disparurent et tout le monde dans la pièce sembla se détendre d'un seul coup… sauf Athéna, qui était toujours aussi détendue que depuis le début de la conversation.
- Et si vous me disiez la raison de votre visite ?
- Aizen Sousuke et Kurosaki Ichigo.
- Cela fait deux raisons à ce qu'il me semble.
- Ne me prend pas pour une aveugle ou une imbécile, gamine. Aizen est libre et il doit être en train de se cacher comme un rat dans les égouts. Son ennemi direct est Kurosaki Ichigo. Resté enfermé pendant deux ans et demi n'a pas dû amélioré sa santé mentale et, même si la vengeance n'est pas sa motivation première, il est fort à parier qu'il ne tentera rien de sérieux avant d'avoir éliminé son ennemi N°1, l'ainé de la progéniture de Kaminoke Isshin. Tu es allée ordonner à Artémis de lancer ses limiers sur Kurosaki pendant que tu veux te concentrer sur Aizen mais tu sais tout aussi bien que moi qu'en trouvant l'un, tu trouveras l'autre pas loin, dans un sens ou dans l'autre. Qui plus est, où crois-tu qu'Aizen est allé se réfugier après sa fuite ? Il n'y a qu'un seul endroit où il ait accès et où il puisse se cacher. Et nous savons où le gamin est actuellement.
Le Hueco Mundo, fut la réponse commune en pensée des 4 Vaizards.
- Nous savons tous les deux qu'Artémis enverra Mitsumada Tetsu sur la mission de capture du jeune Kurosaki… Et nous savons toutes les deux que l'ainé des Mitsumada est le seul à savoir qui s'est infiltré avec lui au Seireitei durant l'Epreuve.
Il y eut un moment de silence après cette déclaration, les deux Tribuns s'affrontant toujours du regard. Finalement, Athéna se lécha doucement les lèvres et se pencha légèrement en avant.
- Vous n'avez aucun intérêt pour Aizen ou Kurosaki.
- L'un comme l'autre ne représente rien de personnel à mes yeux, confirma la vieille peau. Contrairement à elle, fit-elle en désignant du pommeau de sa canne sa subordonnée qui était revenue à une posture classique.
- Ho ? Et puis-je connaître son intérêt dans cette affaire ?
Héra ne répondit pas, laissant le soin à Juliette de s'exprimer, ce qu'elle fit après un court silence – qui lui servit comme confirmation qu'Héra voulait qu'elle le dise elle-même.
- Kurosaki Ichigo est un Vaizard, qu'il le veuille ou non, et par ce seul fait tombe sous notre juridiction. Directement ou indirectement, il a aidé à la capture d'un Général Vaizard de la Garde Royale par un Chevalier Arrancar de la Garde Noire et désobéit à un ordre direct du même Général. Il doit être arrêté et présenté devant la Justice d'Olympe.
- Jolie couverture professionnelle. Et j'imagine que cela n'a rien à voir avec le fait qu'il est le fils de Kaminoke Isshin ?
- Je mentirai si je disais le contraire, confirma la général en fermant les yeux. Mais je vous assure que je ne laisserai pas passer mes sentiments avant mon devoir. Je suis un Général de la Division d'Héra avant d'être la fiancée éconduite d'un criminel. De plus, le fils n'est en rien responsable des actes de son père. Les crimes dont il est accusé sont les siens, commis durant sa vie, et il sera jugé en fonction d'eux seulement.
- Une véritable profession de foi, ma parole, commenta Athéna sans se départir de son sourire tandis que Hiyori retirait la tasse et l'assiette cassées et en posait de nouvelles. Vous devez être très satisfaite des services de quelqu'un d'apparemment si dévouée, Héra-sama.
- Maltoro-san avait depuis longtemps mérité sa récente promotion, promotion qu'elle avait refusé constamment jusqu'à ces derniers mois.
- Mes excuses, Héra-sama, je ne m'en sentais pas digne tant que Kaminoke était en liberté.
Héra balaya le commentaire de sa subordonnée d'un petit geste de la main.
- Même en tant que Colonel, j'avais déjà plus de respect et de confiance envers elle qu'envers certains de mes généraux, et mon impression à son sujet n'a pas diminué d'un iota à ce jour, confirma Héra.
