Vous l'avez longuement attendu, vous en avez eu un très bref aperçu au Hueco Mundo, le voici, le voilà…

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Domaine de l'Olympe, village de Forestedge

- Bankai.

Malgré le naturel renforcement spirituel du gigantesque tronc d'arbre, toute la pièce trembla, comme si un géant – ou un titan – venait brusquement d'y donner un coup de pied d'une violence inouïe. A l'extérieur, tout le monde sentit la secousse, à l'exception des Shinigamis et des Vaizards qui, bien qu'étant plus proches, étaient eux aussi enfermé dans une autre zone bien isolée.

Malgré le fait qu'il s'était attendu et préparé à quelque chose dans le genre – encore une fois ayant été prévenu à l'avance par Yoruichi –, Shunsui ne parvint pas à conserver son équilibre et dut reculer en titubant.

- Kakutô Kitsuko ômikami !

Littéralement, « Kitsuko, la grande déesse des Combats ».

Shunsui était conscient de n'être que le second à voir le Bankai de Tatsuki mais il n'en voulait pas à Yoruichi de ne pas lui avoir expliqué d'avantage à quoi se préparer. Il avait déjà vu des dizaines de Bankai différents durant sa vie, et observé leurs pouvoirs uniques en leur genre. Généralement, les Bankai étaient énormes ou affectaient des zones très grandes, mais leurs pouvoirs étaient assez facilement identifiables et donc ne nécessitaient guère de « recherche » pour comprendre comment les contrer.

En cela, il savait que les Bankai les plus dangereux étaient les plus petits, ceux qui avaient des pouvoirs beaucoup plus spéciaux que les autres, ou qui développaient un talent général à un niveau carrément surhumain. Ichigo faisait partie de cette catégorie, son Bankai le rendant tellement rapide qu'il n'était plus qu'un fantôme pour la plupart de ses ennemis. Et le Bankai de Tatsuki semblait suivre cette règle elle aussi.

Son épée avait disparu mais, à la place, elle avait acquis de grands gantelets et des brassards remontant jusqu'au dessous de son coude à mi-bras, de larges épaulières stylisées et d'épaisses jambières de métal remontant jusqu'à mi-cuisse, le tout d'un vert sombre et brillant, et complètement recouvert de gravures étranges et de dessins. Son shihakusho semblait avoir fusionné avec ces nouveaux attributs et s'être transformé en une forme de tissu plus lourd mais gardant néanmoins toute sa souplesse. Sa ceinture était devenue plus large et fermée par une boucle centrale avec un motif ouvragé, et deux rouleaux y étaient fixés sur les côtés, rangés dans des étuis circulaires. Enfin une fine couronne de métal vert sombre elle aussi encerclait sa tête, juste au niveau de son front et apparemment purement décorative car elle était bien trop petite pour la protéger d'un coup ou même pour vraiment retenir ses cheveux, qui étaient pourtant déjà relativement courts.

Mais ce qui le surprit le plus étaient les yeux de Tatsuki, devenus jaunes lumineux, surchargés de reiatsu et maintenant totalement dénués de pupille. Des yeux totalement inhumains. Et il n'y avait plus la moindre trace d'hésitation, de réticence ou d'appréhension dans sa posture, son reiatsu titanesque ou son expression. Rien qu'une froide détermination et une incroyable soif… de pouvoir et de combat.

Shunsui se mit en garde, son expression devenant plus sérieuse.

- Hmmm… Joli Bankai, du moins en terme de reiatsu. Voyons ce dont il est capable, marmonna-t-il plus pour lui-même.

Le surprenant à nouveau, Tatsuki quitta sa posture de garde et remua des bras et des jambes, bougeant ses doigts et roulant des épaules, comme si elle s'ajustait à sa nouvelle forme. Il vit clairement que les pièces d'armure n'entravaient absolument pas ses mouvements. Pire même, à voir la manière dont elle avait d'ouvrir et de serrer ses mains, il avait vraiment l'impression que l'armure était devenue telle une seconde peau pour elle. Son regard semblait avoir quitté Kyouraku, car elle avait la tête baissée vers le bas, s'inspectant comme si elle cherchait un défaut, ou comme si elle découvrait pour la première fois sa nouvelle apparence.

- Quitter des yeux son ennemi n'est pas conseillé lors d'un combat à mort, Arisawa-san, prévint-il.

- Pourtant vous n'avez pas bougé d'un iota pour profiter de notre apparente posture désinvolte. Très chevaleresque de votre part, Kyouraku-Taichou, lui répondit-elle.

Il écarquilla légèrement les yeux de surprise – à nouveau – en l'entendant, car la voix de la jeune femme était déformée, comme si deux ou trois personnes parlaient exactement en même temps, lui donnant une sorte d'écho anormal et dérangeant. Une voix différente aussi de celle que prenait les Vaizards lorsqu'ils utilisaient leur masque.

Et ce « notre »…

- Deux cimeterres. Des armes plus lourdes que la normale, qu'en bien même l'un semble plus petit que l'autre, donc plus léger… A votre posture, vous êtes totalement ambidextre… et en 800 ans vous avez dû avoir le temps de peaufiner une bonne centaine de techniques ou de tours de passe-passe pour tromper vos ennemis avec votre style, commenta la jeune femme toujours sans le regarder.

Tout en lui parlant, elle fixait toujours, avec apparemment toute son attention, sa main droite levée devant elle, main dont elle ouvrait et refermait les doigts lentement et chacun leur tour, comme si elle testait leur mobilité. A la fois dérangé par sa voix et son attitude, il orienta subtilement l'index de sa main droite vers elle et concentra son reiatsu.

- Hadô N°4 : Byakurai.

Le trait mortel de reiatsu concentré fila vers Tatsuki qui se contenta de lever rapidement sa main gauche pour l'intercepter en lui donnant une chiquenaude d'un revers, le déviant vers le plafond avec une aisance impressionnante, compte tenu de la quantité de reiatsu qu'il avait concentré dedans.

- Une attaque franchement téléphonée, Capitaine, commenta-t-elle simplement.

- Juste destinée à attirer d'avantage votre attention. Vous me dites chevaleresque, mais votre comportement n'est pas très digne d'une… Pardon, j'allais dire Lady mais vous n'avez jamais prétendu en être une, et cette description irait mieux à Kuchiki-Taichou.

Bien qu'elle ne semblait toujours pas le regarder, elle esquissa néanmoins un sourire mystérieux et rabaissa lentement sa main, semblant avoir fini de l'ausculter.

- Alors nous ne sommes pas une Lady d'après vous, Capitaine ? Nous vous trouvons offensant.

Se demandant toujours pourquoi Tatsuki parlait d'elle-même au pluriel, il la vit poser sa main sur le rouleau accroché à sa hanche droite. D'un geste ample, elle le déroula sans même le retirer de son logement et le ruban de papier d'une vingtaine de centimètre de large serpenta dans l'air devant elle. Elle passa sa main gauche dessus en relâchant un peu de reiatsu et deux katanas dans leurs fourreaux apparurent dans l'air devant elle. Et tandis qu'elle s'en emparait avant qu'ils tombent au sol, le rouleau se rembobina tout seul dans un sifflement suivi d'un claquement lorsqu'il se scella à nouveau.

- Allons, Capitaine, accordez-nous cette danse, voulez-vous ? Et nous essaierons de vous convaincre de nous traiter telle une lady… voire même plus encore.

Les deux armes tournoyèrent autour d'elle entre ses mains et les fourreaux se fixèrent dans son dos, une sur chaque épaulière apparemment. Puis dans le même mouvement, les deux lames jaillirent à l'air libre dans deux gerbes d'étincelles. Rien qu'à ces derniers mouvements, Shunsui sut qu'il n'avait pas affaire à une amatrice… mais pas encore à une maîtresse dans leur maniement non plus. Pourtant un curieux frisson d'appréhension lui parcourut le dos lorsqu'elle s'approcha souplement, les lourdes bottes de métal – sans talon rehaussé – s'enfonçant légèrement dans le sable de l'arène.

