Disclamer : L'univers ne m'appartient pas mais l'histoire oui.

Chapitre corrigé par ma bêta : Westyversionfrench. Allez jeter un œil à ces histoires, elles valent le détour ! Univers complètement déjanté et couples surprenants !

Petite anecdote : je sais que vous n'en aurez probablement rien à faire, mais il fallait que j'évacue avec des gens capable de me comprendre. Comme vous le savez, si vous avez lu mon profil, je suis en étude d'histoire et ce semestre (genre il y a deux mois) j'ai dû faire un exposé sur Septime Sévère sauf qu'en latin il se nomme Lucius Severus Septimus. Or à chaque fois que je devais nommer l'empereur (oui c'était un empereur, on a la classe ou on l'a pas) j'arrêtais pas de me tromper et de l'appeler Severus, ce qui m'a beaucoup déconcentré et j'ai failli (je dis bien failli) péter un gros fou rire en plein exposé devant…, bon j'avoue pas énormément de monde vu que dans ma promo on est 9, mais je me suis reprise. Sauf que là, grosse erreur de ma part, j'ai cherché des yeux mes amies qui bien évidemment avaient remarqué mon trouble et étaient mortes de rires. Elles me connaissent bien, moi et mon penchant pour Harry Potter et au lieu de me soutenir, elles rigolaient. Je me suis donc retrouver en plein exposé devant une prof qui déjà en temps normal stress tout le monde, mais alors là j'étais vraiment à deux doigts de devoir sortir de la salle tellement j'avais envie de rigoler. Mais j'ai réussi à me reprendre et quand la prof a fait une pause après mon exposé, on a explosé de rire dans la salle. Je vous raconte pas le fou rire. Surtout que j'ai une copine qui dès qu'elle commence à rigoler attrape automatiquement le hoquet.

Donc un petit conseil, si vous êtes en histoire et que vous aussi vous adorez le personnage de Severus, ne fait jamais, jamais, jamais d'exposer du Septime Sévère. C'est trop risqué pour nous : ).

Voilà, si vous considérez que je vous ai fait chier en vous racontant ma vie, j'en prendrais compte pour le prochain chapitre : ).

RAR :

Mama : je suis désolée, désolée et encore désolée pour le retard, mais j'ai commencé mes partiels la semaine dernière et avant il fallait absolument que je finisse mes exposés et j'ai eu d'autres soucis extérieurs. Mais ce chapitre est un peu plus long que d'habitude et le prochain est déjà entamé : ) En tout cas j'adore ton enthousiasme ! le prochain chapitre risque justement d'être très intéressant : ).

PandaChoux : Merci pour ta review et tes encouragements, ils me font super plaisir !

Sise : C'est vrai que le chapitre précédent était centré sur Severus mais il fallait que j'explique certaines choses avant. Dans ce chapitre tu retrouveras les deux loustics, mais pas ensemble, désolée. Au prochain promis !

Merci encore à vous tout(e)s de me lire encore après tout ce temps d'attente et j'espère vraiment que ça aura valut le coup ).


Une nuit parmi d'autres chapitre 12 :

Sirius était en ce moment même à son bureau. James et lui, ainsi que tous leurs camarades de promo, avaient été réquisitionnés pour la nuit avec une équipe de dix aurors pour surveiller et faire des rondes. Depuis que les attaques avaient commencé en Avril le bureau des aurors, à la demande du Ministre de la Magie, avait mis en place une rotation de groupes de surveillance. Les aurors étaient donc chargés à tour de rôle de veiller à la sécurité de la population civile et de vérifier que des sorts, notamment les impardonnables, n'étaient pas utilisés. Malheureusement leur tâche était très compliquée car les sortilèges étaient malheureusement souvent impossibles à localiser surtout dans des zones où la population sorcière était dense, et sans la trace, levée à dix-sept ans, il leur était presque impossible de savoir qui avait réellement lancé le sort.

-Vous venez avec moi jusqu'à la machine à café ? Si je ne bois pas un truc chaud d'ici quelques minutes, je vais tomber de sommeil. Dit James en baillant.

-Oui j'arrive, donne-moi juste cinq minutes que je finisse ma page d'instruction. Répondit Sirius.

-Plus qu'une heure et on pourra repartir chez nous, passer une bonne nuit.

-Oui tu as parfaitement raison. Intervint Franck Londubat qui partageait également le même bureau que les deux amis. Je ne sais pas pourquoi ils ont commencé à nous faire travailler de nuit alors que nous ne sommes qu'apprenti-auror mais en tout cas, au moins maintenant, nous serons complètement formés. Mais c'est vrai que pour la vie de couple ce n'est pas l'idéal. Reprit-il en lançant à James un regard plein de sous-entendus.

-Sur ce point-là, je suis absolument d'accord avec toi. Surtout que Lily travaille aussi en trois-huit. Déjà qu'avant ce n'était pas forcément évident de se voir entre ses internat de nuit et mon travail la journée, maintenant que je fais aussi des nuits, on ne se voit presque plus.

-Tu as réussi à la voir cette semaine? S'enquit le jeune homme.

-Oui Lundi et Mardi, elle travaillait aussi de nuit donc nous avons passés la fin de journée ensemble.

-Tu as de la chance alors. Moi je n'ai absolument pas vu Alice. Nous n'avons pu communiquer que par des post-it que nous laissons sur la porte du frigo juste avant de partir. Etant donné qu'elle est dans l'équipe de Milis, c'est compliqué déjà en temps normal, mais alors là c'est carrément fou.

-Et ben effectivement, ça ne doit pas être la joie à la maison. Et avec ta mère ça se passe bien ? Interrogea James.

-Oh oui pour ça je ne me fais pas de souci. D'ailleurs elle est venue à chez nous Lundi pour dire bonjour et Alice était complètement épuisée et n'avait eu le temps de faire quoi que ce soit dans la maison alors ma mère s'en est chargée, vu qu'elle ne travaille pas. Alice l'a même remercié et alors que j'étais scotché sur place, elle m'a vu et a rigolé en me disant que ce n'était pas parce qu'elle avait des différents avec ma mère sur l'éducation en général, qu'elle ne pouvait pas la remercier quand celle-ci lui donnait un coup de main. Je crois qu'elles ont trouvé un équilibre et depuis elles s'entendent beaucoup mieux. Ce qui, je te l'avoue, me rassure énormément. Rit l'ex-Griffondor.

-Bon on y va chercher ce café, ou bien il va venir de lui-même ? Les interrompit Sirius d'un ton joyeux.

Franck et James sursautèrent en entendant leur camarade qui était arrivé sans qu'ils ne l'entendent.

-Bien sûr on attendait juste que tu lèves ton gros derrière. Provoqua James.

-Mes fesses vont très bien merci. Et elles ne seront jamais plus grosses que les tiennes, p'tit con va. Répliqua Sirius tout en riant.

Les trois jeunes hommes se dirigèrent alors vers le bout du couloir où se trouvait leur pièce de repos, contenant entre autres une machine à café. C'était une cafetière comme celles qu'utilisaient les moldus sauf qu'elle se remplissait automatiquement dès qu'on lui demande un café. Ils prirent également un petit gâteau, dans une coupelle, pour tenir jusqu'à leur fin de service.