- Pourtant, il ne me semble pas avoir mentionné le jeune Kurosaki. Je voulais connaître son impression sur cette affaire, pas sur le fils d'Isshin.
- Certes mais tu as tendu la perche dans ce sens, gamine. Sur Ordre de Zeus, et qu'il soit mort ne change rien, le sort Aizen n'est pas de notre ressort, seul le fils de Kaminoke l'est… ainsi que Mitsumada Tetsu. Bien entendu, tu as tous les pouvoirs pour traquer Aizen sans la moindre restriction aujourd'hui, mais c'est ton choix personnel, gamine. Cet homme ne représente plus la moindre menace pour nous… pour le moment, en tout cas.
- Je vois, fit Athéna après un long silence durant lequel elle avait dévisagé ses deux invitées. Votre but est double : Interroger Mitsumada Tetsu sur l'identité de l'autre intrus au Seireitei et capturer Kurosaki. Mais comme vous ne pouvez pas imposer la présence de votre général dans l'équipe qu'Artémis va envoyer, vous voulez que je la prenne dans la mienne. Hmmm… Ma foi, je n'y vois pas d'inconvénient, tant que vous me disiez le lien que vous cachez de toute cette affaire avec Aizen. Après tout, vous aviez bien dit que cette affaire le concernait également.
- Hmm… Hyahyahyahya, tu es plus fine que je le pensais, gamine. Oui, cela concerne bien aussi Aizen, et pas seulement parce que Kurosaki et lui sont dans le même monde… Nous savons qu'il y a eu un intrus non identifié… mais qu'a fait cet intrus ? Du tourisme ? Mitsumada a tenté de s'interposer au recrutement et il a rencontré Shihouin sur son chemin… Mais aucune trace de notre second visiteur.
- Vous supposez donc qu'il aurait aidé à libérer Aizen ? Que nous aurions un véritable traître, un vrai traître dans tous les sens du terme, parmi nous ?
- C'est une possibilité, n'est-ce pas ? Et dans un tel cas, Aizen dispose d'informations sur notre traître.
- Laissez tomber, lâcha Hiyori en prenant pour la première fois la parole.
La réaction d'Héra fut immédiate, son regard se braquant sur la jeune Vaizard et sa main se serrant sur la poignée de sa canne. Toutefois, Athéna leva la main avant qu'elle ne puisse faire quoique ce soit et demanda :
- Que veux-tu dire par là, Hiyori ?
- Aizen n'est pas du genre à dévoiler ses secrets, tant que ceux-ci peuvent être un avantage pour lui. De plus, n'oubliez pas le pouvoir de son zanpakuto : il peut vous faire croire ce qu'il veut.
- Nous sommes déjà au courant, Sarugaki-san. Mais il y a des conditions pour que les pouvoirs de son zanpakuto affectent une personne, conditions que je ne remplie pas, tout comme le fils de Kaminoke en son temps, fit Juliette en intervenant à son tour. De…
Elle sembla vouloir ajouter quelque chose mais Héra leva sa main, l'interrompant.
- Pour terminer, je vous dirais simplement que ses pouvoirs ne peuvent rien contre elle. Maltoro-san est l'une des rares Vaizards que je connaisse qui soit capable de remplir cette mission à bien. Et il en est de même pour Kurosaki Ichigo. Si la situation venait à s'envenimer, pour quelque raison que ce soit, arrangez-vous pour qu'elle soit contre lui, à un contre un, et il n'aura aucune chance de remporter la victoire.
- Vraiment ? Fit Athéna, maintenant très intéressée par Juliette. Parce que Kaminoke m'a tenu un discours assez surprenant il y a moins d'une heure… Il m'a dit que son fils était aussi puissant que vous et moi.
- Ha ! Permets-moi d'en douter, et avec preuves à l'appui ! Mitsumada Katsuhiro a croisé le fer avec le gamin et il a pratiquement remporté le combat ! Si cet Arrancar ne l'avait pas capturé, le fils de Kaminoke ne serait plus que de l'histoire ancienne à l'heure qu'il est. Et Maltoro-san est BEAUCOUP plus forte que ce crétin sans cervelle, croyez-moi.
Héra balaya le commentaire d'un geste définitif de la main, mettant un terme au sujet. Mémorisant l'information, Athéna ne poursuit pas, se contentant de se lever.