Les deux adversaires se jetèrent à l'assaut en même temps, un sourire apparemment identique sur leurs lèvres. Leurs lames se croisèrent et dérapèrent les unes contre les autres dans une pluie d'étincelles et dans une danse presque chorégraphiée, cimeterres contre katanas. Ils se croisèrent sans parvenir à percer la défense de l'autre et Tatsuki dérapa en se retournant avant de bondir par-dessus Shunsui, se retrouvant momentanément la tête en bas. En réponse, il pivota comme une toupie sur sa jambe droite et dessina des arabesques mortelles avec ses deux lames mais elle dévia chaque coup comme s'ils étaient au ralenti et d'une torsion des jambes elle orienta sa chute pour atterrir souplement juste derrière lui, à moins de deux mètres seulement. Les deux Katanas sabrèrent en croix l'instant suivant là où Kyouraku se tenait encore une seconde plus tôt mais celui-ci s'était déjà éloigné d'un Shunpo parfaitement exécuté. Mais avant qu'elle ne puisse se lancer à sa poursuite, il était de nouveau au corps à corps avec elle, frappant d'un coup de taille en mobilisant une grande partie de sa force, un coup qu'elle décida cette fois de bloquer plutôt que de dévier et il écarquilla des yeux lorsqu'il se rendit compte que la force qu'il avait mise dans cette attaque n'avait pas suffit à établir sa domination sur le plan physique.

Et c'est alors qu'il encaissa un coup de pied en pleine poitrine.

L'impact de la botte renforcée chassa tout l'air de ses poumons et le repoussa en arrière. Des centaines d'années d'expérience lui permirent d'amortir les dégâts en accompagnant instinctivement l'impact et il dérapa sur le sable sans jamais perdre Tatsuki des yeux. Mais elle ne poursuivit pas son avantage, se contentant de lui adresser un petit sourire satisfait.

- Il me semblait que vous vouliez nous tuer, Kyouraku-Taichou ? Et que cela serait sous la forme d'une exécution. Mais depuis la libération de notre Bankai vos attaques semblent manquer de pulsions meurtrières à nos yeux et vous ne devriez pas perdre de temps à vouloir tester nos capacités.

- Haaa… Qu'y puis-je ? Je me considère comme un gentleman, je ne peux donc guère me montrer réellement brutal envers une femme. Et puis, je suis intéressé par votre Bankai, Yoruichi-dono m'en a peu parlé mais suffisamment pour attiser ma curiosité.

- Cette femme mérite donc que nous lui rappelions sa place, grommela Tatsuki en fronçant des sourcils de mécontentement. Quoi qu'il en soit, sachez que nous n'avons encore rien dévoilé du tout des pouvoirs de notre Bankai.

- Vraiment ? Pas même ce petit tour de magie avec votre rouleau pour faire sortir vos deux épées ? Ces katanas ont supporté les coups de mon Zanpakuto et semblent pourtant encore en parfait état, il ne peut donc s'agir de vulgaires…

- Ces katanas sont de simples Asauchis que nous avons collecté à l'Académie, répondit Tatsuki en secouant négativement la tête. Ils n'ont aucun pouvoir, ce ne sont vraiment QUE de simples lames. Un peu plus résistantes que les autres, certes, mais sans plus. Et il en est de même pour les 46 autres Asauchis contenues dans notre rouleau de droite. En essence, pour dire la vérité, nous ne vous avons même pas encore montré le moindre réel pouvoir, même seulement lié à notre Shikai.

- … Ho. En clair, il va me falloir être un peu plus sérieux, c'est ça ?

- C'est vous qui voyez, Kyouraku-Taichou. Pour notre part, tout ceci n'est qu'un agréable divertissement et un excellent entrainement. Vous êtes notre premier adversaire contre qui nous avons dû libérer notre Bankai et nous sommes conscientes d'avoir énormément à apprendre de vous, Taichou. Mais cela ne change rien au fait que vous ne sortirez pas de cette pièce vivant, nous en avons bien peur.

Kyouraku garda le silence après cette petite déclaration et Tatsuki se remit à s'approcher, tenant ses deux armes sur le côté à bout de bras.

- Continuons, Capitaine. Nous avons déjà beaucoup appris durant le premier round et nous avons hâte d'en apprendre d'avantage.

Tatsuki bondit à nouveau vers lui, semblant mettre d'avantage de reiatsu dans ses mouvements, accélérant sa vitesse et augmentant sa puissance de frappe. Et Kyouraku ne put faire autrement que répondre de même, mais son esprit restait partiellement déconcentré par la façon curieuse qu'elle avait de parler, tant par le son de sa voix que par sa manière.

Plus féroce que le premier round, les quatre lames s'entrechoquaient furieusement dans l'air lourdement chargé de reiatsu et d'étincelles. Kyouraku augmenta la pression et Tatsuki y répondit de la même manière, tournoyant et bondissant sans cesse autour de lui, le forçant à se réorienter presque à chaque instant. Plus long, plus âpre, il eut la surprise de commencer à ressentir une sueur froide couler dans son dos, et il commença à piocher généreusement dans son répertoire de bottes d'arme, essayant réellement de blesser son adversaire.

- Il est maintenant clair à nos yeux que toutes vos menaces n'étaient qu'une mise en scène, Taichou, signala Tatsuki d'une voix calme, pas même essoufflée.

Manier deux armes pendant plus de trois minutes dans un duel aussi furieux, à parer, esquiver, dévier et porter des coups était physiquement épuisant, et l'endurance qu'elle démontrait à cette discipline sidéra alors Kyouraku car elle aurait déjà dû au moins montrer quelques signes de fatigue. Mais rien. Pire encore, elle continuait à augmenter graduellement sa force et la vitesse de ses coups. Et sa technique s'améliorait en temps réel à une vitesse proprement hallucinante.

- Disons que je suis agréablement surpris par votre connaissance dans cette discipline. Le maniement des deux sabres n'est pas une technique à la portée de tous.

- … Nous voyons.

Soudainement, Tatsuki se désengagea, repoussant l'un des cimeterres avec plus de force que nécessaire et se servant du recul pour bondir souplement hors de portée… et elle disparut alors de son champ de vision. Surpris, il se concentra automatiquement et immédiatement sur sa perception extrasensorielle et sentit son reiatsu derrière lui, lourdement chargé de pulsions meurtrières. Il pivota furieusement en réorientant son arme rapide pour bloquer toute attaque mais le pied de Tatsuki percuta violemment son poignet, manquant de peu de le désarmer et l'empêchant de parer la lame qui perça son haori et son Shihakusho pour s'enfoncer dans son dos.

L'instant suivant, il était à dix mètres d'elle, un sentiment d'incrédulité l'envahissant et repoussant la brève peur de perdre sa vie. Tatsuki n'avait pas bougé et releva doucement la pointe de son épée droite devant ses yeux, notant le sang qui s'y trouvait.

- Le premier sang semble pour nous, Kyouraku-Taichou. Votre peau et vos muscles sont un peu plus durs que nous le pensions…

Shunsui se concentra brièvement sur sa blessure et se rendit compte qu'elle avait bien failli lui trancher la colonne vertébrale ! Sa lame n'avait eu le temps de s'enfoncer que de quelques millimètres seulement mais il était indéniable qu'elle avait visé sa moelle épinière… et que lui ne l'avait pas encore touché, elle.

- Être un gentleman n'a rien à voir dans un combat à mort, Taichou. Ce n'est même rien d'autre qu'une faiblesse que nous venons d'exploiter.