-Alors comme ça tu as des problèmes de couple avec Alice ? Demanda Sirius sournoisement.

-Rien qui ne soit insurmontable, rassures-toi. Sourit Franck. C'est juste que les horaires complètement à l'opposé c'est pas l'idéal quand tu vis à deux.

-C'est bien pour ça que je reste célibataire. La vie c'est déjà assez dur comme ça, sans devoir te trimbaler constamment quelqu'un d'autre.

-Je suis sûr qu'un jour toi aussi tu trouveras quelqu'un de bien, que tu ne voudras plus lâcher. Vu comment se passaient tes mises en couple à Poudlard, je me la ramènerais pas trop sur ce coup-là.

-Comment ça mes mises en couple à Poudlard ? Qu'est-ce qui n'allait pas avec ?

-Hum. Fit James immédiatement après la question de Sirius. Tu déconnes là j'espère ?

-Ba non. Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez. S'étonna le jeune homme.

-Ma parole tu es vraiment aveugle ou quoi ?
-Ou alors tu es juste totalement stupide. Ricana le Maraudeur. Attends tu veux dire que toutes ces fois où les filles se jetaient sur toi, te demandaient de sortir avec elles, que tu les aguichais pendant des semaines pour les foutre dans ton lit et les quitter le lendemain c'était pas un peu trop ?

-Et puis c'était toujours assez théâtral. Tu avais une façon de les jeter, tout le temps comme des merdes. Tu te souviens la fois où Marie Renco avait débarqué en plein milieu de la Grande Salle, s'était assise à côté de toi, à la place qu'occupait habituellement Remus et que tu lui avais sorti : « Désolé, mais la vue des morues au p'tit déj', ça me fait vomir, alors t'as plutôt intérêt à aller t'asseoir autre part. » D'un ton hyper naturel en plus. La pauvre petite, elle avait rien vu venir et rien compris. Surtout qu'on avait tous bien capté qu'elle avait l'intention de t'embrasser juste avant ta petite réplique. Elle a fini par fondre en larmes devant tout le monde. Et puis la fois où…

-Oui, oui, oui, c'est bon j'ai compris. Mais c'est bizarre quand même, parce que je leur ai toujours dit à quoi s'en tenir, je n'ai jamais menti ou promis quoique ce soit.

-Oui mais tu sais, ton nom, le prestige de ta famille et puis ton attitude, ça a dû en séduire plus d'une. En déduisit Franck.

-C'est vrai que vous les Black, vous avez une certaine grâce qui vous caractérise. Sirius bomba le torse aux mots de James. Et puis il faut aussi ajouter que ton égo fait le reste.

James lança un regard à Franck et les deux hommes éclatèrent de rire ensemble, se moquant gentiment de leur ami.

-Eh bien, eh bien. Je vois que ça rigole beaucoup ici. L'auror Milis venait juste d'arriver afin de prendre la relève.

-Nous prenions juste une petite pause avant de retourner au boulot.

-Ne vous inquiétez pas, je vous taquinais. Je sais combien les nuits peuvent être longues, quand il n'y a rien à faire et quand c'est la première fois. Mais il vaut mieux toujours rester sur ses gardes.

-Il y a d'autres aurors en faction. On nous a dit qu'on pouvait prendre cinq minutes de repos. Expliqua Franck.

-Vous finissez à quelle heure ? Demanda la jeune femme.

-D'ici quarante-cinq minutes environ.

-Très bien. Et alors, que pensez-vous de votre première nuit de garde ?

-C'est plus dur que ce que je pensais. Note organisme est habitué à vivre le jour et non la nuit. C'est assez étrange. Et puis le Ministère est si calme. Ça change énormément.

-Vous verrez, vous vous y ferez et vous finirez par préférer les nuits de veille. Effectivement ça peut paraître plus calme mais en général quand il y a une urgence, surtout quand elle se déclenche très tôt le matin et que vous êtes toujours dans le groupe de nuit, vous avez votre tour à finir et bien souvent vous enchaînez un début de matinée car tant que votre urgence n'est pas finie il faut que vous assuriez le service. Et puis c'est beaucoup plus simple que la même équipe s'occupe du début à la fin de l'intervention plutôt que faire venir une nouvelle équipe qui va automatiquement perdre du temps à comprendre la situation, avoir les informations par l'équipe de nuit, etc., etc. Et puis au moins dès que vous rentrez à la base, vous pouvez directement aller chez vous sans vous inquiétez du fait que vous ayez laissé en plan tout votre travail. Pour les rapports aussi c'est plus facile, que ces soit à écrire pour les aurors ou à relire pour les chefs de sections.

A ce moment-là, l'auror Watts entra dans la pièce :

-Hey oh les jeunes, il est temps de vous y remettre. N'essaye pas de les intégrer à ton équipe, Jennifer. T'aura beau leur faire tout le gringue que tu veux, je les ai déjà dans ma poche, alors attend la rentrée pour séduire les p'tits nouveaux et laisse-moi mes gars.

Jennifer Milis ne put s'empêcher de soupirer à la réplique de son collègue tout en se tournant vers lui et sourit avec désinvolture malgré tout.

-En plus, il me semble que t'as déjà un mari qui est docteur en plus non ? Ne répondrait-il pas à tous tes besoins ? Peut-être qu'il aurait besoin de consulter un médecin ? Ricana Watts.

-Continue à te moquer de lui et de moi et tu verras toute l'étendue des capacités de mon cher époux. Et là crois-moi tu rigoleras moins quand il s'approchera avec un de ses instruments préférés de ton minuscule phallus. C'est sûr qu'avant il devra le trouver. Répliqua la jeune femme.

Les deux aurors éclatèrent alors de rire, se saluant par une chaleureuse poignée de main. Ils laissèrent les jeunes, estomaqués par l'attitude de leurs aînés, et allèrent dans leur bureau pour que l'auror Watts fasse le compte-rendu de leur nuit à sa collègue.

-Hey ben, je ne les avais jamais vus aussi détendus. Fit Franck étonné.

-Oui, moi non plus. Mais les attaques ont cessé et qui sait peut-être que finalement ce groupe de Mangemorts va se dissoudre de lui-même. Dit James.

Sirius ne voulait pas paraître pessimiste suite aux propos de James et choisit donc de ne rien dire de plus. Mais il était persuadé que son ami avait tort. Par le biais de Snape, il savait que rien n'arrêterait ce Seigneur des Ténèbres jusqu'à ce que l'Angleterre soit à ses pieds. Il allait imposer un règne de terreur s'il arrivait à ses fins. James pensait sûrement que ces Mangemorts ne formaient qu'un groupe de jeunes sang-purs aux idées bien arrêtées mais qu'ils n'iraient pas assez loin pour faire de gros dégâts. Bien qu'il y ait eu des morts lors des attaques, James ne semblait pas percevoir la menace réelle que représentaient ces gens et cette attitude troublait énormément Sirius. Il ne savait pas vraiment ce que pensait son ami et se dit qu'il faudrait qu'ils aient une sérieuse discussion sur le sujet.

