Beaucoup de lecteur mais pas la moindre review sur mon dernier chapitre, sniff... Dans ces conditions, devrais tenir ma promesse ? Est-ce que vous le méritez vraiment ? Ha, mais je suis trop gentil, ça me perd toujours. Donc, chose promise, chose due, voici un chapitre qui commence chaud bouillant. La tension monte, vos mains deviennent moites, vos respirations deviennent courtes et saccadées... Ok, ok, bandes de perverts, je ne vous fais pas attendre plus longtemps. Bonne lecture.

Ho, juste un dernier détail pour Nalya qui m'a posé la question de la taille prévue de ma Fanfic... Hé bien, je dirai que je viens de finir l'introduction et le premier arc. la Partie Hueco Mundo est le second et je prévois encore 3 ou 4 autres arcs après celui là... donc je pense qu'il y en a encore pour un bout de temps avant que vous en voyez la fin, désolé pour ceux qui pense que c'est une histoire courte ou que vous en approchez du finish, nous n'en sommes même pas à la moitié ! Après tout, déjà plus de 30 chapitre et la guerre n'a même pas encore commencé ! Il ne s'agit pas vraiment d'un concours mais je compte bien faire de ma Fanfic la plus longue en français sur ce site (sur Bleach, cela va de soi).

***.***

Hueco Mundo

Chaud. Mouillé. Electrisé. A bout de souffle. Déconnecté du reste du monde. Et totalement vaincu. Vaincu par celle qui se trouvait au-dessus de lui… Non, plus précisément sur lui. Ses mains étaient clouées par les siennes, sa bouche lui volait impitoyablement le moindre de ses souffles, son poids l'écrasait contre le sol, et sa féminité lui dévorait littéralement son essence. Il sentait parfaitement le cœur de cette femme battre contre sa poitrine, au travers de ses seins nus qui se frottaient contre lui et jamais il n'avait eu un contact physique aussi intense avec quelqu'un.

Brusquement, elle arracha sa bouche à la sienne et il avala de longues bouffées d'air, inspirant son odeur et son parfum naturel. La femme sur lui se redressa un peu plus et le regarda droit dans les yeux. Il sentit sa main droite l'attraper à la mâchoire et le forcer à la regarder mais son regard était flou – de fatigue ? – et il ne pouvait que deviner sa silhouette. Elle lui murmura quelque chose mais il ne parvint pas à l'entendre ni à la comprendre. Elle sembla répéter son message une fois, puis encore une autre en semblant parler plus fort encore, mais il ne parvenait toujours pas à l'entendre.

Presque brutalement, elle lui tourna la tête sur la droite et il crut voir dans une sorte de miroir car la forme qu'il voyait semblait être la sienne. Mais bizarrement, la femme sur lui semblait différente, plus fine et plus menue, mais tout aussi puissante et dominatrice. Il vit son corps se cambrer sous elle, la soulevant tandis qu'elle tentait de l'écraser dans leur lit et sa main si féminine était crispée sur sa poitrine musclée, laissant derrière elle des traces de griffures qu'elle lécha avant de l'embrasser goulument et sauvagement, comme si elle voulait dévorer sa bouche et son âme avec.

Puis la femme qui le chevauchait lui tourna la tête sur la gauche et il comprit qu'il voyait encore un autre miroir de lui-même mais pas de la femme sur lui car la encore une autre personne était perchée sur son corps. A la différence des deux autres, celle-ci n'était pas nue, son corps totalement dissimulé dans une sorte de combinaison noire moulante. Et autre différence, cette femme n'était pas seulement en train de lui faire l'amour mais aussi de le battre, ses poings fermés s'écrasaient méthodiquement sur sa poitrine et sa mâchoire et elle semblait rire de son impuissance. Bien que toujours incapable de discerner son visage, comme pour les deux premières, il voyait parfaitement son corps ferme et musclé. Elle était moins robuste que celle qui le dominait actuellement mais tout aussi forte et bien plus impitoyable d'après la puissance qu'elle mettait dans ses coups.

Une nouvelle fois, la femme lui réorienta la tête de force, l'obligeant à la regarder droit dans les yeux. Il la "sentait" bouger sur lui, le broyant sous elle comme si elle cherchait à pénétrer dans son corps alors que c'était lui qui la pénétrait. Il écarquilla les yeux, battit des paupières, faisait l'impossible pour tenter de mieux la voir et la reconnaître. Il croyait presque dur comme fer que c'était Tatsuki qui était sur lui, mais qui était les deux autres ?

Brusquement elle se cabra en arrière, comme si elle jouissait puissamment, et le regard d'Ichigo tomba sur encore un autre miroir… et une autre femme inconnue. Plus grande que les autres, plus forte aussi apparemment, elle aussi n'était pas nue, vêtue de la même tenue noire moulante que la troisième. Et celle-ci aussi ne semblait pas être son amie, à voir la manière qu'elle frappait ses côtes et son visage en mettant tout son corps dans chaque frappe. Celle-là le meurtrissait jusqu'au sang sans vergogne car les draps blancs sous lui se teintaient de plus en plus de rouge. Mais que voulait donc dire tout cela ? Qui était ces femmes ? Pourquoi certaines semblait l'aimer et d'autre le haïr ? A quoi rimait ce rêve si étrange ?

Puis la femme sur lui se repencha au dessus de lui, replongeant son regard dans le sien, son visage à quelques millimètres seulement du sien. Jusqu'à ce jour, jamais le rêve n'était allé aussi loin. Il était pratiquement persuadé que celle sur lui était Tatsuki… et celle sur sa droite devait être Rukia… Mais qui était les deux autres ?

Soudainement, elle se pencha en avant et, au lieu de l'embrasser comme avant, elle glissa sa tête sur le côté, approchant sa bouche de son oreille.

- … Kurosaki… Ichigo… Murmura-t-elle d'une voix rauque qui lui déclencha des frissons de terreur, car il ne s'agissait pas du tout de la voix de Tatsuki. Tu vas venir à moi… Tu ne peux pas… m'échapper…

Contre lui, il sentit le corps de cette femme se transformer, devenir plus grand, plus fort, plus puissant. Ses cheveux poussèrent énormément, son corps sembla se couvrir d'une sorte d'armure de cuir sombre qui se matérialisa du néant. Il était toujours en elle mais elle ne lui faisait plus l'amour, non, c'était un viol maintenant. Elle se délectait du plaisir qu'elle lui forçait à ressentir plus encore que de celui qu'elle ressentait elle-même et ses yeux le regardait avec la même expression qu'elle aurait eu en regardant un insecte.

- Je les… tuerais tous… continua-t-elle en levant ses mains maintenant gantées de cuir et dont l'extrémité des doigts luisait comme du métal. Et j'arracherai… tout ce qu'il y a… de bon en toi…

Incapable de bouger, il la vit planter ses mains dans son abdomen, déchirant sa chair et ses muscles comme si c'était du papier. Il voulait crier de douleur mais il ne le pouvait pas. Il voulait la repousser de lui de toutes ses forces mais il ne pouvait pas. Il voulait fuir le plus loin possible d'elle mais il ne pouvait pas. Au dessus de lui, cette nouvelle femme – non, le monstre qu'elle était devenue – continuait à le regarder de la même manière que s'il était un chien ou un insecte. Lentement, d'énormes ailes de cuir sombre apparurent dans son dos et ses yeux devinrent rouge écarlate et brûlant comme de la braise.

- Et lorsque… je t'aurais brisé… je te tuerai… lentement… sadiquement… impitoyablement… plus de 100 fois… jusqu'à ce que… tu ne sois plus RIEN !

Le choc bien réel de son corps s'écrasant par terre et la sensation du sable envahissant sa bouche réveillèrent Ichigo aussi vite que si on lui avait balancé un seau d'eau au visage. Tout douleur avait disparu aussi soudainement, hormis celle de son visage dans le sable, tout comme la scène surréaliste de cette démone sur lui. Il était habillé, allongé sur le ventre et complètement réveillé.