Kyouraku redressa ses deux épées et se concentra d'avantage, augmentant son reiatsu et se préparant à se battre pour de bon, mais Tatsuki soupira et secoua négativement la tête.

- Vous avez vraiment la tête dure. Serait-ce à cause de notre apparence ? Ne serions-nous pas assez menaçante ou dangereuse à vos yeux ? Vous ne dégagez toujours pas assez de volonté de meurtre et vous ne nous prenez toujours pas au sérieux. Quelle perte de temps.

Lentement, elle rengaina ses deux épées dans son dos, les glissant dans leurs fourreaux avec aisance, puis elle s'approcha de lui dans une démarche menaçante. Puis elle disparut de nouveau mais cette fois Kyouraku était prêt.

Sentant sa présence réapparaitre juste devant lui en Shunpo, il frappa des deux lames mais, avant qu'elles puissent l'atteindre, Tatsuki lui bloqua les deux poignets avec ses mains. Kyouraku voulut alors lever une jambe pour la frapper, elle posa son pied sur le sien et le rabaissa violemment au sol, l'écrasant sous sa botte, l'impact provoquant même un violent tremblement dans le sol sur toute la surface de l'arène ou presque. Et il retint de justesse un juron de douleur à cause de son pied écrasé. Tatsuki lui adressa alors un rapide petit sourire sadique… avant de lui donner un coup de tête en pleine poitrine !

L'impact coupa le souffle du capitaine qui crut avoir reçu non pas une tête mais un véritable boulet de canon en plein sternum. D'autant plus qu'elle n'en resta pas là. Bondissant en prenant appui sur son pied gauche, elle envoya son genoux droit renforcé par son armure dans son menton, le faisant littéralement décoller du sol. Et elle termina son assaut en détendant violemment sa jambe droite juste après, sa botte allant frapper la gorge maintenant découverte du capitaine.

A la fois complètement surpris par sa technique, sa violence et sa rapidité d'exécution, Kyouraku lâcha complètement la bride de son pouvoir, son instinct de survie et son expérience prenant le dessus sur le reste. Tatsuki ayant lâché ses mains juste avant de lui porter son coup de pied à la gorge, ses bras envoyèrent ses cimeterres cisailler l'air devant lui tandis qu'il exulta son reiatsu par tous les pores de sa peau. Ses lames ne rencontrèrent que du vide car Tatsuki s'était rabaissée pratiquement au niveau du sol, glissant sur le sable avec une fluidité surnaturelle. Sentant une nouvelle attaque venir vers son flanc gauche, il inversa la course de son bras mais elle le bloqua au niveau du coude d'une main et enfonça son poing dans ses côtes flottantes. Une fois encore, ce fut comme s'il avait reçut un énorme boulet de canon et son corps se tordit en deux à l'impact.

Incapable de pousser le rugissement de douleur et de colère qu'il voulait – à cause de son souffle coupé, de ses poumons vides et de sa gorge broyée – il pivota néanmoins en accompagnant le coup et porta un coup de pied vers le visage de la jeune femme… mais celle-ci bloqua facilement la jambe et poussa en avant avec elle, le projetant à terre. Et tandis qu'elle le retenait toujours, il sentit son autre main se poser sur son pied et il banda sa volonté en se préparant au pire.

Crac ! D'une simple torsion, elle lui brisa la cheville, tournant son pied à 90° sur son articulation d'un geste sec. Puis elle le lâcha et sauta en arrière, évitant tranquillement le fouetté de l'autre pied en retour.

- Belle résistance à la douleur, et quelle endurance ! Commenta-t-elle. Notre coup de poing dans votre flanc gauche visait votre cœur. Sans tout le reiatsu que vous avez dégagé, nous vous aurions tué sur le coup. Avez-vous encore des doutes quant à notre volonté de vous tuer, Kyouraku-Taichou ? Ou quant à notre capacité à le faire ? Pensez-vous toujours avoir un avantage sur nous, que ce soit en terme physique ou technique ? … Ha, pardon. Nous vous posons des questions mais vous ne pouvez pas encore y répondre. Arrivez-vous encore à respirer un peu ? C'était l'une des questions que nous nous posions au départ, lorsque nous sommes devenus Shinigami : puisque nous ne sommes plus qu'âme, que nous n'avons plus de corps physique, pourquoi avons-nous encore besoin de boire, de manger et de respirer ?

Kyouraku se redressa péniblement sur un coude, se massant la gorge d'une main, parvenant à laisser passer l'oxygène dans sa trachée douloureuse, le tout sans quitter des yeux la jeune femme à quelques mètres de lui. Il était maintenant conscient de l'avoir gravement sous-estimé, Yoruichi l'avait pourtant bien prévenu que les techniques de combat au corps à corps de Tatsuki étaient purement horribles, si terribles et puissantes qu'elle pouvait vaincre pratiquement n'importe qui ayant un corps humain. Contre elle, le corps à corps était interdit, tout simplement.

Mais il y avait maintenant un petit lot de mystères qu'il voulait résoudre, à commencer par la réelle identité de la jeune femme qu'il avait en face de lui. Car depuis qu'elle avait libéré son Bankai, Tatsuki n'était plus vraiment Tatsuki. Il émanait d'une une soif inextinguible de combat, une volonté brutale et sans pitié à rechercher l'affrontement et un reiatsu à la fois furieux et titanesque à des lustres des sensations habituelles que dégageait le reiatsu de la jeune femme.

- Allez, debout, Kyouraku-Taichou, continua-t-elle avec impatience. Vous avez encore tellement de choses à nous apprendre ! Maintenant que nous savons que vous allez nous prendre au sérieux, nous espérons que vous allez nous dévoiler les pouvoirs de votre Shikai ! Ho, et de votre Bankai aussi ! En fait, surtout votre Bankai. Vous voyez, nous en avons besoin pour la suite.

- … Besoin ? Parvint-il à demander d'une voix presque atone et déformée à cause de sa gorge.

- Bien sûr ! Pour l'instant, nous n'avons réussi à copier que l'apparence de votre Zanpakuto, regardez.

D'un geste fluide, elle dégaina les deux sabres accrochés dans son dos et les chargea de reiatsu.

- Hana kaze midarete, Kashin naki. Tenpuu midarete, Tenma warau… Katen Kyôkotsu !

Elle croisa les deux lames comme Kyouraku l'avait fait et ses deux sabres devinrent de parfaites copies des deux Zanpakutos du capitaine de la 8ème Division, dont le regard s'écarquilla d'un mélange d'horreur, d'indignation et de colère. Un mélange qui sembla lui faire oublier sa douleur et ses blessures. Car il sentait clairement le reiatsu qui se dégageait des deux armes et c'était sans nul doute possible le sien.

- Alors, c'est donc là l'un des pouvoirs de votre Bankai… Vous… Vous copiez, et il cracha presque ce mot avec dégoût, les pouvoirs de vos adversaires…

- De notre Bankai ? Grands Dieux, non ! S'offusqua Tatsuki. Ceci n'est qu'une technique que nous avons récemment découverte, une simple petite extension des pouvoirs de notre Shikai. Voyez-vous, Kyouraku-Taichou, l'une de nos principales capacités de base est de vampiriser le reiatsu de tout ce qui nous entoure… et tout particulièrement celui de nos ennemis qui entrent en contact avec nous, que ce soit par contacts interposés entre nos lames, précisa-t-elle en désignant sa Katen Kyôkotsu avec celle de sa main droite, ou par contacts directs entre nos corps même, continua-t-elle en faisant bouger ses doigts et son pied gauche. Nous avons découvert que nous gardions en nous certains traits propres au reiatsu des individus que nous touchions. Avec Ichigo, par exemple, nous devenions naturellement plus rapide et plus forte, sans même nous en rendre compte au départ… et avec Rukia, notre reiatsu devenait froid, presque capable de geler de l'eau après un contact prolongé… alors que le but de cette absorption, à l'origine, n'était que d'augmenter nos réserves de reiatsu ou de les recharger en cours de combat.

