Dans le chapitre précédent, la guerre était officiellement engagée tandis qu'un traître agissait dans l'ombre sur l'Olympe, renseignant la Garde Noire. Pas de combat prévu dans ce chapitre car nous entrons dans l'intrigue autour du traître. Mais assez de spoil, bonne lecture.
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Olympe, une semaine plus tard
Isshin cligna des yeux en revoyant enfin le soleil, pour la première fois depuis plusieurs mois. Il savait que la guerre avait commencé d'après les dialogues des gardes mais il pensait encore son fils et ses filles étaient toujours en sécurité au Seireitei. Il fit quelques pas vers la terrasse, respirant à pleins poumons l'air pur de la cité volante… et il trébucha pour se retrouver à genoux, écrasé par un reiatsu familier.
- Tu ne pensais quand même pas partir une fois de plus sans me dire au revoir, « chéri », ironisa Juliette en s'approchant de lui avec un grand sourire sur les lèvres.
- … L'idée… ne me viendrait… même pas en tête… parvint-il à siffler entre ses dents, furieux contre son impuissance.
Plusieurs mois d'emprisonnement privé de tout reiatsu l'avait laissé presque aussi faible qu'un enfant et il allait lui falloir quelques temps avant de pouvoir régénérer à nouveau ses forces. Son ancienne fiancée s'approcha de lui, allant jusqu'à poser sa main sur son col qu'elle tira pour découvrir son cou, profitant allègrement de son état de faiblesse.
- ça va piquer un peu, signala-t-elle en posant sa main sur sa nuque à découvert.
Piquer était un doux euphémisme, la douleur fut telle qu'il hurla et s'écroula ensuite comme un sac, portant une main tremblante à sa nuque devenue brûlante.
- C'est une balise, pour pouvoir te suivre à la trace. Maintenant vas-y, Isshin, retrouve ton fils pour nous. Toi, tu ne m'intéresses plus du tout.
Sur ces dernières paroles prononcées avec dédain, elle lui donna un coup de pied dans le ventre avant de s'éloigner tranquillement, sans un regard derrière elle. Isshin ne se releva qu'une bonne minute après son départ, lorsque la pression de son reiatsu ne l'écrasa plus et qu'il ne ressentait plus de douleur. Il resta toutefois adossé à un petit muret, essayant de se remettre de sa brutale et soudaine rencontre avec son ancienne fiancée.
- Mon dieu, tu n'es pas joli à voir, commenta une nouvelle voix à côté de lui.
Un simple coup d'œil par-dessus son épaule lui confirma l'identité de son interlocuteur, lui aussi adossé au même muret mais derrière lui.
- Ukasuni-Gunshirei. Je m'attendais à la visite de Tetsu plutôt que la tienne, soupira-t-il en massant sa nuque douloureuse.
- Il est sur le terrain. Les Arrancars ont attaqué Avalon en force, et les premières troupes envoyées par Arès pour la défendre se sont fait massacrer, par Baal en personne.
- Alors les rapports succincts que j'ai eu en prison ne mentaient pas… Les Grands Maîtres de la Garde Noire eux-mêmes sont de la partie.
Le Général d'Héra haussa les épaules et passa devant lui en Shunpo.
- Je ne suis venu que pour te rendre ça, Isshin, fit-il en lui tendant son Zanpakuto, Engetsu. Quelque chose me dit que tu vas en avoir besoin d'ici peu.
- Domo arigato.
Isshin reprit son arme et la glissa à sa ceinture, son poids familier le rassurant légèrement. Il se sentit immédiatement beaucoup moins nu qu'avant.
- Sans ton Hollow, tu n'es rien de plus qu'un Shinigami. Tu ferais donc mieux de retourner au Seireitei le plus vite possible.
- Le Seireitei est encore intact ? Alors que la Garde Noire attaque ici ? S'étonna-t-il.
- Les Shinigamis ont activé le protocole de défense de l'Ancien Roi, ils sont maintenant dans une sorte de pochette dimensionnelle interne et séparée de la Soul Society, uniquement reliée à la nôtre. Seuls les voyages entre l'Olympe et le Seireitei sont toujours possibles via le Dangai et avec les bonnes autorisations. En clair, pour que la Garde Noire attaque le Seireitei, il faut d'abord qu'elle passe par l'Olympe.
Isshin soupira de soulagement. Cette nouvelle signifiait que sa famille était saine et sauve… du moins ses filles.
- Et mon fils ? J'ai entendu dire qu'il avait réussi à vous fausser compagnie à peine arrivé.
- C'est le cas. Tu aurais dû voir la fureur de Juliette… Personne n'a osé l'approcher à moins de 10 mètres pendant toute la journée, tellement son reiatsu était chargé de pulsions meurtrières.
- Je veux bien le croire.
- C'est Juni Mitsumada qui est en charge de retrouver ton fils. Elle a embarqué dans son équipe un gars de Déméter pour la guider dans le Domaine et un autre d'Athéna, qui aurait déjà rencontré ton fils.
- La petite Juni ? Merde, elle est vraiment pas du genre à lâcher le morceau. Un véritable pitbull d'après mes souvenirs.
- Un pitbull ?
- Une race de chiens particulièrement féroce sur le monde mortel. Un proverbe assez récent dit « si un pitbull te mord, t'es mort ». Tu vois le genre ?
- Ho. Alors on pourrait en dire de même de ton ex.
- Haha. Tu peux faire quelque chose pour ça ? Demanda-t-il en désignant son cou.
- Désolé, c'est un Kidou spécial qu'elle a créé, elle seule peut le retirer à ma connaissance. Sincèrement, je me demandais quand elle allait se décider à l'utiliser sur toi. Elle ne veut vraiment pas perdre ta trace, où que tu ailles. Il agit à double sens : il lui permet de savoir où tu es mais il sert aussi de balise pour un Kidou de téléportation. En clair, elle peut maintenant apparaître à côté de toi sans crier garde à tout moment. A ma connaissance, ce truc ne marche qu'une fois. Elle doit ré-appliquer le sceau après. C'est en partie grâce à cette technique qu'elle est si appréciée par la patronne.
- Juliette enrageait toujours lorsque des personnes sous surveillance se faisaient la malle discrètement, se rappela Isshin en soupirant. Elle a donc fini par mettre au point cette technique sur laquelle elle travaillait tant.
- Allez, viens. Je suis libre pour le moment et je vais te payer un verre. Pour fêter ta libération.
Isshin ne mit pas longtemps à réfléchir à sa proposition et le suivit. Mais ils étaient à peine arrivés au bout de la rue qu'une femme apparut devant eux et se rapprocha, vêtue d'une armure de combat impeccable en dessous de sa toge blanche. Il ne la reconnut pas immédiatement tant elle avait changé mais ses souvenirs ne tardèrent pas à refaire surface.
- Isshin-dono. Je suis…
- Malika, c'est bien ça ? La petite fille de Banzarô, issu du côté de son fils ainé, Natu.
Elle approuva d'un hochement affirmatif de la tête.
- La chef de notre clan m'a envoyé pour vous accueillir à votre libération. Je pensais arriver en avance mais l'heure qu'on m'a donné n'était visiblement pas la bonne.
- Haa. Mon ex a voulu me laisser un petit cadeau avant que je sois complètement libre, commenta Isshin en se frottant la nuque.
Malika observa le général d'Héra à côté d'Isshin et le salua à son tour.
- Ukasuni-Gunshirei.
- Kaminoke-Taisa.
- Aphrodite-sama souhaite vous parler au plus vite, Isshin-dono. Si vous voulez bien me suivre ?
- Une seconde. Je suis étonnée que vous ne soyez pas en mission, Kaminoke-Taisa, demanda Ukasuni avec une légère suspicion dans sa voix. Les Arrancars ont envahi le domaine et tous les généraux et les colonels de la Légion de Poséidon devraient être sur le terrain.
- J'en reviens, justement. Je suis en transit, ayant été réaffecté à la défense d'Avalon. J'ai à peine eu le temps de prendre une douche et de me changer.
Effectivement, elle avait encore les cheveux légèrement humides.
- Ho. Des nouvelles fraiches du front ? Demanda-t-il avec un ton d'excuse.
Malika n'hésita qu'une seule seconde avant de répondre.
- Dans l'ensemble du Domaine – hormis à Avalon –, les Arrancars se cachent la plupart du temps. Pour l'instant nous n'avons fait qu'exterminer les Hollows qui forment le gros de leurs troupes d'invasion. Les pertes dans notre camps sont insignifiantes à côté des leurs. Au mieux, c'est maintenant une grave erreur tactique de la part de la Garde Noire que de continuer à nous envoyer leur chair à canon : nos troupes en profitent pour s'échauffer et acquérir de l'expérience. Nous sommes confiants dans notre victoire.
- Parfait alors, parfait. Et du côté d'Avalon ?
