Olympe, Bureau de Déméter
Il attendait leurs visites depuis quelques heures déjà et il ne fut pas déçu par la fureur qu'il sentait bouillonner chez les deux femmes assises en face de lui. Toutes les informations qu'il avait eu étaient exactes et précises et il savait déjà comment jouer les cartes qu'il avait entre ses mains.
- Le Domaine est extrêmement vaste, Héra-dono, et mes effectifs sont considérablement réduits. Savez-vous que le Domaine a augmenté sa surface de 15 % durant les 100 dernières années ? Et que je n'ai eu en tout et pour tout que 4 nouveaux éléments, 4 jeunes colonels inexpérimentés qui sont actuellement sur le terrain d'ailleurs ? Comment voulez-vous que je puisse correctement surveiller le monde en constante augmentation sous nos pieds alors que vous ne m'en donnez pas les moyens ? Devrai-je vous rappeler combien de fois mes arguments ont été rejetés par le Tribunat ? Mes hommes font de leur mieux avec les moyens qu'on leur donne, vous ne pouvez pas nous demander l'impossible.
- Arrêtez ce petit jeu avec moi, espèce de vieux fou, caqueta Héra sans se départir de son sourire affable qui dissimulait à la perfection la fureur qui l'habitait. Vous savez où ils sont, j'en mettrai ma main au feu.
- Mais je vous en prie, faites, ironisa-t-il en désignant un petit braséro à sa gauche. Cela démontrerait une fois de plus votre stupidité. Vous avez étranglé ma Légion avec vos drastiques coupes budgétaires et refusé à chaque fois la quasi-totalité de mes requêtes. Même obtenir un vulgaire crayon est devenu une sinécure où il me faut remplir trois rapports différents expliquant le pourquoi j'en aurai besoin ! Un crayon, bon dieu ! Que craignez-vous que je fasse avec ? Que je m'en serve pour écrire une énième plainte ? Et maintenant que vos services ont foiré lamentablement une opération qu'un gamin de 10 ans avec un tant soit peu de jugeote n'aurait eu aucun mal à réussir, vous venez m'accuser de laxisme et presque même de traîtrise ? C'en est trop ! A moins de me présenter immédiatement des preuves et bonne et due forme, je vous prierai de sortir de mon bureau. Et je n'aurai pas l'audace de vous demander des excuses, nous savons pertinemment que vous n'en faites jamais, même lorsque vous avez tort.
Après cette tirade, Déméter et Héra se fusillèrent mutuellement du regard en silence de même que leurs deux généraux, Oracio et Maltoro, qui ne se quittaient pas des yeux, faisant semblant de ne rien écouter.
Déméter était un homme âgé, aussi vieux qu'Héra d'ailleurs, et ils étaient en conflit permanent pour un oui ou pour un non, ne s'entendant pratiquement jamais sur rien ni sur aucun sujet de moindre importance. L'un comme l'autre était facilement irascible et intolérant et il était impossible de déterminer lequel des deux était le plus puissant. Des légendes circulaient à propos de duels d'ampleur cataclysmique lorsque ces deux là décidaient d'en venir aux mains et aux armes pour résoudre leurs différents mais personne ne se souvenait exactement quel était le vainqueur ou les raisons exactes de leurs duels.
- Julius, soyons franc l'un envers l'autre pour une fois, soupira Héra en s'adossant dans le confortable fauteuil où elle était installée. La guerre vient d'être déclarée, nous devons retrouver ces fuyards avant que la Garde Noire ne débarque.
- Tu veux être franche ? Pas de problème pour moi. Même en supposant que je sache où ils sont, je ne vois pas l'intérêt de perdre du temps à les traquer et à les ramener. Nous savons tous les deux ce qui les attend : le premier se verra offrir une petite cellule froide et humide au cœur du purgatoire, et tu le mettras peut-être même à côté de son père si tu as une âme charitable – ce dont je doute au plus haut point. La seconde sera peut-être enrôlée dans les troupes d'Athéna, si elle a de la chance, et envoyée en première ligne comme chair à canon sans la moindre expérience contre les Arrancars. Quant à la dernière, si ce dont j'ai entendu parler est exact, son Bankai sera analysé et disséqué par les scientifiques d'Héphaïstos, dans le but d'essayer de mettre au point une arme capable de percer les Négacions. Mais ils n'en auront pas le temps, la Garde Noire souffle déjà dans notre nuque. En clair, envoyer des forces pour les retrouver n'est à la fois qu'une perte de temps et d'argent mais aussi un risque inacceptable à courir, celui de voir nos équipes de recherche tomber sur une embuscade ennemie. En temps normal, j'aurai dit oui, et sans la moindre hésitation. Mais là, dans la situation actuelle… Pas. Question.
Juliette avait rarement vu quelqu'un tenir tête aussi fermement à sa supérieure. D'un autre côté, Déméter était le seul Maréchal non-Tribun qui osait lui tenir tête, allant même jusqu'à la tutoyer. Et elle l'appelait par son prénom par moment.
- Tu aurais donc des informations sur l'arrivée imminente de la Garde Noire ?
- Il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte de la situation, Héra, répondit-il en levant les yeux vers le plafond. Ils viendront ici, tôt ou tard, mais tu croies peut-être qu'ils vont apparaître en plein milieu de l'un de nos champs d'entrainement, complètement entourés par toutes nos troupes prêtes à les recevoir ? Bien sur que non ! Ils entreront dans le Domaine d'abord, probablement quelque part dans l'une des régions les plus reculées, où ils pourront aisément établir une tête de pont. Puis, seulement une fois qu'ils auront réunis assez de forces militaires sur place, ils nous attaqueront. Je pense qu'ils établiront une sorte de siège et qu'ils s'en prendront d'abord à Avalon, histoire de nous couper les vivres. J'en ai déjà discuté avec Dionysos, il est d'accord avec moi et nous vous avons envoyé un courrier urgent en commun… Apparemment, ou bien vous ne l'avez toujours pas reçu, ou bien vous l'avez purement et simplement ignoré. C'est fou comme les documents même les plus importants se perdent de nos jours, et que les avis de certains secteurs pourtant vitaux peuvent subitement perdre de leur importance quand cela arrange ou dérange certaines personnes, selon le cas…
- Tu surestimes peut-être les forces de nos ennemis.