- Vos arguments se tiennent, Héra-sama. Soit, j'accepte de prendre Maltoro-san dans mon équipe. Si cela ne la dérange pas d'être sous les ordres du Général Khonz, elle sera la bienvenue.
La vieille Tribun se releva en faisant claquer sa canne sur le sol de marbre et se dirigea vers la sortie, faisant signe à Juliette de la suivre. Les deux femmes s'éloignèrent de quelques pas durant lesquelles la vieille harpie murmura quelques dernières consignes à l'oreille de sa subordonnée, sans que personne d'autre ne puisse les entendre. Puis Juliette ouvrit la porte du bureau et céda le passage à sa supérieure.
- Merci d'avoir accéder à ma requête, gamine, lança-t-elle sans se retourner.
- Mais je vous en prie, Héra-sama, c'est tout naturel. Nous sommes alliées, après tout, répondit Athéna toujours aussi souriante.
La vieille Tribun grommela quelque chose et s'en alla, laissant sa subordonnée refermer la porte derrière elle.
- Bien, Maltoro-san, je pense qu'il est temps que vous fassiez connaissance avec le reste de l'équipe, fit-elle en claquant des doigts.
L'autre porte du bureau s'ouvrit et les Vaizards revinrent tous tranquillement dans la pièce pour reprendre leur meeting stratégique.
***.***
Soul Society, Seireitei, grotte d'entrainement sous le Soukyoku
- Oyaaa… Mais que s'est-il donc passé ici ? Demanda Urahara Kisuke en avançant précautionneusement sur le terrain dévasté et en observant avec une légère inquiétude les énormes cratères qui parsemaient la grotte.
- Tu vas avoir du travail pour réparer ce terrain lorsque tout sera fini, lui répondit Yoruichi en forme de chat en apparaissant soudainement sur son épaule.
- De tels dégâts… L'entrainement de Kurosaki-san n'avait pas fait de tels ravages, fit-il avec une moue désespérée. Te rends-tu compte du temps nécessaire qu'il va me falloir pour…
- Il le faudra bien, puisqu'il y aura aussi son Hollow à mater après. Et vu la puissance destructrice de son zanpakuto, il y a fort à parier que son Hollow sera encore plus destructeur.
Kisuke baissa les épaules, l'air défait.
- Si je comprends bien, le Bankai d'Arisawa-san sera de type Anti-Forteresse… C'est bien ma vaine.
- Je n'en serai pas aussi sûre, contra Yoruichi en sautant sur un rocher en partie détruit. Pour le moment, j'ai encore du mal à déterminer la nature de son Bankai, si elle l'obtient.
Les deux comparses naviguèrent sur le terrain escarpé et dévasté jusqu'à la source, miraculeusement intacte, où Tatsuki était en train de se reposer. Installée aussi confortablement que possible, la jeune femme s'était endormie dans l'eau et ne broncha pas d'un cil même lorsque Kisuke lui tapota le bras du bout de sa canne.
- Complètement hors service, inutile de t'acharner, tu ne la réveilleras pas, commenta Yoruichi en se glissant dans l'eau à son tour, toujours sous sa forme de chat.
- Elle ne semble pas trop en mauvais état… par rapport au reste du terrain…
- Tu aurais dû la voir il y a une heure, elle était toute bleue et verte. L'esprit de son zanpakuto est d'un sadisme tout à fait particulier.
- Ne le sont-ils pas tous ?
- Crois-moi sur parole, celle-là est la pire de toute. Tu prends Soi-Fon, Rukia, Zaraki et moi, tu mélanges le tout et tu obtiendras une version approximative de Kitsuko.
Kisuke fit un pas en arrière en regardant Tatsuki avec une légère frayeur. Quand on sait que l'esprit intérieur d'un zanpakuto est né de celui de son maître… Mais il se reprit bien vite et constata l'ensemble de la grotte depuis sa position, jugeant plus sérieusement les dégâts.
- J'en déduis que tu m'as appelé pour renforcer les défenses dans un premier temps, non ?
- En grande partie, oui. Il faut plus d'inhibiteur de reiatsu. Tatsuki a plus que quintuplé ses réserves durant les dernières 12 heures et son zanpakuto n'a pas encore sorti le grand jeu.
