Un chapitre un peu en avance cette semaine mais c'est parce que je viens d'acheter Civilization - Beyond Earth… donc je risque de passer un peu de temps dessus et d'être un peu en retard la semaine prochaine. Tellement de choses à faire et pas assez de temps pour le reste, hélas.
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Olympe, temple d'Apollon
Allongée sur l'un des canapés de son bureau, Apollon prenait actuellement une pause qu'elle estimait bien méritée lorsque Philia fit irruption assez brusquement, sans même frapper à la porte, ignorant les mises en gardes du colonel qui servait de secrétaire à la Maréchale. Apollon se redressa en fronçant des sourcils et jugea sa Général d'un regard sombre, le colonel restant légèrement en retrait lorsqu'il vit l'expression de sa supérieure. Mais si la colère d'Apollon à ce dérangement était mineure, celle qui pulsait dans le regard de Philia ne l'était pas, loin de là.
- Laissez-nous, et veuillez à ce qu'on ne vienne pas nous déranger. Même s'il s'agit de mon frère.
- A vos ordres, répondit le colonel avant de s'éclipser, refermant la porte derrière lui.
- J'espère que ta colère n'est pas dirigée contre moi, Philia, prévint Apollon en se levant, mettant rapidement de l'ordre dans sa tenue.
- Tout dépendra si vous êtes au courant ou non de ce que je viens d'apprendre, Apollon-sama, répondit-elle d'une voix froide.
- Attention, terrain glissant, gronda la Maréchale en se dirigeant tranquillement vers son bureau. Il y a des limites à l'insubordination et au manque de respect que je ne tolère pas, y compris venant de vous, Général.
- Ma nièce, Juni, est en mission avec son équipe dans la région Sud du Domaine pour tenter de retrouver le fils d'Isshin et les Shinigamis qui l'accompagnaient lors de son arrivée sur l'Olympe, ainsi que les responsables de leur fuite, qui sont probablement eux aussi des Shinigamis. Sur ce point, je doute de vous apprendre quelque chose. Cependant, elle m'a contacté car elle a des raisons de croire que le Général Oracio retient mes enfants prisonniers dans le domaine, probablement dans le village de Forestedge. Lors de leur passage au village pour se ravitailler, Juni n'a pas pu voir mes enfants et Oracio lui a dit qu'ils étaient en pleine phase d'entrainement du second niveau du Practix, alors qu'ils ont fini cette phase depuis deux semaines déjà ! J'ai essayé de les contacter et ils ne répondent, ni l'un ni l'autre.
- Le Général Oracio a pu se tromper, cela arrive à tout le monde.
- Sauf votre respect, je n'ai pas eu de nouvelles de mes enfants depuis ces deux dernières semaines. Pas un seul appel, leur dernier en date était justement celui où ils me disaient qu'ils avaient fini le Practix ! En temps normal, je ne m'inquiète pas pour un ou deux appels manqués et je peux comprendre que l'entrainement doit les épuiser… mais qu'ils ne m'envoient même pas un message pour me dire qu'ils vont bien ? Alors que je leur en ai laissé plus d'une dizaine moi-même ? … Non, il y a quelque chose qui ne va pas.
Apollon fixa sa Générale avec compréhension et se mit à réfléchir. Et il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre.
- Oracio voulait cacher quelque chose à Juni, continua Philia d'une voix plus calme.
Elle connaissait bien sa supérieure et savait à son expression que tout ce qu'elle lui disait était nouveau pour elle.
- Et je pense que nous savons toutes les deux ce que c'est. Les Shinigamis sont à Forestedge.
- Je me doutais que Déméter était impliqué d'une manière ou d'une autre dans cette affaire avec les Shinigamis mais nous, mon frère et moi, précisa-t-elle, sommes toujours surveillés par Héra et ses agents, dans nos moindres déplacements ou nos communications, et nous n'en avons donc pas discuté avec lui. Pas plus qu'il n'est venu nous annoncer ses intentions, d'une manière discrète ou non. Il semblerait donc que mes doutes étaient fondés et même bien plus que ça si l'un de ses Généraux les plus en vue est directement impliqué.
Apollon marcha le long devant son bureau en réfléchissant.
- Mais si tout cela est vrai alors il est possible que tes enfants ne soient pas retenus prisonniers et qu'il soient…
Le regard outré de Philia la coupa net dans sa supposition.
- Non, si tel était le cas, ils auraient joué le jeu, pour éviter tout soupçon, se corrigea-t-elle. Au pire, ils auraient répondu à tes messages. Mais comprends-tu ce que toute cette affaire signifie, Philia ?
- Comment ça ?
- Nous sommes en train de parler du fils d'Isshin, l'ami de ton frère de longue date. Tu connais… notre position, à mon frère et à moi, dans toute cette affaire. Nous ne sommes pas d'accord avec la manière dont Héra et Athéna ont décidé de traiter nos alliés, les Shinigamis, depuis le départ, depuis la mort du Roi en fait. Et plus encore concernant le jeune Ichigo, que beaucoup de gens voient comme un héro, même ici, sur l'Olympe.
- Je me moque d'Ichigo, répondit Philia avec une colère de nouveau grandissante. Isshin est mon ami, certes, et à ce titre et par ses actes, son gamin mérite aussi tout mon respect, à mes yeux. Mais il n'est pas concerné dans cette affaire. Je vous parle de mes enfants, de Christo et de Clara, la chair de ma chair ! Qu'Oracio décide de jouer le jeu politique de Déméter contre les décisions du Tribunat concernant les Shinigamis et que ce soit avec votre accord tacite ou non, à vous et à votre frère, tout en restant polie, Maréchale, je m'en contrefous royalement !
Dans toute autre circonstance, Apollon aurait enragé de voir un Général sous ses ordres se mettre à ce point en colère contre elle. Mais la colère de Philia était celle d'une mère envers ses enfants qu'elle estimait en danger. Autant dire que tout argument n'allant pas dans son sens ne faisait qu'attiser des braises déjà bien rougeoyantes.
- Dans un tel cas, qu'attends-tu pour filer chez Héra et lui dire ce que tu viens d'apprendre ?
- Je ne trahirai pas Isshin en livrant son fils à Juliette sur un plateau d'argent, rétorqua Philia en secouant la tête. Mais je ne peux pas laisser cette situation perdurer également. Et c'est pourquoi je suis ici, devant vous.
Apollon comprit immédiatement pourquoi et prit une lourde inspiration. Ayant maintenant tous les éléments de cette affaire en sa possession, elle comprenait aussi ce que Philia voulait et ce qu'elle devait faire elle-même.
- Très bien. Général Mitsumada Philia, prenez votre équipe et allez inspecter les lieux. Officiellement, vous allez rendre visite à votre famille et vous assurez que vos enfants vont bien. Je… Je vous laisse juge de vos décisions concernant toute autre affaire que vous pourriez rencontrer une fois sur le terrain.
Philia se mit au garde-à-vous et la salua bien bas puis se retourna pour sortir.
- Sachez cependant, continua doucement Apollon dans son dos, ce qui la fit s'arrêter, que j'espère que vous jugerez toute cette affaire pas seulement avec les yeux d'une mère. Il y a une raison pour laquelle votre nièce vous a contacté en personne.
- Bien sûr. Juni est une Générale très capable mais elle sait parfaitement qu'elle ne fait pas le poids contre Oracio, répondit Philia par-dessus son épaule. Je suis sûre qu'elle s'inquiète aussi énormément pour mes enfants, elles les adorent tout autant que moi. En me contactant , elle fait une pierre deux coups : je récupère Christo et Clara et j'occupe d'Oracio, lui laissant libre champs de remplir sa propre mission.