Même pour Juliette, la tentative de détournement du sujet était énorme à ses yeux, et elle avait rarement vu sa supérieure se faire malmener verbalement de cette manière.
- Alors que vous, vous semblez les sous-estimer totalement. Entre votre avis et le mien, je sens déjà lequel je vais suivre. Mieux vaut surestimer son ennemi et se tromper lorsqu'il se révèle plus faible que prévu que l'inverse, vous ne croyez pas, Héra-dono ? Conclut-il d'un ton sarcastique.
- J'en conclus donc que vous ne nous aiderez pas du tout avec les fuyards ?
- Non, mes forces sont trop dispersées, trop occupées à surveiller le Domaine et à tenter de déceler l'endroit où les Arrancars vont arriver. Et ils ne représentent rien à nos yeux en terme de menace. Ne sont-ils pas tous des Shinigamis à la base ? Les Arrancars sont leurs ennemis naturels, tout comme pour nous. Vous les avez traité dès le départ comme des ennemis potentiels alors qu'ils sont tout le contraire, je ne m'étonne pas qu'ils préfèrent nous éviter. Et pour être tout à fait franc avec toi, puisque tu sembles vouloir que je joue franc jeu, j'ai même passé la consigne officieusement à mes hommes de les ignorer s'ils venaient par chance à les rencontrer durant leurs investigations.
- C'est en totale contradiction avec nos ordres, Déméter !
- Vraiment ? Alors arrêtez-moi. Et mettez toute ma Légion aux fers pendant que vous y êtes.
Le vieillard se pencha en avant et tendit ses deux poignets vers la vieille Tribun. Ils se foudroyèrent du regard à nouveau puis elle détourna la tête, en partie dégoutée par son impuissance. Elle ne pouvait pas le faire, emprisonner Déméter maintenant reviendrait non pas à se tirer une balle dans le pied mais une belle dans la tête de l'Olympe.
- Alors je pense que nous nous sommes tout dit, trancha le vieillard en se redressant.
Oracio se décala prestement sur la droite et désigna la porte du bureau de son supérieur, celui-ci ayant clairement annoncé que leur entretien s'arrêtait là.
- Julius, il y a un traître parmi nous, lâcha alors Héra avec réticence, sans bouger de sa place.
Le vieillard qui retournait vers son bureau se retourna à mi-chemin et la regarda du coin de l'œil.
- Et ce n'est que maintenant que tu le devines ? Tu es trop rigide, trop pétrie de toutes ces règles et ces lois qui font ta fierté. A un tel point que cet espion n'a eu qu'à suivre ton petit jeu pour s'intégrer à la perfection. Le traître a déjà accès à un très haut rang, je pense même qu'il s'agit d'un général haut placé. Je n'ai malheureusement aucune information à te donner à son sujet, j'en ai bien peur, mais si je peux t'assurer d'une chose c'est qu'il n'est pas chez moi. Nous savons beaucoup de choses sur la Garde Noire, mais ils en savent bien plus sur nous que nous sur eux. Mais c'est de bonne guerre, je dirais.
Il se retourna et se dirigea à nouveau vers son bureau.
- Débusquer les espions est ta spécialité, non ? Cherche parmi les familles nobles, notamment les Mitsumada et les Kaminoke. Ils ont accès à pratiquement tous les niveaux de notre administration, surtout les Mitsumada. Depuis le bannissement d'Isshin, le clan Kaminoke est sur le déclin, Poséidon et sa fille, Aphrodite, sont les deux seuls avec encore un soupçon de pouvoir politique, surtout depuis le fiasco de Banzarô. Encore que je me méfie un peu d'Aphrodite, elle est beaucoup plus intelligente et ambitieuse qu'elle ne veut le faire paraître, et ses soldats lui vouent presque un véritable culte… Non pas que je les comprenne pas pourquoi, moi aussi je serais à genoux en permanence devant cette beauté.
Héra s'était demandé pendant combien de temps Déméter allait pouvoir réfréner sa nature lubrique et la mention d'Aphrodite semblait avoir été le déclic. Elle savait donc que maintenant elle n'en tirerait plus rien. Dépitée, elle se releva avec l'aide de sa canne et se dirigea vers la porte qu'Oracio ouvrit avec galanterie et respect.
- Je vais y réfléchir, conclut-elle sans se retourner ni regarder Déméter.
Quelques minutes de silence plus tard, une fois que les reiatsus des deux femmes eurent quitter son temple, Déméter se tourna vers Oracio, l'expression lubrique sur son visage ayant promptement disparu.
- Tu sais déjà quoi faire.
Oracio s'inclina respectueusement et s'éclipsa à son tour.
A l'extérieur du temple, Héra marchait rapidement en silence, sa canne heurtant le sol avec plus de force que d'habitude, ruminant sa colère.
- Juliette ! Contacte tous nos généraux, inspection générale dans une heure et le moindre absent sera sévèrement sanctionné.
- Hai !
- Et puisque nous ne pouvons pas compter sur une aide quelconque de ce vieux trognon pourri et dégénéré de Déméter, j'ai une idée qui ne va pas te plaire pour débusquer nos fuyards mais c'est malheureusement la seule qui a encore une chance de marcher, une bonne chance même, je pense.
- Laquelle ?
Héra s'arrêta pour la regarder du coin de l'œil avec un air sadique.
- Nous allons relâcher Kaminoke Isshin.
- … Vous avez raison, Héra-sama, ce n'est pas une idée qui me plait… En fait, je l'adore, termina-t-elle avec un immense sourire tout aussi sadique que celui de sa supérieure.
***.***
Domaine de l'Olympe, village caché de Forestedge
La première journée d'entrainement s'était relativement bien passée somme toute, et Ichigo et ses amis étaient moins épuisés qu'ils pensaient l'être. Lorsqu'ils retournèrent tous au dortoir, Tatsuki était là à les attendre, assise seule au milieu du dojo en position de méditation. Sentant que quelque chose n'allait pas, Ichigo voulut aller lui parler mais Orihime prit les devants, prétextant une discussion entre filles. Bien qu'un peu soucieux, il la laissa faire et, avec les autres, ils allèrent se laver et se changer.