- Je vois. Je vais faire le nécessaire au plus vite. Cela me prendra environ deux heures.
- Bien, ça lui laissera le temps de récupérer.
- Elle a ses chances ?
Yoruichi se gratta la tête avec sa patte, dans un geste typiquement félin avant de se tourner vers Tatsuki, toujours endormie.
- Honnêtement, je n'en sais rien. Cette… Kitsuko n'a rien d'un zanpakuto ordinaire. Il y a quelque chose d'extrême chez elle que je n'avais jamais vu auparavant.
Urahara regarda le sabre de Tatsuki, reposant le long d'un rocher. Il le prit et dégaina lentement la lame sur une dizaine de centimètres, observant son tranchant et la texture de l'acier, allant même jusqu'à l'inspecter délicatement du bout du doigt.
- Surprenant, déclara-t-il en regardant d'avantage la lame.
- N'est-ce pas ? Normalement, sur un zanpakuto scellé, il reste toujours de la graisse si on passe son doigt sur la lame. C'est un fait, notre peau sécrète de la sueur et nous laissons nos empreintes sur tout ce que nous touchons. Mais pas sur ce zanpakuto. Pourtant, un zanpakuto scellé est sensé être similaire à un sabre commun, non ? Plus encore lorsqu'il ne dégage pas de reiatsu…
- J'imagine que c'est la seconde raison de ton appel ?
Yoruichi sortit sa queue de chat de l'eau et désigna avec un rocher sur sa droite. Suivant la direction qu'elle pointait, il y trouva deux petits cylindres métaliques, ressemblant à de petites piles électriques rechargeables.
- Tu peux analyser ça ?
Il reposa le sabre après l'avoir rengainé et récupéra les deux cylindres, reconnaissant leur fonction d'un simple coup d'œil.
- Donne-moi 4 heures et je te ramène les résultats.
- Si long ?
- Hé ! Il me faut deux heures pour les inhibiteurs, non ? Plus deux heures pour les analyses. Pas question que je laisse l'une ou l'autre de ces tâches à quelqu'un d'autre, pas vrai ?
- Mouais, grommela Yoruichi avant de changer de sujet. Comment vont le Quincy et l'autre délurée ?
- Ishida-san n'a pas tardé à maîtriser l'artéfact Quincy, comme je m'y attendais. Les résultats sont… très surprenant, répondit-il avec un sourire mystérieux. Quand à Inoue-san… Disons que je suis pour une fois particulièrement reconnaissant pour son caractère profondément bon de notre jeune amie. Ainsi, je sais qu'elle n'abusera pas de ses nouveaux pouvoirs, hormis dans des situations très exceptionnelles… Et je tremble déjà à l'idée de quelqu'un qui parviendrait à déchainer sa fureur. Le pauvre ne s'en remettra jamais, s'il survit, ce qui tiendra du miracle.
- Hoo ? Elle est puissante à ce point avec cette… Comment tu appelles, ça déjà ? Télékinésie ?
- Yoruichi… ton corps est constitué de reiatsu, non ?
- Bien entendu, comme tout le monde ici.
- As-tu déjà joué à un flipper ? Tu sais, ce petit jeu très marrant où il y a une sorte de bille qui roule sur un plateau incliné et que tu frappes avec des petites manettes pour éviter qu'elle tombe.
- Ha oui, j'ai vu pas mal de ces choses dans les boites de patchinko. Je trouve ça beaucoup plus marrant, la bille va dans tous les sens et rebondit sans cesse contre les mur. Ça me rappelle quand je jouais avec ma pelote les premières fois que je me suis transformé en chat. J'avais vraiment du mal à résister à ce genre de "pulsions félines" à l'époque.
- Oui, c'est ça, continua Kisuke, se rappelant aussi ce moment déroutant du passé. Et bien imagine-toi Inoue-san en train de jouer à ce jeu… avec toi dans le rôle de la bille qui rebondit dans tous les sens.
Le silence qui suivit ces mots dura plus d'une minute, effaçant instantanément le sourire des lèvres de la femme-chat.
- C'est… C'est une blague ? Elle ne peut pas…
- Elle peut.