- La bataille fait rage là-bas selon les dernières nouvelles que j'ai reçu de mes collègues sur le front. Les Arrancars et les Hollows attaquent à tour de rôle et maintiennent un siège quasi-permanent autour du village. Mais les villageois sont saufs, le portail fonctionne encore et nos propres forces tiennent bon. Nous avons néanmoins connu de sévères pertes lorsque Baal lui-même est entré en scène en prenant les défenseurs par surprise au début de la semaine et la défense a failli tomber. Heureusement, Arès-sama et Poséidon-sama sont intervenus à temps et ont égalisé à nouveau les forces en présence sur le terrain. Mes ordres sont de m'y rendre sitôt ma présente mission terminée, pour renforcer la défense et tenter de briser le siège. Si Avalon tombe, nous perdons notre avant-poste principal sur le Domaine, et notre principal moyen de ravitaillement.
Malika parlait avec conviction et expérience, impressionnant Isshin par son discours précis et détaillé.
- Avons-nous découvert où ils ont établi leur tête de pont ? Demanda-t-il.
Elle secoua négativement la tête.
- Nous savons que c'est quelque part dans la région du Jurassique mais nous ne connaissons pas encore l'endroit exact. Nos recherches sont entravées à la fois par les Hollows et les Arrancars mais aussi par les nombreux troupeaux de dinosaures présents. Ils sont extrêmement perturbés par toutes les présences inhabituelles et se montrent beaucoup plus agressifs que d'habitude, selon nos guides de la Légion de Déméter. Les reiatsus des dinosaures sont également beaucoup plus proches de celui des Hollows et des Arrancars que du nôtre, du fait que ce sont principalement des bêtes fonctionnant à l'instinct, et cela accroit d'autant la difficulté de nos recherches.
Pas de doute, elle savait de quoi elle parlait.
- Bon, et bien je vais vous laisser à votre mission et ne pas vous retarder d'avantage, Kaminoke-Taisa, fit le général en s'inclinant poliment.
- Je vous en prie, Ukasuni-Gunshirei.
- Isshin, une autre fois pour ce verre ?
- Quand tu veux.
Le général les salua et s'éclipsa d'un rapide shunpo. Malika désigna la rue descendante et Isshin et elle s'y engagèrent côte à côte, rejoignant un peu plus la civilisation. Bien vite, les badauds et les marchands firent leurs apparitions et ne tardèrent pas à envahir leur champ de vision lorsqu'ils arrivèrent dans l'un des axes les plus fréquentés de l'Olympe mais l'ambiance des lieux étaient néanmoins alourdis par l'anxiété due à la guerre.
- Aphrodite-sama vous attend à son bureau au temple, précisa Malika en continuant vers le secteur concerné, s'éloignant de la direction des quartiers d'habitation.
- Je te suis. Tu as beaucoup grandi depuis la dernière fois que je t'ai vu, remarqua-t-il en essayant de faire la conversation.
- Je ne suis plus la petite fille qui sautait sur vos genoux depuis longtemps, Isshin-dono. De vous à moi, je trouvais la décision de votre bannissement injuste et d'autant plus votre emprisonnement à votre retour, même en cachette. Cependant, votre emprisonnement est en partie de votre faute également, le gronda-t-elle légèrement tout en gardant un ton poli. Aphrodite-sama aurait pu vous protéger si vous vous étiez confié à elle dès votre retour, continua-t-elle avec une légère désapprobation. C'est à ça que sert la famille et le clan.
- Toutes mes excuses, je pensais que Banzarô dirigeait encore notre famille à ce moment-là. Et je ne connais malheureusement pas assez Elena pour savoir si je peux me fier à elle. Elle n'est que ma cousine éloignée et, en tant que futur chef du clan Kaminoke, elle a toujours eu une cohorte de suivants autour d'elle. Même après que je sois devenu Général, l'approcher sans invitation était… assez difficile.
- … C'est compréhensif, soupira Malika après une brève réflexion. Mais beaucoup de choses ont changé depuis et j'espère que cela changera encore, bientôt. Aphrodite-sama est notre chef désormais et mon grand-père lui-même doit apprendre à évoluer avec son temps. En ces heures sombres, il faut plus que tout rester soudé, car ce n'est qu'ensemble que nous survivrons à la guerre et à la sélection. Si les clans continuent à s'entre-déchirer alors que la guerre fait rage, alors nous courrons à notre perte. Les Arrancars eux-mêmes ont mis leurs conflits internes en pause. Si nous ne les imitons pas dans le même sens, ils vont tous nous massacrer.
- Ce n'est pas faux, approuva Isshin, un peu surpris par son discours passionné.
- Aphrodite-sama vous en parlera mieux que moi, fit la jeune femme avec certitude. Dépêchons-nous, je dois faire mon rapport et retourner au front le plus vite possible. Chaque minute où je ne me bat pas, c'est un Hollow de plus qui saccage une maison ou qui détruit nos récoltes.
- Haa.
Décidément, cette femme était autant passionnée qu'engagée dans sa cause. Cela rassura Isshin qu'en à l'avenir de son ancien clan et de l'Olympe. La Garde Royale avait besoin de jeunes colonels pensant comme elle, prêts à s'engager et à risquer leur vie pour protéger les autres. Et si Aphrodite était seulement la moitié de ce que Malika prétendait qu'elle était alors il y avait une petite chance pour qu'il se soit trompé et qu'un espoir subsiste pour sa famille ici, à l'Olympe.
***.***
Domaine de l'Olympe, village caché de Forestedge
- Getsuga Tenshou !
L'arc de reiatsu destructeur trancha l'air en grondant tel un fauve enragé pour aller se fracasser sur le bras bouclier de Chad sans même l'endommager, ni toucher sa cible initiale, à savoir Ishida. Celui-ci surgit ensuite sur la droite de son ami qui était venu le défendre et braqua son arc vers Ichigo, lui envoyant instantanément trois flèches avec précision, légèrement écartées les unes des autres pour former un triangle.
Pour le Shinigami, vu que les trois flèches allaient l'atteindre exactement en même temps, en bloquer une avec son arme était facile, deux faisable avec de la vitesse, mais la troisième… beaucoup plus difficile sans activer son Bankai. Mais il n'eut pas à le faire car Orihime dressa en un instant son « bouclier en triangle » et les projectiles furent stoppés net.
Mais Ichigo n'eut pas le temps de souffler quand même car il sentit alors dans son dos le reiatsu de Tatsuki s'approcher d'eux comme une fusée. Il bondit en avant tout en se contorsionnant dans les airs pour faire face à la nouvelle menace et se retrouva dos à dos avec Inoue, parant de justesse la lame de sa petite amie.
Sentant que Chad préparait une de ses décharges d'énergie et Ishida qui armait de nouvelles flèches, Ichigo enroula son bras libre dans son dos pour agripper la ceinture d'Orihime et la prévint d'un simple mot :
- Shunpo.
La seconde suivante, Tatsuki avait elle aussi bondit en arrière et les flèches d'Ishida et le El Directo de Chad se percutèrent dans le vide.
- STOP !
La voix de stentor de Yamamoto tonna tel un coup de tonnerre et les 5 amis se figèrent telles des statues.
- Restez où vous êtes sans bouger d'un cil et ressentez le reiatsu ambiant, ordonna-t-il. Concentrez-vous.
Sans broncher, ils obéirent et, bien évidemment, Uryû fut le premier à déceler ce que le vieux commandant voulait qu'ils trouvent. Ichigo fut le suivant, puis Orihime et Tatsuki. Chad finit par le découvrir à son tour et lorsque Yamamoto vit que ce fut le cas il ordonna :
- Maintenant !
Les 5 amis bondirent chacun dans une direction différente, sortant du rayon d'action des invisibles petites bombes de flammes qu'il avait implanté à leur insu durant leur combat.
- Arisawa-san et Yasutora-san. Reprenez !
Par cette seule commande, le duel recommença, mais cette fois-ci Tatsuki et Chad étaient ensemble contre les trois autres. Il s'agissait d'un exercice de perception de reiatsu extrêmement complexe et difficile, être capable de repérer et de sentir un reiatsu bien particulier ou différent des autres, alors que les cinq amis étaient plongés dans un test de combat en situation réelle. Yamamoto avait limité chacun d'entre eux pour qu'ils soient à peu près au même niveau – Ichigo et Tatsuki en Shikai, Orihime seulement ses trois premiers pouvoirs, Ishida n'avait que son arc et ne devait pas faire de matérialisation et Chad avec son seul bras droit – et il les laissait se battre pendant 5 minutes, les laissant se noyer dans un océan de reiatsu ambiant. Puis il implantait des bombes invisibles et leur laissait un certain temps pour les détecter avant de les activer. Un temps qu'il raccourcissait de plus en plus.
- Hooo, en voilà un exercice complexe, commenta Kyouraku en s'approchant assez discrètement. Entrainement de la maîtrise du ciel… ça me rappelle de vieux souvenirs.
- Ils sont encore loin mais ils apprennent vite. Surtout Kurosaki. Je ne sais pas ce qu'il lui est arrivé au Hueco Mundo mais ses perceptions se sont considérablement accrues depuis son retour et elles continuent de s'améliorer. Sa capacité d'apprentissage est tout simplement inhumaine.
Mais comme pour le contredire, Ichigo fit alors un mauvais dérapage en shunpo durant un échange et se retrouva les 4 fers en l'air. L'épée de Tatsuki le frôla alors de peu, allant se planter dans le sol juste entre ses jambes, à quelques millimètres seulement de ses parties intimes. Ichigo lâcha un cri de terreur à moitié étranglé et se redressa vite fait, foudroyant du regard sa petite amie qui lui répondit d'un clin d'œil et d'un sourire goguenard.
