Titre : Arroseurs arrosés

Rating : T

Disclaimer : Tout est à JKR…

Pairing : Surprise... but it is a slash !

Bêta Correctrice : Regan Potter

Note : Zoup, je vous offre en avant première le dernier chapitre en date corrigé par Regan. Pour les suivants remerciez fortement MaevaTiephaine qui à gentiment accepté de corriger la suite pour ne pas vous faire trop poiroter ! Sachez aussi que je remercie fortement tout ceux qui se sont proposé spontanément, ainsi que (je sais je me répète, mais je ne le dirais jamais assez souvent) tout ceux qui me laisse des commentaires encourageants qui me vont droit au cœur, même si mes réponses sont parfois un peu maladroites , enfin bref : Enjoy !

Résumé : Les bienfaits du culot ou comment mater ses détracteurs en deux leçons...


Le suicide, ce n'est pas vouloir mourir, c'est agir en oubliant ses intérêts !

[Anonyme]


Chapitre 6 : Savoir, et le faire savoir !

La classe était silencieuse. Tous les élèves étaient penchés au dessus de leur chaudron, agissant avec circonspection. Chacun était concentré afin de ne pas faire exploser leur mixture, ou leur professeur... Ce dernier semblait d'une humeur orageuse, et personne ne désirait s'attirer ses foudres. Tout aurait pu paraître banal, si la moitié des étudiants n'avait pas cette étrange couleur verte, si celui que l'on surnommait l'élu n'affichait pas une mine aussi réjouie, et si le professeur n'était pas occupé à grogner, assis derrière son bureau, au lieu d'arpenter la salle dans l'optique d'ôter des points à tour de bras, et de préférence à des Gryffondor.

Des volutes de fumées s'élevaient doucement, scintillant dans les airs. Harry jeta un coup d'œil dans le chaudron d'Hermione, et vit que celui-ci avait une texture liquide d'une magnifique couleur prune. Blasé, il observa le sien qui faisait d'épaisses bulles et qui ressemblait étrangement à du pétrole. Les mystères de cet art étaient impénétrables, du moins pour son cerveau.

Voyant qu'il ne pouvait décemment plus rien tirer de sa potion, Harry l'abandonna sur un coin de sa paillasse à l'instar de Lavande, et se contenta d'observer un peu les alentours, remarquant qu'il n'était pas le plus mal loti. Derrière lui, Neville touillait une mixture écarlate très opaque qui sifflait dangereusement. Lavande avait abandonné la sienne, qui était d'un rose bien grumeleux... Ron, quant à lui semblait plutôt bien s'en sortir avec sa potion indigo. Il faut dire qu'il exerçait un chantage affectif des plus vicieux.

Il avait attendri Hermione à grand renfort de moues tremblantes, d'yeux larmoyants et de tirades dignes d'un Serpentard. « Tu comprends, à cause de toi et Malfoy, cela a été dur pour nous... On a eu du mal à se concentrer pour réviser... Sois un peu gentille ! Nous, on fait bien des efforts pour vous accepter... » Amoral mais pratique...

Du côté des Serpentard, Crabe avait solidifié la sienne, et le contenu de celle de Goyle avait fait fondre son contenant. Moon lui, était planté devant son chaudron et se contentait d'ajouter les ingrédients au petit bonheur la chance. Un peu plus loin Malfoy et Zabini avaient vraisemblablement terminé les leurs, et discutaient à voix basse. Vu la ride qui barrait le front de son altesse sérénissime, le sujet ne devait pas lui plaire. Au contraire, le métis semblait s'amuser comme un petit fou. S'assurant que Snape ne le regardait pas, il se retourna pour souffler quelques mots à Nott, qui s'appliquait tranquillement à sa tâche. Ce dernier esquissa un petit sourire de contentement, et sans se départir de sa concentration, il répliqua.

Sentant probablement qu'ils étaient observés, la fouine redressa la tête et croisa le regard d'Harry. Il plissa les yeux quelques secondes, avant de se dérider et lui faire un sourire, assorti d'un clin d'œil canaille. Surpris, Harry baissa rapidement la tête, rougissant délicatement, et attendant que le blond retourne à sa discutions avec Zabini et Nott. Il se demandait ce qui pouvait bien se passer dans la tête de l'arrogant blondinet.

Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il sortait officiellement avec Hermione et depuis, son comportement était des plus étranges. Comme l'avaient supposé Bullstrode et Parkinson, il semblait toujours en faire de trop. De plus, Zabini lui avait confirmé, au détour d'un couloir, qu'Hermione ne s'était pas une seule fois rendue dans les appartements de Malfoy, contrairement à ce que leurs allusions laissaient entendre.

Avec Ron, ils avaient tenté de suivre la préfère lors de ses petits rendez vous amoureux, mais celle-ci était sournoise, la carte des maraudeurs avait mystérieusement disparu ! Bon, techniquement, il n'avait pas réussi à remettre la main dessus, depuis le jour où il l'avait oublié sur son lit en partant se planquer dans la bibliothèque. Funeste jour, où la traitresse leur avait avoué son terrible forfait ! Sa haute félonie ! Son crime impardonnable ! Son... Bref le jour où elle leur avait annoncé qu'elle sortait avec Malfouine... Avec le recul, il se disait qu'il serait peut-être temps de ranger le dortoir... Mais plus que cela, il devenait impératif de découvrir leur petit secret, car il n'en pouvait plus de cette situation !

Pas une seule fois, il n'avait pu s'adonner à une petite joute verbale qu'il affectionnait tant avec son blond préféré, euh détesté ! Hermione intervenait toujours au mauvais moment : « Il faut que vous appreniez à vous connaître autrement qu'en vous disputant !» c'était son nouveau leitmotiv. Elle était pire qu'avec la S.A.L.E. Quant à Malfoy, lui, il semblait s'amuser comme un petit fou, il passait son temps à le pousser à bout lorsqu'Hermione avait le dos tourné. D'ailleurs, lui même était devenu assez chiant depuis qu'il ne pouvait plus se défouler sur la fouine, et il avait tendance à passer ses nerfs sur les premiers venus. Peakes s'était retrouvé avec le nez cassé. Et ce n'était définitivement pas de sa faute, si Hooper n'était pas assez habile pour éviter une chaise ! Il n'avait qu'à faire plus attention à ce qui se passait autour de lui, et puis c'est tout !

Elle en avait de bonnes Hermione, franchement il en faisait des efforts d'abord ! Il complotait avec des vert et argent, ce n'était pas une preuve ça ? Bon, okay elle n'était pas au courant, mais elle voyait bien qu'ils ne se cherchaient plus de poux depuis quelques temps, non ?

Et puis, voir son amie fricoter sans cesse avec l'autre peroxydé l'agaçait prodigieusement ! Il sentait confusément le monstre qui sommeillait en lui se réveiller face à ce spectacle. Peut-être parce qu'il en avait marre de tenir la chandelle. Entre elle et Malfoy, ou Ron et Lavande qui, au grand désespoir de ce dernier, était plus entreprenante que jamais, il se sentait parfois un peu seul.

Tout en laissant son esprit vagabonder, le petit brun observait ces trois camarades débattre de ce qui semblait faire polémique. Pendant que Malfoy s'était renfrogné, rangeant ses ingrédients qui trainaient sur la table pour se donner contenance, Nott abordait la dernière partie de la réalisation de la potion, et Zabini rigolait en mimant quelque chose.

L'espace d'un instant Harry fut captivé par de fines mains vertes qui effilaient délicatement les racines de filicophytes, faisant glisser les doigts luisant le long des tiges avec délicatesse. Il suivit un instant le doux mouvement montant et descendant des mains, avant de se donner une monumentale paire de gifles mentales et de reprendre le cours de ses pensées.

Il n'avait toujours pas parlé à Ron de ce qu'il avait appris dans les appartements de son parrain. Il faut dire que ces derniers jours, ils avaient été particulièrement occupés avec la mise en place de leur petit plan. Mais bon, vu sa petite performance avant d'entrer en classe, il était sûr que les questions fuseraient dès qu'ils seraient seuls !