Une heure plus tard, ils se retrouvèrent tous dans la cuisine autour d'un bon repas préparé par Tessai – puisque Yuzu n'avait pas pu se libérer pour le faire – mais Tatsuki et Orihime brillèrent par leur absence, leur reiatsus toujours bien présents dans le dojo.
- Ok, je pense que je ferais mieux d'aller voir ce qui cloche, décréta-t-il après avoir fini de manger.
Chad approuva d'un simple hochement de tête et se leva en même temps que lui. Ishida se contenta de les suivre à distance, un peu réticent mais curieux lui aussi.
- D'après leurs reiatsus, je ne pense pas qu'elles veulent qu'on les dérange, précisa-t-il avant qu'ils n'arrivent devant la porte close du dojo.
- Ouais, et bien elles n'auront qu'à nous expliquer le problème. Je ne vois pas de rais…
Avant qu'il puisse terminer sa phrase, il sentit les reiatsus de Yoruichi, de Soi Fon et de Rukia s'approcher en Shunpo et se matérialiser entre eux et la porte. La première bloqua leur chemin en croisant les bras et en secouant négativement la tête tandis que les deux autres se glissèrent dans la salle et refermèrent la porte derrière elles.
- Pour le moment, passer votre chemin, ça ne vous concerne pas. Nous viendrons vous chercher si besoin.
Ichigo s'avança d'un pas vers Yoruichi et la regarda avec intensité, essayant de deviner ce qui se passait. Elle ne broncha pas, soutenant son regard avec sa détermination habituelle mais elle sentit un nœud dans son estomac à l'idée de devoir s'opposer à lui, pour quelque raison que ce soit. Mais il se dissipa lorsqu'il recula finalement.
- D'accord, on va attendre. Mais ici et pas longtemps.
Bornés, les trois hommes reculèrent un peu en s'éloignant du bâtiment et Ishida leva sa main pour concentrer son reiatsu. L'instant d'après, trois chaises confortables furent matérialisées et ils s'assirent devant une table qui apparut à son tour. Chad sortit alors d'une de ses poches un jeu de cartes et les trois amis se mirent à jouer tranquillement, sous le regard un peu stupéfié de la femme-chat.
Dans le dojo, Tatsuki s'était globalement remise de ses émotions grâce à Orihime, elle lui avait raconté en détail son combat contre Kyouraku et le fait qu'il l'avait poussé à le tuer, mais qu'il n'avait été qu'un Gigai au final. Orihime la consola de son mieux, la prenant dans son bras pour la réconforter. Elles pleurèrent un peu, Tatsuki de soulagement et de honte, Inoue de compassion et devant la souffrance et les doutes de son amie.
Lorsque Rukia et Soi Fon entrèrent, Tatsuki bondit sur ses pieds et fit semblant de se diriger vers la première mais elle la dépassa souplement avant qu'elle arrive à son contact et surprit Soi Fon d'un magnifique crochet du gauche, envoyant la Shinigami tituber sur quelques mètres en arrière, à moitié sonnée.
- Tatsuki ! S'esclaffa Rukia, surprise par son geste.
La jeune femme lui répondit en l'embrassant à pleine bouche, un baiser qui la surprit à cause du sentiment d'excuse qui filtrait dans son reiatsu, et elle recula rapidement ensuite pour se tourner vers Soi Fon.
- Vous savez pourquoi, pas vrai ?
- Je le sais, confirma Soi fon en comprenant la raison de son geste. Et je m'excuse à mon tour. Je comprends pourquoi ils ont pris cette décision mais je n'approuve pas la manière qu'il a utilisé pour le faire.
Son regard franc et vide de toute colère malgré sa mâchoire douloureuse convainquit Tatsuki qui hocha la tête.
- Alors rien qu'avec ça nous sommes quittes, à mes yeux, conclut-elle en désignant son poing.
Puis elle regarda de nouveau Rukia un instant et détourna la tête, apparemment honteuse.
- Tatsuki…
- Je me doutais aussi que vous deux étiez ensembles, avec Ichi… avec Kurosaki, si ça peut vous rassurer. Et je garderai le silence sur ce que je viens de voir.
Soi Fon sembla faire mine de vouloir sortir mais Tatsuki l'arrêta.
- Restez, Soi Fon-Taichou. Je pense que… que vous devriez entendre ce que j'ai à dire à Rukia… Et les autres dehors aussi mais je préfère avoir… un peu une sorte de gallot d'essai, avec vous.
Maintenant plus étonnée qu'autre chose, et Rukia un peu honteuse que Soi Fon connaisse le secret de leur relation à trois, elles se rapprochèrent et s'assirent en cercle, Orihime s'installant en face de son amie et Rukia à gauche de Tatsuki.
- Je… Vous savez que je suis devenue une Shinigami de la même manière qu'Ichigo et que tout comme lui il y a un Hollow en moi ? Demanda-t-elle en regardant Soi Fon.
- Je le sais depuis le premier jour même, auriez-vous oublié que j'étais présente lorsque Urahara et Yoruichi-dono nous ont fait leur grand cinéma ?
- Difficile de l'oublier, en effet. Mais il y a quand même une différence entre Ichigo et moi. Mon Hollow… n'a pas été maté dans le même sens que le sien, ou les vôtres.
Soi Fon et Rukia eurent un petit mouvement de recul.
- Comment ça, « pas été mâté » ? Tu veux dire qu'il a eu le dessus ?
- Non, pas du tout, les détrompa Tatsuki en secouant négativement la tête, les rassurant. Il serait plus exact de dire… que j'ai obtenu mon Bankai et dominé mon Hollow exactement en même temps. Et cela m'a rendu… différente, de vous ou d'Ichigo ou de tout autre Vaizard.
- Différente dans quel sens ? Demanda Soi Fon par pure curiosité. Moi aussi j'ai obtenu les deux en même temps, enfin mon vrai Bankai.
- C'est très différent dans mon cas. Par exemple, je ne peux pas… différencier mes pouvoirs comme vous le faites. Je veux dire… Je vous ai vu et observé à plusieurs reprises vous entrainer et je sais que vous savez faire la différence entre vos pouvoirs de Shinigami et vos pouvoirs de Hollow. Shikai et Bankai d'un côté, masque de l'autre.
- Logique, confirma Rukia comme si ça tombait sous le sens.