- Mais il reste toujours aussi inepte dans certains autres domaines, commenta ironiquement le capitaine de la 8ème Division.
Yamamoto soupira longuement et secoua la tête.
- Son niveau de réussite dans les domaines les plus complexes n'a d'égal que son niveau d'échec dans les domaines les plus simples, grommela-t-il.
Il avait montré à Ichigo une petite variante très simple en Shunpo permettant de limiter le dégagement de reiatsu lors de l'arrêt et d'augmenter ainsi sa furtivité et le silence lors de son exécution. Apparemment, Soi Fon et Yoruichi lui avaient elles aussi montré cette version mais il n'y arrivait tout simplement pas. A chaque fois qu'il essayait, il perdait son adhérence, finissait par déraper comme un malade et tombait même lorsqu'il ne parvenait pas à se rétablir.
Pourtant, tous les autres y arrivaient à la perfection en une dizaine d'essais à peine, y compris les jeunes dans le groupe d'Ukitake. Résultat, il avait été l'espace d'un soir la risée de tout le dortoir, tout le monde lui montrant comment faire et lui n'y arrivant pas malgré tous ses efforts et toutes les explications données. Jinta l'avait même nargué sur le sujet pendant presque une heure jusqu'à ce qu'Ichigo finisse par craquer et qu'il lui montre à quel niveau était son propre shunpo en général : il avait attrapé le garnement pas son Shihakusho et disparut en un éclair en l'emportant avec lui. Revenant trois minutes plus tard environ, il avait déposé – pour ne pas dire jeter – Jinta comme un sac le long d'un mur et le garçon était resté pendant les 10 minutes suivantes immobile, les yeux écarquillés de terreur. D'après les mouvements de leurs reiatsus, ils avaient filé comme une balle de flipper entre les arbres de la forêt alentour, montant, descendant, virant et changeant de rythme à chaque seconde.
Pourtant Ichigo n'en démordait pas et continuait à s'entrainer sur ce mouvement régulièrement. Yamamoto n'avait pas de doute qu'il finirait éventuellement par le maîtriser mais le temps qu'il aura passé en tout pour apprendre ce simple pas était proprement sidérant.
- Oracio-Gunshirei a reçu une information urgente de l'Olympe, murmura alors discrètement Kyouraku. Il est libre.
Le commandant fronça les sourcils d'agacement, sachant parfaitement à qui le « il » faisait référence.
- Il faut le prévenir qu'il ne doit pas chercher à les retrouver, surtout pas maintenant. Il est surement suivi par les agents d'Héra et d'Athéna qui n'attendent que ça, qu'il les mène jusqu'à nous.
- Ho, il le sait déjà. Apparemment, une Générale d'Héra lui a posé une sorte de marqueur sur la nuque et je lui fais assez confiance pour savoir qu'il ne doit pas chercher à nous retrouver de lui-même mais… Peut-on en dire de même de notre côté ?
Kyouraku désigna Ichigo d'un hochement de tête.
- C'est bien pour cela que nous garderons le silence, pour le moment, trancha Yamamoto.
Il fit un petit geste signifiant clairement que la conversation était close et se concentra de nouveau sur ses élèves. Kyouraku acquiesça silencieusement et se concentra à son tour sur les jeunes.
- Et si je me joignais à eux ? Suggéra-t-il au bout d'une minute.
Yamamoto le regarda d'un œil surpris puis un léger sourire sadique se dessina rapidement sur ses lèvres. Prenant cela pour un oui, le capitaine n'hésita qu'une seconde, son regard glissant brièvement sur Tatsuki, avant de sauter dans l'arène à son tour. Les 5 jeunes cessèrent instantanément leur engagement, chaque groupe à part, et attendirent avec curiosité.
- Kyouraku-Taichou, pas de Shikai ni de Bankai mais libre utilisation des Kidous, du Hakuda et du Shunpo. Vous êtes avec Arisawa-san et Yasutora-san. Reprenez.
Shunsui salua ses alliés d'un hochement de tête puis regarda Ichigo dans le groupe d'en face avec un sourire.
Depuis le temps que j'attendais ce moment, je vais enfin pouvoir croiser le fer avec notre jeune ami. Voyons voir de quel bois est-il fait, songea-t-il avec une certaine excitation.
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Olympe, Temple d'Aphrodite
La Légion d'Aphrodite était vraiment à part dans la Garde Royale. Bien que composée essentiellement de militaires, c'était elle qui était en charge des divertissements et, à ce titre, ses agents étaient souvent sollicités lors des banquets, des réceptions, des remises de récompense, des festivals et des jours de fêtes. Et malgré la déclaration de la guerre, leurs activités n'avaient pas diminué pour autant car cette légion était aussi chargée des archives et cela incluait de mettre à jour toutes les informations possibles sur leurs ennemis les plus importants, les Arrancars de la Garde Noire, mais aussi sur les valeureux Vaizards tombés au combat, pour les cérémonies d'inhumation ou les enterrements qui auront lieu ensuite, une fois que la guerre serait terminée.
Par voie de conséquence, la Légion d'Aphrodite était souvent considérée comme une bande de mi-journalistes, mi-troubadours – et parfois même des espions – aux yeux des autres Légions mais personne n'allait jamais jusqu'à critiquer leur travail car ils étaient à la fois les yeux et le cœur de la vie de l'Olympe et de la Garde Royale.
Même du temps où il était Général, Isshin n'avait été qu'à deux reprises seulement dans ce temple, il ne connaissait donc pas vraiment les lieux. Il trouva assez étrange l'organisation de cette Division, semblant assez laxiste sur certains points, notamment la discipline militaire car personne ne les saluait sur leur passage ni ne semblait même prêter attention à eux, et soucieuse sur des détails apparemment sans importance, comme ces deux agents qui se disputaient sur un rapport concernant un Arrancar qui venait d'être vaincu mais dont le nom semblait ne pas figurer sur le papier.
Pour Isshin, un Arrancar mort n'était qu'un ennemi sans visage de moins à risquer d'avoir à affronter à l'avenir. Se rappeler de son nom pour les archives n'avait aucun intérêt à ses yeux, puisqu'il n'avait pas été là pour l'affronter et qu'il n'avait joué aucun rôle direct ou indirect dans son décès. Mais il s'agissait là de son avis et il était conscient que d'autres ne voyaient pas forcément les mêmes choses du même œil.
Néanmoins, il régnait sur le temple une sorte d'ambiance gaie et joyeuse qu'il aurait trouvé complètement dérangé chez Artémis ou Arès. La guerre ne semblait pas inquiéter la Légion d'Aphrodite, du moins pas plus que ça, et ses membres semblaient déterminés à rester optimistes et de bonne humeur.
C'est dans cette ambiance donc assez décalée qu'ils furent introduis dans le bureau d'Aphrodite. La Maréchal était en train d'observer l'Olympe depuis un large balcon. Son bureau se situant tout en haut du temple et celui-ci dominant le centre ville, elle avait donc une vue imprenable sur les larges rues chargées d'activité de la Cité des Dieux.
- Approchez, venez contempler ce spectacle, leur demanda-t-elle sans se retourner.
Malika lui obéit sans hésitation, suivie par Isshin un instant plus tard. Il posa la main sur la balustrade et observa la ville, essayant d'ignorer l'incroyable beauté qu'il avait à quelques mètres de lui. Malika, quant à elle, resta un peu en retrait sur le balcon.
- La guerre gronde mais l'Olympe continue à vivre comme si de rien n'était, remarqua Aphrodite. C'est cette paix que je tiens à préserver par-dessus tout. Tout combat mortel dans ces rues ne sera qu'un échec à mes yeux, même ceux qui ne peuvent être évités.
- Il est vrai que ce serait l'idéal. Hélas, je doute que les Arrancars de la Garde Noire soient de votre avis, commenta Isshin d'une voix calme mais sombre.
- La prison aurait-elle eu raison de votre optimisme, cousin ?
- Ho non, je reste simplement réaliste. J'ai beau avoir reçu une marque moi aussi, ce qui signifie apparemment que je fais aussi partie de la sélection, je ne pense pas pouvoir y jouer le moindre rôle dans ma situation actuelle. Tout ce que je souhaite, c'est que ma famille vive en paix.
Isshin se tourna alors vers elle et la regarda droit dans les yeux.
- Et je suis désolé mais je ne me considère plus comme un Kaminoke. J'ai perdu le droit de porter ce nom lorsque le clan m'a banni et j'ai épousé une femme merveilleuse dont le nom est devenu le mien. Ma famille, désormais, ce sont les Kurosaki, et cela n'inclut donc que mon fils, mes filles et moi. Nous avons peut-être un lien de sang mais cela s'arrête là.
Il sentit une fureur froide mêlée d'indignation émaner de Malika mais Aphrodite se contenta de sourire à sa déclaration et haussa les épaules.
- Si c'est ainsi que vous voyez notre relation en ce moment, je n'y peux rien. Mais ne m'en voulez pas si je pense autrement. A mes yeux, vous et vos enfants font partie de ma famille, de mon clan… et il est de mon devoir de vous aider et de vous protéger. Et j'irai même plus loin en disant que ce n'est pas seulement un devoir mais aussi un désir personnel.