- Mais un tel contrôle est impo…
- Elle a ce type de contrôle, et plus encore. Le simple fait de ressentir est suffisant pour elle, elle n'a même pas besoin de se concentrer dessus.
- Mais alors elle pourrait… elle pourrait…
- Je ne sais pas encore jusqu'où son contrôle peut s'exercer, si cela s'arrête à de simples objets inanimés ou si elle peut aller jusqu'à contrôler des êtres spirituels. Son reiatsu est énorme. Titanesque. Je pense que ses réserves sont pratiquement le double de celles de Yamamoto. Nous allons continuer à faire quelques expériences avec elle mais je peux déjà te certifier qu'elle sera de taille face à un Arrancar de la Garde Noire. Elle sait déjà comment renforcer son Shun Shun Rikka avec ses nouveaux pouvoirs donc…
Ils restèrent silencieux quelques instants durant lesquelles Yoruichi imagina toutes les nouvelles possibilités d'Orihime.
- Woah… Ce genre de pouvoir est quasiment divin…
- Pas tant que ça, quand on y pense. Son pouvoir de base est le contrôle mental absolu de tout ce qui est composé de reiatsu, expliqua Urahara. Techniquement, nous possédons tous ce pouvoir à divers degrés.
Devant le regard surpris de Yoruichi, il continua son explication.
- Nous avons tous nos propres réserves de reiatsu que nous utilisons comme bon nous semble, nous les modelons, les entrainons, puisons dedans pour invoquer des techniques plus puissantes, nos Shikais, nos Bankais, vos masques – pour vous, les Vaizards –, nos Kidous, et tout le reste. Mais tout cela est interne, fit-il en désignant son corps et en posant sa main ouverte sur sa poitrine. Notre contrôle spirituel est interne à notre corps spirituel. Le pouvoir d'Inoue, c'est de contrôler avec son propre reiatsu les sources "externes" de reiatsu. Elle a simplement étendu son contrôle au-delà de son corps.
- Si on suit ton raisonnement, alors oui, elle est capable de me transformer en boule de flipper… mais cela veut aussi dire que je peux y résister, non ? En contrant l'influence qu'elle veut avoir son mon reiatsu par mon propre contrôle mental sur mon propre reiatsu.
Urahara eut un petit sourire satisfait.
- C'est exactement ce que je tiens à déterminer dans les prochaines 24 heures. Cependant, au vu de son combat contre l'Arrancar à l'Académie, il y a fort à parier que c'est effectivement le cas.
- Ouf. J'ai soudainement eu l'impression qu'Inoue était passée de simple étudiante surdouée à demi-déesse toute-puissante.
Soupirant de soulagement, elle ne retint pas d'avantage Kisuke, qui s'éclipsa d'un simple Shunpo, et entreprit de nettoyer la poussière accumulée dans ses poils en attendant que Tatsuki se réveille pour reprendre l'entrainement.
***.***
Hueco Mundo
Après plus de 24 heures de voyage à grande vitesse, Soi Fon ordonna une nouvelle pause – la 6ème de mémoire – afin que tous puissent manger un morceau et se reposer. Tout autour d'eux, le désert nocturne s'étendait à perte de vue, sans réelle évolution du paysage. Des dunes, des dunes et encore des dunes. Ici et là, de petits escarpements rocheux dépassaient de la mer de sable, tels de petits iles volcaniques dans un océan, et les arbustes de verre blanc se faisaient de plus en plus rares.
Zaraki avait grogné d'impatience lorsque la pause fut ordonnée et avait demandé une nouvelle fois s'ils étaient sûrs qu'il s'agissait de la bonne direction. La réponse avait été la même que la première mais Nemu avait ensuite pris la parole, à la surprise de tous.
- Depuis le départ dans cette direction, la taille visible de la lune a augmenté de 5 % environ. Cette différence est d'ailleurs visible à l'œil nu, ce qui vient corroborer l'explication du Capitaine Kuchiki. De même, sa distance par rapport au sol a augmenté, ce qui prouve bien que nous nous rapprochons de son point "focal de positionnement géostationnaire".
- Hein ? demanda le capitaine de la 11ème Division en levant un sourcil d'incompréhension.
- Elle parle de l'endroit où notre ombre sera juste en dessous, lorsque la Lune sera au zénith, traduisit Haruka.
