Disclamer : L'univers appartient à J. K. Rowling.

Note de l'auteur : la rencontre en Sirius et Severus est prévue pour le prochain chapitre mais avant cela, il faut que je mette certaines choses en place autrement vous n'allez pas tout comprendre. S'il y a des questions à poser sur ce chapitre, n'hésitez surtout pas ! Ah oui autre chose aussi : si vous avez des envies et qu'elles peuvent coller avec mon histoire, proposez-les-moi et je verrais ce que je peux faire. Je veux que vous sachiez que si j'écris c'est parce que j'ai cette histoire dans la tête depuis plusieurs années mais je veux aussi qu'elle soit interactive, donc vraiment si vous avez une envie particulière, proposez-la .

Je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont envoyé une review et m'ont soutenue durant cette petite période de doutes. Certains parmi vous n'ont peut-être pas compris pourquoi je m'étais interrompue et je tiens à m'expliquer. Je suis à la fac, en troisième année de Licence et le travail demander est considérable. De plus j'ai trois boulots à côté ce qui fait que j'ai dû jongler avec beaucoup de chose en même temps (en plus de l'anniversaire de ma mère). Je pense que tout ce stress m'a rendu plus émotive et j'ai été déstabilisée. J'ai reçu une review qui je l'avoue m'a rendue perplexe à la lecture car je connais cette personne, je veux dire que je la connais réellement et que je ne m'attendais pas du tout à ça de sa part. Comme je vois cette personne presque tous les jours nous avons pu discuter de son commentaire. Tout est donc rentré dans l'ordre et je tiens à demander officiellement à cette personne si elle veut bien me corriger tous mes chapitres prochains (et donc les avoir en exclusivité) car après réflexion c'est ce qui m'est apparu le plus évident à faire. J'attends donc sa réponse avec impatience !

Enfin bref tout ça pour dire que je suis de retour et que je ne compte pas m'arrêter là.

Note 2 de l'auteure : je calcule les âges des enfants en fonction de la rentrée : je m'explique. Pour intégrer Poudlard pour moi, il faut avoir 11 ans au maximum le 31 Août. Donc si un enfant est né le 4 septembre 1959 il intégrera Poudlard en 1971 et il aura 11 ans à Poudlard pendant 4 jours et le reste de l'année il aura 12 ans. Mais il ne pourra pas rentrer à l'école en 1970 car il n'aura que 10 ans le jour de la rentrée. Donc Severus et Sirius sont nés en 1959 et Lily et James en 1960 mais ils sont tous les quatre dans la même année malgré tout car je compte en fonction de la rentrée scolaire. Leur rentrée scolaire a donc lieu en 1971 quand ils ont tous les quatre 11 ans. Heu si vous avez besoin d'explication supplémentaire ou plus claires n'hésitez pas. Normalement vous devez avoir la fiche d'indications sur le chapitre précédent donc ça devrait vous aidez.

Les réponses aux reviews sont toutes sur mon profil !

Je tiens tout particulièrement à dédier ce chapitre à Sirius X Severus!

Chapitre 3 : Une nuit parmi d'autres

Severus était assis sur le rebord d'une fenêtre en plein cœur de Londres et regardait à travers celle-ci les gens défiler dans les rues. Malgré la pluie qui tombait comme bien souvent dans cette ville, beaucoup de personnes étaient présentes dehors. Il les regardait passer d'un œil morne et sans vie. Il semblait si profondément ancré dans ses pensées qu'on avait l'impression que rien n'aurait pu le ramener à la réalité. Le jeune homme se demandait comment il en était arrivé à se retrouver dans cette chambre minable d'une sordide auberge de Londres. Mais lorsqu'il se remémora tous les actes qui l'avaient conduit ici il ne put s'empêcher de penser qu'il l'avait bien mérité.

Severus était né le 3 Octobre 1959, dans un hôpital moldu de Londres. L'enfant était chétif et ne pleurait pas beaucoup. Il ouvrait facilement ses grands yeux noirs sur le monde pour le contempler à sa guise. Sa mère Eileen Snape était une femme ordinaire à un détail près : c'était une sorcière au sang-pur mise à l'écart par sa famille après avoir épouser un homme sans pouvoirs magiques, un moldu. En effet, alors qu'elle était fiancée à un brillant jeune homme de même origine sociale qu'elle, Eileen, à la surprise générale de sa famille avait annulé ses fiançailles pour retrouver un moldu de basse extraction et s'enfuir avec lui. Sa famille n'avait pas du tout apprécié son geste surtout que son premier fiancé aurait assuré la gloire, l'honneur et le prestige de leur dynastie.
Eileen s'était donc enfuie avec un moldu du nom de Tobias Snape qui habitait un petit quartier de Londres, dans les bas-fonds sordides et crasseux de la grande ville. Tobias avait rencontré Eileen lors d'une sortie avec des amis dans les quartiers résidentiels de la cité et était tombé par pur hasard sur elle. Elle avait l'air toute timide et assez maladroite dans sa robe magnifique d'un vert profond, ses cheveux noirs retombant devant ses yeux. Il avait bien rigolé avec ses copains et avait parié sur le temps qu'il lui faudrait pour arriver à lui faire relever ses jupes. La jeune fille avait été beaucoup moins farouche que ce à quoi s'était attendu Tobias. Cette nuit-là alors qu'Eileen perdait sa virginité, la vie naissait également en son sein. C'est ainsi que trois mois après, Tobias vit débarqué la drôle de jeune fille qu'il avait coincé contre un mur quelques semaines auparavant et quand elle lui annonça qu'elle était enceinte, il n'eut d'autres choix que de l'épousé et de la laisser emménager avec lui. A l'époque la société était très portée sur les traditions et les bonnes mœurs.
La jeune fille quant à elle, avait fait ses valises et fuit la maison lorsqu'elle s'était aperçue qu'elle était enceinte. Elle avait cru que le jeune homme l'accueillerai de bon cœur et même s'il lui faudrait plusieurs jours pour accepter la situation, Eileen pensait que Tobias serait malgré tout heureux d'avoir un enfant. Mais Tobias n'était pas du tout prêt à devenir père et ne le souhaitait pas non plus. Il travaillait dans une usine et rentrait tard le soir après avoir trainer une bonne partie de la soirée dans un débit de boisson avec quelques collègues à lui. Lorsqu'il rentrait Eileen était déjà endormie depuis longtemps et bien souvent il la réveillait avec tout le bruit qu'il faisait mais elle ne disait jamais rien. Elle savait que son mari ne l'aurait pas accepté et n'aurait pas hésité à la battre si elle émettait la moindre protestation. Il avait déjà eu une réaction très violente quand Eileen lui avait annoncé qu'elle était une sorcière. Tobias avait eu tellement peur de ce que signifiaient les propos de sa femme qu'il n'avait pu exprimer ses sentiments que par les coups. Tout de suite après il avait regretté car il avait pensé que peut-être des gens comme sa femme les surveillaient et qu'ils pourraient venir s'en prendre à lui mais après plusieurs jours sans que rien ne se passe il avait compris qu'il s'était inquiété pour rien et que jamais sa femme ne lui refuserait quoi que ce soit après la raclée qu'il lui avait administré. Il lui avait hurlé dessus en lui disant qu'elle était faible de se laisser faire alors qu'elle avait des pouvoirs magiques, que jamais elle ne devait les utiliser et que si elle osait se rebeller contre lui, il lui prendrait son fils et jamais elle ne reverrai Severus. Tobias avait compris dès le premier instant où il avait vu sa femme lancer un regard débordant de tendresse pour son fils que l'enfant serait la seule source de bonheur de sa femme et qu'elle l'aimait plus que tout. Il avait réussi à réduire sa femme à un état mental si faible que jamais elle ne s'en était remise. Il l'avait réduite à l'esclavage mental par ses menaces et ses coups. C'est l'une des choses que jamais Severus n'avait compris ni accepté de la part de sa mère. Mais Eileen ne lui avait jamais expliqué que son père avait menacé de les séparer si jamais elle osait le contredire.

Lorsqu'Eileen était revenue à la maison avec un nourrisson vagissant dans les bras, son père était allé dormir chez des amis à lui, dans un immeuble voisin pour ne pas être réveillé chaque nuit par les pleurs de l'enfant. Il avait attendu que Severus ait 4 mois et qu'il fasse ses nuits complètes pour revenir au domicile conjugal. Si dans les premiers temps, Tobias avait rejeté Severus, à présent qu'il pouvait jouer avec l'enfant qui lui souriait, il était très fier d'avoir un fils. Plus Severus grandissait et plus Tobias s'occupait de lui. Il essayait de lui apprend à parler et à compter car Tobias s'était rendu compte que Severus était un enfant précoce qui apprenait très facilement et avait un esprit vif. Mais à seulement 11 moins l'enfant commençait à peine à parler et à dire des mots en entier sans hésiter, alors Tobias délaissa peu à peu son fils car son intérêt pour celui-ci s'émoussait et Eileen repris en main l'éducation de son garçon.

Un soir alors que Tobias rentrait saoul d'un bar et qu'Eileen était dans la chambre de Severus entrain de le bercer après que celui-ci ait fait un cauchemar, elle vit son enfant tendre le bras vers une peluche qu'il adorait, un petit lézard dont la queue s'entortillait sur elle-même. La peluche eut une secousse et Eileen ouvrit grands les yeux quand elle comprit que Severus essayait de faire venir à lui l'animal par la magie. Elle encouragea d'une voix douce son fils à faire venir à lui son doudou pour se calmer quand elle remarqua enfin son mari dans l'entrebâillement de la porte et elle eut un sursaut de frayeur en voyant la haine et la colère dans les yeux de son époux. Elle essaya de parler et de le convaincre que Severus n'y était pour rien mais Tobias avait bien vu le bras tendu de son fils en direction de la peluche et il avait compris en cet instant que son fils était comme sa femme, un sorcier, un être bizarre qui pourrait un jour se retourner contre lui. Or Tobias voulait plus que tout garder le contrôle sur sa famille. Il attrapa donc l'enfant par le bras et lorsque celui-ci vit son père, il se laissa faire et se blotti dans ses bras sans remarquer la rigidité de la prise de celui-ci ni sa colère qui tendait tout son corps. Non l'enfant n'avait pas encore peur de son père car jusqu'à présent Tobias n'avait rien fait de mal à son fils. Cette nuit-là tout changea : quand Severus sentit le premier coup tombé il ne compris absolument pas ce qui se passait, il leva les yeux plein d'étonnement et d'incompréhension vers son père pour avoir une explication et c'est à ce moment-là qu'il vit la fureur et la froideur remplacer la fierté et l'intérêt dans les yeux de son père. Même si l'enfant ne connaissait pas ses mots et ses sentiments et ne comprenait pas d'où venaient cette colère et cette violence, il sut qu'il avait fait quelque chose de mal et que jamais plus il ne devrait refaire cela. Mais il ne comprenait pas les propos de plus en plus incohérents de son père qui vociférait de tout son saoul, car pour lui il n'avait rien fait de bizarre, après tout sa mère utilisait souvent la magie pour faire venir à elle des instruments de cuisine quand elle préparait les repas. Il la voyait, bien installé sur sa chaise haute, faire venir à elle par la magie les couteaux, les plats ou les assiettes. Cela le faisait toujours rire et l'émerveillait à chaque fois. A partir de cette nuit, Severus vécu un véritable Enfers entre les murs du petit appartement de ses parents et ne put compter sur le soutien d'aucun des deux adultes car son père était on bourreau et sa mère tellement soumise qu'elle ne disait jamais rien. Il grandit ainsi, apprenant à se méfier de la magie, à la redouter parfois car souvent elle était une cause des déclenchements de colère de son père. Et ces moments se finissaient toujours de la même façon : lui allongé sur son lit pendant plusieurs jours, sa mère venant le voir régulièrement pour désinfecter les plaies sanguinolentes de son dos, marques des coups de ceintures de son géniteur. Severus avait l'impression que plus le temps passait et plus son père devenait violent. Il comprit pourquoi lorsqu'un jour, à l'annonce de ses 9 ans, sa mère lui demanda de venir dans la cuisine car elle avait quelque chose de très important à lui dire.