- Mais dans mon cas, je n'ai pas de masque. Mes pouvoirs de Shinigami et mes pouvoirs de Hollow sont totalement mélangés. Il n'existe pas de conflit entre eux, pas de rejet, pas de réticence. Ils ne font tout simplement plus qu'un. En clair lorsque j'utilise mon Shikai ou mon Bankai, j'utilise aussi, automatiquement, mes pouvoirs de Hollow. J'arrive sans problème à générer plus de reiatsu Shinigami ou Hollow selon mon envie mais il est toujours comme "entaché" par l'autre reiatsu, si vous voyez ce que je veux dire.
- Hoo.
- …
Rukia la regarda avec surprise puis avec compréhension avec un brin de jalousie.
- Attends une seconde, si tu en es à ce point-là, alors ça veut dire que tu as une telle synchronisation avec ton Hollow que…
- … Qu'elle n'a même pas besoin de passer l'entrainement du masque ! S'esclaffa Soi Fon en comprenant, elle aussi jalouse maintenant. Mais c'est de la triche ! La totalité des pouvoirs Hollow à ta disposition sans avoir à…
Poussé par un sentiment plus fort qu'elle, Soi Fon donna un coup de poing dans le bras de Tatsuki, coup qu'elle encaissa de bonne grâce.
- Aïe, dit-elle quand même.
- Tu mériterais plus encore, la gronda-t-elle faussement avant de soupirer. C'est d'une telle injustice !
- Totalement d'accord avec toi, ajouta Rukia, brimée à son tour.
- Mais cela a d'autres conséquences, reprit Tatsuki pour reprendre la conversation sérieuse.
Il y eut un petit silence car l'expression de la jeune femme n'était pas celle d'une personne particulièrement ravie de ces « conséquences ».
- Lesquelles ? Demanda Rukia après avoir adressé un petit regard vers Orihime.
Celle-ci gardait religieusement le silence et encourageait son amie en face d'elle par sa présence et son sourire confiant.
- Mes pouvoirs de Hollows sont aussi actifs que mes pouvoirs de Shinigamis. Je ne peux pas les arrêter, les brider ou quoi que ce soit dans le genre. Pour vous, vous avez deux bouteilles, l'une remplie d'eau et l'autre de citronnade. Moi, j'en ai qu'une seule, avec un mélange des deux.
- Ok, et cela pose un problème pour quelle raison ? Demanda Soi Fon.
Tatsuki hésita un moment puis se lança :
- Vous savez, avant de devenir Shinigami, il semblait que mes réserves de reiatsu augmentaient à chaque fois que je m'approchais d'Ichigo parce que j'absorbais ses propres pouvoirs… Urahara-san a même dit que je le vampirisais.
- Hmm, Hmm.
- Hé bien c'est ça mon pouvoir de Hollow : j'absorbe le reiatsu de ceux qui entrent en contact avec moi, de manière direct ou indirect, un peu de la même manière qu'Ishida, comme un Quincy. Aujourd'hui, tant que je reste au repos et que je n'utilise aucun pouvoir, je n'absorbe rien, rien de plus qu'une personne normale en tout cas. Mais dès que j'utilise mon Shikai, le moindre contact avec ma peau ou mon arme et c'est comme si votre énergie venait remplir mes propres réserves. Mais pas seulement votre reiatsu en terme d'énergie, j'absorbe aussi la… la qualité de votre reiatsu, ses particularités et ses capacités.
Soi Fon et Rukia restèrent un moment silencieuses, attendant apparemment la suite, Tatsuki donna donc un exemple.
- Rukia, ton pouvoir de Shinigami est de type glace. Si j'absorbe suffisamment de ton reiatsu, mon propre reiatsu deviendra plus froid et je pourrais être capable de reproduire tes pouvoirs, de les copier en quelque sorte. Cela ne dure pas longtemps, continua-t-elle en voyant la stupéfaction sur son visage, juste le temps de… d'expulser ou de purger ce reiatsu qui n'est pas le mien.
- C'est un pouvoir très utile pour comprendre celui de tes ennemis, réfléchit Soi Fon en inclinant la tête. S'il te suffit de les toucher pour non seulement les affaiblir mais aussi copier leurs capacités, c'est un pouvoir très redoutable.
- Mais qui ne dure pas, continua Tatsuki, du moins pas en situation normale. Cependant, j'ai… découvert quelque chose un jour à l'Académie, durant un entrainement de kenjutsu. J'avais oublié Kitsuko – mon Zanpakuto – au dortoir et le professeur m'a donc donné un simple asauchi. Et j'avais alors une certaine quantité du reiatsu d'Ichigo en moi, on s'était entrainé un peu ce matin-là, avant les cours. Et j'ai découvert… que je pouvais transférer une partie du reiatsu d'Ichigo que j'avais en moi dans la lame de cet asauchi.
Silence.
- Le sabre est devenu alors plus lourd et plus grand. Un peu surprise et ne sachant pas trop quoi faire, j'ai gardé cet asauchi et j'ai réessayé à plusieurs reprises. Au final, j'ai… fini par reproduire Zangetsu.
Tatsuki prit Kitsuko derrière elle et la dégaina lentement de son fourreau avant de reculer pour la tenir sur ses genoux.
- Kitsuko, Zangetsu, ordonna-t-elle en concentrant son reiatsu.
Son katana s'allongea et se transforma pour devenir la réplique exacte du sable de son petit ami. Elle le posa par terre devant elle et les laissa l'examiner. Rukia posa immédiatement sa main sur la lame pour sentir le reiatsu enfermé dedans. Après quelques secondes, elle n'eut plus le moindre doute : le reiatsu d'Ichigo était bien contenu dans cette arme.
- Maintenant, le pire, annonça Tatsuki en prenant une grande inspiration. Avec mon Bankai, ma capacité à absorber les capacités propres des reiatsus augmente à un tel point que j'ai été capable de reproduire l'arme ou plutôt les armes de Kyouraku-Taichou en quelques passes d'arme seulement. En clair, à partir de ma capacité de vampiriser les reiatsus, je peux petit à petit me constituer un véritable arsenal de Zanpakutos, avec leurs pouvoirs.
