Disclamer : L'univers ne m'appartient pas mais l'histoire oui.
Chapitre corrigé par ma bêta : Westyversionfrench. Allez jeter un œil à ces histoires, elles valent le détour ! Univers complètement déjanté et couples surprenants !
Note de l'auteure : je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée pour le retard. J'étais en partiel toute la semaine dernière et franchement même si j'adore écrire, mes études passent avant tout. Et comme j'ai pris du retard dans mon écriture, ma bêta n'a pas pu me corriger tt de suite non plus. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop et que ce chapitre aura valu la peine d'attendre. Enfin bref passons au chapitre et bonne lecture à tou(e)s !
Une nuit parmi d'autres chapitre 9 :
Severus retint un soupir quand il se rappela qu'avant de rentrer chez lui, il devait passer à l'hôtel des Anges. Black l'attendait et il était sûr que l'ex-Griffondor n'apprécierait pas qu'il lui pose un lapin. Il tenait à peine sur ses jambes mais il ne voulait pas déclencher la colère du Griffondor surtout que ce dernier était très rancunier et qu'il mettrait sûrement plusieurs jours voire semaines pour lui pardonner. Il savait qu'il avait besoin d'une douche de toute urgence mais après tout il y avait une salle de bain dans la suite qu'il partageait avec Black lors de leurs rendez-vous et il avait bien le droit de l'utiliser, après tout Black payait la chambre, autant en profiter. Il prit donc la décision de transplaner dans la ruelle habituelle du Londres moldu et se rendit discrètement jusqu'au lieu de rendez-vous habituel. Il prononça le mot de passe d'une voix lasse. Il entra et trouva directement Sirius assoupi dans un fauteuil. « Il a l'air de beaucoup les apprécier » pensa-t-il en esquissant un petit sourire. Mais son sourire se transforma en grimace quand tout son corps se tendit brusquement. « Bon alors, je le réveille ou je prends d'abord une douche ? Non il vaut mieux que j'aille à la douche, ça me détendra ».
Il se dirigea vers la salle de bain tout en se maudissant de ne pas avoir pensé à ramener des vêtements de rechange tout comme l'avait fait Sirius la fois d'avant car il en aurait bien besoin après sa douche. Il faudrait qu'il pense à en rapporter pour la prochaine fois. Il rentra enfin dans la salle d'eau et mit en route le robinet d'eau chaude. Il laissa l'eau couler le temps qu'il prenne des potions de guérison et de soin qu'il avait rangé derrière le miroir du lavabo. Il but directement une potion antidouleur et déboucha un flacon dont il déversa le contenu dans la baignoire en s'accroupissant. L'eau se colora en bleue tout de suite. Alors qu'il se relevait pour enlever ses vêtements, une douleur fulgurante le traversa et il laissa glisser le dernier flacon de potion qu'il avait dans la main. Celui-ci tomba au sol et sous l'impact il éclata et la potion fut perdue. Severus soupira pour la seconde fois de la soirée. Il réussit à atteindre la chaise placée dans la salle de bain, sur laquelle étaient déposées des serviettes toutes moelleuses. Il s'assit rapidement sur les serviettes car son corps continuait de trembler et la douleur devenait insoutenable. Elle reflua aussi rapidement qu'elle était arrivée mais des traces restaient malgré tout. Alors Severus se leva, déboutonna sa robe et la fit glisser sur la chaise. Il enleva également son pull et son tee-shirt trempé de sang. Il se positionna face au miroir à pied qui se trouvait juste à côté de la chaise et inspecta avec soin chacune de ses blessures. Certaines n'étaient que superficielles et avec un baume de sa confection, elles disparaîtraient très vite mais d'autres en revanche étaient beaucoup plus profondes et il lui faudrait sûrement une semaine pour qu'elles guérissent.
Il poussa à nouveau un soupir et retourna s'asseoir sur la chaise pour enlever son pantalon avec plus de facilité. Il avait déboutonné le bouton et s'apprêtait à descendre sa braguette quand la porte de la salle de bain s'ouvrit brusquement. Surpris Severus paniqua en se demandant où il avait bien pu ranger sa baguette et il se souvint qu'il l'avait laissée sur le meuble du lavabo. Il jura entre ses dents mais au moment où il allait se lever pour aller la chercher pour se défendre en cas d'attaque, la douleur le cloua à la chaise, lui fit baisser la tête et un gémissement franchit ses lèvres. Sirius entra dans la salle de bain, attiré par le bruit de la casse et trouva Snape assis sur une chaise, le corps tendu et le menton collé au torse. Il n'eut besoin que de quelques secondes pour comprendre pourquoi l'homme était rentré si tard et il se rapprocha doucement de l'espion afin de lui signaler sa présence. Mais une fois arrivé devant Snape il comprit que l'homme souffrait et avait visiblement passé un sale quart d'heure juste avant. Il remarqua soudainement, sûrement dû à la proximité avec l'autre homme, que le torse de celui-ci était recouvert de cicatrices en tout genre, des cicatrices qui lui faisaient beaucoup penser aux siennes. Son regard descendit sur les bras de son vis-à-vis où il reporta son attention sur la forme d'un tatouage représentant un serpent noir sortant de la bouche d'une tête de mort. Une forte colère s'empara de lui mais il la chassa bien vite car l'homme assis sur la chaise en face de lui n'était absolument plus son ennemi et qu'il ne devait réserver cette haine qu'aux véritables monstres qui servaient cet être sans cœur et sans âme qu'était le Seigneur des Ténèbres. Sirius avait compris lors de ses précédents rendez-vous avec Snape que ce dernier regrettait par-dessus tout son allégeance envers son maître et cette marque qui lui brûlait la peau. Mais il ne s'attarda pas sur ce détail bien longtemps car ils avaient un problème plus urgent à régler. Les tremblements du corps de Snape ne s'arrêtaient pas et l'animagus eut un instant de panique avant de se reprendre.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? Ça va ? C'est Voldemort qui t'a torturé ? Demanda Sirius d'un ton inquiet et affolé.
-Non, j'avais une soirée BDSM chez des amis et ils m'ont gentiment invité avant de me torturer lentement. Répondit Severus d'une voix où transparaissait la douleur.
Sirius décida de ne pas rentrer dans le jeu de Snape et de ne pas répliquer même si l'envie était très grande mais il voyait bien que son vis-à-vis était très mal en point et il se décida à l'aider.
-Très bien, il faut que tu ailles dans le bain ? Interrogea Sirius en regardant autour de lui.
-Oui. La douleur terrassait toujours Severus et il préférait répondre par petits mots car il n'était vraiment pas sûr de sa voix.
-Tu veux que je rajoute une potion de soin ou quelque chose comme ça dedans ?
-Non c'est déjà fait. La douleur refluait enfin et Severus se sentit soulagé de pouvoir reprendre le contrôle avant de dire une bêtise devant l'autre homme. J'ai mis une potion de guérison dedans l'eau.