- Ce que nous… toi y compris… ne veut pas vraiment qu'elle fasse, je me trompe ?
- … Je sais, soupira Philia. Hélas, dans toute cette affaire, elle est malheureusement la seule à avoir un ordre officiel de mission venant du Tribunat. Ses ordres sur le terrain sont donc les seuls à avoir force de loi.
Apollon entendit très clairement la déception et la tristesse dans sa voix car Philia avait pleinement conscience de se faire manipuler par sa propre nièce. Et qu'elle-même était tiraillée entre son instinct protecteur de mère, son amitié pour Isshin, son devoir en tant que Général de la Garde Royale et sa propre conscience. Après un dernier salut, elle sortit du bureau et laissa la Maréchale seule, et désormais bien trop troublée pour songer à se reposer.
- Toute cette histoire se terminera mal, si ça continue comme ça, grommela Apollon pour elle-même. Tout ça ne peut plus durer, les ordres aberrants du Tribunat doivent cesser, et sur-le-champ.
Prise d'une envie de casser quelque chose, elle se dirigea vers son épée qui reposait sur un râtelier près de son bureau et s'apprêtait à aller dans sa salle d'entrainement personnel lorsqu'elle passa devant un livre d'histoire qui trainait sur un meuble.
- Une minute…
Apollon reposa son épée, prit le livre et le feuilleta vite fait, s'arrêtant lorsqu'elle trouva le passage qu'elle cherchait. Puis elle se mit à compter avec ses doigts.
- Artémis, Déméter, Dionysos – si ce que j'ai entendu dire est vrai… –, Aphrodite – je pense pouvoir la convaincre assez facilement –, Héphaïstos – qui ne devrait pas poser de problème non plus, en croisant les doigts – et moi. Cela fait 6 Maréchaux, il en manque un… la voix de Banzarô ne compte plus donc il ne reste plus qu'à convaincre Hermès de se joindre à nous. S'il accepte, nous sommes sept.
Elle referma le livre d'histoire dans un claquement sonore et le jeta adroitement sur son bureau où il atterrit exactement là où elle voulait.
- Et on renverse le Tribunat dans le cadre de la loi, termina-t-elle avec un sourire carnassier et une expression sauvage.
Elle se sentait beaucoup mieux maintenant qu'elle avait un plan.
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Olympe
Juliette Maltoro n'était vraiment pas la personne à déranger ces dernières heures. Assise à son bureau dans le temple d'Héra, toute son équipe d'intervention prête à agir à ses ordres à quelques mètres d'elle, dans la pièce voisine, elle lançait des fléchettes sur une cible sur laquelle elle avait accroché des photos d'Isshin, d'Ichigo, de Rukia et de Soi Fon. Celle d'Isshin au centre était, depuis longtemps déjà, partiellement ravagée par tous les trous qu'elle y avait fait.
Comme la millième fois depuis qu'elle avait posé son Kidou sur la nuque d'Isshin, elle vérifia sa position en se concentrant mentalement sur lui. Mais son ancien fiancé n'avait toujours pas bougé depuis qu'il était retourné chez lui, apparemment pour se reposer. Ce qu'elle comprenait, en partie, puisque sa technique était loin d'être relaxante. Vu qu'il arrivait à la limite de son temps imparti, il devait souffrir le martyr à l'heure qu'il était. Un homme normal l'aurait depuis longtemps supplié de le retirer ou de l'achever tout simplement, mais Isshin n'avait même pas cherché à la contacter. Pas plus qu'il n'avait semblé décider à lui dire où était son fils, s'il le savait.
Et cela l'enrageait !
Cette fierté. Cet instinct de protéger sa famille. Cette détermination… Isshin aurait dû les éprouver pour elle !
Non. En toute honnêteté, il les avait éprouvé à son égard par le passé, lorsqu'ils étaient ensembles. Mais c'était avant. Avant qu'il perde ses pouvoirs en sauvant Tetsu. Et avant qu'il se fasse exiler de l'Olympe par son propre clan. Et Juliette avait ensuite regardé sa famille dépérir sous ses yeux tandis qu'elle s'acharnait au travail pour les sortir tant bien que mal de la misère.
Elle avait finalement réussi, de ses propres mains. Mais pas avant d'avoir vu son père puis sa mère mourir dans les champs du Domaine. Et aujourd'hui, elle supportait à elle seule ce qui restait de sa famille, sa jeune sœur et son frère à peine plus âgé. L'un comme l'autre n'avaient malheureusement pas assez de reiatsu pour entrer dans la garde et ne vivaient maintenant à l'Olympe que parce qu'elle était devenue leur tutrice légale après la mort de leur mère. Mais bientôt ils devront l'un comme l'autre trouver un travail leur permettant de maintenir eux même leur standing pour continuer à vivre ici ou être forcé à redescendre à Avalon.
Même si elle était Générale et la protégée d'Héra, la loi était la loi. Elle adhérait et respectait ce concept, car c'était grâce à lui qu'elle était devenue ce qu'elle était aujourd'hui. Et même pour sa famille, elle ne ferait pas d'exception. Sinon elle trahissait tout ce en quoi elle croyait. Et c'était aussi pour cela qu'elle haïssait les clans nobles.
Certains membres de la noblesse actuelle vivaient aujourd'hui sur l'Olympe dans l'opulence et la richesse alors qu'il n'avait pas plus de reiatsu qu'un moucheron et qu'ils se contentaient de boire, de manger, de jouer ou de batifoler toute la journée ! Certains se prétendaient artistes mais n'avaient en réalité pas le moindre talent, d'autres se pavanaient à longueur de temps dans les rues en se moquant des autres, des roturiers comme ils les appelaient, et provoquaient à eux seuls plus de troubles que tous les autres habitant de l'Olympe réunis.
A ce jeu-là, les Kaminoke avaient été les pires à une certaine époque, et elle était secrètement ravie de leur actuelle déchéance. Seule Aphrodite et ses suivants sortaient du lot désormais, se comportant comme ils le devraient en tant que noble et respectant scrupuleusement la loi. Et maintenant c'était les Mitsumada qui commençaient à devenir les fauteurs de troubles par excellence, leur gain de statut leur montant de plus en plus à la tête. Comme Releo et Clarisse, par exemple. Elle avait fait un rapport sur leurs agissements sitôt de retour à son bureau après sa discussion avec Isshin.
La porte de son bureau s'ouvrit brusquement alors qu'elle lançait de nouveau une fléchette et le projectile alla se planter dans le nez d'Ichigo sur la cible.
- Joli tir, commenta Ukasuni en refermant la porte derrière lui.
- J'avais demandé à ce qu'on ne me dérange pas, sous aucun prétexte, gronda-t-elle en se relevant pour aller chercher ses fléchettes.
- Isshin n'a pas bougé de chez lui, hein ? Demanda-t-il en ignorant son commentaire de bienvenue.
Juliette lui adressa un regard noir promettant souffrance et insulte s'il décidait encore de plaider en la faveur de son ami mais cette fois il ne se déroba pas.
- Mais en tout cas, ça bouge pas mal du côté de chez Déméter depuis une heure, à peu près, continua-t-il.
- Hum ? Grogna-t-elle, son intérêt sur le sujet un peu titillé.
- Et si je te dis que Tetsu a faussé compagnie à Sedimpa il y a trois heures environ… et que l'un de mes indics vient de me signaler l'avoir aperçu sortir d'une porte dérobée du temple de Déméter il y a quelques minutes, tu en penses quoi ?