Un coup de coude dans ses côtes le tira assez rapidement de ses songes. Le professeur s'était vraisemblablement repris et venait de descendre l'estrade en direction de ses pauvres victi... euh étudiants. Il ressemblait à un taureau fonçant dans une arène emplie d'inconscients en habit de lumière. Il chargea tout naturellement du côté des Gryffondor, le rouge devait lui agresser les yeux. Et se rua sur ce pauvre Neville. Le malheureux matador encaissa, avec bravoure, les piques vénéneuses du professeur durant un long moment. Puis délaissant le garçon blanc comme un linge, le potionniste décida de passer à la suite du cartel, et s'intéressa de prêt au contenu du chaudron d'Harry.

Il n'était pas dit qu'il se laisserait intimider par un misérable morveux ! Mais Harry n'était pas dupe de la volonté de son enseignant, et il était bien décidé à contrer les tentatives d'encornade de ce dernier. Pour une fois qu'il en avait la possibilité, il comptait bien en profiter ! Esquissant un sourire mauvais, le jeune homme saisit le taureau par les cornes, et fit face à son professeur.

- Un problème monsieur ?

- Votre existence même est un problème, Potter ! Susurra doucement ce dernier. Mais délaissons cet aspect là pour le moment. Pourriez vous m'expliquer, si cela n'est pas trop demandé, qu'est ce que ceci ? Finit-il en pointant du doigt la mixture poreuse du chaudron ainsi incriminé.

Le jeune homme, obligeant, reporta son attention sur le contenue bulleux, avant de répondre insolemment.

- Cela me paraît évident professeur... C'est ma potion ! Devrais-je vous prêter mes lunettes ?

En entendant la réponse, une veine palpitante fit son apparition sur la tempe de la terreur des cachots, tandis qu'un hoquet d'épouvante résonna dans la salle. La plupart des étudiants s'étaient figés et écoutaient avec une attention accrue la nouvelle altercation qui promettait d'être spectaculaire. Il était rare de voir Harry ouvertement frondeur.

- Potter, je vous déconseille fortement de jouer à ce petit jeu là avec moi ! Que diriez-vous d'une retenue pour vous apprendre où se situe votre place ? C'est à dire à genou dans la crasse !

Hermione, assise à proximité de Ron, s'empressa de bousculer ce dernier pour saisir le bras d'Harry. Elle le serra de toutes ses forces, pour lui intimer le silence mais Harry dédaigna l'avertissement silencieux de son amie et répliqua, narquois.

- Oh non professeur, j'aurais trop peur de me retrouver seul avec vous ! Qui sait ce qui pourrait se produire ? Je sais de source sûre, que vous pouvez vous montrer très impulsif...

Severus Snape ne répondant pas immédiatement, le jeune homme se décida à lui porter l'estocade finale.

- Je crains pour mon intégrité physique ! Vu que je partage quelques ressemblances avec...

- POTTER ! Hurla le professeur pour l'interrompre.

Olé ! La lèvre tremblante, le visage blafard, les poings serrés à l'extrême, la terreur des élèves semblait être réduite au silence, et Harry jubilait, pendant que la plupart des élèves restaient circonspects. Ces derniers sentaient bien qu'une grande partie de la discutions faisait allusion à des évènements sous-jacents qui n'étaient pas portés à leur connaissance. Quelque part, ils se sentaient lésés face à cette capitulation facile de la part du maitre des potions.

La sonnerie retentit, brisant le silence pesant qui s'était installé. Snape sembla retrouver la parole et parcourant la salle d'un regard noir, il cracha :

- Vous attendez quoi misérables asticots ? Déposez un échantillon de votre potion sur mon bureau et déguerpissez ! En vitesse ! Potter ! Vous, vous restez là !

Les étudiants s'exécutèrent avec vélocité, et quittèrent le corral précipitamment, laissant leur héro face à une bête furieuse. Au passage, Blaise informa Harry qu'ils l'attendraient pour qu'ils puissent discuter de leur plan, et fila rapidement avec Théo et Ron sur ses talons. Le rouquin envoya un regard d'excuse à son ami, avant de sortir à son tour et de fermer lourdement la porte derrière lui.