Ils reprirent alors le chemin de leurs bureaux respectifs et rejoignirent leurs collègues. Alors que James et Franck se plongeaient à nouveau dans la paperasse administrative, Sirius continua sa lecture du manuel de filature qu'il lisait quelques instants auparavant. L'heure défila rapidement mais ils durent rester une trentaine de minutes supplémentaires car une équipe de nuit n'était toujours pas revenue d'une mission. Or il fallait absolument que deux équipes restent toujours sur place en cas d'urgence.

Les trois jeunes hommes, accompagnés de deux de leurs camarades et de leur supérieur, quittèrent alors leur bureau, se dirigeant vers la sortie du Ministère. Ils se séparèrent dans le grand hall et tandis que Franck finissait sa conversation avec James, Sirius se surprit à regarder et analyser l'immense statue en or, au centre d'une fontaine, située au milieu du grand hall. Dès qu'une personne entrait ou sortait par cette issue, elle ne pouvait pas louper cette grande œuvre, célébrant la Magie. Mais en y regardant de plus près, Sirius voyait toutes les imperfections de cette sculpture. Il avait l'impression que sous ses propres yeux se reflétaient les inégalités qu'il combattait aujourd'hui. Il voyait un sorcier, magnifique dans une superbe robe bien taillée. L'homme était de grande stature, sûr de lui, la tête haute, le buste gonflé. A côté de lui se trouvait une sorcière un peu plus petite qui le regardait dans les yeux. Elle avait donc la tête levée en hauteur et par ce biais, Sirius voyait la volonté des hommes de dominer toujours dans la société, d'avoir le contrôle sur l'autre sexe. Les deux personnages avaient une baguette à la main. Sirius avait l'impression qu'ils la tenaient si fort qu'elle pourrait se briser. Comme si les sorciers avaient peur de perdre leur magie ou que quelqu'un d'autre s'empare de celle-ci.

En baissant les yeux vers le bas de la statue, Sirius vit un elfe de maison, vêtu d'un pauvre pagne, le regard levé bien haut afin d'avoir une vision complète du sorcier. Il était dans une position de soumission totale envers ses maîtres. Ses vêtements, son comportement et sa place aux pieds des sorciers reflétaient d'autant plus la vérité que des souvenirs d'enfance de Sirius remontaient à la surface. Il avait l'impression de revenir au Square, que ses souvenirs prenaient le pas sur la réalité. Mais il ne les laissa pas revenir entièrement et sa vision, troublée quelques instants plus tôt, se reporta immédiatement vers la statue bien visible sous ses yeux.

Il remarqua alors différentes créatures magiques entourant la statue des sorciers. Il y avait un centaure, une vélane, un être de l'eau, un loup-garou et un gobelin. Ils formaient comme un cercle, tout autour du couple debout. Seul l'elfe de maison se trouvait dans le cercle, au plus près des sorciers. Cet état marquait bien la différence que faisaient les sorciers et leur vision de la hiérarchie sociale. Sirius n'y avait jamais véritablement prêté attention et pourtant il était passé très souvent devant cette statue quand il était encore enfant ou bien depuis qu'il avait commencé sa formation mais il ne s'était jamais véritablement attardé pour la contempler ou essayer de deviner le message qu'elle cachait. Il fut surpris du cheminement sur lequel l'avait mené ses pensées. Il se demandait comment il en avait pu arriver là quand une image de Snape s'imposa à son esprit. Etait-ce vraiment à cause de lui que sa vision changeait ? Etait-ce à force de voir l'espion et d'apprendre à le connaître véritablement qu'il regardait les gens différemment. Il savait de par son éducation que tout le monde portait un masque, certaines personnes en portaient même plusieurs mais est-ce qu'il pouvait pour autant juger les autres ? Après tout lui il n'avait rien fait de ce que sa famille exigeait de lui et pourtant il se croyait un homme de bien alors qu'il aurait suffi de poser la question à sa mère pour être sûr d'obtenir la réponse inverse. Sirius se posait de plus en plus de questions sur le monde qui l'entourait et ses certitudes vacillaient au fur et à mesure de ses rencontres avec son ancien camarade. Mais était-ce vraiment son rapprochement avec Snape qui lui faisait prendre conscience de ces choses ou était-ce bien plus profond que cela ?

Sirius sentit James lui taper sur l'épaule pour avoir à nouveau son attention. Les deux jeunes hommes sortirent enfin du Ministère et se dirigèrent vers le centre de Londres pour rejoindre le Chaudron Baveur, ce matin ils prenaient le petit-déjeuner avec Remus.

Quand ils arrivèrent, la salle était pleine comme il fallait s'y attendre. Malgré tout ils repérèrent la silhouette frêle de leur ami, assis à une table, un verre de jus de citrouille juste devant lui.

-Ba alors, que fait un si joli garçon tout seul à une table, un matin de la semaine ? Votre copine vous aurait-elle plaqué ? Demanda Sirius d'un ton joyeux.

-Non, j'attends juste deux amis qui comme d'habitude arrivent en retard. Je suis sûr que l'un d'entre eux a été retenu dans l'ascenseur par un beau blond. Répliqua Remus en laçant à James un regard équivoque.

Sirius prit un air faussement choqué devant le langage employé par son ami.

-Par Merlin, c'est la première fois que je vais dire ça, donc laisse-moi savourer un moment : tu as tort Remus Lupin. Ce n'est pas à cause de moi que l'on est en retard mais par la faute de James. Notre petit Cornedrue ne pouvait pas se décoller du regard totalement envoûteur de Franck Londubat. Plaisanta Sirius.

-Ouh, Lily devrait-elle se faire du souci ?

-Ha ha, très drôle. Vous dites n'importe quoi tous les deux. Se défendit James en voyant ses deux amis partir en éclats de rire. En ce moment, je ne sais pas ce que vous avez, mais vous êtes bien en forme.

-Disons qu'on se sent très inspiré. Fit Sirius.

-He bien, trouvez votre inspiration ailleurs que dans mes faits et gestes, je vous en serais reconnaissant.

Et sur ces mots, la conversation dériva sur d'autres sujets. Après avoir commandé un bon petit déjeuner, composé d'œufs brouillés, de tranches de bacon, de jus de fruits et de gaufres enrobées de chocolat (surtout pour Remus), James annonça à ses amis qu'il les quittait pour aller dormir, la nuit l'avait épuisé.

Remus et Sirius restèrent donc seul à la table, discutant encore un peu tout en digérant.

-Alors, dis-moi, quoi de neuf à part tes études ? Demanda Remus.

-Rien, rien de bien intéressant. Fit Sirius évasif.

-Ecoute, je peux comprendre que tu ne veuilles pas forcément en parler, mais si tu crois que je suis aveugle, tu te trompes. On s'est vu plusieurs fois depuis mon retour du Canada et à chaque fois, j'ai l'impression que tu as l'air étrange, comme dans la lune. Expliqua le lycanthrope.

-C'est rien, c'est toute cette histoire autour de ces terroristes qui me perturbe.