Tatsuki était apparemment gênée par ce pouvoir et c'était là la source de son trouble, comprit alors Rukia. Copier les pouvoirs des Zanpakutos. Des Shinigamis s'entrainaient durant leur vie toute entière pour les apprendre et les maîtriser de leur mieux. Le Bankai était le pouvoir ultime, presque une récompense pour le travail accompli, mais aussi un début vers plus d'entrainement encore. Pour Tatsuki, tout cela ne représentait rien, elle pouvait copier en quelques minutes les pouvoirs d'un ennemi ou d'un allié et recréer un zanpakuto identique. N'importe quel Shinigami trouverait cela dérangeant, injuste, indigne, voire même ignoble et insultant. C'était comme du vol, pur et simple.
Regardant en face d'elle, elle vit que Soi Fon en était venue à la même conclusion et avait reculé instinctivement un peu plus pour s'éloigner de l'arme posée sur le tatami.
- Alors comme ça, tu as volé les pouvoirs de Kyouraku-Taichou. Je comprends pourquoi il n'éprouvait pas que de la gêne lorsqu'il a expliqué ce qu'il a fait, commenta la capitaine de la 2nde Division avec une certaine méfiance.
- En fait, je n'ai réussi qu'à copier leurs apparences pour le moment, expliqua Tatsuki en essayant de minimiser la désapprobation qu'elle sentait dans la voix de la capitaine. Leurs pouvoirs restent encore un mystère. Ho, ils sont toujours bien là, enfermés dans l'un des 50 Asauchis que contient Kitsuko… mais je pense qu'il va falloir que je m'entraine énormément pour les découvrir maintenant. Je doute que Kyouraku-Taichou me laisse un jour le voir les utiliser ou seulement même contempler son Bankai.
Il y eut une pose un peu gênée de sa part avant qu'elle reprenne.
- Mais ce que je veux que vous compreniez… c'est qu'avec la guerre qui s'approche, je refuse de voir mes amis mourir sans pouvoir les défendre. Que vous le vouliez ou non, je vais me servir de toutes les ressources à ma disposition pour devenir aussi forte et puissante que possible. Kyouraku-Taichou a dit que j'étais devenu comme une arme de destruction chirurgicale à ses yeux. Ça ne me suffit pas. Lorsqu'il me qualifiera d'arme de destruction massive, là je considérerai que j'aurai fait une bonne partie du chemin.
Soi Fon regarda Tatsuki et sentit quelque chose changer en elle. Cette jeune femme avait acquis un pouvoir énorme, titanesque. Mais elle avait aussi senti et vu les pouvoirs des vrais Arrancars et des vrais Vaizards. Aujourd'hui, seul Ichigo pouvait les affronter vraiment d'égal à égal. Et encore. Tatsuki était peut-être l'une des clés de la victoire.
- Je comprendrais si vous ne voulez plus que je m'entraine avec vous désormais, si vous ne voulez pas que je copie volontairement ou involontairement vos pouvoirs. Nous sommes… Pour moi, nous sommes plus que des amies et je ne voudrais pas que…
- Tatsuki, je te montrerai mon Bankai, déclara alors Soi Fon, la coupant dans sa phrase.
Rukia la regarda en sursautant, ne s'étant honnêtement pas attendue à cette réponse de sa part.
- Et si je ne me trompe pas, Rukia te montrera aussi le sien, ajouta-t-elle en la regardant.
- Tu parles, le temps qu'elle comprenne comment s'en servir correctement, la guerre sera finie, oui, fit la concernée en haussant les épaules avec un grand sourire. Maîtriser le Bankai ne signifie pas seulement pouvoir l'utiliser. Pour apprendre à t'en servir correctement, il va falloir t'entrainer pendant des mois… Non, que dis-je, des années ! Plus qu'une simple question de pouvoir, c'est aussi et surtout une question de mentalité, de caractère, d'expérience et d'intuition. Au mieux, même en t'entrainant pendant 50 ans, peut-être arriveras-tu à égaler mon niveau actuel… Mais je serais alors devenue 100, non, 200 fois plus forte que ça !
- Tatsuki, n'importe quel Hollow de base possède ce pouvoir, celui d'absorber les reiatsus. Après tout, c'est ainsi qu'ils se nourrissent et qu'ils deviennent plus forts. D'après ce que cette colonel nous a expliqué, nos pouvoirs Hollow sont en constante évolution, tu n'as donc pas à t'inquiéter pour cette capacité. En fait, je dirai même qu'elle risque de te déranger si tu te concentres trop dessus. Apprendre un pouvoir qui n'est pas le tien à la base risque plus de t'handicaper qu'autre chose lorsque tu devras vraiment te battre de toutes tes forces à un moment critique.
- Exactement, confirma Rukia en sautant sur le sujet, maintenant qu'elle avait pu y réfléchir un peu plus. Tu as là un moyen de te rendre plus polyvalente sur le champ de bataille et d'adapter ton rôle en fonction du besoin, mais n'oublie pas de te concentrer sur tes points forts. Ton Vale Tudo, le Hakuda, les arts martiaux. Le reste, fit-elle en désignant la copie de Zangetsu, c'est pour combler tes points faibles selon la situation donnée.
- Alors, ça ne vous dérange pas que je… que je copie vos pouvoirs ?
- Si tu nous les volais vraiment, c'est-à-dire que tu nous les prenais et nous laissais sans défense après, tu peux être sure que je te tiendrais un discours radicalement différent, précisa Rukia en croisant les bras. Mais tu ne fais que les copier, non ? C'est un peu comme de la triche, ok, mais est-ce que ça me blesse vraiment ? La réponse est bien évidemment non.
- Et plus j'y pense, plus je confirme ce que Rukia a dit, continua Soi Fon. Les Shinigamis apprennent à utiliser leurs pouvoirs sur plusieurs années, posséder une copie des pouvoirs d'un Zanpakuto ne signifie pas que tu sauras les maitriser. Mon pouvoir, par exemple, n'est pas à prendre à la légère. Sais-tu combien de fois j'ai failli me tuer moi-même avec Suzumebachi ? Il m'a fallu des années pour apprendre à utiliser efficacement rien que mes Houmonka et Nigeki Kessatsu.
Rassurée et heureuse de les voir réagir de cette manière, Tatsuki sentit des larmes de joie et de soulagement couler sur ses joues lorsqu'elle se jeta en avant, envoyant ses bras encerclés les têtes de ses amies. Soi Fon tenta bien de se débattre dans un premier temps mais céda finalement devant les sanglots heureux de la jeune femme.