Cette fois, Juliette s'arrêta pour réfléchir et le regarda sans trop comprendre. Tout le monde savait depuis quelque temps déjà que Nolren Sédimpa renseignait Kaminoke Banzarô, alias Poséidon, sur les agissements de Tetsu, la raison exacte de cet arrangement étant encore, quant à elle, un mystère. Et Tetsu lui aussi le savait, en plus.
- Tetsu et Isshin sont vos amis, Yano. Et je sais que vous les avez déjà couvert à de nombreuses reprises par le passé. Pourquoi pas cette fois ? Pourquoi venez-vous me parler d'eux maintenant ? Insista-t-elle avec suspicion.
- Hé ho ! Je ne suis peut-être pas le Général le plus carré-boulon de la Légion d'Héra, Maltoro, mais il y a quand même des actes sur lesquels je ne peux pas sciemment fermer les yeux, amitié ou non, gronda-t-il de colère en réponse à ses insinuations. Or Tetsu est sensé être dans le Domaine, à traquer les escouades d'Arrancars de la Garde Noire qui sillonnent nos forêts et nos plaines, pas à se balader discrètement dans l'Olympe. C'est un flagrant délit d'abandon de poste en temps de guerre, l'un des pires crimes que peut commettre un soldat. J'ai vérifié, discrètement : il n'est pas sensé revenir sur l'Olympe avant encore une semaine, et il n'est fait mention nulle part également qu'il aurait été blessé – ce qui aurait alors expliqué sa présence là-bas. En clair, il prévoit quelque chose avec l'aide de Déméter. Reste à découvrir de quoi il s'agit. Mais concernant Tetsu, nous avons déjà suffisamment de preuves pour l'arrêter, non ? Il suffira de l'interroger après et on connaîtra le fin mot de toute cette histoire.
Juliette allait approuver lorsqu'elle sentit qu'Isshin était brusquement en mouvement. Et qu'il se déplaçait vite et pas seul. Beaucoup trop pour quelqu'un sensé être encore grandement affaibli niveau reiatsu – et agonisant qui plus est.
- Ho, je crois que j'ai compris. Apparemment, certains amis d'Isshin ont décidé de lui donner un coup de main.
Arrachant presque son arme de son râtelier au passage, elle ouvrit la porte donnant à la pièce d'attente où son équipe semblait paresser et les dix Colonels Vaizards présents bondirent sur leurs pieds, se mettant au garde-à-vous.
- On bouge ! Ordonna-t-elle avec un grand sourire sadique. Nous avons des arrestations à procéder, des cellules à remplir et des interrogatoires à mener.
Oui, elle adorait être du côté de la loi.
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Olympe
- Arrêtez ! Tetsu ! Les gars ! Qu'est-ce que vous faites ?! Protesta Isshin d'une voix partiellement étouffée, pieds et poings liés et son corps enveloppé dans une grosse couverture.
- On essaie de sauver votre carcasse ! Et maintenant taisez-vous, sans vouloir vous manquez de respect ! Lâcha à voix basse le Colonel qui le portait presque sans ménagement, tel un sac de patates sur son épaule, tandis que Tetsu vérifiait que personne ne s'intéressait à eux ou, pire, les suivait.
- Nous avons mis un plan au point et on l'applique, tout simplement, continua son ami tout en faisant signe que la voie était dégagée.
Tetsu n'était pas venu seul pour enlever Isshin, il avait constitué une équipe assez disparate composée de deux Colonels de Déméter, d'un d'Artémis et enfin d'un autre d'Apollon. Et Isshin n'avait pas tardé à tous les reconnaître : c'était l'équipe au complet qu'il avait dirigé lors de cette fameuse mission où il avait perdu ses pouvoirs pour sauver son ami.
- Les gars d'Héra doivent surement déjà être en mouvement, se plaint la seule femme du groupe, appartenant à la Légion de Déméter.
- On sera parti avant qu'ils s'en rendent compte. Le portail est à moins de deux kilomètres et Kurinji-Gunshirei nous attend là-bas pour le refermer derrière nous, voulut la rassurer un autre.
- Un plan ? Quel plan ? Le portail ? Ne me dites pas que vous voulez m'emmener dans le Domaine ? J'ai rien à faire là-bas ! Et si vous voulez m'amener à mon fils, Juliette va le savoir immédiatement !
- Hé ! Mais c'est exactement ça, le plan ! Qui lui a dit ? Demanda le Colonel d'Apollon.
Rien qu'au ton de sa voix, on se doutait qu'il plaisantait à moitié, et cela ne fit qu'accentuer la résistance d'Isshin, au grand damne du gaillard qui le portait. Heureusement, ils arrivèrent rapidement en vue de leur première destination, l'esplanade des portails, et ils accélérèrent le pas.
Mais leur joie ne fut que de courte durée car Yano, Juliette et leurs hommes déboulèrent à leur tour d'une autre rue et les deux groupes se figèrent sur place l'espace d'une seconde.
- On fonce ! Ordonna Tetsu en se ruant vers l'esplanade, rapidement suivi par ses hommes.
- Arrêtez-les ! Rugit Juliette en braquant un doigt impérieux vers eux tout en accélérant elle aussi sa course.
Les badauds et les passants s'écartèrent précipitamment du chemin des deux groupes qui courraient maintenant à toute allure dans la même direction, se rapprochant ostensiblement l'un de l'autre, lorsque Tenjirô surgit de derrière l'une des colonnes de l'esplanade, son Zanpakuto à la main.
- Holà, vous avez l'air d'avoir beaucoup couru et vous empestez la sueur jusqu'ici ! Permettez-moi de vous offrir un bon bain pour vous nettoyer !
Il fit tournoyer son arme et balaya l'air devant lui créant une énorme vague d'eau bouillonnante qui sembla rugir en se précipitant sur Juliette et ses hommes. Voyant la masse de liquide se déverser tel un torrent furieux dans leur direction, Juliette pila et bondit hors de portée.
- Dispersion ! Ne laissez pas cette eau vous toucher ! Ordonna-t-elle, une crainte évidente pour la vie de ses hommes dans sa voix.
Tous obéirent promptement mais durent ainsi renoncer à continuer la poursuite, Tetsu, son équipe et leur chargement dépassant Tenjirô qui ne leur bloqua pas le passage, à eux.
- Le portail est ouvert, allez-y ! Je vais les retenir ici. Mais prenez garde, ta sœur et toute son équipe sont passés il y a deux minutes à peine et je ne sais pas où ils allaient !
Tetsu fit signe qu'il avait entendu et sauta dans le portail, immédiatement suivi par ses hommes.
- Kurinji ! Espèce de traître ! Alors toi aussi tu es tombé à ce point-là ! Rugit Juliette totalement furieuse, perchée d'une main sur une colonne de l'esplanade, hors de portée de l'eau. Et tu oses nous attaquer en plus !
- Vous attaquer ? Mais ce n'est que de l'eau ! Ne me dis pas qu'une grande Générale d'Héra comme toi a peur de se mouiller un peu, non ?
Aussitôt, Juliette comprit qu'il s'était joué d'eux car son attaque n'en avait jamais vraiment été une : l'eau trempait maintenant presque toutes les dalles de marbre de l'esplanade et elle ne dégageait qu'un peu plus de chaleur que d'habitude, il ne s'agissait pas de sa fameuse technique d'eau mortelle. Les quelques passants qui n'avaient pas eu le temps de fuir étaient quant à eux bien trempés mais aucun ne semblait blessés ou ébouillantés.
D'un autre côté, toute cette agitation avait fini par déclencher l'arrivée des gardes de l'Olympe, une unité spéciale de la Légion d'Héra, chargée du maintien de l'ordre dans la cité divine. Les membres de cette unité étaient connus pour leur implacabilité car la loi interdisait formellement tout combat en ville et même un colonel de la Garde était habilité à mettre aux arrêts un Général qui troublerait l'ordre public.