-Tu veux dire les Mangemorts ? J'ai lu la presse. Indiqua Remus quand Sirius lui lança un regard interrogateur. Les attaques ont fait les gros titres depuis plusieurs semaines, même si en ce moment les gens s'interrogent sur leur absence. La population est soulagée de voir qu'elles ont stoppé mais apparemment ça ne serait pas de votre fait. A moins que tout ne soit pas divulgué dans les journaux ? Demanda le jeune homme.

-Non, c'est vrai que toutes les infos n'ont pas été transmisses à la presse, mais c'est ainsi dans chaque affaire. Mais là effectivement tu as raison, nous ne savons pas pourquoi les premières attaques ont eu lieu ni quand est-ce qu'elles vont reprendre. James croit que c'est juste un groupe de fanatiques qui cherchent à obtenir de l'attention ou quelque chose comme ça. Et que malgré les meurtres déjà commis, ils ne sont pas forcément une priorité.

-Et toi tu en penses quoi ?

-He bien, je me dis que si je ne vous avais pas connu, je serais peut-être avec eux en ce moment même. Il y a certaines choses qu'ils revendiquent qui me parlent. Je veux dire, je sais qu'ils font du mal aux autres mais dans un sens je peux comprendre ce qu'ils veulent.
-Je ne te juge pas tu sais, je veux juste que tu me dises ce qui te tracasse.

Après un petit moment de silence, Sirius consentit enfin à reprendre la parole :

-J'ai peur qu'on finisse par perdre notre magie à force de se monter les uns contre les autres. Qu'au final on soit tous perdant dans cette histoire. Regarde-nous aujourd'hui : on n'en arrive à se battre les uns contre les autres, à s'autodétruire. Ça me peine énormément et franchement, je dois avouer que je commence à avoir peur pour les futures générations. Expliqua Sirius.

-Je vois ce que tu veux dire. Tu as peur qu'en définitive le monde moldu prenne le pas sur le monde sorcier car notre magie serait perdue à force de mélange.

-Oui. Mais je sais aussi que je ferais absolument tout pour ne pas perdre ma magie. Sans elle, je me sentirai très vulnérable et je ne suis même pas sûr de pouvoir y faire face psychologiquement. C'est pourquoi je comprends leur démarche dans ce sens.

-Tu penses que ces gens se battent pour préserver leur magie, qu'ils ont peur de la voir disparaître ?

-J'en suis sûr, après tout regarde autour de toi, les animaux magiques ont de moins en moins d'espace pour vivre, les lois contre les créatures magiques deviennent de plus en plus strictes, même toi tu as du partir pour tes études parce qu'ici on ne t'aurait pas accepté. Or vous faites tous parti de notre monde, vous devriez avoir les mêmes droits que tous les autres.

Remus voyait très bien où Sirius voulait en venir : leur société prônait l'intégration des moldus mais elle oubliait au passage ses propres enfants, ses propres laissé pour compte. Quand il était en dernière année d'étude il avait eu le même cheminement de pensée : il avait dû changer de continent pour poursuivre son apprentissage car son monde le rejetait, la société le rejetait même s'il faisait partie du monde magique, alors même qu'elle acceptait et encourageait son peuple à se mêler avec les moldus. Mais le lycanthrope savait que tout comme le Ministère, les Mangemorts ne se servirait des minorités que pour servir leurs propres intérêts. Remus sentait bien qu'il arrivait à un tournant de leur histoire qui serait décisif pour tout le monde. Restait à savoir quel parti l'emporterait.

Les deux amis finirent leur petit-déjeuner tranquillement et Sirius prit le chemin de chez lui pour se reposer avant de repartir au Ministère pour une nouvelle nuit de veille.


Il était vingt et une heure trente-sept quand Eric Larvill, Ministre de la Magie d'Angleterre arriva enfin chez lui en cette nuit du 10 Juillet 1979. Il avait prévu de passer le week-end avec sa femme et ses deux enfants, son fils et sa fille, faux jumeaux. Il avait promis à son épouse qu'ils passeraient la fin de semaine dans leur petit appartement du Nord de la France, donnant sur une plage de Normandie. Cela faisait plusieurs semaines qu'il rentrait très tard chez lui à cause d'attaques de sorciers sur la population. Ceux-ci, se donnant le nom de Mangemorts, terrorisaient les gens et il était de son devoir de superviser l'enquête visant à les traquer, les trouver et les arrêter. Et même si elles avaient cessé depuis plusieurs semaines, une équipe d'aurors travaillait encore dessus. Malheureusement ils n'avaient aucune piste et bien que des soupçons pèsent sur certaines personnes au passé douteux, sans preuves, les forces de l'ordre étaient dans l'impasse.

Le ministre de la Magie arriva enfin devant sa maison, passa le portillon d'entrée et remonta l'allée jusqu'à la porte. Il la déverrouilla grâce à un sort demandant un mot de passe, mesure de précaution qu'il avait mis en place depuis le début des attaques avec sa femme. La porte s'ouvrit sans problème et il poussa un léger soupir de soulagement et de bien-être en sentant l'odeur de la cuisine se répandre jusqu'à l'extérieur. Il était sûr que sa femme avait fait son plat préféré : les lasagnes à la citrouille. Ava, sa femme, savait qu'il avait beaucoup de travail ces derniers temps et elle ne lui en tenait absolument pas rigueur. C'est donc pour remercier le dévouement de sa femme et pouvoir passer plus de temps avec ses enfants qu'Eric avait décidé de partir en famille quelques jours. Ses enfants avaient neuf ans et ne se rendaient pas forcément compte de la situation extérieure mais en revanche ils avaient parfaitement noté les absences répétées de leur père. Ils lui avaient fait comprendre par des petites attentions : ils avaient dessiné une maison où était censé être représentée tout leur famille mais lui n'était pas présent sur les dessins. Eric comprenait le sens caché derrière les coloriages de ses enfants et il sentait la culpabilité envahir de plus en plus son cœur. D'ailleurs sa femme lui avait reproché de ne pas passer que ces journées au bureau mais aussi une partie de ses nuits, ce qu'elle trouvait inadmissible car il n'était qu'un homme et il fallait bien qu'il se repose. Il était de plus en plus irascible et penser à chaque instant à ces attaques sans pouvoir y remédier le frustrait au plus haut point. En effet, en plus de cette affaire d'attaque sur la population sorcière, il devait en plus gérer les dossiers quotidiens, les demandes des autres bureaux du gouvernement et ses rendez-vous avec les différents ministres.

En rentrant dans la cuisine, il vit sa femme attablée avec ses deux enfants, Alan et Elodie, l'un en face de l'autre encadrant Ava. Ils parlaient sans interruption et cette bonne humeur, cette innocence, lui remonta immédiatement le moral. Dès qu'elle vit son mari entrer dans la pièce, Ava Larvill se leva et ne put s'empêcher de sourire avec bonheur.

-Je croyais que tu devais finir tard aujourd'hui aussi ? Interrogea-t-elle étonnée.