- Bouge ton cul, Kurosaki, fit la voix de Soi Fon au dessus de lui avant qu'il ne sente son pied s'écraser dans son flanc mais sans réelle force.

Silencieux, perplexe, incapable de donner un sens à son rêve devenu cauchemar, il se redressa lentement en s'inspectant. Il n'avait rien, pas la moindre blessure. Pourtant le rêve avait semblé si réel. Il avait même ressenti de la douleur dedans, il en était persuadé !

- Tu vas rester là longtemps à bailler aux corneilles ? Demanda Soi Fon plus fort encore. Magne-toi, départ dans 5 minutes !

Sortant enfin de sa torpeur, il se mit à ranger ses affaires aussi vite qu'il put et tenta de chasser les dernières traces de la fin du cauchemar de sa mémoire. Mais quelque chose lui disait qu'il n'y parviendrait jamais totalement.

Soi Fon observa son manège d'un regard légèrement perplexe avant de hausser les épaules puis de se tourner vers un autre retardataire pour le gronder à son tour.

***.***

Hueco Mundo, Las Ombras Perdidos, Domaine de Lilith

Maintenant silencieuse, Lilith contemplait son œuvre. Sous elle, l'Arrancar n'avait plus que quelques sursauts spasmodiques, tout son corps flasque et dénué de vie, à part son pénis, toujours planté dans celle qui venait de le tuer si sauvagement dans une orgie de sexe et de violence, son sperme ruisselant sur le lit maintenant noir et écarlate. Sans un mot elle se redressa jusqu'à se tenir debout au dessus du cadavre et d'un geste vicieux et sadique, elle écrasa sa botte sur la chose qui avait été en elle quelques instant plus tôt, la broyant et la détruisant irrémédiablement du même coup dans une gerbe de sang. Si l'Arrancar n'était pas déjà mort, ce coup là l'aurait achevé aussi surement que s'il avait été décapité.

- Anabel, appela Lilith sans élever la voix.

Sa servante fit son apparition instantanément, un genoux à terre à côté du lit.

- Mes félicitations pour ce spécimen, tu l'as très bien choisi. La connexion était parfaite.

- J'ai fait de mon mieux, Maîtresse.

- Recycle son corps et sers-le à mes hérauts, ordonna-t-elle en descendant du lit, s'approchant d'elle. N'oublie pas d'y ajouter l'Elixir.

- Bien, maîtresse.

- Mais avant cela, tu sais ce que tu dois faire, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle en agrippant sa servante par ses cheveux, l'attirant contre sa féminité.

- C'est toujours un honneur pour moi de vous servir, Maîtresse, répondit-elle avant d'ouvrir la bouche et de la coller d'elle-même contre le sexe de Lilith.

Elle lécha tout le sperme et le sang de l'Arrancar et continua jusqu'à faire jouir sa maîtresse sans se départir de son plaisir de la servir. Puis, une fois le plaisir de Lilith rassasié, Anabel produisit une serviette et essuya doucement l'entrejambe avant de l'aider à se rhabiller.

- Une fois cela fait, convoque mes Serviteurs. Il est bientôt l'heure de la Chasse. Grimmjow s'est bien retenu ces derniers temps, une petite récompense lui fera plaisir.

- Il en sera ravi… et les autres aussi.

- Il est temps que Nel écrase une bonne fois pour toutes les brides de sentiments qu'elle éprouve encore à l'égard du jeune Kurosaki. Quel dommage qu'il se soit réveillé avant la fin, je voulais vraiment voir son visage lorsque j'aurai pris l'apparence de son ancienne amie pour lui violer les entrailles avec mon gode.

- Cela aurait été épique. La prochaine fois, peut-être ? Je peux encore préparer un autre spécimen si vous voulez ? Il sera prêt dans deux jours si je m'y mets de suite.

- Non, ce ne sera pas nécessaire. Kurosaki et Nel croiseront le fer bien assez tôt maintenant. Dommage, c'était une occasion en or. Mais qui sait, l'avenir peut encore nous réserver quelques surprises.

- Je me demande bien ce qui a pu le réveiller…

- Probablement l'un de ses compagnons de voyage, supposa Lilith en s'éloignant et en haussant les épaules, montrant clairement son manque d'intérêt pour le sujet, maintenant qu'il appartenait au passé. Je vais me reposer un peu, viens me chercher dans deux heures pour le début de la réunion. La Chasse commencera assez vite après elle.

- Bien, Maîtresse. Je vous souhaite un bon sommeil.

- Comme toujours.

La porte de la chambre de Lilith se referma et Anabel se redressa, prête à accomplir les tâches qu'elle venait de recevoir.

***.***

Hueco Mundo

A quelques lieues des ruines de Las Noches, l'air vibra à une dizaine de mètres du sol, d'abord sur une petite zone qui ne tarda pas à s'agrandir considérablement. Une minute plus tard, l'air se déchira en croix et une proue émergea du néant entre les mondes, pénétrant dans le Hueco Mundo avec une vitesse constante. Très vite, un énorme navire, semblable à une galère avec des rames et une voile, émergea de la déchirure et s'arrêta, flottant au dessus des dunes tranquillement sans bouger, laissant la déchirure se refermer derrière lui.

- Bienvenue au Hueco Mundo, pour ceux dont c'est la première visite, ironisa Khonz en observant le désert en dessous de lui depuis la balustrade.

- Personne pour nous accueillir, pas cool, grommela Mashiro en faisant la moue.

- Le but est de passer inaperçu, je vous le rappelle, fit remarquer Juliette, adossée au mât central.

- Inaperçu ? Avec ce truc géant volant à 10 mètres du sol ? Un peu hors de propos désormais, non ? Répliqua Love.

- Justement non. Cette galère est spécifiquement utilisée pour ce genre de situation. Son but premier est justement de masquer notre reiatsu à tous. Un Hollow pourrait être à 10 mètres de nous, tant qu'il ne touche pas au navire, il ne pourra pas nous sentir, comme si nous étions invisibles.

- Hooo, pratique… Mais ils peuvent encore nous voir, non ?

- Pour le moment oui, bientôt non.

A peine eut-elle fini sa phrase que Khonz activa une commande depuis son poste de pilotage et le navire vibra légèrement un court instant.

- Maintenant nous sommes aussi invisibles. Ce navire a été conçu dans ce but : pouvoir voyager dans n'importe quel monde sans être vu.

- Je vois l'intérêt. J'espère au moins qu'il est rapide. Le plus tôt on sera rentré, le mieux, commenta Kensei.

Sur ce point, tout l'équipage fut d'accord. Khonz orienta le navire vers la Lune et actionna la marche avant. Le navire prit lentement de la vitesse et tous s'installèrent le plus confortablement possible pour leur long voyage, tous se concentrant pour tenter de détecter le moindre reiatsu de Shinigami.

- Et c'est parti pour une loooonnngue sieste, commenta doucement Shinji en s'allongeant dans une sorte de hamac.

- Si Hiyori était là, tu te serais déjà pris une de ses sandales dans la tête, fit Lisa tout en continuant de feuilleter son manga porno.

- Justement, j'en profite.

Hiyori était la seule de leur groupe à ne pas être venue, préférant rester avec Athéna à l'Olympe. Le chef de leur expédition était Khonz, puisqu'il était le seul "vrai" Général du lot. Kensei, Love et Shinji étaient eux aussi de même puissance que Khonz mais restaient encore "administrativement" des Colonels. Ce qui faisait de Juliette Maltoro la seule autre "vraie" Générale de leur groupe, et donc la N°2 en terme de chaîne de commandement.

- Reste plus qu'à espérer qu'on ne rencontrera pas d'Arrancars de la Garde Noire avant de trouver Aizen ou Ichigo.

Leur ordre était de se replier si les ennemis de l'autre camp intervenaient, dans la mesure du possible, Athéna ne voulant surtout pas être la responsable du déclenchement de la guerre tant que la situation avec Mitsumada Katsuhiro ne serait pas résolue.