Tatsuki planta sa lame de droite dans le sable devant elle et désigna sa poitrine.

- Lorsque nous avons appris le Bankai, cette capacité de vampirisation n'a pas vraiment augmenté en terme de quantité mais surtout en qualité, nous permettant mieux encore d'apprécier et de stocker ces « capacités ». Enfin, le pouvoir de base de notre Shikai est de pouvoir s'adapter à n'importe quelle circonstance et d'adopter la forme la mieux adaptée pour nous aider à combattre nos ennemis. En clair, Kitsuko peut être une épée ou un marteau ou une hache ou une lance, voire même un bouclier. Et nous avons découvert durant notre entrainement que nous pouvions restituer une partie des capacités du reiatsu que nous avions vampirisé directement dans ses formes différentes. Hélas, nous ne gardions pas longtemps ses pouvoirs que nous avions acquis, ils se faisaient lentement effacer par notre propre reiatsu. Pourtant, une fois, un jour où nous avons essayé un asauchi à l'Académie car nous avions oublié Kitsuko dans notre chambre, nous sommes parvenues à transférer une partie du reiatsu d'Ichigo que nous avions encore en nous dans la lame de ce sabre. Le Zanpakuto est alors devenu lourd et il a gagné en taille et en masse. Pas grand-chose en fait, à peine un kilo de plus environ la première fois. Mais après avoir réitéré l'opération une petite dizaine de fois…

Tatsuki posa sa main sur le rouleau de sa hanche gauche et tira sur une languette d'un coup sec, faisant virevolter le ruban de papier. Elle passa sa main libre devant en relâchant brièvement sur reiatsu et un sabre apparut dans sa main. Un sabre, ou plutôt une énorme lame sans la moindre garde, longue de presque 1 mètre 30, et que Kyouraku reconnut immédiatement. Zangetsu, le Zanpakuto d'Ichigo.

- Voici le résultat, annonça-t-elle fièrement. Ho nous vous rassurons, ce n'est pas le vrai Zangetsu et il ne contient qu'une infime partie de ses pouvoirs. En revanche, si nous l'alimentons également avec notre reiatsu…

Tatsuki leva l'énorme croc au dessus d'elle et Kyouraku sentit son énergie spirituelle s'accumuler dedans, répondant à son appel.

- Getsuga Tenshou.

Elle l'abaissa d'un geste brusque, visant le capitaine sans la moindre hésitation, et il vit l'énorme croissant de destruction pure filer vers lui dans un grondement furieux, tranchant le sable sur son passage. Kyouraku se jeta sur le côté sans attendre et la vague verticale le frôla en rugissant avant de continuer son chemin jusqu'à percuter le mur du fond de l'arène, laissant une grande tranchée derrière son passage.

- Impressionnant, n'est-ce pas ? Après avoir découvert notre Bankai, nous avons compris que nous pouvions, grâce à ces capacités, nous confectionner une petite collection d'armes très particulières. En absorbant les reiatsus de nos ennemis et en les réinjectant dans de simples Asauchis, nous allons nous constitué une collection unique de Zanpakutos. Et ce, toujours afin de pouvoir choisir l'arme la mieux adaptée en fonction de la situation donnée ou de l'ennemi rencontré.

Tatsuki tira à nouveau sur le rouleau de gauche et posa la lame de sa copie de Zangetsu dessus et l'arme retourna dans le rouleau.

- Mais encore une fois, Kyouraku-Taichou, n'allez surtout pas croire qu'il s'agit là du pouvoir de notre Bankai. Ceci n'est qu'un outil bien pratique issu des pouvoirs de notre Shikai, rendu un peu plus puissant grâce au Bankai, certes, mais c'est tout, continua-t-elle tandis que le rouleau se rembobina seul, une fois de plus.

- … Je comprends. Plus le combat est long, plus vous vous appropriez de reiatsu et de qualité dans la copie du Zanpakuto de votre adversaire. Mais cela ne signifie pas pour autant que vous saurez le maîtriser, que ce soit sa forme ou ses pouvoirs.

- Tout à fait exact. Mais nous sommes une Shinigami désormais, ce qui veut dire que nous avons le temps devant nous pour nous entrainer avec. Et nous ne comptons pas copier tous les Zanpakutos que nous croiserons, rassurez-vous. Mais le vôtre, précisa-t-elle avec un sourire, il nous intéresse. On dit que chaque Zanpakuto est unique en son genre mais le votre est très spécial, nous l'avons tout de suite compris. Vous ne pouvez donc guère nous en vouloir d'en faire une copie pour notre usage personnel.

- Au contraire, je vous en veux maintenant, j'en ai bien peur. Je déteste le vol, voyez-vous, déclara-t-il avec une voix polie mais lourde de colère.

Tatsuki soupira puis haussa les épaules.

- Quel intérêt puisque vous allez mourir ? Si vous ne voulez pas que nous nous approprions vos pouvoirs, alors il ne fallait pas chercher à vous battre contre nous. Libre à vous de nous montrer vos capacités pour que nous en apprenions d'avantage… ou de laisser tomber. Mais l'un comme l'autre, vous mourrez au final. Un dernier point, cependant.

Elle braqua sa copie de Katen Kyôkotsu vers lui et continua :

- Si nous vous transperçons de part en part avec elles, sachez qu'elles absorberont à la fois votre vie mais également la moindre parcelle restante de votre reiatsu… Nous ne connaitrons donc pas vos pouvoirs, c'est vrai, mais ils seront quand même « stockés » en elles, quelque part. Et avec le temps, nous sommes sûres de parvenir à apprendre à nous en servir, même sans votre aide.

Kyouraku se redressa péniblement, s'aidant de ses cimeterres pour ne pas forcer sur son pied blessé. Il commençait à mieux cerner son adversaire et ses pouvoirs, et cela le terrifiait. Parce que s'il avait raison, alors elle était bien plus dangereuse que tout ce qu'il avait pu imaginer, peut-être même dangereuse pour tout le monde.

- Ce pouvoir d'absorption et de copie… Ce n'est pas une capacité commune. Vampiriser le reiatsu des autres et s'approprier leurs pouvoirs… c'est une capacité… assez bien connue chez nos ennemis de base, maintenant que j'y réfléchis… avant qu'ils ne découvrent par eux-mêmes leurs propres pouvoirs particuliers, comprit-il alors tandis que ses propres paroles prononcées à voix haute et lente le mirent sur le chemin de la vérité.

Et c'est avec un mélange d'horreur et de surprise qu'il comprit.

- C'est… C'est un pouvoir Hollow, lâcha-t-il dans un souffle.

Tatsuki eut un grand sourire en guise de réponse et hocha affirmativement la tête.

- Je vous avais bien dit que cela n'avait rien à voir avec notre Bankai, n'est-ce pas, Kyouraku-Taichou ? Confirma-t-elle avec un plaisir évident. Effectivement, cette capacité, c'est grâce à notre Hollow que nous l'avons développé. Et oui… Nous avons déjà soumise notre Hollow. En fait, il serait même plus exact de dire que nous, Tatsuki, Kitsuko et Kotsuta – le nom que nous avons donné à notre Hollow –, nous ne faisons déjà plus qu'une seule et même entité.

Et en guise de preuve, elle chargea son reiatsu de pulsion instinctive et Kyouraku ressentit maintenant très clairement le côté Hollow de ses pouvoirs se manifester, mélangé avec ses pouvoirs de Shinigami, sa pression oppressante s'écrasant sur lui et sur toute l'arène.

- Alors vous êtes déjà… une Vaizard.