-Severus, je veux que tu saches que lorsque tu auras 11 ans tu n'iras pas dans une l'école normale. Tu vas aller dans une école de magie appelée Poudlard. C'est un grand château quelque part en Ecosse où on apprend à faire de la magie et surtout à la contrôler. Tu vois, tu as un grand potentiel de magie en toi et parfois celle-ci t'échappe même si tu n'en a pas conscience. C'est pourquoi il faut que tu apprennes à la contrôler.

-Mais maman, comment toi tu vois quand ma magie s'échappe ? Questionna l'enfant.

-Quand ton père te… corrige, très souvent lorsque je viens te voir, j'ai avec moi une potion désinfectante. Ce n'est pas juste de l'alcool que je te passe sur le dos, c'est une lotion bien plus puissante car il y a de la magie dedans.

-A bon mais comment on met de la magie dedans ? S'étonna l'enfant.

-Grâce à des plantes qui sont elles-mêmes magiques. Mais ce que tu ne sais pas, c'est que je ne te mets pas la dose que je devrais car bien souvent lorsque je viens te voir, tu t'es déjà en partie guéri tout seul. Ce qui est un don très rare et très précieux dans le monde magique. Mais tu ne dois pas faire de la magie devant des moldus ni parler avec eux de notre monde. Préviens Eileen.

-Mais maman c'est quoi des moldus ?

-Des moldus Severus, ce sont des gens sans pouvoirs magiques. Les sorciers peuvent acheter une baguette magique lorsqu'ils ont 11 ans et qu'ils rentrent dans l'une des différentes écoles de magies à travers le monde. Mais les moldus eux ne peuvent pas faire de la magie même si tu leur mets une baguette entre les mains. Ils en sont tout simplement incapables.

-Mais alors papa c'est un moldu, étant donné qu'il n'a pas de baguette magique comme toi ?

-Oui ton père n'est pas un sorcier et il a horreur de la magie, c'est pour ça que bien souvent quand tu fais de la magie accidentelle, c'est-à-dire sans t'en apercevoir, il te puni.

-Alors je ne veux pas de la magie, moi je veux que papa il m'aime. Dit le petit garçon sur un ton tellement triste que sa mère le pris dans ses bras et lui dit :

-Tu verras Severus, que la magie vaut toute la peine et tous les sacrifices du monde. Tu verras un nouveau monde s'ouvrir à toi, tu vas découvrir tellement de merveilles dans ce monde que tu ne voudras plus jamais le quitter. Tu vas te faire de nouveaux amis à Poudlard et tu vas apprendre pleins de nouvelles choses.

En effet, Eileen s'inquiétait énormément pour Severus bien qu'elle ne le laisse pas vraiment paraitre car elle savait que son enfant avait du mal à se faire des amis. Sa nature discrète et introvertie ne l'aidait en rien. Eileen savait que Severus aurait beaucoup de difficulté à aller vers ses camarades d'école mais elle essayait de faire en sorte que son fils s'ouvre de plus en plus aux autres même si c'était très difficile. Severus avait une silhouette fine, des cheveux noirs et raides qui lui tombaient bien souvent devant les yeux, il tenait ce trait physique de sa mère, mais il ne les rabattait jamais derrière ses oreilles ni ne les attachaient. Les yeux noirs et envoutants de l'enfant étaient des puits sans fond et ils attiraient immédiatement le regard. Severus préférait la solitude et le calme, le confort rassurant que lui procuraient ses livres scolaires. Il savait que pour réussir dans la vie et ne pas finir comme son père, il lui fallait avoir de bons résultats scolaires. Il pensait que s'il réussissait suffisamment bien sa mère et lui pourrait aller vivre ailleurs et seraient débarrasser de son père. Car plus le temps passait, plus Severus commençait à se rebeller à sa façon contre son père il n'acceptait plus les punitions de Tobias comme lorsqu'il était enfant. Depuis sa discussion avec sa mère, il savait qu'il était un sorcier mais surtout qu'il ne pouvait rien faire contre sa magie pour l'instant, et que contrairement à ce que son père lui disait, sa magie n'était pas néfaste et ne faisait pas de lui un monstre. Sa mère insistait bien sur ce point lorsqu'ils discutaient : elle lui répétait tout le temps que ce n'était pas de sa faute s'il laissait sa magie sortir de son corps, que c'était naturel chez les jeunes sorciers.

L'enfant ressentait des émotions contradictoires quand il pensait à sa magie : il était très heureux de savoir qu'il n'était pas comme les autres enfants, qu'il était exceptionnel mais sa magie lui faisait un peu peur également. A cause d'elle son père ne l'aimait pas et le fait que sa magie puisse sortir de son corps sans qu'il ne la contrôler augmentait sa peur. L'enfant restait donc réticent mais quand sa mère lui proposa de lui apprendre à fabriquer une potion magique, un sourire éblouissant fit son apparition sur le visage de Severus. Et c'est ainsi que la mère et l'enfant suivirent un nouveau rituel : tous les soir alors que Tobias n'était pas encore rentré du travail, Severus et Eileen s'entrainaient à faire une potion d'un vieux livre tout froissé que la mère gardait précieusement dans une armoire à double fond de la cuisine.


En Angleterre, dès que l'on rentre à l'école, on porte un uniforme et celui-ci est la même pour tous les élèves. L'école de Severus était dans son quartier alors pour économiser des sous, l'enfant allait à pieds tous les jours qu'importe la météo. C'était une chaude journée de printemps, Severus marchait tranquillement en pensant à la potion qu'il allait pouvoir faire avec sa mère quand il entendit derrière lui, plusieurs garçons se moquer de son uniforme. Sur le coup il s'arrêta dans sa marche car il était très surpris : d'habitude il passait inaperçu partout où il allait. Même à l'école, personne ne venait lui parler et l'enfant était solitaire et très indépendant. Quand les garçons l'apostrophèrent, Severus sentit la panique le gagner. Il se retourna brièvement et vit du coin de l'œil que le groupe d'adolescents qui le suivait comportait plusieurs fils des amis à son père. Il savait que ceux-ci n'hésiteraient pas à le frapper et raconteraient partout par la suite que Severus était un faible et les garçons n'hésiteraient pas à rabaisser. Ce qui ne manquerait pas de provoquer la fureur de son père, qui s'acharnerait sur lui de nouveau. Alors Severus pris ses jambes à son cou et fila droit devant lui pour échapper aux railleries des garçons. Mais ces derniers ne l'entendaient pas comme ça, ils poursuivirent Severus qui venait de tourner à l'angle droit de la rue. Ils se mirent à cavaler pour rattraper leur victime mais celle-ci avait disparue subitement. Severus savait qu'il n'avait aucune chance d'échapper à ses poursuivants alors quand il se rendit compte que ceux-ci lui courraient après, il fonça droit devant lui, puis bifurqua à l'angle suivant. Devant lui il n'y avait que des maisons à parte de vue et il s'éloignait de plus en plus de son quartier. Il comprit qu'il s'était trompé de route et qu'il avait pris à droite au lieu de gauche. Mais il ne pouvait faire demi-tour sinon il tomberait sur les garçons auxquels il voulait échapper. Il ne lui restait plus que quelques secondes pour se décider avant que les autres n'arrivent à l'angle de la rue. Severus bondit alors dans un arbre, essaya de grimper le plus haut possible pour être hors de porter des autres garçons. Il réussit à se cacher à travers le feuillage et vit ses poursuivants passer devant lui, regarder dans toute la rue pour voir s'ils ne le trouvaient pas et puis abandonner au bout d'un moment. Severus descendit alors tranquillement de l'arbre et se laissa tomber sur ses pieds. Quand il releva la tête il eut un sursaut de frayeur. En effet devant lui se trouvait une jeune fille, d'à peu près son âge, avec deux couettes rousses. Elle lui souriait et son regard vert émeraude pétillait :

-Tu les as semés, bien que ta technique reste encore à revoir. S'ils t'avaient trouvé tu serrais rester surement un bon bout de temps en haut. Surement jusqu'à ce que mon père rentre et ne les fasse fuir ensuite il t'aurait ramené chez toi pour parler à ton père de ta conduite. Après tout tu n'as pas le droit de venir ainsi chez les gens, c'est une propriété privée, tu sais ? Lui expliqua la fillette sans prendre de respiration.

Severus resta un moment interdit, mais voyant qu'elle continuait à lui sourire, il lui répondit :

-Je revenais de l'école et je n'avais vraiment pas envie de discuter avec eux. Je voulais juste rentrer tranquillement chez moi.

-Oui mais eux avaient d'autres projets, il me semble.

-En tout cas merci de n'avoir rien dit, je m'appelle Severus. Dit le jeune homme.

-Et moi Lily.

La jeune fille l'invita à rentrer prendre le goûter, mais Severus ne voulut pas déranger. Elle lui expliqua que sa mère et sa sœur étaient chez le dentiste car cette dernière avait pleins de carries à force de manger tout un tas de sucreries. Severus esquissa un sourire mais dit à Lily qu'il ne pouvait vraiment pas rester et que sa mère allait s'inquiéter s'il ne rentrait pas tout de suite, surtout qu'il avait déjà pris du retard. La jeune fille lui fit promettre de revenir bientôt et le jeune homme se fit ce jour-là sa première amie. Severus était très content et quand il rentra chez lui, il raconta l'aventure à sa mère. Celle-ci sourit mais lui dit de ne pas trop s'accrocher à la jeune fille car il ne pourrait bientôt plus la voir puisqu'il partirait prochainement à Poudlard. Quand son père rentra ce soir-là, il fonça directement dans la chambre de son fils, lui agrippa le bras et le balança à l'autre bout de la pièce. Severus n'avait même pas eu le temps de comprendre ce qui se passait qu'il sentit son bras être violement tourné dans un angle bizarre et il atterrit directement sur le sol après un vol plané. Il essaya de se relever et de s'éloigner le plus possible de son père mais celui-ci revint à la charge et donna une grande gifle à son fils qui fut à moitié assommé et qui ne vit pas le poing de l'adulte arrivé directement sur sa figure. Severus hurla en ressentant une grande douleur sur tout le visage, son sang dégoulinant de son nez dans un flot ininterrompu. Sa mère arriva après avoir entendu son cri de douleur, se figea dans l'embrassure de la porte en voyant son mari s'approcher à nouveau de l'enfant pour continuer la punition. Eileen, malgré la peur qu'elle ressentait face à son mari, se mis devant son enfant et hurla à Tobias de s'arrêter et de sortir car autrement il y avait de grandes chances qu'il tue Severus. L'homme se figea instantanément et obéit à sa femme non parce qu'il la craignait mais parce qu'il était ébahit de voir qu'elle ne rebellait contre lui pour sauver son fils. Il s'en alla donc de l'appartement et Eileen se tourna vers son fils et le prit dans ses bras. Elle le calma et sorti sa baguette pour soigner le nez de son fils. Malheureusement Eileen n'avait pas beaucoup de notion de soin, elle ne connaissait que des sorts basiques mais pas plus. Or le nez de Severus était bien endommagé et malgré les soins de sa mère, il resta de travers à partir de cet instant.