-Très bien.
Et sur ces mots, Sirius se pencha vers Severus qui recula précipitamment sur sa chaise.
-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il d'un ton stupéfié.
-Ba je t'aide à enlever ton pantalon. Dit Sirius.
-Et pourquoi je te prie ? Par quel miracle ton cerveau t'a-t-il permis de t'approcher de moi de la sorte ? Glapit Severus.
-Ecoute, tu veux rentrer dans ce bain, qui à n'en pas douter, calmera tes douleurs. Or si elles apparaissent sans que tu ne saches quand, tu pourrais très bien te blesser en enjambant la baignoire. Donc je t'aide à enlever ton pantalon puis à finir de te déshabiller pour que tu puisses prendre ton bain le plus rapidement possible. A moins que tu ne sois vraiment masochiste ? Plaisanta Sirius.
Severus le foudroya du regard. Il bouillait de se trouver ainsi à la merci de son ennemi de toujours. Il s'en voulait de se montrer aussi faible devant cet homme en particulier, de lui faire voir ce corps dont il avait si honte. Mais il dut bien reconnaître que ce dernier avait raison. Il avait besoin d'aide et si après tout le Griffondor se proposait il ne pouvait pas refuser au vu de sa situation.
-Très bien, mais je ne veux pas t'entendre… Commença Severus.
-Je pensais que maintenant tu me faisais un minimum confiance. Le coupa Sirius. Je ne vais pas me moquer de toi, d'une part parce qu'il n'y a rien de drôle et d'autre part car si je me trouvais en cet instant à ta place, j'aimerais aussi qu'on m'aide et crois-moi après la journée d'aujourd'hui, j'ai tout sauf envie de rire. Argumenta l'animagus.
Snape croisa le regard de Black et comprit que la journée avait marqué son ennemi. C'était la première fois pour Sirius qu'il était projeté dans la guerre de cette façon, si brutale, si violente.
L'apprenti-auror demanda à l'ex-Serpentard de soulever ses hanches et ses fesses pour qu'il puisse descendre son pantalon. Severus obéit et quand Black lui offrit son bras pour l'aider à atteindre la baignoire, Severus s'y agrippa solidement. Mais il ne put soulever suffisamment ses jambes pour se glisser de lui-même dans le bac d'eau, ses forces l'abandonnaient. Sirius le vit et aucun des deux ne fit de commentaire quand l'animagus prit l'espion sous les genoux pour le porter dans la baignoire et l'y déposer précautionneusement. Severus remercia à mi- mot l'autre homme et se laissa aller dans l'eau. Sirius ferma le robinet de la baignoire et se retourna. L'ex-Serpentard avait fermé les yeux sous la sensation de bien-être qui avait accompagné son arrivée dans l'eau. Son boxer lui collait à la peau mais il n'en prit pas ombrage car il aurait été mortifié si Black le lui avait enlevé.
-Tu te pousses pour me laisser une place ?
Severus redescendit brutalement sur Terre quand il entendit la question de l'apprenti-auror énoncée avec tellement de naturel qu'on aurait dit que ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient tous les deux dans cette situation. Sirius vit l'espion le fixer avec un air ébahi mais il ne recula pas pour autant et expliqua :
-Tu es très mal en point, tes blessures te font visiblement beaucoup souffrir et en plus des tremblements parcourent tes membres de façon anarchique. Donc je pense que le mieux c'est que je t'aide à te laver. Je te jure de ne pas profiter de la situation pour dire quoi que ce soit de déplacé ni pour en reparler par la suite si tu ne veux pas, mais en attendant il faut te laver pour pouvoir te soigner le plus rapidement possible.
Severus ne put qu'abdiquer face aux arguments de Sirius et ce dernier le rejoignit dans la baignoire. L'animagus s'installa derrière Snape, celui-ci reposant contre son torse. Une grande chaleur venant du corps de Black entoura Severus et il se rendit compte que son corps était frigorifié malgré la température de l'eau. Il se réchauffa doucement au contact de l'autre homme. Sirius poussa alors Severus à se reposer contre son torse, lui indiquant qu'il fallait qu'il se détende pour que les potions agissent plus rapidement. Si au départ l'ex-Serpentard se raidit encore plus à la sensation de sa peau effleurant celle de l'animagus, la guérison de ses blessures au fur et à mesure de son immersion dans l'eau le détendit et il se résolut à la demande de Black. Il prit donc appuie sur le corps de son ancien ennemi et si Sirius sentit avec une acuité accrue la tension dans le corps de Snape, il ne souffla pas un mot pour autant sur le sujet.
-L'eau est blanche pourtant, avec la potion, n'est-elle pas censé être bleue ? Demanda Sirius afin de faire passer le petit malaise entre eux depuis qu'il avait grimpé dans le bac d'eau.
-Si mais une fois que l'eau a absorbé la potion elle redevient blanche, enfin transparente. Expliqua Severus.
-On a de la chance que la baignoire soit grande, on peut tenir facilement tous les deux. Dit Sirius tout en se retournant et en prenant un gant de toilette ainsi qu'un gel de douche.
-C'est une question de point de vue. Estima Severus en gigotant, mal à l'aise de la position.
Son ennemi était derrière lui et ne semblait pas trouver gênant d'être dans une telle position. Black lava soigneusement et scrupuleusement le corps de Snape et fit tout particulièrement attention à ne pas appuyer de trop lorsqu'il passait l'éponge sur les plaies de l'homme installé entre ses jambes. Il passa le gant mousseux sur le haut du corps de Severus avec douceur, ce dernier finit par reposer sa tête sur l'épaule de l'apprenti-auror en lâchant un soupir parfaitement audible. Il se rendit compte que jamais personne n'avait pris soin de lui ainsi et cette pensée le fit rougir quand il réalisa qu'en plus ce n'était pas n'importe quel homme qui le lavait, mais bien celui sur lequel, pendant plusieurs années d'études, il avait, il le reconnaissait aujourd'hui, fantasmé.
Sirius le souleva légèrement par les épaules en lui précisant qu'il allait devoir se déplacer dans la baignoire pour laver ses jambes. Snape était tellement fatigué, las et endolori, qu'il le laissa faire sans chercher une seconde à protester. Ainsi Sirius alla s'asseoir de l'autre côté de la baignoire faisant face à Severus. Il prit une de ses jambes par la cheville et passa le gant de toilette dessus en remontant jusqu'aux hanches. Il fit de même avec la seconde jambe puis revint prendre sa position initiale derrière le blessé. Sirius décida de détendre les épaules de Snape et entreprit de le masser légèrement. Puis quand les tremblements cessèrent totalement dans les membres de l'espion, l'animagus consentit enfin à vider la baignoire. Il prévint Severus de se retenir aux bords car il allait sortir.