Elle plongea son regard dans le sien et Isshin se sentit perdre une partie de sa contenance. On disait que la première Aphrodite, fille directe de Zeus, avait été si belle que n'importe quel homme sur terre ne pouvait s'empêcher de ressentir du plaisir et de l'envie à son égard. Kaminoke Elena semblait être née pour lui succéder, possédant exactement la même beauté et le même magnétisme. Passant devant Malika, elle posa une main délicatement sur son épaule et Isshin sentit toute la colère de Malika disparaître pour ne laisser qu'une expression de béatitude sur le visage de la jeune colonel, et de dévotion proche de l'amour.
- Dis-moi, cousin, continua-t-elle en se dirigeant vers un cabinet et en passant directement au tutoiement comme s'il se connaissait de longue date. Maintenant que tu es de nouveau libre, quels sont tes projets ? Retrouver tes enfants, cela va de soi… Mais je doute que tu choisisses de le faire dans l'immédiat, je me trompe ? Cette marque que tu as sur ton cou est un peu un boulet. Un présent de ton ex, je parie ?
- On ne peut rien vous cacher, confirma Isshin en caressant sa nuque et en la suivant à l'intérieur mais gardant ses distances, Malika fermant la marche derrière lui.
La douleur était totalement partie depuis un moment mais il sentait clairement le reiatsu étranger qui l'habitait désormais, juste à la base de sa troisième cervicale.
- Ma foi, je ne sais pas trop moi-même. Privé de mon Hollow, je ne suis plus qu'un simple Shinigami, et cela fait des lustres que je ne me suis pas entraîné, je dois être complètement rouillé, pour ne pas dire encrassé. Je pense retourner au Seireitei, j'y retrouverai au moins mes filles. Mon fils est assez grand pour se démerder tout seul pour le moment, je ne m'en fais pas trop pour lui.
- Haa, tes filles. Karin et Yuzu, si mes informations sont exactes ? Elles ont quoi ? 16 ans maintenant ?
- A peu près, en effet. 15 pour être précis.
Aphrodite avait ouvert le cabinet, dévoilant une impressionnante collection de vins, de liqueurs et d'autres boissons en tout genre.
- Je te sers quelque chose ?
- Non merci, je n'ai pas soif pour le moment, déclina-t-il.
- Humm… Suspicieux jusqu'au bout. Et toujours sur tes gardes, remarqua-t-elle d'un ton léger, sans remontrance.
Isshin soupira et détourna son regard. La beauté d'Aphrodite était ensorcelante et l'empêchait de penser clairement.
- Vous avez demandé ma libération et vous l'avez obtenu. Puis envoyé Malika me chercher à ma sortie. Je me doute que c'est pour obtenir quelque chose de moi, non ? Alors passons directement à la raison de ma présence ici : qu'attendez-vous de moi ?
- Vos filles ne sont pas au Seireitei, répondit-elle tout en se servant un verre de vin rouge. Vous êtes sûr de ne rien vouloir ? Malika, un verre ?
- Quoi ? S'étonna Isshin, maintenant inquiet.
- Une citronnade, Aphrodite-sama, répondit la jeune colonel, l'ignorant superbement.
Aphrodite fit elle-même le service tout en expliquant :
- A peu près en même temps que votre fils filait entre les doigts de trois généraux et d'une dizaine de colonels, vos filles se sont fait enlevées par un inconnu avec une technique très similaire. Et celui qui a permit la fuite de votre fils n'était nul autre que Kyouraku Shunsui, capitaine de la 8ème Division du Gotei 13. Dès lors, il n'est pas sorcier de deviner qui est derrière tout cela : le vieux Yamamoto se cache encore dans le Domaine depuis sa visite il y a deux semaines et il a veillé à rassembler toutes ses billes dans son panier, sous sa surveillance constante. Je pense qu'elles sont en sécurité… Enfin, je l'espère sincèrement. Car le Domaine est actuellement envahi de Hollows et d'Arrancars et je dois bien avouer que personne ne sait précisément où ils se cachent…
Elle laissa sa phrase en suspens, faisant bien comprendre à Isshin qu'en vérité elle savait d'avantage qu'elle le disait.
- Dans le domaine… répéta-t-il à voix basse.
Tout le monde savait que rien ne se passait dans le Domaine sans que Déméter ne soit au courant. Ou, en tout cas, il était certain qu'il savait où était caché Yamamoto et donc sa famille.
- Encore une fois, pas besoin d'être une lumière pour savoir où chercher… ou à qui s'adresser pour le savoir. Il ne reste plus qu'à présenter les bons arguments auprès des bonnes personnes.
- Merci pour ces informations mais vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous attendez de moi, cousine, reprit-il après une petite pause en croisant les bras sur sa poitrine.
- Héra et Athéna sont tous les deux des crétines égocentriques finies, lâcha-t-elle alors d'un ton glacial. Elles ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez et n'ont que leurs intérêts à cœur, ou leurs précieuses lois selon le cas. Le Domaine est aujourd'hui envahi par les Hollows et chaque jour il en arrive d'avantage encore. Ce que je veux, c'est ce que tout personne sensée et normalement constituée veut : que ma famille soit en sécurité. Et comme je vous l'ai dit, à mes yeux, que vous le vouliez ou non, vous êtes de ma famille. Vous et vos enfants. Bien entendu, je ne m'arrête pas là. Être en sécurité, cela ne signifie pas être enfermé dans une cage à l'abri du danger, comme vous l'étiez il y a encore une heure. Etre en sécurité, cela veut dire pouvoir vivre chaque jour, chaque minute, chaque souffle sans avoir à se demander si ce ne sera pas le dernier de notre existence, mais aussi de ne pas avoir ces mêmes pensées à l'égard de nos proches, de nos amis et de nos connaissances.
Aphrodite prit une petite boite carrée en bois qu'elle lança à Isshin et qu'il attrapa sans problème.
- Vivre libre dans un monde libre, sans avoir peur de son prochain ni de l'avenir et pouvoir compter sur l'aide des autres. Voilà ce qu'être en sécurité signifie à mes yeux.
Elle désigna la boîte pour qu'Isshin l'ouvre et regarde à l'intérieur. Curieux, il souleva le couvercle et vit une sorte de petite sphère noire, de la taille d'une bille… et il ressentit immédiatement l'immense pouvoir qui l'habitait. Un pouvoir instinctif. Un pouvoir Hollow. Il referma le couvercle d'un geste sec.
- Nous savons tous les deux que tu iras tôt ou tard retrouver ta famille, notre famille. Dans ton état actuel, descendre dans le Domaine serait un suicide pur et simple. Cela t'aidera à réveiller le Hollow qui est endormi en toi, dit-elle en désignant à nouveau la boîte. Grâce à ça, tu redeviendras le Vaizard que tu étais avant.
- J'ai perdu mon Hollow, répondit Isshin en secouant la tête avant de lever la boîte. Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
- Tu n'as pas perdu ton Hollow, le détrompa-t-elle. Il est seulement profondément endormi en toi, comme je viens de te le dire. Aucun être, vivant ou spirituel, ne possède pas de Hollow en lui. Ou bien crois-tu n'être devenu que l'équivalent d'un Zanpakuto ? Ironisa-t-elle devant son expression en désignant Engetsu à sa ceinture. Je peux te prouver le contraire en un seul mot.
- Vraiment ? La défia-t-il en soulevant un sourcil surpris.
- Le Désir.
Elena recula doucement pour s'adosser à son cabinet, son verre de vin rouge à la main qu'elle porta à sa bouche pour en boire une petite gorgée tout en lui adressant un regard tellement surchargé de sensualité qu'Isshin se sentit, malgré lui et la situation, pousser un début d'érection. Heureusement que ses vêtements dissimulaient parfaitement son excitation soudaine sinon il aurait été, en plus, très embarrassé. Il déglutit pour tenter de retrouver sa contenance et détourna son regard.
- Le désir n'est qu'instinct. Si tu en éprouves, c'est que tu es vivant, que ton âme est bien complète, et donc composé d'un mélange équilibré entre raison et instinct. Et qui dit instinct dit Hollow.
Elle désigna à nouveau la boîte.
- Contrairement à son apparence, il ne s'agit pas d'une pierre mais d'un petit bonbon tout à fait comestible. Il est, comme tu l'as senti, surchargé en reiatsu Hollow. Après ton bannissement, que je trouvais extrêmement injuste, j'ai fait énormément de recherches durant mon temps libre sur un moyen de te rendre tes pouvoirs de Vaizard. Ho, ce n'est pas sans risque, je ne le nierai pas. Mais d'après mes calculs et mes expériences, cela devrait fonctionner très bien sur toi.
- Votre truc ressemble… au Hougyoku, remarqua-t-il avec méfiance. Et quelque chose me dit que l'obtenir n'a pas dû être une partie de plaisir.