Bien que sa mère lui ait demandé de ne plus voir Lily, les deux jeunes gens se voyaient régulièrement et plus l'année passait, plus Severus angoissait car il savait que bientôt les cours reprendraient et qu'il ne verrait plus Lily pendant de longues semaines. Les enfants passèrent la saison estivale à parler de tout et de rien, à se promener autour de l'étang dans le quartier voisin, ils allèrent de nombreuses fois se cacher à l'ombre des grands saules se rafraichir. Parfois la jeune sœur de Lily, Pétunia les accompagnait mais elle ne venait pas très souvent car elle n'aimait pas Severus. Pétunia était très jalouse car auparavant elle avait sa sœur pour elle toute seule et dorénavant elle devait la partager avec un inconnu, qui plus est avec un garçon qui s'habillait étrangement et qui lui faisait froid dans le dos. Elle ne savait pas pourquoi mais elle se méfiait beaucoup de Severus. Elle avait toujours l'impression qu'une aura de mystère entourait le nouvel ami se sa sœur. Ce dernier sentait bien que la jeune sœur de son amie ne l'appréciait pas mais il avait jusqu'à présent vécu seul en dehors de ses parents et avoir une amie lui fit le plus grand bien : il souriait beaucoup plus, était détendu et il arrivait à parler et à s'exprimer avec plus d'aisance à tel point que sa mère l'interrogea sur ce nouveau comportement et quand elle comprit que Lily avait une bonne influence sur Severus, elle lui permis de continuer à voir la jeune fille.

Enfin comme sa mère le lui avait annoncé, l'été de ses 11 ans, en Juillet 1971, Severus reçut une lettre de l'école de sorcellerie Poudlard et ce fut un jour très heureux pour lui mais en même temps très triste. Il était heureux car il allait enfin voir ce monde dont sa mère lui parlait très souvent lors de leurs cours de potion quotidiens, mais il était très triste car il allait devoir quitter la seule personne qui fut toujours là pour lui, sa mère. Cette dernière était un peu inquiète pour son fils car elle savait qu'il était plutôt introverti surtout avec des personnes qu'il ne connaissait pas et elle avait peur qu'il n'arrive pas à se faire des amis.

Il alla avec sa mère au chemin de Traverse et l'enfant se sentit transporter dans un nouveau monde. Tout autour de lui la magie flottait dans l'air, il la sentait et avait l'impression qu'il pouvait presque la toucher. Sa mère voulait absolument commencer par la boutique du fabriquant de baguette Olivanders et Severus était aussi impatient qu'elle à l'idée d'avoir sa première baguette magique à la main. Ils entrèrent dans la boutique et le vieux monsieur sorti d'on ne sait où.

-Ah Monsieur Snape, je vous attendais. Madame Snape, quelle joie de vous revoir. Dit le sorcier.

-Bonjour Monsieur, je viens pour mon fils comme vous vous doutez. Répondit Eileen. Dit bonjour Severus.

-Bonjour Monsieur. Dit le jeune homme, déboussolé par l'aspect intérieur de la boutique.

En effet celle-ci était assez lugubre, il se demandait comment le sorcier pouvait y voir alors que pas une fenêtre, sauf celle de l'avant de la boutique, n'éclairaient l'endroit.

-Je vais te faire essayer plusieurs baguettes pour voir celle qui te conviendra le mieux. Quand je te donnerai les baguettes, tu ferras un petit mouvement de poignet avec, d'accord ? expliqua le vendeur.

-Oui Monsieur. Répondit à nouveau l'enfant.

-Pour vous il me semble que c'était 28,1cm, bois de hêtre et écaille de sirène n'est-ce pas ? Interrogea le fabriquant.

-Oui Monsieur Olivanders, c'est tout à fait cela. Répondit Eileen.

-Très bien alors je vais voir ce que je peux faire pour ce jeune homme.

Et le sorcier parti dans son arrière-boutique. Il revint quelques instants plus tard avec pas moins d'une dizaine de boites. Eileen écarquilla les yeux et Olivanders se tourna vers elle et lui dit :

-J'ai l'impression que ce ne sera pas facile. Mais ne vous inquiété pas, j'ai toujours su quel sorcier allait avec chacune de mes baguettes.

-Ah bon, mais ce n'est pas plutôt l'inverse ? La baguette doit aller avec un sorcier non ? Demanda l'enfant surpris.

-Et non, une baguette choisit son sorcier et non l'inverse, monsieur Snape. Lui expliqua le vendeur.

Il tendit une baguette à Severus qui fit un mouvement du poignet comme lui avait demandé l'homme et d'un coup toutes les vitres explosèrent. Olivanders reprit immédiatement la baguette des mains du jeune homme. Plus les minutes passaient, plus les baguettes défilaient dans les mains de Severus et plus l'intérieur de la boutique partait en lambeau. Tout autour des trois personnes se trouvaient des étagères renversées, des morceaux de verres ou encore des débris de bois des meubles éventrés. Au bout d'un moment Olivanders fit une pause afin de remettre en état l'intérieur de sa boutique. Severus regarda sa mère avec un sentiment de désespoir au fond des yeux. Et pendant que le sorcier réparait sa boutique, il se tourna vers sa mère :

-Et si jamais je ne trouve pas de baguette, ou qu'aucune ne veut de moi ? Demanda l'enfant d'une toute petite voix.

-Ne t'inquiète donc pas. Répondit Eileen. Rassures-toi tout vas bien se passer. Monsieur Olivanders en a vu d'autres crois-moi. Et puis chaque baguette trouve son sorcier, mais parfois il arrive que cela prenne un peu de temps.

-Allez, on continue, tu ne peux pas aller à l'école sans baguette, tout de même ? S'exclama Olivanders.

A ces mots Severus se mit à paniquer légèrement mais la main de sa mère qu'il sentit se poser sur son épaule le rassura complètement. Il prit donc en main la baguette que lui tendait le vendeur et d'un coup, il sentit une douce chaleur l'envahir tout entier. Un halo de lumière l'entoura quelques minutes et un souffle chaud balaya la pièce. Severus n'avait jamais senti un tel sentiment de félicité. Il leva les yeux vers le sorcier qui le regardait avec fierté.

-Tu ferras de grandes choses dans ta vie, crois-moi mon garçon.

Et sur ces mots, Severus et Eileen quittèrent la boutique de baguette après avoir régler l'objet magique et qu'Eileen se soit excusée pour les dégâts occasionnés.

Ils continuèrent leurs courses sur le chemin de Traverse, allèrent à la boutique de livres où Severus put en prendre autant qu'il voudrait que qui l'intrigua mais il ne s'en plaignit pas, bien au contraire. Ils allèrent ensuite chez l'apothicaire car il fallait aux jeunes écoliers des ingrédients de plantes pour les potions. Cette boutique ravie Severus au possible et il sut qu'il pourrait passer énormément de temps dedans sans voir les heures défiler. La mère et le fils rentrèrent finalement tard cette après-midi-là et n'eurent pas le temps de s'exercer aux potions comme ils en avaient l'habitude car le père de Severus était déjà rentrée du travail. Eileen dit à son fils d'aller ranger ses nouvelles affaires dans sa malle et de rester dans sa chambre jusqu'à l'heure du repas. L'enfant fit ce que sa mère lui demandait. Aucun incident ne fut à déclarer cette nuit-là et les jours défilèrent rapidement pour le garçon qui avait hâte de commencer l'école.


Severus voyait Lily et sa sœur régulièrement pendant l'été et un jour, la toute dernière semaine d'Août, alors que Pétunia discutait avec Lily et que Severus profitait d'un bain de soleil (ce qui deviendra de plus en plus rare pour lui), il entendit les deux sœurs se disputer. Le ton montait rapidement entre les deux jeunes filles et Severus voulut s'interposer :

-Hey, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi vous vous disputez ? Demanda le garçon légèrement intrigué.

-Toi, on ne t'a rien demandé. Répliqua Pétunia.

-Arrêtes tout de suite Pénie, il ne t'a rien fait et ce n'est pas la peine de t'en prendre à lui. Répondit Lily sur le même ton que sa sœur.

-Ah non c'est vrai, il n'a rien fait à part t'éloigner de moi alors que dans peu de temps je ne te verrais plus. La voix de Pétunia était chargée de sanglots.

Severus n'était pas sur de comprendre la situation. Il interrogea Lily du regard et celle-ci lui répondit :

-Je ne vais pas à l'école de Rowles l'année prochaine, je vais dans une autre école.

-Ah bon, mais c'est nouveau ça, comment ça se fait ?

-Je ne sais pas trop, un homme est venu voir mes parents il y a deux semaines pour leur dire que j'avais un don unique et que je ne devais pas le gâcher. Il a expliqué à mes parents que les frais ne seraient pas plus élevés que dans les autres écoles et ceux-ci ont accepté. Il était assez bizarre. Expliqua Lily d'une manière évasive et succincte.

-Mais attends d'où il te connait cet homme ? Dit Severus carrément sceptique.

-Je ne sais pas, il a dû me remarquer dans les dossiers scolaires de l'école.

La réponse de Lily attisa la curiosité de Severus car il sentait que la jeune fille ne lui disait pas tout. Il ne s'en formalisa pas car il savait que les parents de Lily ne laisseraient pas leur fille aller n'importe où, avec n'importe qui. Mais il était inquiet car il savait que lui aussi partirait et qu'il ne pourrait revoir son amie que durant les congés d'été et si son école était loin ou s'ils n'avaient pas les mêmes périodes de vacances, il avait très peu de chances qu'ils restent amis.

Il proposa alors aux deux sœurs d'aller faire de la balançoire plus loin dans le parc. Les deux filles acceptèrent et ils s'assirent chacun sur une balançoire. Pétunia proposa alors de monter le plus haut possible et de sauter ensuite de la balançoire. Les deux autres enfants furent d'accord et chacun se mit alors à se balancer. Severus pris son temps pour arriver le plus haut possible et il vit du coin de l'œil Pétunia bondir de sa place. Son corps de balança dans les airs jusqu'à ce qu'elle retombe par terre. Elle faillit se tordre la cheville mais se rattrapa juste à temps. Elle fit juste que se retourner sur ses pieds pour voir où les autres atterriraient. Severus pris encore plus d'élan et sauta à son tour dans le vide. Il atterrit un peu plus loin que Pétunia et se retourna au moment même où Lily se jeta à son tour de la balançoire. Il vit son corps flotter dans l'air et se poser tout en douceur juste à côté de lui. Et alors que Pétunia avançait vers Lily avec un regard catastrophé et que Lily gardait la tête baissée, Severus lui n'arrivait plus à prononcer un mot. Il regardait Lily comme si des tentacules lui avaient poussé sur la tête. Il n'en revenait pas. Il arriva enfin à lui dire :

-Tu es une sorcière !?