Une fois en dehors du bac d'eau, Sirius alla chercher la serviette que Snape avait posé sur la chaise, se frotta énergiquement le corps avec puis l'enroula autour de ses hanches. Il alla prendre alors une seconde serviette, beaucoup plus grande. Le tout n'avait pas duré plus de cinq minutes et quand Sirius, la serviette grande ouverte dans ses mains, s'approcha de la baignoire dans le but de prendre Snape dans ses bras tout en l'enfermant dans la serviette pour qu'il ne prenne pas froid, ce dernier ne répliqua rien à l'apprenti-auror. Sirius déposa son précieux chargement sur la chaise et entreprit de sécher le corps de son ancien ennemi. Puis il alla dans la chambre, se dirigea vers l'armoire, l'ouvrit et en sortit deux grands tee-shirt blancs et deux boxers bleu roi. Il retourna dans la salle de bain, s'habilla puis couvrit Snape avec les vêtements qui restaient en prenant bien soin auparavant de retirer leurs sous-vêtements complètement mouillés ce qui les fit rougir tous les deux.
-Ça serait bien si tu pouvais me donner le pot de crème orange qu'il y a dans l'étagère derrière le miroir du lavabo. Indiqua Severus.
-C'est quoi ? demanda Sirius tout en accédant à la requête de son partenaire.
-C'est un baume contre les douleurs musculaires. Il faut que je me masse avec et d'ici demain matin les douleurs auront disparu, enfin normalement. Exposa l'ex-Serpentard.
-Très bien, je vais aller te déposer sur le lit et ensuite je t'appliquerai le baume en massage donc. Enonça Sirius.
Severus fut véritablement surpris de la gentillesse dont faisait preuve l'animagus et il ne dit rien de peur de le contrarier mais aussi car il avait conscience qu'il ne pouvait pas souvent laisser quelqu'un d'autre prendre en charge la situation à sa place puisqu'il s'était tellement refermé sur lui-même qu'il était rare qu'il partage un moment comme celui-ci avec une autre personne. Il se laissa donc soulever de la baignoire et eut un instant de frayeur en se demandant si l'ex-Griffondor arriverait à le transporter jusqu'au lit sans le lâcher. Si Sirius avait eu accès aux pensées de l'autre homme, il aurait sûrement poussé une exclamation indignée en pensant que ce dernier croyait qu'il pouvait le laisser tomber alors qu'il était moins lourd qu'un enfant. En effet l'apprenti-potionniste était aussi léger qu'une plume et cela fit tiquer l'animagus. Il est vrai qu'il avait remarqué que Snape n'était pas bien épais rien qu'en voyant sa silhouette dessinée par les robes noires qu'il portait et bien que celles-ci ne soient pas moulantes, elles ne pouvaient que révéler la minceur du corps de son ancien camarade d'étude.
Sirius traversa donc la salle d'eau avec son précieux colis dans les bras en prenant bien soin de ne pas le cogner dans un meuble ou autre. Il le déposa délicatement sur le couvre-lit et aida Snape à se mettre en dessous tout en expédiant les draps au bout du matelas. Il prit la précaution de retourner dans la salle de bain pour se laver correctement les mains au savon pour ne pas contaminer la pommade qu'il devait appliquer sur le corps de l'autre homme, éteignit les lumières de la pièce qui ne serait plus utilisée avant le lendemain puis revint dans la chambre avec le pot orange. Il prit place sur le côté droit du lit en s'asseyant tout près du corps de Snape.
-Bon, heum, et bien, il faut que tu me masses tous les membres pour bien faire pénétrer la crème dans mon organisme. Severus était de plus en plus rouge à mesure qu'il parlait car il se rendait compte de l'ambiguïté de certains mots dans sa phrase mais il n'avait pu les retenir, la présence de l'autre homme près de lui le rendant fébrile.
-Très bien. Répondit Sirius, tout aussi troublé que Severus car la proximité du corps de son ancien rival lui rappelait douloureusement son rêve de la semaine passée et il n'avait aucune envie d'avoir une érection maintenant, surtout que l'espion le prendrait très mal. Heureusement son corps semblait comprendre que ce n'était mais alors absolument pas le bon moment car il ne le trahi pas.
Black déboucha donc le pot orange qui laissa échapper une odeur de lavande et de camomille sitôt ouvert. Il en prit une noisette qu'il déposa sur sa main afin de l'étaler plus facilement sur le corps de Snape. Celui-ci tendit son bras gauche vers l'animagus qui le prit immédiatement, la fatigue se reflétant dans les yeux noirs de son vis-à-vis. Sirius commença donc le massage par les mains du potionniste et remonta doucement vers l'épaule en repliant délicatement la main du tee-shirt. Puis une fois le baume bien pénétré sous la peau, Black recula sur le lit de façon à pouvoir masser la jambe gauche de Snape. Il procéda de la même manière, commençant par le pied et remontant doucement jusqu'à arriver à la lisière du boxer. Pendant ce temps, Severus appréciait la caresse des mains de l'animagus qui courraient sur sa peau. Il se laissa complètement submerger par le sentiment de bien-être et la sensation de chaleur qui s'emparait de ses membres après le passage des doigts de Sirius. Il ne pensait pas que ce dernier était aussi doué avec ses mains et il remercia Merlin pour ne pas être tombé sur un empoté.
Une fois que la jambe fut complètement massée, Sirius passa de l'autre côté du lit et entreprit de continuer le soin sur la seconde moitié du corps de Snape. Il voyait que ce dernier essayait de résister à la fatigue qui s'abattait sur son corps et son esprit et il ne put s'empêcher de lui murmurer que tout allait bien, qu'il n'avait plus aucune raison de s'inquiéter, qu'il était là pour veiller sur lui et qu'il pouvait s'endormir en paix. Il ne savait pas très bien pourquoi il prenait la peine de rassurer son ennemi, sûrement car il était lui aussi passé par là, même si ce n'était pas le Seigneur des Ténèbres en personne qui l'avait torturé, il se souvenait parfaitement de la sensation de douleur et de solitude qui l'enserrait après chaque correction qu'il recevait. Il n'avait que ses yeux pour pleurer et ses petits bras pour essayer de se réconforter. Ce qui était très difficile et complètement irréalisable quand on n'avait même pas dix ans. Il fut soudainement tiré de ses pensées maussades par un gémissement provenant de Snape. Ce dernier avait enfin cédé face au sommeil et dormait à poings fermés. Son visage toutefois laissait apercevoir toute l'étendue de sa souffrance psychologique. Ses traits étaient tirés et tendus ce qui prouvait que malgré son sommeil il était toujours sur la défensive. Ce constat amena Sirius à lâcher un profond soupir qui reflétait toute sa résignation. Finissant le massage, il retourna à la salle de bain en pensant prendre le pot avec lui, se lava une dernière fois les mains pour y retirer toute la pommade en trop, referma la crème pour la remettre derrière le miroir et ferma la porte derrière lui. Il fit le tour du lit en voyant que Snape s'était tourné sur le côté et avait par ce biais envahi tout l'espace gauche du lit.