- Hoo, ils ont fait plus vite que je le pensais, commenta Tenjirô en retransformant sa lance en sabre, annulant son Shikai.
- Général Genix, avisa Juliette en reconnaissant son homologue et collègue à sa carrure de taureau. Mon équipe et moi sommes en mission pour intercepter des déserteurs.
Et elle braqua un index impérieux vers Tenjirô en continuant :
- Et cet homme, le Général Kurinji de la Légion de Déméter, les a aidé à s'enfuir.
- Quoi, vraiment ? Protesta Tenjirô avec une expression outrée. Et qu'aurai-je fait dans ce sens ?
- Vous nous avez empêché de les arrêter ! Lança un des Colonels de l'équipe de Juliette.
- Avec un peu d'eau chaude ?
- Silence ! Tonna le Général Genix et levant une main pour imposer d'avantage son autorité.
Il patienta deux secondes pour s'assurer qu'il avait bien l'attention de tous puis braqua son regard vers Tenjirô.
- Général Kurinji, seul votre reiatsu est présent dans l'atmosphère de cette esplanade et vous étiez le seul aussi à avoir votre Zanpakuto en mode Shikai. Me tromperai-je ?
- Non, Général Genix, répondit Tenjirô avec calme.
- Puisqu'il en est ainsi et que vous le confirmez, veuillez me suivre sans opposer de résistance. Nous vous emmenons pour interrogatoire. Général Maltoro, vous et votre équipe êtes libres de procéder à votre mission, séance tenante.
- Merci, Général Genix, répondit Juliette en savourant sa première victoire.
Elle sembla vouloir ajouter quelque chose mais se ravisa et fit aussitôt ensuite signe à ses hommes de la suivre. Dix secondes plus tard, ils étaient tous partis.
- Général Kurinji, je n'ai pas la réputation d'être un homme patient, gronda Genix en le foudroyant du regard devant son immobilité.
- Juste une seconde, Général Genix, insista Tenjirô en regardant le portail avec une légère inquiétude.
Toutefois, ce qu'il attendait de voir ne tarda pas à se produire : des étincelles et des arcs électriques se mirent à fuser du néant, émergeant du vortex puis parcourant les deux colonnes de part et d'autre avant que l'espace entre elles sembla se ravaler et le portail se referma dans un chuintement sonore.
Genix observa lui aussi le phénomène, en levant un sourcil à moitié surpris, puis gronda encore plus en colère vers Tenjirô :
- Je suppose que vous avez une explication à ce qu'il vient de se produire, n'est-ce pas ?
Tenjirô feignit une expression de totale ignorance et haussa les épaules.
- Alors là, aucune idée. Et je n'y suis pour rien non plus. Vous êtes témoin, d'ailleurs ! Je n'ai absolument rien fait.
Genix ricana et leva la main pour ordonner à ses hommes de l'emmener.
- Nous verrons bien si vous aurez toujours la langue aussi pendue une fois que je vous aurais « attendri » à ma manière.
Tenjirô se contenta de lui retourner un sourire féroce, pas le moins du monde impressionné.
Une minute plus tard, lorsqu'ils eurent tous quitté la place, Ukasuni Yano sortit de derrière l'une des colonnes où il s'était caché, après avoir fait semblant de prendre le portail. Tranquillement, il sortit son comvo et composa un numéro automatique. Son interlocuteur devait attendre son appel car il décrocha immédiatement.
- C'est fait. Tout s'est déroulé exactement comme vous l'aviez prévu. Par contre, je ne sais pas comment ils ont fait mais le portail semble s'être refermé peu après leur passage… Au moins, je n'aurais pas trop de mal à expliquer à Héra pourquoi je ne les ai pas suivi.
Il écouta la réponse avant de refermer son comvo et de disparaître en Shunpo.
***.***
Domaine de l'Olympe
Le portail menant à l'Olympe n'était pas particulièrement caché, remarqua Ichigo. Les deux piliers avait depuis longtemps été intégrés dans la végétation assez dense de la forêt et le trou noir bourdonnait doucement entre eux, comme une espèce de cercle donnant sur le néant et suspendu en l'air entre deux grands tronc d'arbres.
Sauf que des troncs d'arbres semblables, il y en avait des millions autour d'eux. Et que le portail était virtuellement invisible dans toutes les directions au-delà de cinquante mètres. Et que le bourdonnement qu'il émettait n'était même plus audible à trente mètres, perdu dans les bruits habituels de la nature tout autour de lui.
En clair, pour le trouver, il fallait vraiment savoir où il était, ou être chanceux comme personne. Et pour couronner le tout, il fallait apparemment faire un Kidou particulier pour l'activer dans le sens Domaine-Olympe, sans lequel il restait totalement inutilisable.
Perché sur la branche d'un arbre le dominant, le jeune Shinigami et ses amis attendaient patiemment le signal pour passer à l'action, selon le plan établi par Yamamoto et Oracio. Un plan qu'il n'approuvait qu'à moitié mais qu'il avait accepté de suivre, malgré ses réticences. Et qui avait déjà subi son premier accroc lorsque Mitsumada Philia et son équipe apparurent alors que personne ne s'était préparé à la voir arriver.
Lorsqu'elle avait surgi du néant, elle avait aussitôt braqué son regard sur Oracio, le prenant complètement par surprise, lui qui s'attendait à voir arriver Tetsu et Isshin. Et l'index impérieux qu'elle brandit vers lui ainsi que la colère inscrite sur ses traits n'annonçaient certainement pas une visite de courtoisie.
- Oracio ! Où sont mon fils et ma fille ?!
Un adage disait qu'aucun plan, aussi minutieusement préparé soit-il, ne survivait aux premières minutes de son application. Ils en avaient là une preuve flagrante. Mais Ichigo n'eut pas à réagir à cet imprévu, Oracio prit aussitôt la décision qu'il jugeait la plus judicieuse et bondit en arrière, partant en Shunpo pour s'éloigner le plus rapidement possible de la nouvelle arrivante, appliquant exactement le scénario prévu si Juliette était arrivée avant Isshin, aussi improbable cette option soit-elle puisqu'elle était sensée le poursuivre, et non le devancer.
Et Philia eut bien évidemment la réaction à laquelle il s'attendait : elle se rua à sa poursuite.
- Reviens ici et réponds-moi !
Mais toute son équipe ne se lança pas à sa poursuite, seulement deux de ses Colonels la suivirent, les autres restant sur place pour sécuriser les lieux. Ichigo et ses amis restèrent cachés, dissimulant leur reiatsu de leur mieux et évitant de faire le moindre bruit. Yoruichi, qui avait été assignée pour diriger leur groupe, leur fit bien signe de rester immobiles et silencieux, observant discrètement la situation.
- Merde, qui c'était, cette folle furieuse ? Jura Ichigo à voix basse avec mécontentement.
- La ferme, trancha Yoruichi avec autorité sur le même ton, imposant le silence.
Dissimulée derrière un Kidou, Soi Fon était la plus proche du portail, à quelques mètres seulement, collée ventre contre un arbre la tête vers le bas entre deux branches et observant toute la petite clairière. D'un simple regard, Yoruichi vit qu'elle n'avait pas bougé et continuait à appliquer le plan prévu, peu importe la situation. Approuvant d'un hochement de tête, elle regarda ensuite vers la position des autres capitaines.