-Quoi ? Non, bien sûr que non. Répliqua aussitôt Lily.

-Tu mens. Fit Severus, et en plus tu mens mal. Je n'arrive tout simplement pas à y croire, tu es une sorcière !

A ces mots Lily leva la tête vers Severus et fronça les sourcilles.

-Tu n'as pas peur ? Tu ne cries pas au scandale ? Demanda la jeune fille. Pétunia s'était figée derrière Lily en entendant ces derniers mots.

-Non pourquoi le ferais-je ? Ce n'est pas mal d'avoir des pouvoirs, ça veut dire que la magie t'a choisie, toi parmi tant d'autres. Que tu es bénie car tu as sa protection et sa puissance en toi. Dit Severus. C'est ma mère qui me l'a expliqué, elle aussi c'est une sorcière et moi je suis un sorcier.

Plus Severus parlait et plus Lily reprenait des couleurs. A la fin de la tirade du jeune homme, les yeux de Lily s'étaient remis à pétiller.

Elle prit soudain conscience qu'elle n'était pas seule et elle sentit une joie immense déferlée en elle. Mais Pétunia ne l'entendait pas de cette façon : ce garçon bizarre et sa sœur avaient encore plus de points communs maintenant et malgré tous les efforts qu'elle déployait, elle savait qu'elle ne pourrait jamais rejoindre sa sœur. Elle détestait la magie car elle éloignait sa sœur d'elle et elle la changeait. Lily devenait plus confiante dans la vie et dans ses propres forces en découvrant quel potentiel elle avait et cela ne plaisait pas à sa sœur.

-Alors toi aussi tu vas à Poudlard pour la rentrée ? demanda Lily, stupéfaite.

-Oui tout comme toi ! Je n'arrive pas à croire, on ne sera plus séparés. Ça ne pouvait pas mieux tomber, je suis super content.

Les deux enfants n'en revenaient pas. Ils allaient au même endroit et ne seraient pas seuls pour leur première rentrée dans un monde inconnu. Lily et Severus tout à leur joie de savoir qu'ils ne se quitteraient pas ne virent pas les larmes couler des yeux de Pétunia. Cette dernière avait l'impression que le sentiment d'abandon qu'elle ressentait depuis qu'elle savait que Lily ne serait pas dans la même école qu'elle à la rentrée prochaine s'amplifia. Elle n'arrivait pas à retenir les larmes et bientôt des sanglots déchirèrent sa gorge. Lily se tourna alors vers sa sœur et essaya de la clamer mais celle-ci ne voulut rien entendre et partie précipitamment en direction de sa maison. Lily regarda alors Severus et celui-ci lui fit un signe de tête comme quoi il comprenait que Lily devait rentrer pour s'occuper de sa sœur et surtout la rassurer. Le garçon était détendu car il savait que son amie serait avec lui pour la rentrée.

Ce soir-là Severus rentra chez lui le cœur léger et raconta sa journée à sa mère. Celle-ci fut surprise et expliqua à Severus que les enfants né-moldus étaient assez mal vus Poudlard. Severus ne comprit pas exactement pourquoi sa mère lui dit ça, mais il s'en fichait un peu. Tout ce qui l'intéressait c'était que Lily venait avec lui à l'école. Il n'était plus seul et cela lui réchauffait le cœur.

Le lendemain, Severus fit sa valise en étant serein et sa mère l'accompagna jusqu'à la voie 9 ¾ au centre-ville de Londres. Sa mère lui montra comment passer la barrière et l'enfant ressentit malgré tout un petit peu d'appréhension à l'idée de laisser sa maison derrière lui. Il franchit enfin la barrière et quand il vit le train, il cligna des yeux, émerveillé. Il n'en revenait pas, ça y était enfin, il partait pour Poudlard.

Sa mère lui donna quelques dernières recommandations, lui demandant de faire surtout un effort pour se faire des amis. La mère et le fils s'embrassèrent rapidement et Severus monta dans le train pour trouver un compartiment vide dans lequel il pourrait être tranquille. Eileen de son côté retourna dans le monde moldu et espérait que Severus tienne la promesse qu'il lui avait faite de lui écrire le lendemain pour savoir dans quelle maison il était répartis et comment c'était passé ce premier jour de cours.

Severus n'eut pas à chercher bien longtemps un compartiment vide. Il se laissa tomber sur la banquette et pris dans le petit sac à dos qu'il avait amené avec lui un livre. Mais à peine avait-il eu le temps de l'ouvrir que la porte laissa entrée une jeune fille. Lily l'avait retrouvé et les deux enfants commencèrent à échanger leurs premières impressions. Ils étaient en plein milieu de leur conversation que deux garçons toquèrent à la porte. Severus alla leur ouvrir et les deux élèves demandèrent s'ils pouvaient s'asseoir avec eux car il n'y avait plus de place nulle part.

Severus n'était pas trop ravi mais Lily leur dit qu'il n'y avait aucun problème. Les deux garçons se présentèrent et leur apprirent qu'ils se nommaient James et Sirius. James avait les cheveux noirs, en bataille, comme s'il venait de sortir d'une grosse tempête. Il possédait des yeux bleus rieurs et il se dégageait de lui une bonne humeur communicative. Le deuxième garçon qui se prénommait Sirius, avait des cheveux noirs et ondulés. Ils lui arrivaient jusqu'à la nuque. Ses yeux étaient d'un bleu profond et quand Severus croisa son regard pour la première fois il ne put le soutenir et détourna les yeux. Sirius donnait une impression de mystère et de noirceur sans que Severus comprenne d'où ce sentiment venait. Les deux jeunes hommes avaient fait connaissance quelques instants plutôt et ne connaissaient pas grand monde non plus. Severus et Lily se présentèrent à leur tour et les quatre jeunes gens décidèrent pour apprend à mieux se connaitre de jouer à un jeu de questions-réponses. Severus se prêta au jeu bien qu'il aurait préféré retrouver son calme et sa solitude habituels. Mais il se dit qu'il devait faire des efforts et se rappela la promesse faite à sa mère. Il prit donc sur lui et les jeunes ne s'arrêtèrent que lorsqu'un préfet passa sa tête à travers la porte en leur disant de se changer et de mettre leur uniformes car ils allaient bientôt arriver à l'école.

Les jeunes étaient tout excités à l'idée de voir enfin le château et de commencer les cours.

Ils sortirent du train quand celui-ci se stoppèrent et embarquèrent sur des petites barques. Ils avançaient sur l'eau du lac noir et soudain ils aperçurent le château devant leurs yeux. Il était magnifique, baigné de lumières qui se reflétaient sur l'eau. Tous les enfants étaient émerveillés et ne cessaient de lancer des « waouh » à tous vas. Ils arrivèrent finalement au ponton où ils descendirent des barques. Une femme à l'allure sèche et sévère se tenait jute devant eux. Elle portait un grand chapeau noir, une robe verte si foncée qu'on aurait dit qu'elle était noir et de petites lunettes rondes avec des branches très fines.

-Bienvenu à Poudlard, je suis le professeur McGonagall. Je serais votre professeur de Métamorphose durant toute votre scolarité ici. Vous allez être répartis dans les différentes maisons après avoir franchi les portes de la grande salle. Chaque bonne réponse et bonne action vous rapportera des points, chaque entorse au règlement vous en fera perdre. La maison qui remporte le plus de points à la fin de l'année se verra remettre la coupe des quatre maisons, ce qui accroit le prestige de la dite-maison. Bien maintenant nous allons monter à la grande salle. Elle sert de salle de repas et il va de soi qu'une bonne conduite est attendue de vous en chaque instant.

Les enfants suivirent alors le professeur McGonagall à travers tous les escaliers et enfin ils arrivèrent devant la grande porte. Ils franchirent le seuil et furent un instant éboulis par la beauté de la salle. Elle était très grande : au fond on pouvait voir une grande table derrière laquelle se trouvaient des adultes, les professeurs sans aucun doute, se dit Severus. Devant eux se trouvait une allée délimitée par deux tables de chaque côté. En tout la salle comportait donc cinq tables. Celles des élèves étaient vides dans les milieux ce qui semblait indiquer que c'étaient les places pour les premières années. Les élèves se stoppèrent dans l'allée centrale et le professeur McGonagall leur expliqua :

-Vous allez venir vous placé sur le tabouret à l'entente de votre nom et je poserai le choipeau sur votre tête. Il vous dira dans quelle maison vous serez répartis.

Et les élèves défilèrent en boucle. Le tour de Sirius vint rapidement et il resta longtemps sur le tabouret, le choipeau sur la tête. Finalement l'objet magique cria « Griffondor » et un silence de mort accueilli la décision avant d'être vite remplacé par un tonnerre d'applaudissement venant de la table rouge et or. A chaque fois qu'un élève était réparti, les élèves de la maison concernée l'accueillaient avec beaucoup d'enthousiasme à part la maison des Serpentard qui était très discrète. Puis ce fut le tour de Lily, qui finit elle aussi à Griffondor. Cette décision peina Severus car sa mère lui avait parlé des différentes maisons et il savait qu'il y avait peu de chances qu'il finisse dans la même maison que son amie. James s'avançait maintenant en direction du tabouret et le choipeau était à peine sur sa tête qu'il cria « Griffondor » également. Il ne restait plus de leur petit groupe que Severus dans la file d'attente. Ce dernier ressentait de plus en plus un stress immense le gagner et quand son nom fut prononcé, il s'avança d'une démarche peu assurée. Il s'assit finalement sur le tabouret et ne vit plus rien d'un seul coup car la choipeau était trop grand et lui tombait sur les yeux. Il entendit subitement une voix dans sa tête :

-Tient, teint mais ne serais-ce pas le descendant des Prince que nous avons là ? Fit la voix. Oh je vois un grand désir de faire ses preuves, une volonté très forte de grandeur. Oui tu veux te hisser au-dessus des autres et leur prouver que tu vaux autant qu'eux. Bien bien, alors pour toi ce sera Serpentard !

Severus se dirigea donc vers la table verte et argent. Il s'y glissa à côté d'un autre élève qui venait d'être répartis juste avant lui. De l'autre côté de sa place se trouvait un jeune homme qui engagea la conversation avec lui tout de suite. Et le festin commença avec sa part de gâteaux, confiseries et autres joyeusetés. Severus oublia alors ses soucis et ses tracas pour profiter de la bonne ambiance collective.

Il fut conduit dans son dortoir avec ses compagnons de chambré par un préfet. Il s'émerveilla de découvrir que les dortoirs étaient sous le lac et qu'ils semblaient baignés dans une lumière verte fascinante. Ce soir-là Severus s'endormis confiant et serein.