- Et tu te trompes complètement. Le bonbon vient de là, fit-elle avec un sourire ironique en désignant un bol rempli des mêmes petites billes noires, et le reiatsu qu'il contient n'est nul autre qu'une partie du mien. Pour rendre ses pouvoirs à un Vaizard qui croit avoir perdu son Hollow, il suffit de faire exactement comme à un Shinigami qu'on souhaiterait transformer en Vaizard : on lui injecte du reiatsu Hollow de force. Bien sur, il y a aussi un petit Kidou en plus sur le bonbon qui te fera tomber dans le coma dès qu'il arrivera dans ton estomac, histoire d'initialiser l'assimilation… Je crois que les Shinigamis appellent cela l'Hollowfication. Et je pense que tu préféreras cette méthode à l'ancienne. A moins que je me sois complètement trompée sur ton caractère et que tu sois un masochiste de première catégorie. Dans un tel cas, on peut le faire à la dure, il me suffira de demander à Malika d'enfoncer de force sa main dans ta poitrine… Je préfèrerai éviter d'avoir à salir ma robe.
Il y eut un bref moment de silence, durant lequel Isshin parut réfléchir à ce qu'il devait faire ou voulait faire. Tranquillement, il finit par glisser la petite boîte dans son shihakusho et Malika se détendit, vidant sa main du reiatsu qu'elle y avait chargé.
- J'ai quelques petites choses à faire avant de redevenir un Vaizard. J'imagine que je vais rester quelques temps inerte après avoir avalé ce truc et je préférerais régler mes affaires avant de le prendre.
- Mais bien entendu, concéda Aphrodite avec un grand sourire sincère. Après tous ces mois passés en prisons, c'est compréhensible. Et de toute façon, je ne t'aurais pas laissé prendre ce bonbon, là tout de suite. Ton reiatsu commence à peine à se régénérer, je te conseille de te reposer chez toi pendant quelques jours, une semaine même si nécessaire, avant de le prendre.
Elle se dirigea vers son bureau et récupéra quelque chose dans un tiroir qu'elle lui lança.
- Tiens, ce sont les clés de ton ancienne demeure. Repose-toi et régénère tes forces. Nous aurons bien d'autres occasions de parler.
Malika reposa son verre vide et Aphrodite alla elle-même ouvrir la porte de son bureau, mettant à un terme à leur entretien.
- A très bientôt, cher cousin.
Isshin n'hésita qu'un instant avant de sortir, la saluant d'un hochement de tête au passage.
- Aphrodite-sama.
- Aphrodite-sama. Je vais retourner au front, suivant les ordres qui m'ont été donnés, signala la colonel en passant devant elle à son tour pour sortir.
- Veille bien sur toi, Malika. Tu sais que je détesterais qu'il t'arrive quoi que ce soit.
- Oui, je ferais attention. Merci de vous inquiéter pour moi.
- C'est bien naturel.
Les deux femmes échangèrent un sourire entendu et Malika referma la porte derrière elle. Isshin observa l'échange avec un certain intérêt mais garda le silence. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils sortaient du temple, il ne put néanmoins s'empêcher de demander à la jeune femme :
- Tu sembles très bien t'entendre avec elle. Je m'étonne que tu ne sois pas dans sa Légion.
Malika n'hésita qu'une seconde avant de lui répondre.
- Aphrodite-sama a commencer ses classes dans l'armée dans la Légion de Déméter et elle y est restée jusqu'à colonel. Puis elle servit dans celle de Poséidon en tant que Général. C'est là qu'elle fut mon officier superviseur lorsque je suis entrée dans l'armée. Elle m'a presque tout appris.
- Hoo. Je savais qu'elle était dans la Légion de Déméter avant mon bannissement mais j'ignorais tout de son passage chez Poséidon. Je comprends mieux maintenant.
- Isshin-dono, ce fut un honneur de vous avoir servi d'escorte. Je dois maintenant reprendre mes activités en tant que Colonel de la Légion de Poséidon et retourner sur le champ de bataille.
- Haa. Bonne chance à vous, Kaminoke-Taisa, la salua-t-il militairement parlant mais avec un sourire amical.
- Reposez-vous bien et à bientôt, je l'espère.
Sur ces dernières paroles, elle se détourna de lui et se fondit dans la foule. Isshin resta encore quelques instants seul sur le parvis du temple d'Aphrodite puis, fouillant dans ses poches intérieures, il en sortit la petite plaquette rectangulaire qu'Athéna lui avait apporté durant sa visite dans sa cellule il y avait quelques semaines. Réfléchissant encore quelques secondes, il finit par la tapoter doucement avant de la ranger à nouveau et il se fondit dans la foule à son tour.
L'heure était venu de rendre visite à quelques personnes, et certaines n'allaient pas apprécier de le voir débarquer à l'improviste.
***.***
Domaine, Région du Jurassique
Assis sur la souche d'un arbre, Grimmjow mordait à pleines dents dans la chair succulente et parfaitement cuite d'un lézard qu'ils avaient tué une heure auparavant. Nel auscultait une carte récemment mise à jour de la région, compte tenu de leurs explorations, et Tia observait le terrain avec une paire de jumelles, cherchant le moindre signe de civilisation.
Dans ce monde surchargé de reiatsu, où même les plantes environnantes en généraient constamment, leurs Pesquisas étaient virtuellement inutiles et ils devaient recourir à leurs autres sens pour tenter de repérer… quoi que ce soit ou qui que ce soit.
- Posez ces gadgets et venez manger un morceau, leur lança Grimmjow en agitant sa brochette. Ce truc est vraiment délicieux, rien que l'odeur… Huuumm, ça me m'est l'eau à la bouche.
- Et tellement chargé en reiatsu que ça régénère parfaitement nos réserves, ajouta Julia. J'ai vu des Hollows évoluer pas plus tard que ce matin, rien qu'en mangeant ce genre de viande. Je n'en revenais pas moi-même. Nos textes, même les plus anciens, parlent peu du Domaine et les Vaizards se sont bien gardés de nous dire à quel point leur garde-manger était aussi… riche et vaste. Les bâtards.
- Moi, ce qui m'a le plus surpris, c'est lorsque l'un de ces dinos m'a craché un Cero presque à bout portant, commenta l'un de ses serviteurs entre deux bouchées.
- Ce sont des animaux, ils ne fonctionnent qu'à l'instinct, ou presque. Pas étonnant qu'ils soient assez proches des Hollows, expliqua un autre.
Nel et Tia rangèrent leurs affaires et les rejoignirent autour du feu.
- Toujours aucune trace de civilisation. Hormis cette espèce de cachette que nous avons découvert il y a deux jours, vide depuis longtemps en plus, je n'ai pas l'impression que les Vaizards aient établi de base dans la région, conclut Tia avant de mordre à son tour dans une brochette qu'elle avait prise parmi celles qui cuisaient encore sur la grille au dessus du feu.
- Je suis du même avis. Toute cette région est hostile et sauvage, inadaptée aussi bien à la culture qu'à la chasse. On ne trouvera personne ici.
- J'ai entendu dire que les troupes des Baal et de Valefor se frottent presque tous les jours aux Vaizards à Avalon, remarqua Grimmjow d'une voix envieuse. Les salopards s'amusent bien pendant qu'on s'emmerde ici à explorer cette jungle.
- Les ordres sont les ordres, répéta Teresa d'une voix lasse et pour la énième fois depuis leur arrivée il y avait une semaine. Mais je suis d'accord avec vous : explorer cette région de fond en comble ne sert à rien. Nous sommes déjà allés plus loin que le reste de l'armée n'ira dans cette direction.
Elle fit un claquement de doigt vers Nel et lui demanda la carte. Elle l'étala sur le sol devant elle et l'examina.
- Nous sommes arrivés ici et nous savons que l'Olympe est à peu près par là, inaccessible car située bien au delà dans les nuages. Et nous savons tous ce qu'il se passe lorsque nous essayons de voler.
Certains Hollows et Arrancars avaient essayé de se servir de leur reiatsu ou de leurs attributs physiques pour voler au dessus du domaine. Après tout, ils avaient aussi rencontré des dizaines de races différentes d'oiseaux, de reptiles et d'insectes qui en faisaient de même. Mais étrangement, il semblait impossible de dépasser une certaine altitude. Au-delà d'environ 2-3 kilomètres du sol, l'air se raréfiait et le reiatsu également. Et à 4-5 kilomètres du sol, il devenait impossible de respirer et de voler, il ne restait plus que du vide. Et l'Olympe trônait au dessus du Domaine à plus d'un dizaine de kilomètre d'altitude selon les textes, inaccessible sans passer par l'un des portails de transport. Comme une cité dans l'espace.
- Avalon est ici selon nos rapports et nous sommes là, bien loin des lignes du front. Des Vaizards ont affronté nos armées dans le Domaine, ici, ici, ici, ici et là. En clair, ils veulent simplement nous empêcher de nous approcher de l'Olympe, rien de plus.
- Et que suggères-tu alors ? Demanda Nel.
- On continue à obéir aux ordres qu'on nous a donné, mais on va se déplacer plus vite. Beaucoup plus vite.
Teresa désigna un grand arc de cercle sur la carte.
- Nous allons littéralement faire le tour de l'Olympe, en gardant une distance constante entre sa position et la notre. Nous planterons nos relais de communications dans des zones difficilement accessibles et à haute altitude, en haut des plus grands arbres ou des montagnes, pour garder contact avec le reste de l'armée.
- En clair, on s'éloigne de plus en plus des zones de combat, grogna Grimmjow, déçu.
- Jusqu'à ce qu'on ait fait le tour complet. Combien de temps ça prendra, à votre avis ? Demanda Tia.