-Oui effectivement, mais que nous n'avons aucune piste, j'ai donné leur soirée à mon équipe et j'ai fait de même. En même temps vu les heures que nous avons tous fait ces jours-ci je leur ai dit de faire une pause. A force de ne penser qu'à cela et de ne jamais prendre un instant de répit, nous n'arrivons plus à rien. Expliqua Eric tout en étant étouffé par l'embrassade de ses enfants.

Ces derniers étaient très contents de voir leur père. Ava leur avait permis de rester jouer ensemble plus tard que d'habitude car elle espérait que son mari rentre assez tôt pour qu'ils puissent manger tous les quatre ensembles. Quand elle les avait finalement appelés pour descendre manger, il était déjà plus de vingt-et-une heure quinze. Elle leur avait demandé de se laver les mains et d'aller se mettre à table le temps qu'elle range le dossier de son client sur lequel elle travaillait en ce moment. Alan et Elodie en avait profité pour mettre le couvert le temps que leur mère finisse de relire ses papiers.

-Je sais que je n'ai pas été très présent dernièrement et c'est pour ça que j'ai décidé de partir plus tôt également. Alors qu'avez-vous fait de bon à manger pour votre père, les enfants ? Demanda Eric, lançant un regard complice à Ava.

C'est ainsi que les deux enfants babillèrent dans les oreilles de leur père durant cinq bonnes minutes, blottis dans ses bras, avant qu'Eric ne leur demande de redescendre. Il alla se laver les mains et s'installa à table, juste en face de sa femme, profitant pour la regarder bien en détail. Il remarqua alors les cernes sous ses yeux, la fatigue qui se lisait sur son visage, la tension dans ses épaules. La culpabilité envahit à nouveau Eric. Sa femme devait faire beaucoup d'efforts ses derniers temps entre les enfants, la maison, son propre travail et les soucis qui s'accumulaient en plus. Il savait que s'ils ne faisaient pas une pause très vite, elle finirait par exploser et cela créerait encore plus de problèmes entre eux. Ils n'avaient pas forcément de soucis dans leur couple, ils s'entendaient bien, se comprenaient et se soutenaient également. Mais Eric connaissait bien sa femme et au bout d'un moment, celle-ci aurait besoin de faire une pause.

Après le repas, il joua une partie de jeu des sept familles sorcières avec ses enfants puis les mit au lit en leur racontant une histoire. Durant ce temps, sa femme avait fait la vaisselle et quand il la rejoignit dans leur chambre elle était en train de finaliser leurs valises pour le lendemain. Ils s'embrassèrent tendrement et se couchèrent rapidement.

Mais ils furent réveillés brutalement deux heures plus tard, en entendant les alarmes des boucliers autour de la maison résonner furieusement. Ils se regardèrent alors l'un l'autre, une panique sans nom les envahissant brusquement. Ils se précipitèrent alors dans la chambre de leurs enfants…


Severus avait senti sa marque le brûler à l'instant même où il avait atterri devant sa maison. Lui qui espérait avoir une soirée tranquille après sa dure journée de travail, il était déçu. Néanmoins il transplana à nouveau immédiatement pour ne pas provoquer la fureur de son Maître. Il arriva devant un manoir de bonne taille qui avait dû être bien entretenu autrefois, mais qui aujourd'hui laissait entrevoir une habitation à l'abandon. La demeure avait une allure lugubre et Severus ne put retenir un frisson en la voyant. Mais il se força à rester stoïque et reprit un visage qu'il espérait la plus neutre possible. En rentrant dans la maison, il se dirigea rapidement vers la grande salle située au centre de l'habitation. La porte était ouverte et il la franchit le dos bien droit, sans laisser voir à quiconque le malaise qui le prenait à chaque fois qu'il devait rentrer dans cette pièce à l'atmosphère suffocante et saturée de magie noire. Dès qu'il entra dans la pièce, il vit tous les autres Mangemorts en rond et leur Maître se tenait assis sur un grand siège. Il avait l'air d'un roi avec tous ses sujets agenouillés devant lui. Une sorte de pique de rage retenti dans le corps de l'apprenti-potionniste et il eut un instant de flottement avant de repartir pour se prosterner devant le Seigneur des Ténèbres. C'était un geste que tous devaient accomplir à moins d'être dérangé et de vouloir se faire torturer à peine rentré dans la pièce. Heureusement Severus avait toute sa tête alors quand il se redressa, il ne croisa pas le regard de son Maître. Il prit sa place dans ce qu'ils nommaient entre eux, le premier cercle. Les Mangemorts appartenant à ce cercle étaient les seuls qui avaient pu voir le Seigneur des Ténèbres. Certains qui faisaient également partie de leur mouvement n'avaient jamais vu le Maître et de ce fait ne portaient pas la marque. Cela avait l'avantage de leur permettre d'agir dans l'ombre beaucoup plus facilement. Mais en même temps ils n'avaient pas la confiance du Seigneur des Ténèbres. Severus ne se sentit pas pour autant privilégié. Il rejoignit Lucius et Théodore rapidement. Il se tourna vers eux et les interrogea du regard. Il ne comprenait pas pourquoi le Maître les avait tous convoqués ce soir, surtout que tous les plus importants Mangemorts qui avaient la marque étaient là, ceux qui étaient dans l'intimité la plus proche du Maître d'après ce que Severus savait. Ce n'est que lorsqu'une frêle silhouette entra dans la pièce et la traversa entièrement pour venir se prosterner à genoux devant le Maître que Severus comprit. Un nouveau Mangemort allait être marqué ce soir. Severus avait l'impression de connaître la personne agenouillée devant le Seigneur des Ténèbres mais il n'arrivait pas à mettre le nom dessus.

-Mes chers amis, si nous sommes réunis ce soir, c'est dans le but d'accueillir parmi nous un adepte qui depuis longtemps est considéré comme l'un des nôtres mais qui à partir de cette nuit, sera votre égal. Retire ta capuche. Ordonna le Seigneur des Ténèbres.

Et Severus sentit son cœur se serrer quand il reconnut le profil de Regulus. Pourquoi, pourquoi n'avait-il pas été mis au courant auparavant du marquage de son ami ? Il lança un regard interrogateur à Lucius et Théodore mais ceux-ci évitèrent de rencontrer les yeux accusateurs de leur ami.

-Souhaites-tu de plein gré nous rejoindre ? demanda le Maître.

-Oui, Maître. Répondit le jeune homme.

-Acceptes-tu ma marque comme symbole de l'appartenance à notre ordre?

-Oui, Maître. Réitéra Regulus.

A ces mots, Severus se retint de lui hurler de ne pas faire un geste aussi inconsidéré, de ne pas se lier à cet homme sanguinaire et violent. Mais rien ne sortit de sa bouche et il se força à regarder son ami sans broncher. Après tout son ami était majeur et il faisait ce qu'il voulait désormais. Il vit Regulus relever la manche gauche de la cape qu'il portait et tendre son bras nu et sans tâche au sorcier devant lui. Ce dernier fit glisser sa baguette sur tout l'avant-bras du futur Mangemort jusqu'à arriver deux centimètres au-dessus du poignet.