Malheureusement cette joie ne dura pas. Le lendemain, alors qu'il rejoignait Lily à sa table après avoir pris son petit déjeuner, il fut interpelé par James et Sirius qui lui dirent de retourner à sa table car ils ne parlaient pas avec les serpents. Severus ne comprit pas et Lily envoya un regard noir aux deux jeunes hommes. Elle prit alors Severus par le bras et ils allèrent devant la salle de leur prochain cours qu'ils avaient en commun. Lily expliqua à son ami que la veille, le préfet Griffondor les avait avertis de ne pas se mêler aux Serpentard car ils étaient méchants et que bien souvent ils pratiquaient la magie noire. Severus ne voyait pas ce qu'il y avait de mal à pratiquer la magie noire et quand il expliqua cela à Lily, celle-ci lui répondit que c'était mal car les sorts de magie noire étaient bien souvent mauvais d'après les dires du préfet de Griffondor. Severus laissa alors couler et dit à Lily que si James et Sirius étaient trop bêtes pour ne pas passer au-dessus de préjugés ente les maisons ce n'était pas son problème. Lily fut ravie d'entendre Severus dire cela. Ils passèrent la journée ensemble et le soir venu, Severus rentra dans son dortoir pour écrire à sa mère :

« Mère,

Je vous écris pour vous dire que tout ce passe bien ici pour moi, les cours ont commencé aujourd'hui et promettent d'être vraiment intéressants. Je suis répartis à Serpentard et Lily à Griffondor mais nous avons des cours en commun donc tout va pour le mieux. Sauf que deux élèves de Griffondor avec lesquels nous avions fait connaissance hier nous ont interdit de nous voir aujourd'hui : James Potter et Sirius Black. En tout cas, je suis vraiment heureux d'être ici, et je vous promets d'avoir les meilleurs résultats possibles.

Votre fils chéri, Severus. »

Et sur ces mots Severus s'endormis en se disant qu'une nouvelle vie l'attendait.

Durant les trois années qui suivirent, James et Sirius se firent deux nouveaux amis : Remus Lupin, un enfant ordinaire mais qui avait la particularité d'être souvent malade, ce qui intriguait fortement Severus et Peter Pettigrow, un garçon qui collait James et Sirius comme si sa vie en dépendait. Le groupe de quatre ne mit pas longtemps à faire de Severus leur tête de turc favorite. Et plus les années passèrent et plus les blagues étaient ridicules et dangereuses. Les adolescents grandissaient doucement jusqu'à un soir de Janvier lors de leur quatrième année. Severus avait toujours été intrigué par le fait que Lupin était souvent malade. Et alors qu'il croisait Sirius à un détour de couloir, celui-ci l'apostropha, la discussion dégénéra et Sirius lui dit que s'il voulait découvrir le secret de Remus, il n'avait qu'à immobiliser le saule cogneur avec une grosse branche et se glisser dans le trou entre les racines. Severus, mut par la curiosité, fit ce que Sirius lui avait indiqué et se retrouva dans un tunnel. Il le longea jusqu'à une trappe qu'il ouvrit et c'est alors qu'il vit qu'il n'était pas seul dans la pièce mais qu'un immense loup-garou lui tenait compagnie. Alors que la bête se tournait lentement vers lui, il fut happé par derrière et tomba dans le tunnel par la trappe laissée ouverte. James Potter lui dit de courir sans se retourner et de gagner au plus vite le château. Quand il fut enfin à l'air libre, il vit Sirius qui le regardait des larmes pleins les yeux et qui amorça un mouvement vers lui mais Severus le repoussa immédiatement et se mit à lui hurler dessus. Il lui dit qu'il était malade, qu'il ne valait pas mieux que toute sa famille et il finit par lui cracher dessus. Le professeur Dumbledore, directeur de Poudlard, arriva juste à ce moment-là et envoya Severus à l'infirmerie. Ce dernier obéit et s'y dirigea bien à contrecœur. L'infirmière le reçut et lui donna une potion calmante pour l'aider à s'endormir. Il se réveilla le lendemain matin, à ses côtés se tenait un jeune homme avec une chevelure sombre, ondulée, la tête entre les bras, le visage sur le côté du lit. Regulus Black, le jeune frère de Sirius était le meilleur ami de Severus bien qu'ils aient un an d'écart. Le jeune homme était discret et souffrait du comportement de son frère à son égard mais rien ne le laissait paraitre. Il fut d'un grand secours pour Severus toutes ces années car les blagues des quatre Griffondor étaient de plus en plus dures à supporter pour le Serpentard et sa relation avec Lily en souffrait.

L'année suivante, Severus perdit pour toujours l'amitié de la jeune fille car en sortant d'un examen, alors que son état de fatigue était très avancé, il avait sorti la phrase de trop et Lily avait définitivement coupé les liens avec lui.

La sixième année fut la plus dure à supporter car bien que les quatre maraudeurs aient arrêté leurs blagues, un nouveau sentiment avait pris place dans le cœur de Severus et ce dernier se détestait de plus en plus au fil des jours qui passaient car rien ne semblait stopper l'attirance qu'il ressentait envers Sirius. Alors qu'un soir, il se rendait dans la salle de bain des préfets, ayant obtenu le mot de passe par chantage et manipulation, il vit dans l'eau deux personnes en train de se délasser. Il ne voyait pas très bien de qui il s'agissait, et il s'avança plus près pour leur dire de sortir. Mais soudain il reconnut la voix veloutée et grave de Sirius qui gémissait sans retenu. Ses soupirs et le ton de sa voix eurent un effet inattendu sur une partie bien précise du corps de Severus qui se mit à durcir instantanément. Le Serpentard ne compris pas sur le coup ce qui se passait et il quitta bien vite l'endroit avec gravé sur la rétine, le souvenir du corps de Sirius se mouvant dans l'eau en plein centre du bassin alors qu'une jeune fille était accrochée à ses épaules.

Cette nuit même, en rentrant dans son dortoir et se couchant dans son lit, il n'arriva pas à trouver le sommeil. Il sut au bout de dix minutes que rien hormis le soulagement de son corps ne pourrait le faire dormir. Alors il se résolu à faire taire la tension dans son aine et se masturba pour la première fois en pensant à Sirius Black, son ennemi de toujours. Son orgasme fut foudroyant et soudain. Il le laissa pantelant et bizarrement repu. Severus s'était déjà masturbé mais rien jusqu'à présent ne lui avait apporté un plaisir pareil. Il en eu honte et se promis de ne jamais recommencer mais malheureusement pour lui cette année-là, beaucoup de rêves comprenant Sirius Black virent hantés ses nuits et il se réveillait souvent le matin, le caleçon collant d'avoir fantasmé sur son ennemi juré. Les lendemains il se haïssait de plus en plus violemment car il ne comprenait pas comment il pouvait fantasmer sur un mec qui l'avait fait autant souffrir. Regulus, son seul ami, comprit rapidement que quelque chose clochait et il comprit aussi que cela avait un rapport avec son frère quand les rencontres entre les deux se firent de plus en plus violentes et répétitives. Il ne comptait même plus le nombre de fois où cette année-là il retrouva Severus et Sirius à l'infirmerie après une de leur rixe. Regulus ne mit pas longtemps à tout faire avouer à Severus et ce dernier se sentit sur le coup encore plus mal d'avouer ses sentiments au frère de son fantasme mais après il dut reconnaitre que cela lui faisait du bien de pouvoir se confier à quelqu'un même si ses propos étaient plutôt limités vu la teneur sexuelle de ceux-ci. Severus ne s'ouvrait pas facilement aux gens alors quand qu'il lui parlait Regulus l'écoutait sans l'interrompre de peur de voir son ami se fermer sur lui-même. Le plus jeune n'avait jamais trahit Severus et les deux garçons s'entendaient à merveille.

La septième et dernière année de Severus fut un rêve et un cauchemar en même temps. Un rêve car enfin, après tant d'année, les maraudeurs le laissèrent véritablement tranquille, James étant trop occupé à faire tomber Lily dans ses bras et Dumbledore lui permit de commencer ses études de maitre des potions en avance vu ses capacités dans cette matière. Mais ce fut également un Enfer car à cause de ces capacités justement il avait attiré l'attention de certaines personnes.
En effet, dehors, dans le monde magique des changements étaient annoncés car un groupe de personnes qui se nommait le Mangemorts entendaient remettre à jour les anciennes traditions et prônaient la pureté du sang. Quand un des camarades de dortoir de Severus, Antonin Dolohov, félicita Severus pour avoir réussi la première partie de son épreuve en Novembre, il ne comprit d'où son camarade tenait cette information. Quand Dolohov reprit contact avec lui quelques semaines après en lui expliquant qu'une personne en dehors de Poudlard souhait le rencontrer Severus ne sut comment réagir. Il passait inaperçu auprès de ses camarades de maison depuis bientôt 7 ans et tout d'un coup ceux-ci lui proposait de rejoindre leur petit groupe fermé. Il en parla avec Regulus qui lui expliqua que son cas était débattu au sein même de l'Assemblée des sang-purs.

-C'est quoi l'Assemblée des sang-purs ? Demanda Severus véritablement sceptique.

-C'est une organisation politique qui prône la pureté du sang. En ce moment même ils sont en train de rassembler des gens et veulent s'investir pour qu'on n'accepte plus les enfants des moldus à Poudlard.

-Et quel rapport avec moi ?

-Le rapport c'est que le chef de cette organisation a besoin de gens compétent et vu tes talents en potions, il va surement vouloir te recruter. Lui dit Regulus.

-Et si ça ne m'intéresse pas ? Interrogea le plus âgé.

-Et bien si ça ne t'intéresse pas tu réponds non. Que tu as d'autres projets, que tu veux voyager ou je ne sais quoi d'autre. Mais je ne vois pas en quoi ça ne t'intéresse pas. Répondit Regulus. Tu ne te rends pas compte, mais tu pourrais faire tellement de choses bien, tu pourrais ridiculiser tous ceux qui ont cru que tu étais inférieur à eux et tu…

-Tu crois que je pourrais me venger ? Que j'aurais assez de pouvoir pour que même si l'on sache que c'est moi, on ne puisse rien faire, ou rien prouver ? Interrompis Severus, une lueur d'intérêt soudainement visible dans les yeux.

-Heu je suppose oui. Répondit prudemment Regulus.

-Alors peut-être que je devrais y réfléchir. Enfin rien ne presse tu me diras.

Et la conversation s'arrêta là.


Mais le Jeudi 17 Octobre 1977, alors que Severus avait passé la veille sa deuxième épreuve pour rentrer en formation pour devenir maitre de Potions, le jeune homme reçut une lettre lors du petit déjeuné, une lettre qui changea tous les plans qu'il avait faits, tout ce qu'il pensait acquis pour son futur. Une lettre du ministère :

« Cher Monsieur Snape,

Nous avons le regret de vous faire part du décès de votre mère Eileen Snape, née Princes, hier en fin de journée. Il semblerait que votre mère se soit cognée la tête contre un meuble et ayant perdu beaucoup de sang, elle n'aurait pu appeler les secours ni se relever. Nous vous attendons demain à 14h pour régler les détails administratifs de l'enterrement.

Avec nos condoléances,

Le Ministère de la Magie. »

Et cette lettre était accompagnée d'une deuxième de la banque Gringotts en ces termes :

« Cher Monsieur Snape,

Nous vous accompagnons dans voter deuil et pour faciliter les démarches administratives nous vous donnons rendez-vous demain à 15h30 à la banque.