Sirius en se déplaçant du côté droit du lit remarqua que les rideaux n'étaient pas tirés. Ne voulant pas se réveiller trop tôt par la lumière du jour, matinale en cette saison, il les déplia rapidement de sorte qu'aucune luminosité ne viendrait les déranger le lendemain. Il régla rapidement le réveil qui se trouvait sur sa table de chevet car il avait une réunion avec son chef de bonne heure demain matin et se coucha sur le lit en n'oubliant pas de rabattre les couvertures sur son corps et celui de l'espion. Il se souleva une dernière fois sur un coude pour tenter d'apercevoir le visage de Snape mais sentant ses forces l'abandonner après cette journée épuisante, il se laissa tomber comme une masse sur le dos et finit par s'endormir beaucoup plus rapidement qu'il ne l'aurait imaginé.
C'est le réveil qui tira Severus Snape de la léthargie dans laquelle son corps était plongé jusque-là. Il grogna doucement pour la forme mais dès qu'il essaya de bouger un muscle, son corps protesta vivement. Une voix tout près de lui souffla à son oreille d'y aller doucement et de déplier d'abord ses doigts puis ses mains et ses bras mais de rester assis. Il fit ce que la voix lui disait tout en s'obligeant à contenir les gémissements de douleur qui menaçaient parfois de passer la barrière de ses lèvres. Il réussit néanmoins à ouvrir les yeux et à la place de la lumière matinale et brûlante à laquelle il s'attendait, seul un fin rayon de soleil perçait à travers les rideaux en velours pendants devant les fenêtres. Et d'un coup toute la journée de la veille lui revint en mémoire : l'attaque, les combats, la réunion chez son Maître, son retour à l'hôtel des Anges, les soins prodigués par Black. Une rougeur lui monta aux joues sans qu'il ne puisse s'en empêcher en pensant qu'il avait été presque nu dans les bras de son fantasme, que celui-ci avait pu constater la maigreur de son corps, sa laideur et cette horrible chose qui lui marquait la peau comme un reste de peste, une erreur à jamais inscrite dans sa chair et que rien, pas même la lame d'un couteau, ne parviendrait jamais à effacer. Sur le coup des larmes lui montèrent aux yeux mais il les réprima au prix d'un immense effort. La voix de Black résonnait toujours près de lui et il se focalisa dessus pour chasser définitivement les dernières traces de sommeil de son esprit. Une mèche de ses cheveux était coincée entre l'oreiller et sa joue et chatouillait désagréablement son nez. Il releva la tête et aperçut l'animagus en train de s'affairer autour d'un plateau de victuailles.
-Tu veux prendre le petit-déjeuner au lit ? A mon avis c'est plus prudent surtout si tu as encore mal. Argumenta Sirius.
Severus réussit à se redresser et se mettre assis sur le lit, il appuya son oreiller contre la tête de lit et s'y adossa.
-Que veux-tu boire ? Questionna Black.
-Un café noir, s'il te plaît. Dit Snape d'une voix enrouée. Il en profita pour se racler la gorge le temps que Sirius lui tende un bol, rempli du breuvage demandé.
-Tu veux manger quelque chose ? Une viennoiserie ? Comme je ne savais pas du tout ce que tu mangeais le matin, j'en ai profité pour commander un peu de tout. Il y a aussi du pain avec du beurre ou de la confiture.
-Ça ira merci. Je ne mange rien le matin. Indiqua Severus, les doigts autour du bol de café se réchauffaient doucement grâce au liquide brûlant à l'intérieur.
-Tu as tort crois-moi, avec la journée d'hier et la soirée également tu devrais manger un petit peu au moins. Sollicita Sirius.
Severus allait répliquer à son ancien camarade qu'il n'avait pas à se mêler de ses affaires quand un gargouillement gigantesque et faisant un bruit énorme retentit à travers toute la pièce. Cela eut le mérite de couper le sifflet à l'apprenti-potionniste et il jeta un regard noir à Black le défiant de dire quoi que ce soit mais ce dernier ne comprit pas le message ou fit comme si car il répliqua tout de suite :
-Tu vois bien j'avais raison. Tu as faim et à mon avis ce n'est pas qu'une petite faim. Tu n'as pas dû manger hier soir tout comme moi et par conséquent notre corps nous réclame de l'énergie. Expliqua Sirius avec un petit sourire en coin ce qui eut le don d'exaspérer Severus.
-Très bien alors donne-moi un croissant dans ce cas.
Sirius tendit donc une grande serviette à Snape qui l'étendit sur les couvertures à l'endroit où reposaient ses genoux et attrapa la viennoiserie. Il mordit dedans et fut étrangement surpris en constant que celle-ci était délicieuse. Cela lui rappelait les croissants que sa mère lui ramenait parfois les matins où il n'avait pas cours quand elle se levait tôt pour aller à la boulangerie et lui rapportait une viennoiserie encore toute chaude qu'il plongeait avidement dans son chocolat pour mordre ensuite dedans et sentir le moelleux du beurre se fondre dans le goût amer du chocolat qui imbibait le croissant. Il adorait ses matins-là où il partageait dans la petite cuisine de l'appartement un moment privilégié avec sa mère l'espace d'un repas. Il se souvint qu'elle préférait détacher lentement chaque couche de son propre croissant pour prendre le temps de bien savourer sa texture et faire durer le plaisir encore plus longtemps. Et tandis que les souvenirs remontaient à la surface Severus sentit le lit s'affaisser à sa droite. Il s'aperçut que Sirius s'est assis en tailleur sur les couvertures face à la tête de lui.
-Alors voilà ce que je te propose : j'ai deux heures pour me préparer et écouter ton récit de la nuit dernière avant que tu n'arrives ici et ensuite je serais obligé de te quitter car mon supérieur m'attend à neuf heures pile. Au vu de l'attaque d'hier, les aurors vont devoir redoubler de vigilance et Dumbledore voudra sûrement qu'on fasse une réunion avec tous les membres de l'Ordre le plus vite possible. Donc je pense que dès que ma journée sera finie, je serai convoqué chez les Webb. Ce qui veut dire que je ne pourrais pas revenir ce soir même si on n'avait pas fini donc il faut absolument que tu me racontes tout dans ce délai. Pour l'instant je vais aller me débarbouiller et pendant ce temps tu vas finir ton repas. Et tu as intérêt à manger autre chose en plus du croissant, vu ? Menaça gentiment Sirius.
-Oui c'est compris. De toute façon je me doute bien que je n'ai pas vraiment le choix.