A environ 200 mètres d'elle, eux aussi sur une branche en hauteur, Kyouraku, Jyûshiro, Rukia et Renji n'avaient pas bougé non plus. Si on suivait toujours le plan de base, c'était à Soi Fon de donner le signal que leur groupe attendait, c'est-à-dire lorsqu'elle interviendrait en personne. Leur rôle était d'occuper les Colonels assez longtemps pour qu'Ichigo et ses amis prennent la fuite avec Isshin.
Mais Oracio était celui qui devait donner le signal à ces derniers pour apparaître, si la situation était assez sûre, ce qui n'était absolument plus le cas.
Heureusement, l'absence d'Oracio fut presque aussitôt comblée par l'apparition du commandant, celui-ci se matérialisant soudainement dans la petite clairière, juste en face du portail et des Colonels d'Apollon. Chôjirô apparut même pas une seconde après lui, à deux mètres seulement derrière son supérieur.
- Hoo. Voilà qui est relativement rare : Yama-jii en première ligne et avec son fidèle lieutenant sur ses talons, commenta doucement Shunsui avec un petit sourire.
- Shhh, souffla doucement Ukitake, un doigt sur les lèvres, imitant Yoruichi quelques instants plus tôt avec Ichigo.
Dans la clairière, si les Colonels étant restés pour surveiller les lieux furent surpris par cette apparition, ils ne perdirent pas leur calme en revanche, réagissant aussitôt avec diligence et autorité.
- Ainsi nos informations étaient exactes, les Shinigamis sont ici et Oracio-Gunshirei les aidait bien à se cacher dans le Domaine, fit un Colonel en s'avançant, la main négligemment posée sur le pommeau de son arme dans une posture peu agressive mais autoritaire. Je suis le Colonel Travos, de la Légion d'Apollon. Déposez vos armes et déclinez vos identités, ordonna-t-il en bombant le torse et en chargeant son reiatsu pour ajouter du poids à ses ordres.
- Je suis Yamamoto Genryûsai Shigekuni, Commandant du Gotei 13 et Capitaine de la 1ère Division des armées du Seireitei. Je ne suis pas ici pour me battre contre vous mais, si vous voulez mon sabre, il vous faudra le prendre vous-mêmes… à vos risques et périls.
Sur ces derniers mots, le commandant éleva brusquement son reiatsu et toute la clairière sembla trembler sous sa puissance. Pourtant, aussi impressionnante soit-elle, aucun d'eux ne sembla particulièrement affecté par ce déchainement.
- Vous êtes ici dans le Domaine des Dieux, un territoire sous la juridiction de l'Olympe et de la Garde Royale, continua le Colonel toujours sans perdre son calme. Vous n'avez aucune prérogative en ses lieux, ni devoir, ni raison d'y être. Pour la seconde fois, déposez vos armes, ou bien nous allons devoir vous prendre au mot, Soutaichou-dono, et vous les prendre nous-mêmes. Il n'est nul besoin de nous montrer agressifs, vous n'êtes pas nos ennemis. Le Gotei 13 est notre allié depuis des millénaires, ne soyez pas celui qui entachera l'histoire de notre coopération en opposant une résistance inutile devant notre autorité.
Yamamoto soupira, fermant les yeux et secouant doucement la tête.
- Quelle regrettable situation. Je sens à vos dernières paroles le respect que vous portez à mes pairs Shinigamis et cela me désole donc d'autant plus de devoir m'opposer à votre autorité une fois de plus et refuser de vous obéir.
Le Colonel Travos soupira à son tour en abaissant sa main gauche, qui reposait jusqu'alors presque nonchalamment sur le pommeau de son arme, afin que sa droite puisse la saisir.
- Quelle tragédie, vraiment.
Mais juste avant qu'il dégaine, Mitsumada Tetsu émergea du portail en courant, rapidement suivi par ses quatre comparses et leur précieux chargement. Travos recula alors d'un pas avant de se retourner à moitié pour regarder les nouveaux venus, ne comprenant plus trop la situation.
- Il semblerait finalement que nous n'aurons pas besoin d'en arriver là, Travos-Taisa-dono, commenta Yamamoto avec soulagement.
En partie caché dans son dos, son lieutenant fit le signe convenu et Yoruichi lança un rapide go. Ichigo bondit littéralement hors de leur cachette, se propulsant telle une fusée vers le sol à l'aide d'un Shunpo. Le sentant soudainement arriver à cause de son reiatsu, les Colonels d'Apollon dégainèrent leurs armes et le virent atterrir assez lourdement à quelques mètres d'eux, juste à l'autre bout de la clairière.
Ichigo se redressa un peu mais resta courbé, inspira à fond une fois puis disparut de leur champ de vision. L'instant d'après, il était derrière le Colonel qui portait juste avant son père, le lui ayant pris de son épaule presque sans qu'il s'en rende compte.
- Ichigo ? Demanda Isshin d'une voix faible, reconnaissant le reiatsu de son fils et le changement de « porteur ».
- Bouge pas, le vieux.
Ce fut à ce moment-là que deux des Colonels d'Apollon réagirent, répondant instinctivement à l'ordre de Travos en même temps qu'il le formulait.
- Interceptez ce Shinigami !
Relâchant la garde de son arme pour avoir les deux mains libres, il se rua lui aussi sur Ichigo les bras bien écartés pour mieux le capturer et lui empêcher toute fuite. Mais Tetsu réagit immédiatement et l'intercepta au passage, l'attrapant à un bras et le faisant tournoyer d'une seule main avant de l'écraser sur le sol de la forêt.
Quant aux deux Colonels, la seule femme du groupe de Tetsu se plaça sur leur chemin, les bras écartés, et cela suffit à les faire hésiter un bref instant. Instant qu'Ichigo mit aussitôt à contribution pour disparaître à nouveau, emportant son père au loin avec lui.
Deux autres Colonels d'Apollon se décidèrent enfin à réagir à leur tour et bondirent à sa poursuite. Mais cette fois, l'un d'eux pila pour éviter de justesse une flèche de lumière qui fusa juste devant son visage et l'autre s'écrasa tête la première sur une sorte de barrière invisible, rebondissant en arrière sur le choc. Le temps qu'ils se reprennent, Ichigo étaient déjà loin et Chad, Inoue et Ishida étaient sur ses talons, Tatsuki ouvrant la marche.
Et lorsque les deux colonels se reprirent, ce fut alors deux autres Shinigamis qui apparurent devant eux, chacun une main sur leur Zanpakuto.
- Vous ne passerez pas, leur annonça Rukia calmement.
A côté d'elle, Renji opina d'un franc hochement de tête et d'un sourire satisfait.
Tetsu ayant relâché Travos juste après sa prise d'arts martiaux, le Colonel se releva lentement et observa aussi calmement que possible la situation. Conscient de leur légère infériorité numérique – 8 contre 10 – mais aussi à cause du Général qu'il connaissait assez bien, il leva la main et ordonna à ses hommes de ne pas engager le combat.
- Stop ! … Général Mitsumada, veuillez pardonner mon impertinence mais je crois qu'une explication de votre présence en ces lieux s'impose, demanda-t-il avec autorité.
- Colonel Travos. Mes excuses pour ce désagrément mais j'ai bien peur d'avoir une mauvaise nouvelle pour vous. Entre obéir aux ordres du Tribunat et sauver la vie de mon ami envers qui j'ai à la fois une dette et la plus haute estime, j'ai décidé en mon âme et conscience de suivre mon cœur. Vous pouvez donc d'ors et déjà considérer que je ne suis plus Général de la Garde Royale.
A ces mots, il porta la main à son insigne accroché sur sa poitrine et il l'arracha d'un geste sec avant de le laisser tomber à ses pieds. Le silence stupéfait de presque tous les Colonels présents dans la clairière pesa lourdement pendant une longue minute, durant laquelle Travos regarda respectivement l'insigne par terre et celui qui le portait encore fièrement quelques instants auparavant.