Un peu plus loin dans le couloir, un petit comité d'accueil s'était formé. Hermione gémissait tout haut en faisant les cents pas, sous le regard blasé de Ron et attentif de Malfoy.

- Mais quel idiot ! Il ne peut pas se retenir non ? Je suis sûre qu'il va être collé pendant trois mois, et pire ! Qu'il nous a fait perdre une centaine de points ! Mais qu'est ce qui lui est passé par la tête ? Je vais le trucider dès qu'il sortira ! Et si jamais il est privé de quidditch, ce sera bien fait pour lui !

- Calme toi Mione... souffla Ron habitué aux colères de leur amie. C'était quand même super! Tu as vu comment il lui a cloué le museau ? Hahaha, Snape ressemblait à un hibou tellement ses yeux étaient écarquillés, il n'en revenait pas ! Puis, de toute manière Harry n'a pas besoin d'entrainement pour mettre la pâté aux autres équipes... D'ailleurs, cela les rend vert de rage ! finit-il narquoisement en fixant Malfoy.

- Ferme la Weasel ! Intervint Pansy, toujours prompte à défendre son prince.

- J'espère surtout qu'il a une bonne explication à nous fournir ! Ragea Hermione, plus ébouriffée que jamais, empêchant ainsi à Ron de répliquer.

- Ne t'inquiète pas, tempéra le rouquin, je suis sûr que Harry nous expliquera tout.

- Si Snape ne l'a pas réduit en charpie avant... intervint Blaise qui jusque là était resté silencieux, observant tranquillement la lionne rugir de colère.

- C'est vrai qu'il serait étonnant qu'il puisse ressortir des cachots vivant. Fit remarquer Théodore calmement.

En entendant ces deux Serpentard se manifester, Hermione stoppa quelques instants de creuser sa tranchée, et reporta son attention sur eux.

- Au fait, pourquoi vous restez là vous tous ? Les agressa-t-elle aussitôt.

- Je reste avec mon Draco ! Hurla aussitôt Pansy en agrippant fortement le jeune homme, pendant qu'il se massait les tempes, soudainement très fatigué.

- Notre présence te dérange à ce point Granger ? Badina Blaise.

- Vous ne répondez pas à ma question ! Puis-je vous informer que ce n'est pas parce que Mal... Draco sort avec moi, que vous êtes forcés de rester avec nous ! Ou de sympathiser... rajouta-t-elle après un léger silence.

- Effectivement, ne vous sentez pas obligés de nous tenir compagnie ! rajouta immédiatement Draco. Vous avez sans doute des choses plus intéressantes à faire que de trainer ici... termina t-il en glissant un petit sourire victorieux à destination de ses amis.

- On attend Harry, et cela ne vous concerne pas, alors vous seriez gentil de dégager ! Rajouta Hermione en décollant un à un, les doigts de la grande brune engluée sur son petit copain.

- Dans ce cas, il peut se tirer aussi Malfoy ! Même si tu sors avec, cette affaire ne le concerne en rien ! Intervint Ron en lançant un regard oblique à la fouine.

Hermione bégaya quelques instants.

- Mais ce n'est pas pareil, on sort ensemble maintenant ! C'est normal qu'il s'intéresse à nos déboires ! Tenta-t-elle vainement.

Ron fronça les sourcils, et répliqua assez vertement aux arguments foireux de sa meilleure amie. Cette dernière rougit brusquement, et entre les deux le ton monta rapidement. Mais visiblement peu désireux de voir ces deux là se disputer, Théodore capitula.

- Ne t'inquiète pas Granger, tu as raison, nous n'avons pas à nous mêler de vos affaires, ainsi nous allons vaquer à nos propres occupations...

Hermione le remercia sèchement, et assena à Ron un «et voila» triomphant. Seulement, elle s'étrangla elle même en ravalant la suite de ses paroles, lorsqu'elle avisa les trois Serpentard, s'installer dans ce même couloir, seulement quelques mètres plus loin. Ce fut au tour de Ron d'afficher une mine réjouit en la narguant. Furieuse, la jeune femme harangua les vert et argent, vertement.