Teresa haussa les épaules.
- Très sincèrement ? Compte tenu de ce qu'on a déjà exploré et de notre vitesse de déplacement… Et en estimant que nous irons 10 à 12 fois plus vite… je dirais plusieurs semaines, peut-être même deux ou trois mois.
- … C'est une blague ? Gronda doucement Grimmjow, maintenant clairement furieux mais se retenant d'exploser.
Teresa le regarda un instant puis observa les autres Arrancars. Prenant une décision, elle fit un signe à Julia et celle-ci se leva et claqua dans ses mains pour attirer l'attention de leurs serviteurs.
- Réunions des officiers. Barrez-vous et revenez dans 15 minutes.
Une minute plus tard, hormis deux Arrancars totalement dévoués aux deux maîtresses et qui leur servaient de seconds, tous les autres avaient disparu.
- Ce que je vais vous donner est une information venant directement de Lilith-sama. Ne me demandez pas comment elle l'a obtenu, je n'en sais rien moi-même.
Elle désigna un point sur la carte, situé sur leur chemin. S'il était à midi et que l'Olympe était en plein centre d'une horloge, elle indiquerait environ 2h.
- Par ici, quelque part dans ce secteur, il y a un village, une sorte de colonie de chasseurs vivant en complète autarcie ou presque. La Garde Royale s'en sert comme poste avancé pour tout cette région.
Elle continua à décrire le cercle puis s'arrêta de nouveau, à environ 5 ou 6 heures, puis encore à 8-9 heures.
- Il y en aurait un autre par ici et un autre par là. Chaque village est à un point cardinal de l'Olympe, situé pas très loin d'un portail caché menant directement sur la montagne céleste. Avalon n'est que l'un de ces points d'accès, le plus important et de loin le plus utilisé, bien entendu, mais ce n'est pas le seul. On trouve un des villages, on force les habitants à nous dire où est le portail… et on ira directement botter les culs blancs des Vaizards chez eux par la porte de derrière.
Oubliée la colère de Grimmjow, il affichait maintenant un énorme sourire carnassier et son regard pétillait d'envie.
- Ok, j'imagine que d'ici-là on doit garder le silence, histoire que cette information ne fuite pas ?
- Je pensais bien avoir à vous le dire tôt ou tard. Tu n'es pas trop du genre patient, et tu as déjà fait un sacré effort depuis cette semaine.
- Pas de problème, maintenant que je sais où nous allons et que je vais enfin avoir l'occasion de me battre de tout mon soul dans un proche délai, je peux encore patienter une semaine de plus si nécessaire.
- Pense plutôt deux ou trois semaines. Le village est plus loin qu'il n'y parait sur cette carte et nous ne sommes pas au bout de nos surprises dans le Domaine. Et il est caché, il faudra le trouver. Lorsque nous arriverons dans le secteur, je pense que nous aurons des signes de sa présence mais il sera bien dissimulé, soyez-en sûrs.
Grimmjow haussa les épaules. Il était un prédateur, un traqueur, un limier. Il les trouverait en temps voulu. Et là il pourrait enfin se déchainer un peu. Ce qu'il avait particulièrement détesté jusqu'à présent était 'avancer à l'aveuglette, sans savoir réellement quoi chercher et sans but précis. Puisque ce n'était plus le cas et qu'on lui avait donné un objectif, il était maintenant ravi.
***.***
Olympe, Temple d'Apollon
Juste avant de le laisser sortir de prison, les geôliers de l'Olympe avaient donné une note à Isshin de la part de son supérieur, le Maréchal Artémis. Et alors qu'il arrivait sur les marches du temple, un colonel qu'il connaissait le héla pour lui signaler qu'Artémis était en visite chez sa sœur et que c'était là-bas qu'il devait aller le retrouver. Les temples d'Artémis et d'Apollon étaient relativement proche l'un de l'autre, il ne lui fallut donc pas longtemps pour arriver à destination. Une fois encore, un colonel vint l'accueillir et le dirigea vers le bureau d'Apollon.
Isshin connaissait très bien les lieux, les ayant déjà visité à de nombreuses reprises en escortant le frère lorsqu'il rendait visite à la sœur, ce qui était assez fréquent à l'époque. Apparemment, les habitudes avaient la vie dure. Il fut introduit rapidement et Artémis se leva pour venir à sa rencontre lui-même lorsqu'il entra dans le bureau du Maréchal.
- Isshin, mon vieil ami.
Les deux hommes échangèrent une franche poignée de main et les salutations d'usage. Puis ce fut le tour d'Apollon, qui salua Isshin de manière plus protocolaire que son frère mais avec une joie non feinte de le voir à nouveau et libre.
- D'après le peu que j'ai appris, il semble que choses ont pas mal bougé depuis mon emprisonnement. Tetsu est venu me faire un… un résumé de tout ce qui s'est passé après son retour il y a une semaine.
- Je vois. Es-tu au courant pour le reste de ta famille ?
- Pour mes filles, tu veux dire ? Aphrodite m'a dit qu'elles avaient disparu, enlevées exactement de la même manière et exactement en même temps que lorsque mon fils a glissé entre les doigts de Juliette. Dans ces circonstances, je ne m'inquiète pas trop pour elles, je pense qu'elles sont en sécurité avec leur frère.
Artémis approuva silencieusement et posa une main compatissante et rassurante sur l'épaule d'Isshin.
- Bien, très bien. Désolé de ne pas avoir pu en faire plus.
- Vous avez aidé ma famille au mieux de ce que vous pouviez faire, et je vous en remercie sincèrement. Je pensais que Tetsu viendrait me chercher à ma sortie de prison mais j'ai cru comprendre qu'il était sur le terrain ?
Le Maréchal soupira et lui fit signe de s'asseoir dans l'un des fauteuils.
- Hélas oui, la Garde Noire avait bien planifié leur invasion, depuis plusieurs centaines d'années au moins, expliqua-t-il en prenant place également. Nous pensons savoir comment ils ont réussi à ouvrir un portail mais ce n'est qu'une spéculation. Tant que nous n'aurons pas examiné le portail en lui-même de nos propres yeux, cela ne reste qu'une hypothèse.
- Je m'étonne quand même qu'il n'aient pas attaqué le Seireitei avant cela. Protocole de Défense de l'Ancien Roi ou non, s'ils ont pu pénétrer dans la dimension de l'Olympe, le Seireitei n'est donc surement pas aussi inviolable que nous pensons qu'il peut l'être.
- Certes, mais le fait est qu'il s'en sont désintéressés, répondit Apollon en s'installant à son tour dans un autre fauteuil. Durant leur dernière Epreuve de Sélection, les Arrancars de la Garde Noire ont pu à loisir tester les défenses et la qualité des troupes du Gotei 13 vis-à-vis de leurs simples prétendants, et cela ne m'étonnerait pas – sans vouloir être grossière ou médisante – qu'ils aient considéré que la menace que le Gotei 13 pouvait représenter était négligeable à leurs yeux. Puisqu'ils avaient bien préparé leur coup et qu'ils avaient déjà le moyen de pénétrer dans notre dimension sans passer par le Seireitei… Ils les ont tout simplement ignoré. De sorte que nous n'avons pas eu le moindre « signal d'alarme » avant qu'il ne soit trop tard et que l'invasion ait déjà commencé.
Isshin approuva d'un hochement de tête grave et soupira.
- Au lieu de servir d'entrée, le Seireitei leur servira de dessert.
- Exactement. J'avais déjà soumis un rapport dans ce sens il y a des années, alors que tu étais encore à mon service, tu t'en souviens ? Grommela Artémis. Depuis l'arrêt même des recherches sur les Arrancars qui étaient parvenus à s'infiltrer grâce à ce traître de…
Il ne prononça pas le nom du Vaizard car il fut unanimement effacé des archives et des annales, et condamné à être oublié et qu'on ne se souvienne de lui que comme étant Le Traître.
- Mais le Tribunat a considéré le danger comme minime et que les rares fuyards qui se cachaient encore dans le Domaine devaient finalement avoir succombé à la faune sauvage qui y rêgne, continua le Maréchal. Force est de constater aujourd'hui que ce ne fut pas le cas, comme je le pensais. Déméter et moi avons continué les recherches discrètement mais… même si on avait eu mille ans, je ne pense pas qu'on le ou les aurait retrouvé.
- Pire qu'une aiguille dans une botte de foin, je sais.
Isshin croisa les bras et n'hésita qu'une seconde avant de demander :
- Aphrodite semble pense que Déméter sait où se cache mon fils.
- Tout le monde pense exactement la même chose, ironisa Apollon. Mais Déméter le nie, bien évidemment. Et sans preuve, Héra ne peut rien faire. C'est pour ça qu'elle t'a libéré : elle s'attend à ce que tu fasses un mouvement pour aller les retrouver, ou vice versa.
- Je pense qu'elles vont attendre trèèès longtemps, Juliette et elle. Je ne leur servirai jamais mon fils sur un plateau et Ichigo n'est pas stupide. Si elles avaient voulu vraiment l'attirer, elles auraient mieux fait de répandre la rumeur qu'elles me torturaient ou quelque chose dans le genre. Me libérer, ça va seulement le rassurer. Grave erreur tactique.