Veuillez prendre en compte nos condoléances,

Drofot, gobelins des coffres de la famille Prince. »

Severus ne comprit pas un mot des deux lettres en dehors du fait que sa mère, la seule personne qui n'est jamais été là pour lui, celle qui l'avait protégé, certes à sa manière, mais protéger tout de même de la folie de son père, celle qui l'avait aimé sans rien attendre de sa part en retour, la seule personne pour qui il serait prêt à mourir était morte, seule, sans lui et certainement de la main de son père. Il avait dû la frapper trop fort et elle n'avait pas pu résister. En cet instant, Severus ne souhaitait qu'une chose, c'était de pouvoir hurler sa peine, détruire le visage et le corps de son père, lui balancé sa haine à la figure. Mais il était en plein milieu de la grande salle qui était pleine d'étudiants prenant leur petit déjeuner. Alors aussi dignement que possible et aussi blanc qu'un linge, Severus sortit et se rendit dans son dortoir sans voir qu'une personne le suivait des yeux avec une quiétude palpable dans le regard. Regulus qui avait vu Severus se figer à la lecture de la première lettre le suivit jusqu'à son dortoir où il le trouva dans la salle de bain, nu, sous la douche qui distribuait de l'eau froide. Il était recroquevillé dans un coin et semblait amorphe. Regulus décida de couper l'eau et s'assit près de son ami sans se préoccuper de ses vêtements qui se gorgeaient d'eau et le faisaient frissonner.

-Severus, qu'est-ce qui s'est passé ? Je t'en prie parles moi ! Tu me fais peur là.

Regulus insista plusieurs fois car il savait que malgré la douleur que ressentit Severus se serait le seul moment où il la laisserait s'exprimer car une fois que le plus âgé aurait encaissé il ne laisserait plus rien sortir. Alors Regulus reposa la question sans s'arrêter durant 10 minutes. Severus se tourna brusquement vers lui et sembla remarquer que son ami était près de lui.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda Severus.

-Severus, tu as reçu une lettre. Tu es parti de la grande salle juste après l'avoir lu et tu ne semblais pas aller bien alors je t'ai suivi et je t'ai trouvé sous la douche. Tu sembles anéanti, Severus je t'en prie dis-moi ce qui se passe ! Regulus supplia une nouvelle fois son ami.

-Il l'a tuée, il l'a tuée, il l'a tuée, il l'a tuée. Severus ne cessait de répéter cette phrase comme un mantra, comme si la seule façon qu'il comprenne que ce soit vrai était de se le répéter jusqu'à ce qu'il est admis la vérité.

Mais Regulus ne comprenait pas alors il prit la lettre et la lue. Alors il comprit pourquoi Severus semblait si anéanti. Il savait que son ami aimait, adorait sa mère même. Et sur le coup il eut peur de ce que Severus serait capable de faire pour se venger de cette perte, de cet abandon. Mais il sut que jamais, rien de ce qu'il pourrait dire ne ferrait changer d'avis le Serpentard. Il était bien trop tard pour cela et Severus haïssait bien trop son père pour que celui-ci espère le moindre sentiment de clémence de la part de son fils. A cet instant précis Regulus sut que Severus, un jour ou l'autre tuerait son père.

Mais pour l'instant, il aida son ami à se changer et à se mettre au lit. Le directeur vint voir Severus le soir dans son dortoir pour lui dire que sa cheminée serait ouverte le lendemain pour les besoins de ses déplacements et lui présenter ses condoléances.

Le lendemain Severus avait de nouveau les idées claires et bien qu'il ait passé la nuit toute entière à pleurer, cela ne se voyait aucunement sur son visage. Il passa au Ministère de la Magie où on le présenta au bureau de suivi des familles magiques. On lui expliqua que sa mère était une descendante de l'une des plus illustres familles de sang-purs. La sorcière qui tenait ce bureau se nommait Anila Dirut et c'était une femme très gentille qui n'avait pas de préjugé particulier. Elle lui expliqua dans les grandes lignes l'histoire de sa mère et lui fit savoir que bien qu'Eileen avait été mise de côté par ses parents elle n'avait pas été reniée, ce qui faisait de lui l'héritier légal de la famille Prince, et que donc il pouvait être Lord, titre que l'un de ces ancêtres avait acquis après avoir rendu service à la communauté, 3 siècle auparavant et réclamé absolument tout ce que possédait sa famille. Le jeune homme comprit alors pourquoi sur la lettre de la banque le nom des Prince apparaissait. Elle lui expliqua qu'il fallait qu'ils règlent ensemble les détails de l'enterrement de sa mère qui se ferait dans le cimetière familial de Gwynedd. Severus devait choisir les fleurs, la tombe et l'inscription sur celle-ci. Il sorti du bureau avec la tête remplie de questions et la jeune femme lui assura qu'il n'avait qu'à lui envoyer un hibou et qu'elle répondrait à toutes ses questions lors d'un prochain rendez-vous. Pour l'heure Severus devait se rendre à la banque des sorciers.

Il se présenta au premier comptoir qu'il trouva et tendait la lettre qu'il avait reçu la veille, froissée et abîmée par l'eau, mais malgré tout lisible au gobelin en face de lui. Il la prit et appela un autre de ses congénères qui le traîna dans toute la banque jusqu'au bureau de Drofot, le gobelin qui étaient chargé des comptes de la famille Prince. Ce dernier lui expliqua qu'il gérait les comptes de sa famille depuis plusieurs générations et qu'aucun de ces ancêtres n'avaient rencontré de problèmes avec lui mais qu'il comprenait parfaitement si Severus voulait changer de gestionnaire. Le jeune homme lui assura que cela lui convenait comme ça, et il eut l'impression que le gobelin était soulagé de cette réponse. Drofot lui présenta alors tous les papiers qu'il devait signer pour rentrer en possession de l'héritage des Prince qui d'après la quantité de lettres poser devant lui, devait être considérable. Severus n'était pas sur de vouloir de cet héritage, mais il se dit que dans un premier temps, il pourrait le garder et que si jamais il n'en voulait vraiment pas, il pourrait le donner à des œuvres caritatives ou en faire don. Il signa donc tous les papiers que Drofot lui donnait, le gobelin lui fit savoir qu'il pourrait visiter toutes les propriétés des Prince quand il le voudrait et que si l'une d'entre elle l'intéressait il pourrait y habiter selon son bon plaisir.

Lorsque Severus revint à Poudlard en fin de journée il était épuisé mentalement et physiquement. Il ne voulait qu'une chose s'endormir dans ses draps et passer le weekend sans en sortir. Sa mère devait être enterrée le Dimanche matin et il se devait d'être présentable.

Le lendemain, il se rendit donc au cimetière de Gwynedd (vive les cours d'histoire médiévale), un cimetière où sa famille était enterrée depuis des générations d'après les dire d'Anila Dirut. Il senti soudainement une main se poser sur son épaule et crut pendant quelques instants que c'était celle de sa mère avant de se rappeler qu'elle était devant lui, dans un cercueil. Il se retourna alors vivement et vit Regulus mais contrairement à ce qu'il pensait, il n'était pas seul. Plusieurs dizaines de personnes étaient réunies respectueusement derrière le jeune homme dans des habits de deuil. Lorsque le tombeau fut descendu dans la terre et qu'il se mit sur le côté après avoir versé une poignée de poussière dans le trou qui accueillait la dépouille de sa mère, il vit toutes les personnes présentes faire les mêmes gestes que lui et s'avancer ensuite dans sa direction pour lui présenter ses condoléances il ne comprit pas très bien pourquoi toutes ces personnes s'étaient réunies et rendaient hommage à sa mère alors que ça faisait des années qu'ils ne l'avaient pas vue, mais sur l'instant il se fichait de tout à part de la douleur qui lui enserrait la poitrine. Il vit passer les gens devant lui sans les voire ni les reconnaitre et quand le cimetière se vida finalement, il resta sous la pluie et la froid devant la tombe de sa mère. Il eut l'impression d'être à nouveau dans sa douche, sentant le froid de l'eau tombé sur son visage. Sur la pierre tombale d'Eileen Snape, née Prince on pouvait lire : A ma mère, qui vivra éternellement dans mon cœur.

Finalement Dumbledore vint le chercher et le ramener à Poudlard où il lui accorda un jour de repos.

Regulus durant les jours qui suivirent surveilla avec beaucoup d'attention le moral de son camarade car il avait peur de ce que Severus serait capable de faire si on le poussait trop loin dans ses retranchements. Toute l'école avait été mise au courant quand Dilan Grey avait balancé l'information au petit-déjeuner du Lundi. Heureusement Severus était resté dans sa chambre et n'avait pas été dans la grande salle car Regulus était presque sûr qu'il aurait été capable de tuer l'autre étudiant.


Le jour que redoutait Regulus arriva bien plus vite que le jeune homme ne l'avait pensé. Le niveau scolaire de Severus en potion n'avait fait que s'accroitre au cours des quelques semaines qui suivirent la mort de sa mère et Regulus s'était senti impuissant quand il avait vu son ami sombrer dans les études et le travail pour oublier sa peine. Au départ Regulus s'était réjoui car il pensait que ça ne pouvait être que bénéfique pour son ami bien que ses résultats étaient déjà impeccables. Mais au moment de Noël, il douta car il voyait de plus en plus de monde tourner autour de Severus et des gens pas très recommandable. Il sut qu'il y avait anguille sous roche quand pour la dernière sortie à Pré-Au-Lard, juste avant les vacances de Noël, ils eurent une invitation de Lucius Malfoy à venir le rejoindre pour discuter.

Regulus ne voulait pas laisser Severus y aller seul alors il finit tout son possible pour que son ami comprenne et Severus l'invita à l'accompagner. Les deux jeunes gens se présentèrent au rendez-vous et là, ils comprirent que ce n'était pas Lucius qui avait organisé cette entrevue mais son père. Abraxas Malfoy était un homme autoritaire qui ne laissait que très peu de liberté à son fils. Mais ce jour-là aux trois balais, bar réputé de la petite bourgade, les trois jeunes gens firent mieux connaissance. Lucius expliqua à Severus que l'homme que tout le monde redoutait, celui que l'on commençait à nommer « vous-savez-qui » ou encore « celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom », s'intéressait beaucoup à lui, à son talent pour les potions. Il le voulait dans ses troupes et il le voulait tout de suite. Il avait de grands projets pour lui et s'il lui prouvait sa loyauté, il serait récompenser au-delà de toutes espérances. Cette idée plaisait énormément à Severus et Regulus comprit que qu'importe ce qu'il dirait, Severus était déjà obnubilé par l'idée de vengeance et de pouvoir.

Après avoir régler le sort de Severus, les trois jeunes gens parlèrent de tout et de rien et apprirent vraiment à se connaitre. Bien que Regulus et Lucius s'étaient déjà rencontrés de nombreuses fois, ils n'avaient jamais véritablement prit le temps de questionner l'autre sur quelque projets que ce soit. Et là, autour de cette table, dans un salon privé d'une auberge d'un petit village naquit une amitié si forte et si puissante que même la plus noire de toutes les magies ne pourrait la détruire.