- Haha c'était très drôle, votre humour est décapant, mais nous n'avons pas besoin de votre surveillance, maintenant dégagez ! Sérieusement !

Mais Théodore se contenta d'hausser distraitement les épaules, avant d'ajouter avec un sourire en coin :

- Bien que votre compagnie soit agréable, nous ne sommes pas là pour jouer les chaperons. En réalité, nous sommes ici pour attendre Potter également.

Hermione s'étouffa, et Draco prit la relève en grognant :

- Pourquoi vous voulez voir Potty ? Je vous préviens, pas de coup fourré les gars ! Il me semble qu'on en a déjà parlé l'autre soir !

- Relax Dray ! Lui répondit le métis. On ne lui veut pas de mal à ton Potty d'amour... Même si tu ne veux pas nous croire, on a sympathisé avec les Gryffi, du coup c'est normal de s'inquiéter pour lui non ?

- Ce n'est pas mon Potty d'amour ! Siffla le blond embarrassé, sous le regard suspicieux de Ron. Et depuis QUAND avez vous sympathisé au juste, hein ? Je ne me souviens pas de vous avoir vu discuter ensemble !

Mais avant qu'il ne puisse pousser plus avant son interrogatoire, la porte des cachots s'ouvrit sur des hurlements, et claqua violemment contre le mur de pierre. Harry, les joues rougies, sortit de la salle comme un diable de sa boite. Étrangement, il ne semblait pas en colère, mais plutôt de bonne humeur, doux euphémisme pour qualifier le fait qu'il se bidonnait. Avisant le groupe cosmopolite qui l'attendait dans le couloir, il amorçât un mouvement de recul.

- Woooah ! J'avais oublié à quel point vous étiez flashant !

En entendant l'exclamation, les reptiles grognèrent de concert, ce n'était pas très agréable qu'on leur rappelle toutes les cinq minutes leur l'infortune. Harry jeta rapidement un œil par dessus son épaule, et s'adressa rapidement à ses éternels acolytes avant de détaler promptement.

- On se retrouve à l'endroit habituel !

En effet le sombre professeur, toujours vociférant, approchait à grand pas du seuil de la classe.

- POTTER ! JE N'EN AI PAS FINI AVEC VOUS ! REVENEZ IMMEDIATEMENT ! N'ESPEREZ PAS VOUS EN TIRER COMME CA !

Hermione et Ron n'eurent pas à réfléchir par deux fois avant d'adopter le comportement du petit brun. Il s'agissait avant tout d'un conditionnement pavlovien, autrement dit un réflexe spontané - durement acquis - et ils vidèrent les lieux avant d'avoir le temps de dire quidditch. Les Serpentard, eux, mirent quelques secondes supplémentaires avant d'amorcer un mouvement. Après tout, leur directeur était en pétard contre les lions, et ils ne risquaient pas grand chose. En théorie. Car lorsqu'il vit que sa proie avait bel et bien mis les voiles, le Pr Snape se tourna vers les témoins - indirects mais témoin tout de même - de la remise en cause de son autorité par un étudiant. Et pas n'importe lequel ! Potter ! Encore et toujours Potter ! De père en fils, il était inscrit dans leur patrimoine génétique qu'ils étaient nés pour lui pourrir l'existence. Il plissa les yeux et fixa durement les élèves de sa propre maison.

- Qu'est ce que vous faites encore ici vous ? S'enquit-il d'une voix polaire.

Palissant vertigineusement, Pansy bégaya quelques excuses de manière fort peu intelligible, et entreprit un repli stratégique, vite suivi de ses amis. Resté seul, Severus regarda pendant quelques instants le couloir par lequel avait disparu la petite troupe, espérant de tout son cœur que le sale morveux allait tenir sa langue. Ses menaces n'avaient pas l'air d'avoir vraiment fonctionnées, peut être qu'un malencontreux accident durant le prochain cours pourrait régler l'affaire de manière définitive ?