-Bien puisque tout est clair, je vais te laisser finir de prendre ton petit déjeuner et pendant ce temps je vais me laver. Et Sirius se leva pour faire le tour du lit afin d'entrer dans la salle d'eau.
Severus poussa un soupir lorsque Sirius ferma la porte derrière lui et après avoir installé son bol de café sur sa table de nuit, il s'avança à genoux jusqu'au bord du lit pour étendre son bras et chiper un autre croissant dans la corbeille en osier, disposée sur le dessus de la petite commode qui touchait le lit. Sirius avait en effet déposé le petit déjeuner sur cet espace afin de pouvoir le prendre plus facilement sans pour autant sortir du lit. Severus se laissa retomber en arrière. Il dévora la seconde viennoiserie aussi vite que la première et finit de boire son breuvage. Il s'étira doucement pour ne pas se faire mal, descendit du lit et rangea les affaires qu'il avait utilisé sur le plateau avec les restes du petit déjeuner. Il en profita pour tartiner de beurre un morceau de pain avant de l'enfourner. Puis avisant une carafe de jus d'orange il s'en servit un verre. Il n'avait plus mangé autant le matin depuis plusieurs années et il s'avoua que ce repas lui avait fait beaucoup de bien. Il refit des étirements pour bien détendre ses muscles et alors qu'il était en train de toucher le sol avec le bout de ses doigts, les bras ramenés en avant, les jambes droites, Sirius sortit de la salle de bain et vit en premier plan les fesses de Severus tendues dans sa direction. Il se figea brusquement avant de comprendre ce que faisait Snape quand il le vit se remettre droit. Ce dernier avait entendu la porte s'ouvrir et il se tourna vers l'autre homme.
-Qu'est-ce que tu fais ? demanda curieusement Sirius.
-Je préfère faire des étirements tout de suite pour que mes muscles arrêtent de me faire souffrir. Mais je pense que je serai obligé de faire un autre massage d'ici ce soir.
-Oui, moi aussi après une dure séance d'entrainement, je refais des étirements le lendemain matin pour éviter que mes muscles s'échauffent trop.
-Au fait, merci pour les vêtements de nuit, je te les ramènerai la prochaine fois et j'apporterai une tenue pour moi aussi. Remercia Severus.
-Tiens en parlant de vêtements, je t'ai déposé une tenue sur la chaise derrière toi. Ce sont mes vêtements, mais tu peux les mettre à ta taille ça ne me dérange pas du tout. Précisa l'animagus.
-Ok, mais je te donnerais de l'argent pour la tenue et le petit déjeuner, tu me diras combien.
-Pour le petit déjeuner ? Je ne comprends pas … ?
-Comme tu payes déjà la chambre, je peux bien participer pour le reste. Expliqua l'apprenti-potionniste.
-Je ne paye pas la chambre. S'exclama Sirius. D'ailleurs je pensais que c'était toi qui la réglais.
-Non, je ne paye rien. Mais alors de qui provient l'argent pour la suite ?
-Sûrement Dumbledore. Dit Sirius en réfléchissant. Je ne vois aucune autre personne qui le ferait. C'est lui qui nous a mis en relation donc je trouve ça logique.
-Hum, mais ça veut dire aussi qu'il sait où on est. Enfin bref, on réglera ça plus tard.
-Tu ne l'aime pas beaucoup, non ?
-Ce que je ne supporte pas, c'est qu'il manipule les gens. Il arrive toujours à ses fins et disons que je commence à me dire qu'il peut être néfaste malgré ses bonnes intentions. Signala Severus.
-Oui je comprends ce que tu veux dire, parfois il semble savoir beaucoup de choses sans pour autant nous en informer et c'est très frustrant. On a souvent l'impression qu'il nous cache de nombreuses informations intentionnellement. Mais on doit faire avec malheureusement. Se résigna Sirius.
-Oui pour l'instant.
Un silence calme et reposant s'installa dans la chambre à la suite de la conversation des deux hommes. Jamais aucun des deux n'aurait pu imaginer un an auparavant qu'ils arriveraient à s'entendre un jour, ni même qu'ils pourraient avoir une discussion sans anicroches. Ils s'entendaient beaucoup mieux et réalisaient aujourd'hui que certaines particularités de l'autre n'étaient que des moyens de défense.
-Je suis désolé d'aborder le sujet mais nous n'avons plus qu'une heure et nous devons absolument finir ce matin. Sirius interrompit les pensées de Severus.
-Oui, excuse-moi, c'est vrai que tu m'as prévenu que tu n'avais plus beaucoup de temps. Hier soir quand il nous a convoqué, je t'ai donc envoyé par le médaillon, le nom du village où allait se porter l'attaque pour que tu le transmettes à l'Ordre. Quand vous êtes arrivés sur place avec les aurors, nous étions là déjà depuis près d'une demi-heure mais je n'avais pas eu le temps de t'envoyer le message avant les premières quinze minutes car je n'étais pas seul. D'ailleurs vous êtes arrivés bien plus vite que lors des autres attaques. On avait l'ordre de capturer Angéline Cat, la conseillère aux affaires étrangères du Ministre. Le Seigneur des ténèbres est prêt à passer à la vitesse supérieure, ça se voit dans la violence des attaques. Il met ses pions en place et envoie un message au Ministère mais aussi aux autres gouvernements sorciers. Expliqua Snape.
-Comment ça ?
-En attaquant la section étrangère du Ministère, il démontre sa volonté de ne pas se limiter à l'Angleterre mais d'étendre sa politique à l'international.
-Donc en plus de ne pas s'arrêter là, il compte exporter sa politique et ses idées à travers d'autres pays du monde.
-Oui mais revenons à la bataille. Je t'ai vu arriver avec Potter et j'ai décidé de partir à l'autre bout du champ de bataille pour ne pas nous mettre en porte-à-faux. Puis le Seigneur des Ténèbres est arrivé et un combat contre Dumbledore s'est engagé. Nous avons transplané dès que notre maître est parti. Mais il était très en colère, il n'a pas aimé que Dumbledore soit intervenu et nous l'a fait payer. On avait réussi à coincer la femme qu'il voulait kidnapper mais vous êtes arrivés et nous n'avons pas plus l'attraper ensuite. C'est ça qui l'a mis en colère.
-Pourquoi toi, pourquoi t'a-t-il torturé ? Demanda l'animagus assez sceptique.
-Je lui ai tenu tête quand il a dit que nous avions fui devant les membres de l'Ordre et qu'il nous a traités de lâche. Enfin, tenu tête, disons que j'ai marqué mon désaccord et il n'a pas apprécié.
-Tu as montré ton désaccord devant tout le monde, enfin tous les Mangemorts et tu ne pensais pas aboutir à ce résultat ? Demanda Sirius incrédule.