***.***

Hueco Mundo, Prisons de Las Ombras Perdidos

Debout devant le jeune homme, Ukitake et Toshirou observaient Chad, assis sur son lit, qui concentrait légèrement son reiatsu dans son bras gauche, le transformant lentement sous sa forme de combat. Brazo Izquierdo del Diablo n'avait aucune vocation défensive et il avait semblé à Chad que la forme qu'il connaissait depuis plus de deux ans était définitive… mais ces dernières 24 heures avaient prouvé le contraire.

- Doucement, Yasutora-san, un peu moins de reiatsu. Ne risquons pas d'attirer l'attention des gardes comme la dernière fois, conseilla le capitaine de la 10ème Division.

- Oui, répondit-il stoïquement en limitant d'avantage son flux d'énergie.

En quelques secondes, son bras était devenu blanc et parcouru d'une longue bande rouge partant de la corne au niveau de l'épaule jusqu'à la main.

- Surprenant. Les Fullbringers sont rares et leurs pouvoirs dépassent généralement leur propre entendement. La plupart d'entre eux meurent dans d'horribles circonstances en découvrant leurs capacités et deviennent irrémédiablement des Hollows, expliqua Ukitake. Je ne me faisais pas trop de soucis dans votre cas puisque vous étiez suivi par Urahara-san… Et je me rends compte à présent que votre potentiel dépasse de loin tout ce que j'imaginais. Si tous les Fullbringers sont capables de telles capacités…

- Etrange également leur manière de générer leur reiatsu, nota Toshirou. Je sais que ce bras a déjà assez de puissance pour pulvériser n'importe quel mur ici, mais je ne parviens pas à déterminer son niveau.

- Oui, j'ai la même difficulté. Percevoir le reiatsu de Yasutora-san est facile, mais percevoir la quantité qu'il utilise actuellement dans sa technique par rapport à ses réserves est… anormalement compliqué. Ressentez-vous toujours des douleurs dans votre bras ?

- Moins depuis que je l'ai "libéré". Mais mes jambes me font toujours mal, de même que mon dos et mon torse.

- Seul votre bras gauche ne vous fait plus mal, en gros, résuma Toshirou.

- Et mon bras droit et ma tête, rajouta-t-il.

Les deux capitaines réfléchir pendant plusieurs minutes, Chad en profitant pour rendre à son bras sa forme initiale sans attirer l'attention.

- En terme de reiatsu, vous êtes déjà bien au-dessus d'un lieutenant moyen, pratiquement équivalent à un capitaine, fit Ukitake. Et vous confirmez que vos réserves continuent d'augmenter ?

- Oui, confirma Chad d'un voix calme. Depuis notre arrivée, je n'arrête pas d'amasser de l'énergie. Lorsque mon bras gauche s'est libéré, mes réserves ont un peu chuté mais elles se sont vite régénérées et maintenant elles continuent d'augmenter. En fait, je dirai que la douleur dans mes membres augmente proportionnellement avec elles… mais plus dans mon bras gauche.

- La réponse vient d'elle-même. Vos réserves vont continuer à augmenter jusqu'à ce que vos jambes se transforment elles aussi, ainsi que votre tronc. Seule le tête ne sera pas concernée apparemment.

- C'est la conclusion que j'ai atteint, moi aussi.

- Le mieux à faire pour le moment est de garder tout cela sous silence. Vous allez devenir l'un de nos atouts majeurs lorsque nous trouverons comment prendre la fuite d'ici.

- Des progrès dans ce sens ? demanda-t-il.

Les deux capitaines hochèrent négativement la tête.

- Ayasegawa et Iba sont parvenus à plus de 5 kilomètres de leur point de départ avant d'être rattrapés mais ni l'un ni l'autre n'a trouvé de sortie des cellules. Nous penchons de plus en plus pour une sorte de centre fermé avec un seul accès très bien dissimulé. Une seule chose est certaine : les Arrancars chargés de notre surveillance sont faussement laxistes. Ils nous laissent libres mais surveillent très attentivement le moindre de nos faits et gestes. Comment ? Cela reste à déterminer.

Yachiru s'approcha alors d'eux, shootant au passage dans une petite pierre qui fila sur le côté. Comme tout le monde, elle portait la tenue que les Arrancars leur avait donné, un pantalon de tissu épais, une sorte de T-shirt large à manche courte et des chaussures de toile sans lacets ni chaussettes. Elle était accompagnée par Momo, dont les vêtements semblaient 3 tailles trop grand pour elle.

- Taichou, fit cette dernière, vous ne devriez pas rester debout trop longtemps, il faut vous reposer !

Hitsugaya grommela dans sa barbe – qui commençait légèrement à pousser – et fit semblant de l'ignorer. Ukitake eut un sourire compréhensif lorsque Kiyone arriva à son tour en lui demandant exactement la même chose. Malgré leur situation actuelle, rien ne semblait départir les deux femmes de leur mission officieuse de "pouponner" leur capitaine respectif.

- Je ne pense pas que nous ayons le choix, Hitsugaya-Taichou, fit l'autre capitaine.

- Effectivement. Reposez-vous également, Yasutora-san, je vais vous envoyer Isane pour voir qi elle ne peut pas un peu soulager ces douleurs que vous ressentez.

- Oui, merci.

Les deux capitaines s'éloignèrent ensemble en silence.

- Votre maladie est-elle sous contrôle ? Demanda Toshirou une fois éloigné.

- Pour le moment. Mais je sais qu'il ne me reste plus longtemps à vivre. Ce combat sera le dernier, je le sens… Et j'y mettrais toute mon âme. Je compte sur vous pour la suite, Hitsugaya-Taichou.

- Haa. Comptez sur moi.

Sur ces dernières paroles, les deux capitaines se séparèrent et se dirigèrent respectivement vers leur cellule pour y dormir.

Yachiru, qui était restée avec Chad, lui donna une légère tape amicale sur l'épaule gauche.

- Toujours à comploter entre vous ?

- Il y a de ça, répondit-il avec un sourire mystérieux.

- Raaa, je déteste quand je reste dans le noir ! Vas-tu me dire oui ou non ce que vous planifiez ?

- C'est là le problème, nous n'avons rien de planifier, à ma connaissance.

Yachiru continua à grommeler quelques minutes tandis que Chad prenait une position plus confortable sur le lit de sa cellule, s'allongeant à moitié.

- Vraiment rien ? Rien de rien ?

- Non, rien de rien. Nous sommes prisonniers, nos tentatives de trouver la sortie se sont soldées par des échecs. Cette prison n'a rien de conventionnel et ne ressemble en rien avec les prisons de mon monde ou de la Soul Society… Donc on se repose et rien de plus.

- Et vous discutiez de quoi alors ? Fit-elle en désignant la porte pour mentionner les deux capitaines.

Chad haussa les épaules. Il n'avait dit à personne d'autre qu'eux ses douleurs… et le fait que son reiatsu continuait d'augmenter. Même l'incident de la libération de son bras droit n'avait pas été correctement interprété par les gardes et il s'était bien gardé de leur dévoiler la vérité, bien évidemment. Yachiru avait ressenti quelque chose et l'avait approché pour en savoir plus, mais il avait décidé de garder le silence, et il se prenait maintenant à apprécier qu'elle le titille régulièrement pour avoir des détails.

- Si tu me caches quelque chose, je vais te le faire regretter amèrement une fois sortie de ce trou à rat.

Ha, c'était la première fois qu'elle le menaçait. Sa patience devait commencer à s'épuiser.

Il se contenta de sourire mystérieusement, sachant parfaitement qu'elle n'en serait que plus énervée, et ferma les yeux, cherchant à se reposer.

***.***

Hueco Mundo, lieu inconnu

Aizen Sousuke croyait avoir tout connu, tout vécu, tout expérimenté – y compris même sa propre mort – mais depuis deux jours il découvrait vraiment ce que l'expression "se faire déchiré en deux" signifiait, au sens propre comme au figuré.