Un peu essoufflé, les Serpentard se retrouvèrent hors des cachots quelques secondes plus tard. Rejetant sa crinière brune dans son dos, Pansy inspecta les environs. Il était grand temps de mettre la main sur les Bouffondors pour leur petite discutions. Enfin, pendant que Théo et Blaise parleraient avec les rouges, elle, elle s'occuperait de tenir à distance le « couple » - elle s'étrangla presque sur ce mot - tout en les empêchant de trop fricoter ensemble! Ces derniers jours avaient mis à rude épreuve ses nerfs. Voir le castor dans les bras de son Dray d'amour la rendait malade !

- Je suppose qu'ils doivent être partis s'expliquer dans le parc... C'était le dernier cours de la journée, et je doute que Potter veuille subir les réprimandes de Granger en public ! Supposa Théodore, toujours d'esprit pragmatique.

Les autres, n'ayant aucune proposition à formuler, acquiescèrent et suivirent le jeune homme en direction des jardins et ce, malgré les tentatives pitoyables de Pansy pour convaincre leur prince d'aller ailleurs. Théo avait visé juste. Prêt du lac, trois silhouettes se détachaient distinctement. Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, ils purent entendre des brides de parole. À priori, il avait même doublement raison. La jeune préfète semblait en pétard, et faisait bien connaître le fond de sa pensée à son ami. Entre deux hurlements, le petit brun tentait vainement d'en placer une, avec guère de succès, alors il subissait stoïquement le remontage de bretelle, sans vraiment sembler concerné. A ses côtés, Ron s'inspectait les ongles. Sans doute qu'ils en avaient l'habitude songea distraitement en souriant l'un des Serpentard.

- J'EXIGE DES EXPLICATIONS ! […] POUR L'AMOUR DU CIEL HARRY ! TU NE PEUX PAS TE CONTRÔLER UN PEU ? EST CE TROP TE DEMANDER ? […] NON, TAIS-TOI ! […] À QUOI RIMAIT TOUT CE CIRQUE ? [...]

Arrivés à proximité des Gryffondor, ils hésitèrent un peu à interrompre la lionne. Bien qu'elle ait le dos dos tourné, elle leur faisait presque peur là... Une vraie furie. Harry qui les aperçu, esquissa un sourire timide en levant les yeux au ciel en signe d'impuissance, face à l'attitude de leur amie.

Avisant la petite bouille confuse de Potter, Draco ne put s'empêcher de le trouver vraiment à croquer. Il sentit ses lèvres s'étirer pour former un sourire prédateur... A ses côtés, Théodore qui l'observait, émit une remarque à voix basse.

- Ce n'est pas très gentil de fantasmer sur le copain de sa petite amie...

- Tais-toi Nott, grogna ce dernier. Et puis, je pourrais savoir pourquoi vous tenez tant à parler à Potter ? Vous semblez oublier que vous n'avez pas de rôle dans cette histoire !

- Oh ? Le retour du nom de famille ? C'est que j'ai touché juste... reprit le jeune homme, sans répondre à la question de son ami. Mais je ne comprends vraiment pas pourquoi tu t'obstines à ce point. Et ta fiancée ? Sans oublier qu'à agir ainsi, tu fonces dans le mur...

- Nott, tiens ta langue, tu ne sais pas de quoi tu parles ! Gronda le blond en détournant le regard.

- Très bien, restons-en là pour le moment. Après tout, cela m'arrange...

Magnanime, Théodore laissa un Draco suspicieux tranquille et adressa un clin d'œil complice à Blaise. De son côté, la préfète de Gryffondor semblait en avoir fini avec sa longue et épuisante tirade, elle reprit son souffle et croisa les bras sur sa poitrine en fixant son ami.

- Alors ? Tu vas m'expliquer maintenant ?

Harry se tortilla un peu sur place, visiblement mal à l'aise, et souffla.

- Pas maintenant Mione, je raconterai tout ça plus tard, en privé... Sans rancune hein ! Lança-t-il aux Serpentard avec un sourire d'excuse.

En entendant les paroles, Hermione se retourna pour voir à qui s'adressait son ami. Avisant les Serpentard, elle reprit de plus belle.