-Morsmordre. Chuchota le Seigneur des Ténèbres.

Et alors Severus revit pour la seconde fois un rayon de magie de couleur noire sortir de la baguette du Maître pour se fondre dans la peau de Regulus et remonter le long de son avant-bras pour prendre la forme d'un serpent sortant par la bouche ouverte d'une tête de mort. Le tatouage étant noir sur la peau blanche de Regulus, il ressortait d'autant plus. Severus leva ses yeux du dessin à l'instant même où il entendit un cri percer à travers ses oreilles. Il releva la tête et vit son meilleur ami, les genoux tremblant sur le sol, essayant de retenir ses cris et de rester digne pour ne pas perdre, par la suite, le respect de ses camarades mais aussi pour se montrer à la hauteur du « présent » offert par leur Maître. Le sortilège cessa enfin quand le dessin fut pleinement gravé et le Seigneur des Ténèbres leva sa baguette du bras de son nouveau mangemort.

-Ce soir est une soirée spéciale, pour toi mais aussi pour vous tous mes chers Mangemorts. S'exclama le Maître. Ce soir nous allons porter un coup décisif au Ministère et nous allons ouvrir les yeux de la population sur notre organisation. Ce soir nous allons déclencher les Enfers et bientôt toute la population rejoindra notre mouvement. Finit par hurler le mage noir.

Severus sentit un vent d'excitation gagner les rangs de ses camarades et il se demanda pendant un instant ce à quoi il devait s'attendre. Si le meurtre des deux petites filles n'était rien en comparaison à ce soir, il fallait vraiment se préparer à un massacre.

- Ce soir, nous allons à Glasgow, dans un quartier résidentiel. Ce soir nous allons paralyser le gouvernement. Discourra le mage noir.

Severus sentit une présence pousser contre les barrières de son esprit. Il la laissa passer et il aperçut alors une image : celle d'une maison, entourée d'un jardin et clôturée par un portail blanc. Il savait désormais où il devait transplaner et il pria de toutes ses forces pour que la maison fut vide. Il attendit que quelques-uns de ces camarades furent partis au cas où il aurait le temps d'envoyer un message à Sirius mais il ne connaissait pas l'adresse : il visualisait juste le point d'arrivée. Quand il vit le Maître le regarder avec un petit sourire, il préféra transplaner immédiatement. Il essayerait de communiquer des informations à Black plus tard s'il en avait le temps. Quand il arriva à sa destination, il y avait déjà un groupe de six mangemorts qui fixaient le portail de la maison, attendant les ordres de leur Maître.

-Vous pouvez tuer autant qu'il vous plaira mais la jeune fille est pour notre nouveau camarade, c'est clair ? Ordonna le Seigneur des Ténèbres.

Tous les mangemorts opinèrent de la tête. Regulus devrait faire ses preuves pour être à la hauteur de l'honneur que lui avait fait le Maître. C'était clairement un test pour savoir jusqu'où le jeune homme était prêt à aller pour satisfaire le Seigneur des Ténèbres.

-Une fois les barrières dissoutes, vous trouvez la famille, vous l'amenez dehors et nous pourrons ensuite nous amuser. Je vous attends pour la seconde partie de notre soirée. Le mage noir avait prononcé ses mots en regardant Regulus, Severus, Lucius et Théodore. Les autres devraient donc s'occuper des barrières magiques qui encadraient la demeure.

Et les sorts commencèrent à fuser. Ils rebondirent sur les barrières protégeant la maison. Au bout de cinq minutes malgré tout, les premiers boucliers commencèrent à tomber et le dôme protecteur qui auparavant était bleu-roi perdait progressivement de la couleur pour devenir blanc, signe qu'il perdait en puissance. Ils finirent par céder complètement après encore dix minutes de ce traitement. Les Mangemorts se dépêchèrent d'entrer dans la maison afin d'empêcher les habitants de prendre la fuite. Ceux-ci avaient bien évidemment compris que leur maison était attaquée et c'est pourquoi quand Lucius passa la porte d'entrée tout en faisant attention à ne pas se mettre à découvert et sans laisser aucune faille dans sa défense, il ne fut pas surpris de ne voir personne et de n'entendre aucun bruit.

Il avança prudemment dans le salon mais rien n'indiquait la présence d'habitants. Il se stoppa alors et tendit l'oreille pour essayer de percevoir au maximum les sons aux alentours. Pendant ce temps, il réfléchit également aux probables endroits où la famille aurait pu se réfugier. Il fit un signe discret à Théodore, l'enjoignant d'aller voir à l'étage, si les habitants ne s'y étaient pas réfugiés. Durant ce temps, Severus fouillait le rez-de-chaussée et passait en revue le moindre placard et recoin. Mais il ne trouvait rien. Il ouvrit la dernière porte, sentant poindre le doute, mais celle-ci donna sur un escalier qui descendait dans la pénombre.

-Là, il y a un sous-sol. Ils s'y sont sûrement réfugiés. Annonça l'apprenti-potionniste.

Les deux amis s'y engagèrent, baguettes tendues. Ils essayèrent de faire le moins de bruit possible. Ils entendirent néanmoins des bruits venant de cette partie de la demeure et quand ils posèrent le pied sur la dernière marche de l'escalier, ils virent un homme de dos, portant un enfant dans ses bras afin de le faire passer à travers une trappe à une seconde personne déjà dans le trou. Les deux amis pointèrent immédiatement leur baguette dans cette direction.

-Vous devriez revenir avec nous dans la maison. Annonça Lucius d'une voix ferme.

A ces mots l'homme se retourna et Severus écarquilla les yeux un instant avant de reconnaître la personne en face de lui. Ils attaquaient le Ministre de la Magie en personne. C'était sa maison, sa famille, qu'ils allaient détruire ce soir. Il comprenait à présent pourquoi leur Maître était si excité à l'idée qu'ils réussissent leur mission. L'homme se retourna prestement et Severus vit qu'il avait encore sa baguette à la main. Il le désarma d'un sort et Lucius reprit :

-Si vous venez avec nous sans faire d'histoire, nous veillerons à ce que ce soit rapide. Vous ne voudriez pas que l'on s'acharne sur vos enfants ?

-Ne leur faites pas de mal. Supplia l'homme. Je sais ce que vous voulez mais sachez que vous ne me faites pas peur. Malgré tout, j'aimerais que vous laissiez partir mes enfants et ma femme. S'il vous plaît : ils sont innocents, moi seul vous ai résisté. Livrez-moi à votre maître si vous le souhaitez mais laissez les partir. Personne n'en saura rien.

-Malheureusement nous avons des ordres et nous sommes obligés de les respecter. Informa l'homme blond.

A ce moment-là, Théodore et Regulus arrivèrent dans la cave, ayant fini de fouiller l'étage mais n'ayant rien trouvé. Les quatre amis firent remonter Eric Larvill ainsi que sa femme et ses enfants. Quand la petite passa devant Regulus, ce dernier eu un mouvement de retrait, elle avait l'air si jeune, elle ne devait pas avoir plus de neuf ou dix ans. Et ce soir pourtant il devrait la tuer.