- … Non, déclara-t-elle en secouant négativement la tête, son sourire disparaissant. Nous ne sommes pas une Vaizard, ou du moins nous ne nous considérons pas comme telle. Les Vaizards sont des âmes dont la raison a vaincu leur instinct et qui ont ensuite appris à contrôler les pouvoirs de leur Hollow. Donc, plus littéralement, des Shinigamis ayant appris le Bankai puis qui ont affronté et vaincu leur Hollow en duel mental, ou quelque chose dans le genre. Nous, nous n'avons jamais eu de conflit de ce genre. Ou plutôt, pour être tout à fait exacte, Tatsuki a soumise, à elle seule, Kitsuko – sa raison – et Kotsuta – son instinct – en même temps. La raison n'a donc jamais affronté l'instinct comme chez les Vaizards, ni le contraire comme chez les Arrancars. Faute d'autres explications ou de cas semblable, nous nous considérons comme unique en notre genre, pour le moment. Et maintenant vous comprenez surement pourquoi la libération de mon Bankai est si impressionnante qu'elle en a fait trembler les murs.

- Parce que vous ne libérez pas que votre Bankai mais aussi vos pouvoirs de Hollow, en même temps. Et cela explique aussi votre voix, votre manière de parler et votre changement de mentalité. Je comprends maintenant que je ne parle plus seulement à Arisawa Tatsuki mais aussi en même temps à l'esprit de son Zanpakuto et à son Hollow, toutes les trois fusionnées en une seule et même entité.

- Veuillez ne pas parler de nous comme des possessions de Tatsuki, nous sommes chacune des entités uniques et pensantes, des êtres à part entières, pas de vulgaires objets ou possessions.

- Toutes mes excuses pour mon abus de langage, une déformation « professionnelle » en tant que pur Shinigami, je vous assure, fit-il avec politesse.

- Excuses acceptées, à condition que vous nous montriez les pouvoirs de votre Shikai et de votre Bankai, ajouta-t-elle avec un sourire ironique.

- Pour que vous puissiez les copier à leurs tours ? Pas question, j'en ai bien peur. Mais rassurez-vous, j'ai d'autres cordes à mon arc. Ce n'est pas la première fois que je dois me battre sans pouvoir utiliser les pouvoirs de mon Zanpakuto.

- Avec une cheville en miette, la gorge à moitié broyée, des côtes en morceau et une contusion ? Vous avez déjà du mal à respirer. Un seul coup de poing en pleine poitrine et votre sternum, qui est déjà fendu depuis notre coup de tête, se brisera comme du verre.

Tatsuki haussa les épaules, reprenant sa copie de Katen Kyôkotsu qu'elle avait laissé planté dans le sol devant elle.

- Nous savons tous les deux que le but de ce combat arrangé était de nous pousser à tuer quelqu'un, à commettre un meurtre, à ôter une vie de nos propres mains. Tatsuki hésitera probablement toujours à donner la mort, probablement même durant toute sa vie, mais nous savons qu'il en est de même pour Ichigo et Orihime. Ishida et Chad n'ont pas ce genre d'hésitation, eux, en revanche. Lorsque quelque chose doit être fait, ils le font, point à la ligne. Et maintenant que vous connaissez ma « particularité », vous savez que nous n'avons pas ce genre d'hésitation non plus.

- Permettez-moi d'en douter. Vous parlez beaucoup mais vous n'agissez pas. Vous n'avez encore JAMAIS pris une vie, sous cette forme ou sous une autre.

Tatsuki le regarda en inclinant la tête sur le côté, réfléchissant à ce qu'il venait de dire.

- Et vous n'avez pas tort sur ce point, Taichou, en vérité, conclut-elle avec une intonation de surprise dans sa voix. Remédions donc à cette contraction, voulez-vous ?

Brusquement, Tatsuki chargea son reiatsu à son paroxysme, faisant trembler toute l'arène sous la pression de ses pouvoirs, et ses yeux lumineux devinrent tels de petits soleils, d'un blanc-jaune étincelant et crépitant de pouvoirs. Kyouraku y répondit en chargeant son reiatsu de même et releva ses deux cimeterres, prenant appui sur son pied valide et se préparant à la charge de son ennemi.

- Seiryû no Sokudo, deux charges, murmura Tatsuki.

Il y eut comme un coup de tonnerre silencieux et elle disparut soudainement de son regard. Kyouraku grogna en pesant sur son pied blessé, bondissant sur le côté en pressentant une attaque dans son angle mort, utilisant aussi le Shunpo pour esquiver les deux lames qu'il sentait déjà fendre l'air vers lui. L'instant suivant, en plein mouvement à une vitesse surnaturelle, Tatsuki fut au contact, ses cimeterres heurtant les siens avec force et fureur.

- Byakko no Kyôdo, une charge, annonça-t-elle en pleine action.

Ne sachant pas trop à quoi s'attendre à ses paroles, Kyouraku la vit armer son coup suivant et, sentant venir une attaque verticale, leva une arme pour la bloquer mais la force avec laquelle l'épée de Tatsuki s'abattit sur la sienne était devenue totalement inhumaine, à un tel point qu'il faillit lâcher prise sur sa garde et qu'il dut réorienter sa parade pour dévier le coup au dernier moment. L'autre épée de Tatsuki fusa vers lui en tranchant l'air comme une faux maniée par la Mort en personne et, cette fois, il n'eut pas d'autre choix que de bloquer le coup avec ses deux cimeterres croisés.

Kyouraku sentit ses bras et tout son torse gémir de douleur lorsque la frappe de son ennemie rencontra sa défense. Il réussit à amortir l'attaque mais son dos percuta le mur de l'arène en pleine course, les arrêtant net dans leurs déplacements. Tatsuki pesa plus fort et il se retrouva à glisser lentement mais surement vers le sol, écrasé par sa force surhumaine et son reiatsu, coincé comme entre une enclume et un marteau.

Chargeant son reiatsu dans sa jambe valide, il voulut lui donner un coup de pied pour la repousser mais elle se désengagea avant qu'il ne puisse la toucher, sa vitesse si hallucinante qu'il lui semblait qu'elle se téléportait carrément plutôt qu'elle se déplaçait… Et brusquement la copie de Katen Kyôkotsu tenue dans la main droite de Tatsuki s'enfonça dans son ventre.

- Votre reiatsu a faibli, Kyouraku-Taichou. Celui-là, vous ne l'avez ni vu ni senti venir, annonça-t-elle d'une voix calme, pas même essoufflée.

Sentant le sang lui remonté dans la gorge, il cracha un Kidou tout en frappant de sa main droite.

- Hadô N°30 : Shakkahou !

Le sort explosa à bout portant et il perdit en même temps toute sensation dans son bras droit. Il pensa d'abord qu'il avait été détruit par son propre sort mais il entendit quelque chose de lourd et métallique tomber à quelques mètres dans le sable devant lui – et derrière Tatsuki – et lorsque la fumée de l'explosion provoquée par son Kidou se dissipa, il vit qu'il s'agissait de son arme… et de sa main et de son bras la tenant encore, proprement coupé juste en dessous de l'épaule. Quand à Tatsuki, le Kidou ne lui avait absolument rien fait.

- Le déclenchement de notre Bankai s'accompagne toujours systématiquement d'une charge permanente de Genbû no Teikô, qui agit telle une sorte de bouclier spirituel autour de nous et qui renforce considérablement la solidité de notre peau et de nos vêtements, un peu comme le fameux Hierro des Arrancars, si ce que j'ai entendu dire à leur sujet est exact, déclara-t-elle en le dominant de toute sa taille.

Soudainement comme privé de toute force, Kyouraku acheva de glisser au sol le long du mur de l'arène, crachant doucement du sang et sentant son reiatsu disparaître, une grande partie se faisant absorber dans l'arme qui était encore plantée dans son ventre. Lâchant son cimeterre restant, il s'empara de la lame au mépris du tranchant et tenta de la déloger mais Tatsuki pesa dessus en tournant et repoussa sa main d'un coup de pied bien placé.