Après avoir été "éjecté" hors de sa cellule dans un Garganta, il s'était débattu contre les derniers liens qui le retenaient et avait fini par se libérer totalement. Puis il avait rejoins le Hueco Mundo par ses propres moyens. Même privé du Hougyoku, il demeurait bien assez puissant pour ouvrir un portail sans difficulté. Enfin il tenta de localiser le Hougyoku, cette partie manquante de son corps… en vain. Et très vite les crises firent leur apparition, des crises de douleur innommables, terrifiantes, hallucinantes et harassantes, tout à la fois. Jamais auparavant il n'avait autant souffert. Aucun Kidou ne parvenait à le soulager, aucune action ne parvenait à les calmer et, lorsqu'elles frappaient, il n'était plus qu'un corps agonisant, hurlant et gesticulant dans tous les sens, incapable de se contrôler.

Entre deux crises, il analysa scientifiquement sa condition et en conclut rapidement sur sa situation. Il comprit alors comment le Hougyoku avait pu lui être arraché si irrémédiablement et pourquoi il souffrait ainsi : son "sauveur" avait déchiré son âme en morceau et en avait emporté un fragment avec elle. Comment ? Il ne le savait pas, il ne faisait que constater les dégâts… et il savait aussi ce qui lui arrivait : il était en train de se transformer, lentement mais surement, dans la seule forme naturelle qui permettait à une âme incomplète de survivre, il devenait un pur Hollow. Privé de ses pouvoirs Shinigami, ce qu'il restait de sa raison ne parvenait pas à résister à la faim tenaillante de son instinct de survie.

Seul dans une grotte, il hurla sa rage, sa haine et son désespoir. Lui, le Shinigami qui avait réussi à transcender son âme et son corps, se rapprochant de la condition de Dieu, était en train de devenir un simple monstre privé de conscience, aux actes dictés par sa faim et ses plus bas instincts naturels. Il en pleurait presque de désespoir.

Après deux jours de souffrance, il savait qu'il ne lui restait plus assez de temps pour trouver une solution à sa situation. Le rythme des crises s'accélérait et elles étaient de plus en plus longues. A moins d'un miracle, sa transformation serait effective dans les prochaines 24 heures, au cours d'une crise finale qui fera exploser son corps. A quoi ressemblera-t-il une fois devenu Hollow ? Il ne le savait pas mais une partie de lui se délecterait de cet expérience, il le savait. Et il aura faim, encore plus qu'actuellement…

Aïe, il ressentait la faim… Mauvais signe.

Brusquement, il sentit une pulsation dans l'air. Ses sens brusquement aux aguets, il ressentit plusieurs reiatsus…

Parfait. La bête qui sommeillait en lui n'attendait que ça, un festin qui se présentait à lui.

Et s'ils étaient plus fort que lui ? Aucune importance, il allait "mourir" de toute façon. Autant que ce soit au combat plutôt que de faim. Mais pas avant qu'il ait pu accomplir sa vengeance. Non, ça ce serait le pire pour son honneur. A en juger par ce qu'il ressentait, ils étaient plusieurs… Il allait avoir besoin d'une diversion. Qu'importe, il savait où trouver ce dont il avait besoin pour cela.

***.***

Hueco Mundo, Las Ombras Perdidos, Grand Hall

S'il y avait bien une chose dans laquelle le modèle de château de Las Ombras Perdidos différait de celui de tous les autres châteaux, c'était le manque singulier de salle du trône. Effectivement, puisque le Roi n'avait jamais siégé là-bas, restant toujours dans sa petite dimension paradisiaque, aucun trône n'avait été installé, aucune pièce pour l'accueillir ni aucun quartier ne lui était réservé. Toutefois, il y avait bien une salle qui pouvait faire office si nécessaire : le "Grand Hall". Pièce centrale de Las Ombras Perdidos, le "Grand Hall" méritait bien son nom : plus de 5 kilomètres et demi de long sur plus de deux kilomètres de large et de hauteur (au point le plus bas du "toit"). Conçu pour accueillir la totalité des Arrancars du palais si besoin était. Et là où se serait situé le trône, il y avait en fait un escalier d'une trentaine de marche juste avant une énorme porte en hauteur, celle donnant accès à la dimension du Roi.

Juste devant l'escalier, après un petit vide d'une cinquantaine de mètre, résidait un large bureau avec seulement trois fauteuils, les sièges des Grands Maîtres du Triumvirat. Devant ce bureau, après un autre vide d'une centaine de mètres et séparés par une rangée d'une vingtaine de mètre de large, s'étendaient en deux quarts de cercle parfaits trois grandes rangées de bureau avec des fauteuils presque aussi luxueux que ceux du Triumvirat : les sièges des Maîtres du Conseil de la Garde Noire. Tout le reste derrière était vide du moindre meuble, un espace énorme susceptible pour accueillir tous les autres Arrancars et bien plus encore, si nécessaire.

Et aujourd'hui, cet espace était très occupé.

Lorsque Lilith fit son entrée, accompagnée par ses serviteurs – Grimmjow et Nel en tête, Tholon et Anabel fermant la marche – plusieurs regards hostiles se braquèrent sur eux mais ils les ignorèrent superbement. Tout en constatant qu'ils n'étaient ni les premiers ni les derniers arrivés, Lilith vint prendre sa place parmi les Maîtres du Conseil, à l'une des rangées du premier rang, uniquement suivie par Anabel qui se mit instantanément debout derrière son fauteuil, prête à répondre au moindre désir de sa maîtresse.

Les autres allèrent s'installer parmi les spectateurs, s'imposant de force au premier rang. Plusieurs Arrancars grognèrent devant leur insolence mais aucun n'osa protester, car Nel avait depuis peu conforté sa place dans les 10 meilleurs Chevaliers du Championnat et il était donc dans son droit d'être en avant. Grimmjow n'était encore que dans les 50 premiers, légèrement en retrait, mais personne ne contesta sa place lorsqu'il s'installa juste à côté de Nel. Tholon se glissa silencieusement derrière eux deux, profitant de leur avantageuse situation, vu qu'il n'était même pas dans les 100 premiers, tout comme Anabel qui avait le même classement que lui. Comme il s'agissait d'une réunion officielle et exceptionnelle de la Garde Noire, Tia, qui n'en faisait pas encore officiellement partie, n'avait pas eu le droit de venir et restait seule dans le Domaine de Lilith.

Teresa St Michel et Julia Lansard firent leur apparition ensemble une minute à peine après eux, accompagnées par une petite nuée de serviteurs. Comme Lilith, elles s'installèrent parmi les maîtres, sur la rangée derrière celle de Lilith, juste derrière leur ancienne Maîtresse, chacune n'ayant gardé qu'un seul serviteur pour les servir. Leurs autres serviteurs se dispersèrent parmi la foule déjà présente des Arrancars.

- Bonjour, Lilith-sama, firent-elles lorsque Lilith se tourna doucement vers elles.

- Bonjour Teresa, Julia. Les affaires se portent bien, à ce que je vois.

- Très. Tout va pour le mieux.

- Le manque d'action est assommant. J'ai hâte que la guerre soit officiellement déclarée, que je puisse enfin sortir me défouler un peu.

Lilith eut un sourire mystérieux mais se garda de répondre, se retournant pour faire face au Siège du Triumvirat, toujours vides pour le moment.

Un à un, les Maîtres arrivèrent avec leur cohorte. Certains saluèrent Lilith, d'autres firent de leur mieux pour l'ignorer. Le "Grand Hall" se remplit de plus en plus, même si la majeure partie derrière resta vide car aucun Arrancar ne voulait s'installer à 4 kilomètres de son maître. Toutefois, un certain ordre régnait néanmoins, ordre instauré par le respect des Chevaliers les mieux classés. De plus, personne n'osait causer d'opprobre envers son maître en osant être le responsable d'une bagarre dans le "Grand Hall", le moindre manquement ici était immédiatement sanctionné très lourdement.