- Bon, on se rapproche alors. Tant mieux.
Il cessa de maugréer et mangea silencieusement un morceau de viande séché et un verre de thé que lui amena Asuka et Makoto.
- Bon, la pause est terminée, on repart ! Fit-il à peine son repas terminé.
- Pas si vite, Zaraki-taichou, coupa Unohana en apparaissant dans un shunpo et en le stoppant d'une main levée devant lui alors qu'il s'éloignait déjà. Je sais que la plupart d'entre nous sont tout à fait capable de continuer mais ce n'est pas le cas de tous. Vous rendez-vous compte du rythme actuel de notre progression ? Nous avons parcouru plus de 2500 kilomètres depuis notre départ, en ne faisant que de petites pauses.
- 2687 kilomètres pour être plus exact, confirma Nemu de sa voix presque robotique depuis sa place, qui était par le fruit du hasard à quelques mètres seulement d'eux.
- Un repos plus prolongé s'impose. Nous sommes tous inquiets pour nos compagnons aux mains des Arrancars et je suis parfaitement consciente que plus le temps passe et plus les chances de les revoir en vie s'amenuisent mais si nous parvenons au but exténués, nous ne ferons qu'ajouter nos cadavres aux leurs.
Elle parlait à Zaraki mais d'une voix suffisamment forte et braqua au final son regard vers Soi Fon, qui elle aussi était prête à continuer.
- Unohana-Taichou a raison, fit Haruka en appuyant sa proposition.
Zaraki se tourna vers Soi Fon, conscient que le choix serait le sien et celle-ci regarda l'ensemble de la troupe, essayant de jauger ce qu'il leur restait d'endurance.
- Kurotsuchi-Fukutaichou, combien de temps approximativement avant que nous atteignons note but si nous continuons à cette allure ?
- Selon mes estimations, 12 jours environ, si le terrain reste le même et notre rythme constant.
- 12 jours ? Tonna Ikkaku en bondissant sur ses pieds. Mais ils seront tous morts, d'ici-là !
- Un jour de plus ou de moins ne changera rien à la situation, Ikkaku-san, tempéra Renji en se levant à son tour pour le retenir d'une main sur l'épaule. A moins de pouvoir nous téléporter instantanément à Las Ombras Perdidos, notre voyage sera de toute manière long et épuisant.
- Qui veut voyager loin ménage sa monture, c'est un vieux dicton humain, ajouta Ichigo. Mieux vaut reprendre des forces maintenant, afin de pouvoir maintenir notre rythme de progression, plutôt que de nous épuiser bêtement et perdre ensuite en vitesse de déplacement.
- Ils ont raison. Lorsque nous ne serons plus qu'à environ 1 jour de voyage, là nous pourrons discuter de l'utilité ou non d'une pause de longue durée, trancha Soi Fon. Mais pour aujourd'hui, nous allons installer notre campement ici pour 8 heures et pas une minute de plus. Je vous veux tous en parfaite condition pour voyager demain. Kuchiki-Taichou, je vous laisse organiser les tours de gardes.
Kenpachi semblait vraiment furieux de cette décision mais il s'y plia à contrecœur. Soi Fon prit alors une autre décision et reprit la parole.
- Une dernière chose pour tout le monde… Aujourd'hui, nous avons avancé de manière prudente, car nous ne savions pas combien de temps notre voyage durerait et si nous risquions de rencontrer des Hollows ou des Arrancars en cours de route. Gardant cela à l'esprit, nous avons voyagé en préservant nos forces pour un éventuel affrontement. Après cette journée, il apparait évident que notre voyage sera plus long que prévu mais que les Hollows ne devraient pas nous déranger donc demain je tiens à ce que nous mettions tout en œuvre pour parcourir encore plus de distance vers notre but. La surveillance sera à la charge des capitaines. De cette manière, nous raccourcirons la durée de notre voyage.
Kenpachi grommela mais acquiesça, reconnaissant là un geste pour le calmer. La perspective d'un peu de repos pour voyager plus vite le lendemain le calma d'avantage et il finit par approuver l'idée et fut même l'un des premiers à s'allonger dans un hamac et à s'endormir.
Très vite, le silence s'installa dans le campement improvisé et Ichigo, qui ne parvenait pas à trouver le sommeil, s'éloigna légèrement du camp pour s'entrainer un peu. Mais il n'avait même pas fini son échauffement qu'il fut interrompu par Asuka.