Les trois garçons se revirent plusieurs fois durant la période scolaire jusqu'à ce que Severus commencent ses examens, les deniers à Poudlard. Il les réussit haut la main et sorti de l'école majeur de sa promotion. Non loin derrière lui se trouvait Lily mais les deux étudiants ne s'étaient plus adresser la parole depuis un peu plus de deux ans. Severus laissa Poudlard derrière lui sans regret ni remords. La seule chose qu'il regrettait c'est que Regulus lui devait y rester encore un an car il n'avait pas encore finit ses études. Le jeune diplômé avait été accepté auprès d'un maitre des potions d'une grande renommée, il avait pris sa retraite six ans auparavant et n'acceptait plus d'étudiant mais lorsqu'il avait vu le dossier de Severus et quand il avait reçu une lettre de la part de ce mystérieux donateur, il avait accepté de reprendre ses chaudrons et un nouvel élève. Pendant les cinq ans que durait l'apprentissage et la maitrise des potions pour passer ensuite le diplôme nécessaire pour devenir maitre des potions, Severus serait logé chez son maitre d'apprentissage. Il n'avait donc pas de soucis à se faire de ce côté-là.

Alors qu'il prenait le train pour la dernière fois, il eut la surprise de voir que Lucius et Théodore Nott l'attendait à la sortie de la voie 9 ¾ du côté moldu. Il s'en étonna auprès d'eux et ces ainés lui apprirent qu'il devait faire ses preuves ce soir et que s'il réussissait, il serait présenté au maitre la nuit même. Severus en fut ravi et honoré. Il avait tellement hâte de rencontrer cet homme dont tout le monde louait la puissance. Il savait déjà ce qu'il avait à faire pour entrer dans les bonnes grâces de ce maitre et gagner sa confiance. Il savait aussi que même si cet homme ne lui avait pas demander de faire cela, il l'aurait fait malgré tout, ne serais-ce que pour sa mère.

Alors Severus transplana devant l'immeuble où il habitait quand il rentrait de l'école. Il grimpa calmement et doucement les 7 étages qui le conduisaient devant la porte de son appartement, les deux autres hommes le suivant de près, et il entra. Il trouva son père, affalé dans le canapé, une bouteille de Gin ouverte et vide devant lui. La colère gronda dans le cœur de Severus et il se demanda comment un jour il avait pu vouloir que cet homme l'aime et le regarde. Tobias ne s'aperçut de la présence de son fils que lorsque celui-ci lui dit qu'il allait payer pour ses fautes et ses crimes. Quand il vit la baguette de son fils pointée vers lui et la détermination dans les yeux noirs de Severus, il sentit une vague de panique et de terreur lui parcourir le corps mais avant qu'il n'ait pu faire un geste, le rayon vert l'avait déjà frappé et cloué au canapé. Severus avait franchi la dernière barrière qui le retenait et malgré tout ce qu'il avait pu lire, comprendre ou entendre sur la vengeance et les sentiments qui accompagnaient cette dernière une fois le geste accomplit, il se sentit libre, apaisé et débarrassé d'un poids sur les épaules lui qui pensait sombrer dans la déprime et la colère, il ne ressentait rien de tout cela sauf une paix intérieure qui lui fit un bien fou. Théodore et Lucius n'avaient rien dit : ni quand ils étaient entrés dans l'appartement crasseux et exigu, ni lorsqu'ils avaient entendu le soupir de soulagement que les lèvres de Severus avaient laissé échapper quand il avait réalisé que tout était fini.

Ce soir-là alors que les deux jeunes hommes accompagnaient Severus se faire marquer et reconnaitre comme un mangemort à part entière, Severus se senti renaitre à la vie jusqu'à ce qu'il sente la morsure profonde, intense et douloureuse du sortilège marquant et souillant sa peau à jamais. Là il comprit que si le meurtre de son père l'avait soulagé et libéré, bientôt il ferrait pire et que rien ne pourrait l'en empêcher car il devait obéir à ce maitre à qui il devait ses études et sa liberté.

Le Seigneur des Ténèbres fut très impressionné par ce jeune homme qui venait d'accomplir un crime et qui se présentait devant lui comme si rien ne s'était passé ou comme si cela ne l'avait pas atteint. Il était très fier de cette nouvelle recrue et il accorda tout de suite sa confiance au jeune homme. Et quand Severus se releva sans rien laisser paraitre de sa douleur, le Seigneur des Ténèbres en fut très content.

Il plaça Severus sous la protection et la responsabilité de Lucius et Théodore ce qui arrangeait bien les trois hommes. Il leur confia la tâche de convertir Regulus Black à leur cause, ce qui ne surprit pas les jeunes hommes étant donné leurs liens avec l'étudiant.


Après cette nuit-là, Severus commença son apprentissage normalement. Il acheta une petite maison, dans un quartier malfamé de Londres mais où il était sur de trouvé la tranquillité et la quiétude dont il avait besoin malgré que son maitre de potions le loge chez lui, Severus étant très indépendant. Regulus vint le voir régulièrement cet été-là ainsi que Lucius et Théodore. Ces derniers ne pouvaient s'empêcher de lui demander à chaque fois comment il pouvait faire pour vivre dans une maison aussi petite et dans un quartier aussi mal habité. Severus leur répondait à chaque fois qu'il ne voulait que le calme et que vu ses moyens, il n'avait pas de quoi s'offrir mieux tout en restant indépendant. Severus n'avait pas voulu faire part de ses découvertes sur sa famille et son héritage aux autre jeunes hommes car il n'était pas sur de leurs intérêts dans cette histoire, et puis ça ne regardait que lui. Pour l'instant il préférait garder ces informations pour lui. Il verrait plus tard pour le reste.

Quand Maxime Faz, maitre de potions reconnu à travers le monde entier avait accepté de prendre un nouvel apprenti, il ne s'attendait nullement à ce que celui-ci soit à ce point doué. Mais il devait reconnaitre que son nouvel élève avait l'envie d'apprendre toujours plus et cette flamme dans les yeux qu'il n'avait plus vus depuis longtemps chez un jeune étudiant. Severus commença donc son apprentissage dès la fin du mois d'Août, et les cours s'enchainaient à une vitesse folle mais il ne s'en plaignait pas bien au contraire. Son maitre d'apprentissage était vraiment doué, il avait une passion communicative et Severus apprenait beaucoup à son contact. Il faut dire que Faz avait vraiment été impressionné par les capacités de Severus et qu'il lui avait dit qu'avec beaucoup de travail il serait surement le plus jeune maitre de potion que l'Angleterre n'avait jamais vue. Pendant les premiers mois, Severus n'avait rien fait d'autre que se consacrer à sa passion. Son professeur lui avait dit qu'il n'aurait surement pas besoin de cinq années d'études pour venir à bout de sa formation. Faz pensait que 3 années suffiraient.

Un soir après sa journée d'étude, il fut appelé par Lucius et Théodore car leur maitre avait une mission pour eux. Il devait aller voir un homme et lui soutirer des informations. La soirée fut une torture aussi bien pour l'homme que pour Severus. Il ne laissa rien paraitre de Lucius et Théodore mais dès qu'il fut en sécurité dans les murs de sa maison, il ne put que rendre le repas qu'il avait avalé à la vas-vite avant de partir. Ce manège continua pendant un an où les trois hommes enchainèrent les missions avec brillance et gagnèrent la confiance du maitre. Regulus les rejoint sitôt ses études à Poudlard terminées. Mais Severus doutait de plus ne plus de la cause de leur maitre et s'il se confiait à Regulus de temps en temps, il n'osait le faire avec Théodore et Lucius. Pourtant un évènement changea la donne. Théodore annonça son mariage avec Priscilla Turis, jeune héritière d'une famille sang-pur et après les quatre mois de fiançailles traditionnels, ils se marièrent. Tout le gratin de la société anglaise avait été invité. Lors de la soirée d'enterrement de vie de garçon de Théodore, Lucius et Severus avaient dut ramener Regulus et Théodore qui avaient bien profité de la soirée du fiancé. Ils les avaient mis dans des lits et recouverts d'une couverture au cas où. Lucius et Severus avaient aussi bu tous les deux mais pas au point de ne plus tenir debout. Mais ce soir-là, Lucius avoua à Severus qu'il commençait à avoir des doutes sur l'efficacité et la pertinence de certaines pratiques et certaines traditions de leur maitre. Il lui avoua que malgré le fait que torturer des moldus pouvaient être réjouissant il s'était attendu à autre chose, il pensait que leur maitre aurait déjà pris le pouvoir depuis bien longtemps et fait régner un nouvel ordre où les sang-purs domineraient la société anglaise. Il était finalement déçu et se demandait quand les choses changeraient. Severus se dit alors qu'ils avaient peut être une chance de s'en sortir.

Cela faisait longtemps qu'il ne croyait plus aux idéaux de son maitre mais comme celui-ci lui avait donné beaucoup, il ne pouvait que le servir. Mais chaque jour il regrettait un peu plus la prise de pouvoir qu'exerçait le Seigneur des Ténèbres sur lui.


Quelques temps après, Lucius annonça ses fiançailles avec Narcissa Black et le mariage eut lieu le 19 Février 1979. A la surprise générale et surtout à celle de Severus, Lucius lui demanda d'être son témoin. Alors que le jeune potionniste allait refuser Narcissa vint le voir et le convainquit d'accepter. Severus promit et le mariage fut célébrer en grandes pompes. Il était vraiment magnifique et Narcissa était resplendissante dans sa robe blanche en soie. Elle et Lucius avaient l'air de deux anges qui se seraient perdus sur Terre. Ils rayonnaient littéralement de bonheur et la soirée fut un véritable succès.

L'amitié des quatre jeunes hommes connus un moment décisif quand leur maitre leur annonça le soir du 10 Avril 1979 que le village de Louswy au nord de l'Angleterre devait être éradiqué de la carte. Les mangemorts étaient exaltés. Leur maitre leur permettait enfin de commencer l'anéantissement des moldus et autres vermines.

-Ce soir, mes fidèles mangemorts, ce soir le monde entier va nous connaitre et apprendre à nous craindre. Ne faites pas de quartier, tuez-les tous sans exception ! Le Seigneur des Ténèbres montrait dans ses deux phrases toute sa cruauté.

Severus jeta un coup d'œil à Regulus qui avait lui aussi blanchit à l'annonce de leur maitre mais tout comme lui il transplana avec leurs camarades au centre du village pour commencer l'œuvre de leur maitre. Aussitôt qu'il avait atterrit, Severus fut rejoint pas son maitre qui lui demanda de le suivre.

-Tu vois cette maison là-bas, dans la campagne je veux que tu t'y rendes avec Lucius, Théodore, Regulus, Antonin et Amicus. Vous pouvez vous amusez avec le reste de la famille mais vous me ramenez le père, est-ce bien clair ? Demanda le Seigneur des Ténèbres.

-Oui, parfaitement clair mon Seigneur. Répondit Severus.