- Alors, Taichou, avez-vous senti une quelconque hésitation chez nous ? Lui demanda-t-elle en se penchant vers lui. Une appréhension à l'idée de prendre votre vie ? Ou quelque chose d'autre dans le même genre ?

Kyouraku la regarda sans rien dire, un sourire ironique se dessinant sur ses lèvres.

- Si on m'avait dit que je mourrais ainsi… tué par une gamine d'à peine 18 ans… je leur aurais éclaté de rire au nez…

Il essaya à nouveau de retirer l'épée mais Tatsuki donna une fois de plus un coup de pied dans sa main et, pour faire bonne mesure, planta le second cimeterre dans son bras restant, le clouant au mur.

- Quelle cruauté… Pas la moindre merci ni considération à mon égard.

- Vous l'avez dit vous-même, Kyouraku-Taichou : nous ne vous connaissons pas et vous ne nous connaissez pas. Nous sommes, par nos choix et par les circonstances, des alliés dans le même camp mais vous avez décidé que l'un de nous devait mourir aujourd'hui, et nous refusons que ce soit nous. Même maintenant encore, nous trouvons votre décision illogique et aberrante, mais nous ne remettrons plus en cause votre raisonnement car il est déjà bien trop tard. Voici donc les seules promesses que nous pouvons vous faire : la première est que nous ne vous oublierons jamais, votre mort est la première que nous avons provoqué de nos propres mains, soyez sûr qu'elle restera à jamais gravée dans nos mémoires. La seconde est que, par respect à votre égard, nous nous entrainerons et nous apprendrons à maitriser votre Shikai et peut-être même votre Bankai. L'avenir seul dira si nous y parviendrons un jour et, plutôt de le voir comme un vol, je souhaite que vous voyez cela comme une transmission de savoir. Dites-vous que même au-delà de votre mort, vos pouvoirs continueront à servir votre cause.

- … C'est… une manière… de voir les choses… balbutia-t-il le teint pâle et livide, la mort l'envahissant de plus en plus.

- Maintenant, un dernier cadeau de notre part. Notre Bankai, peut-être l'avez-vous compris mais nous nous en sommes effectivement servies pour vous vaincre lors de notre dernier engagement. En fonction de nos réserves de reiatsu, nous sommes capables d'activer 4 pouvoirs particuliers à divers degrés, que nous appelons des charges.

Tatsuki leva son bras et effectua une série de coups dans le vide avec une vitesse telle que son membre devint flou à ses yeux.

- Seiryû no Sokudo – la Vitesse du Dragon Azur – accroit considérablement nos vitesses de mouvement, de réaction, d'anticipation et nos réflexes. On dit que les meilleurs guerriers sont capables, dans le feu de l'action, de ralentir le temps au niveau de leurs perceptions, tout semble se passer au ralenti. Grâce à cette technique, nous forçons ce genre d'état mental et réactionnel dans notre corps et notre esprit, tout en accroissant considérablement notre propre vitesse. Nous avons utilisé deux charges de ce pouvoir mais une seule suffisait pour suivre votre Shunpo.

Elle se baissa pour poser son doigt sur son sternum et appuya, achevant de fracasser l'os avec aisance.

- Byakko no Kyôdo – la Force du Tigre Blanc – augmente notre force physique à tous les niveaux, notre poigne, notre force de frappe, de portée, de charge, d'impact. Une seule charge, comme vous avez pu le constater, a rendu nos coups si lourds que même avec votre physique impressionnant et vos deux armes, vous arriviez à peine à bloquer une seule de nos attaques. Si nous avions activé deux charges, nous pensons que nous vous aurions tranché en deux, vous et votre Zanpakuto, en même temps.

Elle posa sa main sur sa poitrine en se désignant pour continuer son explication.

- Nous vous avons déjà parlé de Genbû no Teikô – la Résistance de la Tortue Noire –, qui s'apparente au Hierro des Arrancars. Une charge suffit pour ignorer la plupart des Kidous et des attaques à distance et à la deuxième charge je peux tranquillement parer des Zanpakutos à mains nues, me blesser devient presque impossible. Petit bonus, tout reiatsu utilisé de manière direct ou indirect contre nous se fait en grande partie absorbé par ce pouvoir pour régénérer nos propres réserves, il est assez intimement lié à nos pouvoirs de Hollow. Il ne nous sert donc pas qu'à nous défendre. Et enfin…

Elle leva sa main devant elle et la referma en poing qu'elle arma lentement.

- Suzaku no Hakai-Ryoku – la Puissance du Phœnix, l'oiseau vermillon. Ce quatrième et dernier pouvoir nous permet de concentrer notre reiatsu dans nos membres ou dans nos armes afin d'augmenter considérablement notre pouvoir de destruction. Une seule charge…

Et le point de Tatsuki sembla devenir incandescent de reiatsu vibrant et bourdonnant furieusement tandis qu'elle expliquait

- … Et le moindre impact provoquera une véritable petite explosion de puissance brute, comme une sorte de bombe, uniquement dirigée vers mon ennemi. Le moindre de nos coups devient alors carrément mortel au corps à corps. Deux charges et l'explosion qui en résulte suffit à raser un immeuble de 5 étages, ne laissant qu'un cratère fumant derrière notre passage.

Kyouraku entendait mais n'avait déjà presque plus la force de faire quoi que ce soit d'autre, tout son reiatsu ayant été drainé dans le Zanpakuto planté dans son ventre et dans son bras. Son Katen Kyôkotsu avait repris sa forme scellée durant l'explication sur le pouvoir de la force, lorsque Tatsuki avait achevé de briser son sternum d'un simple doigt. Tout ce qu'il savait maintenant, c'est qu'elle allait l'achever en utilisant le quatrième pouvoir de son Bankai, et il avait conscience qu'un seul de chaque pouvoir qu'elle possédait suffisait à faire d'elle un monstre. Il n'avait plus le moindre doute désormais : Tatsuki Arisawa était devenue une véritable démone, à la même hauteur de son petit ami Ichigo.

- Pour terminer, Kyouraku-Taichou, tous ses pouvoirs sont en fait disponibles dès que nous activons notre Shikai, mais nous ne pouvons alors les utiliser que un par un, et avec une seule charge au maximum. A la rigueur, en cas de situation désespérée, deux pouvoirs à la fois ou un pouvoir à un niveau de deux charges. Mais une fois en Bankai, nous pouvons utiliser ces quatre pouvoirs en même temps et, à ce jour, nous sommes déjà montés jusqu'à trois charges pour chaque pouvoir. Ho, il y a des effets secondaires pour obtenir de telles capacités, je vous rassure. La perte de reiatsu, entre autre, est énorme à chaque activation et plus encore à chaque charge supérieure utilisée, mais cette forte dépense d'énergie est rapidement compensée lorsque nos coups touchent nos ennemis, puisque nous en profitons alors pour voler leurs reiatsus afin de régénérer nos propres réserves.

En clair, comprit Kyouraku dans un dernier éclair de lucidité, son seul défaut était qu'elle devait rester au corps à corps, sous peine d'épuiser ses forces très rapidement.

- Et maintenant adieu, Kyouraku-Taichou. Comme vous le désiriez, nous allons vous tuez de nos propres mains.

Et c'est sur cette dernière parole qu'il vit le poing de Tatsuki le frapper en pleine poitrine et tout son corps explosa, pratiquement vaporisé par le Suzaku no Hakai-Ryoku.