-Si bien sûr que je savais que j'allais me faire torturer mais c'était soit moi soit Théodore, or cela faisait déjà plusieurs minutes qu'il lui lançait le doloris. Si personne ne l'arrêtait il l'aurait tué, or Théodore est mon ami et il m'a aidé dans des moments difficiles pour moi. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état, surtout que Lucius n'était pas là. Mais on savait tous qu'il n'attendait qu'une étincelle pour exploser. Théodore s'était à peine relevé qu'il a interrompu de nouveau le maître et qu'il recevait à nouveau des sorts de torture. Finalement il a craqué et hurlé sa douleur pendant que je me remettais à mon tour debout et comme le maître n'était toujours pas calmé, il a passé le reste de sa colère sur moi.
-Mais s'est complètement injuste et … putain, je ne trouve même pas les mots tellement c'est ridicule. Sirius trouvait la situation totalement extravagante et dépassée.
-Oui, je sais, au départ on ne comprenait pas non plus et puis on a fini par ne plus chercher à expliquer ses sautes d'humeur. C'est ainsi, on essaye de faire en sorte qu'il n'explose pas tout le temps contre la même personne. C'est pour ça que je suis arrivé dans cet état hier soir. J'ai d'ailleurs été très surpris par ton attitude… D'autant plus que je pensais me faire incendier pour le retard… Avoua d'une petite voix Severus.
-Oui c'est vrai que tes craintes étaient justifiées mais je te jure que je ne souhaite à personne de vivre ce que tu as vécu, et ce n'est pas parce que je ne te supportais pas que je ne voulais pas te tuer pour autant.
-Ce n'est pas ce que je pensais, au vu de l'accident de notre cinquième année. Dit l'apprenti-potionniste en baissant les yeux.
Sirius se pencha vers Severus pour lui prendre la main et lui demanda de le regarder dans les yeux. Il voulait à tout prix le rassurer sur ses motivations et lui faire comprendre que malgré leur passé houleux, Snape pouvait compter sur lui à partir de maintenant.
-Je regretterais à jamais ce qui s'est passé cette nuit-là. Je m'en veux beaucoup. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé pour que j'en vienne à te dire comment passer sous le saule alors que Remus était en mutation et quand tu es entré dans le tunnel et que tu ne ressortais pas, j'ai vraiment paniqué. Je n'ose pas espérer que tu me pardonnes, car je pense que ce n'est pas possible mais si tu pouvais juste mettre ça de côté le temps de cette guerre, je t'en serais reconnaissant.
La voix de Sirius se brisa à la fin de sa phrase et finalement c'est lui qui baissa le regard face à celui de Severus qui au fur et à mesure des paroles de Black se durcissait. Il finit malgré tout par serrer la main de Sirius dans la sienne en lui disant :
-Je t'en veux oui, je sais que c'est une erreur de jeunesse mais tes explications sont un peu légères tu ne penses pas ? Tu me dis que tu t'excuses mais que tu ne sais pas vraiment pourquoi tu m'as dit ça tout en sachant que je risquais ma vie. Ça ne te parait pas bizarre ?
-Je ne sais pas, tu sais depuis que nous nous côtoyons à nouveau, je me suis posé de nombreuses fois la question mais je n'ai jamais eu de réponse. Et même à l'époque je m'étais déjà interrogé sans rien trouver.
-De toute façon ce n'est pas vraiment le sujet du jour. Interrompit Severus. Nous devrions plutôt revenir au Seigneur des Ténèbres car il ne nous reste plus beaucoup de temps et si tu veux vraiment reparler de la cinquième année ou même de Poudlard, ça sera pour une prochaine fois.
-Oui, oui tu as raison. Admit Sirius.
Les deux jeunes hommes reprirent chacun leur main tout en rougissant légèrement sans oser se regarder à nouveau. Sirius jeta un coup d'œil à sa montre et sursauta en voyant qu'il ne lui restait que vingt minutes avant de se rendre au Ministère. Il demanda à Severus de lui expliquer les intentions du Seigneur des Ténèbres.
-Je pense comme je te l'ai dit précédemment qu'il prépare une attaque plus grande pour prendre le Ministère, ça se voit, mais avant il doit isoler l'Angleterre et placer ses pions au gouvernement. Il devra forcément investir les postes clés. Il commencera en douceur pour que personne ne remarque rien. Expliqua Severus. Je pense aussi qu'il va vouloir mettre en route la prochaine génération. Plusieurs mariages ont déjà eu lieu et des enfants sont à attendre dans les prochaines années.
-Oh par Godric, il veut aussi enrôler les enfants ? S'exclama Sirius.
-Et bien il n'aura pas besoin de les enrôler si les parents éduquent leurs enfants en suivant les préceptes du maître. Imagine, des enfants tout jeunes déjà entraînés comme des adultes à combattre et tuer. Il vous serait très difficile de stopper des adolescents car ils pourront contaminer tout Poudlard lorsqu'ils y entreront pour leurs études. Vous n'aurez aucune chance s'il arrive à ses fins. Prévint Snape.
-Et ben, son plan est bien penser, dans les moindres détails. Mais c'est si inhumain. Ils ne leur laisseront même pas la liberté de leurs propres choix.
-Ça ne m'étonne pas que ce soit ça qui te révolte le plus. Plaisanta Severus. Mais il faudra bien dire à Dumbledore de faire attention aux élèves qui arriveront d'ici une dizaine d'années. Il risque d'avoir de plus en plus de difficultés en ce qui concerne les idéologies radicales des élèves. Il y aura encore plus d'écart entre les Griffondors et les Serpentards j'en ai bien peur.
-Oui je crois que sur ce point sensible, les choses mettront du temps à évoluer, voire ne changeront jamais. Regarde nous, on se battait comme des chiffonniers et il a fallu qu'on sorte de l'école pour qu'on arrive à bien s'entendre, et encore parce que la guerre nous talonne. J'ai l'impression que lorsqu'on rentre à Poudlard et qu'on est réparti, on est engagé dans une voie, on doit rentrer dans un moule et si on en sort, on est forcément la cible des autres. Exposa l'ex-Griffondor.
-C'est vrai que c'est difficile pour les enfants de s'imposer auprès des autres enfants car quand on est jeune, l'opinion des autres compte beaucoup pour nous au final. Mais nous nous éloignons du sujet principal. Si Voldemort souhaite anéantir le monde magique tel qu'on le connaît actuellement, sa méthode ne peut qu'être la bonne. Si personne ne l'arrête, d'ici une vingtaine d'années notre société sera à ses pieds et ses plus fidèles collaborateurs la dirigeront pour lui.
-Tu ne sais pas s'il a prévu d'avoir un héritier propre ? Interrogea l'animagus.
-Ça m'étonnerait beaucoup. Il n'en parle jamais, cependant il est vrai que ce n'est pas une hypothèse à rejeter complètement. Reste à savoir qui aurait assez de pouvoir et de grâce à ses yeux pour obtenir cet honneur. Severus prononça ce dernier mot avec tellement de dégoût que Sirius en eut un frisson.