En arrivant dans le salon, des bruits de combats attirèrent l'attention des mangemorts au dehors et Regulus ainsi que Severus se penchèrent pour regarder ce qui se déroulait à l'extérieur. Eric en profita pour ouvrir rapidement le tiroir du meuble qui se trouvait à sa gauche et en sortit une baguette de rechange qu'il conservait justement en cas de perte de la sienne. S'il réussit à lancer un sort de désarmement à Lucius, ce dernier arriva malgré tout à conserver sa baguette dans sa main et alors qu'Eric criait à sa femme de repartir vers le sous-sol afin qu'elle puisse s'enfuir avec les enfants pendant qu'il s'occupait de leurs assaillants, Théodore lança un sort qui percuta celui lancé par le Ministre juste en même temps. La réunion des deux sorts créa une explosion qui fit s'effondrer le plafond situé entre le salon et la cuisine.

Les gravas recouvrirent le corps du Ministre instantanément. Au bout de plusieurs secondes, les quatre amis se dirigèrent vers la salle à manger afin d'avoir accès à la cuisine par la deuxième entrée et savoir si les enfants ou la femme du Ministre avaient eux aussi été touchés par l'explosion. Quand ils arrivèrent dans la pièce, ils virent la jeune femme, prostrée dans un coin et tenant fermement sa fille dans ses bras. Son fils en revanche gisait près des gravats, la tête en sang car une pierre lui était tombée dessus et avait tapé contre son crâne qui s'était fendu. Les os de son visage étaient broyés, Regulus eu un haut-le-cœur en voyant cela mais ils devaient à tout prix ramener la mère et la fille au Seigneur des Ténèbres. Dès que Lucius toucha le bras de la mère, celle-ci poussa un long hurlement strident et serra encore plus fort sa fille contre elle. Elle commença à bouger frénétiquement la tête de gauche à droite mais le jeune homme ne lui laissa pas le choix. Il l'agrippa par les bras, la força à se mettre debout et la tira pour qu'elle le suive.

Ils finirent par sortir complètement de la maison et se retrouvèrent dans le jardin quand des bruits de transplanage se firent entendre. Des aurors arrivèrent et un combat s'engagea entre les mangemorts restés dehors et les nouveaux arrivants. Voldemort, un peu en retrait, fit signe à ces quatre mangemorts de transplaner chez lui. Ce qu'ils firent sans demander leur reste avec les otages.

En arrivant dans la pièce où ils se réunissaient à chaque fois que leur Maître les appelait, les quatre mangemorts déposèrent la femme au centre de la pièce avec sa fille. La petite était effrayée et sa mère, sous le choc de la mort de son fils et de son époux, ne pouvait lui être d'aucun réconfort.

-Prépare-toi bien mentalement à ne rien laisser paraître : aucun émotion, aucune sensation. Rien. Ferme ton esprit et concentre-toi. Indiqua Severus au plus jeune d'entre eux.

-Je dois me concentrer sur le prochain meurtre, mon prochain et premier meurtre c'est ça. Lança Regulus, de l'amertume plein la voix.

-Exactement. Tu n'as pas le choix. Si tu voulais faire autrement, il aurait fallu ne jamais venir ce soir. S'énerva l'apprenti-potionniste.

-Ce n'est pas comme si j'avais vraiment eu le choix je te signale. Moi je n'ai pas choisi de tuer comparé à toi qui a fait ça délibérément. Cingla le jeune Black.

A ces mots, Severus sentit comme un coup de poignard venir se loger dans tout son être. Il n'aurait jamais pensé que son ami puisse lui dire cela. Il comprenait parfaitement le sous-entendu de Regulus mais en même temps il était choqué des paroles de son ami alors même qu'il savait bien pourtant comment était Tobias, quelles atrocités ce dernier avait commis et quel était son comportement envers son fils. S'il y avait bien une chose que Severus ne regrettait pas, c'était d'avoir mis fin à son calvaire, à ses cauchemars. Certes beaucoup auraient trouvé son geste inhumain, mais pour lui c'était un besoin vital. Et Regulus savait ce qu'il ressentait à propos de cela. Alors qu'il lui balance ça à la figure aujourd'hui le blessait énormément.

Mais il pouvait néanmoins comprendre la réaction de son ami qui venait de voir un jeune garçon de neuf ans mourir sous ses yeux. Malheureusement le Seigneur des Ténèbres lui, ne s'adoucirait pas devant la souffrance de son ami, ni sa culpabilité. Au contraire, il risquait de s'énerver et de lui faire payer de débordement de sentimentalisme.

-Oh oh oh, on se calme, je pense qu'il y a plus important à faire pour l'instant, comme de faire en sorte qu'elle arrête de gueuler car à mon avis ça va énerver le Maître. Dit Théodore.

Et sur ces mots les quatre amis se tournèrent vers la mère, toujours agenouillée au sol, là où l'avait déposé Lucius, tenant sa fille dans ses bras comme si elle protégeait un trésor.


Voldemort divisa ses factions en deux groupes : l'un qui irait chercher la famille dans la maison et l'autre qui attendrait l'arrivée des aurors dehors. Il avait demandé à ses mangemorts les plus féroces et les plus avides de sang de rester dehors car il voulait infliger de lourdes blessures aux aurors. Oh oui, Voldemort était parfaitement conscient qu'en attaquant la maison du Ministre il risquait gros, mais s'il réussissait, il inspirerait la peur à tout le peuple anglais et il espérait ainsi s'attirer de nouveaux fidèles.

Il savait qu'il avait assez peu de temps pour détruire les barrières avant que les aurors n'arrivent mais en divisant ses forces en deux, il espérait prendre les aurors à revers et permettre à ses Mangemorts rentrés dans la maison de pouvoir rattraper la famille sans problème. Et c'est exactement ce qui se passa.

Quand les aurors arrivèrent, ils étaient déjà tournés vers la maison et ils ne virent donc pas les Mangemorts derrière eux, les attendant baguette au poing. Les premiers aurors qui tombèrent sous les sorts des Mangemorts ne virent même pas la mort arriver. Les aurors restés debout se retournèrent vivement et le combat dans la rue de Railing Park devient enragé quand ils comprirent que les mangemorts avaient réussi à s'emparer de la famille du Ministre en voyant quatre d'entre eux sortir de la maison et transplaner vers un endroit inconnu.

Au même moment, Sirius transplana avec le reste de sa petite équipe dans l'impasse. On lui avait seulement dit que la maison du Ministre était attaquée et que des Mangemorts étaient sur les lieux. Mais en arrivant, il vit trois des membres du premier escadron d'aurors envoyé sur place, morts, le visage contre le bitume. Il en déduit qu'ils avaient été surpris de dos et cela ne fit que renforcer sa volonté de mettre les Mangemorts hors d'état de nuire. Il s'engagea alors dans le combat avec force et détermination, essayant de neutraliser l'adversaire sans le tuer. Il était en train d'affronter un combattant plutôt féroce quand celui-ci prit la parole :

-Tu n'es qu'un traître à ton sang, Black. Tu ne mérites pas mieux que tous ces amoureux des moldus qui affaiblissent chaque jour un peu plus notre monde. Je suis contente vraiment que ma tante t'ai déshérité. Et la personne partit dans un grand éclat de rire.