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Hueco Mundo, Las Ombras Perdidos
- CHEVALIERS ! L'HEURE DE LA GLOIRE EST ARRIVEE ! Hurla Baal de sa voix de stentor depuis le haut de la muraille de l'enceinte de Las Ombras Perdidos, fixant l'armée d'Arrancars qui s'étendait devant lui.
Dans son dos, émergeant de la foret et se regroupant de plus en plus nombreux, une armée encore plus vaste d'Hollows s'amassait, prête à partir au combat.
- PENDANT DES MILLENAIRES, NOS ENNEMIS SE SONT CRUS A L'ABRI DANS LEUR DIMENSION ROYALE, HORS DE NOTRE PORTEE ET EN SECURITE ! ILS SE SONT GAVES DE FRUITS, DE VIANDES ET DE LEGUMES BAIGNANT DANS LA LUMIERE DU SOLEIL, NE NOUS LAISSANT QUE LE DESERT ET LA SOLITUDE DE LA NUIT ! MAIS CE TEMPS EST REVOLU ! AUJOURD'HUI, NOUS FOULERONS LEUR DOMAINE, NOUS PILLERONS LEUR RICHESSE ET NOUS MASSACRERONS LEURS ARMEES PUIS LEUR MONDE POUR ENSUITE LE FAIRE NÔTRE ! VOUS TOUS QUI AVEZ RECU LA MARQUE DE LA SELECTION, C'EST L'OCCASION UNIQUE POUR VOUS DE VOUS DISTINGUER AU COMBAT ET A LA GUERRE ! BIENTÔT, L'UN DE NOUS PRENDRA LE TRÔNE QUI NOUS EST DÛ ET DEVIENDRA LE NOUVEAU DIEU-ROI DE CET UNIVERS ! ET ALORS SONNERA LA FIN DU REGNE DES SHINIGAMIS ET DES VAIZARDS !
- POUR LA GARDE NOIRE ! POUR LA GARDE NOIRE ! Hurlèrent plus d'un millier d'Arrancars d'une même voix, leurs cris tonnant et faisant vibrer les murs du palais.
- Tout est prêt, Seigneur Baal, fit un des serviteurs du Grand Maître.
- Ouvrez le portail et envoyez immédiatement Vapula et les équipes chargées de sécuriser le périmètre. Je veux une tête de pont franche établie dans l'heure. Et pendant qu'ils travailleront, envoyez les équipes d'exploration. Je veux environ un tiers de la chair à canon partie dans deux heures.
- A vos ordres, obéit le serviteur avant de disparaître dans un Sonido.
Oui, aujourd'hui était un grand jour, décidément.
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Domaine de l'Olympe, Région du Jurassique au nord de l'Olympe
Il avait survécu toutes ces années seul, enterré dans cette grotte perdue pour cette seule raison. Son maître l'avait enfin appelé, l'heure était venu, il allait être libéré de ses obligation et accomplir la mission pour laquelle il avait donné sa vie. Ses vêtements sales et en loques, son corps malingre et faible, il savait que le repos éternel allait l'attendre, la seule et unique récompense de sa dévotion. Mais peu lui importait car il aurait rempli sa mission à bien. Son nom perdu serait bientôt sur toutes les lèvres des Vaizards de la Garde Royale comme étant celui qui a permis à la Garde Noire d'envahir l'Olympe.
Tirant son Zanpakuto hors de sa cachette et retirant les bandelettes qui lui servait de fourreau, il regarda un moment la lame parfaitement aiguisée qui avait été sa seule compagne depuis le jour fatidique où il avait infiltré l'Olympe avec une poignée d'Arrancars. Tous les autres étaient morts, il le savait. Lui seul avait survécu, et tout ça pour commettre le sacrifice ultime. Pendant 150 ans il avait échappé aux recherches des agents de Déméter, d'Héra et d'Artémis tout en accumulant son reiatsu pour ce jour, ce moment bien précis.
Il alla vers le centre de la grotte et tomba à genoux, murmurant une prière envers son seigneur et maître. Inversant sa prise sur son Zanpakuto, il concentra son reiatsu à son paroxysme, faisant violemment trembler les murs de la grotte… puis il s'empala sur sa propre lame en hurlant de douleur et de délivrance. Pris dans une réaction en chaîne, son corps se déchira et explosa dans un torrent d'énergie et une énorme déchirure là où il se tenait auparavant s'ouvrit sur le néant.
L'espace d'un instant, la déchirure palpita, trembla puis sembla se refermer lentement. Mais deux énormes mains squelettiques jaillirent alors des abysses et se mirent à l'agrandir de force, l'atmosphère semblant gémir sous l'effet de leurs actions contre-natures. Puis une silhouette émergea de ce néant, celle d'un homme vêtu tel un gentleman anglais du siècle dernier, avec un monocle ouvragé en os qui lui cachait la moitié supérieure droite de son visage.
Il avança de quelques pas en auscultant les lieux, notant la taille de la grotte et l'absence de toute forme de vie. A ses pieds gisait ce qu'il restait de l'Arrancar et de son Zanpakuto, dont seule la garde subsistait désormais.
- Hmm. Ça devrait faire l'affaire, je suppose.
Il leva une main gantée de blanc pour claquer des doigts, et aussitôt une dizaine d'Arrancars firent leur apparition à leur tour, tous portant des caisses de matériel ou d'autres affaires de nature scientifique. Les Arrancars se mirent aussitôt au travail et plongèrent des sortes de câbles dans la déchirure temporelle.
- Allez, plus vite ! Stabilisez-moi ce portail !
- Oui, Maître Vapula, répondirent les Arrancars d'une seule et même voix, tels des drones.
- Je parie que nos concurrents directs de la Section d'Héphaïstos doivent être en train de bondir dans tous les sens, s'esclaffa-t-il avec une expression sadique. Ne les décevons pas, je veux notre premier contingent d'Hollows dehors dans moins d'un quart d'heure.
A peine avait-il prononcé ces mots que de nouvelles silhouettes émergèrent du portail, tous des Arrancars portant leurs armures de combat. Il reconnut les symboles de Valefor, de Baal et d'autres maîtres et maîtresses sous leurs ordres. Des corps expéditionnaires des Factions principales de la Garde Noire, destinés à retenir l'attention des Vaizards. Plus d'une cinquantaine de Chevaliers passèrent devant lui et ses hommes, le saluant avec respect mais faisant de leur mieux pour se dépêcher, à la fois poussés par la soif de conquête que par leurs collègues.