-Je ne sais pas. Enfin, j'en parlerais à Dumbledore pour voir si nous pouvons essayer de le contrer avant qu'il ne commence à envahir le Ministère.
-Envahir le Ministère ?
-Enfin l'infiltrer en y plaçant ses propres hommes.
-Mais que crois-tu que fais Abraxas Malfoy quand il demande à parler avec le Ministre ? Demanda le jeune potionniste d'un air ébahi. Voldemort a déjà placé ses fidèles au sein du gouvernement et il n'attendra pas que vous soyez prêts. Il va frapper vite et fort ce qui vous laissera dans l'incapacité de répliquer. C'est ce qu'il a fait pour ses attaques et regardes, il vous en a fallu trois pour enfin prendre la menace au sérieux et pouvoir y répondre. Attaqua Severus.
-Hey ce n'est pas ma faute. S'exclama Sirius.
-Je n'ai pas dit que c'était de ta faute, je dis simplement que le gouvernement est très lent à réagir et il se croit invincible, ce qui est son plus grand tort. Il serait bien que vous essayiez de régler ce problème une fois que vous serez en fonction car les morts vont s'accumuler bien plus vite que vous ne le pensez, que ce soit du côté moldu ou sorcier.
La montre de Sirius sonna brusquement, interrompant la conversation des deux hommes et les faisant sursauter par la même occasion. Sirius n'avait plus que cinq minutes pour se rendre au bureau des aurors. Il mit fin au bruit en appuyant sur le côté de sa montre et s'excusa auprès de Severus pour la gêne. Il alla prendre sa veste, qu'il avait déposée la veille sur un des fauteuils du salon, Snape le suivant dans la pièce. Il se retourna vers l'ex-Serpentard et lui promit de le tenir au courant des avancées de l'Ordre. Ils se mirent d'accord pour se revoir dans la semaine et Sirius sortit enfin de la chambre, sûr d'être déjà en retard pour sa réunion.
Il transplana le plus vite possible devant les locaux du Ministère, entra et se dirigea vers les ascenseurs. Il eut de la chance car il arriva à entrer dans l'un d'eux qui descendait justement à son étage. Quand il frappa à la porte de son chef, il vit que la réunion n'avait pas encore démarré, il put donc se rendre jusqu'à son bureau où il sortit de l'armoire située juste derrière une robe d'apprenti-auror qu'il gardait là pour les jours où il ne pouvait pas rentrer chez lui. C'était un réflexe qu'on demandait aux apprentis d'adopter très vite car parfois lors des planques, les aurors revenaient pour être débriefés et n'avaient pas forcément le temps de rentrer. Il venait à peine de l'enfiler que James arriva, haletant et Sirius sourit en pensant qu'il n'était pas le seul à n'être jamais véritablement à l'heure. Son meilleur ami lui lança un regard entendu et l'animagus comprit qu'ils devraient avoir une petite discussion en privé. Comme attendu, la réunion s'éternisa et malheureusement elle n'aboutit sur rien de véritablement concret. Les aurors n'avaient pu arrêter le moindre attaquant adverse car ils avaient été en sous-effectif et ils ne comprenaient pas non plus la raison de l'attaque sur ce petit village, perdu en pleine campagne. La seule bonne nouvelle que retint Sirius fut qu'Angéline Cat n'avait pas pu être enlevée ou tuée par les Mangemorts car elle avait résisté et s'était battue jusqu'à ce que les aurors viennent lui prêter main forte, malgré qu'il soit déjà au courant grâce à Snape. Il était bien plus de midi quand leur chef les laissa partir et les deux amis se dirigèrent vers la cafétéria où ils prirent chacun un plateau déjà prêt. Ils s'installèrent à une table un peu à l'écart, d'une part car ils devaient parler en privé et d'autre part car ils avaient très mal à la tête en sortant de la réunion.
-Alors, on t'a laissé sortir sans problèmes hier ?
-Non je n'ai pu sortir que ce matin mais avant Dumbledore est venu me voir. Il est venu me remettre un portoloin qui nous conduira à la demeure des Webb ce soir. Il s'activera à 19 heures précise donc nous avons intérêt à avoir quitté les locaux du Ministère avant. Mais je pense que vu la matinée, nous n'avons pas grand-chose à craindre. Le bras de James était totalement remis et il ne portait plus d'écharpe.
-Oui. Approuva Sirius. Surtout si cet après-midi, on ne fait que la paperasse concernant hier comme l'a annoncé Watt ce matin. Je savais que les papiers administratifs étaient une part importante du travail d'un auror mais je ne pensais pas que c'était à ce point. Parfois j'ai l'impression qu'ils sont plus souvent dans leurs bureaux en train de remplir leurs formulaires pour respecter la loi que sur le terrain en train d'enquêter afin de capturer les criminels.
-Je pense que c'est parce qu'on est jeunes. Une fois qu'on connaitra bien les formulaires juridiques pour telle ou telle procédure, on ira plus vite. Mais effectivement cet après-midi s'annonce ennuyeux.
Et James n'eut absolument pas tort, pensa Sirius plusieurs heures plus tard alors qu'il étirait ses membres endoloris d'être restés dans la même position durant de longues minutes. Il regarda son camarade faire de même et esquissa un sourire victorieux quand il vit qu'il ne lui restait plus qu'un formulaire à remplir et il aurait fini son compte-rendu de l'attaque de la veille. Ils n'avaient fait que de la paperasse toute l'après-midi mais, pensa Sirius, cela vaut mieux de faire tout en une fois, plutôt que de traîner ça sur plusieurs jours. Leur chef vint les voir dix minutes plus tard et constatant que ses deux apprentis avaient fini leur corvée administrative il les laissa partir.
Les deux amis sortirent le plus rapidement possible du Ministère et avisant l'heure préférèrent se rendre dans un endroit abrité et isolé pour attendre le déclenchement du portoloin. Ils n'eurent pas à patienter longtemps car moins de cinq minutes après, le transport magique les emmena devant une belle demeure dont la façade s'était altérée -notamment à cause des ronces qui avaient proliférées le long des murs au fil du temps - mais elle gardait néanmoins un aspect noble. Sirius et James ne firent toutefois pas vraiment attention à l'allure de la maison, préférant rentrer tout de suite se mettre à l'abri de la fine pluie printanière qui tombait. Un elfe de maison leur ouvrit immédiatement la porte et les conduisit dans une immense pièce au rez-de-chaussée où se trouvait une grande table au bout de laquelle était assis Albus Dumbledore. Le vieil homme se leva à l'arrivée des deux jeunes hommes et leur souhaita la bienvenue.
-Alors comment s'est passé cette journée messieurs ?
-Disons que c'était plutôt ennuyeux. Répondit James. Les autres ne sont pas là ?