Quand Sirius reconnut la voix de sa cousine, Bellatrix Lestrange, il ne put empêcher un frisson de remonter le long de son échine. Il n'était absolument pas surpris de voir qu'elle faisait partie de ce groupe de fanatiques, luttant pour préserver la soi-disant pureté de leur race. Il préféra ne rien répondre et la laisser continuer dans son délire. Même s'il aurait été facile pour lui de la mettre en colère, après tout depuis qu'il était enfant (c'était un domaine dans lequel il excellait surtout avec Bellatrix qui s'emportait pour un rien et très rapidement), il n'oubliait pas qu'il était sur un champ de bataille et qu'il devait au maximum rester concentrer sur sa tâche : sauver le plus de vies possible et ramener la famille du Ministre en sécurité.

-Un jour prochain je te tuerai Sirius dans d'atroces et longues, très longues souffrances. Ricana Bellatrix.

Sirius allait lui dire qu'elle pouvait toujours courir quand une énorme explosion retentit soudainement à sa droite. Il fut violemment projeté sur le côté et resta sonné quelques secondes à terre le temps que sa vision lui revienne. A l'instant même où son mal de tête diminua, où sa vue se fit plus claire et le bruit assourdissant des alarmes retentit à nouveau à ses oreilles, il vit sa cousine, accompagnée de trois autres personnes s'enfuir en transplanant. Il laissa alors sa tête retomber contre le sol. Aussitôt une silhouette encapuchonnée se plaça au-dessus de lui.

-C'est vraiment dommage que tu ne te sois pas joint à moi. J'avais tellement de projets pour toi et les tiens. Lui dit l'homme. Mais tant pis, je me contenterai de ton frère alors. Et il partit dans un grand éclat de rire qui glaça le sang de Sirius.

Puis après un dernier regard, l'inconnu transplana à son tour.


Cela faisait vingt minutes que le combat avait pris fin mais Sirius se sentait fatigué comme jamais. Il était entré dans la maison du Ministre avec l'agent Watts et ils avaient trouvé le corps du petit Alan complètement sanguinolent. Ils avaient également remarqué le bas de la jambe d'un homme qui dépassait de sous les gravats juste à côté du cadavre du petit garçon. Et quand ils avaient soulevé les débris ils avaient été envahis par le désespoir en trouvant le deuxième cadavre. Ils avaient fouillé le reste de la maison en espérant que la femme et la fille du Ministre soient cachées quelque part à l'abri. Mais ils n'avaient rien trouvé et les récits des deux aurors survivants de la première équipe arrivée sur les lieux avaient confirmé leurs craintes et leurs soupçons. La mère et la fille avaient été enlevées par les Mangemorts et à cette heure-ci elles étaient sûrement mortes.

Une fois que tous les blessés furent évacués, que les médecins arrivèrent sur place pour constater les décès et récupérer les corps, les aurors purent rentrer au Ministère pour faire un bilan de l'attaque et rédiger leurs rapports. Sirius vit donc l'heure suivante passer comme dans un rêve : il remplit machinalement sa paperasse, assista à la réunion sans véritablement en saisir le moindre mot et quand il revint s'asseoir à son bureau afin de récupérer sa cape d'uniforme qu'il avait laissée là le temps du bilan, il sentit la main de James toucher son épaule et ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il lui sembla reprendre contact avec la réalité.

-Je… Tu ferais mieux de rentrer te coucher, Sirius. Ils nous ont donné notre journée de demain, d'autres équipes nous remplacent. Si tu as besoin de parler, tu peux venir à la maison demain, il n'y a aucun problème. James essayait de rassurer son ami et de lui donner le soutien dont il avait besoin.

-Oui d'accord, je t'enverrai un message pour te prévenir si je viens ou pas. Répondit Sirius.

Mais James sentit que son ami était déjà reparti dans un autre monde. Il se dit que son ami avait sûrement besoin d'un peu de temps pour se remettre de la nuit mais qu'après du repos ça irait sans doute mieux. S'il voyait dans les prochains jours que l'animagus était dans le même état, il aviserait.

Sirius était replongé dans sa transe et il ne vit pas son chef arriver. Par contre il sentit avec une grande vivacité le sortilège cuisant qu'il reçut sur les fesses de la part de l'agent Watts.

-Allez-vous reposer Black et je ne veux pas vous voir avant au moins deux jours, est-ce clair ? Tonna le vieil homme.

Sirius bondit sur ses deux pieds et répondit par l'affirmative tout en grommelant que son fessier était très sensible. Il finit tout de même par rassembler ses affaires et sortir du Ministère. Il préféra se mêler aux passants et faire quelque pas dehors avant de rentrer chez lui. Ses pas le menèrent bientôt à un endroit familier et ce n'est que lorsqu'il s'arrêta devant la vitrine et qu'il releva la tête qu'il reprit pied. Il était arrivé devant le dernier club qu'il avait visité il y a quelques semaines de cela et il se dit que cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas eu d'activités sexuelles. Peut-être que cela pourrait lui faire oublier les malheurs de cette nuit? Et puis il retrouverait peut-être le même jeune homme que la dernière fois ? Comment s'appelait-il déjà ? ... Ah oui, Nuit. Ça lui revenait maintenant.

Et c'est en sachant pertinemment qu'il ne trouverait aucun repos dans le sexe et la débauche mais en l'espérant malgré tout très fort qu'il poussa la porte encore ouverte du club...


Je sais que je n'ai aucune excuse pour mon (énorme ?) retard, même ma bêta a fini par se poser des questions, c'est vous dire. Tout ce que je peux expliquer, c'est que ce chapitre ne s'est pas du tout déroulé comme je le prévoyais à la base mais finalement il semble qu'il ait bien plût à ma bêta (surtout le passage avec la statue, je vous raconte pas la force des commentaires qu'elle m'a laissé là : ) ). Enfin tout ça pour dire que le prochain chapitre est déjà commencé (un petit peu :s) et que je pense pouvoir le publier d'ici deux semaines au grand maximum (vu qu'en plus je suis en vacances à partir de JEUDI ! ;). Fini les partiels et bonjour la détente ! (Heureusement que mes profs ne me lisent pas : ), ils seraient choqués XD.

Voilà, j'espère donc que ce chapitre vous a plût également et pour ceux et celles qui ont lu jusque-là, je tiens encore une fois à m'excuser pour mon retard : le début des partiels a été très douloureux et en plus j'ai eu pas mal d'idées pour d'autres fics aussi. Mais comme j'ai déjà du mal à publier celle-là, vous imaginez bien que je note mes idées mais que je ne commence pas l'écriture de mes fics : )

Voilà, voilà, sur ce je vous laisse récupérer de votre lecture et j'espère vous voir au prochain chapitre dont la date sera inscrite sur mon profil ….

A plus les loulous (oui en ce moment tout le monde c'est mes loulous, me demandez pas pourquoi : ).