- Harry, franchement tu es ridicule, c'est finit cette petite gue-guerre entre maison. Draco sort avec moi maintenant, et eux... fit elle dédaigneuse, affirment que vous avez sympathisé tous ensemble, alors dit ce que tu as à dire qu'on en finisse !

En entendant la longue réplique d'Hermione, Harry serra les dents en grimaçant. Elle n'en avait pas marre de toujours leur rappeler son statut de petite amie de la fouine ? Il aimerait bien pouvoir l'oublier parfois.

- Écoute Mione, ça n'a rien à voir avec une stupide rivalité inter-maison, c'est juste que c'est privé. Je ne vois pas pourquoi je le dirais devant tout le monde !

- Laisse tomber Hermione, intervint Ron plutôt gêné par son attitude hystérique. Harry nous racontera tout lorsqu'on sera à la tour. Et puis sans vouloir te vexer, ou remettre le sujet sur le tapis, ce n'est pas parce que tu sors avec la fouine ou qu'on tolère les Serpentard, qu'on doit leur dire tous nos petits secrets...

- Bien ! Très bien ! S'énerva-t-elle, la voix montant anormalement dans les aiguës.

Elle se tourna vers les Serpentard qui étaient restés étonnement silencieux.

- Soyez assez aimable pour nous laisser seuls un petit moment ! Nous avons des choses à régler ici ! Siffla Hermione.

Conciliant, les verts et argents obtempèrent docilement, et s'éloignèrent en direction du château, malgré les regards suppliants de Ron et Harry qui ne semblaient pas pressés d'affronter leur dragon personnel. Ils s'installèrent confortablement sur le vaste perron de l'entrée, attendant seulement que les Gryffondor aient terminé leur petite prise de bec. Pansy fermement agrippée au bras de Draco, Blaise nonchalamment assis au travers des marches, et Théodore gracieusement accoté sur la rambarde. Ils observaient avec intérêt les trois silhouettes, gesticuler le long de la berge. Weasley semblait enthousiaste et donnait de grandes claques dans le dos de Potter, tandis que Granger fulminait dans son coin. Puis les postures se raidirent et le ton sembla monter. A priori la discutions devenait houleuse.

-Cela dura un bon moment, puis brusquement Potter tourna les talons, mais Granger ne devait pas l'entendre de cette oreille, car elle se hissa à sa hauteur pour continuer ses remontrances. Weasley trainait la patte loin derrière.

Le noiraud passa devant eux sans leur accorder une once d'attention, tandis que la jeune fille rouspétait toujours.

- Sache que je n'en resterai pas là ! Pour commencer, vous allez tous me promettre de ne pas recommencer ce genre de blague, c'est puéril ! Puis, tu as intérêt à me dire avec quoi tu fais chanter le professeur Snape ! Ensuite, j'exige que tu ailles lui présenter tes excuses ! Et que tu laisses Boot tranquille ! Je te préviens, c'est finit vos petites guerres débiles ! Je ne te laisserai pas mettre en l'air les efforts que je fais avec Draco pour...

-Mais rendu à ce stade, Harry explosa. C'était la goutte de potion qui faisait déborder le chaudron, Draco par ci, Draco par là, il saturait ! Sans oublier le savon que cette hystérique venait de lui passer pour leur innocente blague envers les Serpentard, sa colère lorsque en essayant de se défendre, ils avaient mentionné, qu'a la base, leur petite vendetta avait pour cible Boot et ses copains, avec qui ils avaient eux quelques petits différents en début d'année. Mais en voyant la couleur du résultat final, ils n'avaient pas pu résister à l'envie d'en barbouiller les Verts & Argents. Son énervement et ses mises en gardes stupide, lorsqu'ils avaient confirmé que Zabini ne mentait pas quand il affirmait qu'ils se fréquentaient tous, plus ou moins, sans se taper dessus. Et pour finir, la crise qui avait éclaté lorsqu'elle avait compris qu'il exerçait un petit chantage - innocent - sur la chauve souris des cachots. Ses oreilles sifflaient encore. Il s'arrêta brutalement et Hermione, ne l'ayant pas anticipé s'écrasa violemment contre lui.