Finalement, une autre faction apparut, composés de deux maîtresses et d'une dizaine de serviteurs. Moins pressés apparemment que les autres, les Arrancars observèrent avec intérêt les Serviteurs de Vapula en pleine action, sans toutefois les déranger dans leur travail. La chef de cette petite troupe salua respectueusement Vapula et sortit un ordre de mission qu'elle lut rapidement avant de le refermer. Elle siffla alors les autres membres de sa faction et leur indiqua la sortie de la grotte.
- Alors ? Quels sont les ordres ? Demanda Grimmjow en rattrapant Teresa sans trop se presser.
- Tu vas être déçu, nous sommes en charge d'explorer les lieux et de trouver et d'éradiquer toute forme de civilisation que nous rencontrerions.
- Ho ? Mais ça me va tout a fait un ordre pareil.
- Grimmjow, il n'y a pratiquement aucune trace de civilisation dans cette région du Domaine de l'Olympe, rien d'autre que d'énormes lézards vieux de plusieurs millions d'années. D'après nos sources, la seule présence Vaizard dans le Domaine est à Avalon, et ce sont les troupes de Baal et de Valefor qui y sont allés. En clair, on nous a laissé des miettes, et encore, grogna-t-elle, à la fois furieuse et résignée.
Comprenant qu'il n'allait en fait pratiquement rien faire pour le moment, Grimmjow se renfrogna et se mit à grommeler. Une fois sorti à l'air libre, ils utilisèrent leurs Pesquisas pour détecter les reiatsus mais comprirent vite que cela ne servait à rien ici. Contrairement au Hueco Mundo, toute forme de vie dans le Domaine était surchargée en reiatsu. A un tel point que détecter une forme de vie particulière par rapport à une autre était pratiquement impossible.
- C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, gémit Nel, dépitée.
Derrière eux, le sol se mit à trembler et quelque chose s'approchait d'eux à grande vitesse, remontant frénétiquement à la surface. Comprenant de quoi il s'agissait, ils sautèrent sur les hautes branches d'un arbre et observèrent l'entrée de la grotte exploser, presque littéralement, telle une gueule géante vomissant une marée de Hollows furieux et affamés.
L'invasion avait belle et bien commencé. Et les tambours de la guerre résonnaient enfin.
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Olympe
Le déferlement des Hollows, même dans cette région reculé du Domaine, ne passa bien évidemment pas inaperçu. Des dizaines d'entre eux moururent en passant à portée de certains grands prédateurs ou par leur négligence ou leur insouciance bien qu'ils était dans une des régions les plus sauvages et dangereuses de ce monde, mais ils ne laissèrent en général que la mort et la destruction dans leur sillage, et il ne fallut pas longtemps pour que leur présence perturbe l'équilibre naturel d'une bonne partie de la région et que les Vaizards de Déméter les repèrent et les signalent.
Dans l'heure suivante, il y eut une brève réunion exceptionnelle du Tribunat qui décréta l'envoi de l'armée, et les ordres furent envoyés aux différentes sections pour la mobilisation des troupes. Mais bien qu'il s'agissait principalement de Hollows, l'idée même de demander aux Shinigamis de s'en occuper ne leur vint même pas à l'esprit, probablement parce qu'ils ne voulaient pas d'avantage d'étrangers « chez eux », même s'il s'agissait théoriquement d'alliés.
La majeure partie des ordres de mobilisation allèrent vers les troupes d'Arès, de Poséidon, d'Athéna et d'Artémis. Les agents de la Section d'Hermès entrèrent eux aussi en effervescence puisqu'ils étaient chargés de la transmission de ses ordres et de la communication sur le terrain. Et ceux de Dionysos également puisqu'il fallut lancer les préparatifs pour le soutien logistique des troupes. Pour le moment, les troupes d'Apollon devaient seulement apporter leur aide à celles de Déméter, ce qui était loin de plaire à la sœur d'Artémis.
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Domaine de l'Olympe, village caché de Forestedge
- Les premiers combats ont déjà commencé, si on veut. Ce ne sont que des Hollows, ils sont nombreux mais ils se font massacrés et reculent sur presque tous les fronts, expliqua Oracio à Yamamoto alors qu'ils marchaient lentement le long d'un des troncs géants de Forestedge, un peu à l'écart. Toutefois, nous savons que de petites troupes d'Arrancars se déplacent rapidement et cherchent à repérer et à cibler des positions stratégiques. Pour le moment, ces équipes semblent éviter tout contact intempestif avec nos armées et nous avons perdu deux escouades lors de rencontres fortuites. Les troupes d'Artémis ont signalé avoir intercepté complètement une de leurs équipes et qu'une autre s'était enfuie en laissant la moitié de leurs membres derrière eux. A notre connaissance, cette région n'est pas encore affectée et ce village est très loin de leurs objectifs, nous sommes pratiquement à l'opposé d'eux par rapport à l'Olympe, donc votre cachette ne craint rien. A moins d'un phénoménal coup de malchance. Et d'un voyage de plusieurs semaines dans la mauvaise direction.
- Hmmm. Et toujours aucune demande d'aide vers le Seireitei ?
- Non, aucune. Les Tribuns ne veulent pas voir le moindre Shinigami dans l'Olympe, et cet entêtement de leur part sur ce sujet commence à déranger de plus en plus.
- C'est aux Shinigamis de se battre contre les Hollows et aux Vaizards d'affronter les Arrancars… C'était du moins l'ordre établi par Zeus à l'origine, rappela Yamamoto. Devant cette forme de menace, la réponse logique aurait été de demander notre aide.
Ils s'arrêtèrent pour regarder Ichigo et ses amis assis en tailleur et en cercle, en position de méditation, en contrebas par rapport à eux. Installés entre deux immenses racines, ils avait tous en face d'eux une petite sphère de métal qui réagissait selon la quantité de reiatsu qu'il ou elle injectait dedans. L'exercice consistait à générer en permanence un très faible charge continuelle et sans faire de fluctuation. Un exercice beaucoup plus compliqué qu'il en avait l'air, surtout pour des véritables réacteurs à reiatsu comme Ichigo ou Orihime, mais cette dernière y arrivait très bien, injectant apparemment sans grande difficulté la quantité nécessaire de reiatsu. Tatsuki, habituée à méditer durant les entrainements d'arts martiaux, semblait s'adapter bien plus vite que prévu. Et Ishida les imitait… avec 5 sphères. Et il lisait un manuel en plus.