- Bien que n'appartenant pas à la Légion d'Héra… il est de mon devoir… en tant que Colonel de la Garde Royale… de vous mettre aux arrêts… pour l'acte que vous venez de commettre sous mes yeux. Général… Non, Mitsumada Tetsu, vous êtes accusés de désertion et de trahison en tant de guerre. Et je n'en reviens pas moi-même des paroles que je viens de prononcer. C'est… C'est de la folie.
- Les décisions arbitraires et injustes du Tribunat sont la cause de cette folie, déclara Tetsu d'une voix forte. Et je ne peux plus rester plus longtemps les bras croisés lorsque l'homme à qui je dois la vie souffre de torture et est menacé de mort parce qu'il refuse de livrer son fils à une soi-disant justice complètement aveugle et partiale !
- La justice d'Héra n'est pas aveugle et elle est totalement impartiale ! Tonna alors une voix en guise de réponse et tous virent Juliette émerger du portail, rapidement suivie par ses hommes.
Après avoir constaté la situation en une poignée de secondes seulement et surtout la présence des Shinigamis, ce qui lui donna un grand sourire, elle braqua son regard sur Tetsu et nota immédiatement l'absence de son insigne à sa poitrine et trainant à ses pieds. Elle en vint immédiatement à la conclusion qu'il avait admis lui-même sa désertion.
- Et c'est en son nom que je t'arrête, Mitsumada Tetsu, répéta-t-elle les paroles du Colonel Travos.
Mais bizarrement, sa voix à elle ne manquait pas de conviction ni de passion. Elle leva un bras pour ordonner à deux de ses Colonels de passer aux actes lorsqu'elle sentit un frisson instinctif lui parcourir l'échine… et il ne s'agissait pas de plaisir.
Juliette se jeta alors sur le côté en se contorsionnant de toutes ses forces, manquant de se froisser un muscle tellement son mouvement était autant rapide que presque inhumainement réalisable. Mais cela la sauva d'extrême justesse, le dard de Suzumebachi perforant sa cape de voyage et sa toge comme s'ils n'existaient pas et ripant sur sa cuirasse sans atteindre sa chair.
Sidérée qu'elle ait réussi non seulement à sentir venir l'attaque mais aussi à lui échapper ainsi, Soi Fon fut prise à contrepied et bondit en arrière pour prendre du recul… mais l'un des Colonels réagit au quart de tour et envoya sa main claquer dans le dos de la Capitaine de la 2nde Division avant de faire exploser son reiatsu. Projetée tel un boulet de canon, Soi Fon fusa au travers de la clairière en ligne droite et à l'horizontale avant de ricocher sur un tronc puis sur un second, disparaissant alors de vue de tous, Vaizards comme Shinigamis.
Elle percuta encore deux ou trois arbres sur son chemin avant s'écraser contre un dernier. Son corps meurtris par les trois choc s'écroula entre deux racines et elle poussa un gémissement douloureux tout en remerciant silencieusement Minari de lui avoir appris à canaliser son reiatsu dans sa peau de la même manière que les Arrancars le faisaient pour leur Hiero. Sans cela, elle s'en serait sortie avec beaucoup plus que quelques meurtrissures.
Son répit ne fut hélas que de courte durée car un Colonel apparut soudainement devant elle, en pleine charge, son poing levé. Elle eut à peine le temps de pousser sur ses bras pour sortir de la trajectoire avant que son poing ne s'écrase contre l'arbre, provoquant un choc tellement puissant que le pauvre végétal déjà meurtris fut littéralement arraché dans une explosion de force brute.
Dans la clairière, Juliette se redressa et inspecta son armure, notant la rayure provoquée par Suzumebachi. Prise d'une colère noire, elle foudroya Tetsu, les Colonels sous les ordres de celui-ci et Yamamoto et les autres Shinigamis.
- Arrêtez-moi tout ce beau monde, ordonna-t-elle. Colonel Travos, votre aide sera la bienvenue.
- … Moi et mes hommes sont à vos ordres, Maltoro-Gunshirei, tant que Mitsumada-Gunshirei n'est pas de retour.
Juliette le regarda sans trop comprendre, levant un sourcil surpris, mais il dissipa vite son incompréhension.
- Mitsumada Philia est mon supérieur hiérarchique, elle est partit à la poursuite d'Oracio-Gunshirei, qui semble retenir ses enfants prisonniers, en plus d'avoir aidé les Shinigamis à se cacher dans le Domaine, apparemment.
- Ainsi donc toutes les preuves sont rassemblées désormais. C'est un grand jour, par Héra. Nous allons en finir une bonne fois pour toute !
- Hum… J'en doute, signala Tetsu en désignant quelque chose derrière elle.
Fronçant les sourcils, elle se retourna et vit Kyouraku extraire son sabre de l'un des troncs d'arbre, Jyûshiro l'imitant de l'autre côté du portail. Enfin, là où il n'eut bientôt plus rien car le vortex paisible se mit à se rétrécir de plus en plus jusqu'à n'être plus qu'un petit point et finir par disparaître.
- Espèce de… vociféra-t-elle en comprenant qu'elle était belle et bien tombée dans un piège.
- Annule ton Kidou sur Isshin, Juliette, demanda Tetsu en s'avançant d'un pas vers elle. Tu ne veux pas vraiment sa mort de toute façon, n'est-ce pas ?
- Ce que je veux ? Répéta-t-elle en braquant lentement à nouveau son regard sur lui. Tu n'as absolument aucune idée de ce que je veux, Tetsu !
***.***
Domaine de l'Olympe
Ichigo émergea hors de la forêt telle une flèche, portant toujours son père sur son épaule, rapidement suivie par Tatsuki et Ishida, ce dernier tenant Orihime dans ses bras. Chad émergea à son tour quelques instants plus tard, notant que ses amis l'avaient attendu. Ils étaient maintenant en bordure de la forêt et une immense prairie s'étendait devant leurs yeux, où quelques troupeaux de dinosaures herbivores grignotaient de l'herbe et buvaient à une petite rivière.
- Pardon de vous ralentir, déclara-t-il en arrivant à leur hauteur.
- Tout va bien, t'inquiète. Apparemment, personne ne nous a suivi, le rassura Tatsuki en lui donnant une claque amicale sur l'épaule.
- Ichigo… ça suffit, pose-moi et détache-moi, marmonna Isshin au travers de la couverture qui l'enveloppait complètement.
Le jeune homme obéit immédiatement, déposant son père à ses pieds et retirant la couverture et les liens qui l'attachaient. Il nota immédiatement le teint pâle d'Isshin et l'expression douloureuse dans ses yeux injectés de sang. Apparemment, il devait souffrir le martyre.
- Il faut aller voir Urahara. Il saura quoi faire pour ce Kidou.
- Non… il ne saura pas, grogna Isshin. C'est une technique inédite que Juliette a créé spécialement, et elle s'est bien assurée que personne sauf elle puisse l'annuler.
- Dans ce cas, elle le fera d'elle-même. Soi Fon-Taichou la forcera à…
- Kurosaki, prévint Ishida en le coupant dans sa phrase. Nous ne sommes plus seuls.
- Quoi ?
A peine eut-il prononcé ce mot qu'une dizaine de Vaizards se matérialisèrent tout autour d'eux, sortant de Shunpos. Ichigo porta sa main à la garde de Zangetsu dans son dos mais Ishida leva la main pour l'arrêter avant qu'il puisse dégainer. Légèrement en avant par rapport à ses hommes, Juni s'avança, détaillant les 5 amis et Isshin du regard.