- Mais bien sûr, avec plaisir Hermione ! Fit-il, caustique, avec un grand sourire. Alors sous prétexte que tu sors avec la fouine, je devrais dire amen à tous les trous du cul de la terre ? Et puis, comme tu nous le rappelles siiii souvent, tu sors avec Malfoy, et franchement, même si cela nous dérange, on accepte ton couple, mais cela ne nous oblige pas à fricoter avec lui ou à l'apprécier ! Alors non, je ne suis pas d'accord pour que tu nous l'imposes sans cesse. Bref, malgré tout, il est normal qu'on essaie de sympathiser avec ce qui lui tient lieu de copain, non ? C'était quoi cette crise ? A moins que tu ne sois la seule à vouloir ce privilège ? Quant à Boot ou n'importe qui d'autre, j'estime que ce sont nos problèmes, tu as le droit de ne pas approuver, mais tu n'as pas à exiger quoi que ce soit !

- Harry, comment oses-tu ! Tu penses sérieusement que je vais te laisser t'en tirer ainsi ? Et tu crois vraiment que Snape va te...

- Hermione... sincèrement... reprit le jeune homme énervé, tandis que de la magie crépitait autour de lui. Occupe-toi de tes chaudrons, et fous-moi la paix ! Tu n'es pas ma mère, d'ailleurs je n'en ai pas, n'est ce pas ton petit copain qui me le rappelle si souvent ? Et puis, je doute qu'il apprécie que l'on partage un tel lien de parenté... De toute manière, c'est une affaire entre Snape et moi, tu n'as pas à mettre ton nez dedans ! J'ai mes secrets tout comme tu as les tiens ! Après tout, n'est ce pas toi qui nous à dissimuler pendant des mois ta petite idylle secrète ? Alors si tu n'es pas contente c'est du pareil au même ! Passe ton besoin compulsif de tout gérer sur quelqu'un d'autre ! Je n'ai pas de compte à te rendre !

Puis, sans attendre de réponse, Harry repartit en direction des étages, laissant Hermione bouche bée et les joues en feu. Deux pas derrière elle, Ron ainsi que les Serpentard étaient également sous le choc.

Blaise fut le premier à se reprendre.

- Wouahou ! Nous venons d'assister en direct à une remise en place spectaculaire ! Quoique j'ai moyennement apprécié le « ce qui lui tient lieu de copain »

- In cauda venenum, fit Théo avec un demi-sourire. Remarque, il n'a pas tout à fait tord. Ajouta-t-il, en entendant la remarque de Blaise.

- Non ce n'est pas vrai ! Moi je vous adore, et je vous considère comme mes amis ! Rugit Pansy.

- Vraiment ? Rétorqua Ron avec un rictus. Pourtant, je suis persuadé que tu n'hésiterais pas à vendre les organes de tes « copains », si cela t'étais bénéfique !

- Tu me fais chier Weasel ! Grogna Pansy. C'est toi que je vais vendre aux enchères en pièces découpées !

- Il n'y a que la vérité qui blesse très chère, reprit Blaise

- D'ailleurs il n'a pas tout à fait tord, lorsque nos intérêts sont en jeux, on est capable de beaucoup... intervint Théo, en lançant un regard oblique à Draco, et empêchant ainsi au rouquin de se faire dépecer vivant.

S'éloignant un peu de ses « amis » qui se disputaient âprement avec la belette, Draco se rapprocha d'Hermione.

- Ne t'inquiète pas, fit-il en jubilant. J'ai bien l'impression qu'il nous faisait une petite crise de jalousie... Viens, allons parler librement ailleurs, et tu en profiteras pour me dire comment retrouver ma couleur d'origine...

Puis, il se saisit doucement du bras de la jeune fille, encore sous le choc. Cette dernière se laissa conduire docilement dans les dédales du château sans poser de question. Son cerveau tournant à plein régime, pour essayer de comprendre comment Draco en était arrivé à une telle conclusion, et comment remettre Harry dans le droit chemin.

[ To Be continued...]