***.***

Écarquillant soudainement les yeux, l'homme se redressa, complètement en nage. Sa dernière vision, son dernier souvenir, ses dernières sensations lui revinrent avec la force et la vélocité d'un train lancé à pleine vitesse et il trébucha en se glissant hors du lit vers les toilettes où il vomit alors tout ce qu'il avait dans le ventre. Combien de temps s'est-il écoulé depuis sa mort, il n'en savait rien. Toujours est-il que la porte de sa chambre s'ouvrit si soudainement et brutalement qu'elle faillit se déchirer et qu'il sentit un reiatsu furieux se précipiter sur lui. Mais dans son état d'affaiblissement, il ne put réagir que faiblement lorsqu'une main se referma sur le col de son haori et le jeta hors des toilettes jusqu'au milieu de sa chambre comme un torchon sale, l'envoyant bouler sur le dos puis le ventre.

- Beurf ! Cracha-t-il avec un peu de restant de vomis sur le tapis avant que son agresseur ne le retourne à nouveau en l'enjambant.

- Espèce de… !

Kyouraku Shunsui leva un bras pour se défendre, se préparant au pire, mais Tatsuki se contenta de repousser sa défense avant de le gifler comme un enfant. Sauf que la claque faillit bien lui dévisser la tête.

Et ce fut tout. Elle resta là, haletante au dessus de lui, l'enjambant largement comme une furie au dessus d'un ennemi vaincu, mais l'expression qu'elle arborait était tout sauf celle d'une furie vengeresse. Indescriptible et inexplicable, elle alternait entre soulagement, colère, honte, ressentiment et indignation. Son Bankai n'était plus actif depuis quelque temps déjà apparemment.

- Un putain de gigai… du même type que celui utilisé par Ukitake-Taichou lors de sa capture, je suppose, cracha-t-elle comme à bout de force.

- Pardon, Arisawa-san. C'était une épreuve très difficile, je le sais, mais nous devions savoir… nous le devions tous. Je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur, je n'étais même pas d'accord avec l'idée même… mais il fallait que l'un de nous le fasse, expliqua-t-il d'une voix aussi calme et posée que possible.

Tatsuki recula lentement, semblant retrouver son souffle et son calme petit à petit, et s'adossa contre le mur avant de se laisser glisser jusqu'au sol. Elle comprenait maintenant qu'elle avait été manipulée et mourrait d'envie de lui faire payer, et pas qu'à lui, mais qu'ils avaient eu leurs raisons pour le faire.

- Vous êtes un salaud, murmura-t-elle à voix basse comme à bout de force.

- Les secrets de votre Bankai… et de votre Hollow… je ne les répéterai à personne, je vous en fais la promesse solennelle, jura-t-il en se redressant, essuyant sa bouche avec la manche de sa tunique. Ichigo n'est pas au courant, Kuchiki non plus, ni aucun de vos amis. Seul Yama-jii, Ukitake, Kisuke, Yoruichi et Soi Fon le sont.

- Je devrais vous tuer, là, pour de vrai cette fois, s'il s'agit bien de vous et pas d'une sorte de marionnette.

- Mais vous ne le ferez pas, conclut-il en la regardant. Je sais maintenant que vous ne tuerez jamais de votre propre chef, ce sera toujours cet… cet être que vous devenez lorsque la situation l'exige et qui se salira les mains pour vous, et cela me, non, cela nous suffit amplement. Je n'ai pas menti sur le fait que l'un d'entre nous devait mourir aujourd'hui et vous m'avez réellement tué de vos propres mains. C'était une leçon cruelle mais il fallait vous l'apprendre. Nous espérions que vous l'auriez apprise ou expérimenté durant l'expédition, en tuant un Hollow ou un Arrancar, mais cela ne s'est pas passé comme prévu et le rapport de Soi Fon-Taichou à ce sujet nous a alarmé. Au moins, maintenant, nous savons que nous pouvons vraiment compter sur vous, autant que sur Ichigo et ses amis. Vous n'êtes plus un atout potentiel à nos yeux, vous êtes devenue… une arme. Une arme de frappe chirurgicale. Un pion qui vient de devenir une reine sur un jeu d'échec.

Tatsuki se releva lentement, le regardant toujours d'un œil mauvais.

- … Je vous en veux encore mais je vous pardonne, Kyouraku-Taichou. Mais, de vous à moi, c'est seulement parce que nous sommes en partie quittes. Vous connaissez mon Bankai… et je vous fais assez confiance pour ne pas le révéler à n'importe qui. Mais n'oubliez pas que moi, j'ai copié votre reiatsu dans mes Asauchis. Et croyez-moi, je vais tout faire pour découvrir les pouvoirs de vos zanpakutos, en m'entrainant avec eux mais aussi en vous observant sur le champ de bataille. Et un jour, je vous défierai en duel et je me vengerai en vous mettant la pâtée avec votre propre Bankai !

Sur ces paroles, elle ressortit et claqua violemment la porte en la refermant derrière elle. Kyouraku resta immobile un instant avant de s'adosser à son lit et bascula la tête en arrière dessus.

- Une technique de combat hallucinante, une vitesse, une force et une résistance surnaturelle et pouvoir destructeur au contact. Plus la capacité de vampiriser les reiatsus et leurs qualités, puis de les injecter à l'intérieur d'Asauchis pour en faire de nouveaux Zanpakutos, copiant ainsi les pouvoirs des Shikais, des Bankais et peut-être même des Resureccións des Arrancars. Bon dieu, Kisuke avait raison, Ichigo-kun n'est pas le seul monstre du lot, tous ses amis en sont devenus aussi, et ils sont tous plus puissants et uniques les uns que les autres.

***.***

Olympe, bureau d'Arès

Dire que Mitsumada Tetsuo méritait son surnom d'Arès était un doux euphémisme car tout en l'homme inspirait la force, la brutalité et la soif de combat du Dieu de la Guerre. Chauve, arborant une moustache et un bouc assez fourni, doté d'une taille et d'une musculature impressionnante, l'individu entrait à peine dans son fauteuil derrière son énorme bureau en marbre foncé et le crayon qu'il tenait dans sa main semblait disparaître entre ses énormes doigts tandis qu'il signait des rapports avec un surprenant mélange d'agilité et de délicatesse. La plupart de ceux qui ne le connaissait pas aurait juré qu'il serait plutôt du genre à tamponner avec une force excessive son sceau au bas des documents plutôt que d'utiliser un petit crayon à plume apparemment plutôt fragile pour ce genre de tâche administrative.

Le bureau d'Arès représentait aussi bien à lui seul le personnage : des statues de bronze vénérant de valeureux héros trônaient un peu partout, au milieu des braséros qui éclairaient aussi des râteliers d'armes et d'armures et quelques tableaux représentant d'épiques scènes de bataille et de guerre. L'éclairage du bureau du Maréchal et Tribun de la Garde Royale était très sobre comparé à certains autres car, installé en plein cœur de l'énorme temple faisant également office de garnison militaire, il n'y avait aucune fenêtre, juste des braséros et des lampes. Rien que pour parvenir ici, il fallait passer devant pas moins d'une douzaine de gardes et deux postes de contrôle.

Mais si Arès semblait parfaitement à sa place dans cette pièce plutôt sombre et dédiée à la guerre, on ne pouvait pas en dire de même de son invitée actuelle, dont la somptueuse robe blanche et l'épaisse et longue chevelure blonde semblaient presque déplacées. Mais Aphrodite ne semblait pas gênée ou impressionnée par les lieux, confortablement installée sur l'un des fauteuils de cuir tanné, pourtant dur comme de la pierre, comme si elle était chez elle et souriait tranquillement à son hôte en attendant qu'il daigne s'intéresser à elle. Elle n'était pas venue à l'improviste, Arès l'ayant lui-même invité, et elle se pliait de bonne grâce aux exigences de son hôte.

- Mes excuses, grogna-t-il de sa voix bourrue et au travers de son épaisse barbe. J'attendais ces formulaires depuis quelques jours déjà, une affaire pressante.