Artémis secoua la tête, ne comprenant pas pourquoi Héra avait finalement accepté la libération de son ancien général.
- Que vas-tu faire dans l'immédiat ?
- J'ai une petite visite à rendre à Athéna, histoire d'éclaircir deux ou trois détails, si elle accepte de me recevoir. Mais je n'irai la voir que demain, je pense, il se fait déjà tard. Je suis surtout venu vous remercier tous les deux pour l'aide, directe et indirecte, que vous avez apporté à mon fils ces derniers mois. Je sais que personne ne vous avais rien demandé mais vous avez décidé d'agir pour aider ma famille. Et je considère que j'ai une dette envers vous.
- Haaa, pas de ça entre nous, Isshin, grogna Artémis en secouant la main, tu sais que je déteste quand on s'en prend à mes hommes. Que tu aies été démis de tes fonctions ou non, tu restes à mes yeux un des meilleurs généraux avec qui j'ai eu l'honneur de travailler. Je ne pouvais pas te laisser tomber. Et pour dire la vérité, j'ai hâte aussi de rencontrer un jour ton fils, j'espère pouvoir le féliciter moi-même pour son aide dans l'affaire d'Aizen.
- Moi de même, ajouta sa sœur. Etant en charge de la surveillance du monde terrestre, j'aurais dû prendre les devants et insister au sujet des actes d'Aizen, surtout lorsqu'il a menacé de se servir de Karakura Town pour créer un Ouken. Je suis donc d'autant plus concernée dans cette affaire.
- Ok, ok, je vois que je ne suis pas le seul à vouloir le féliciter. Bon, d'ailleurs, en parlant de lui, puisque Déméter refuse de dire où il est caché, j'ai appris qu'on t'avais confié la tâche de le retrouver et Tetsu m'a signaler que tu avais envoyé Juni sur sa piste.
- Ouais, sur le conseil même de Tetsu.
- Tu penses qu'elle peut y arriver ?
Artémis hocha négativement la tête.
- Pour être franc, aucune, sauf si elle reçoit de l'aide. Elle dit avoir un ami chez Déméter qui lui doit une faveur et elle est partie avec lui comme guide. Faveur ou pas, Déméter n'aurait surement pas laissé faire s'il ne s'était pas assuré que son guide sache quelque chose. Cela fait une semaine qu'ils sont partis et leur rapport quotidien ne montre aucune progression ni même l'ombre d'une piste.
- J'espère qu'ils ne vont pas tomber sur des Hollows ou, pire, des Arrancars.
- D'après leur position, ils sont relativement loin des lignes de front.
Artémis fit un signe vers sa sœur qui se leva rapidement pour prendre un objet carré sur son bureau. Elle le posa sur la table basse en face d'eux et l'activa avec une petite pointe de reiatsu. Une carte géante apparut alors dans les airs et Artémis désigna certaines informations.
- Comme tu peux le voir, l'avancée des Hollow vers la région centrale a été stoppée et largement contenue même. Nous savons que des troupes d'Arrancars se déplacent rapidement dans la jungle dans presque toutes les directions mais elles restent encore relativement localisées dans le secteur nord. Avalon subit les assauts groupés des forces de Baal et de Valefor, et nous savons que le premier a été vu sur le champ de bataille, mais pas le second. Nos soldats signalent que ce sont des Arrancars qui dirigent le gros des Hollows dans cette zone mais il y a de gros groupes de ces monstres qui se déplacent apparemment sans ordre précis, se contenant de tuer toutes les créatures qu'ils rencontrent.
- Des chasseurs.
- C'est ce que nous pensons, en effet. Et pour en revenir à Juni, d'après son dernier rapport elle serait dans ce secteur.
Et il désigna un endroit complètement au sud-ouest de l'Olympe, très loin de la zone des combats.
- C'est aussi par là que ton fils a été emmené, et c'est la seule information que nous connaissons avec certitude. A pied, même en Shunpo et en avançant sans s'arrêter, il leur faudrait moins un mois avant de s'approcher de la zone des combats au nord, en faisant le tour de la zone centrale.
- Et les Grands Primos ? Pourquoi nous laisserions-nous pas les Hollows aller se fracasser dessus ?
- La dernière fois qu'un Grand Primal a été dérangé, tu te rappelles ce qu'il s'est passé ? Grogna Artémis en secouant la tête. Pour le moment, ils semblent rester calmes, comme si la situation ne les concerne pas ou ne les intéresse pas. Et nous continuons donc à appliquer la même consigne générale : ne pas les déranger sous aucun prétexte. Et cette consigne s'applique également en cas de retraite : si les Hollows finissent par un moyen ou un autre à faire une percée, on les laisse filer et on se replie… et on observe le spectacle en croisant les doigts pour que les dégâts collatéraux ne soient pas trop importants… et que nos troupes ne soient pas pris pour cible ensuite, même si elles restent bien hors de leur territoire.
Isshin hocha la tête en signe d'assentiment et Apollon éteignit le dispositif d'un claquement de doigt.
- Selon toute probabilité, tes enfants sont très loin des lieux du conflit, le rassura-t-elle. Nous avons engagé une grande partie de nos forces dans les batailles en cours et Avalon tient bon. Et nous avons aussi un plan d'attaque, nous n'allons pas rester sagement là à attendre qu'ils parviennent jusqu'à nous.
- Un plan d'attaque ?
- Oui. D'après ce que nous avons vu, les Arrancars ont apparemment mobilisé en grande armée de Hollows mais leurs forces et leurs nombre diminuent d'heure en heure. Des renforts ne cessent d'arriver mais leur armée ne peut être infinie. De notre côté, les tribuns envisagent déjà de monter une expédition militaire lourde directement au Hueco Mundo, histoire de leur rendre la monnaie de leur pièce. Grâce aux informations précieuses que nous a communiqué Tetsu durant sa dernière mission là-bas, nous savons que l'Expédition n'était plus très loin de Las Ombras Perdidos. A un jour ou deux de voyage, gros maximum.
Isshin réfléchit et comprit où ils voulaient en venir.
- Je vois. Rapatrier la population locale du domaine et fermer les portails d'accès, laissant le Domaine à la disposition des Hollows. Mais entre temps, on frappe directement leur base sans protection. Cela forcera les Arrancars à faire demi-tour au risque de se retrouver coincé ici.
- Sans les portails, le seul moyen d'accès à l'Olympe est l'Escalier Divin, c'est-à-dire qu'il faudra que la Garde Noire traverse les Terres Interdites. Là où vivent les Grands Primos.
- Mais cela veut dire que mes enfants seront à la merci des Arrancars.
- Le Domaine est très vaste et nous pourrons toujours aviser de les aider en temps voulu. Si le plan se met en marche, Déméter les préviendra et ils se mettront à l'abri bien avant que l'Olympe ne ferme complètement ses portes et scellent les portails. N'oublie pas qu'il a des troupes un peu partout dans le Domaine… enfin, beaucoup moins au Nord lorsque les Hollows ont fait leur apparition, bien entendu.
- Combien de temps avant que les Tribuns décident de mettre cette stratégie en branle ?
- D'ici un mois ou deux, pas avant. Nous avons des réserves et nos greniers sont bien garnis mais monter une telle expédition va prendre du temps. Ce n'est pas une poignée de Vaizards qu'on va envoyer mais un corps expéditionnaire lourdement armé et équipé. Apollon et moi en feront certainement partis, et aussi d'autres Maréchaux, notamment Arès.
- Pour sûr. Je doute que quelqu'un puisse le retenir s'il a l'occasion d'aller frapper directement à la porte de Las Ombras Perdidos.
- Garde bien ces informations pour toi pour le moment. Je te les ai donné car tes enfants seront tôt ou tard concernés mais c'est tout.
- … Je m'en doute.
Isshin se leva lentement et salua les deux Maréchaux.
- Je pense que nous nous sommes tout dit pour le moment. Je vais rentrer chez moi et peser sur mes options d'actions, bien qu'elles soient plutôt limitées.
- J'ai senti la faiblesse de ton reiatsu lorsque tu es entré, remarqua Apollon en se levant à son tour, rapidement imité par son frère. Et nous savons que tu as perdu ton Hollow. Compte tenu de ce que nous savons de ta condition, c'est déjà un miracle en soi que tu aies pu retrouver tes pouvoirs spirituels en tant que Shinigami. Penses-tu que ton Hollow reviendra lui aussi si on t'en laisse le temps ?
- C'est… C'est possible. J'avoue ne pas trop y avoir réfléchi, même pendant mon séjour en prison. Être privé de reiatsu n'aide pas à retrouver d'anciens pouvoirs.
- Logique.
Isshin se retint de parler du cadeau d'Aphrodite qui pouvait apparemment l'aider sur le sujet. Pour ce qu'il en savait, cela pouvait aussi bien l'aider à redevenir ce qu'il était avant, que tout simplement le tuer plus qu'autre chose. Le mieux était qu'il se prépare bien avant d'essayer ou non de retrouver ses pouvoirs de Vaizard.
- Avant que tu ne quittes mon temple, j'ai quelqu'un qui souhaiterait te parler, l'une de mes généraux. Elle t'attends déjà dehors. Essayez de ne rien casser.