Il partit chercher ses camarades et leur rapporta les paroles du maitre. Les six hommes pénétrèrent dans la maison alors que les habitants se réveillaient tout juste par les cris qu'ils entendaient venir du village. Ils virent tout de suite le père, baguette à la main suivie de la mère qui portait elle aussi sa baguette. Derrière eux se trouvaient trois jeunes filles : elles n'avaient pas plus de onze ans car elles se trouvaient à la maison et non à l'école. La plus âgée devait avoir 10 ans environ et la plus jeune pas plus de 3 ans. Severus entendit distinctement, même à travers tous les bruits du dehors, Antonin dire qu'il allait s'occuper des jeunes filles et le rire d'Amicus qui s'élevait par la suite. Le père et la mère entendirent eux aussi cette phrase et tournèrent d'un même mouvement la tête vers eux. Aussitôt une pluie de sort s'abattit dans la maison. Toutes les personnes présentes se retrouvèrent dans le salon. Amicus réussit à toucher le père et à l'immobiliser. Il se jeta sur la mère et lui donna un bon coup sur la tête pour qu'elle ne puisse pas se défendre. Alors qu'Antonin allait se jeter sur les fillettes, Regulus le stoppa :

-Tu devrais amener le père au maitre avant qu'il ne s'impatiente trop. Dit Regulus d'un ton qui ne laissait souffrir aucune réplique.

-T'as qu'à le faire toi, mais moi je vais profiter de mon dû. Répondit malgré tout Antonin.

-TU. APPORTE. LE. PERE. AU. MAITRE. Répéta à nouveau Regulus en laissant voire la colère qui habitait son regard.

-Tu te prends pour qui pour me donner des ordres, tu crois que je suis ton petit chien et que je vais t'obéir au doigt et à l'œil ? Ne me fais pas rire.

-Je te jure que tu vas apporter le père au maitre ou je te fais comprendre pourquoi nous les Black nous sommes si craint par la vermine comme toi, sale con. La voix de Regulus était comme un murmure, comme un vent glacé venant du nord qui avait refroidit la pièce en deux secondes tellement elle était dénuée de chaleur.

Antonin regarda Regulus dans les yeux et sut qu'il ne plaisantait pas. Il frissonna à l'entente de la voix du plus jeune des Black. Alors il prit le père, sortit de la maison et l'amena au maitre. Pendant ce temps, Lucius, Théodore et Severus regardaient Regulus sans comprendre.

-Je suis désolé mais je ne peux pas, vous comprenez ? Elles sont innocentes, elles n'ont rien demandé et surtout pas à venir au monde, alors je ne peux pas les tuer. Expliqua Regulus.

-Pourtant on ne peut pas les laisser en vie, c'est trop dangereux. Tu le sais et maintenant tu nous mets tous en danger. Théodore comprenait le dilemme de son ami mais ils ne pouvaient pas risquer leurs vies pour celles de ces petites filles.

-Merde, les autres arrivent. Dit Lucius en regardant par la fenêtre.

Severus prit alors une décision qui changerait leurs vies à tous les quater à jamais. Il prit la plus jeune des trois filles, la fit rentrer dans un placard sous l'évier de la cuisine et lui dit de ne sortir que quand un homme avec une cape rouge viendrait al chercher et pas avant. Il fit répéter cela à la petite fille qui avait peur et qui pleurait mais qui répétait malgré tout ce que Severus lui demandait. Alors il jeta un sort de silence sur le placard et un sort de verrouillage basique.

Bellatrix, Rodolphus et Macnair étaient déjà arriver dans la maison et s'amusaient à torturer les deux autres petites filles qui ne mirent pas longtemps avant de succomber. Amicus revint juste à ce moment-là et leur dit que la mère n'avait pas été bien résistante. Bellatrix hurla de rire et répondit que ses filles n'avaient pas tenu le choc non plus. Les quatre amis se forcèrent à rire mais le cœur n'y était pas.

Tout d'un coup, un mangemort hurla que les aurors arrivaient et tous se regardèrent et transplanèrent pour atterrir chez leur maitre. C'était une veille maison anglaise dans la campagne, non loin d'un petit village comme celui qu'ils venaient juste de dévaster. Les mangemorts éteint euphoriques car rien ne les avaient empêché de commettre ce massacre et ils en avaient pris beaucoup de plaisir.

Le maitre leur dit de revenir le lendemain après avoir lu la presse. Les mangemorts repartirent alors tous chez eux et les quatre amis se retrouvèrent chez Théodore. C'était devenu comme une sorte de rituel, après chaque réunion, ils se retrouvaient chez l'un d'entre eux pour reparler calmement de ce qui s'était passé et pour revenir parfois sur certains évènements. Mais ils savaient que ce soir serait différent. Ils transplanèrent donc devant le manoir Nott, où ils s'installèrent dans le salon. Ils n'osaient pas se regarder en face.

-Nous sommes des monstres.

Lucius, Severus et Théodore se tournèrent vers Regulus et se dernier tient bon devant leurs regards ébahis.

-Vous ne vous rendez donc pas compte que là ça va trop loin, beaucoup trop loin. Là il en s'agit plus juste de politique, mais de crime, de guerre et d'extermination. Je n'aime pas forcément les moldus et je ne souhaite pas forcément qu'ils prolifèrent dans notre société mais de là à les exterminer il y a une grande différence. Je ne peux pas tuer des femmes et des enfants sans rien faire ni rien ressentir. Peut-être suis-je idéaliste et vous pensez surement que je suis trop jeune mais je sais que je ne veux pas cela, ni pour moi, ni pour mes enfants. Nous avions tord en croyant pour ramener l'âge d'or de notre société. C'était un mythe, une utopie. Déclara Regulus.

-Peut-être que tu as raison, mais que veux-tu que nous fassions pour l'instant, nous n'avons pas trop le choix. Soit on le suit, soit il nous élimine. Répondit Lucius.

-Lucius a raison, Regulus. Pour l'instant aucune autre solution ne nous ait proposé, et en attendant j'ai bien peur que s'en sortir sans attirer l'attention nous devons continuer à faire semblant. Expliqua doucement Théodore pour essayer de clamer le jeune homme.

-Je suis également d'accord avec Lucius, nous devons continuer à faire semblant, mais je suis aussi en accord avec Regulus sur un point. Nous sommes des monstres mais nous pouvons continuer ce que nous avons fait ce soir, nous pouvons dès que l'occasion se présente sauver le plus de vies possible. Aussitôt Regulus lança un regard plein d'espoirs vers Severus. Qu'est-ce que vous en pensez ? Demanda le jeune potionniste.

-Très bien nous pouvons faire cela le temps de trouver une autre solution et de savoir comment se sortir de là. Dit Lucius et Théodore fut d'accord avec lui.

Mais Severus lui savait qu'il avait la possibilité de leur offrir une autre solution. Il savait que dans l'ombre il n'y avait pas que le Seigneur des Ténèbres qui agissait. Il avait des informations comme quoi Dumbledore, le directeur de Poudlard, réunissait une petite armée pour les combattre. Il avait entendu deux mangemorts en discuter plusieurs mois auparavant et ses deux camarades rigolaient en pesant aux pathétiques efforts selon eux du vieillard pour essayer de contre leur maitre. Maintenant Severus y voyait une possibilité grandissante de se sortir de cette situation.

Il prit alors contact avec le vieux sorcier qui accepta de le rencontrer dans une auberge en plein cœur du Londres moldu, le Phénix Rouge. Severus se présenta au rendez-vous qui était pour le lendemain matin. Il devait monter à la chambre 17 où l'attendait le directeur. Il poussa la porte et entra dans la chambre. Dumbledore était exactement comme dans ses souvenirs : un vieux sorcier qui s'habillait de manière excentrique. Aujourd'hui par exemple il portait une robe orange avec des étoiles bleues. Ses lunettes en demi-lune étaient comme toujours posées sur son nez. Dès que Severus referma la porte derrière lui, le directeur l'invita à s'asseoir sur la deuxième chaise de la chambre. Une fois chacun assis, Dumbledore se lança :

-Alors, d'après vote lettre, vous sembliez avoir quelques difficultés ? Interrogea l'excentrique sorcier.

-Oui, disons que certains d'entre nous se sont rendu compte que ce n'était pas la voie que nous voulions emprunter. Expliqua Severus. Nous avons sauvé l'un des fillettes, nous l'avons mise dans un placard, en-dessous de l'évier.

-Alors c'est vous qui avez sauvé la petite Emilie Stuart ? Je vois. Je ne peux vous offrir la rédemption mais si vous espionnez pour moi Voldemort alors j'interviendrais en votre faveur à la fin de la guerre.

Severus eut une grimace à l'entente du nom que Dumbledore donna au Seigneur des Ténèbres les mangemorts n'avaient pas le droit de l'appeler comme ça, alors entendre d'autres personnes le faire n'étaient pas très évident pour eux.

-Entendu, faisons comme cela. Nous espionnons pour votre compte et vous nous aider en cas de difficultés. Je ne vous dis pas les noms des autres au cas où il y aurait un problème où que je me ferrais prendre. Severus ne voulait pas mettre ses amis en danger.

-Très bien mais il vaut mieux que l'on ne se rencontre plus. Pour faire passer les informations je vous enverrais quelqu'un d'autre. Il faudra que vous appreniez à vous faire confiance mutuellement pour aboutir à une collaboration qui marche. Et cela n'est pas négociable. Nous sommes d'accord ?

-Très bien, je ferais des efforts. Severus accepta car il n'avait pas trop le choix.

-Parfait alors, je prends contact avec un des membres de l'ordre et ensuite je vous envoie un hibou. Bonne journée Severus.

-Bonne journée Monsieur.

Et Severus quitta la chambre le plus vite possible.

Le lendemain Severus reçut un hibou du directeur qui l'invitait à venir à Poudlard pour parler de leur affaire. Il s'y rendit et Dumbledore confirma le rendez-vous avec le membre de l'ordre du phénix pour le lendemain au soir. Il devait se rendre au même endroit que la veille et dans la même chambre. Le rendez-vous aurait lieu à 21h30. Severus partir rapidement de l'école sans être vu.

Il passa la journée du lendemain à faire des potions avec son maitre d'apprentissage. Quand 20h sonna, Faz laissa partir son jeune apprenti en lui disant de revenir le lendemain pour 9h. Severus salua une dernière fois l'homme et rentra chez lui. Il prit une douche et se changea avant de partir pour le centre-ville de Londres. Il retrouva facilement l'auberge du Phénix rouge et monta directement dans la chambre 17. Il senti dès qu'il franchit la porte d'entrée de la chambre que des protections se mettaient en place.

Quand il entra dans la pièce, la noirceur de la nuit le fit frissonner car l'aspect lugubre que dégageait l'endroit ne le rassurait pas. Il alluma alors des bougies et se mit à la fenêtre en attendant que son rendez-vous arrive. Il en profita pour regarder les passants et ne se rendit pas compte qu'il se perdait dans ses pensées.

Il en sorti soudainement quand il senti les protections qui entouraient la pièce se baisser et il entendit qu'on toqua à la porte. Severus retient son souffle en voyant la poignée de la porte tourner et se figea en reconnaissant l'homme qui se trouvait devant lui, dans l'embrasure de la porte.


Voilà pour ce chapitre. J'espère véritablement qu'il vous a plu car moi j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

Le prochain chapitre sera publié le dimanche 3 Novembre au plus tard.