- Je vous en prie, Mitsumada-dono, prenez tout le temps qu'il vous faudra, je ne suis pas pressée. Et cela me permet moi-même de fuir ma propre paperasserie… le fléau de toute organisation.

- J'ai entendu dire que les mortels avaient développé une technologie pour se débarrasser de tous ces papiers justement, et je ne parle pas de ces énormes ordinateurs qui remplissent toutes les pièces du temple d'Héphaïstos. Cela tiendrait dans la taille d'un livre, m'a-t-on dit.

- Intéressant. Mais cela signifie que si ce « livre » était endommagé, tout serait perdu, non ?

Arès haussa les épaules, peu intéressé.

- Tant que cela fait disparaitre toute cette maudite paperasse…

Il lança adroitement le document qui glissa dans la seconde bannette sur un meuble derrière lui, laissant de nouveau son bureau vierge, comme il l'aimait le plus.

- C'est mieux, grogna-t-il en se redressant pour se diriger vers un cabinet. Quelque chose à boire ?

- Faites-moi la surprise, répondit Aphrodite avec un sourire froid.

Il lui renvoya un coup d'œil ironique et servit deux verres d'un alcool assez fort dans lesquels il glissa également deux glaçons chacun.

- A la vôtre, déclara-t-il en lui tendant l'un d'eux avant de s'asseoir en face d'elle.

- Merci.

Ils burent chacun une gorgée et se sourirent avec un léger sarcasme dans leurs expressions.

- Comment se déroule notre plan ? Demanda alors Aphrodite.

- Ma foi, je dirai à merveille. Apollon et Artémis ont joué leurs rôles de pantin à la perfection, détournant l'attention d'Athéna et d'Héra dans le même mouvement. Et aux yeux de tous, nous sommes toujours sensés nous étriper à la gorge, n'ayant dans cette affaire qu'un seul intérêt commun, votre petit-neveu… ou neveu éloigné ?

- Neveu éloigné, Isshin est mon cousin du côté de ma mère. D'ailleurs, il faudra que je fasse un mouvement bientôt pour tenter de le libérer, sans quoi certains en viendront à se poser des questions sur mes réelles motivations.

- Pas de problème. Encore que je doute qu'il y en ait qui se doute de quelque chose. Mitsumada et Kaminoke complotant ensemble ? Personne n'y croit lorsqu'un de mes espions en ville pose des questions dans le genre.

- Notre arrangement n'a été possible que parce que mon… père… a finalement accepté de céder sa place en ma faveur, sous la pression du Tribunat à cause de cette terrible affaire avec le Gotei 13. Mais ce vieux bougre n'est pas aussi fou qu'on peut le croire. Il me tarde de pouvoir vraiment me débarrasser de lui… au sens figuré, s'entend, se reprit-elle lorsque Tetsuo leva un sourcil surpris. Une bonne petite retraite, loin de tous les tracas politiques.

- Peu de chance malheureusement, la guerre arrive, et le vieux bougre comme vous dites reste l'un de nos vétérans les plus aguerris. Ses talents nous seront plus qu'utiles sur le champ de bataille.

Aphrodite approuva silencieusement d'un petit hochement de tête et chacun but une nouvelle gorgée en silence.

- Le fils de Kaminoke se terre dans le Domaine, probablement dans une région très peu peuplée. Les recherches lancées par ma petite-fille ne donneront rien, dans un premier temps du moins.

- En êtes-vous si certain ?

- Ho je ne doute pas de la motivation et des talents de ma fille mais je connais encore mieux ce vieux bougre de Déméter, surtout ! S'esclaffa-t-il. S'il se passe quelque chose dans le Domaine, il ne peut en être autrement qu'avec son accord… Sans compter l'invasion imminente de la Garde Noire, cela va sans dire.

- Bien sur. Vous ne craignez pas que votre petite-fille se retrouve prise entre deux feux ?

Arès secoua négativement la tête.

- Peu de chance. En fait, je pense plutôt que les Arrancars feront sortir le fils prodigue du bois et elle sera alors là pour le cueillir comme une fleur. Juni a la rage en elle, elle exterminera tout ce qui croisera son chemin dans le mauvais sens.

- Veillons à ne pas sous-estimer pas la Garde Noire quand même.

- Hoo, je ne la sous-estime pas, loin de là, la rassura-t-il en levant les yeux vers le plafond décoré. La guerre… Je la sens venir, roulant vers nous tel un Juggernaut. J'ai hâte de croiser le fer contre les Arrancars et d'affronter enfin leurs plus grands guerriers.

- Alors j'en conclus que nous arrivons au terme de notre arrangement, Mitsumada-dono.

- … Hélas oui, Kaminoke-dono. Ce fut bref mais extrêmement productif. Il ne reste plus qu'à sceller notre affaire avec le mariage entre Tetsu et Malika et nos deux familles seront unies. J'avoue que j'ai été plus que surpris lorsque vous êtes venus me proposer cet arrangement. Retirer de vous-même les Kaminoke de l'équation et affaiblir politiquement votre propre clan pour accroître la position du mien, puis ce mariage entre votre petite cousine et mon fils juste alors que la guerre éclate, présenté comme un moyen fort de sceller le destin des deux plus vieux et respectés clans de l'Olympe ensemble, contre notre ennemi commun à tous, la Garde Noire.

- Tout ne s'est pas passé sans accroc, hélas. La mort de votre fils ainé n'a jamais été…

Arès balaya son argument d'un geste de la main.

- Katsuhiro n'aurait pas dû chercher à tuer le fils d'Isshin, il a mal interprété mes intentions. Ce qui veut dire que j'ai ma part de responsabilité dans cette histoire. Mais ce n'est ni vous ni moi ni même cet Ichigo qui sommes réellement responsables de sa mort… Ce sont les Arrancars ! Ils ont… transgressé un interdit. Et ils le paieront de leurs propres vies.

Aphrodite approuva d'un simple hochement de tête.

- Il y a quand même un point dont je suis curieux, considéra Arès en inclinant la tête. Pénétrer dans l'Olympe par la force va nécessiter une énorme quantité de reiatsu et probablement coûter la vie à un grand nombre des forces ennemies, d'autant plus qu'ils ont, selon vous, décidé d'entrer en passant par l'une des pires régions du Domaine. Comment savez-vous que c'est là-bas qu'ils apparaitront bien et comment ont-ils trouvé le moyen de traverser ?

- Deux questions auxquelles je n'ai malheureusement pas la réponse. Mon espion dans la Garde Noire a réussi à gravir leurs rangs jusqu'à être assez élevé pour être mis au courant de leurs plans de bataille, mais pas de tous les détails liés à celui-ci.

Arès haussa les épaules.

- Nous leur poserons la question une fois leur invasion repoussée, s'il reste des survivants. Mes troupes et celles de ton père sont prêtes, nous les attendons de pied ferme.

- Pas de problème alors.

Avec un sourire entendu, ils finirent leur verre et se saluèrent mutuellement.

***.***

Alors ? Alors ? Je vous avais bien dit que le Bankai de Tatsuki serait quelque chose de percutant, hum ? Trop puissant peut-être ? Attendez de lire le chapitre suivant et vous comprendrez un peu mieux qu'il n'est pas de tout repos d'avoir un tel pouvoir sur les épaules. Quant à Ichigo, ne vous inquiétez pas, vous allez vite en apprendre plus sur son second Bankai. Certain d'entre vous vont probablement penser qu'il y a une ressemblance entre la fusion des esprits de Tatsuki et la fusion des pouvoirs Hollow et Shinigami chez Ichigo mais tout sera expliqué plus en détails dans les chapitres à venir, et vous comprendrez un peu mieux la différence.

Et maintenant, l'heure du spoil : le chapitre prochain, la guerre commence. R&R