Valefor fut le premier du Triumvirat à arriver, accompagné par son ancienne servante Astria, devenue Maîtresse en même temps que Teresa, et par sa plus fidèle suivante et grande rivale de Lilith, Samigina. Celle-ci siffla de haine vers sa Némésis avant de prendre place, loin de l'autre côté de la pièce, à plus de 100 mètres l'une de l'autre. Valefor contempla l'assemblée du regard, notant ceux qui n'était pas encore arrivé, et s'installa en silence sur le fauteuil de droite. Bien que maîtresse, Astria se tenait derrière lui, comme Anabel se tenait derrière Lilith, démontrant bien sa supériorité par rapport au commun des Maîtres. Avant que ses anciennes servantes ne prennent la mouche de ce fait et de cette provocation, Lilith leva la main de son dossier et signala un non avec son index. Teresa et Julia ne bronchèrent donc pas et gardèrent leur calme.

- Bientôt, mes chères, bientôt. Laissons-le savourer ce moment… murmura-t-elle doucement.

Les deux Maîtresses sourirent sinistrement à cette remarque et se détendirent d'avantage.

D'autres Maîtres et Maîtresses firent leur apparition puis une ombre descendit lentement et en silence du plafond. Elle se posa sur le fauteuil de gauche du Triumvirat et tous retinrent son souffle lorsqu'elle se condensa d'avantage. Mais le seul changement fut l'apparition d'une grande cape noire qui enveloppa l'ombre intégralement, dissimulant parfaitement son identité. Toutefois, une main revêtue d'une armure noire émergea de l'une des manches de la cape pour se poser doucement sur le bureau. Beaucoup observèrent cette main avec intérêt car pour certains, il s'agissait là de la première apparition physique de Novalis, le plus ancien et le plus énigmatique des Arrancars du Triumvirat. Son serviteur, le Maître Caym, s'installa tranquillement en même temps dans son fauteuil, à l'extrémité gauche de la salle et au premier rang. De tous les maîtres, il était donc le plus proche physiquement de Novalis.

Une minute à peine plus tard, la faction de Baal fit son entrée, derrière tout le monde, les Maîtres en premier et leur Grand Maître apparaissant brutalement devant eux et remontant une bonne partie de la pièce, écrasant sous son reiatsu la plupart des Arrancars les plus proches afin que sa faction puisse s'installer. Il traversa l'hémicycle et se tourna vers les Arrancars une fois arrivé devant sa place.

- Silence, dit-il assez calmement, mais le poids de sa voix et de son reiatsu suffit à transformer ce simple mot en un ordre impératif.

Il fit le tour du bureau et s'installa tranquillement dans son fauteuil, celui du centre, qui ne craqua même pas sous son poids de géant et de son armure, puis il fit un signe vers Nybbas qui se tenait debout, au premier rang du Conseil des Maîtres, au centre. Celui-ci s'avança au centre de l'hémicycle et s'inclina devant le Triumvirat au complet, ses seuls mouvements troublant le silence qui pesait dans le "Grand Hall".

- Chevaliers de la Garde Noire, commença le porte-parole, nous sommes réunis en ce jour pour évoquer un cas de guerre… enfin, si l'on considère qu'une poignée de Shinigamis représente une quelconque menace envers nous.

Malgré son absence de micro, sa voix semblait porter partout avec la même intensité. Son commentaire fit soulever des ricanements et des exclamations d'approbation dans la salle mais cela ne dura pas car Nybbas reprit bien vite la parole.

- Très probablement en réponse à la première partie de l'Epreuve de sélection dimanche dernier, les Shinigamis du Gotei 13 ont apparemment décidé de monter une expédition de sauvetage. Un petit groupe de Shinigamis de haut rang s'est donc infiltré via un Garganta artificiel au Hueco Mundo et se dirige en ce moment même tout droit vers nous.

- Dans la gueule du loup ! Cria un Arrancar particulièrement enthousiaste.

- Silence, fit Baal sans même monter le ton de sa voix. Le prochain qui parlera sans y être autorisé sera puni de ma main. Ne me tentez pas.

Inutile de préciser que le silence retomba aussi surement qu'une chape de plomb.

- Dans la gueule du loup, oui, surement. Mais voilà, il ne s'agit que de Shinigamis. Sont-ils vraiment une menace ?

- Nybbas, cesse de tourner autour du pot, ordonna Valefor cette fois-ci.

- Pardon, mauvaise habitude de ma part, s'excusa-t-il. Le Triumvirat et le Conseil des Maîtres ont longuement débattu depuis leur arrivée et ont décrété que non, ce petit groupe ne représente pas une menace et donc que non, cela ne constitue pas encore d'un acte de guerre. Mais allons-nous pour autant les laisser gambader dans notre domaine sans rien faire ? Bien sur que non. La décision fut donc prise d'envoyer une expédition afin de contrer cette expédition. Voyez cela comme une manière polie de leur faire comprendre qu'ils ne jouent pas dans la même cour que nous et qu'ils ne sont pas les bienvenues.

Une main se leva parmi les Maîtres et Nybbas le désigna, lui donnant la parole.

- Il me semble me rappeler que nous avons aussi capturé un Vaizard… Toujours aucune réponse de la part de l'Olympe ?

- Bien sur que si, mais le Triumvirat a décidé de garder le silence pour le moment.

- Et où est détenu ce Vaizard ? Je sais de source sûre qu'il a été séparé des autres prisonniers.

- Bien évidemment. Les Shinigamis capturés ne sont que divertissement à ce stade de l'Epreuve, le Vaizard, en revanche – un général qui plus est –, est une source importante d'informations de première main. Nous répondrons en temps et en heure à la demande de l'Olympe… c'est-à-dire jamais, je pense. La guerre sera certainement déclarée d'ici-là. Quant à son lieu de détention actuel… Je regrette mais je ne peut pas y répondre. Sachez néanmoins qu'il est sous la charge du Grand Maître Valefor.

Le Maître qui avait posé la question baissa sa main et fit signe qu'il avait entendu ce qu'il voulait entendre.

- Revenons-en aux faits : une quinzaine de Shinigamis se baladant au Hueco Mundo, déterminés à sauver leur camarade et l'expédition que nous allons envoyer. Cette expédition est la raison de cette réunion exceptionnelle. Maîtresse Lilith a exprimé son désir d'envoyer certains de ces serviteurs à leur rencontre. Maîtresse St Michel a demandé à diriger cette expédition, ou à défaut d'y participer également… Et le Triumvirat a décidé… d'approuver votre demande, à la condition que vous ne soyez pas les seuls à y aller. Maîtresse Astria sera de la partie, ainsi que Maitresse Samigina…

- OBJECTION ! Tonna la voix de Lilith.

- Plait-il ?

Un léger brouhaha se leva et Baal fit claquer sa main sur le bureau en face de lui, imposant le silence.

- Et pourquoi donc, Lilith ? Gronda le géant à son égard.

- Un seul maître par faction, il me semble que c'est la règle pour ce genre d'expédition, rappela-t-elle sans se départir de son froncement de sourcil. Sinon, cela veut dire que vous vous contredisez quant à la dangerosité de cette… menace. De plus, vous connaissez très bien l'animosité qu'il y a entre Samigina et moi. Sa présence au sein de l'expédition ne sera pas la bienvenue de la part de mes serviteurs.

- L'avis de tes serviteurs ne m'intéresse pas, Lilith !

- Néanmoins, je suis d'accord avec elle, intervint alors Novalis de sa voix désincarnée. Un maître par faction, c'est la règle. C'est d'ailleurs pour cette seule raison que Lilith et son ancienne servante Julia Lansard ne se sont pas portées volontaires, malgré leur volonté évidente de participer à cette expédition. La véritable question a posé est plutôt : quelle est donc votre intérêt personnel dans cette affaire, Lilith ?