Sur ces dernières paroles, Apollon lui ouvrit la porte et Isshin sortit après les avoir saluer respectueusement, et tout réfléchissant à ses derniers mots. Mais les réponses à ses interrogations ne tardèrent pas à devenir limpides lorsqu'il reconnut qui l'attendait, adossée à un mur.
- Philia. Mes condoléances pour ton frère, la salua-t-il avec sincérité.
Mitsumada Philia était la seule fille d'Arès, née entre Katsuhiro et Tetsu. Et depuis la mort de son frère ainé, elle était donc devenue directement la future chef du clan Mitsumada… sauf que tout comme Tetsu, elle ne cachait pas son antipathie vis-à-vis de la guerre intestine qui se menait sur l'Olympe entre les deux grands clans Kaminoke et Mitsumada, et ce bien qu'elle tournait définitivement à l'avantage de ces derniers. Grande, de long cheveux bruns libres coulant sur ses épaules, elle affichait à la fois la maturité du mère et la beauté d'une femme dans la fleur de l'âge. Et le reiatsu qui se dégageait d'elle était calme et serein mais on le sentait aussi vaste qu'un océan.
- Bonjour Isshin. Ça fait un bail. Merci pour ta considération.
- Toujours en froid avec Juliette ?
- Toujours depuis que ses sentiments pour toi ont viré de l'amour à la haine, lui répondit-elle en se décollant du mur.
Les deux amis s'embrassèrent poliment l'un contre l'autre puis elle lui désigna le couloir pour qu'ils ne restent pas statiques.
- Comment va Julian ?
- Ho il va bien, quoique son commerce commence déjà à ressentir le contrecoup de la guerre. Il ne transite plus de tout de marchandises entre Avalon et l'Olympe depuis la dernière semaine, comme tu dois t'en douter.
- Et tes enfants ? Clara et Christo ?
- Il sont sur le terrain… Ho, je te rassure, reprit-elle en voyant sa soudaine inquiétude pour eux, même s'il ne les connaissait que de loin. Ils sont tous les deux sous les ordres d'Oracio et ils sont stationnés dans le village de Forestedge, tout au sud de l'Olympe.
Isshin se détendit et approuva d'un hochement de tête, notant que s'étant probablement la même région où Ichigo, ses sœurs et ses amis devaient se dissimuler.
- Oracio, l'un des protégé de Déméter si je ne me trompe pas ?
- Lui-même. Et je t'avouerai que ça me rassure de les savoir assez loin du front, le plus loin possible même.
- Comment ont-ils pris la mort de Katsuhiro ?
- Assez mal, hélas. Tu te souviens combien ils l'idolâtraient. Katsuhiro était une tête brûlée et toujours très dévoué à Père, mais on ne peut pas nier qu'il aimait sa famille et ses deux-là adoraient entendre ses histoires et s'entrainer avec lui.
Philia secoua la tête.
- J'ai essayé de le retenir lorsqu'il a reçu la mission de ramener ton fils. Je savais que Père… n'avait pas que de bonnes intentions à son égard. Mais il n'a rien voulu entendre. Et maintenant il est mort.
- Je suis sincèrement désolé, fit Isshin d'une voix grave et triste. Même si je ne m'entendais pas toujours avec lui, moi aussi je le respectais en tant que Général et nous avions nos points communs.
La Générale haussa les épaules.
- Je te montrerai sa tombe pour que tu puisses aller lui présenter tes respects.
- Merci, t'y accompagner sera un honneur.
- J'ai entendu dire que Juliette t'avait un peu malmené à ta sortie de prison ?
- Disons qu'elle m'a laissé un petit cadeau très désagréable sur le cou, fit-il en désignant sa nuque.
- Haa, sa fameuse technique. Tu veux que j'y jette un œil ? Je peux peut-être essayer de brouiller le Kidou.
- Le brouiller ?
- Tu sembles oublier tout le temps qu'on passait ensemble à l'époque, lorsque vous étiez encore fiancées et que nous étions les meilleures amies du monde. C'est en partie avec mon aide qu'elle a développé les bases de sa technique, je suis de loin celle qui en connait le plus les détails et son mode de fonctionnement.
- Ma foi, je ne dis pas non.
- Assis-toi et baisse la tête.
Ils étaient arrivés à l'extérieur du temple et Philia désigna une place sur un banc libre qui entourait la place. Isshin s'exécuta de bonne grâce et Philia écarta un peu plus les pans de son Shihakusho pour dégager sa nuque. Sa main se chargea de reiatsu et elle examina le cou d'Isshin avec un Kidou d'analyse.
- Hum… ce n'est pas la version dont je me souviens, elle l'a vraiment rendu beaucoup plus complexe…
- Pas étonnant, elle a toujours été une perfectionniste, commenta Isshin.
Mais à peine eut-il prononcé ces mots qu'il sentait le reiatsu de Philia se charger de peur, d'indignation et de colère.
- Ho non… Elle n'a quand même pas osé… Si. Elle en est allé jusque là. Elle ne t'a rien dit lorsqu'elle te l'a infligé ?
- Juste que c'était une balise. Pour pouvoir me suivre à la trace.
- C'est bien plus que ça.
- Ho je sais, elle peux aussi s'en servir pour se téléporter juste à côté de moi, sans crier gare et à n'importe quel moment. Elle peut aussi sentir les reiatsus environnant autour de moi, et c'est comme ça qu'elle saura si j'ai retrouvé mon fils ou non.
- C'est bien en gros son fonctionnement, mais ce n'est pas tout, fit-elle d'une voix sombre. Elle y a ajouté une fonction d'absorption et de concentration du reiatsu en un point particulier, juste au centre de ta nuque.
- De concent… ?
Il ne termina pas sa phrase comprenant maintenant pourquoi elle l'avait laissé partir aussi facilement. Son Kidou était aussi une bombe. Ni plus ni moins.
- Alors ce n'était pas une erreur tactique comme je le pensais, elle avait tout prévu.
- Elle veut vraiment que tu retrouves ton fils pour elle. Le seul moyen de désactiver ce truc est qu'elle se sert du reiatsu qu'il contient. En clair, qu'elle se téléporte à côté de toi. Si elle ne le fait pas, tu ne tarderas pas à ressentir une douleur, de plus en plus lancinante, une véritable torture vu que cela va affecter directement ta moelle épinière. Tu vas avoir l'impression que ton corps tout entier souffre, de la pointe de tes orteils jusqu'à ton cou. Et lorsque le reiatsu aura atteint une concentration suffisante, lorsque la douleur sera devenue vraiment insoutenable…
- Boum, j'ai compris. Ma tête volera loin du reste de mon corps.
- Je ne peux rien faire pour toi, je suis désolé, lâcha Philia en reculant, une expression à la fois désolée et dégoutée sur son visage. C'est… C'est horrible. Je ne pensais vraiment pas qu'elle serait capable d'aller aussi loin.
Isshin soupira, essayant de réfléchir à sa situation.
- Peux-tu me dire combien de temps il reste sur cette espèce de compte à rebours ?
- A en juger par sa nature et le taux de concentration… Environ 72 heures je dirais, avant que ça explose. Mais la douleur, elle, ne tardera pas à apparaître, dans 24 heures, gros maximum.
- Et j'imagine que plus je me sers de mon reiatsu…
- Plus ce truc va se charger plus vite, oui.
Isshin soupira à nouveau, réfléchissant à tout allure.
- Tu connais quelqu'un qui pourrait me le retirer ?
- Très sincèrement ? Non, personne, répondit Philia d'un ton sincèrement désolé. Héra et Déméter pourraient peut-être t'aider, ce sont nos sommités en matière de Kidou. Athéna aussi en connait un sacré rayon d'après les rumeurs.
- Mouais, alors mieux vaut voir ça avec ce vieux rabougris de Déméter. J'irais lui rendre une visite demain. Pour le moment, je pense que je vais retourner chez moi et me reposer.
- Je t'accompagne, et ne dis pas non. Tu n'es pas en état de te défendre pour le moment. Et je refuse que les partisans de mon clan décident de te prendre pour cible parce que tu te baladerais seul en plein quartier résidentiel.
- C'est devenu dangereux à ce point-là, d'être un ancien Kaminoke ?
- Non, mais mieux vaut prévenir que guérir.
Isshin songea alors à la plaquette qu'il avait dans une des poches intérieures de son Shihakusho et resta un long moment silencieux.
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L'intrigue commence à s'épaissir, non ? Alors, à votre avis, quelle est la nature de la plaquette ? Et qui est le traître, hum ? Qui renseigne la Garde Noire aussi bien ? La suite au prochain chapitre. Et comme d'habitude, j'attends vos commentaires.
Ho, et un dernier mot, lorsque j'ai commencé cette fanfic, j'avais bien l'intention de raconter une histoire sérieuse et complète, sans chercher particulièrement à rivaliser avec d'autres auteurs. Cependant, j'ai eu la surprise de découvrir que je vais bientôt faire de cette fanfic la plus longue de bleach en français sur ce site. Elle est déjà en seconde position derrière une à 405.000 mots, de mémoire. Donc d'après la taille de mes chapitres, je devrai la dépasser avant la fin du mois, surtout si je garde mon rythme actuel d'un chapitre par semaine. Attention, je parle en fanfic unique. Car en terme de série de fanfics, je suis trèèèèès loin derrière Axel Gabriel.