- Hum, Kurosaki-Fukutaichou ?
- Ho, Suzuhara-san, fit-il en se tournant vers elle, découvrant alors que presque tous les autres Shinigamis – exception faite des lieutenants et des capitaines – étaient derrière elle, l'air inquiet. Un problème ?
- Hé bien… C'est en rapport avec l'annonce de Soi Fon-Taichou… d'aller encore plus vite demain.
- Oui ?
- La rumeur dit… que vous êtes le plus rapide de tous les Shinigamis du Seireitei et nous nous demandions… nous souhaiterions que vous nous aidiez à améliorer notre Shunpo… Si cela ne vous dérange pas, bien entendu.
- … Hoo… Hé bien je ne dis pas non mais…
- Mieux vaut vous adresser à moi plutôt qu'à lui, Ichigo est nul pour entrainer quelqu'un, fit Soi Fon en apparaissant brusquement juste à côté de lui.
- Taichou… protesta Ichigo
- Et le Hohô est justement l'une de mes spécialités, continua-t-elle sans même faire attention à lui. Et pour votre gouverne, sachez qu'il n'est le plus rapide que grâce à son Bankai… JE suis la plus rapide des Shinigamis en Shunpo.
- Hého…
- Une remarque, Kurosaki-Fukutaichou ? demanda-t-elle d'un ton glacial.
Ichigo comprit alors qu'elle était un peu furieuse qu'il semble, d'après la rumeur, lui avoir ravi son titre – si durement acquis après la défection de Yoruichi – en quelques mois à peine depuis son arrivée au Seireitei. Aussi ne pressa-t-il pas d'avantage ses protestations, peu désireux de s'attirer d'avantage ses foudres sur le sujet.
- Non, rien, je tenais juste à confirmer vos dires, Soi Fon-Taichou : vous êtes la meilleure, vous êtes la plus rapide… lâcha-t-il avec un soupçon de sarcasme dans le ton de sa voix
Comme elle était juste à côté de lui, il ne vit pas le coup de coude arriver et se retrouva plié en deux, le souffle court et les côtes douloureuses.
- Et n'hésites pas à le répéter souvent autour de toi, Kurosaki, fit-elle avec un sourire sadique et amusé. Si tu tiens tant que ça à me ravir le trône, je t'attendrai dessus dans un mois, lors de la prochaine compétition… si nous sommes de retour d'ici-là, bien entendu.
- Bien entendu, grogna-t-il entre ses dents.
Ces derniers temps, il avait un peu de mal à cerner ses sentiments vis-à-vis de son capitaine. Par moment il souhaitait se rapprocher d'elle et en apprendre plus sur qui elle était, et par d'autres il aurait donné n'importe quoi pour qu'elle le laisse tranquille deux minutes. Manque de chance, elle ne semblait jamais le perdre vraiment de vue et avait toujours le chic pour venir le déranger dès qu'il avait un moment de libre. Il avait depuis longtemps cessé de compter le nombre de fois où elle l'avait surpris dans diverses situations, parfois même compromettantes.
Légèrement agacé par son comportement à son égard – le coup de coude ne lui avait pas vraiment fait mal – il retourna au campement d'un pas vif, son envie de s'entrainer oubliée, et se jeta presque dans son hamac, se retenant au dernier moment pour éviter de faire du bruit et de réveiller les autres. Il ferma les yeux et s'endormit plus vite qu'il ne l'eut cru.
***.***
Le voyage continue, second jour d'entrainement de Tatsuki et ça bouge du côté de l'Olympe. Comme d'habitude, j'attends vos impressions avec impatience et comme je suis très généreux, je vais vous donner deux petits spoils sur les chapitres suivants : Pas de combat encore pour le 31, mais il y aura du sexe (faut bien que je justifie mon "Rated : M" pour cette fanfic). Et comme je suis de bonne humeur, et que je sais que vous en raffolez, je peux vous certifier que le chapitre suivant (le 32 donc), vous aurez votre ration de combats. Soyez patient, profitez du beau temps et bonne vacances à tous (moi, je travaille tout l'été, hélas, pas de congés prévus avant la fin de l'année).