Le silence ne dura qu'une poignée de seconde avant que la concernée ne décide de répondre.

- Encore une fois, je loue votre clairvoyance, Novalis-sama, fit-elle en inclinant la tête avec révérence. Effectivement, j'ai un intérêt personnel dans cette expédition, ou plutôt, mes serviteurs ont un intérêt et donc je me dois d'y répondre. Ils ont longtemps été les ennemis de la Soul Society et ils ont souffert une cuisante défaite sous le commandement incompétent de ce chien d'Aizen. Ils crient revanche et vengeance et je ne vois pas de raison de leur interdire de satisfaire leur besoin. Accédez à notre requête et nous aurons une dette envers vous. Refusez et leur haine restera inassouvie.

- Est-ce une menace, Lilith ?

- Une simple constatation des faits, Valefor-sama. Si vous pensez que leur haine inassouvie se tournera vers vous pour leur avoir refusé cette simple requête, c'est que vous estimerez avoir une raison d'être la cible de leur mécontentement.

- Soudainement, j'ai une furieuse envie de poser mon veto sur cette affaire, répondit-il en fixant Lilith d'un regard noir sous l'insulte verbale qu'elle venait de lui faire.

- Tu joues un jeu dangereux, Lilith, gronda Baal en se recalant dans son siège confortablement, mais j'aime la manière dont tu présentes les choses. Une dette envers nous, hein ? Très intéressant, car il est rare que les Maîtres engagent de cette manière leur parole, se liant ainsi par un pacte… Très bien, j'accède à ton objection ! Maitresse Samigina, Maitresse Astria, l'une de vous ne participera pas à l'expédition, à vous de choisir laquelle de vous deux restera sur le banc de touche.

Samigina pesta, comprenant vite qu'elle n'obtiendrait pas gain de cause. Jetant un regard noir vers Lilith, elle leva la main pour prendre la parole avant qu'Astria puisse en faire de même.

- Je me désiste. Je laisse à Astria le soin de représenter notre faction.

L'Arrancar aux cheveux bleus hocha la tête en guise de remerciement et lorsque Nybbas se tourna vers elle pour confirmation, elle leva la main et annonça :

- Je participerai à cette expédition avec trois Chevaliers.

Nybbas se tourna vers Valefor qui jeta un regard noir vers Baal avant d'accepter d'un hochement de tête.

- Borjner, tu participeras aussi à cette expédition, ordonna le géant sans même faire attention à la colère de son voisin. Ça te dérouillera un peu.

- A vos ordres, excellence, fit un Maître avec un hochement de tête et un sourire carnassier. Puis-je emmener une partie de ma horde ?

- N'en prend que trois, il faut bien laisser de la place aux autres.

- L'expédition compte donc déjà 11 membres, déclara Nybbas. Y'a-t-il d'autres volontaires parmi les maîtres ?

Le silence pesa dans la salle et Grimmjow se tourna vers Tholon avec un regard interrogateur. Celui-ci comprit la question mais signala d'un doigt sur ses lèvres qu'il ne pouvait pas parler pour le moment, même à voix basse.

- Maître Bélial, je m'étonne que vous ne soyez pas intéressé. Après tout, vous avez perdu deux de vos prétendants durant l'Epreuve, fit Nybbas en se tournant vers le concerné.

- Auriez-vous oublié que je suis de la faction du Grand Maître Baal ?

- Je comprends que tu veuilles venger tes propres hommes de ta propre main, Bélial, mais l'heure n'est pas encore venue, déclara Baal. Par contre, tu peux t'arranger avec Borjner et désigner des Chevaliers sous tes ordres, si tu le souhaites.

Mais Bélial hocha négativement la tête, têtu. Une main se leva derrière lui et Nybbas lui donna la parole.

- Maître Morax ?

- Si Novalis-sama me l'autorise, je souhaite emmener 2 Chevaliers avec moi pour cette expédition.

- Je l'autorise, répondit Novalis de sa voix désincarnée ni sentiment sans attendre la question de Nybbas.

- Personne d'autre ? Demanda le porte-parole à l'Assemblée.

Seul le silence lui répondit.

- Très bien, nous avons donc 14 membres pour une expédition. Départ prévu dans 1 heure seulement. La projection aura lieu ici-même donc ne bougez pas de vos places, à moins que vous souhaitiez aller chercher quelques éléments pour plus de confort.

Sur ces paroles, Baal et Valefor se levèrent et s'éclipsèrent. Novalis sembla se fondre dans le décor pour se transformer en fumée noire et partit lentement vers le côté de la pièce, ordonnant de sa voix désincarnée au membre de l'expédition où et quand le rejoindre lorsqu'il ouvrirait le Garganta pour le départ.

Sitôt les trois partis, les discussions revinrent dans la pièce. La foule se dispersa – mais nul doute que la plupart des partants allait revenir – et Tholon poussa doucement Nel et Grimmjow vers Lilith qui les attendait avec Julia et Teresa. Les salutations furent prononcées à nouveau puis Tholon se tourna vers Grimmjow.

- Aurais-tu oublié que les Serviteurs n'ont pas le droit à la parole dans le "Grand Hall" durant une réunion ?

- Bien sur que non, c'est bien pour ça que je n'ai rien dit.

- Pas faux.

- Je m'étonne qu'il n'y avait personne pour se…

- Pour se porter volontaire ? Bien évidemment que non. N'oublie pas le contexte, Grimmjow, fit-il en regardant autour de lui. C'est une guerre de succession qui va bientôt s'engager, personne ne veut se battre avant l'heure. Ho, je suis sûr qu'il y a plein de Chevaliers ici qui aurait donné un bras pour participer mais ils sont soumis aux ordres de leurs maîtres et maîtresses… En cela, soi-dit en passant, le discours de Lilith-sama était une très bonne propagande pour notre faction.

- La plupart des maîtres appartiennent à une faction, Grimmjow, expliqua Lilith en prenant la parole. Si tu regardes bien, hormis la nôtre, les trois autres factions qui ont décidé de participer sont celles du Triumvirat. Tu crois que les autres factions allaient aligner des Chevaliers sur le même champs de bataille que ces trois-là ? D'autant plus que Samigina n'a pas caché son envie de provoquer un incident entre sa faction et la nôtre, mais son plan a été avorté grâce à Novalis et Baal.

- Ça, je l'avait bien compris.

- Les autres maîtres souhaitent garder leurs forces pour la guerre. Pas étonnant qu'aucun d'entre eux n'ait voulu participer. "Laissons les autres s'épuiser, et nous ramasserons les miettes," voilà ce qu'ils pensent.

- Pathétique, commenta Julia avec un reniflement de dédain.

- Enfin, 4 membres par faction, c'est le maximum pour ce genre d'expédition, c'est la règle, comme un seul maître par faction dans une expédition. Exceptionnellement, les choses peuvent être différentes, surtout lorsque le Triumvirat est concerné, mais j'ai réussi à imposer le fait que la règle devait être suivie. Encore merci à la présence de Novalis et son éternel strict suivi des règles, termina Lilith.

- J'ai encore pas mal de questions mais j'imagine que ça peut attendre, surtout si on doit aller se préparer. Juste une dernière pour la route : cette expédition de Shinigamis, est-ce qu'il en fait partie ?

Lilith eut un grand sourire carnassier en guise de réponse et Grimmjow l'imita rapidement, comprenant que c'était le cas.

- Ho yeaaaaaahhhh… Enfin.

Grimmjow s'éloigna vers la sortie sans se départir de son sourire et Nel allait le suivre, l'air légèrement soucieuse, lorsque Julia l'arrêta en l'attrapant par le bras. Elle se retourna vers la jeune maîtresse qui se pencha vers elle jusqu'à ce que leurs visages se touchent presque, son regard dur et ferme. Un peu en retrait, Lilith et Teresa observèrent discrètement la scène avec attention.