- Voyons voir ce que nous avons là, commença-t-elle. Un ancien Général démis de ses fonctions – et qui semble à deux doigts d'y rester si j'en juge par son apparence et la faiblesse de son reiatsu –, un lieutenant de la 2nde Division du Gotei 13, une autre Shinigami inconnue, même pas un officier d'après sa tenue peu protocolaire d'ailleurs, et trois… Vous êtes quoi, au juste ? Vous ne ressemblez à rien de ce que je connais.
- Fullbringer, déclara Chad d'une voix calme.
- Même chose, imita Orihime.
- Quincy, répondit Uryû avec une certaine fierté.
Juni hocha la tête avec une expression surprise.
- … Des vivants, donc. Ici, dans le Domaine ? Il y en a bien quelques-uns qui traînent à Avalon, ceux qui ont bénéficié d'une faveur divine du Roi, mais ils sont très rares et cela fait bien longtemps que je n'en avais pas vu d'aussi jeunes.
Elle regarda ses hommes, notamment son second Carl Volvac et leur guide, Vertagi. Tous haussèrent les épaules.
- Nous sommes des Vaizards de la Garde Royale, déclara-t-elle en revenant sur eux. Je suis Juni Mitsumada, Général de la Légion d'Artémis, et je commande cette unité avec pour mission de vous retrouver et de vous ramener sur l'Olympe, Kurosaki-Fukutaichou. Et cela inclut également votre capitaine, Shaolin Soi Fon, et une autre capitaine, Kuchiki Rukia, de la 5ème Division.
- Je sais qui vous êtes, répondit Ichigo en abaissant sa main, l'éloignant donc de son arme.
- Vraiment ? Savez-vous que je suis aussi la fille de Mitsumada Katsuhiro ? Le Général qui avait été envoyé pour vous ramener sur l'Olympe la première fois ?
- Je sais cela aussi. Allez-vous vous aussi laisser vos intérêts passer au devant de votre mission ?
Juni hocha la tête sur le côté sans sembler comprendre à quoi il faisait référence puis elle regarda Isshin du coin de l'œil.
- Mitsumada-Gunshirei, murmura Carl avec une certaine appréhension dans sa voix.
- Je contrôle, Volvac-Taisa, répondit-elle avant d'avancer d'un pas de plus, son expression devenant plus dure et professionnelle. Kurosaki-Fukutaichou, j'ai pour mission de vous ramener vivant à l'Olympe et je compte bien remplir cette mission avec succès, peu importe les moyens que je doive mettre en œuvre pour y arriver. Mais vivant ne signifie pas forcément en bon état donc je vous serai gré de ne pas essayer de ternir la réputation de mon père en l'insultant directement face à moi… à moins que vous soyez animé de pulsions masochistes ou que vous voulez vous aussi expérimenter la douleur que je porte dans mon cœur depuis ses dernières semaines.
Elle leva doucement sa main gauche vers Isshin et concentra légèrement son reiatsu dedans, menaçant clairement de l'attaquer si Ichigo ne se soumettait pas à ses ordres. Bien entendu, la réaction du jeune Shinigami fut aussitôt de se mettre sur la trajectoire, une expression déterminée sur son visage et sa main ayant de nouveau agrippé la garde de son Zangetsu.
- Ichigo, le prévint Tatsuki à son tour, imitant Carl il y a quelques instants seulement.
La minute suivante qui passa sembla durer une éternité mais elle se termina lorsque le jeune homme relâcha son pommeau et abaissa son bras.
- Je n'ai jamais eu l'intention de rejoindre la Garde Royale, déclara-t-il alors. Et c'est ce que j'ai dit à la Chambre Centrale des 46 et à votre père. Et je maintiens mes intentions.
- La question de votre intégration ou non dans nos rangs n'est pas l'objet de ma mission. Vous avez été enlevés, de votre plein gré apparemment, par un capitaine Shinigami en situation irrégulière et qui se cachait dans le Domaine de l'Olympe. Ma mission, une fois encore, ne consiste qu'à vous ramener, vous, Soi Fon-Taichou et Kuchiki-Taichou, à mon supérieur, le Maréchal Artémis. Point. Je ferai bien entendu un rapport concernant mes soupçons de trahison de la part d'Oracio-Gunshirei, de la Légion de Déméter, mais mon implication s'arrêtera là.
- Alors nous avons un problème parce que je ne vous accompagnerai pas sur l'Olympe, pas tant que mon père n'ira pas mieux et qu'il ne sera pas en sécurité. Et je n'appelle pas le fait d'être dans vos prisons être en sécurité.
- La vie ou la mort de votre père ne m'intéresse pas. Je lui dois le respect pour avoir sauvé la vie de mon oncle au mépris de ses pouvoirs et de son rang mais cette dette a été amplement remboursée au fil des années, durant lesquelles nous, les Mitsumada, l'avons protégé des menaces qui pesaient sur sa vie pendant toutes les années où il a vécu en paix sur le monde mortel.
- C'est une blague ? Gronda Ichigo, de plus en plus furieux.
- Non, c'est la stricte vérité. En tant qu'Héritier de sang divin du clan Kaminoke, je pensais que vous étiez au courant des menaces qui ont pesé sur sa vie, fit-elle en désignant son père du menton, puis aussi sur la vôtre, ainsi que celles de vos sœurs, depuis le jour même de vos naissances respectives. Le clan Kaminoke a abandonné votre père et, dans les clans nobles, il est de règle tacite de ne jamais laisser un sang pur, même banni, se souiller au contact de gens du commun. Sans notre protection, les assassins du clan Kaminoke vous auraient depuis longtemps éliminé.
- Elle dit la vérité, Ichigo, marmonna Isshin, toujours assis dans l'herbe, trop épuisé pour se lever.
Les derniers événements et être en présence de tant de reiatsu ne faisaient qu'empirer sa douleur et son état de faiblesse. Et Ichigo en avait bien conscience. Mais il n'était pas le seul non plus, heureusement.
- Kurosaki, le temps presse, fit Ishida en s'avançant, venant jusqu'à se placer devant lui. Voilà ce que je te propose : puisque c'est toi qu'ils veulent, tu les accompagnes et nous, nous allons nous occuper de ton père.
Il se tourna légèrement vers Juni et demanda :
- Cette proposition vous convient-elle ?
- Ishida, prévint Chad, clairement opposé à cette idée.
Inoue elle-même regardait son petit ami avec une expression outrée mais il sembla l'ignorer, évitant de la regarder. Seule Tatsuki vit le signe qu'il fit avec son doigt et comprit aussitôt où il voulait vraiment en venir, aussi fut-elle celle qui ajouta son grain de sel pour le soutenir.
- Tu sais que c'est la meilleure solution, Ichigo. Accepte.
Juni les regarda débattre et leva doucement un bras en faisant un signe d'apaisement. Aussitôt, tous les colonels autour d'eux semblèrent se détendre un peu et relâchèrent leur reiatsu.
- Ok, accepta Ichigo. Merci les gars, je vous revaudrais ça, promis.
- Et plutôt deux fois qu'une, t'as intérêt ! Ajouta Tatsuki avec un certain enthousiasme.
C'est à ce moment-là seulement que Chad et Inoue comprirent le plan d'Ishida et finirent par accepter en hochant la tête. Le jeune Quincy regarda sa petite amie et celle-ci prit une longue inspiration en sachant que c'était à elle de jouer… et qu'elle devait le faire discrètement.
- Excellent, approuva Juni. Il ne nous reste plus qu'à retrouver où sont passés les deux capitaines qui vous accompagnaient.