-Non je vous ai fait venir plus tôt pour parler des informations que notre espion nous a transmises, les autres ne viendront que dans une trentaine de minutes, ce qui nous laisse le temps d'analyser les dires de notre ami. Avez-vous pu avoir une conversation avec lui, Sirius ?
-Oui je l'ai vu ce matin et il semble très inquiet pour la suite. Il pense que Voldemort a commencé sa politique de terreur et de ce que nous voyons elle fonctionne plutôt bien jusqu'à présent. La non-intervention des aurors jusqu'à hier à écorner la confiance de la société sorcière envers les aurors. Ce qui est très mauvais pour le Ministère. Il pense également que le Seigneur des Ténèbres pourrait envisager d'infiltrer le gouvernement.
-Oui c'est ce à quoi je m'attendais aussi. J'avoue ne pas être très surpris par cette facette du plan de notre ennemi. Pour faire tomber la population sorcière sous sa coupe, contrôler le Ministère est une clause essentielle. Il va falloir redoubler de vigilance.
-Ce n'est pas tout Albus. Il m'a également fait part d'une information encore plus troublante et inquiétante. Je pense que c'est une grave menace sur l'avenir et si effectivement les plans du Seigneur des Ténèbres se déroulent sans anicroche nous aurons beaucoup de difficultés à préserver notre société.
-Qu'est-ce qu'il y a de si grave ? Demanda James, très surpris du ton et de l'inquiétude de Sirius.
-Notre espion pense que Voldemort place ses fidèles et noue des alliances par le biais des mariages. Il lui semble que son maître cherche à mettre en place une politique d'expansion idéologique par le mariage.
-Mais à quoi ça lui servirait ? Le ton de James indiquait clairement son incompréhension.
-Ne comprends-tu pas ? S'il contrôle les mariages, il pourra également contrôler les naissances et l'éducation de ces enfants. Et si ceux-ci vont à Poudlard, ils pourront contrôler dans une certaine mesure l'école, en enrôlant les autres enfants. Après tout ce n'est pas parce que ces enfants seront élevés par des mangemorts qu'ils vont forcément atterrir à Serpentard. D'autres pourraient tout aussi bien aller à Serdaigle ou Griffondor, comme moi, et dans ce cas-là avoir une influence sur leurs camarades de maison. Ils formeraient un réseau dans le réseau. Expliqua Sirius.
-Notre espion pense vraiment que Voldemort va mettre en place cette politique ? A-t-il de véritables indices ou est-ce juste une appréhension de sa part ? Demanda Dumbledore.
-Je dirais que pour l'instant c'est plus une appréhension mais en analysant les faits avec du recul, je me rends compte que c'est une possibilité à ne pas négliger.
-Effectivement, vu comme ça, on peut dire que le nouveau couple Malfoy, les Nott, les Lestranges feront forcément partis de son plan, mais aussi les Parkinson, les Crabe, les Goyle, les Greengrass, les Bulstrodes ainsi que d'autres familles de la bourgeoisie du Royaume-Uni.
-Et mon frère. Annonça Sirius d'une voix grave.
-Ton frère ? Questionna James.
-Oui, mon frère. D'ici la fin du mois, il aura fini les cours et rien en l'empêchera de rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres et celui-ci aura une famille de plus à sa botte. Et sans vouloir me vanter, en étant juste objectif du point de vue de la fortune et de l'influence sur les autres familles, mon frère apportera beaucoup à ce malade. S'emporta l'animagus. Et comme il aura fini les cours, mes parents vont sûrement commencer à chercher une bonne petite sang-pure à qui le marier pour qu'il ait un héritier digne de la famille Black et que je ne sois qu'un lointain souvenir. Après tout s'il venait à mourir sans héritier et que je sois toujours en vie, j'hériterais de tous les biens des Black malgré mon bannissement de la famille car ce dernier n'est pas magique mais seulement politique. Présenta l'ex-Griffondor.
-En effet, il est assez rare que les familles de sang-purs répudient leur enfant de cette manière. Mais en attendant, malgré a menace que représente cette possibilité, ce n'est justement qu'une possibilité pour l'instant. Je pense que nous pourrons revenir dessus si jamais nous voyons qu'elle prend des allures plus réelles dans le futur. Les autres membres de l'Ordre ne vont pas tarder, je vous propose de finir là si tu n'as pas d'autres informations à nous communiquer Sirius ? Interrogea le chef de l'Ordre du Phénix.
-Non, c'est tout ce que j'ai pour l'instant. Confirma le jeune homme.
Et à peine avait-il fini sa phrase qu'on frappa à la porte. Un flot de gens pénétra après avoir reçu le consentement de Dumbledore. Entrèrent alors dans la pièce : Minerva McGonagall, Arthur et Molly Wesley, Augusta Longdubat avec son fils et sa belle-fille, les professeurs Flitwick, Chourave et Sinistra, Hagrid, Jennifer Milis ainsi que Lily et Remus en plus d'Alastor Maugrey et des propriétaires de la demeure. Sirius et James ne reconnurent pas tout le monde et une quinzaine de membres en plus s'ajoutèrent à la liste des personnes qu'ils connaissaient.
Sirius n'écouta pas vraiment la réunion car elle reprenait beaucoup d'informations qu'il avait déjà entendues soit au Ministère pendant sa première réunion, le matin même, soit qu'il venait de transmettre au directeur de Poudlard. Ce dernier fit part de la possible politique de propagande concernant les enfants de ces partisans de l'ennemi aux membres de l'Ordre car même si la menace n'était pas encore tangible, sa réussite serait désastreuse pour l'ensemble de la communauté magique.
Finalement la réunion prit fin d'une demi-heure plus tard et elle laissa Sirius complètement épuisé. Lorsqu'il sortit de la salle, il rejoignit Lily et Remus. Ils virent bien l'air fatigué de l'animagus et Lily l'informa qu'elle faisait un repas le lendemain soir chez elle et James où elle le conviait tout naturellement. Sirius lui fit un grand sourire car il comprit qu'elle lui donnait la possibilité de partir sans attendre James qui parlait avec ses parents. Il embrassa rapidement son amie, donna une accolade au loup-garou et sortit de la maison pour transplaner directement chez lui.
Voilà c'est la fin du chapitre, j'espère vraiment qu'il vous a plu, pour l'instant c'est le préféré de ma bêta, donc je peux vous assurer que je ne suis pas peu fière de moi étant donné qu'elle est très exigeante aussi ce qui est une super qualité, de mon point de vue, car elle me permet de m'améliorer chaque jour d'avantage, alors merci, merci beaucoup Westyversionfrench !
Je vais essayer de publier un autre chapitre Dimanche 19 Janvier mais comme je dois préparer un exposé pour Lundi 20, je ne suis absolument pas sûre
d'y arriver :( Je vous tiendrai au courant quoi qu'il arrive par me profil :]