- Neliel Tu Oderschvank, entre Grimmjow et ce jeune Shinigami, tu as fait ton choix. Aujourd'hui, c'est un ennemi, souvient-en.

- Tu n'as pas besoin de me le rappeler, Julia, siffla Nel en omettant volontairement son titre, preuve de sa colère de ce faire rappeler à l'ordre pour ça.

- Alors dis-moi ce que tu feras lorsque tu seras en face de lui.

Nel prit une courte inspiration et plongea son regard dans celui de Julia.

- Je le laisserai à Grimmjow, c'est sa proie. Et lorsqu'il sera mort, j'arracherai ce qu'il reste de son cœur pour le présenter à Lilith-sama.

- Bien, fit Julia, rassurée, la relâchant.

- Toutefois, je ne le combattrais pas aujourd'hui, quelle que soit la situation.

- Pardon ? Gronda Julia, lui adressant à nouveau un regard noir.

- Il a beau être mon ennemi, j'ai une dette envers lui. Et je suis une femme d'honneur. Si j'ai une occasion de le tuer en combat singulier, je ne le ferais pas, une fois. Une fois et une seule. Pour payer ma dette. Ensuite… il ne sera plus rien pour moi.

Julia l'inspecta avec sévérité puis se détendit et souffla de résignation et de soulagement.

- Tu es encore plus têtue que je l'avais cru, mais je vois à ton regard que tu tiendras ta parole. Va, je te fais confiance. Et veille bien sur Grimmjow, ne le laisse pas se perdre dans sa fureur de Berserker.

- Pas de risque. De nous deux, c'est moi le Berserker ces derniers temps.

- Peut-être, mais je doute qu'aujourd'hui tu laisseras libre court à tes pulsions, contrairement à lui, insista la jeune Maîtresse.

Nel hocha la tête en signe de compréhension et s'en alla pour rejoindre Grimmjow.

***.***

Dans un monde isolé de tout

Seule source de lumière dans les ténèbres qui avait envahi la Dimension du Roi à la mort de ce dernier, l'Orbe de la Vie Eternelle pulsait doucement, flottant à une mètre seulement au dessus du trône vide où Zeus avait expiré son dernier souffle quelques mois auparavant. Il ne restait aujourd'hui plus la moindre trace de son existence en ces lieux, son corps ayant déjà été complètement décomposé, y compris ses os, ne laissant même pas de poussière. La sphère de pouvoir n'avait pas bougé d'un micron depuis sa dernière action, une heure à peine avant l'attaque de la Soul Society, restant depuis immobile, comme figée dans le temps et l'espace.

Luisant légèrement, elle se mit soudainement à pulser lentement, tel un compte à rebours qui s'enclenchait. L'heure était bientôt venue, la Sélection allait enfin pouvoir commencer. Il ne restait plus qu'un seule chose à faire, un seul acte, une seule condition avant qu'elle ne déclenche le début de la Guerre. Si l'Orbe connaissait la patience ou l'impatience, n'importe qui aurait jugé sans nul doute qu'elle éprouvait actuellement la seconde, mais tel n'était pas le cas car elle n'éprouvait pas le temps qui passait pas, plus qu'elle n'avait le moindre désir. Elle faisait simplement ce qu'elle devait faire, ce que la Terre voulait qu'elle fasse, rien de plus, rien de moins.

***.***

Hueco Mundo

Ichigo et Soi Fon furent les premiers du groupe à s'arrêter devant le spectacle qui s'étendait devant eux. Une dune plus loin, à son sommet, Kunieda Mayuko – qui jouait le rôle d'éclaireur – s'était elle aussi arrêtée et attendait le reste du groupe. Après tout, elle ne pouvait pas aller plus loin désormais, puisque devant elle s'étendait, à 2 kilomètres à peine, une immense étendue d'eau. Et il ne s'agissait pas d'un lac. D'un bout à l'autre de l'horizon, à droite comme à gauche, le désert s'arrêtait là pour laisser la place à un océan.

- Alors ça c'est surprenant, commenta Rukia en les rejoignant ainsi que le reste de l'expédition.

- Approchons-nous de la berge, suggéra Renji et personne ne trouva une raison de le contredire.

Quelques instants suivant, toute l'expédition était réunie sur la plage et Soi Fon décréta l'installation du campement, le temps d'analyser leur nouvelle situation. Kenpachi ne protesta pas, ils avaient bien progressé ces dernières 24 heures, beaucoup plus qu'avant, et lui-même devait reconnaitre que cet océan le perturbait.

- Bon, on se doutait bien qu'on rencontrerait quelques obstacles sur la route, commenta Ichigo en s'avançant vers l'eau.

- Alors quoi ? Il faut continuer à la nage maintenant ? Grogna Ikkaku en le rejoignant.

- Peut-être, fit-il en haussant les épaules en signe d'ignorance. Après tout, la lune est toujours bien dans cette direction. Mais il y a quelque chose qui me chiffonne.

- Hum ?

- L'eau est peut-être bonne. On peut en profiter pour se laver un peu, suggéra Rikichi en s'approchant avant de s'asseoir dans le sable et de commencer à se déshabiller.

Plusieurs autres, y compris Kenpachi et Ikkaku, approuvèrent l'idée de génie et commencèrent à se dévêtir également, provoquant une montée d'indignation de la part des femmes dans l'expédition.

- Attendez, stop ! Fit soudainement Ichigo en écartant les bras devant eux. Ne rentrez pas dans l'eau !

- Quoi encore ? Grogna Kenpachi avec un sourire narquois. Me dis pas que t'as honte de nous montrer tes abdominaux, Ichigo.

- Ce n'est pas ça, c'est…

Il se retourna, regardant l'océan assez paisible, les petites vagues roulant sur le sable à quelques mètres d'eux seulement.

- L'odeur. Ça ne sent pas comme un océan.

- Rien d'étonnant, Kurosaki-Fukutaichou, nous ne sommes pas sur terre ici, répondit Katsuro Makoto, le bellâtre de la 5ième Division, alors qu'il dévoilait sans vergogne son corps parfaitement dessiné.

- Effectivement, mais Kurosaki-Fukutaichou n'a pas tort pour autant, fit Unohana en s'avançant sur la berge à son tour. Yamada-san, pouvez-vous faire un prélèvement de cette eau, en faisant bien attention de ne pas la toucher directement ?

- H-Hai, Taichou, répondit-il en s'exécutant au plus vite.

Il dépassa Ichigo en sortant une sorte de gant en plastique de sa tenue et une petite fiole. Il se pencha précautionneusement sur la pointe des pied et attendit une vague pour faire collecter un peu d'eau dans sa fiole tenue par sa main gantée. Il la boucha avec expertise en retourna son gant pour tenir la fiole à l'intérieur, l'amenant bien vite à son capitaine. Celle-ci avait sorti deux gants semblables au sien et ressortit la fiole pour inspecter son contenu à regard sérieux.

- Alors ? Fit Kenpachi en levant les yeux au ciel, signe qu'il trouvait toute cette simagrée inutile.

- Je vous en prie, Zaraki-Taichou, allez piquer une tête… mais je vous confirme que ce sera la dernière fois que vous vous baignerez de votre vie.

La moitié des Shinigamis qui était à deux doigts de plonger pilèrent net sur place, figés un bref instant avec de reculer à toute allure et de regarder la capitaine de la 4ème Division qui avait son grand sourire maternel sur les lèvres.

- Ce n'est pas de l'eau, c'est du poison. Une toxine particulièrement virulente qui plus est. Très légèrement acide – juste ce qu'il faut pour s'attaquer à la chair sur une exposition prolongée – mais pas particulièrement volatil, donc peu de risque de la voire se propager. En revanche, avec les embruns, je suppose que respirer l'air venant de cet océan ne doit vraiment pas être bon pour nos bronches. Et donc, Soi Fon-Taichou, je préconise de nous éloigner de cet endroit dans un premier temps.