- Dites-nous juste une chose avant que je vous suive, demanda Ichigo. Comment avez-vous su qu'Oracio-Gunshirei nous cachait ?
- Je n'en avais aucune preuve, mais vous venez de me le confirmer vous-même, Kurosaki-Fukutaichou. Merci pour cela.
- Huh ?
- Je vous ai dit que j'avais des soupçons, mais je n'ai jamais parlé de preuves. J'ai donc demandé à ma tante un petit service, pourrait-on dire.
- Votre tante ?
- Mitsumada Philia, Général de la Légion d'Apollon. Grande, blonde, très belle femme dans la pleine force de l'âge, un reiatsu aussi vaste qu'un océan et aussi colérique qu'une tempête force 10 lorsqu'il s'agit du bien-être de sa progéniture, Christo et Clara, que je suis sûre que vous avez déjà rencontré, maintenant que mes soupçons sont confirmés.
Ils comprirent tous alors que c'était elle qui avait brusquement débarqué en premier par le portail avec ses Colonels et qu'Oracio avait attiré en faisant semblant de s'échapper.
- Toute cette agitation n'était donc dû qu'à un malheureux concours de circonstance…
- Oracio-Gunshirei devra répondre de ses actes mais ce n'est pas mon affaire, c'est celui de la Légion d'Héra, qui gère la justice au sein de l'Armée Royale et de l'Olympe. Maintenant, veuillez nous suivre, Kurosaki-Fukutaichou. Je suis sûre que vous savez où sont vos deux capitaines et que vous pourrez les convaincre que la meilleure chose à faire est de nous accompagner.
- Hai. Laissez-moi dire au revoir à mon père et je vous suis.
- Pas de problème.
Ichigo alla vers Isshin et s'agenouilla en face de lui, le regardant droit dans les yeux.
- Je… Je pense pas en avoir encore pour longtemps, fils, marmonna Isshin, le regard flou. La douleur…
- Chut. Tout va bien se passer, je te le promets.
- Tu diras à tes sœurs… non, t'as rien besoin de leur dire. Elles savent tout déjà, je suppose.
- Accroche-toi bien, parce que ce n'est pas encore terminé.
Il se redressa en soulevant son père avec lui, l'aidant tout en faisant attention à ses gestes.
- Nous traiterons bien votre fils, Kaminoke-san, déclara Juni pour le rassurer, une main sur la hanche.
- Aucune chance, lâcha alors Tatsuki, la prenant à contrepied.
Avant que la Général puisse comprendre, Ichigo avait chargé son père sur son épaule et disparut de nouveau en Shunpo, très loin d'eux, traversant une grande partie de la prairie en un seul pas. Dire que tous furent prit par surprise par sa fuite aurait été une exagération, même Juni s'y préparait un peu au fond d'elle.
Mais rien ne les avait préparé à la titanesque chape de plomb qui sembla soudainement s'écrouler sur leurs épaules, les figeant tous sur place, écrasés comme si la gravité venait brusquement d'être multipliée par cent ou par mille. Et au milieu de cette masse gargantuesque de reiatsu, Orihime les fixait tous, ses yeux étincelant de puissance. Les Vaizards ne furent pas les seuls à ressentir cette puissance, toutes les créatures à des centaines de kilomètres la sentirent aussi, tellement elle dépassait le reste. Le sol trembla sous son poids, l'air semblait s'être transformé en mélasse et les arbres se courbèrent, leurs branches se pliant vers le sol.
Juni ne fixa qu'un dernier instant Ichigo qui s'échappait avant de braquer un regard stupéfié vers Orihime, n'en croyant pas ses propres yeux. Jamais elle n'avait ressenti un tel reiatsu se déchainer de cette manière, pas même chez les Maréchaux de la Garde Royale. N'importe quel Vaizard était capable d'en faire de même bien entendu, de concentrer son reiatsu sur une personne pour l'empêcher de bouger, l'écrasant sous sa pression spirituelle, mais pas à cette échelle. Et elle avait beau essayé de contrer cette pression avec son propre reiatsu, c'était comme si celui-ci n'avait aucun effet, ne parvenant même pas à soulager un peu la pression qu'elle ressentait.
- Mais qu'est-ce… que c'est… que ce… monstre ?! Grogna-t-elle, abasourdie, écrasée et ayant même du mal à respirer.
Elle, une Vaizard, une Générale de la Garde Royale, avoir du mal à respirer à cause d'une mortelle ?!
- Hoo, elle arrive encore à parler ? Y'a pas à dire, ils sont costauds, leurs Généraux, commenta Tatsuki en s'avançant tranquillement, ne semblant pas le moins du monde affectée par toute cette pression spirituelle.
- Dépêchons-nous, se contenta de dire Chad en s'approchant d'un Colonel.
Il arma son poing droit, faisant apparaître son Brazo Derecho del Gigante et lui envoya un puissant direct dans la mâchoire. Le Colonel s'écroula sur le sol, assommé par ce seul coup.
- Ok, ok.
Tatsuki s'approcha de Juni et se glissa dans la défense qu'elle tenta faiblement de lui opposer. En une seconde, elle se retrouva dans son dos et lui ceinturant la gorge d'un bras, se servant de l'autre pour bloquer ceux de son adversaire. Juni se sentit perdre conscience sous la prise experte de la jeune femme et s'effondra à son tour.
Deux minutes plus tard, Ishida transportait dans ses bras une Orihime très affaiblie et ils s'éloignaient tous les quatre vers Forestedge pour rejoindre Ichigo.
- Elle va bien ? Répéta Tatsuki pour la troisième fois, inquiète pour son amie.
- Elle est juste très fatiguée, pas d'inquiétude. Son reiatsu est stable et se régénère déjà, elle a déjà fait bien pire au Seireitei sur cet Arrancar. Ils avaient tous baissé leur garde, elle a aisément pu bloquer leurs propres reiatsus et les empêcher de se défendre contre sa propre pression spirituelle. Sans ça, jamais on aurait pu tous les assommer.
- Bien joué, Ishida, Inoue, commenta Chad avec un sourire.
- Ils étaient beaucoup trop nombreux pour un combat à la loyale, ils nous auraient massacré. Nous n'avions pas trop le choix, résuma Ishida.
- J'ai pu le gérer, marmonna Inoue d'une voix heureuse mais fatiguée. Mais me demandez pas de le refaire avant au moins une bonne semaine.
- Les exercices du commandant ont payé leurs fruits, en tout cas, continua Tatsuki. Je parie qu'ils n'ont même pas compris ce qu'ils leur arrivaient. Ils ont surement dû penser qu'Orihime étaient une déesse ou quelque chose dans le genre. Et vous avez vu la tête de certains lorsqu'ils nous voyaient bouger comme si de rien n'était ?
- Ils ont surement pensé sur le coup que nous aussi étions surhumains, pour pouvoir bouger sous la pression qu'ils ressentaient, supposa Chad.
- Ou qu'Orihime-chan est capable de n'écraser que ce qu'elle veut. D'une manière ou d'une autre, ils y réfléchiront à deux fois avant de venir nous chercher maintenant.
***.***
Le décor est posé, les adversaires sont arrivés, la baston va bientôt commencer ! R&R. Ho, et avant de voir des commentaires du genre "Orihime est devenue trop puissante", j'espère que vous avez compris qu'il s'agissait d'un magistrale leurre, un Genjutsu style Naruto en quelque sorte. Mais concernant Juni et ses hommes, ne pensez pas qu'ils vont en rester là (spoil).
Quoi, je vous laisse sur votre faim ? Alors un petit challenge : à votre avis, quels sont les duels que vous allez bientôt voir ? Ou combats de groupe ?