Oracio se détourna et murmura à voix basse pour que seul Yamamoto puisse l'entendre.
- Il y a également une rumeur qui cours à l'Olympe depuis hier… Concernant Kaminoke Isshin, le père de ce jeune homme.
Yamamoto leva un sourcil interrogatif et attendit la suite.
- Aphrodite, en tant que chef du clan Kaminoke, aurait à nouveau demandé sa libération… et Héra aurait finalement accepté, sous conditions. Lesquelles, je n'ai pas réussi à le savoir, mais cette libération surprise sent le piège à plein nez.
- Un piège pour eux, commenta Yamamoto en adressant un regard discret vers Ichigo et ses amis.
Complètement concentré sur sa propre sphère, le jeune Shinigami avait du mal à juguler et canaliser correctement son reiatsu et chaque essai semblait le frustrer de plus en plus. Yamamoto savait qu'il allait devoir intervenir une fois de plus dans les prochaines minutes pour le calmer.
- Une chose est sure, Isshin était relativement en sécurité tant qu'il restait enfermé. Une fois dehors, il va devenir la cible de tous ceux qui ont une dent contre lui, notamment les autres prétendants officiels au trône. Et s'il est vraiment libéré et que les conditions qu'on lui imposera ne sont pas trop lourdes, il risque aussi de vouloir prendre contact avec sa famille, ou du moins essayer de savoir si tout va bien pour eux.
Le vieux commandant soupira et se détourna de son interlocuteur.
- Essayez d'en savoir plus sans prendre de risque, demanda-t-il. Cela nous aidera peut-être à connaître les véritables intentions d'Héra. Et continuez à me tenir informé du déroulement de la guerre.
- Bien sur, cela va sans dire.
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Domaine de l'Olympe, Avalon
Johann essuya la sueur sur son front en se redressant, étirant son dos dans le même mouvement et gémissant à cause des courbatures qui l'élançaient. Cela faisait plusieurs heures déjà qu'il travaillait dans son champs, récoltant ses salades avec la ferme intention de les vendre au marché avant la fin de la semaine. Avec un peu de chance, vu la qualité de sa dernière récolte, il pourra en tirer un bon prix et engager une paire de main de plus pour l'aider. Il avait déjà 3 jeunes qui travaillaient pour lui mais un de plus serait le bienvenu pour augmenter sa cadence de production et diminuer sa propre charge de travail.
Se tournant vers l'est, il regarda par delà sa petite ferme pour contempler Avalon, le grand village, presque une petite ville fortifiée même, se dressait majestueusement au milieu d'un immense lac, à presque une dizaine de kilomètres de la berge. Il lui faudrait bientôt chargé sa cargaison dans sa grande barque et traverser les eaux calmes en priant de ne pas réveiller la Banshee, une créature ancienne qu'on disait dormir au fond du lac et qui tuait absolument tout ce qui osait la déranger.
Entendant soudainement des cris, il se retourna et vit quelqu'un courir vers lui, il ne tarda pas à reconnaitre l'une des deux jeunes femmes qu'il avait embauché l'année précédente pour l'aider au champ.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda-t-il en criant lorsqu'elle fut à portée de voix.
Mais à peine eut-il lancé ces mots qu'il remarqua quelque chose d'anormal : même si elle n'était jamais vraiment propre - ce qui était impossible lorsqu'on travaillait dans les champs -, la robe de la jeune femme était particulièrement sombre aujourd'hui, plus que d'habitude, comme si elle était tombée dans la boue. Et lorsqu'elle eut parcouru quelques dizaines de mètres de plus, il vit l'expression de terreur sur son visage et comprit sombrement que ses vêtements étaient tout simplement couvert de sang.
- Ho par Dionysos…
Quelque chose se matérialisa alors soudainement derrière la femme et il eut juste le temps de voir un éclair de métal avant qu'elle soit brutalement tranchée en deux, de l'épaule à la hanche. Son cadavre, emporté dans son élan, fit encore deux pas avant que la moitié droite de son corps ne glisse par terre, un mélange d'horreur et de stupéfaction collé sur son visage, et qu'une gerbe de sang gicla comme une fontaine du reste, aspergeant les salades autour de lui d'une couleur écarlate.
Johann sentit alors distinctement la présence derrière lui du monstre qui venait de tuer la jeune femme et il se retourna lentement, le souffle court, une terreur sans nom ayant pris possession de son âme toute entière. Et même cela il eut du mal à le faire, ses jambes tremblaient et refusaient de bouger tandis que tout son corps semblait d'un seul coup comme enchâssé dans une nasse de plomb.
L'individu derrière lui était immense, mesurant presque 2 mètres et demi de haut et devant peser dans les 150 kilos. Portant une horrible armure de métal sombre bardée de crocs et de griffes, tout en lui respirant la violence, la fureur et la mort. Il vit la hache immense et dégoulinante de sang qu'il tenait aisément d'une seule main, persuadée que lui-même ne parviendrait jamais à soulever une telle masse… et ce fut la dernière vision de sa vie, le géant le tranchant en deux à son tour d'un simple revers presque paresseux.
L'Arrancar regarda Avalon avec intérêt quelques instants en silence, puis il leva son arme vers le ciel et poussa un rugissement, tel un véritable cri de guerre. Des milliers de cris lui répondirent, venant de derrière lui, émergeant de la forêt et envahissant petit à petit la plaine, se déversant impitoyablement vers la berge, des cris pour la plupart inhumains, sortant des gorges déformées des Hollows et des Arrancars qui les commandaient. Tel un chef de guerre, le géant abaissa son arme en direction du village au milieu du lac et poussa un rugissement de plus, ordonnant la charge.
Et ce fut le début du siège d'Avalon.
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Dans le chapitre suivant, l'intrigue de l'Olympe va commencer à battre son plein avec la libération d'Isshin. Et en attendant ce chapitre, R&R, mes chers lecteurs.