- J'approuve, fit l'intéressée. On lève le camp pour le réinstaller de l'autre côté de la dune. Vu que le vent vient du désert, nous avons peu de chance de respirer cette saleté mais pour plus de précaution nous surveillerons le sens du vent dorénavant.

Les Shinigamis qui étaient en train de se déshabiller se rhabillèrent et passèrent de l'autre côté de la dune, jetant des coups d'œil craintifs vers l'océan de poison, heureux d'avoir échapper à une mort particulièrement douloureuse.

- Pas étonnant que personne ne soit revenu pour raconter ce qu'il avait vu, commenta Haruka depuis le haut de la dune lorsque Rukia passa près d'elle.

- Effectivement. J'imagine que la plupart des Hollows se sont baignés en arrivant ici et en sont morts. Un peu plus et la bande de crétins qui nous accompagne allait les rejoindre, continua-t-elle avec un petit sourire narquois.

- Une bande de crétins… Oui, très bien vu, confirma la plus jeune des capitaines avec le même sourire.

- Hého, grogna Kenpachi qui était justement à portée de voix.

- Une remarque, Zaraki-Taichou ? Demanda Haruka.

Le géant se contenta de grommeler en descendant la dune et les deux femmes rigolèrent sous cape.

Quelques minutes plus tard, tous étaient réunis dans leur nouveau campement, au pied de la dune. Makoto et Hanataro et Rikichi s'affairaient pour sortir de quoi faire du thé tandis que les autres discutaient de leurs options désormais.

- Il n'y a pas 36 moyens différents : pour traverser cet océan, ou on trouve un bateau bien cloisonné, ou on vole au dessus.

Certains regards se tournèrent vers Unohana mais celle-ci secoua négativement la tête.

- Ne me demandez pas d'utiliser mon Shikai pendant Dieu sait combien de temps. Si cet océan n'est pas si large qu'il en a l'air, je pourrais tenir, mais s'il est comme je le crois un véritable océan dont la traversée demandera plusieurs jours… Je serais morte de fatigue bien avant la fin de la première journée. De plus, nous sommes un peu trop nombreux pour que je puisse m'amuser à jouer les transports en commun.

- Et si vous traversiez cet océan puis vous nous invoqueriez avec un Kidou ? Proposa Renji.

- Le problème sera le même à la base. Mon zanpakuto est de type invocation et c'est le type qui nécessite la plus grosse quantité de reiatsu pour se libérer. Avez-vous déjà essayé de maintenir votre Shikai pendant plus d'une journée, sans repos ?

Silence… Puis tous les regards se tournèrent vers Ichigo.

- Quoi ? S'offusqua-t-il alors. Me regarder pas comme ça, j'y suis pour rien si Zangetsu refuse de rester sous sa forme scellée.

- Kurosaki mis à part, je ne crois pas qu'il existe une seule personne capable de maintenir son zanpakuto en Shikai pendant si longtemps, trancha Soi Fon, et il y a aussi un autre défaut concernant le Kidou concerné : il s'agit du Bakudô N°78 : Hikari Omotai (Bandeau de lumière double). Il nécessite que la personne qui le pratique connaisse déjà parfaitement le point d'arrivée et la distance à parcourir ou de sentir le reiatsu d'une personne au point d'arrivée. Je doute qu'une fois de l'autre côté de cet océan Unohana-Taichou soit capable de ressentir le reiatsu de l'un d'entre nous avec précision, donc solution rejetée. Le mieux est de trouver de quoi faire un bateau ou quelque chose d'équivalent. Cependant, Unohana-Taichou, il y a effectivement quelque chose que vous pouvez faire : partir en exploration. Grâce à votre zanpakuto, vous pouvez survolez une partie de cet océan et nous renseigner sur votre voyage à votre retour. Qui sait, nous aurons peut-être une bonne surprise.

- C'est tout à fait dans mes cordes, effectivement. Ne perdons pas de temps alors, je pars de suite. Si le besoin de communiquer se fait ressentir, nous pourrons utiliser le Tenteikûra.

- Très bonne idée. Bonne chance.

Unohana s'éloigna du groupe et tendit son zanpakuto devant elle, le dégainant lentement. Il se transforma en une géante raie Manta volante et Unohana monta doucement dessus. Une minute plus tard, elle avait disparu à l'horizon.

- Bien. Maintenant, trouvons de quoi fabriquer une embarcation, décréta Soi Fon.

- Le problème, Taichou, c'est que nous n'avons plus vu la moindre trace d'arbres depuis hier, mentionna Kunieda.

- Revenir en arrière pour en trouver puis revenir ici en ramenant la matière première… plus le temps nécessaire pour construire ce bateau – correctement, en plus… Nous allons perdre énormément de temps, précisa Renji, l'air pas convaincu.

- Ce sera toujours mieux que de rester planté là à ne rien faire, riposta-t-elle, avant de voir qu'Ichigo ne semblait pas suivre la conversation, ce qui l'énerva. Kurosaki ! Tu nous écoutes ou…

Ichigo leva la main légèrement et fronça des sourcils sans tourner la tête, fixant l'horizon, d'un côté de la berge.

- Par là, dit-il en désignant la direction qu'il regardait. Je ressens la présence de plusieurs reiatsus… et ça se rapproche… Et je doute que ce soit pour nous souhaiter la bienvenue.

Aussitôt, tous se levèrent et regardèrent dans la direction qu'il désignait. Toute colère envolée, Soi Fon vint se placer à côté de lui et fronça des sourcils, se concentrant également. Bientôt, tous purent ressentir les reiatsus qui s'approchaient.

- Ils sont nombreux, au moins une trentaine, fit Rukia, les yeux fermés.

- Des Arrancars ou des Hollows ? Demanda Zaraki avec un léger sourire carnassier.

- Je ne saurai le préciser… mais je suppose qu'on ne tardera pas à le savoir.

Soi Fon ordonna que le camp soit lever et que tous se préparent au combat. Dix secondes plus tard, les Shinigamis se placèrent en ligne sur le sommet d'une dune proche, capitaines et lieutenants aux premières loges, les autres derrière.

- Enfin de quoi se défouler un peu, déclara Kenpachi avec un grand sourire.

- Ichigo ! On fait un concours à celui qui en vaincra le plus, tu nous suis ? Lança Ikkaku.

- Ossu, comptez-moi dans le lot ! fit Renji avant que le concerné ne puisse répondre.

- On fera les comptes après, si vous voulez bien, répondit-il finalement avec un air sérieux.

Il ressentait une espèce de sensation familière désagréable dans la masse de reiatsu qui s'approchait.

- Ces hommes… Quel manque de maturité, c'est sidérant, grommela Rukia.

- Il y a un bon moyen de les mater, Kuchiki-Taichou, fit Asuka en se rapprochant légèrement d'elle.

- Ha oui ?

- Oui, il suffit d'en tuer plus qu'eux, expliqua-t-elle en tendant légèrement le pommeau de son sabre en avant, se préparant à le dégainer.

Rukia eut un petit sourire sarcastique et commença à concentrer son reiatsu. Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de ressentir quelque chose d'étrange dans l'air, comme un mauvais pressentiment, et elle se promit de garder tous ses sens ouverts.

***.***

Oui je sais, un cliffhanger ici, je suis sadique. Libre à vous de me le confirmer par review et d'en profiter pour me donner vos impressions sur ce chapitre. De nombreuses surprises vous attendent dans le prochain et je vous lance maintenant un petit défi : A votre avis, qui affrontera Aizen et comment ? Ichigo ? Grimmjow ? Kenpachi ? Tatsuki ? Renji ? Ishida ? Soi Fon ? Julia ? Rukia ? Nel ? Haruka ? Orihime ? Quelqu'un d'autre ? En solo ? A deux ? A trois ou plus ? Et dans un tel cas, qui appartient au groupe ? Les jeux sont ouverts, j'attends vos suggestions. Dépéchez-vous, je pense que j'éditerai le chapitre 32 le weekend prochain. A++